| 2 juin | |  | |
Une histoire d'amour radioactive,
d’Antoine Chainas
Antoine Chainas a un talent fou pour planter un décor, entrer dans la peau de ses personnages pourtant psychologiquement opposés et nous mener en bateau à travers les 93 chapitres qui défilent aussi rapidement que les kilomètres sur l’autoroute : impossible de lâcher le livre tant ce roman d’amour noir, très bien construit et rythmé, subtil et complexe nous tient à sa merci. Et tout ça est écrit avec efficacité, sens du récit, de la narration et du suspense : sec, sans fioritures, quasi minimaliste quand il le faut ; habité, incarné, lyrique, emphatique (maîtrisé) à d’autres moments. Soft et trash mélangés. Tout débute par la découverte de deux suicides à quelques semaines d’intervalle, deux hommes qui se sont échappé du service de réanimation ; deux hommes au même profil : poste à responsabilité, vie réglée, sang empoisonné, cancer, phase terminale, changement brusque d’attitude après avoir rencontré Veronika. Ainsi, des vies basculent, des hommes et des femmes deviennent fous (ou lucides), des sels de Radium 226 provoquent des cancers foudroyants, des flics surveillent d’autres flics tandis que les drogues brouillent tout, réalité et fiction, désir et délire, si bien qu’on ne sait plus qui est fou, malade ou raisonnable. Et, outre cette intrigue, l’auteur livre également ici de magnifiques et charnelles pages d’amour (physique, sentimental et sensuel) : qu’il soit question des deux flics qui doivent se cacher de leurs collègues, de ce couple qui copule sur une table d’imagerie médicale sous l’emprise de drogues, l’auteur ne tombe jamais dans le vulgaire ni le cliché.
Christophe Grossi
Gallimard, coll. « Série noire », avril 2010, 14,50 euros ; ISBN : 978-2-07-012841-9
En savoir plus www.gallimard.fr/
| 31 mai | |  | |
Une année avec mon père,
de Geneviève Brisac
Comment parler aux lecteurs inconnus des douleurs qui nous dévastent ? Geneviève Brisac ne se pose pas pareille question et nous plonge d’emblée dans son univers, ce « temps nouveau » d’après l’accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère et a radicalement modifié ses relations avec son père. Dans cette famille où l’on se parle peu, où l’on se touche encore moins et où poser des questions est perçu comme une perte de temps, père et fille vont être condamnés à improviser une danse étrange, faite d’angoisse et d’apaisement, de complicité et de distance, de burlesque et de panique. La narratrice ne se donne pas le beau rôle, sans afficher toutefois une culpabilité primaire. C’est l’une des réussites du livre, qui se situe résolument du côté du monde que la tragédie a affecté sans effacer, y compris dans la mesquinerie d’infirmières indifférentes ou – plus lumineusement – dans les promenades que père et fille font dans le Jardin du Luxembourg et alentour, évoquant le si subtil Valéry Larbaud. « Garder l’oreille juste. N’obéir qu’à ses propres critères », affirme la narratrice à propos de l’écriture. Le livre se termine avec le décès du père et les larmes, si longtemps retenues, peuvent alors s’écouler librement.
François Poirié
Éd. de l’Olivier, mars 2010, 178 p., 16 euros, ISBN : 978-2-87929-593-0
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr/
| 25 mai | |  | |
Radio sauvage,
d’Alain Veinstein
Alain Veinstein le confie volontiers dans ce texte autobiographique qui détaille la « passion de sa vie », la radio : il est en délicatesse avec la parole depuis toujours. « Il n’y a pas dans le monde autant de silence qu’il m’en faut », écrivait Kafka, l’un de ses auteurs fétiches. Et singulièrement aujourd’hui où l’espace – celui de la bande FM notamment – semble saturé par des flots de vulgarité et de conformisme. Un peu de sauvagerie s’impose donc, venue de l’enfance indomptable, quand la nuit effraie et excite à la fois. Se taire pour écouter l’autre. C’est ce à quoi s’emploie Alain Veinstein depuis plus de trente ans à France Culture, inventant les Nuits magnétiques en 1978, puis Surpris par la nuit et, en 1985, Du jour au lendemain, une émission où, précise-t-il, « l’émotion est plus convoitée que la théorie littéraire ». Émission qu’aimaient « fréquenter » Nathalie Sarraute ou Jacques Derrida, et tant d’autres, célèbres ou non. En 2002, Alain Veinstein publia un roman, L’Interviewer, qui fut, à tort, souvent lu comme un document. Dans Radio sauvage, en revanche, l’autobiographique nous est pleinement livré, de l’enfance avec la radio pour seule amie à… l’avenir, qu’Alain Veinstein voit plutôt en noir, la radio comme « art » étant fragilisée par la technique. De grandes rencontres traversent le livre, si nombreuses que nous ne citerons, à regret, que trois noms : Yves Bonnefoy, Michel Cournot, Pascal Quignard. Une jeune femme au pull rouge, Laure Adler, surgit, qui bouleverse les lignes et préfère, elle aussi, les personnes aux discours préfabriqués. Par « miracle » – Jean Tardieu employait ce mot pour qualifier la radio –, toutes ces nuits-là, des voix nous ont émus, instruits, fait sourire et grandir aussi parfois, nous, enfants sauvages d’un monde que nous pensions déjà détruit.
François Poirié
Éd. du Seuil, coll. « Fiction & Cie », mai 2010, 264 p., 20 euros, ISBN : 978-2-02-092565-5
En savoir plus www.seuil.com/
| 24 mai | |  | |
L'Homme qui tua Roland Barthes et autres nouvelles,
de Thomas Clerc
Voici, par ordre d’apparition, la liste de ceux qui ont été « tués » dans le recueil de nouvelles de Thomas Clerc : Roland Barthes (récit halluciné), Abraham Lincoln, Maurice Sachs (à qui Thomas Clerc a déjà consacré un livre, son premier), Lady Di, Ernest Blankopf, Gianni Versace (assassiné à l’américaine), Thierry Paulin (trouvailles syntaxiques et grammaticales), Guillaume Dustan (en débat aux portes du Paradis), Anna Politkovskaïa (récit « textoté »), le père de Nabokov, Éric Schmitt (alias Human Bomb), Pasolini, Jésus (SDF), Marvin Gaye (filicide), Pierre Goldman, Rupert Cadell (personnage de La Corde d’Alfred Hitchcock), Édouard Levé (texte « à la manière de » cet artiste et écrivain retrouvé pendu, ami de l’auteur) et l’arrière-grand-père de Thomas Clerc (crime commandité par sa propre épouse, crime fondateur en quelque sorte qui poussera l’auteur à s’intéresser aux crimes, aux morts, aux tueurs, à la mort et à devenir le messager, l’écrivain). « Le crime est pour moi une si vieille histoire qu’il dépasse un peu le cadre du simple topos littéraire. Je n’ai pas choisi mon sujet, je n’ai choisi que son traitement… », écrit Thomas Clerc dans la postface de L’Homme qui tua Roland Barthes. Cet argumentaire est important ; il faut l’avoir en tête à chaque fois que vous débuterez et terminerez une nouvelle ; il signifie clairement comment l’auteur l’a construit, l’a souhaité, l’a pensé. Il vous permettra également, une fois la lecture du recueil achevée, de refaire le voyage et donner un autre sens à cet ensemble sagace. Un conseil : ne passez pas votre chemin, jetez-vous sur ces lignes assassines !
Christophe Grossi
Gallimard, coll. « L'Arbalète », mars 2010, 356 p., 22,50 euros, ISBN : 978-2-07-012823-5
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| 19 mai | |  | |
Dans le secret d’une photo,
de Roger Grenier
Né en 1919, auteur de plus de cinquante livres – romans, recueils de nouvelles, essais dont son merveilleux « portrait » de Tchekhov, Regardez la neige qui tombe –, Roger Grenier est un personnage assurément singulier. Membre depuis des décennies du comité de lecture des éditions Gallimard, reporter à COMBAT après la guerre, il fait partie de ces rebelles discrets, dont le « Non » est catégorique et l’engagement tout autant. Dans cette dernière savoureuse publication, composée de fragments, c’est donc la photographie qui est le fil rouge, avec une phrase de Diane Arbus en exergue : « Une photographie est un secret au sujet d’un secret. » L’un des tout premiers usages de la photographie fut naturellement le portrait. Inutile de relire Levinas pour savoir que tout visage est un mystère, une question. Brassaï, grand ami de Roger Grenier, a montré combien Proust était sous l’emprise de la photographie : il insistait pour obtenir le portrait des êtres qui l’intéressaient. Pour mieux les rêver, les fantasmer ? Quant à Grenier, dès l’âge de dix ans il posséda un Baby Box de Zeiss qui devint un vrai complice. Ce qui changea son rapport au temps et aux autres. Face à la révolution numérique, Roger Grenier demande juste le droit à un peu de nostalgie et à continuer à placer la photo dans la sphère de l’intime. On ne s’étonnera donc pas que Dans le secret d’une photo ne comporte aucune reproduction…
François Poirié
Gallimard, coll. « L’un et l’autre », janvier 2010, 130 p., 17,50 euros, ISBN : 978-2-07-012715-3.
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| 17 mai | |  | |
Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit,
de Fabio Viscogliosi
Le livre de Fabio Viscogliosi fait partie de ces objets littéraires qu'on met du temps à terminer parce qu'on pressent déjà au bout de quelques pages seulement que la séparation sera difficile. L'écriture est tendue, entre la retenue et le lâcher prise ; le texte-bloc, synthétique, avec ce qu'il faut de touchant et d'humour, est bien maîtrisé. Ici, on peut réellement parler d'une rencontre physique entre la voix de celui qui écrit et celle du lecteur. Oui, ce livre va laisser des traces, on le sait déjà, à cette manière que l'auteur a d'être au monde, de le regarder et de le dire : cet ordonnancement, ce goût pour le détail et l'infiniment petit : ce grain de sable qui aurait pu tout briser, tout changer, tout défaire, cet autre qui a tout sapé. Et puis il y a cette impression à chaque chapitre (plus de cent cinquante en tout) d'avancer dans un univers familier, connu, vécu, truffé de rencontres, de moments volés ou repris à l'enfance, de références littéraires, cinématographiques, musicales, sportives… mais également de leçons de plomberie, de soudure ou d'électronique. On y croise Raymond Chandler, le chien Snoopy, René Magritte, Henri Calet, l'Italie, le rock, ce qu'il reste de l'enfance pour tenir devant les jours adultes et une figure : celle du père, entre ombre et lumière, qui est celui qui guidera le narrateur jusqu'à l'ultime confession. Ce livre, premier titre à paraître dans la toute jeune collection « La Forêt » dirigée par l'écrivain Brigitte Giraud, l'inaugure en beauté.
Christophe Grossi
Stock, coll. « La Forêt », février 2010, 304 p., 18,50 euros, ISBN : 978-2-234-06374-7
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| 13 mai | |  | |
Arrière-fond,
de Pierre Guyotat
À bien des égards, Arrière-fond se présente d’ores et déjà comme le maître-ouvrage de Pierre Guyotat. C’est aussi l’un des livres les plus étranges que la littérature française ait engendré, depuis longtemps. Prolongeant le travail de Formation, qui évoquait l’éveil dans les années 1940 d’une conscience déjà tendue vers la création, Arrière-fond s’attarde longuement sur quelques journées de l’été 1955, lors d’un séjour linguistique en Angleterre (l’auteur a quinze ans). Mais qu’on n’aille pas croire qu’il s’agisse là de « souvenirs », ni même de fragments « autobiographiques » au sens courant du terme. D’abord parce que le texte parvient à raviver toutes les strates de l’expérience ancienne : non seulement les faits objectifs, les péripéties, les décors, les « personnages » du récit – mais aussi, et surtout, les « songeries », les constructions intangibles qu’ils engendrent et les paysages terrifiants sur lesquels ils débouchent parfois. Le théâtre mental du narrateur est en effet le véritable espace où se déploient ces pages, dont la sexualité est le foyer central – à double titre : de par le trouble que suscitent les protagonistes (garçons et filles) côtoyés par l’auteur durant ce séjour ; et dans la description méticuleuse, vertigineuse, de cet « arrière-fond » qu’a été pour Guyotat la naissance d’une écriture liée à une pratique sexuelle solitaire et « déviante », à l’orée de l’adolescence. Ces pages sont à proprement parler indescriptibles : il faut les traverser – comme l’ensemble des scènes fantasmatiques (mais d’une matérialité absolue) que le texte déroule – en acceptant de se laisser gagner par leur violence sourde, leur beauté tour à tour foudroyante et foudroyée. Car, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est la naissance de la poésie (et du désir absolu qui la fonde) que ces pages cherchent aussi à rapporter, un demi-siècle après. Le plus incroyable est sans doute qu’elles y parviennent en relatant le plus précisément possible une expérience unique, aux frontières du dérèglement (« de tous les sens ») et en décrivant le basculement de l’être dans la chair du langage, jusqu’au vertige pourrait-on dire – dans une sorte d’ascèse de l’excès. Ce livre dur, admirable, réinvente une langue d’une transparence absolue qui a trouvé le moyen (« la formule ») pour dire dans la lumière – et dans la nuit la plus parfaite – ce terrible et stupéfiant secret.
Yves di Manno
Gallimard, mars 2010, 440 p., 21 euros, ISBN : 978-2-07-078445-5
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| 12 mai | |  | |
Katiba,
de Jean-Christophe Rufin
Quatre touristes italiens en vadrouille dans le désert mauritanien sont exécutés par trois hommes. Tentative d’enlèvement ratée. Une bavure. Un autre coup se prépare dans une katiba (camp d’entraînement de jihadistes) située entre le sud de l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger où règne un trafiquant qui gère la zone et va semer la zizanie entre deux des chefs fondamentalistes religieux et membres de l’AQMI (al-Qaida au Maghreb islamique). Pendant ce temps, Jasmine, une jeune et troublante employée du Quai d’Orsay et fondatrice d’une ONG profite de ses congés pour visiter les services pédiatriques mauritaniens… ainsi qu’un fort ensablé (discrètement ?) dans le désert. En étudiant de près son passé, Jasmine ressemble de moins en moins à cette femme sans histoires qu’elle voudrait incarner. Les médecins qu’elle doit rencontrer à Nouakchott sont soupçonnés d’être liés à un groupe terroriste islamiste et sont surveillés de très près, notamment par un médecin-agent, Dimitri dont le patron détient une agence de renseignements basée à Bruxelles mais aussi en Afrique du sud et aux États-Unis, et qui est une sorte d’intermédiaire entre l’Algérie et la nouvelle administration d’Obama. S’ensuit une série de courses poursuites dans l’opération Zam-Zam, de réunions d’urgence, d’assassinats, de règlements de compte et de rumeurs qui enflent… à mesure que l’histoire de Jasmine nous est révélée. Pour traiter ce sujet brûlant, l’académicien a fait le choix du thriller géopolitique, doublé d’une critique raisonnée, sur fond de terrorisme religieux, des relations internationales et, notamment, entre la France et l’Afrique de l’Ouest.
Christophe Grossi
Flammarion, avril 2010, 391 p., 20 euros, ISBN : 978-2-08-120817-9
En savoir plus www.flammarion.com
| 10 mai | |  | |
Une prière pour Nacha,
de Frédéric Brun
Dans ce dernier volet de sa trilogie autobiographique – après Perla (2007), consacré à sa mère, miraculeusement revenue de déportation, période dont elle ne parlera jamais, et Le roman de Jean (2008) sur son père, parolier à succès, d’Edith Piaf notamment –, Frédéric Brun approfondit son travail sur la mémoire – toujours morcelée comme un puzzle – en rendant hommage à sa tante Nacha, si joyeuse, si bonne, égarée à la fin de sa vie dans les labyrinthes de la maladie d’Alzheimer. Avec détermination, Frédéric Brun va s’interroger sur le manque de repères dans lequel on l’a volontairement plongé. Sa quête le conduira du Marais au cimetière polonais d’Olkusz en lui fournissant peu à peu un nombre croissant d’informations qui finiront par le déborder. Et s’il cherchait autre chose que de simples révélations administratives ? Et si les réponses à son questionnement sur sa foi « mixte » – il se sent juif et chrétien – se trouvaient plus chez Maïmonide et Spinoza, voire encore chez Chagall, que dans les textes sacrés ? Pour trouver la béatitude exprimée par Spinoza, il faut avancer tout en sachant renoncer. Renoncer à comprendre les mystères des êtres, surtout des proches. Et avancer, sous le signe de la reconnaissance et de la transmission, comme le fait superbement Frédéric Brun dans ce dernier récit, juste et sobre.
François Poirié
Stock, février 2010, 162 p., 16 euros, ISBN : 978-2-234-06332-7
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| 6 mai | |  | |
L’Invention critique de la Bible. XVe-XVIIIe siècles,
de Pierre Gibert
Excellente idée que d’avoir sollicité un des meilleurs biblistes français, le directeur de la revue Recherches de science religieuse, dans la plus prestigieuse collection d’histoire de Pierre Nora pour revisiter le moment de la naissance de ce que l’on appelle dans le domaine de l’exégèse, l’historico-critique à la fin du XVe siècle, moment de la diffusion, grâce à l’imprimerie, du texte biblique en langue vernaculaire. Jésuite, Pierre Gibert a été un proche de Michel de Certeau, même s’ils ont été justement en désaccord sur la manière de considérer la place de l’exégèse. Lorsque Bossuet découvre en 1678 le chapitre de l’ouvrage de Richard Simon qui a l’audace d’affirmer que « Moïse ne peut être l’auteur de tout ce qui est dans les livres qui lui sont attribués », il n’est pas allé plus loin et a fait mettre les scellés sur cette première édition. Presque tous les livres de Richard Simon ont alors été brûlés. C’est dire si le regard historico-critique, à l’heure où la vérité se mesure encore à l’aune du pouvoir que l’on occupe, est encore au XVIIe siècle une posture en rupture avec les coutumes, et d’autant plus qu’il s’agit du texte saint que l’on décrypte jusque-là pour conforter la foi de manière exclusivement allégorique. C’est cette révolution que retrace Pierre Gibert, montrant d’ailleurs que l’Oratorien Simon n’a rien d’un provocateur gauchiste, mais inscrit son exigence en pleine continuité avec son engagement religieux. L’auteur met en relation les thèses innovantes de Simon avec celles d’un autre proscrit de l’époque, Spinoza, et plus généralement avec le terreau du moment, celui de la Renaissance, de l’humanisme, de la rupture moderne. On regrettera cependant le sort réservé à celui dont les travaux font autorité sur ce tournant critique en France en matière de lecture biblique, François Laplanche, récusé en note infra-paginale pour avoir privilégié la piste des protestants dans ce tournant.
François Dosse
Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », mars 2010, 373 p., 21 euros, ISBN : 978-2-07-078653-4
En savoir plus www.gallimard.fr/
| 4 mai | |  | |
Œuvres complètes, tome I,
de Pierre Reverdy
Devant la difficulté de trouver et de rassembler sa production, les éditions Flammarion font paraître de 1967 à 1989 quatorze tomes des œuvres complètes de Pierre Reverdy – avec des manques. Étienne-Alain Hubert a donc repris l'ensemble et le résultat de son travail colossal et peu évident (car beaucoup de poèmes ont de nombreuses variantes) est impressionnant. À part sa correspondance (que le poète refusait de voir publier), on retrouvera ici tout Reverdy en deux tomes (le deuxième paraîtra à l'automne) et même des fac-similés des premières éditions grâce auxquelles on saisira mieux, par le biais de son souci de la mise en page et de la typographie, la composition des poèmes, leur « structure ». Poète de l'émotion, de la saveur, Reverdy était également marqué par la disparition, l'absence, la mort, le retrait. Sensible à l'idée « d'esthétique » et à la syntaxe dépouillée, il semble n'appartenir à aucun courant bien qu'il ait fréquenté les surréalistes, les dadaïstes, Breton, Jacob, Aragon, Apollinaire, les cubistes et de nombreux autres artistes et peintres. Peu enseigné, il figure guère dans les programmes et les manuels scolaires aujourd'hui et pourtant Reverdy est un poète qui n'est ni oublié ni maudit et sa poésie, hors du temps et de la géographie, est très actuelle. Ce premier tome s'ouvre sur une édition collective, Plupart du temps (La Lucarne ovale ou Les Ardoises du toit) et se poursuit avec ses écrits sur l'art et la poésie, ses « notes » parues dans la revue Nord-Sud, ses romans et contes (dont La Peau de l'homme) ou encore les cent poèmes du « Cadran quadrillé ».
Christophe Grossi
Flammarion, coll. « Mille & une pages », février 2010, 1 470 p., 30 euros, ISBN : 978-2-08-122200-7
En savoir plus http://editions.flammarion.com
| 3 mai | |  | |
Les Carnets blancs,
de Mathieu Simonet
Ludique sans être superficiel, ce premier livre de Mathieu Simonet – né en 1972, avocat – ne ressemble à rien de ce que nous pouvons lire en ce moment. Parce qu’il va emménager avec son nouvel amant, Baptiste, Mathieu doit se séparer de la centaine de carnets intimes qu’il a accumulés au fil du temps. C’est une vraie douleur mais c’est peut-être aussi une manière de devenir adulte. Pour ne pas les jeter bêtement, il imagine une sorte de jeu collectif où tel carnet servira à un couturier pour confectionner une robe, tel autre deviendra une fresque murale grâce à des enfants inventifs, tel autre sera abandonné dans le métro, un autre encore sera envoyé dans le pays le plus éloigné de la France, etc. Cela ne serait qu’une plaisanterie amusante si Mathieu Simonet n’avait, en plus, écrit ce livre-ci, Les Carnets blancs, où il mêle tout : la relecture des Carnets, sa vie intime, sa mère gravement malade, son père maniaco-dépressif, ses tentatives avortées de publier des romans, son métier… « Je n’arrive jamais à rester dans le concret, confie-t-il dans son avant-propos. Mon cerveau transforme toujours tout en écriture. » Une écriture qui le console comme on ne le consolera jamais. Aussi se moque-t-il d’être pathétique, sincère, impudique comme pouvait l’être Hervé Guibert, qu’il découvre en 1991, et qui lui apprend qu’il n’y a pas de tabou dans l’écriture. On peut donc écrire un livre éclaté, un peu « fou », sans décourager son lecteur, bien au contraire.
François Poirié
Éd. du Seuil, février 2010, 185 p., 16,50 euros, ISBN : 978-2-02-099261-9
En savoir plus www.seuil.com/
| 30 avril | |  | |
L’Horizon,
de Patrick Modiano
Un homme, Jean Bosmans, a aimé une jeune bretonne née à Berlin et qui a vécu à Annecy ou en Suisse, Margaret Le Coz ; quarante ans plus tard lui reviennent tout un tas de souvenirs, dans le désordre bien sûr, où transpire une forme de malaise, de mal-être ; en voulant remettre de l’ordre dans ce carnet de la mémoire naîtra alors sa quête doublée d’une enquête où il sera question de lignes de fuite et de lignes d’horizon, de lignes, de fuites et d’horizon – souvent bouché –, de perspectives, de focales, d’une librairie à Paris, d’une autre à Berlin, de sciences occultes et de saisons. Comme dans les autres romans de Patrick Modiano, ici aussi, dans L'Horizon, des personnages fuient leur passé et sont inquiets quant à leur avenir ; il fuient en effet quelqu’un ou quelque chose, se cachent, changent souvent d’appartements, de villes, d’amis, d’amants, de travail ; poursuivis, harcelés, par des êtres bien vivants, par des fantômes aussi : un ancien champion de ski (raté), une mère rousse, un prêtre défroqué… Alors ils prennent des trains ou le métro ou bien des bateaux. Ils ne tiennent pas en place. Ou disons qu’ils dérivent lentement, comme des icebergs. Et comme les icebergs, ils cachent une partie immergée pleine d’inconnues. Comme ailleurs encore, des petites frappes, des escrocs, des marginaux à la petite semaine et des silhouettes qui cachent l’horizon croisent des notables, des gens bien comme il faut – sauf que ceux-là ne sont pas forcément bien comme il faut : eux aussi sont des icebergs.
Christophe Grossi
Gallimard, mars 2010, 176 p., 16,50 euros, ISBN : 978-2-07-012847-1
En savoir plus www.gallimard.fr/
| 29 avril | |  | |
Expériences de la douleur,
de David Le Breton
Depuis son essai Anthropologie de la douleur (1995), David Le Breton – l’un des sociologues français actuels parmi les plus pertinents – n’a cessé de s’interroger sur l’expérience de la douleur et sur les différentes manières dont elle peut être ressentie et vécue par les individus, de la maladie aux conduites à risque, du sport extrême au « body art », des tatouages, piercings et autres marques corporelles au sadomasochisme dont Michel Foucault disait qu’il était « une érotisation du pouvoir ». Dans ce dernier livre, très riche, qui propose réflexions et témoignages, David Le Breton cherche à comprendre le lien qui existe entre la douleur (associée au physique) et la souffrance (associée au psychique), toutes deux porteuses d’ambivalence et de complexité : d’humanité. Car la douleur est une donnée de la condition humaine et la souffrance en est sa résonance intime, sa mesure subjective. Dans la douleur, l’individu est comme à l’écart de lui-même, en deuil de soi. Les religions voient la douleur différemment. Dans la tradition juive, la douleur n’est investie d’aucun salut. Pour le christianisme, elle sera perçue comme la possibilité d’un perfectionnement moral. David Le Breton s’interroge également, longuement, sur la torture, à laquelle on peut tenter de résister en s’accrochant au « sens », comme l’a montré notamment Primo Levi, cité ici, pour ne pas sombrer dans la folie d’une souffrance innommable.
François Poirié
Éditions Métailié, février 2010, 262 p., 22 euros, ISBN : 978-2-86424-728-9
En savoir plus www.editions-metailie.com/
| 27 avril | |  | |
Charlemagne,
de Georges Minois
En 2008, le président français Nicolas Sarkozy remettait le prix Charlemagne à Angela Merkel. C’est dire si le fils de Pépin le Bref est devenu le symbole de l’Europe, une Europe de la réconciliation franco-germanique, mais surtout une Europe édulcorée, mythique, faite d’une unité postulée au-delà de la diversité. La volumineuse biographie de l’Empereur à la barbe fleurie écrite par l’historien Georges Minois, auteur particulièrement prolifique, part de ce mythe et y consacre son premier chapitre qui court sur 1000 ans de l’ouverture du tombeau en l’an 1000 à l’attribution du prix Charlemagne en 2000. Mais l’auteur, très érudit reste attaché à une conception traditionnelle de la biographie, considérant que l’essentiel n’est pas là, mais le « vrai » Charlemagne qu’il entend restituer au lecteur et auquel il consacre l’essentiel de son livre dans un parcours chronologique, tout en achevant sa longue étude par des parties thématiques sur les échanges, la guerre et la paix, les rapports entre villes et campagnes. À la lecture de ce livre, on vit en effet au plus près de Charlemagne, mais on peut se demander si l’on a fait un grand pas en avant dans la connaissance du personnage depuis la première biographie écrite par Eginhard, son familier et contemporain publiant une première Vie de Charlemagne en 829. Certes, comme l’a montré Jacques Le Goff avec Saint Louis, il appartient à l’historien de démythologiser les figures héroïques, mais peut-on vraiment ériger un « vrai » Charlemagne ? N’est-il pas pour l’essentiel dans les usages qui ont été faits de sa figure, dans notre imaginaire ? C’était la démarche, plus proche du tournant historiographique, qu’avait adoptée l’historien américain Robert Morrissey dans sa biographie publiée chez Gallimard en 1997. Or, c’est surtout en tant qu’icône que Charlemagne nous intéresse pour avoir subi des métamorphoses de sens au fil du temps. En outre, pour une biographie savante, on regrettera l’absence de tout appareil de notes.
François Dosse
Éditions Perrin, mars 2010, 715 p., 26 euros, ISBN : 978-2-262-02961-6
En savoir plus www.editions-perrin.fr
| 26 avril | |  | |
Tristran,
de Gérard Cartier
Né en 1949, Gérard Cartier édifie sans impatience une œuvre inscrite dans l’Histoire et la trame plus secrète de notre tradition. Auteur d’une dizaine d’ouvrages qui sont autant de longs poèmes brassant l’aventure désordonnée des hommes et la mémoire d’une poésie séculaire – comme Le Désert et le Monde (Flammarion, 1997) qui réinventait la parole épique pour narrer la chute des maquis du Vercors – son travail et sa discrétion le situent à l’écart des diverses « mouvances » qui voudraient se partager le champ poétique actuel. Le Tristran qu’il livre aujourd’hui – fruit comme à l’ordinaire d’une longue maturation – s’attaque cette fois-ci à la « matière de Bretagne » et à l’un des premiers poèmes narratifs de la littérature européenne, fondateur à plus d’un titre de sa conscience blessée. Toutefois, il s’agit moins d’une réécriture de la légende de Tristan et Iseut, à l’aube du nouveau millénaire, que d’une variation contemporaine, qui mêle et entrelace les fragments du texte ancien (dont nous ne possédons que des versions lacunaires) et un récit tout aussi morcelé qui constitue la version « moderne » de cette histoire, ou sa répétition inquiète dans l’Angleterre d’aujourd’hui. L’actuel et l’intemporel sont donc étroitement liés dans ce long chant de l’amour impossible que la mort vient pourtant « sublimer ». De par sa lenteur hiératique et la richesse constante de sa langue, l’écriture de Gérard Cartier atteint dans ces pages à une sorte de transparence énigmatique et tourmentée. Quant aux laisses dont il a inventé au fil des années la forme exemplaire, à la fois régulière et heurtée, elles trouvent avec ce Tristran une manière d’aboutissement – et de sagesse baroque – qui porte en filigrane le rêve d’effacement de son auteur : « Qui chante encore c’est à voix basse, et son chant lui reste étranger. »
Yves di Manno
Obsidiane, mars 2010, 120 p., 15 euros, ISBN : 978-2-916447-26-1
En savoir plus http://perso.numericable.com/editions-obsidiane/
| 23 avril | |  | |
Petit Mao,
de Jacques Baudouin
Petit Mao (en chinois Mao Xiao) est la biographie imaginée d’un personnage bien réel : le quatrième fils du « grand » Mao, né en 1932 de la deuxième épouse du dictateur, He Zizhen, sa compagne de la Longue Marche. La nécessité de la fuite et la dureté de la vie de combat conduisent le « Grand Timonier » et sa femme à abandonner le petit garçon à leur frère, Mao Zetan, qui à son tour le confie très rapidement à un ami des premières heures, Wang Yi, un lettré, maître de lecture et de calligraphie. Wang Yi, qui n’a pas d’enfants, adopte ce fils selon son cœur, celui que le destin lui a donné. Il lui enseigne l’histoire de la Chine et ses auteurs, en espérant que la sauvegarde de cette « mémoire ancestrale » permettra à la révolution de l’emporter. Bien que très attaché à son père d’adoption, Mao Xiao cherchera désespérément, dans une sorte de « longue marche » personnelle, à retrouver son père biologique – qui ne le reconnaitra jamais. Petit Mao interrompra cependant cette quête au profit d’une expérience amoureuse éblouissante mais éphémère. L’histoire pathétique de Petit Mao permet à Jacques Baudoin de dessiner en creux l’image de Mao Zedong et de la Chine révolutionnaire, dont l’absurdité et l’inhumanité vont croissant jusqu’à la Révolution culturelle où « la force brute [des Gardes rouges va] décider du possible et de l’impossible » et déclarer Wang Yi « porc réactionnaire ». Si ces « souffrances du jeune Mao » peuvent se lire comme un roman d’éducation politique, elles sont bien davantage le récit d’une impossible quête d’identité dans un univers totalitaire.
Dominique Fayolle
Éditions JC Lattès, janvier 2010, 253 p., 17 euros, ISBN : 978-2-7096-3326-0
En savoir plus www.editions-jclattes.fr
| 22 avril | |  | |
Le Baiser de la pieuvre,
Patrick Grainville
« Écrire, c’est transcrire la pulsation du moi et des choses, ce flamboiement de vie brute qui nous enchante et qui nous broie », affirme Patrick Grainville. Son nouveau roman, foisonnant à l’extrême, illustre parfaitement ces propos. Un roman qui met en scène l’histoire, a priori très simple, d’une île asiatique où des paysans pêcheurs vivent sereinement autour d’un volcan qui semble les protéger. Mais l’orage éclate vite et le bel adolescent Haruo va être littéralement happé par la vision de la jeune veuve Tô à la nudité resplendissante, qu’une pieuvre monstrueuse emplit de jouissance, la nuit, secrètement. On aura reconnu dans ce couple atypique Le Rêve de la femme du pêcheur, l’estampe érotique la plus connue d’Hokusai. Patrick Grainville plonge son lecteur dans un torrent de mots qui charrie des scènes pleines de sexe, de souffrance et de joie, répétées comme autant d’hallucinations insaisissables. Le monde moderne fait son apparition sous les traits d’un naturaliste sexy, Allan, chasseur de panthères. Il initiera le jeune Haruo à d’autres plaisirs que ceux du savoir scientifique. D’autres personnages – le Solitaire, Hô le saint, Satô la sensuelle, etc. – traversent ce roman au style farouchement « baroque » – un adjectif que Grainville revendique –, mais dont la question centrale se révèle essentielle : comment dire le Réel, cette « chose immense qui n’est pas un spectacle » ?
François Poirié
Éd. du Seuil, janvier 2010, 248 p., 18,50 euros, ISBN : 978-2-02-100019-1
Trois romans de Patrick Grainville paraissent simultanément aux éditions du Seuil, dans la collection « Opus » : Les Flamboyants, Le Paradis des orages, L’Orgie la neige.
En savoir plus www.seuil.com/
| 21 avril | |  | |
Le mariage à trois,
de Jacques Doillon
Le temps d'un déjeuner à la campagne, un écrivain reçoit les acteurs de sa nouvelle pièce. La présence de sa jeune assistante et celle de son ex-femme, accompagnée de son nouvel amant, déclenche un joyeux ballet de sentiments. Tumultes et fantaisies bien partagés.
Improvisation Jacques Doillon explique que le film a été tourné sans trop tenir compte d'un scénario préalablement établi, de sorte à favoriser l'improvisation des acteurs. Le réalisateur souligne à quel point cette souplesse fut propice au développement de l'intrigue, focalisée sur la rencontre des sentiments des personnages.
Avec : Pascal Grégory, Julie Depardieu, Louis Garrel, Agathe Bonitzer, Louis Do de Lencquesaing
Sortie nationale : 21 avril 2010
Jacques Doillon dans le catalogue de Culturesfrance : Les doigts dans la tête, La puritaine, Le premier venu
En savoir plus www.unifrance.org/film/30734/le-mariage-a-trois
| 21 avril | |  | |
Mammuth,
de Benoît Delépine et Gustave Kervern
Serge Pilardosse vient d'avoir 60 ans. Il travaille depuis l'âge de 16 ans, jamais au chômage, jamais malade. Mais l'heure de la retraite a sonné, et c'est la désillusion : il lui manque des points, certains employeurs ayant oublié de le déclarer ! Poussé par Catherine, sa femme, il enfourche sa vieille moto des années 70, une " Mammut " qui lui vaut son surnom, et part à la recherche de ses bulletins de salaires. Durant son périple, il retrouve son passé et sa quête de documents administratifs devient bientôt accessoire...
Une moto un peu particulière Le titre du film Mammuth fait référence à la Münch Mammuth, une moto allemande créée dans les années 60 par un inventeur allemand qui a décidé de placer un moteur de voiture et de le mettre dans un cadre de moto. Derrière son aspect "obèse", la Münch Mammuth fait partie des motos les plus puissantes du monde. Benoît Delépine confie: "Quand j'étais petit, à la campagne, la moto représentait vraiment pour moi une forme de libération". Un digne film de Groland Mammuth s'inscrit dans la continuité de la filmographie des auteurs de "Groland". En effet, leur dernier film reprend l'aspect "Road Movie" présent dans Aaltra et Avida tandis qu'il utilise le schéma inverse de l'histoire de Louise-Michel. Si Louise-Michel part d'un élément dramatique pour aller vers la comédie, Mammuth fait l'inverse.
Avec : Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani, Benoît Poelvoorde, Philippe Nahon, Bouli Lanners, Dick Annegarn, Anna Mouglalis, Blutch
Sortie nationale : 21 avril 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/31074/mammuth
| 19 avril | |  | |
Huit fois debout,
de Xabi Molia
Elsa vit de petits boulots et cherche à décrocher un véritable emploi, pour pouvoir obtenir la garde de son fils. Mathieu, son voisin de palier, enchaîne lui aussi les entretiens d’embauche avec un art consommé du ratage. Leur situation est de plus en plus précaire, mais tous deux s’efforcent de rebondir dans un monde qui ne semble pas fait pour eux : « Sept fois à terre, huit fois debout » ?
Un conteur d’histoire Xabi Molia signe avec Huit fois debout son premier long-métrage. Il a déjà trempé sa plume dans l’univers du roman, du théâtre ou du court-métrage. Il n’est donc pas vraiment attaché au cinéma mais cherche plutôt les différents modes d’expressions nécessaires aux histoires qu’il raconte. Chaque histoire prend forme de manière individuelle et particulière et Xabi Molia n’hésite pas à passer d’un support à l’autre autant de fois qu’il est nécessaire: "Certaines de mes histoires ont vraiment besoin de la littérature pour être racontées. Et je sens que d’autres ne pourront pas prendre forme sans le cinéma. Je ne saurais pas, par exemple, écrire un roman dont l’intrigue se déroule en pleine nature, dans un monde sauvage. Les mots me manqueraient, et ça me paraîtrait très fabriqué. Alors que le cinéma, dès qu'il est dans la nature, dans l'errance, me passionne." Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure, le réalisateur se définit lui-même comme un "raconteur d’histoire".
La forêt : un monde alternatif ? « Dans mon film, la forêt est un lieu où pourrait s'élaborer une contre-société, un monde alternatif où existe la possibilité de vivre mieux. » Le réalisateur explique la place de la forêt dans son film alors que lui-même pendant le tournage a découvert une sorte de « société alternative » qui vit dans les forêts aux abords de Paris et ne s’en trouve apparemment pas plus mal.
Avec : Julie Gayet, Denis Podalydès, Mathieu Busson, , Kevyn Frachon, Constance Dollé, Christian Erickson, Marc Bodnar,
En savoir plus www.unifrance.org/film/29605/8-fois-debout
| 19 avril | |  | |
Domaine,
de Patric Chiha
Pierre, un adolescent de 17 ans, passe tout son temps avec Nadia, une mathématicienne flamboyante d’une quarantaine d’années. Leur relation est amicale, ambiguë, presque amoureuse. L’anarchie qui règne dans la vie de Nadia fascine ce jeune homme au seuil de l’âge adulte. Mais Nadia est une femme blessée, dépendante de l’alcool. Petit à petit elle s’abandonne. Pierre pense pouvoir l’aider, la retenir…
Premier Long Domaine est le premier long-métrage réalisé par Patric Chiha. Emploi/ Contre-emploi Sans chercher à "employer" ou "contre-employer" Béatrice Dalle, Patric Chiha avoue avoir été surtout fasciné par l'actrice dès leur première rencontre: "La première fois que je l’ai rencontrée, je l’attendais dans un café, elle est entrée et elle s’est placée exactement au milieu, entre deux colonnes, droite comme un i et je savais que c’était déjà le film. J’ai l’impression que Béatrice Dalle raconte quelque chose du temps et pas seulement parce qu’elle est une belle femme de quarante ans. Il y a quelque chose d’elle qui me parle du temps, peut-être justement l’impression qu’elle n’en a pas, pas de passé présent futur. Et je pense qu’elle a très vite compris que c’était cela qui m’intéressait : un flottement violent. C’est contradictoire et c’est ce qui la définit vraiment", explique-t-il.
Avec : : Béatrice Dalle, Isaïe Sultan, , Alain Libolt, Raphaël Bouvet,
Sortie nationale : 14 avril 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/30026/domaine
| 19 avril | |  | |
Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec,
de Luc Besson
En cette année 1912, Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste intrépide, est prête à tout pour arriver à ses fins, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec des momies en tout genre. Au même moment à Paris, c'est la panique ! Un oeuf de ptérodactyle, vieux de 136 millions d'années, a mystérieusement éclos sur une étagère du Jardin des Plantes, et l'oiseau sème la terreur dans le ciel de la capitale. Pas de quoi déstabiliser Adèle Blanc-Sec, dont les aventures révèlent bien d'autres surprises extraordinaires...
Adaptation d'une BD Le film est l'adaptation de la célèbre BD de Jacques Tardi, publiée pour la première fois en 1976 et qui relate les aventures d'une journaliste intrépide dans le Paris de la Belle Epoque. Luc Besson a décidé de mettre en scène deux des neuf albums dans Adèle Blanc-Sec et prévoit de décliner la saga en trois volets:" J’ai écrit une première adaptation en m’efforçant de rester très fidèle à la BD, à l’univers de Jacques Tardi, aux caractéristiques profondes du personnage d’Adèle Blanc-Sec. C’est avec une angoisse non dissimulée que j’ai remis mon script à Tardi ! C’était angoissant dans la mesure où il est un auteur de BD et que je m’étais approprié son personnage en l’adaptant. Et puis j’ai eu beaucoup de chance parce qu’il a lu le script et il m’a dit… : « Voilà c’est super ! ». Il reconnaissait complètement sa BD, complètement son personnage et en même temps il découvrait l’adaptation cinématographique de sa BD et pas une simple transposition de sa BD en images. C’est cela qui l’a vraiment séduit. La seule modification qu’il m’ait demandée est de changer le prénom d’un des personnages."
Avec : : Louise Bourgoin,, Gilles Lellouche, Mathieu Amalric, Jacky Nercessian, Jean-Paul Rouve, Laure de Clermont-Tonnerre,
Sortie nationale : 14 avril 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/30932/les-aventures-extraordinaires-d-adele-blanc-sec
| 19 avril | |  | |
Bakou, derniers jours,
d’Olivier Rolin
Dans un précédent roman paru en 2004, un personnage nommé Olivier Rolin annonce qu’il se suicidera en 2009 dans la chambre 1123 de l’hôtel Apchéron à Bakou en Azerbaïdjan. Défiant toute superstition, par jeu, pour vérifier également si tout est pré-écrit (« éprouver le pouvoir prophétique de l’écriture »), Olivier Rolin (l’écrivain), en 2009, retourne à Bakou. Dans sa valise, des livres qui parlent de la mort : « Rien de macabre dans ces lectures, écrit-il, seulement l’application scrupuleuse d’un programme. » Olivier Rolin observe, note, photographie (et ça, c’est nouveau chez lui), se demande à quoi peut penser un homme qui va bientôt mourir, à quoi va ressembler sa dernière journée. Mais l’hôtel Apchéron a disparu, il faudra donc à nouveau se déplacer, marcher, lire, goûter encore une fois à la solitude, à la sienne et à celle des autres et dire le monde dans ce « monologue à basse voix, pour des oreilles patientes, attentives ». Soudain je suis heureux de retrouver le « mal placé », celui qui d’une pichenette passe de l’évocation d’un bar en Argentine à la visite de lieux improbables en Asie Centrale en passant par un cimetière où il tombe amoureux d’une femme assassinée 17 ans plus tôt ; celui qui cite Proust, Armand Robin, Essénine, Michaux, Flaubert ou Sabato comme s’ils étaient des intimes (et ils le sont) ; celui qui dit ses regrets (« je n’aurai été qu’un peloteur de langues »), ses rêves, son attraction pour la figure circulaire ; celui qui peut écrire cette phrase magnifique : « L’Histoire est une frise de têtes coupées. »
Christophe Grossi
Éd. du Seuil, coll. « Fiction & Cie », février 2010, 190 p., 17 euros, ISBN : 978-2-02-100017-7
En savoir plus www.seuil.com
| 16 avril | |  | |
Avant-gardes du XXe siècle : arts & littérature, 1905-1930,
de Serge Fauchereau
Depuis les années 1970, Serge Fauchereau mène une enquête passionnée sur l’histoire des avant-gardes mondiales, s’appuyant sur des recherches de première main (et une érudition phénoménale), mais surtout sur une curiosité sans failles concernant l’origine, la dynamique et les apports aussi bien des divers cénacles que des trajectoires individuelles grâce auxquels la poésie, la peinture et les arts plastiques en général ont été réinventés de fond en comble, à la charnière du XIXe et du XXe siècle. Après d’autres travaux d’envergure – il fut notamment commissaire des grandes expositions qui marquèrent l’ouverture du Centre Pompidou : « Paris/Moscou », « Paris/Berlin », « Paris/New York », « Les réalismes »… – le volume qu’il vient de publier chez Flammarion est une véritable somme, dans laquelle il synthétise plusieurs décennies de recherches tout en ouvrant des perspectives originales sur ces courants qu’il est l’un des seuls aujourd’hui à pouvoir considérer dans leur ensemble et mettre de la sorte en parallèle, procédant à des rapprochements souvent inattendus, toujours enrichissants. L’ouvrage est en effet le premier en France à envisager la totalité des mouvements d’avant-garde, dans leur dynamique internationale, au cours des trois premières décennies du XXe siècle. Si certains d’entre eux – comme l’expressionnisme allemand, les futurismes italiens et russes ou (a fortiori) le surréalisme français – ont déjà fait l’objet chez nous de travaux approfondis, d’autres comme l’imagisme puis le vorticisme londoniens, l’acméisme russe, l’ultraïsme espagnol (et argentin) ou le mouvement « indigéniste » brésilien, se voient ici traités avec une égale acuité. L’ouvrage compose ainsi, au fil d’une quinzaine de panneaux, une fresque d’autant plus imposante que tous les arts y sont traités à part égale – et que Fauchereau a le talent récurrent d’aller dénicher des œuvres jusqu’alors négligées, dont il remet en avant l’originalité, ou de procéder à des rapprochements « électifs » auxquels nul n’avait songé avant lui : ainsi l’analogie qu’il suggère entre Pound et Mandelstam ou l’importance des théories de l’Image dont il décèle la présence emblématique à travers l’Europe, au cours des années 1910. Un ouvrage de référence, cela va sans dire, mais surtout une synthèse magistrale, qui oblige à reconsidérer la dynamique, l’étendue et les richesses des domaines ici traversés avec autant de rigueur que de passion.
Yves di Manno
Flammarion, mars 2010, 588 p., 49 euros, ISBN : 978-2-0812-2552-7
En savoir plus www.flammarion.com
| 15 avril | |  | |
Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire,
de Bernard Lahire
Comment sortir des impasses du bourdieusisme en restant fidèle aux enseignements du maître, à ses catégories d’analyse, à son langage et à ses prétentions de saturation du sens au nom de La Science sociale des sciences sociales, la sociologie ? C’est le pari que tente Bernard Lahire. Pour compliquer sa tâche, l’auteur prend pour étude de cas un créateur, Kafka, qui incarne jusque-là le mystère même d’une création impénétrable à l’égal de son Château. Cela semble donc tenir de la gageure. Il en résulte une monumentale étude au cours de laquelle l’auteur se débat avec la notion bourdieusienne de « Champ » dont il montre les limites pour lui substituer celle d’habitus qui lui semble faire davantage accueil à des logiques individuées, et permettre ainsi de servir d’instrument scientifique de construction d’une biographie sociologique. Dans ce déplacement méthodologique, Bernard Lahire tente une réconciliation posthume entre Bourdieu et Sartre, réhabilitant d’une certaine manière son Flaubert. On doit incontestablement à Bernard Lahire de réelles avancées pour sortir du holisme qui est son point de départ, que ce soit sur l’homme pluriel ou la culture des individus. En se livrant ici au pari biographique, il poursuit une quête qui force le respect. Mais il n’a en rien renoncé à l’idée que la science qu’il défend puisse seule venir à bout du mystère de la création, ce qui relève d’une hubris inconsidérée. On ne peut certes que suivre son auteur dans sa volonté de dépasser l’opposition appauvrissante entre textualisme et contextualisme, mais cette très longue étude, malgré son érudition n’apporte que peu au plan du décryptage de l’écriture kafkaïenne, et fait même pâle figure si on compare cette somme à la fulgurante étude sur le même Kafka de Deleuze et Guattari parue en 1975.
François Dosse
Éd. La Découverte, coll. « Textes à l’appui/laboratoire des sciences sociales », février 2010, 632 p., 27 euros, ISBN : 978-2-7071-5941-0
En savoir plus www.editionsladecouverte.fr
| 14 avril | |  | |
Solutions locales pour un désordre global,
de Colinne Serreau (documentaire)
«Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives.» Coline Serreau
Trois ans de tournage à travers le monde Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d’hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d’une terre trop longtemps maltraitée. Elle a ainsi rencontré Pierre Rabhi, Lydia et Claude Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine... Tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.
Sortie nationale : 7 avril 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/30724/solutions-locales-pour-un-desordre-global
| 14 avril | |  | |
Les arrivants,
de Claudine Bories et Patrice Chagnard (documentaire)
Caroline est jeune, impulsive, colérique. Colette, plus âgée, est compatissante et bordélique. Face à elles, des familles venues du Sri Lanka, de Mongolie, d’Erythrée et d’ailleurs, demander l’asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles, avec ou sans passeport, avec ou sans bagages, dans des charters ou des camions bâchés… Comment répondre à ce flot débordant de détresses et de besoins ? Le film raconte ce face à face tendu et explosif, émouvant et drôle, où chacun défend son rôle.
Origine du projet Les deux cinéastes souhaitaient éclaircir les spectateurs sur la réalité des étrangers en France, au-delà des préjugés et des clichés de droites et de gauches. Claudine Bories explique : "Ce qui est sûr c'est que les étrangers sont là, et qu'autour de cette présence, il y a beaucoup de passion, mais aussi beaucoup de mensonges, de confusion et d'hypocrisie. Nous sommes partis de ce constat, avec le désir d'y voir un peu plus clair, d'aller voir ce qu'il y a dans le réel, au-delà des fantasmes de compassion ou de rejet. Pour cela, nous avons choisi de nous focaliser sur le droit d'asile. Le droit d'asile et les principes qui sont les siens, donne d'emblée notre point de vue sur le sujet — un point de vue philosophique et éthique, en référence aux valeurs qui nous viennent des philosophes des "Lumières" et de beaucoup plus loin encore. Des valeurs auxquelles nous sommes l'un et l'autre très attachés. Par ailleurs, le droit d'asile, pour se tenir dans une actualité un peu provocatrice, c'est le contraire de l'immigration choisie."
En savoir plus www.unifrance.org/film/29609/les-arrivants
| 14 avril | |  | |
Ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d’amour,
de Pascal Thomas
Entre Dorothée et Nicolas c’est le coup de foudre. Ensemble ils vont vivre une très, très grande histoire d’amour… Ils en sont sûrs, certains. Mais la vie s’ingénie toujours à contrarier les meilleures résolutions, le plus parfait des scénarios et rien ne va se passer comme prévu. De malentendus en disputes, de serments en trahisons, de vrais départs en fausses retrouvailles, et inversement, ils vont être entraînés dans le tourbillon d’une comédie aussi tourmentée que leur passion…
Garder le secret... Le réalisateur Pascal Thomas a souhaité garder un peu du mystère entourant le film même pendant la période de promotion. Il explique ainsi sa volonté d'en divulguer le moins possible, au nom du plaisir de découvrir les péripéties: "Ne pas en dire trop, en dire même très peu sur l’histoire, est une politesse que l’on doit au spectateur. Elle s’est malheureusement perdue aujourd’hui dans la frénésie, l’hystérie de la promotion. Je suis étonné de voir combien les gens livrent tout. Je ne parle pas seulement des cinéastes mais aussi des écrivains. Les télévisions, les journaux, en vous absorbant, vous détruisent de l’intérieur. On montre trop d’images des films. On en dit trop. Tout est raconté avant même que le film soit projeté sur les écrans. Le jour de sa sortie, il est complètement usé auprès des éventuels spectateurs. Le système d’exploitation actuel, qui garde les films si peu de temps, participe ensuite à parfaire ce gâchis (...)
Avec : Marina Hands, Julien Doré, Guillaume Gallienne, Laure de Clermont-Tonnerre, Noémie Lvovsky, Hervé Pierre, Bernard Menez, Christian Morin,
Sortie nationale : 7 avril 2010
Pascal Thomas dans le catalogue de Culturesfrance : L’heure zéro, Mon petit doigt m’a dit
En savoir plus www.unifrance.org/film/31068/ensemble-nous-allons-vivre-une-tres-tres-grande-histoire-d-amour
| 14 avril | |  | |
La Fille,
de Michèle Gazier
Marthe a changé trois fois de prénom, autant dire qu’elle n’en a pas. Née en 1917 dans une famille marquée par le secret, la tromperie, la fuite et la mort, élevée dans la crainte de Dieu et le dégoût des hommes, elle ne quittera jamais sa génitrice qui modèlera son existence ; elle passera ainsi toute sa vie, recluse, dans un monde étriqué, dirigé par une cruelle doublée d’une bigote qui la tiendra à l’écart des deux guerres mondiales, des années folles, des congés payés. C’est ainsi qu’elle ira de silences en frustrations, de renoncements en colères rentrées jusqu’au malaise, jusqu’à la maladie, jusqu’au déni de soi et au refoulement. À mesure que le roman de Michèle Gazier avance, nous quittons notre statut de lecteur neutre et oublions même que nous sommes entrés dans une fiction. Bien que cette histoire ne nous concerne pas directement, nous sentons pourtant la colère monter en nous ; celle-ci a d’ailleurs grandi incidemment et a pris de l’ampleur jusqu’à l’insupportable. Nous en venons soudain à détester la mère, cette criminelle, souhaitant secrètement sa disparition, sa mort, et dans le même temps nous voudrions secouer sa fille. C’est là que Michèle Gazier réussit son pari, quand le lecteur prend conscience de l’ignominie de la situation et des comportements de ce bourreau qu’est la mère ; grâce au ton non partisan qu’elle a choisi d’adopter et à cet objet qu’elle a choisi de tenir à distance de tout pathos, c’est une bombe à retardement qu’elle met dans les mains du lecteur qui, lui, prend alors parti, non pas pour l’écrasée mais au nom de la liberté de l’individu.
Christophe Grossi
Éd. du Seuil, février 2010, 180 p., 16,50 euros, ISBN : 978-2-02-100437-3
En savoir plus www.seuil.com
| 12 avril | |  | |
Le Destin d’Angelica Kauffmann,
de Françoise Pitt-Rivers
Qui connaît aujourd’hui en France l’une des rares femmes peintres du XVIIIe siècle, Angelica Kaufmann (1741-1807), dont le musée du Louvre possède une toile ? Quasiment personne. Avec cette biographie fouillée, Françoise Pitt-Rivers nous révèle une personnalité hors du commun, surdouée, célébrée à travers toute l’Europe – particulièrement en Angleterre, où elle était devenue un « mythe » –, proche de Winckelmann et de Reynolds, amie de Goethe, volontaire, d’une beauté ravageuse mais d’un tempérament mélancolique, pleine de bonté et mystérieuse. Angelica Kauffmann méritait largement d’être redécouverte. Enfant prodige, à dix ans elle parle et chante dans quatre langues. Initiée à la peinture par son père, elle se lança à corps perdu dans l’exécution de portraits, qui feront sa gloire (et d’autoportraits : plus de trente), mais aussi dans la peinture d’histoire. Son talent et son intelligence impressionnent les puissants dont le comte Firmian ou Lady Wentworth avec qui elle part à Londres. Angelica devient tout de suite la coqueluche de la ville où elle vécut quinze ans, toujours protégée et appréciée par la famille royale. En 1781, elle retrouve sa chère Italie, emportant sa célébrité avec elle. Ses funérailles à Rome, organisées par Canova qui l’admirait, furent grandioses. Spectaculaire également fut le désamour brutal pour son art. Mais personne ne put abîmer le destin qu’elle s’était forgé avec pour seules armes son caractère et ses multiples dons.
François Poirié
Biro éditeur, novembre 2009, 312 p., 24,50 euros, ISBN : 978-2-35119-067-8
En savoir plus www.biroediteur.com
| 7 avril | |  | |
Nénette,
de Nicolas Philibert (documentaire)
Née en 1969 dans les forêts de Bornéo, Nénette vient d’avoir 40 ans. Il est très rare qu’un orang-outan atteigne cet âge-là ! Pensionnaire à la ménagerie du Jardin des Plantes - à Paris - depuis 1972, elle y a aujourd’hui plus d’ancienneté que n’importe quel membre du personnel. Vedette incontestée des lieux, elle voit, chaque jour, des centaines de visiteurs défiler devant sa cage. Naturellement, chacun y va de son petit commentaire…
Origine du film Nicolas Philibert raconte comment est né le projet : "Ce jour-là, j'étais parti me promener à la ménagerie du Jardin des Plantes. Ça faisait des années que je n'y avais pas mis les pieds. En entrant dans la " singerie ", je suis tombé en arrêt devant la cage des orangs-outans. Quelques visiteurs commentaient bruyamment leurs moindres faits et gestes. Du haut de sa mezzanine, Nénette semblait ailleurs, mais en l'observant plus attentivement, je me suis rendu compte qu'en réalité, elle ne perdait pas une miette du spectacle que nous lui offrions, à notre insu... L'idée du film est née à ce moment là."
Sortie nationale : 31 mars 2010
Nicolas Philibert dans le catalogue de Culturesfrance : Etre et avoir, La moindre des chose, Le pays des sourds, Retour en Normandie, Un animal des animaux, La ville Louvre En savoir plus www.unifrance.org/film/31240/nenette
| 7 avril | |  | |
Louise Michel la rebelle,
de Solveig Anspach
Louise Michel est une femme, une révoltée, une communarde. Condamnée pour avoir porté des armes contre les troupes Bismarck puis celles de Versailles, après son incarcération dans la forteresse de Rochefort, Louise est déportée avec des milliers d’autres révolutionnaires sur la lointaine… Nouvelle Calédonie, alors qu’à Paris, infatigable mais isolé, le jeune parlementaire Georges Clemenceau se bat pour arracher l’amnistie des communards. Institutrice, proche de Victor Hugo, Louise va se révéler en déportation une résistante exemplaire. Tous l’admirent. Non seulement elle raffermit le courage de ses camarades de détention, mais encore elle se lie aux habitants de l’île, les Kanaks.
Un épisode méconnu Le film se focalise sur Louise Michel pendant sa déportation et son exil. Il s’agit d’un épisode méconnu de sa vie, cette personnalité emblématique de la pensée anarchiste étant davantage célèbre pour son rôle politique durant la Commune de Paris. C'est en raison de cette approche que le projet a tant séduit Sylvie Testud: "J’avoue que si le film avait porté sur Louise Michel la revendicatrice, je n’aurais sans doute pas accepté. Les idéologies me paraissent souvent complexes à interpréter, et les contestataires jusqu’au-boutistes, ont tendance à m’effrayer. Mais, en déportation, Louise va se révéler une incroyable et courageuse résistante, prenant la tête des autres exilés, veillant sur eux, et, surtout, nouant un lien inédit - invraisemblable pour cette époque ! - avec les kanaks."
Avec : Sylvie Testud, Nathalie Boutefeu, Bernard Blancan, Alexandre Steiger, Augustin Watreng
Sortie nationale : 7 avril 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/31392/louise-michel-la-rebelle
| 6 avril | |  | |
Entrée des fantômes,
Jean-Jacques Schuhl
Le nouveau roman de Jean-Jacques Schuhl se lit en deux temps. Tout d’abord, une mannequin, extatique et camée, erre dans la nuit urbaine et mécanique d’une grande mégalopole futuriste à la recherche de son amant en fuite ; derrière la langueur et la beauté glaciale se cache une femme déprimée, manipulée et prise dans un engrenage : une marionnette. Le roman fantastico-érotico-policier s’arrête alors brutalement. S’ouvre une nouvelle partie, auto fictive cette fois, dans un restaurant chinois où officie Davé qui connaît le Tout-paris et où le réalisateur Raul Ruiz va proposer au narrateur de « jouer le rôle du chirurgien dans Les Mains d’Orlac ». À partir de cette rencontre, Jean-Jacques Schuhl déroule un récit dans lequel il ne sera plus seulement question de glamour ou de parties fines mais de ce qui se cache derrière le masque de la beauté : la maladie et la mort. Voilà comment le livre (dans lequel deux registres se superposent et se confondent, frivolité et gravité) cette fois avancera : cahin-caha, boitillant, comme le narrateur, sorte de Richard III. C’est ainsi que nous passerons la nuit dans ce restaurant chinois où les discussions seront souvent interrompues par ses souvenirs, ses rêves et ses désirs de fiction, où il nous parlera du monde du cinéma dans les années 1970, de la nuit, des femmes, de la drogue et du sexe, où il nous dira, au final, sa difficulté à se sentir à sa place et pourquoi il a toujours l’impression d’être dans une porte tambour.
Christophe Grossi
Gallimard, janvier 2010, 152 p., 13,90 euros, ISBN : 978-2-07-012820-4
En savoir plus www.gallimard.fr
| 5 avril | |  | |
L’Écriture de l’ailleurs. Petits propos sur la littérature nomade,
de Albéric d’Hardivilliers
Dans la collection « petite philosophie du voyage » chez Transboréal, Albéric d’Hardivilliers convie le lecteur à une réflexion sur les rapports qu’entretiennent la littérature et le voyage. En nous entraînant sur des chemins réels et imaginaires où il nous fait partager ses lectures, ses sensations et ses rêveries, l’écrivain-voyageur tente de cerner ses motivations, de discerner le sens caché des choses, de trouver une unité secrète commune à tous les lieux visités que, « derrière l’apparente diversité des choses, l’écriture [vient] relier entre eux par une secrète alchimie ». Tantôt le voyageur entraîne l’écrivain dans une songerie entre veille et sommeil, tantôt l’écrivain projette le voyageur vers des contrées lointaines. Le thème de « la solitude volontaire, produit d’un isolement relatif », apparaît peu à peu en filigrane : pour Albéric d’Hardivilliers en effet, le voyageur lancé sur les routes est nécessairement un solitaire, semblable au véritable lecteur, absorbé dans les livres. Ce pèlerin, avatar postmoderne du romantique « Wanderer », qui veut entrer en contact avec l’univers entier, dans une immédiateté à la fois innocente et volontaire, voit dans les départs « un début de solitude frôlant la sérénité ». Au fil des pages, les livres et les lieux abondamment cités s’interrogent et se répondent en un dialogue fécond d’où naîtra l’écriture ; « avec elle pour un instant le voyageur cesse d’être le jouet du destin, il en devient la main ». Si les grands devanciers comme Kerouac et Bouvier sont bien sûr évoqués, c’est davantage Julien Gracq qui semble influencer l’écriture d’Albéric d’Hardivilliers lorsque, dans un style langoureux et évocateur, il nous parle avec délectation de silence, d’attentes et de mystère.
Dominique Fayolle Transboréal, coll. « Petite philosophie du voyage », octobre 2009, 95 p., 8 euros, ISBN : 978-2-913955-88-2
En savoir plus www.transboreal.fr
| 3 avril | |  | |
Papiers des bas-fonds,
de Philippe Artières et Muriel Salle
Fondateur de l’anthropologie criminelle et de l’école lyonnaise de criminologie, Alexandre Lacassagne (1843-1924) fit de la prison Saint-Paul, située sur la rive droite du Rhône, un véritable terrain d’investigation. Il récupéra toutes les créations des prisonniers, des poèmes aux dessins, des chansons aux textes autobiographiques dont certains, bouleversants, furent « commandés » par lui-même. Lacassagne, homme aux multiples facettes, permit ainsi à ces hommes de dire leurs émotions, leurs craintes, leur regard sur eux-mêmes. C’est par hasard, un beau jour de 1990, que Philippe Artières découvrit, grâce à Philippe Lejeune, l’existence de ce « Fonds Lacassagne » proprement inouï dans lequel il va se plonger avec comme boussole la pensée de Michel Foucault. Mais comment parler de ce qu’il nomme, sans condescendance, ces « archives mineures » ? Faire une exposition est une bonne idée. Mais en présenter un ensemble comme Philippe Artières le fait ici, avec l’aide précieuse de Muriel Salle, qui achève une thèse sur Lacassagne, permet au lecteur de prendre tout son temps pour approcher la personnalité complexe de cet éminent professeur, d’abord médecin, fasciné par les tatouages par exemple et qui n’a exclu aucune voie pour mener à bien ses recherches sur le crime.
François Poirié
Éditions Textuel, novembre 2009, 60 documents en fac-similé, 160 p., 39 euros, ISBN : 978-2-84597-334-3
En savoir plus www.editionstextuel.com
| 2 avril | |  | |
Dictionnaire d’histoire culturelle de la France contemporaine,
sous la direction de Christian Delporte, Jean-Yves Mollier, Jean-François Sirinelli
Voilà un ouvrage appelé à faire date dans l’historiographie qui permet à son lecteur de mesurer la richesse de ce que l’on appelle depuis quelques décennies le tournant culturel de l’écriture de l’histoire. Quelques 300 articles sont ainsi rassemblés écrits par 150 auteurs, le tout dirigé par trois innovateurs qui font autorité dans leur domaine respectif : Jean-François Sirinelli qui est déjà depuis longtemps une autorité en matière d’histoire intellectuelle et qui a déjà dirigé une énorme somme sur l’histoire des droites renouvelée à partir d’une histoire culturelle, Jean-Yves Mollier qui fait autorité dans le domaine de l’histoire de l’édition sur lequel il a beaucoup publié et dirigé nombre de travaux de recherche, et Christian Delporte dont le champ d’investigation est le domaine des médias. Cet ouvrage collectif est aussi la résultante d’une élaboration commune entre deux lieux de recherche : Sciences Po et le centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’université de Saint-Quentin-en-Yvelines. Ce dictionnaire exemplifie le fait que la diversité de l’histoire culturelle tient à la multiplicité de ses objets. On y trouve des prolongements de l’ancienne histoire des mentalités enrichis par la plus nouvelle histoire des sensibilités avec des articles sur la mort, sur la sexualité. On y retrouve aussi tous les enrichissements de la nouvelle histoire des intellectuels, mais aussi des notices plus inattendues comme celles sur le vélo, sur l’animal, sur la voyance, sur la pétanque ou le disque, soit autant d’objets dont les historiens ne sont encore pas vraiment familiers. Écrits à la manière de petits essais, ces articles apportent à la fois savoir et plaisir de son acquisition. Il comblera le lecteur au gré de ses curiosités du moment et il est désormais un bon outil pour mieux connaître des chantiers en construction que les directeurs de ce gros volume de 900 pages n’ont pas voulu encadrer par un texte théorique de présentation pour laisser se déployer la pluralité des approches.
Françoise Dosse
Presses universitaire de France, janvier 2010, 900 p., 39 euros, ISBN : 978-2-13-056108-8
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| 31 mars | |  | |
La Tache aveugle,
de Emmelene Landon
Trois sœurs – Fanny, Susannah et Diotime, qui deviendra aveugle – fréquentent l’École des beaux-arts à Paris, de nos jours. Sans enthousiasme ni conviction. Passionnées par la peinture, son langage et les sensations qu’elle éveille, elles se sentent rejetées par une postmodernité qui préfère des « gestes » artistiques plus abstraits, complexes, métissés. La peinture pure est jugée archaïque par beaucoup. Les trois sœurs – « La sororité se passe de volonté, écrit Emmelene Landon ; nous sommes ensemble dans notre distance » – inventent donc un jeu : elles se rêvent les élèves d’un peintre anglais du XVIIIe siècle, Alexander Cozens, auteur d’une célèbre Méthode de peinture par taches, qui est une forme de philosophie. Aidées par leur tante George, femme libre qui se rend volontiers en Australie à bord de porte-conteneurs, les trois sœurs se lancent à corps perdu dans la création de taches qui les mène à des interrogations percutantes sur elles-mêmes, sur l’imagination, sur l’art. Leur créativité se déploie majestueusement et le lecteur est saisi. La seconde partie du livre est plus ouverte, éclatée, comme si Emmelene Landon avait voulu mêler réel et fiction dans un tourbillon d’images et de situations décalées, loin de notre époque d’écrans plats, de consensus et d’organisation maximale.
François Poirié
Actes Sud, janvier 2010, 188 p., 18 euros, ISBN : 978-2-7427-8808-8
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| 30 mars | |  | |
La Scène,
de Maryline Desbiolles
Avec de la ricotta, un peu de peinture (italienne c’est mieux), quelques ogres et d’autres personnages en mouvement, Maryline Desbiolles, depuis plusieurs années, affine ses compositions, ses mets, ses partitions tout en confrontant forme et fonds. Elle avance ainsi, sens en éveil, dans la profondeur de la phrase et la musicalité du verbe (c’est beau, ça résonne longtemps et c’est précieux comme tout), réinventant, reconstituant des parts d’histoires, vécues ou imaginées, mettant en place et habillant une vérité pas moins réelle. « Il faut avoir de bons yeux, ou le goût de la mémoire qui invente » pour parler de son enfance et atteindre l’universel où s’emmêleraient sens et fiction. On se souviendra longtemps de ses seiches farcies (préparation, attente des invités, évasions vers l’enfance, l’imaginaire, les fantasmes). Il en sera de même avec La Scène. Cette fois, l’auteur passe à table, met en scène, procède à des ensembles (intersection, union, exclusion), nous conviant au théâtre de la vie (celui de la comédie humaine) via La Cène qu’elle recrée dans une trattoria (là où manger encore et séduire) avant de revenir aux vernissages (où se mettre en scène encore et séduire, toujours) ou vers cette photographie retrouvée de sa famille italienne (on pensera au long temps de pause qu’il fallait alors pour nous immortaliser). Par le biais de la table – sous laquelle jouer des pieds, sur laquelle danser, compter, peindre (tavola) et où prendre des risques (car « la table est périlleuse ») – l’auteur écrit là une belle histoire de corps qui voudraient continuer de plaire longtemps.
Christophe Grossi
Le Seuil, coll. « Fiction & Cie », janvier 2010, 128 p., 15 euros, ISBN : 978-2-02-100166-2
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 29 mars | |  | |
L’Âge de craie et Écriture ineffable,
d’André Pieyre de Mandiargues
Écrivain secret dès l’origine – et peu porté vers la lumière publique – André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) reste principalement connu pour ses rares romans et surtout ses récits étranges, à la lisière du fantastique et d’un érotisme distant (réédités à bon escient l’an dernier dans la collection « Quarto »). C’est pourtant par la poésie qu’il entreprend d’écrire dans les années 1930, même s’il gardera par devers lui ses premières tentatives (elles ne seront publiées qu’en 1961, avec une préface qui en souligne non sans coquetterie « la maladresse évidente»…). Le regroupement en deux volumes de ses poèmes complets dans la collection « Poésie/Gallimard » permet de mesurer l’importance de ce pan à la fois central et souterrain de son œuvre, injustement négligé jusqu’alors. Malgré l’intérêt « matriciel » des tout premiers poèmes, c’est avec Dans les années sordides (1948) que sa poésie va prendre son essor : essentiellement en prose, les textes de cette période sont du reste indissociables de ses premiers récits (Le Musée noir, Soleil des loups) et baignent dans la même atmosphère onirique, oppressante et baroque, presque symboliste par endroits. Par la suite, les « cahiers de poésie » (selon leur titre générique : il y en aura sept au total) vont prendre une tournure moins austère, plus aérienne aussi dans l’écriture – ce qui n’empêche pas certains moments de tension souveraine, comme dans l’admirable série des « Jacinthes », recueillie dans Ruisseau des solitudes en 1968. Il faut aborder cet ensemble plus imposant qu’on n’aurait pu le croire (près de 900 pages, réparties chronologiquement dans ces deux volumes) en le replaçant dans la mouvance du surréalisme où s’est toujours situé Mandiargues, mais avec une exigence formelle et une liberté de ton qui le rapprochent déjà de certains de ses successeurs : Jude Stéfan ou Bernard Noël, par exemple. Un très singulier parcours en tout cas – et à travers bien des pages souvent, un étrange, un obscur éblouissement.
Yves di Manno
Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », janvier 2010, respectivement 448 et 432 pages, 9,90 euros chacun, ISBN : 978-2-07-032997-7 (L’Âge de craie) ; 978-2-07-032109-4 (Écriture ineffable).
En savoir plus www.gallimard.fr
| 23 mars | |  | |
White material,
de Claire Denis
Quelque part en Afrique, dans une région en proie à la guerre civile, Maria refuse d’abandonner sa plantation de café avant la fin de la récolte, malgré la menace qui pèse sur elle et les siens.
De l'écrit à l'écran Co-écrit avec Claire Denis, le scénario de White Material est le premier de la romancière Marie Ndiaye.
Maria vue par Isabelle "Maria cherche à tout prix à sauver sa récolte – le film se passe en très peu de jours. Elle n’a pas choisi de planter du café par intérêt vénal ou par hasard. Le café, c’est la terre. La terre, c’est la sève. La sève, c’est l’appartenance. Et l’appartenance, c’est l’identité, autrement dit ce qui constitue l’individu", explique Isabelle Huppert à propos de son personnage. "Elle ressent l’exil, qui la menace, comme une immense douleur. Les centaines de milliers de gens déplacés vivent tous une tragédie qui leur est propre. Maria incarne tout ça : la folie, le désespoir, le refus de perdre ce avec quoi elle a grandi…"
Avec : Isabelle Huppert, Christophe Lambert, Nicolas Duvauchelle, Isaach de Bankolé, Michel subor, William Nadylam, Adèle Ado
Sortie nationale : 24 mars 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/28428/white-material
| 22 mars | |  | |
Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée, de Armelle Mabon
Comment une archive a priori anodine peut transformer une vie, être à l’origine d’un apport historiographique et donner lieu à un bel ouvrage ? C’est ce petit miracle que permet de découvrir cette publication. L’auteure est en effet devenue historienne professionnelle, enseignante-chercheur à l’université de Bretagne Sud alors qu’elle était à l’origine assistante sociale. Elle reçoit en 1987 un carton d’archives d’une collègue qui a été assistante sociale au service social colonial de Bordeaux pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle découvre alors avec stupeur ce qu’elle ignorait : la ségrégation raciale parmi les prisonniers de l’armée française entre les ressortissants de la métropole envoyés en Allemagne et ceux provenant des colonies, restant en France dans des Frontstalags encadrés par l’armée allemande jusqu’en janvier 1943. À cette date, la Wehrmacht a besoin de mobiliser sur le front est toutes ses unités et les geôliers allemands de ces Frontstalags sont alors remplacés par des soldats français du régime de Vichy. Armelle Mabon, « fascinée » par son enquête qui va durer une bonne dizaine d’années, prospecte systématiquement dans les archives, recueille nombre témoignages pour raconter l’histoire de ces « indigènes » prisonniers en France et leur retour « au pays » particulièrement difficultueux. Elle retrace ce qu’a été la capture, les conditions très difficiles de la vie quotidienne dans ces camps spéciaux. Elle fait ainsi découvrir au lecteur une nouvelle facette de la politique de collaboration. Elle découvre néanmoins au cours de son enquête que de nombreuses solidarités transversales se sont nouées entre ces prisonniers et la population locale qui vont rendre d’autant plus insupportable le retour, au moment de leur libération, à la vie de colonisés, leur passage d’un asservissement à l’autre. Ces tensions vont conduire à un désir d’émancipation qui va se heurter à la politique d’oubli de la France et va alimenter le mouvement de lutte pour l’indépendance nationale. Mais en attendant, le simple respect dû, au nom de l’égalité citoyenne, comme les droits prévus pour les anciens prisonniers de guerre qui ne sont pas versés, suscite des tensions comme celle de Thiaroye en décembre 1944, près de Dakar, au Sénégal, où l’armée française réagit à cette requête en faisant 35 morts et autant de blessés parmi les « tirailleurs sénégalais ». Le fossé entre les proclamations universalistes et la réalité coloniale ne tardera pas à se manifester et à s’ouvrir sur une nouvelle page de l’histoire, celle de la décolonisation. François Dosse
La Découverte, janvier 2010, 300 p., 23 euros, ISBN : 978-2-7071-5078-3
En savoir plus www.editionsladecouverte.fr
| 12 mars | |  | |
Pas revoir, suivi de Neige rien,
de Valérie Rouzeau
C’est la parution de Pas revoir aux éditions du Dé bleu, en 1999, qui a révélé Valérie Rouzeau, lui donnant brusquement une « visibilité » fort rare dans le champ de la poésie contemporaine – et d’autant plus inattendue qu’elle avait jusqu’alors très peu publié. À quoi pouvait tenir cet accord immédiat avec un public moins clairsemé qu’à l’ordinaire ? Au sujet du livre peut-être : la mort d’un père et l’évocation à travers elle des lumières dispersées de l’enfance ? Ou à cette écriture tendue, nerveuse, sautillante parfois (et usant à dessein des ressorts détournés de la ritournelle) – mais qui faisait écho plus qu’il n’est de coutume en français aux tournures de la « langue parlée » ? Un peu des deux sans doute (même si ce « naturel » dans l’expression est bien évidemment un leurre et relève au contraire d’un travail médité). L’impression aussi que l’on a parfois d’avoir plus affaire à un récit qu’à un recueil de poèmes – mais un récit troué, morcelé par le deuil et allant du coup droit au signe, au mot, au détail essentiels. Bref, Pas revoir faisait mouche et à le relire aujourd’hui, dix ans plus tard, on peut constater que l’ouvrage n’a rien perdu de son urgence, ni de sa tendresse blessée. C’est une excellente idée de lui avoir adjoint Neige rien, paru dans la foulée aux éditions Unes (qui l’avaient imprimé en rouge) : cette suite de poèmes plus brefs, plus cinglants – et plus cocasses parfois, dans leur manière de jongler avec le vocabulaire – annonce déjà les recueils que Valérie Rouzeau publiera au fil de la décennie suivante, de Va où (2002) jusqu’au récent Quand je me deux (Le temps qu’il fait, 2009).
Yves di Manno
La Table Ronde, coll. « La Petite Vermillon », février 2010, 144 pages, 7 euros, ISBN : 978-2-7103-3165-0.
En savoir plus www.editionslatableronde.fr
| 10 mars | |  | |
Le Musée invisible,
de Nathaniel Herzberg
Journaliste au Monde, Nathaniel Herzberg a mené une enquête inédite sur « Les chefs-d’œuvre volés » qui forment une collection exceptionnelle qu’on rêverait de voir exposée un jour. Mais, justement, l’un des principes de cette « visite » est de ne parler que d’œuvres jamais retrouvées. Nous ne pouvons donc qu’admirer leur reproduction. Le vol d’œuvres d’art – toutes époques et tous genres confondus – constitue la quatrième entreprise criminelle mondiale après la drogue, le trafic d’armes et le blanchiment d’argent. Des bijoux en or de l’Antiquité aux toiles impressionnistes, absolument rien n’est à l’abri. Avec une jubilation évidente, et communicative, Nathaniel Herzberg détaille les mille et une manières de voler un tableau ou de réaliser le « casse » du siècle (il eut lieu au Gardner Museum en mars 1990). Il évoque aussi le champion du monde des artistes les plus volés, Picasso (642 œuvres dérobées, dont une… par lui-même !). C’est un ensemble de paramètres que met en lumière le vol d’œuvres d’art. Paramètres révélateurs de l’état d’une société ou d’histoires personnelles édifiantes telle celle de ce jeune Alsacien, Stéphane Breitweiser, né en 1971, qui déclara être « amoureux fou » de l’art pour justifier ses centaines de vols. Cette activité, mieux surveillée, serait en très nette baisse mais de nouveaux horizons – la Russie, Hongkong, Dubaï… – pourraient s’ouvrir à elle et la relancer de manière spectaculaire.
François Poirié
Éditions du Toucan, novembre 2009, 200 p, 39,90 euros, ISBN : 978-2-8100-0332-7
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| 8 mars | |  | |
Gouverner les mémoires : les politiques mémorielles en France,
de Johann Michel
Cet ouvrage se donne pour objectif de clarifier les enjeux de l’actuelle explosion mémorielle qui a été relayée par les pouvoirs publics par une politique de plus en plus prescriptive. Politiste, l’auteur s’attache à caractériser la nature et l’évolution des politiques mémorielles pratiquées par les pouvoirs successifs. L’ouvrage est pour l’essentiel centré sur le contemporain, même si on y rappelle le mode de fonctionnement mémoriel au temps de la monarchie. L’auteur distingue la succession de deux types de régimes mémoriels : l’un qui vise à renforcer la cohésion nationale en honorant les héros qui sont morts « pour » la patrie, et un régime mémoriel qui a suivi et a pris récemment une ampleur singulière. Il consiste à faire valoir les droits des victimes, de ceux qui sont morts « par la faute » de la nation, revendications qui sont portées par des mémoires particulières dont la matrice est la reconnaissance de la mémoire juive comme mémoire blessée par le judéocide. La loi Gayssot a offert au plan juridique le modèle de l’afflux de demandes de la part de ces mémoires plurielles qui se tournent vers l’État. Johann Michel met bien en évidence les tensions propres vécues par les pouvoirs successifs qui sont passés, par-delà les clivages droite/gauche, d’un régime mémoriel à l’autre à partir d’une situation de concurrence des victimes. L’État a fait place à la centralité progressive dans les années 1980-1990 du modèle de la Shoah qui a inspiré ensuite la plupart des entrepreneurs de mémoire au nom du droit d’autres communautés, les noirs, les Arméniens, les harkis…, mais un pouvoir qui n’entend pas non plus renoncer à sa vocation à l’unité nationale et cherche à résister à la désaffiliation et à l’émiettement en exhumant de nouveaux héros, au prix parfois du confusionnisme au plan du contexte historique et de l’instrumentalisation de l’histoire. L’auteur entend adopter une position sage, dépassionnée, celle d’une juste mémoire et d’un raisonnable oubli, mais c’est parfois au prix de l’édulcoration d’un certain nombre de contradictions, de prises de positions antagonistes trop souvent minorées dans son récit qui cherche à historiciser et à refroidir cette inflation mémorielle.
François Dosse
Presses universitaires de France, février 2010, 208 p., 23 euros, ISBN : 978-2-13-057239-8
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| 5 mars | |  | |
La Mémoire désunie. Le souvenir politique des années sombres, de la Libération à nos jours,
d’Olivier Wieviorka
La mémoire de la Seconde Guerre mondiale semble aujourd’hui bien pacifiée, objet devenu froid, quand on pense à la guerre de tranchées que se livrent les spécialistes de la Grande Guerre. Et pourtant, cela n’a pas toujours été le cas, loin de là, et à tout moment peut resurgir une mémoire que l’on croyait apaisée comme source de déchirures nouvelles. C’est l’histoire de cette mémoire que nous livre le spécialiste de la période 1939-1945 qu’est Olivier Wieviorka. Comme l’avait fait Henry Rousso à propos de Vichy, il ne raconte pas la guerre, son ouvrage commence à la Libération et s’intéresse aux traces de cette guerre dans l’après. Il se propose ainsi de donner à lire une vaste synthèse et pour ce faire de limiter son champ d’investigation à l’étude des politiques publiques conduites depuis 1945 en matière de gestion de la mémoire de cette sombre période de déchirements entre les Français. Une sorte d’histoire d’en haut qui délaisse les autres aspects de la transmission de cette mémoire : les réseaux privées, familiaux, l’étude de ses représentations au plan culturel… Le déroulé de l’ouvrage suit donc le cadre classique des divers gouvernements qui se sont succédé entre le général de Gaulle et l’actuel président Sarkozy, ce qui permet une bonne contextualisation des mesures mémorielles prises. On connaissait déjà les grandes lignes de cette histoire qui passe du mythe résistancialiste cultivé par le gaullisme à l’ouverture d’un fossé croissant entre légende et mythe qui va non seulement faire s’écrouler ce mythe, mais générer un mythe à l’envers par un effet de balancier, celui d’une France totalement collaboratrice. Certains traits singuliers de cette mémoire comme celui d’une faible part d’exaltation de la part combattante, la faible place faite aux sépultures, aux monuments contrairement à ce qu’il en a été pour la guerre de 14-18, mais par contre l’exaltation des héros de la résistance. Chaque gouvernant a marqué de son empreinte cette mémoire dans une faible marge de manœuvre par rapport au contexte : de Gaulle menant une politique mémorielle très volontariste et offensive, Pompidou graciant Paul Touvier, Valéry Giscard d’Estaing en souhaitant renoncer à la célébration du 8 mai et François Mitterrand en déposant une gerbe à l’île d’Yeu, soit une marche continue par-delà les clivages politiques vers l’actuelle mais fragile pacification.
François Dosse
Éd. du Seuil, coll. « L’univers historique », février 2010, 304 p., 20 euros, ISBN : 978-2-02-101476.
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| 3 mars | |  | |
Les Heures souterraines,
de Delphine de Vigan
Un homme et une femme qui ne se connaissent pas sont seuls dans une ville qu’ils sillonnent quotidiennement pour exercer leur métier. L’un, Thibault, médecin urgentiste, circule en surface au volant de sa voiture, tandis que l’autre, Mathilde, cadre en marketing, navigue en métro et RER dans le dédale de ses entrailles. Le premier, confronté aux malades anonymes et souffrants, endure l’indifférence d’une femme aimée ; la seconde, élevant seule ses enfants après la mort trop rapide d’un mari aimant, se bat pour tenter de garder sa place au sein de son entreprise. Livrés à l’adversité de leur destin, ils sont à un point de rupture de leur vie, engagée dans une sorte de lente descente aux enfers entre solitude, dépression et désespoir. Le roman est le récit de leur improbable rencontre – seul espoir possible dans l’implacable isolement de leur vie sans joie. Les deux personnages errent tels des électrons libres dans le champ d’attraction de la ville – « ce territoire infini d’intersection, où l’on ne se rencontre pas », « ce mensonge engourdissant ». « La ville [qui] attend son heure pour le vomir ou le recracher » prend pour Thibault la forme d’un véritable personnage, et devient son ennemi, tandis que Mathilde, rejetée par son patron, se retrouve en position de victime dans un combat perdu d’avance contre son entreprise. L’écriture très précise et dépouillée procède par prédicats répétitifs dans une scansion incantatoire qui porte le lecteur par empathie au bout de l’exténuation des personnages.
Dominique Fayolle
Éd. JC Lattès, novembre 2009, 305 p., 17 euros, ISBN : 978-2-7096-3040-5
En savoir plus www.editions-jclattes.fr
| 2 mars | |  | |
BELO (HAÏTI)
Bélo n’a pas attendu le 12 janvier 2010 pour s’engager *: il a toujours été très attaché à la cause des plus faibles, à l’éducation des enfants, au respect des femmes, à la solidarité sociale, à la protection de l’environnement, à la paix en Haïti et dans le monde. Le séisme qui a ravagé son pays donne plus de force à son engagement et à l’intensité des messages qu’il véhicule dans ses chansons.
Né en Haïti en 1979, Bélo est un jeune auteur, compositeur, guitariste et interprète, lauréat de nombreux prix dont le prestigieux « Prix Découvertes RFI 2006 ». Son style musical baptisé « le ragganga » allie le reggae, le ragga, le blues, le jazz et les « raras », rythmes traditionnels vaudous…. Il chante dans sa langue maternelle, le créole haïtien, riche et imagé. Bélo est un messager sensible qui, avec ses mélodies, sait toucher les publics en Haïti, en Amérique du Nord, en Afrique, en Europe et dernièrement au Brésil, dans le cadre de França.Br.
Avec deux albums à son actif « Lakou Trankil » (Soley Sounds -2005) et « Référence » (NatiProd -2008), Bélo est actuellement en France en résidence pour quelques mois, dans le cadre du programme «Visas pour la création / Solidarité Haïti» de Culturesfrance. Sa priorité est de se reconstruire professionnellement pour participer à sa manière à la reconstruction de son pays. Il prépare un nouvel opus à paraître avant l’été 2010, dont une partie des recettes seront reversées à des projets de construction d’écoles.
Dans la chanson « Lakou trankil » (« La cour tranquille »), Bélo voit son pays comme un village où tout le monde se connaît, a sa place et sait vivre ensemble. « Ti Moun Yo» (« Les enfants ») interpelle les dirigeants sur le sort des enfants délaissés, errants dans les rues. « Famm Kreyol » (« Femme créole ») rend hommage à ces femmes, mères abandonnées, qui se battent quotidiennement pour travailler, nourrir leurs enfants et leur offrir une éducation. C’est un messager d’espoir et de solidarité pour « Ayiti levé !» (« Haïti debout !»).
* Implications de Bélo en Haïti : ambassadeur de la cause des personnes handicapées SEPH, ambassadeur itinérant de la culture haïtienne, parrain de l’association « Espoir pour Haïti », collaborateur de l’UNICEF Haïti, de VDH « Volontaires pour le développement d’Haïti », de la Croix Rouge haïtienne… Bélo participera à plusieurs concerts de solidarité avec Haïti (en France comme à l’étranger) et se produira à BABEL MED MUSIC (Marseille, 26 mars) à MUSIQUES MÉTISSES (Angoulême, 23 mai), au Festival TIMITAR (Agadir, 9 juilllet).
Format tournée : 6 personnes dont 5 musiciens
Management : NATI PROD - Charlot Murat Tel France: + 33 (0)628835976 Tel Haïti : +509 3734-4806 / 305-914-6681 +509 552-6525 natiprod@gmail.com charlesnatibelo@yahoo.fr
Diffusion: MAD MINUTE MUSIC – Corinne SERRES 5-7 rue Paul Bert 93400 St Ouen France Tel : +33 (0)1 40 10 25 55 - Fax : +33 (0)1 40 10 17 37 http://www.madminutemusic.com corinne@madminutemusic.com En savoir plus http://www.belohaiti.com http://www.myspace.com/belo123 http://www.sonicbids.com/belohaitireference
| 1er mars | |  | |
Les Centenaires,
de Philippe Adam
Certains ont participé à la construction de la Résidence du Parc. Ils étaient alors jeunes retraités. C’était il y a soixante-dix ans. Entre-temps, d’autres sont arrivés, ont été bizutés. Ils forment une bande qui parfois se déchire, s’embrase ou s’envoie en l’air : les centenaires de Philippe Adam ont la dent et la vie dures. Même si certains meurent, beaucoup ont déjà dépassé les cent dix ans et ils font la loi dans la résidence. Parfois, pour briser leur ennui, ils se mettent à faire de la musculation, partent en chasse d’un nouveau travail (vente d’organes, prostitution, chirurgie esthétique, pornographie) pendant que d’autres mettent au monde une fille ou font tout pour battre le record de longévité. Philippe Adam aborde le mouroir des retraités de manière inattendue et décalée. En choisissant de mettre en scène des dizaines de centenaires déjantés, il nous montre du doigt notre monde : étriqué, dominé par le pouvoir et l’argent, un monde qui, sans subversion, imagination, créativité, est un monde qui s’ennuie et vieillit sans jamais mourir. Pour ce faire, il alterne deux tons dont le premier, très distancié (sociologue presque), donne force au sujet pris à contre-pied et vient contraster habilement les envolées, le lyrisme, les logorrhées et autres déclamations des centenaires.
Nous retrouvons ici l’intérêt de l’auteur pour les marges, sa vision décalée de notre société (les paradoxes, les impondérables) et de notre rapport à notre corps ou à l’autre (famille, amis, collectivité), son humour noir, sa politesse du désespoir.
Christophe Grossi
Éditions Verticales, février 2010, 196 p., 19,50 euros, ISBN : 978-2-07-012835-8
En savoir plus www.editions-verticales.com
| 25 février | |  | |
Le Lexique de l’auteur,
de Roland Barthes
À lire de nombreuses nouveautés, on constate que Roland Barthes est de plus en plus « présent » dans des ouvrages fort divers comme, pour ne citer qu’un exemple, le somptueux Journal d’une saison sans mémoire de Silvia Baron Supervielle (Gallimard, septembre 2009) où Roland Barthes apparaît en maître bienveillant – ce qu’il était fondamentalement –, accompagnant nos interrogations sans les juger mais en nous aidant à les approfondir. Le Lexique de l’auteur est un nouveau volume des « Cours et séminaires de Barthes », remarquablement édités par Éric Marty, aidé ici par Anne Herschberg Pierrot. Il couvre les années 1973-1974, années où Barthes travaille à l’un de ses plus beaux livres, le Roland Barthes par Roland Barthes. On sait combien le « Séminaire » fut un lieu euphorique, unique, où circulaient pensée et désir. Par ailleurs, une centaine de fragments inédits du Roland Barthes par lui-même sont publiés ici, qui nous en révèlent une dimension ignorée : sa visée encyclopédique. Barthes lui-même reconnaissait « dans l’activité de classement une sorte d’ivresse créative ». Ivresse que partage le lecteur un peu déprimé quand il s’empare de ce livre et, sautant de fragment en fragment, voit son esprit soudain remis en mouvement par ces pensées si justes, si proches, écrites dans ce style inimitable comme peut l’être le grain d’une voix…
François Poirié
Éd. du Seuil, coll. « Traces écrites », janvier 2010, 422 p., 25 euros, ISBN : 978-2-02-061851-09
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 24 février | |  | |
Le refuge,
de François Ozon
Mousse et Louis sont jeunes, beaux et riches, ils s’aiment. Mais la drogue a envahi toute leur vie. Un jour, c’est l’overdose et Louis meurt. Mousse survit, mais elle apprend qu’elle est enceinte. Perdue, elle s’enfuit dans une maison loin de Paris. Quelques mois plus tard, le frère de Louis la rejoint dans son refuge.
Carré ronde "Il y a un côté documentaire sur Isabelle ", reconnait François Ozon, qui a posé beaucoup de questions à la comédienne sur son état de femme enceinte, pour nourrir le personnage. "Pendant la préparation, Isabelle faisait très bien la différence entre elle et le personnage de Mousse. Elle n'avait peur de rien, ni des dialogues ni des situations. Mais quand on a commencé à tourner, c'est devenu plus difficile", précise le réalisateur, qui explique : "Elle se retrouvait à jouer des choses qui allaient à l'encontre de son état personnel. Par exemple, sur le tournage elle n'arrêtait pas de communiquer avec son bébé, en touchant son ventre ou en lui parlant, alors que dans le film Mousse ne s'en préoccupe pas, elle est enceinte par accident, et le garde juste pour conserver un lien avec l'homme disparu qu'elle aimait (...)
La peur au ventre Isabelle Carré a hésité avant de dire oui à François Ozon. Au moment d'accepter, elle a posé une seule condition : tourner sur son lieu de vacances, le Pays basque... Elle revient sur ses doutes : "En réalité, une seule chose m'inquiétait réellement par rapport au sujet : "qu'est-ce que mon enfant pensera quand il verra le film ?" Je ne voulais pas qu'il se sente utilisé (...) Est-ce que dès qu'on a des enfants, on ne doit tourner que des scènes à la Walt Disney ?! Finalement, je me suis dit que c'était mon métier, que mon enfant grandirait, qu'il aurait le temps de comprendre, de s'habituer à avoir une maman comédienne(…)
Avec : Isabelle Carré, Louis-Ronan Choisy, Pierre Louis-Calixte, Melvil Poupaud, Claire Vernet, Jean-Pierre Andréani, Marie Rivière,
Sortie nationale : 27 janvier 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/30482/le-refuge
| 22 février | |  | |
Les Plumes d’Eros (Œuvres I),
de Bernard Noël
Bien qu’il soit finalement resté à la périphérie du paysage littéraire, Bernard Noël s’est imposé depuis longtemps déjà comme l’un des écrivains majeurs de sa génération – l’un des rares, aussi, à avoir maintenu l’exigence de ses débuts et sa méfiance fondatrice devant « le fait même d’écrire ». Ce qui pourrait être un paradoxe, étant donné l’abondance de son œuvre et la diversité de ses angles d’attaque : poésies, récits, chroniques, réflexions esthétiques ou politiques… En vérité, cette contradiction (si c’en est une) est au cœur de la plupart de ses écrits et ne cesse d’en relancer la dynamique, entre l’éblouissement du regard et la nuit de l’encrier. P.O.L a eu l’heureuse initiative de procéder à une nouvelle mise en perspective de cette œuvre en imaginant un ensemble de volumes destinés à en montrer la diversité, la richesse – et l’invisible unité. Le premier, qui paraît aujourd’hui sous le titre Les Plumes d’Eros, réunit un certain nombre d’écrits qualifiés, faute de mieux, d’« érotiques ». Ils ne correspondent à vrai dire que d’assez loin à ce que l’on entend généralement derrière ce terme : même si la chair y a sa part, il s’agit plus ici d’un érotisme mental où la vue tient le rôle principal et où l’esprit cherche à s’abolir dans l’exténuement du corps. L’ouvrage traverse toute la carrière de l’auteur, mais laisse de côté ses romans emblématiques (Le Château de Cène, Les Premiers mots) et regroupe des textes plus brefs, depuis la hiératique Messe blanche de 1966 jusqu’aux pages finales (qui raniment avec une netteté troublante des passions anciennes) en passant par la « fiction théorique » de L’Enfer dit-on. L’ensemble aurait sans doute gagné en densité si l’on s’en était tenu à l’œuvre en prose : les poèmes qui figurent ici – y compris le superbe Été langue morte – s’y insèrent avec moins d’évidence. On notera en revanche la présence de plusieurs longs textes inédits (et de tout premier plan) qui justifient à eux seuls sa publication. Au centre du volume figure en particulier un récit stupéfiant : Les choses faites, qui constitue l’un des moments majeurs de l’œuvre de Bernard Noël (tous ouvrages confondus) et en résume peut-être à lui seul, derrière l’énigme où il nous laisse, son enjeu le plus secret.
Yves Di Manno
P.O.L, janvier 2010, 436 p., 26 euros, ISBN : 978-2-84682-349-4
En savoir plus www.pol-editeur.com
| 19 février | |  | |
Portrait silencieux de Jacques Lacan,
de Claude Jaeglé
Un livre comme un régal. Son auteur nous avait déjà offert un petit bijou à l’occasion de la célébration des dix ans de la disparition de Gilles Deleuze en 2005 avec son essai sur la polyphonie de la voix du philosophe. Il récidive pour notre bonheur avec celui qui a fasciné le tout-Paris par sa gestuelle et la profération de sa voix, Jacques Lacan. Lévi-Strauss disait de Lacan qu’il lui rappelait les chamans des sociétés exotiques. Il y a là incontestablement un envoûtement magique que Claude Jaeglé décrypte pour en ressaisir la singularité. Il la voit en premier lieu dans l’importance des silences, du temps suspensif entre deux assertions, des silences à la fois fréquents et de longue durée qui déplacent l’attention sur des affleurements moins contrôlés comme les grognements ou les sifflements qui plongent le public en plein mystères d’Eleusis. Par ailleurs, ces silences font ressortir avec plus de force la reprise de la voix qui gronde, qui tonne pour éveiller son auditoire subjugué par celui que l’auteur appelle « le fils de la sourde ». Le cri du psychanalyste Lacan revient à transmettre que « l’inconscient est structuré comme un langage ». Il y a là quelque paradoxe car Ferdinand de Saussure, dont Lacan étaye sa théorie, a justement mis de côté de la science de la langue, la parole. Or, comme l’a bien perçu l’historien membre de l’école lacanienne Michel de Certeau : Lacan, c’est « une éthique de la parole ». Et Claude Jaeglé de décliner les personnages oratoires qu’il met en scène un peu à la manière dont Deleuze parlait de personnages conceptuels. Pendant vingt-cinq années, Lacan aura ainsi dispensé son enseignement dans divers lieux comme Sainte-Anne, Ulm ou la Faculté de droit de Paris en tant que savant privilégiant la parole. Il ne nous en reste que des bribes, des transcriptions écrites, le Séminaire devenu Sémiller, il manquera à jamais sa présence physique portant cette parole.
François Dosse
Presses universitaires de France, février 2010, 157 p., 15 euros, ISBN : 978-2-13-058098-0
En savoir plus www.puf.com
| 17 février | |  | |
Un roman français,
de Frédéric Beigbeder
À l’occasion d’une garde à vue pour consommation illicite de drogue sur la voie publique, Frédéric Beigbeder entreprend d’écrire un « livre sur [ses] origines ». Au-delà du dévoilement de l’intimité familiale, le récit devient sous la plume de l’auteur l’histoire de la France, ponctuée par les guerres génératrices du « devoir d’oubli » qui précéda dans les années 1960 « le devoir de mémoire » actuel. Le narrateur évoque ces mutations quand « les Beigbeder sont passés du camp des hobereaux de terroir enracinés dans une illusoire éternité à celui des néobourgeois modernes, déracinés, urbains, éphémères et pressés parce que fragiles » avec « la mort de la grande bourgeoisie cultivée de province et la disparition des valeurs de la vieille noblesse chevaleresque » dans un monde où « des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés ». Réellement nostalgique ou pas, l’homme formé par et pour la pub reste de son temps, maniant un langage imagé et contemporain où les formules courtes claquent. Beigbeder a pour ambition d’écrire un roman sur la mémoire et ses mécanismes ; il prétend, coquetterie peut-être, n’en avoir aucune et le déplore – « pourquoi mon enfance n’est-elle pas indélébile ? » – dans un petit chapitre en forme de ballade poétique. Mais sa garde à vue, dont il dénonce les conditions extrêmes, va opérer comme un électrochoc lui restituant son histoire… Frédéric Beigbeder achèverait-il avec ce livre sa crise d’adolescence tardive et prolongée : réalisant enfin que, fuyant sa famille, il n’a fait qu’abdiquer « face à une aliénation bien pire : la soumission à l’individualisme amnésique » ?
Dominique Fayolle
Grasset & Fasquelle, août 2009, 285 p., 18 euros, ISBN : 978-2-246-73411-6
En savoir plus www.edition-grasset.fr
| 15 février | |  | |
La Grande Sauvagerie,
de Christophe Pradeau
Au sommet d’un rocher, au-dessus de Saint-Léonard, se trouve ce qu’on appelle encore une lanterne des morts où il y a longtemps un feu brûlait en permanence la nuit afin de guider les voyageurs – une sorte de phare en plein Limousin et qui semble veiller sur les vivants : simple tour de granit pourtant, cette lanterne a une force d’attraction telle qu’elle appelle au fantasme, à la rêverie, à l’imagination. Thérèse en sait quelque chose, elle qui a grandi là en gobant les mouches, qui a quitté les lieux à 18 ans pour faire le tour du monde et nous revient quarante ans plus tard pour écrire, à partir de cette histoire pleine de veilleurs et de veilleuses, son livre des Noms (absents, disparus). C’est au milieu des villes, des bibliothèques ou encore de natures libres, d’une grande sauvagerie sourde et magnétique et par le truchement de Lychnobiens tout droits sortis de chez Rabelais, de peintres voyageurs et d’autres personnages en quête d’idéal que Thérèse va ramener avec elle secrets séculaires que se partagent le Limousin et le Québec ainsi que tout un tas d’histoires de lieux, de familles et de noms. Au final, c’est toute l’Histoire des Lumières à nos jours qui est contenue dans ce récit fouillé, dense, érudit et musical où certains lieux sont décrits par leur absence, cette Grande Sauvagerie notamment : « espace hostile sur lesquels les noms ne prennent pas, glissent et se perdent sans parvenir à se nouer aux choses, à se fixer, à s’ériger en lieux-dits, en toponymes sur lesquels on s’oriente, dans lesquels on s’installe. »
Christophe Grossi
Verdier, janvier 2010, 160 p., 13 euros, ISBN : 978-2-86432-601-4
En savoir plus www.editions-verdier.fr
| 12 février | |  | |
Journée américaine,
de Christine Montalbetti
Partant d’une situation on ne peut plus simple – l’amitié entre deux étudiants, Tom Lee et Danovan, qui va s’inscrire dans la durée –, Christine Montalbetti brasse, dans ce dernier roman particulièrement réussi, une quantité de thèmes variés, sur le ton de la gravité, de la célébration, mais aussi sur celui du franc burlesque : l’attaque d’une nuée de moustiques lors d’un match d’« American football » restera comme un morceau d’anthologie… Christine Montalbetti lie avec fluidité les sujets de son roman : l’amitié justement, qui est le contraire d’un coup de foudre ; nos imperfections, qui nous rendent si aimables et séduisants ; l’écriture (que pratiquent nos deux héros) qui assouvit les fantasmes, parfois ; les animaux, si proches et si différents de nous ; les paysages et ce ciel d’été dont la beauté changeante nous dévaste. Christine Montalbetti était en résidence d’écriture dans l’Oklahoma pendant la rédaction de son roman. Dans un « journal-carnet », En écrivant Journée américaine (Biro/P.O.L), elle se confie, sans complaisance. Elle parle de cette fatigue qui l’anéantit après chaque livre, mais où perce déjà le désir d’écrire à nouveau, détaille les objets et images qui couvrent sa table de travail, évoque ses personnages toujours construits à partir de plusieurs personnes réelles. Dans ces deux livres, elle évite tous les poncifs et nous rend complices de ses visions et théories de romancière audacieuse.
François Poirié
P.O.L, novembre 2009, 278 p., 18,50 euros, ISBN : 978-2-84682-350-0 Autour de cet ouvrage En écrivant Journée américaine : texte et photographies, Biro/P.O.L, octobre 2009, 80 p., 14,90 euros Le Cas Jekyll, avec Denis Podalydès, en tournée dans toute la France en 2010 En savoir plus www.pol-editeur.com
| 10 février | |  | |
Le temps des Grâces,
de Dominique Marchais (documentaire)
Une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd'hui à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, agronomes, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent - économiques, scientifiques, sociaux - et qui, bon gré mal gré, continue d'entretenir les liens entre générations. Un monde au centre d'interrogations majeures sur l'avenir.
Origine du projet Le désir du cinéaste de faire un film qui questionnerait notre attachement à l'agriculture est né d'un incident dont Dominique Marchais a été témoins en 2004. Il se trouvait dans une ferme en Auvergne lorsqu'il vit un éleveur sortir ses vaches. Mais après la chute d'un premier animal, le cinéaste remarqua qu'aucun des bestiaux ne tenait debout. Et lorsqu'on interrogea l'éleveur sur l'état de ses vaches il répondit "Rien, tout va bien !". C'est moins la chute des vaches que la dénégation de l'éleveur qui marqua le réalisateur, parce qu'elle révélait de douleur rentrée, de gène. Un sujet proche du cinéaste Dominique Marchais est issu d'une famille d'agriculteurs et bien qu'il n'ait jamais envisagé d'en faire son métier, il reste très concerné par les préoccupations du monde agricole. Ce qui explique entre autres sa motivation pour faire ce film.
Sortie nationale : 10 février 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/29753/le-temps-des-graces
| 10 février | |  | |
Nos amériques,
de Stéphane Bouquet
Cinquième ouvrage de Stéphane Bouquet chez Champ Vallon, Nos amériques est aussi le plus bouleversant. Peut-être parce qu’il porte à son paroxysme la logique qui sous-tendait les précédents et supposait l’immersion de l’auteur dans la foule de ses « semblables » : jusqu’à l’oubli de soi, l’effacement, voire la disparition. La démarche qui semblait relever au départ d’un unanimisme à la Whitman – c’est-à-dire foncièrement positif – s’avère de livre en livre plus déchirante, plus obscure, comme si de la tribu des autres celui qui écrit se sentait peu à peu exclu. Le précédent recueil (Un peuple, 2007) accomplissait un détour salvateur du côté des morts, des poètes anciens et des tombeaux. Nos amériques revient au continent mythique (qui est aussi, pour Stéphane Bouquet, celui du père invisible) et déroule une fresque morcelée, où la solitude des êtres et leur incommunicabilité paraissent aggravées par la lumière dans laquelle baigne cette écriture distanciée, parfois transparente, toujours aérienne malgré sa gravité. Si les deux moments du « chant commun » qui ouvre et ferme l’ouvrage (« Dans le pays ») conservent une part de légèreté, ou d’euphorie, la longue séquence qui constitue le corps du livre (« La succession des arbres ») – et où alternent prose et vers, masculin et féminin – est quant à elle d’une noirceur sans faille. Il y a comme un écho de Pavese dans ces pages : une manière de s’en remettre à la lumière du monde et à la grâce des êtres qui s’inverse et débouche sur un drame immobile, intemporel. Et si les fragments captés du réel ont encore l’évidence tranchante de ses premiers livres, Stéphane Bouquet semble s’interroger ici sur leur pouvoir libérateur. Ce qui n’ôte rien – bien au contraire – à l’acuité de son regard, à la beauté contrariée de son poème « écrit par tous » (donc par un).
Yves Di Manno
Champ Vallon, coll. « Recueil », janvier 2010, 96 p., 12 euros, ISBN : 978-2-87673-521-7
En savoir plus www.champ-vallon.com
| 8 février | |  | |
Georges Boris : trente ans d’influence. Blum, de Gaulle, Mendès-France,
de Jean-Louis Crémieux-Brilhac
En novembre 1988, Jean-Louis Crémieux-Brilhac va voir Pierre Nora chez Gallimard avec sous le bras un énorme manuscrit de trois volumes de 250 pages chacun, un total de trois millions de signes sur la France en 1940, ouvrage qu’il venait d’écrire, y ayant consacré sa retraite, sur la drôle de guerre, décomposée en trois volets : la bataille de l’opinion, la bataille de la production et la bataille militaire. L’auteur n’est pas un historien de métier, mais un haut fonctionnaire, conseiller d’État, ancien collaborateur de Pierre Mendès-France. Le livre, Les Français de l’An 40, publié chez Gallimard en deux volumes en 1990 aura permis de relancer la collection « La suite des temps » grâce à son succès. Cette fois, Crémieux-Brilhac, qui a atteint l’âge canonique de 93 ans, sort de l’oubli celui qui fut pour lui un collaborateur et un ami depuis qu’ils se sont rencontrés dans leur combat commun pour la France libre, mais qui est resté à l’abri de la lumière, dans une constante discrétion, Georges Boris. Cette biographie rend justice à cet homme de conviction, socialiste, proche de Léon Blum, directeur de cabinet dans l’éphémère cabinet de Mendès-France du gouvernement de Léon Blum en mars-avril 1938. Cet homme des coulisses du pouvoir qu’est Georges Boris, cet homme de l’ombre sera directeur d’un hebdomadaire de gauche Le Lumière dans les années 1930, introduisant les thèses keynésiennes sur l’État providence. L’essentiel de cette biographie est pourtant consacrée à la période de la seconde guerre mondiale, à Londres, où Boris joue un rôle majeur pour acculturer le général de Gaulle à la démocratie parlementaire et les personnalités de gauche au général. À l’époque, Boris met en place avec l’auteur de cette biographie le comité exécutif de propagande de la France libre. Il sera une des voix de la France sur la BBC, suscitant la haine farouche des hommes de Vichy pour ce « Juif russe ». Puis il retrouvera le compagnonnage de Pierre Mendès-France dans l’après-guerre dont il deviendra une de ses éminences grises, avec quelques autres comme Simon Nora, lorsqu’il sera président du conseil en 1954. Cette biographie répare une injustice en même temps qu’elle redonne tout son lustre et sa grandeur à ce que peut être la fonction politique lorsqu’elle est animée par un fort souci éthique.
François Dosse
Gallimard, coll. « La suite des temps », janvier 2010, 460 p., 25 euros, ISBN : 978-2-07-012762-7
En savoir plus www.gallimard.fr
| 4 février | |  | |
Les Vieilles,
de Pascale Gautier
Le dernier roman de Pascale Gautier est une comédie grinçante ; les dialogues (théâtraux) y sont efficaces et les personnages (une galerie de portraits à la Tonino Benaquista) parfaitement incarnés. Ici, on ne parlera pas du troisième âge ou des seniors mais de vieilles qui occupent une ville-mouroir, Le Trou, où la moyenne d’âge frise les 80 ans et où il fait beau toute l’année. Outre la bigote ou l’acariâtre, on trouvera celle qui préfère voir la bouteille à moitié vide, celle qui en veut à son fils de lui avoir installé un téléphone pour presbytes dans chacune de ses pièces, celle qui se refait une nouvelle jeunesse avec un jeune et gérontophile croque-mort, celle-ci qui dialogue en secret avec son mari mort, celle-là qui s’envoie des litres de porto ou encore cette autre qui ne supporte pas sa bru et joue au chantage affectif avec son fils. Quant au seul vieux encore fringuant, Pierre Martin, 90 ans, coureur de fond et de jupons, il jettera son dévolu sur une jeune retraitée fraîchement débarquée au Trou. Ces vieilles ont fait des enfants, le mari de l’une s’est fait la malle au bout de trois mois de mariage, une autre avait le feu au cul, la troisième a été le dindon de la farce. Bref, elles ont toutes vécu. Mais les choses vont changer à partir du moment où l’omniprésente télévision annoncera l’arrivée imminente d’un astéroïde, surnommé Bonvent. Le Trou cèdera alors à la panique, des vieilles se jetteront du haut d’une station-essence tandis que le curé se fera la malle au volant d’un 4 x 4 et les histoires d’amour ou de famille tourneront au vinaigre.
Christophe Grossi
Éditions Joëlle Losfeld, janvier 2010, 192 p., 18,50 euros, ISBN : 978-2-07-078773-9
En savoir plus www.gallimard.fr/collections/losfeld.htm
| 3 février | |  | |
Une exécution ordinaire, de Marc Dugain
L’automne 1952.
Une jeune médecin urologue et magnétiseuse qui pratique dans un hôpital de la banlieue de Moscou cherche désespérément à tomber enceinte de son mari, un physicien désabusé qui ne survit que grâce à l’amour qui le lie à sa femme. Cette dernière est à son grand effroi appelée secrètement à soigner Staline, malade, et qui vient de se débarrasser de son médecin personnel. Le dictateur s’insinue dans le couple et installe avec la jeune femme une relation où se mêlent confidences et manipulation. Tour à tour amical et pervers, le monstre livre son art de la terreur comme on ne l’a jamais vu.
Une auto-adaptation L'écrivain Marc Dugain passe pour la première fois derrière la caméra pour l'adaptation de son propre livre Une exécution ordinaire. Cependant, il s'agit uniquement de la première partie de son livre. Comme il l'explique, "le sujet du film ramène aux questions fondamentales que je me pose : qu'est-ce qui fait un dictateur ? »
André Dussollier dans la peau de Staline Pour Marc Dugain, le choix de l'acteur devant incarner Staline était dès le début une évidence: "J'ai pris des portraits de Staline, j'ai étudié sa morphologie, son regard. Et soudain, c'est devenu une évidence: "Staline, c'est André Dussollier. Il a la structure du visage de Staline et c'est un immense acteur !" L'acteur rajoute: "J'ai répondu : "Vous êtes tombés sur la tête, quelle idée, je ne ressemble en rien à Staline !". Et en même temps, quelque chose en moi disait : "Ce serait un sacré défi tout de même !". Avec : André Dussollier, Marina Hands, Édouard Baer, Denis Podalydès, Tom Novembre
Sortie nationale : 3 février 2010
En savoir plus www.unifrance.org/film/30471/une-execution-ordinaire
| 2 février | |  | |
Les Ruines du ciel,
de Christian Bobin
À travers l’histoire de l’abbaye de Port-Royal – sa création, son influence et son implacable destruction en 1709 par Louis XIV, « un soleil aux dents pourries » qui leur préférera les Jésuites –, Christian Bobin dialogue avec les religieuses et les « Solitaires » attirés par le rayonnement de ce couvent. Les religieuses sont décrites en antithèse des aristocrates de la Cour : « la simplicité guerrière de leur habit – une croix écarlate sur une robe blanche » s’oppose au visage fardé d’un onguent blanc pulvérisé de rouge carmin des dames de Versailles. Dans ce roman à la singulière profondeur, l’auteur insère ses réflexions en forme d’aphorismes – « tout ce qu’on fait en soupirant est taché de néant » – entre de brefs fragments d’histoire à la dimension emblématique, créant ainsi un climat de méditation atemporelle. La langue sobre et classique du récit nous transporte dans le Grand Siècle dont on a dit qu’il était le siècle religieux par excellence : avec le quiétisme et le jansénisme, « la France se couvre mystiques » dont l’âme est « soucieuse uniquement de suivre les mouvements subtils de l’éternel ». Selon Christian Bobin : « le soleil est le grand maître » ; cette fascination pour le principe lumineux et son pouvoir créateur nous rappelle les natures mortes sculptées par la lumière dont Chardin fera son sujet de prédilection quelques décennies plus tard. Il s’agit aussi bien sûr de la lumière symbolique, celle qui inonde l’âme confiante en Dieu.
Dominique Fayolle
Gallimard, coll. « Blanche », octobre 2009, 191 p., 15,50 euros, ISBN : 978-2-07-012693-4
En savoir plus www.gallimard.fr
| 26 janvier | |  | |
Les Âmes sœurs,
de Valérie Zenatti
Emmanuelle est une femme débordée, qui élève (presque seule) ses trois enfants et travaille dans un bureau d’études et de management parisien. Tandis que son mari semble ne jamais vouloir vieillir (ni grandir), elle cherche quant à elle une sortie à sa vie ultra-réglée, un exutoire, un lieu où se retrouver. Deux événements vont brusquement lui donner l’occasion de tout envoyer valser (au moins pendant une journée) : la mort d’une vieille amie et la lecture d’un roman dans lequel Lila, photographe à la recherche de « la solitude derrière l’objectif » devra, pour faire face à sa propre solitude et à son anéantissement après la mort brutale de Malik, son amant et voisin, quitter Paris pour Kovno (en Lituanie). Deux histoires parallèles, donc, et deux personnages qui, en se libérant d’un poids trop lourd à porter, vont apprendre à redevenir disponibles et curieuses, « à faire entrer en [elles] le monde, à aller à sa rencontre », à changer, sinon de vie, au moins leur façon d’envisager leur vie. Outre l’usure du couple vue à travers le portrait d’une femme qui, à force de gérer sa vie familiale et professionnelle, craque soudain, ce roman sensible et sensoriel convoque avec délicatesse le sentiment amoureux, l’amitié, le deuil ou l’empathie mais se compose également à travers la (les) disparition(s) ainsi que la génération née après 1968. Et comme dans le précédent roman de Valérie Zenatti, la religion et la guerre (les villes en guerre surtout) et les déplacés ont ici une grande importance.
Christophe Grossi
Éditions de L’Olivier, janvier 2010, 180 p., 16,50 euros, ISBN 978-2-87929-696-8
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 21 janvier | |  | |
Comment la vérité et la réalité furent inventées,
de Paul Jorion
Il y a bien longtemps que Paul Jorion s’est fait critique du modèle standard de l’économie libérale. C’est en effet un des animateurs, avec Alain Caillé, de la revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales). Il fait aujourd’hui la Une de l’actualité depuis ses publications récentes sur la crise économique, et notamment depuis son récent éclairage sur son aspect financier : La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard, 2008). Anthropologue, Paul Jorion est surtout inclassable, franc-tireur pour bousculer les idées reçues, il joint à son errance universitaire (Bruxelles, Cambridge, Paris 8, Irvine), le fait d’avoir une expérience pratique pour avoir travaillé dans les milieux bancaires américains en tant que spécialiste de la formation des prix, ce qui est bien rare dans les milieux intellectuels. Il nous livre avec cette étude, qui est le point d’aboutissement d’une quinzaine d’années de réflexion au cours desquelles il a sillonné toute l’histoire de la pensée, une interrogation sur deux des catégories fondamentales pour penser le monde qui nous semblent relever de l’ordre de l’évidence, du truisme, les catégories de vérité et de réalité. Paul Jorion démontre au contraire, à la manière foucaldienne, qu’elles sont issues d’un contexte, d’une Epistémè et que l’on peut même dater le moment de leur formulation, de leur invention. Selon Jorion, la vérité serait née en Grèce au IVe siècle av. J.-C. De son côté, la notion de réalité serait née dans l’Europe moderne du XVIe siècle, au moment de la Renaissance. On pourrait certes chicaner l’auteur en rappelant que Thucydide avait déjà au Ve siècle av. J.-C. constitué la spécificité de la discipline historique sur la notion de vérité, mais son ouvrage a le mérite de réinterroger ces catégories en les sortant de leur réification, même si c’est au prix, comme chez Foucault, d’une fétichisation de leur moment d’émergence comme événement discursif. Cette thèse est aussi un plaidoyer pour un retour à Aristote qui aura repris la théorie des proportions à Eudoxe pour en tirer un mode de pensée qui consiste à rapprocher les contraires pour en tirer une vérité inédite (le syllogisme). On l’aura compris, un ouvrage exigeant pour s’aventurer dans des voies inventives afin de repenser l’être-ensemble.
François Dosse
Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », octobre 2009, 384 p., 26 euros, ISBN : 978-2-07-012600-2
En savoir plus www.gallimard.fr
| 19 janvier | |  | |
Yves Klein USA,
de Rotraut Klein-Moquay et Robert Pincus-Witten
Ce livre, préparé en collaboration avec les Archives Yves Klein, raconte en images pour la première fois l’histoire de la relation très riche entre Yves Klein et l’Amérique : fascination, influences réciproques, rencontres, réussies ou manquées, échanges, voyages… De nombreux documents d’archives (photos, lettres, etc.), souvent inédits, témoignent en quatre grandes étapes (Paris, New York, Los Angeles, Paris). On croise ainsi au fil des pages de grandes figures de la scène artistique américaine : Léo Castelli, Robert Rauschenberg, Jasper Johns, Marcel Duchamp, Virginia Dwan, Ed Kienholz… Cet ouvrage essentiel du point de vue de l’histoire de l’art du XXe siècle s’ouvre par un entretien avec Rotraut Klein-Moquay, qui évoque son voyage avec Yves Klein aux Etats-Unis en 1961, suivi d’une chronologie du travail d’Yves Klein. Il comporte également un essai inédit de l’historie d’art americain Robert Pincus-Witter, qui a personnellement connu les protagonistes de cette histoire, ainsi qu’une série de documents d’archives en annexes, comme le texte intégral du Chelsea Hotel Manifesto.
Éditions Dilecta, novembre 2009, 208 p., 28 euros, ISBN : 978-2-916275-59-8
En savoir plus www.editions-dilecta.com
| 18 janvier | |  | |
Aux Tables du Pouvoir. Des banquets grecs à l’Élysée,
de Jean-Marc Albert
On a pour habitude de dire que l’histoire ne repasse pas les plats. Pas si sûr lorsque l’on découvre l’ouvrage de Jean-Marc Albert qui nous montre que par-delà les changements, le pouvoir politique passe par la table et, comme le disait Claude Lévi-Strauss, par les manières de table. Il ne s’agit donc pas d’un sujet futile, car on ne gouverne efficacement en toute époque que les couverts à la main. Haut lieu de sociabilité, la table est l’endroit de tous les échanges : des idées depuis Le Banquet de Platon, de la diplomatie au plus haut niveau lorsque Talleyrand distribue sciemment du champagne au congrès de Vienne pour atténuer l’esprit revanchard des vainqueurs d’une France défaite. Certes, le sujet a déjà droit de cité depuis déjà un moment chez les historiens. On se rappelle que le dernier volume de la collection « Archives » a été consacré à la gastronomie par Pascal Ory. Or, la diplomatie de bouche va avoir des effets sur l’histoire culinaire elle-même. Des mutations sont aussi perceptibles comme le passage de la quantité d’alimentation absorbée par les détenteurs du pouvoir à des critères de qualité des plats qui s’imposent à la fin du XIXe siècle. Brillat-Savarin disait que « les repas sont devenus un moyen de gouvernement ». Jean-Marc Albert montre qu’il en a toujours été ainsi depuis les banquets grecs très ritualisés sous le regard des dieux, en passant par les festins de la période médiévale, la théâtralité de la table royale, jusqu’aux présidents de la Ve République : 47 dîners d’État organisés par le général de Gaulle. François Mitterrand a perpétué la tradition au nom de la gauche socialiste, avec deux occasions particulièrement fastes : 1982 à Versailles pour la réunion du G7 et en 1989 au Louvre à l’occasion du bicentenaire de la Révolution. La galerie des rois fait défiler des figures frugales comme Saint Louis mettant de l’eau dans son vin, Charles V se régalant d’une simple soupe et des rois gourmands comme Charles VI passant plus de six heures à table pour son seul plaisir. Véritable monstration du pouvoir, l’art de la table est en même temps moyen de pacification sociale et politique, ce que le couple Kohl et Mitterrand a très bien pratiqué tout un temps pour arrondir les angles des discordes possibles sur la construction européenne.
François Dosse
Armand Colin, octobre 2009, 283 p., 22 euros, ISBN : 978-2-200-35470-1
En savoir plus www.armand-colin.com
| 14 janvier | |  | |
Proudhon. L’enfant terrible du socialisme,
de Anne-Sophie Chambost
Proudhon serait-il en train de sortir du purgatoire où l’a rangé son adversaire Marx dans la pensée du socialisme, le qualifiant d’utopisme stérile ? C’est le pari que fait Anne-Sophie Chambost, spécialiste reconnue de la pensée de Proudhon qui lui avait déjà consacrée une étude en 2004, Proudhon et la norme. Pensée juridique d’un anarchiste (PUR). Pari biographique qui, comme il se doit, célèbre un anniversaire, une commémoration, le bicentenaire de la naissance du penseur, en 1809. Biographie intellectuelle car Proudhon a dissuadé ses éventuels biographes de tout accès à sa vie privée : « Je n’ai rien à dire de ma vie privée ; elle ne regarde personne » écrit-il. L’auteur s’est donc orientée vers un Proudhon dans la cité, portant son attention à l’interaction entre l’évolution très chaotique de la vie politique française en ce milieu du XIXe siècle et l’évolution de la pensée de son biographé. Ce parti-pris est particulièrement éclairant et adapté car ce penseur autodidacte qu’a été Proudhon a surtout bricolé une pensée selon ses innombrables curiosités, sans systématisme, au gré des défis de l’actualité politique et sociale et des engagements qu’elle nécessitait. Il en résulte un moment charnière à partir duquel l’on peut dire que Proudhon est un enfant de la révolution de 1848. Il vit ce moment, celui des débuts mouvementés de la seconde République avec une particulière intensité, infléchit ses positions théoriques et couvre ses Carnets de notations. Il rédige presque alors un article par jour dans la presse, et publie en 3 ans pas moins de 4 ouvrages. « Ouvrier d’idées » comme l’écrit Thibaudet, Proudhon bouscule les idées reçues et polémique avec verve contre les libéraux. Il oppose la société à l’État lorsque François Guizot souhaitait une gouvernementalité moderne de la société. Écrivant pour le peuple, ce peuple célébré par un Jules Michelet, Proudhon apparaît comme un remueur d’idées, ce qui permet à l’auteur de penser qu’on pourrait entrer dans un « moment Proudhon », mais cette hypothèse reste en suspens, car il aurait été utile de consacrer une grande partie de la démonstration au destin posthume du proudhonisme.
François Dosse
Armand Colin, octobre 2009, 288 p., 23 euros, ISBN : 978-2-200-35389-6
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| 11 janvier | |  | |
Ru,
de Kim Thúy
La narratrice de ce roman est née à Saigon dans une famille aisée qui a dû fuir le Vietnam et les communistes. Devenus boat people et réfugiés dans un camp au Cambodge, ils ont tous les trois trouvé refuge au Québec. Bien qu’ils aient tout perdu en quittant leur pays – biens, nom, langue et avenir –, qu’ils soient devenus des « réfugiés apatrides » et habités par un « vide identitaire », la mère de la narratrice ne cessera jamais de donner à sa fille les outils qui lui ont permis « de recommencer à [s']enraciner, à rêver ». Cette histoire non linéaire est racontée trente ans plus tard. Dressant un portrait haut en couleurs de sa famille vietnamienne (ses oncles notamment), elle revient aussi sur le traumatisme causé par la guerre avec les Américains et contre les communistes, narre avec justesse et sans pathos son exil forcé, les premiers pas sur le continent américain, l’histoire de son fils autiste ou avoue son amour pour le corps des hommes.
À travers ce roman, qui est aussi une charge discrète mais ferme contre les pratiques violentes du régime communiste vietnamien, la narratrice montre les ravages de la guerre à travers plusieurs victimes et rescapés et elle règle également ses dettes auprès de ceux qui lui ont appris les nuances des bleus du ciel, donné l’envie d’écrire ou de parler alors qu’elle était devenue sourde et muette après son déplacement et n’oublie pas Tante Huit qui lui a appris « à savourer le plaisir d’un désir passager, d’une flatterie éphémère, d’un instant volé ».
Christophe Grossi
Liana Levi, janvier 2010, 144 p., 14 euros, ISBN : 978-2-86746-532-1
En savoir plus www.lianalevi.fr
| 7 janvier | |  | |
La Lumière et l’Oubli,
de Serge Mestre
Loin du roman historique stéréotypé, où les héros semblent sans vie et où « l’intrigue » peut vite devenir ennuyeuse à force de rebondissements hasardeux, La Lumière et l’Oubli nous propose une vision singulière de l’Espagne franquiste. Serge Mestre, lui-même fils d’un républicain espagnol, a choisi de mêler subtilement deux époques : les années 195O et l’adolescence des personnages principaux, Julia et Esther, et les années 199O où le passé refait surface, en France certes, mais avec une violence qui submerge et entraîne le lecteur au cœur de situations extrêmes. La fiction n’est-elle pas le plus court détour pour affronter la réalité ? La réalité, par exemple, très longtemps tue, des viols et des tortures pratiqués dans les couvents franquistes, à la fin des années 4O, début des années 5O, par des sœurs qui considéraient leurs pensionnaires comme de simples « objets » sexuels. De multiples destins se croisent dans La Lumière et l’Oubli. Tous les personnages, auxquels Serge Mestre donnent un « poids d’existence » crédible, sont en quête de leurs origines, souvent floues ou faussées. Nous pourrions dire que l’exil est le thème central de ce beau roman exigeant, mais c’est le mot plus dur d’ « arrachement » qu’emploie Julia à la fin du livre. Un « arrachement » qui ouvre peut-être les portes d’un avenir apaisé.
François Poirié
Denoël, septembre 2009, 374 p., 20 euros, ISBN : 978-2-207-26143-9
En savoir plus www.denoel.fr
| 5 janvier | |  | |
Sur l’Expressionnisme : Berlin années vingt,
de Jean-Michel Palmier
Esprit érudit et éclairé comme on en rencontre peu, spécialiste au sens noble du terme des avant-gardes européennes — et notamment de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres — Jean-Michel Palmier nous a quittés en 1998 en nous laissant la somme inachevée de ses recherches. Il avait en particulier consacré un triptyque monumental à l’expressionnisme allemand, paru chez Payot à la fin des années 1970 et aujourd’hui épuisé. Ce travail interdisciplinaire (il s’intéressait aussi bien aux arts plastiques qu’à la littérature, au théâtre qu’au cinéma…) avait totalement renouvelé l’approche qu’on avait jusqu’alors en France de cette nébuleuse — qui fut davantage un cataclysme artistique et poétique qu’un « mouvement » littéraire, au sens discipliné du terme. La conférence que publie Le Bleu du ciel fut prononcée en 1983 au CAPC de Bordeaux. Elle résume admirablement les travaux que Palmier venait alors de publier et témoigne de la passion, de l’empathie presque qu’il nourrissait envers cette période agitée (mais ô combien productive) de l’histoire allemande, avant que les artistes ne se voient déchirés entre deux totalitarismes : le nazisme et le stalinisme. L’entendre s’exprimer oralement (sans la moindre note, semble-t-il…) puis répondre aux questions de ses auditeurs avec une telle acuité dans les références, une telle justesse dans l’expression, est d’autant plus bouleversant qu’on perçoit, toujours vives, les interrogations que lui renvoyait aussi cette époque dans le contexte d’alors, quant aux rapports entre l’art et la politique notamment. En plus des trois CD qui nous restituent aujourd’hui le timbre de sa voix, le livre propose la retranscription intégrale de la conférence, précédée d’une présentation chaleureuse de Florent Perrier et d’un beau texte liminaire de Lionel Richard, dont les travaux précurseurs n’auront cessé d’accompagner ceux de Jean-Michel Palmier.
Yves di Manno
Le Bleu du ciel, octobre 2009, 112 p. + 3 CD (183 mn), 25 euros, ISBN : 978-2-915232-64-6
En savoir plus http://editionlebleuduciel.free.fr/editions.html
| 30 décembre 2009 | |  | |
Les Scènes indésirables,
de Michel Gribinski
Dans ce court essai, Michel Gribinski — membre de l’Association psychanalytique de France — nous relate l’histoire, généralement méconnue, de la fondation « Lebensborn » (« Source de vie » en allemand), créée par Himmler en 1935 et qui comptait, à la fin de la guerre, treize foyers en Allemagne et un en France, près de Chantilly. Le programme était radical : il s’agissait de capturer, ou de faire naître, le maximum d’enfants blonds aux yeux bleus. Les nazis ayant pris soin de détruire presque toutes les archives concernant la fondation, le nombre d’enfants ainsi « germanisés » est très variable, allant de trois cent mille à un voire deux millions. Ce qui intéresse notamment Michel Gribinski, c’est l’attitude, pour le moins surprenante, d’Himmler qui s’inquiète de la nourriture donnée dans les foyers et, en même temps, organise un génocide et, au-delà, planifie l’autodestruction de l’espèce humaine, comme si les deux actions étaient pareillement rationnelles, banales. Dans des pages très fortes, Gribinski s’interroge sur cet « au-delà du principe de la haine », qu’on retrouve chez tous les dirigeants nazis. Déni de la réalité ? « Idiotie tranquille et empressée », comme l’écrivait Primo Levi ? Où s’expriment ces asymétries barbares ? Sur quelle scène indésirable ? En faisant sortir de l’oubli l’histoire glaçante de cette fondation, Michel Gribinski nous oblige à nous confronter, sans concession, à ces questions qui bousculent nos codes de compréhension habituels.
François Poirié
Editions de l’Olivier, novembre 2009, 112 p., 12 euros, ISBN : 978-2-87929-678-4
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 29 décembre 2009 | |  | |
Correspondance avec les artistes (1903-1918),
de Guillaume Apollinaire
Soulignons tout d’abord une légère escroquerie concernant l’intitulé de cet ouvrage, qui recueille essentiellement des lettres adressées à Apollinaire par ses amis peintres, et non l’inverse : sur ces 940 pages, une cinquantaine à peine sont effectivement de sa main, ce qui ne saurait justifier de le présenter comme l’auteur de cet énorme volume… L’absence de la correspondance avec Picasso (publiée séparément en 1992) est également regrettable. On peut enfin se demander s’il était bien nécessaire de reproduire toutes les pièces ici retenues, jusqu’aux billets souvent insignifiants d’artistes obscurs dont le nom a sombré dans l’oubli. Ces réserves faites, l’ouvrage n’en ménage pas moins quelques bonnes surprises, qui tiennent surtout à la familiarité des rapports entre le poète et « ses » peintres, surtout lorsque les lettres excèdent la simple confirmation de rendez-vous. On est ainsi touché par l’amitié profonde qui lie Derain à l’auteur du Bestiaire, l’affection sans détours d’Henri Rousseau, l’estime appuyée de Juan Gris (avant leur éloignement) ou la présence inquiète de Francis Picabia. D’autres séquences plus « littéraires » nous permettent de découvrir un bel ensemble de Max Jacob et un formidable dialogue versifié, depuis les tranchées, entre Apollinaire et son ami André Rouveyre. Bien d’autres peintres revivent fugacement dans ces pages : Braque, Robert et Sonia Delaunay, Serge Férat, G. de Chirico — le seul que l’on sente ici préoccupé de sa propre notoriété, tant ces échanges relèvent d’abord de l’amitié et de la vie ordinaire, plutôt que des grandes théories esthétiques, même si les projets en cours (expositions, livres, articles…) y sont souvent évoqués. C’est un peu du paysage artistique de l’époque qui se devine à travers eux. Il conviendra bien sûr de les compléter par les nombreuses chroniques consacrées par « l’auteur » à tous ces peintres que l’on voit ici défiler, comme dans un carnet de croquis.
Gallimard, novembre 2009, 944 p., 35 euros, ISBN : 978-2-07-078404-2
Yves Di Manno
En savoir plus www.gallimard.fr
| 24 décembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Va-et-vient paradis,
de Philippe Raulet
Philippe Raulet était en train de terminer Va-et-vient paradis quand, en 2006, il a été stoppé net dans sa folle allure, emporté par un cancer foudroyant, nous laissant orphelins. Comme ses autres objets littéraires (notamment Pitiés, à lire d’urgence !), celui-ci est une véritable course contre la montre. Le rythme y est effréné, les rebondissements étonnants et la langue, en perpétuel mouvement — à travers les sonorités et les trouvailles syntaxiques —, se fait d’ailleurs jouissance lorsqu’il est question de l’acte d’amour. Cet univers tragi-comique rappelle parfois certains romans de Éric Chevillard ou le « Plume » de Henri Michaux. Si ce roman est un hommage non feint à la Divine comédie de Dante, on y croise également Orphée, Eurydice, Ulysse, trois Diane chasseresse ou encore Charlie Chaplin. Et l’auteur joue également avec d’autres genres et univers : comptine, chanson de geste, conte de fées, conte voltairien, pantomime, film d’animation… Voilà donc dans quel monde se retrouve plongé le narrateur, un combinard qui a fait faillite dans le vin : une forêt des songes ou un parc d’attractions qui, avec ses douanes, ses passages et ses hangars, fait ici figure de paradis duquel le héros ne cessera d’entrer et de sortir — fuyant la police, tentant d’enterrer un huissier ou de faire sortir de prison sa Patience, copulant avec la sensuelle Marjorie… Mais ici, les véritables (et pourtant non nommés) acteurs sont Eros et Thanatos avec lesquels l’auteur s’amuse à dresser (par la fiction) la liste de nos pulsions, frustrations, tabous ou refoulements : adultère et meurtre, entre autres.
Christophe Grossi
Verticales, octobre 2009, 134 p., 14 euros 90, ISBN : 978-2-07-012376-6
En savoir plus contact-verticales@gallimard.fr
| 22 décembre 2009 | |  | |
Essais,
de Michel de Montaigne
Cette nouvelle édition de l’ Exemplaire de Bordeaux (1588) des Essais, modernisée, qui prend la suite de celle de Pierre Michel (Folio, 1965) est en tous points remarquable et constitue un événement. En effet, les éditeurs — Emmanuel Naya, Delphine Reguig-Naya et Alexandre Tarrête — nous invitent à nous plonger dans ce « livre-monstre » (plus de 2000 pages), que finalement nous ne connaissons guère, en nous montrant dans leurs longues préfaces ô combien instructives, à quel point Montaigne est proche de nous, de notre époque, de notre boulimie de savoir comme de notre fatigue soudaine face à cet infini de création et d’information qui s’offre à nous. Montaigne est constamment en mouvement et parle de tout dans les Essais, journal sans chronologie qui lui permet de s’explorer comme il le faisait avec La Boétie, tout en gardant une certaine réserve quant à sa famille, ses amours, son action à la mairie de Bordeaux… Cette aventure n’est pas linéaire : elle s’étend sur vingt ans, faite d’entrelacements, d’ajouts, écrite dans des styles variés. Ce livre incomparable connut un vrai succès éditorial, comme en témoignent les 35 éditions recensées entre 1580 et 1669. Les trois éditeurs ont voulu rendre la lecture de cette œuvre de rupture la plus compréhensible et la plus réjouissante possible. Pari pleinement gagné !
François Poirié
Gallimard, collection Folio Classique, 3 volumes sous coffret, 2208 p., 21 euros 10, ISBN : 978-2-07-039897-3
En savoir plus www.gallimard.fr
| 17 décembre 2009 | |  | |
Légendaire (1969-2005),
de Claude Adelen
Le parcours de Claude Adelen (né en 1944) est associé à celui de la revue « Action poétique », dont il rejoint le comité de rédaction au début des années 1970. Ses premiers livres participent à la recherche et au renouvellement formel qui marquent cette période, dans la proximité de Jacques Roubaud, de Jude Stéfan ou de Paul Louis Rossi. Claude Adelen est également l’un des lecteurs les plus attentifs de la poésie contemporaine, à laquelle il a consacré depuis un quart de siècle des chroniques régulières : certaines ont été recueillies en 2004 sous le beau titre de L’Émotion concrète aux éditions Comp’Act. Légendaire propose une traversée de son œuvre, de ses premiers recueils aux plus récents. Après une courte séquence parue dans « Les Lettres françaises » en 1969, on y trouvera la reproduction intégrale de ses deux premiers livres : Bouche à la terre (1975) et Légendaire (1977), dont la tension prosodique n’a rien perdu de sa vigueur ni du drame impersonnel qui la sous-tendait. L’ouvrage propose ensuite, dans le déroulement chronologique, un choix de ses autres volumes, du grand recueil d’Intempéries (qui marquait en 1989 la maturation de son écriture) jusqu’à Soleil en mémoire, qui valut à l’auteur le prix Apollinaire en 2002. Il s’achève par une suite inédite qui fait écho à la colère rimbaldienne, fondatrice de notre modernité. Il y a dans la poésie de Claude Adelen une musique toujours contrariée et une manière d’ombre portée qui évoque souvent celle de son maître Reverdy. Dans un autre contexte, évidemment, et un monde plus indifférent que jamais aux écritures qui incarnent aujourd’hui encore la figure inquiétante du « monstre poésie ». Ce volume met en tout cas en lumière les qualités d’une œuvre terriblement fondée – et d’une extrême exigence formelle – que seule la discrétion de son auteur a maintenue jusqu’à ce jour dans une pénombre volontaire.
Flammarion, novembre 2009, 336 p., 19 euros 50, ISBN : 978-2-0812-2182-6
En savoir plus editions.flammarion.com
| 15 décembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Le Tombeau de Tommy,
d'Alain Blottière
De 1942 à 1943, alors que les rafles s’intensifient en France et qu’on commence à savoir quels actes commettent les nazis à l’Est, se mettent en place dans la région parisienne différents réseaux de résistants parmi lesquels les F.T.P.-M.O.I. qui vont mener une sérieuse lutte armée. Parmi les différents détachements qui seront créés alors figure un jeune homme de seize ans, Thomas Elek, dit Tommy ; il sera d’ailleurs sur l’Affiche rouge qu’on exposera partout parmi vingt et un autres « terroristes » que les nazis nommeront « L’Armée du crime » et qui seront fusillés en 1944. À travers son roman, Alain Blottière pose d’abord une question : comment filmer un héros (quoi dire, quels sentiments montrer, et d’ailleurs pourquoi ce héros-ci et pas un autre) ? Ensuite, il nous emmène sur les traces d’un tournage, dans les coulisses du film que le narrateur est en train de faire sur le jeune Tommy. À partir de là, nous suivons deux histoires, deux trajectoires, deux métamorphoses : celle d’un jeune Juif d’origine hongroise qui, telle une comète, passera (le temps de devenir un meurtrier) de l’enfance à la mort et celle du jeune comédien, Gabriel, qui s’identifiera tant à son personnage qu’il deviendra Tommy, changera sa voix, sa démarche, sa manière de penser le monde et la vie, se rapprochera de la comédienne qui joue le rôle de la mère pour retrouver la relation fusionnelle que Hélène et son fils entretenaient, ira jusqu’à risquer sa peau. De l’autre côté de la caméra se tient celui qui nous raconte ces deux histoires. Plus le récit avance plus on le sent fébrile et Gabriel va le bousculer sérieusement. Ce livre aurait mérité une distinction.
Christophe Grossi
Gallimard, septembre 2009, 224 p., 16 euros 50, ISBN : 978-2070-72995-1
En savoir plus www.gallimard.fr
| 10 décembre 2009 | |  | |
NABY (SÉNÉGAL)
Naby (Sénégal) est le lauréat du Prix Découvertes RFI 2009. Né Naby Ibrahima Condé à Dakar, d’une mère malienne et d’un père guinéen, Naby se dit résolument africain.
Sa carrière musicale, débute en 1996 au sein du groupe de rap Peace & Peace. Ses premiers titres figurent sur les compilations phares du hip-hop sénégalais. Il décide ensuite de poursuivre sa carrière solo, fait de nombreuses rencontres artistiques, se produit dans plusieurs festivals au Sénégal et, en mai 2008, fait la première partie d’Alpha Blondy au stade Demba Diop de Dakar.
Son reggae très mélodique aux accents hip-hop ou ragga, est aussi teinté de soul, de funk ou encore de blues. Totalement habité, charismatique, Naby est un hyperactif qui sur scène se donne sans compter.
Auteur-compositeur, Naby puise son inspiration dans son environnement quotidien et chante en wolof les obstacles de la vie (« Dem naa » : je suis parti mais où que j’aille on me dit que ce n’est pas là), les femmes (« Suma rérée » : si je suis perdu c’est à cause de l’amour), le respect mutuel (« Deg lu léen » : écouter), la gouvernance (« Njiit » : dirigeant) ou encore l’immigration clandestine (« Mbek mi »).
Après une tournée d’une quinzaine de concerts dans le réseau des établissements culturels français d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale (janvier-février 2010), Naby se produira le 11 mars prochain à Paris. On le retrouvera ensuite en France, en mai, à l’affiche des festivals Jazz sous les Pommiers à Coutances et Musiques Métisses à Angoulême.
Le premier album solo de Naby «Dem Naa », sorti en 2008, a été auto-produit par son label DemRek RecordZ
Format tournée : 7 personnes dont 6 musiciens
Management : DemRek RecordZ – Guillaume Garcia Tel Sénégal : +221 77 786 51 98 / 33 860 39 30 Tel France : +33 (0)6 14 01 72 57 demrek@gmail.com - guillaumegarcia75@gmail.com Diffusion Europe : Version Originale V.O MUSIC – Frédéric Gluzman 40, rue de la Folie Regnault 75011 Paris Tel : +33 (0)1 45 80 96 60 - Fax : +33 (0)1 45 80 96 70 info@vo-music.com - www.vo-music.com
En savoir plus www.myspace.com/demrek
| 10 décembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE//
L’Eclipse de la sensibilité. Éléments d’une histoire de l’indifférence,
de Anne Vincent-Buffault
Historienne, Anne Vincent-Buffault travaille sur les sentiments, la sensibilité et leurs formes d’expression sur le long terme. Après s’être intéressée à l’histoire des larmes et à l’exercice de l’amitié, elle explore dans ce dernier ouvrage les multiples aspects que prend l’indifférence, au cœur de la grande Histoire comme dans la littérature ou au sein de la vie ordinaire. L’indifférence semble se glisser partout, congédiant l’émotion qu’une situation devrait provoquer. Angoisse, peur, confusion et, parfois, haine font naître cette apathie collective que l’on trouve dans l’Allemagne nazie ou, différemment, dans la France de Vichy, ou encore dans les dispositifs qui dépersonnalisent la décision individuelle comme l’a montré Michel Foucault. Georg Simmel, sans doute le plus grand sociologue de l’indifférence, lui a conféré une place particulière dans la grande ville, avec l’émergence d’une modernité paradoxale, à la fois libératrice et répressive. On pourrait également évoquer l’indifférence des riches et des puissants, qui protège, aveugle. Bien sûr, la littérature a abondamment détaillé cette étrange désintérêt jusqu’à en faire des « cas » comme L’Homme sans qualités, L’Etranger, Un Homme qui dort…Mais l’indifférence, et on sait gré à A. Vincent-Buffault de conclure sur ce point, ce peut être aussi la neutralité tant vantée par Roland Barthes, une indifférence bienveillante, nonchalante, qui s’oppose aux conformismes comme aux excès.
François Poirié
Editions Parangon, septembre 2009, 140 p., 10 euros, ISBN : 978-2-84190-187-6
En savoir plus www.editions-parangon.com/f/index.php
| 7 décembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Trois femmes puissantes,
de Marie NDiaye
Suite à un appel urgent de son père, Norah, avocate à Paris, débarque au Sénégal où vivent également ses nombreux demi-frères et sœurs. L’un d’eux, Sony, vient d’être emprisonné pour meurtre passionnel et le père autoritaire va lui imposer de le défendre. Le retour au pays va réveiller en elle de vieilles blessures tout en remettant en question son rapport à sa propre famille. Fanta est alors enseignante au Sénégal quand elle rencontre Rudy, bordelais expatrié et prof lui aussi. Suite à une agression, Rudy souhaite rentrer en France, promettant à Fanta de lui trouver du travail. Comme il ne tient pas ses engagements, Fanta goûte à l’amère solitude de l’exil en compagnie de leur fils qui craint chaque jour un peu plus un père frustré et de plus en plus violent qui doit vendre des cuisines équipées pour nourrir sa famille.
Khady Demba, elle, aurait aimé avoir un enfant mais son ventre ne s’est jamais arrondi. Puis son mari si doux et patient meurt soudainement tandis que sa belle-famille la rejette. Commence alors pour elle une longue errance, suivie d’une déchéance, qui la verra suivre ceux qui voudraient fuir leur pays pour rejoindre clandestinement l’Europe. Si ces trois récits se lisent de manière autonome, quelques petits fils discrets néanmoins les relient. Et malgré la noirceur des thèmes abordés, ce livre est lumineux et touche parfois au merveilleux. Là est le talent de cet écrivain, dans sa capacité à jouer avec un imaginaire, une forme et une langue qui lui sont propres, à faire corps avec ses personnages, un corps qui d’ailleurs exprime tout à la fois la puissance, la déliquescence, le désarroi et l’obstination : un corps qui résiste malgré tout.
Christophe Grossi
Gallimard, septembre 2009, 320 p., 19 euros, ISBN : 978-2070-78654-1 Prix Goncourt 2009
En savoir plus www.gallimard.fr
| 5 décembre 2009 | |  | |
« Europe échelle 27 », une exposition photographique destinée à l’itinérance
Un libre parcours en images dans une Europe polychrome
Exposition de 51 photographies créée dans le cadre de la Saison culturelle européenne et le Mois de la photo à Paris 2008, avec le concours de la Présidence française de l’Union européenne d’après une carte blanche donnée à Patrick Bard, Christophe Beauregard, Marie Dorigny, Fouad Elkoury, Sébastien Erome, Marie-Paule Nègre, Philippe Schuller, Ambroise Tézenas, Martine Voyeux, Anne van der Stegen, tous membres de la maison de photographes Signatures.
Un livre accompagne l’exposition, éditions Trans Photographic Press/Signatures.
Dix photographes, dix pérégrinations de plusieurs semaines chacun et chacune, pas de consigne non plus car ils et elles n’ont pas oublié le principe d’Henri Cartier-Bresson qui garantissait la liberté de son regard : « Quand je voyage, je regarde ce qu’on me montre et je photographie à côté », dit-il un jour à l’écrivain Michel Butor, lui-même un frontalier, vivant à deux pas de la Suisse et de l’Italie et pour qui « traverser les frontières m’aide à voir ». Aller voir, en suivant de longues trajectoires, sur terre et sur mer, sur les berges, les rives et les littoraux, en ville et alentour, de jour ou de nuit, en toutes saisons, aux quatre directions de la rose des vents. Changement d’échelle donc, à 27, puisque les 27 états membres que compte l’Union européenne depuis le premier janvier 2007 ont tous été visités, pour présenter à l’œil du visiteur un état imagé de lieux singuliers, où se lisent des traces d’histoire longue. L’Europe est ici un fond de décor, intime et immense, proche et éloigné. L’Europe y est surtout cadre de vie, regardée non sans vision critique d’une vie moderne parfois banalisée dans la diversité de ses cadres naturels et urbains. Europe comme rêve ? Peut-être. Un art de vivre ? Assurément. (…) Michel foucher, Géographe, diplomate
52 tirages encadrés sous verre :28 images / 40 X 60 cm, 6 images / 50 X 50 cm, 13 images / 60 X 80 cm, 5 images / 64 X 80 cm Conditionnés en : 2 caisses 70 X 65 X 55 cm, 2 caisses 90 X 40 X 78 cm, 1 caisse 60 X 35 X 65 cm
Tarifs mensuel de mise à disposition : 4500 € HT et hors transports et assurance
En savoir plus Contact : ff@signatures-photographies.com
| 3 décembre 2009 | |  | |
La Fabrique d’une génération. Georges Valero postier, militant et écrivain,
de Christian Chevandier
Outre l’intérêt propre que peut représenter le récit de l’itinéraire militant d’un inconnu, Georges Valero, retracé par son auteur, ce livre est significatif de l’explosion de ferveur que connaît aujourd’hui le genre biographique. En effet, rien ne prédestinait Christian Chevandier, historien bien connu pour ses travaux en histoire sociale, que ce soit sur les métiers des hôpitaux ou sur les cheminots, à se lancer dans une biographie, et de plus dans une nouvelle collection lancée par les éditions des Belles Lettres « Histoire de profil » qui fait de ce genre sa spécialité, sans renoncer à sa dimension sociale. De manière significative, le titre de l’ouvrage pose d’emblée une problématique sociale selon laquelle cet itinéraire d’un postier militant qui consacre une partie de son temps à l’écriture (1937-1990) serait révélateur d’une génération traversée par un certain nombre de moments existentiels et collectifs forts comme la seconde guerre, la guerre d’Algérie, l’explosion de mai 1968. La perspective reste bien essentiellement d’histoire sociale, et passe par la restitution minutieuse du milieu qui a marqué Valero, mais il ne cherche pas, comme on avait trop tendance à le faire jusque-là, à transformer sa figure biographée en archétype au parcours linéaire et cohérent. Tout au contraire, l’auteur reste très sensible aux ruptures, hésitations et angoisses propres à un individu pluriel qui tient à son ancrage ouvrier et militant, tout en souhaitant pratiquer une activité intellectuelle d’écriture, ce qui en fait une figure singulière rétive à toute réduction à des catégories holistes. Bon connaisseur des milieux populaires, Christian Chevandier met son savoir au service de l’empathie qu’il éprouve pour son héros dont il s’efforce de comprendre les ressorts qui le conduisent à ne pas vouloir rompre avec son milieu d’origine, et sa permanente posture militante, malgré des déceptions successives, passant du PAF au syndicalisme révolutionnaire, pour finir sur les rivages de l’engagement libertaire. Livre riche, il nous offre un beau panorama de l’activisme politique, syndical et culturel d’un sans-grade, et nous fait revivre les espérances d’une génération jusque dans ses apories.
François Dosse
Les Belles Lettres, septembre 2009, 434 p., 31 euros, ISBN : 978-2-251-90002-5
En savoir plus www.lesbelleslettres.com
| 1er décembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTERAIRE//
Efina,
de Noëlle Revaz
Née en 1968 en Suisse, où elle vit toujours, Noëlle Revaz avait publié en 2002 un premier roman remarqué, Rapport aux bêtes (Gallimard, réédité en Folio). Depuis, elle a écrit des nouvelles et du théâtre mais a pris tout son temps pour nous offrir ce deuxième roman jubilatoire qui jongle avec les différents registres sentimentaux ainsi qu’avec une palette littéraire personnelle qui se déploie de descriptions psychologiques finement détaillées à un franc burlesque que ne renierait pas Woody Allen. Deux personnages occupent le devant de la scène. Efina, donc, peu définie, et T (il ne sera jamais nommé autrement), acteur charismatique, et égocentrique. Ils s’adressent des lettres très directes mais écrites dans un style classique à l’extrême, qui évoque celui des romans épistolaires du XVIIIe siècle, ce que l’auteur revendique pleinement : grâce à cette écriture, tous les décalages deviennent possibles, tous les secrets, tous les mensonges. Noëlle Revaz a choisi de soigner chacune de ses phrases avec gourmandise — ce que nous savourons pleinement —, mais elle s’est refusée à tout narcissisme et nous embarque dans les divers rebondissements de la vie trépidante d’Efina, parce que « tout changement fait du bien ». Les deux personnages principaux essaient plusieurs identités, sans jamais vraiment savoir si le jeu, le masque ne sont pas, tout compte fait, préférables au sérieux d’une réalité trop stable.
François Poirié
Gallimard, septembre 2009, 182 p., 14 euros, 978-2-07-012643-9
En savoir plus www.gallimard.fr
| 26 novembre 2009 | |  | |
Histoire de France. Le Temps de la Guerre de Cent ans : 1328-1453,
de Boris Bove, sous la direction de Joël Cornette
Histoire de France. Les Renaissances, 1453-1559,
de Philippe Hamon, sous la direction de Joël Cornette
Alors que l’on vient juste d’exhumer l’histoire de France selon Michelet, puis selon Lavisse, les éditions Belin se lancent dans une entreprise éditoriale d’envergure avec une « Histoire de France » qui doit comporter 13 volumes et 7000 pages, et prendre 18 mois pour achever un programme de parution qui a commencé cet automne par la publication des 4 premiers volumes. La première chose qui frappe le lecteur est la beauté de l’iconographie. Les auteurs ont eu carte blanche pour illustrer les volumes dont ils étaient responsables et le résultat relève de ce que l’on appelle les beaux livres. Cette nouvelle publication est bien évidemment significative de cette nouvelle centralité de la Maison-France qui revient de force dans l’historiographie, mais c’est un phénomène qui date déjà du début des années 1980. Serait-ce simplement un Lavisse new-look, en couleur, une simple reprise du discours nationalitaire ? Il n’en est rien. Les concepteurs de cette entreprise ont manifestement pris en compte le tournant historiographique, au point de consacrer un vaste chapitre à la fin de chaque volume à « l’atelier de l’historien », qui permet de restituer le faire de l’histoire en posant la question des sources, des ombres et des lumières du savoir historique, et de prendre en considération les controverses, les conflits d’interprétation et les enjeux de ces débats. La volonté des auteurs n’est pas ici identificatoire avec une France éternelle ; elle n’appelle à aucune revanche ; il s’agit tout au contraire de démultiplier les focales, les échelles d’analyse pour montrer le caractère pluriel, fondamentalement divers de la construction nationale et la variété des « vérités » historiques qui l’ont accompagnée.
François Dosse
Editions Belin, octobre 2009, 667 p., 36 euros, ISBN : 978-2-7011-3362-4 Editions Belin, octobre 2009, 619 p., 36 euros, ISBN : 978-2-7011-3362-1
En savoir plus www.editions-belin.com
| 24 novembre 2009 | |  | |
Pour le moins,
de François Dagognet
On ne peut que regretter le trop grand silence médiatique qui entoure l’œuvre philosophique originale et foisonnante de François Dagognet, né en 1924, longtemps professeur à la Sorbonne et docteur en médecine. Sans doute parce qu’il a abordé, à sa manière, des thèmes variés dans des disciplines diverses — l’éthique, l’épistémologie, les sciences, l’art contemporain… —, le « système », décontenancé, l’a tenu à l’écart. Nous ne pouvons donc que conseiller ardemment la lecture de Pour le moins, où François Dagognet s’intéresse au vaste paysage de « l’inconsistance », thème délaissé par la philosophie traditionnelle, qui recouvre aussi bien la poussière, les empreintes, les traces, les ombres… Question fondamentale : y a-t-il de l’Être dans ces objets minimalistes ? Se référant aussi bien à la célèbre interrogation de Heidegger sur la Chose qu’à Jean Dubuffet qui a placé la poussière au cœur de sa création, François Dagognet nous invite à réfléchir aux deux extrêmes inséparables que nous rencontrons quotidiennement : la matière et le spirituel. Et, pour cerner le « pour le moins », il déploie un éventail de questions essentielles, dont celle de la frontière métaphysique où se tiendrait « le minime », à égalité avec l’être humain lui-même.
François Poirié
Editions Encre Marine, octobre 2009, 125 p., 19 euros, ISBN : 978-2-35088-017-4
En savoir plus www.encre-marine.com
| 23 novembre 2009 | |  | |
«Madame Plazza»
Dans cette pièce, la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen qui a vécu et dansé entre le Maroc et la France met en scène, par le corps, la voix et les gestes trois « Aïta », ces artistes populaires de cabarets et de mariages. « On est à l’heure où les femmes se retrouvent seules, allongées sur de vieux sofas, vivantes et expressives, quatre femmes laissent leurs corps s’abandonner à l’aube. Leurs corps se frôlent lentement avec volupté tandis que leur regard se perd. Animées par des chants entrecoupés de cris puissants, elles habitent la nuit et déchirent l’espace. Elles dansent en comblant l’air de leurs gestes indomptés. D’une beauté redoutable, elles se guettent, libres et fières, habituées de leurs solitudes qu’elles repoussent en esquissant de possibles rencontres. »
La pièce porte un éclairage sur la liberté des corps et le rapport entre la danse, l’acte chorégraphié et le corps. La construction harmonieuse de la pièce, la présence de ces femmes entières et sincères qui envoûtent par leur chant participent à l’émotion dégagé par ce travail.
La pièce interroge sur le rôle du danseur et de l’interprète et son rapport avec le/la chorégraphe. D’où vient la poésie sur scène ? Comment naît l’émotion ?
Le parti pris de la chorégraphe était audacieux : mettre en présence trois femmes d’un certain âge, aux corps hors normes (occidentales), n’ayant aucune conscience de ce qu’est la danse contemporaine. Le pari est réussi : se dégage de cette pièce une sensualité maîtrisée, des émotions nuancées qui vont jusqu’à l’humour et l’extériorisation maximale des interprètes. Bouchra Ouizguen fait parler leur féminité où les corps respirent la liberté. A noter la scénographie : 3 matelas, divans marocain qui se transforment en tatami, en murs en parois et nous invitent à une certaine universalité.
Diffusion programmée en 2010 Entre 25 et 30 janvier à Marrakech En France : 11 et 12 février à Toulouse (CNDC) 4, 5 et 6 Mars à Paris (Centre Georges Pompidou) 10 mars à Saint-Nazaire 11 mars à Saint Herblain 14 mars au Creusot 16 mars à Auxerre 19 mars au Mans 23 mars à Lannion 26 mars à Caen (CCNCBN) Crédit photographie: Hibou En savoir plus Contact : aita.anania@yahoo.fr
| 20 novembre 2009 | |  | |
De l’imagination historique,
de Nicolay Koposov
La corporation des historiens s’ouvre lentement mais sûrement à des interrogations d’ordre philosophique. Le phénomène est nouveau et mérite donc d’être souligné. Cette publication d’un historien russe formé à l’école historique française depuis longtemps atteste cet intérêt nouveau pour les questions épistémologiques qui travaillent de l’intérieur la discipline. La question à laquelle prétend répondre l’auteur de l’ouvrage paraît simple, mais elle est des plus ardue, non pas « A quoi pensent les historiens ? », mais : « Comment pensent les historiens ? », ce qui présuppose d’aller interroger les catégories qu’ils utilisent pour savoir s’il y a une pensée proprement historienne, un appareil cognitif spécifique au savoir historique. Nicolay Koposov présuppose qu’il y a un imaginaire historien dont la structuration est essentiellement spatiale, et il se fait critique des paradigmes qui ont dominé jusque-là et notamment ce que l’on appelle le Linguistic Turn qui lui semble incarner un danger relativiste. Il préconise de s’interroger sur les différentes opérations cognitives requises dans la pensée historienne et de rejoindre ainsi les « choses mêmes » dans un retour à la phénoménologie husserlienne, sans passer par la médiation du chemin long de l’herméneutique qui privilégie le langage comme l’a incarné Paul Ricoeur. L’auteur pense ainsi pouvoir préconiser une voie plus courte à partir des catégories de l’espace mental et de l’imagination spatiale pour restituer la spécificité de la pensée historienne. C’est donc davantage du côté du paradigme cognitiviste, avec le rêve d’accès aux enceintes mentales que se porte cette thèse, celle d’une philosophie de l’esprit basée sur le connexionnisme et sur la pensée-image. On s’étonne à cet égard que l’auteur ignore les apports dans ce domaine d’un Gilles Deleuze et de ses deux ouvrages sur l’image-mouvement et l’image-temps qui auraient pu lui être utiles, mais il est vrai que Deleuze préconisait une toute autre voie que celle de la phénoménologie.
François Dosse
Editions de l’EHESS, septembre 2009, 318 p., 16 euros, ISBN : 978-2-7132-2220-7
En savoir plus www.editions.ehess.fr
| 18 novembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE//
Murmures à Beyoglu,
de David Boratav
Ce premier roman de David Boratav contient deux récits admirablement orchestrés et construits, deux routes parallèles, deux narrateurs. Le premier (nous sommes alors dans les années cinquante), un enfant du quartier de Beyoglu à Istanbul, nous narre l’histoire de sa famille qui a toujours lutté d’une manière ou d’une autre contre le pouvoir en place. L’autre narrateur est un homme d’aujourd'hui, cinquantenaire et chercheur dans un laboratoire londonien ; il souffre depuis quelque temps d’un « Mal » qui l’empêche de dormir et par divers moyens il va tenter de retrouver le sommeil. Puis, son père – un écrivain d’origine turc exilé à Paris et avec qui il parlait peu – meurt, laissant derrière lui un grand poème inédit. Alors qu’il a toujours tout fait pour oublier cette autre langue qui est le turc, cet homme se retrouve du jour au lendemain à Istanbul, à la recherche de ce poème que sa mère a dû emmener avec elle lors de son retour au pays. Mais la route est longue et semée d’embûches.
Ce roman est aussi une charge (discrète mais régulière) contre « Le Levant de pacotille » tels qu’ils sont enseignés dans les manuels scolaires. Pas d’effets « carte postale » dans ce roman. Ici, outre les dérives solitaires, c’est surtout le dur quotidien des turcs soumis à la pauvreté, aux attentats, aux fanatismes, aux incessants tremblements de terre, qu’on voit. Et la question de l’exil, qui est au coeur de ce roman, amène également les personnages à repenser, à l’intérieur des grandes villes, leur rapport à l’autre, au sol et à la langue.
Christophe Grossi
Gallimard, août 2009, 368 p., 20 euros, ISBN : 978-2070-12628-6
En savoir plus www.gallimard.fr
| 16 novembre 2009 | |  | |
En un lieu de brûlure. Œuvres,
de Salah Stétié
Écrivain arabe d’expression française, né à Beyrouth en 1929 et dont toute la carrière illustre l’engagement humaniste, Salah Stétié a sans doute été l’un des derniers à porter aussi haut – et avec une telle exigence – le flambeau d’une « francophonie » dont on sent bien qu’il se méfie par ailleurs, dans ses développements récents. Toute son œuvre (abondante) de poète et d’essayiste se caractérise en tout cas par un dialogue fécond entre la culture du Moyen-Orient (la poésie arabe classique, notamment – mais aussi la révolution qui va la remettre en cause dès les années cinquante) et la « tradition » moderne qui a remodelé la littérature française, depuis le milieu du XIXe siècle. Le volume d’Œuvres qui paraît aujourd’hui dans la collection « Bouquins » propose une traversée forcément sélective, dans un parcours déjà long. Après une présentation de Pierre Brunel et une sorte de portrait de l’auteur « par lui-même », il s’ouvre sur les cinq recueils de poèmes parus chez Gallimard de 1973 à 1992 (on y trouve en particulier le très beau Fragment : poème de 1978). Vient ensuite un ensemble d’essais qui se partagent entre de passionnantes digressions sur la poésie arabe (mais aussi quelques ombres tutélaires : Gabriel Bounoure, Georges Schéhadé) et les deux grandes figures conjointes (jusque dans leurs contradictions) que sont aux yeux de Stétié Rimbaud et Mallarmé. Le long ensemble d’aphorismes et de notations brèves qui leur fait suite sous le titre de Carnets du méditant n’est pas la partie la plus convaincante de l’ouvrage. Une constellation de textes inédits (sur Jouve, Perse, Gracq, Césaire, Pessoa et bien d’autres) vient relancer à la fin du volume le dialogue qui fait la richesse de cette œuvre à cheval sur deux mondes mais qui a su trouver ce « lieu hors de tout lieu » dont parlait Claude Esteban pour définir l’espace insituable auquel s’est confrontée, dans l’embrasement de l’écriture, la poésie du XXe siècle. Ce dont témoigne tout le travail de Salah Stétié, au fil de ces pages rétrospectives comme dans le reste de son œuvre.
Yves di Manno
Robert Laffont, octobre 2009, 1184 p., 32 euros, ISBN : 978-2-221-11414-8
En savoir plus www.laffont.fr/index.asp
| 13 novembre 2009 | |  | |
« Des témoins ordinaires » de Rachid Ouramdane,
pièce pour 5 danseurs
La pièce est construite autour du témoignage d’une douzaine de personnes qui ont eu à faire face à des actes de barbarie et ont été torturés (Rwanda, Kurdistan, Tchétchénie, Brésil...) Les 12 témoignages filmés alterneront avec la danse. “De la difficulté à “le dire” ; “C’est un souvenir dont je ne sais pas quoi faire et dont les autres ne savent pas quoi faire (Rwanda)” ; “Comment vivre normalement après ce que l’on a vécu ? On ne peut pas en prendre la mesure sur le moment”. La danse ne surligne pas cette douleur indicible, elle renvoie des images qui peuvent évoquer avec le corps le cheminement mental : une danseuse avance lentement et commence un incroyable solo en tournoyant, tournoyant de plus en plus vite, au fur et à mesure que la lumière devient aveuglante. Une spirale qui n’en finit pas. Ou encore des danseurs recroquevillés au sol, un bras en l’air pendant que d’autres tiennent de longs poiriers à l’équilibre parfait. Pour s’effondrer brusquement. Une pièce poignante, un témoignage à distance par les corps.
“Au début, le spectateur entend un témoignage, sans images, dans l’obscurité pesque complète, inquiétante du plateau. Mais le plus souvent R. Ouramdane recourt à la vidéo, matériau clef dans son travail sur l’identité (la sienne, celle des autres) et l’image qu’elle renvoie. Alors on voit des visages qui feignent de ne pas porter sur eux ce passé douloureux, des bouches qui peinent à trouver les mots pour dire l’indicible. Des images qui s’évanouissent ou se décomposent comme pour évoquer une mémoire incertaine. Scrupuleux, Ouramdane ne surligne pas par la danse les mots des victimes.... La danse ici déployée, qui s’épanouit dans un halo musical fait de résonances et d’effets de larsen, ne manque pas d’idées. Entre souffrance (déambulations sans but, corps courbés au sol, poiriers qui s’éffondrent, femme-toupie tourbillonnant à l’excès) et lueur d’espérance (couple enlacé)”.
Benoît Faucher, AFP juillet 2009 Calendrier: Du 08 au 18 octobre au Théâtre de Genevilliers / Festival d'Automne Les 09 et 10 novembre au Théâtre Universitaire à Nantes Le 13 novembre Le Fanal à Saint-Nazaire Du 09 au 11 décembre à la MC2 à Grenoble Copyright Photographie: Erell Melscoët
En savoir plus www.rachidouramdane.com
| 13 novembre 2009 | |  | |
Charles Darwin 1837-1839 : Aux sources d’une découverte,
de Daniel Becquemont
Last but not least, la publication de ce livre au terme d’une année Darwin surchargée comme toute année commémorative risque fort d’échapper à l’attention des lecteurs. Publication tardive, un éditeur à la force de frappe modeste, et pourtant il s’agit du meilleur spécialiste en France de l’œuvre de Darwin auquel il a déjà consacré de nombreux travaux qui font autorité. Outre la qualité incontestable de son auteur, l’intérêt de cet ouvrage tient dans la généalogie réalisée de ce qui aura été une des plus grandes découvertes des sciences humaines, l’une des trois grandes blessures narcissiques qui ont décentré l’homme dans son illusion de toute puissance, en le faisant descendre de l’animal. On a pour habitude de lire Darwin dans l’après-coup à partir de sa doctrine accomplie et exposée dans L’origine des espèces comme si ce livre naissait de rien. Or, il y a une origine de L’origine, et Daniel Becquemont nous la retrace en suivant pas à pas le cheminement d’un Darwin métamorphosé par son long périple autour du monde à bord du Beagle de 1831 à 1836, entreprenant l’écriture de ses Carnets entre 1837 et 1839. C’est tout le mérite de cette étude de ne pas postuler l’après, mais de retrouver le présent tâtonnant du chercheur, ses hypothèses contradictoires, ses ébauches incomplètes, et contrairement à ses dires, des bribes de théorisation mises à l’épreuve de l’observation. Cette historisation d’une découverte replonge le lecteur dans l’univers culturel de l’Angleterre de Darwin, son passage de la géologie à la paléontologie, sa lecture décisive de Malthus qui va cristalliser une nouvelle vision de ce que peut être la lutte pour la vie, mais aussi le contexte familial avec un grand-père qui avait déjà exprimé ses convictions matérialistes et évolutionnistes. Non seulement cet ouvrage fait revivre Darwin aux confins de l’intime, mais il est une leçon de méthode au plan de l’histoire des sciences en récusant l’appauvrissante alternative entre internalisme et externalisme.
François Dosse
Éditions Kimé, octobre 2009, 307 p., 28 euros, ISBN : 978-2-84174-493-0
En savoir plus www.editionskime.fr
| 11 novembre 2009 | |  | |
Les herbes folles,
d'Alain Resnais
Marguerite n’avait pas prévu qu’on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s’il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser.
Grain de folie Le cinéaste explique pourquoi il a choisi le titre Les Herbes folles : "Cela me semblait correspondre à ces personnages qui suivent des pulsions totalement déraisonnables, comme ces graines qui profitent d'une fente dans l'asphalte en ville ou dans un mur de pierre à la campagne pour pousser là où on ne les attend pas." Un "incident"... sans précédent Les Herbes folles est inspiré du roman L'Incident de Christian Gailly, publié aux Editions de Minuit en 1996. Si Alain Resnais a souvent travaillé étroitement avec de grand romanciers, comme Marguerite Duras (Hiroshima mon amour) ou Alain Robbe-Grillet (L'Année dernière à Marienbad), c'est en fait la toute première fois qu'il porte à l'écran un roman déjà existant. Précisons qu'au départ, le film avait également pour titre L'Incident.
Avec : André Dussollier, Sabine Azéma, Anne Consigny, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Michel Vuillermoz, Edouard Baer…
Sortie nationale : 4 novembre 2009
Alain Resnais dans la catalogue de Culturesfrance : cycle « Alain Resnais, de Guernica à Cœurs » - copies 35 mm et coffret DVD
En savoir plus www.unifrance.org/film/29273/les-herbes-folles
| 10 novembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE//
Personne,
de Gwenaëlle Aubry
Quand la finesse, l’émotion retenue et la profondeur de l’analyse s’associent pour décrire un homme psychotique, et que cet homme est votre père, cela donne ce récit saisissant, Personne, où Gwenaëlle Aubry égrène les lettres de l’alphabet — de A comme Artaud à Z comme Zelig — pour éclairer les ténèbres de cet homme si brillant — enseignant le droit à la Sorbonne, donnant des conférences à l’ENA, spécialiste de la décentralisation —, disparu longtemps avant d’être mort. « Je suis Personne ! Qui êtes-vous ? / Êtes-vous — Personne — Aussi ? / Donc nous faisons la paire ! », écrivait Emily Dickinson, ce génie. Ce que met en lumière Gwenaëlle Aubry dans ce long voyage autour de lui-même que fut la vie de son père, jamais sorti de l’enfance, se prenant pour James Bond ce héros, errant dans les rues de Paris, pieds nus, hanté par le suicide, mais aussi blagueur, rieur – mille êtres en un seul —, c’est cette lassitude qui nous a tous saisis un jour, plus ou moins violemment, d’être « nous », seulement nous, tout le temps. Lassitude qui devient ici souffrance intolérable, que seuls peuvent recueillir les hôpitaux psychiatriques, sans la guérir. L’écriture, que le père aura pratiquée quotidiennement, sous des formes variées, n’est qu’une solution bien fragile. Et ce récit si personnel se revêt soudain d’une universalité, car c’est de l’humain « à l’état pur » qu’il est question dans ce livre exemplaire et rare.
François Poirié
Prix Femina 2009 Mercure de France, septembre 2009, 160 p., 15 euros, ISBN 978-2-7152-2929-7
En savoir plus www.mercuredefrance.fr
| 10 novembre 2009 | |  | |
« Lointain » et « Luisance » d’Alban Richard, duos
“Lointain”, 40’ : La pièce débute dans le noir profond. Petit à petit deux corps surgissent, entrelacent leurs mouvements sous un éclairage rappelant la douceur de la bougie. On a l’impression que la danse est faite d’une épaisseur silencieuse, malgré le chant de “Tristan et Isolde”. On voudrait se rapprocher de la scène pour mieux voir la danse - mouvement répétés au sol, souvent à genoux - qui s’apparente à un rituel. L’intensité lumineuse apparait et disparait régulièrement, laissant le cerveau imaginer quelques secondes les gestes restés en suspens.
“Luisance”, 20’ : Vêtues d’amples robes avec des rubans qui se croisent sur la poitrine, les deux danseuses commencent par un rituel répétitif, chacune debout sur une petite estrade. Le rythme du buste va bientôt se propager aux visages dont les expressions grimaçantes - langues pendantes, bouches tordues, têtes de côté - font penser à des tableaux de J. Bosch ou à des Saintes en extase. Les deux pièces sont très picturales, assez fascinantes dans leur composition qui paraît toujours très simple et minime mais s’avère complexe dans la lente évolution des mouvements. CALENDRIER 3 études de séparation : « Lointain-Luisance-Lacis » (création du troisième volet au Blanc-Mesnil du 20 au 23 octobre)
- Les 21 et 22 novembre au Havre, Automne en Normandie - Le 27 avril à L’espal au Mans - Le 4 mai au LU à Nantes - Les 25, 26 et 27 mai à la Comédie à Clermont-Ferrand - Les 22, 23, 24, 25 septembre à la Biennale de la danse, Focus Lyon Copyright photographie: Yvan Clédat En savoir plus www.ensemblelabrupt.fr
| 9 novembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE//
Je vous raconterai,
de Alain Monnier
Il travaillait dans l’imprimerie, vivait dans un pavillon de la région parisienne avec femme et fille quand en quelques mois il a tout perdu. On a déjà lu ça ailleurs, on n’est pas surpris ; d’ailleurs, cette histoire d’homme postmoderne qui tombe jusqu’à n’être plus que l’ombre de lui-même, ça pourrait avoir par moments un petit côté stéréotypé, voire caricatural. Surtout que cet homme ne se contente pas de nous raconter sa descente aux enfers, il nous interpelle, nous juge : tiens, il semble même nous connaître.
Dans son « troquet de la rue de Nantes » où le comptoir est son seul soutien, entre soudain Igor, l’homme de main de Goulanov — un russe blanc émigré un Paris. Et ce Goulanov, qui est marié à la magnétique Loula, est puissant, intraitable, rancunier et tient à le rester. Par ailleurs, il organise régulièrement des soirées privées durant lesquelles des hommes, qui n’ont plus rien à perdre, vont (contre un bon repas, de la vodka et une enveloppe) jouer leur vie à la roulette russe devant un parterre de « célébrités ». En général, au bout de trois fois, les candidats meurent. Mais le narrateur, lui, en défiant les probabilités et la mort, va devenir dès la sixième exhibition celui qu’on nommera l’élu, le « Protégé » doublée d’une vedette populaire sur laquelle on va miser de plus en plus. Et il va même connaître l’amour fou au risque de se brûler les ailes et se transformer en une sorte d’Empédocle moderne. Mais derrière cette histoire s’en cache une autre que cet homme va faire remonter à la surface : celle d’une enfance volée.
Christophe Grossi
Flammarion, septembre 2009, 192 p., 17 euros, ISBN : 978-2-0812-2862-7
En savoir plus editions.flammarion.com
| 6 novembre 2009 | |  | |
Lyre Dure,
de Philippe Beck
Avec la longue conversation de L’Impersonnage (Argol, 2006), puis son étonnante relecture des contes de Grimm (Chants populaires, Flammarion, 2007), l’œuvre déjà conséquente de Philippe Beck a indéniablement pris un cours nouveau, assumant désormais de manière plus tangible l’héritage poétique sur lequel elle s’appuie et qu’elle revisite superbement, depuis le début de son périple. Les XXXII chants de Lyre Dure en sont la démonstration éclatante : comment oser/composer de nos jours un Canzoniere — en miroir de Pétrarque et du XVIe siècle français — sinon en travaillant dans la matière de la langue elle-même (et sa mémoire prosodique) la tension entre baroque et classicisme qui est le propre de la lyrique amoureuse, au vrai (et noble) sens du terme ? S’il s’agit bien, dans ce volume, de poèmes d’amour s’inscrivant donc dans cette lignée traditionnelle, qu’on ne s’attende pourtant pas aux épanchements mièvres et aux confessions impudiques qui sont trop souvent le revers du genre… Même s’ils ne réfutent pas la beauté et l’effroi de l’intime, ces poèmes tendus, traversés par la lumière noire qu’étend sur la page le corps amoureux du langage, sont d’abord une méditation — un « quasi-sermon » dit l’auteur — sur le sens aujourd’hui d’une telle relation : entre deux êtres, bien entendu, mais aussi entre la « révolution » qu’elle opère en nous et celle qu’elle induit dans le poème, bouleversé lui aussi par cette illumination concrète, souveraine, échappant au temps linéaire. Il s’agit donc d’un traité en tout point exemplaire — de poétique et d’amour moderne. Un CD qui permet d’entendre l’auteur lire une partie de ces Chants accompagne à bon escient l’ouvrage.
Yves di Manno
Nous, octobre 2009, 176 p., 22 euros, ISBN : 978-2-913549-36-4
En savoir plus www.editions-nous.com
| 4 novembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE//
Cutter,
de Yves Ravey
Dans son dixième roman très visuel aux frontières du roman noir et du théâtre, Yves Ravey sonde à nouveau la face obscure de l’âme humaine pour en dévoiler ses souillures. Autant le dire tout de suite : bien que trop court, c’est sans doute son texte le plus réussi. Et pourtant rien ne diffère des précédents ouvrages : il sera encore question d’un père mort, d’argent (vol, chantage), de voitures, des violences dans les échanges (familiaux, amoureux, domestiques), de gens qu’on exploite, de choses à ne pas dire, de candeur et de loyauté, d’une Lolita qui n’a rien à envier aux personnages de Tennessee Williams et d’un flic tout droit débarqué d’un film de Claude Chabrol. Non, ce qui rend ce texte plus singulier que les autres, c’est avant tout son rythme. On ne lâche pas cette histoire très bien tenue et tendue (le scénario hitchcockien est sans faille), les dialogues sont efficaces, il n’y a pas un mot de trop ; les trouvailles syntaxiques et stylistiques ne sont ni exagérées ni maniérées.
Chez Ravey, la plupart des personnages n’ont pas les moyens de leurs ambitions ; ce sont des médiocres, des êtres vénaux, individualistes, matérialistes. Ils jouent un jeu ambigu et malsain dans lequel peu à peu ils dévoilent leur vraie nature. Car ce qu’ils aiment, c’est transgresser, flouer, voler, tromper. Mais il y a un autre personnage ici : Lucky est son prénom (la chance n’est pas toujours de son côté sauf quand il rencontre Saul, le flic fumeur de Lucky Strike) ; on le dit simplet mais il ne faut pas se fier aux apparences – et lui aussi sait très bien se servir d’un cutter surtout quand il s’agit de protéger sa soeur.
Christophe Grossi
Minuit, octobre 2009, 144 p., 13 euros 80, ISBN : 978-2-7073-2087-2
En savoir plus www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php
| 3 novembre 2009 | |  | |
" Switch " et " La Constellation consternée " de Thomas Lebrun
Ces deux pièces sont à part dans l’univers de Thomas Lebrun, où l’humour et le travestissement sont régulièrement présents. L’une « Switch » traite de l’identité : les quatre danseurs, portant chacun un masque reproduisant leur visage, les échangeront tout au long de la pièce, dans un décor froid mais lumineux. Les mouvements d’ensemble sont assez troublants : corps et têtes se mélangent, il faut donc observer de très près les danseurs – surtout si on ne les connaît pas – pour assembler le puzzle. " La constellation consternée " propose un univers très épuré faisant la belle part aux lignes - notamment bras au sol. Une proposition très dansée, intériorisée.
“En un tour de piste, l’escadrille tirée à quatre épingles nous entraîne sur le terrain des petites et grandes manoeuvres de l’apparence masculine. Dans l’espace vide gris métallique, la parade des hommes, interchangeables et déshumanisés, n’attend qu’une bombe pour exploser. Et ça pète ! Il suffit d’un “switch” (inversion), comme son titre l’indique, pour que le cliché viril s’étrangle avec ses lacets de chaussure. Les masques tombent. Certains des gars ont des faux-seins et des faux-culs. Avec cette volte-face masculine-féminin, T. Lebrun signe une pièce sur le crépuscule des apparences et des genres”. Rosita Boisseau, Le Monde – février 2009 En savoir plus www.cieillico.fr
| 2 novembre 2009 | |  | |
Le Laboratoire moraliste,
de Alain Brunn
Le XVIIe siècle serait le siècle des « auteurs ». Mais certains, dont les moralistes — de Montaigne à Montesquieu, en passant par Pascal et, donc, La Rochefoucauld, figure centrale de l’étude passionnante d’Alain Brunn — semblent être trop grands pour ce statut. La Rochefoucauld est un cas exemplaire. Il est né duc et pair et n’a pas à assumer le statut d’écrivain. Pourtant, il consacre les trente dernières années de sa vie à écrire des textes hétérogènes dont seul l’un a véritablement retenu l’attention : les Maximes (publiées anonymement du vivant de l’auteur), qui connurent cinq éditions successives, de 1665 à 1678, très différentes les unes des autres. Ses autres textes, y compris ses Mémoires, ont été effacés. Ce qui fait dire à Alain Brunn qu’il n’y a pas d’« œuvre » de La Rochefoucauld. Les textes de Montaigne ou de La Rochefoucauld furent d’abord reçus comme des discours mêlés, fragmentaires, purs produits de la culture de la curiosité. La Rochefoucauld, dont Alain Brunn restitue toute la complexité, la modernité, c’est aussi ce « sourire railleur » décrit par Sainte-Beuve. Quant à l’écriture de La Rochefoucauld, elle constitue bien un laboratoire où chacun, de Nietzsche — qui trouvait ce système assez proche du sien — à Roland Barthes, peut investir le texte de son propre « intérêt », notion-clé chez La Rochefoucauld. Dès lors, le texte peut prendre tous les sens, dériver à l’infini.
François Poirié
Presses Universitaires de France, septembre 2009, 290 p., 26 euros, ISBN 978-2-13-056416-4
En savoir plus www.puf.com
| 30 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
La Peine du menuisier,
de Marie Le Gall
« Les mots n’étaient pas pour nous », constate sobrement la narratrice de ce premier roman extrêmement tendu, où Marie Le Gall dévoile, par petites touches savamment dosées, les secrets d’une famille d’ouvriers brestoise, tout en nous plongeant dans leur vie quotidienne durant plus de vingt ans. La mère et le père ont eu la narratrice trop tard (la mère avait 44 ans et le père, le Menuisier, 52). L’aînée, Jeanne, est « une innocente », dit pudiquement la grand – mère : elle est « folle » en vérité. Ici, dans cette maison grise et timide, personne n’embrasse personne. On comprend mieux que la narratrice se sente plus proche des morts, si paisibles dans leurs cadres, que de ces vivants tourmentés, plongés dans leur silence et leurs obsessions. Ce qui touche tant dans ce roman à l’évidence autobiographique, c’est la sincérité absolue de la narratrice. Reçue à l’École normale, elle est heureuse uniquement parce que le Menuisier est fier. Lui, l’inconsolable, qui a choisi le mutisme pour taire l’événement monstrueux commis au sein de sa famille. Après des années d’enquête, la narratrice découvre le sinistre secret et nous le livre abruptement, sans pathos. Marie Le Gall – née en 1955 – nous le rappelle : on ne triche pas avec la vérité. On la dit, on l’écrit ou on l’enfouit à jamais. Dans les deux cas, on se met en danger.
François Poirié
Phébus, août 2009, 282 p., 20 euros, ISBN : 978-2-7529-0413-3
En savoir plus www.phebus-editions.com
| 30 octobre 2009 | |  | |
« Qui danse »,
de Christian Bourigault/Cie l’Alambic
Cette pièce a été conçue pour 7 danseurs professionnels et 15 amateurs aux parcours, et expériences (anciennes ou récentes) et âges très différents (20 à 70 ans).
Un à un, les interprètes avancent sur scène, de dos, bonnets sur la tête, formant une ligne. Tout au long de la pièce, on verra à la fois les mouvements d’ensemble, où les personnalités sont presque gommées et les moments où chacun se distingue du groupe. La pièce n’était pas basée sur la virtuosité, ni sur le formatage des corps mais sur les notions de collectif et singularité, un certain trouble apparaît car il s’avère parfois difficile de reconnaître un danseur d’un très bon amateur. Ce n’est pas sans plaisir que l’on assiste à une danse de groupe, sans fioritures, où les corps, les mouvements dans l’espace et la composition sont recentrés autour de l’essentiel : danser.
La chorégraphie est à l’image de la partition, écrite par Christian Bourigault : très visuelle et géométrique. Il est de plus assez rare aujourd’hui de voir un groupe de danseurs effectuer des mouvements d’ensemble.
Calendrier : les 13 & 14 janvier au Théâtre de l'Agora d’Evry les 27 & 28 mars à L'Apostrophe à Cergy En savoir plus www.bourigault-alambic.com
| 29 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Les Identités remarquables
de Sébastien Lapaque
Qui est ce narrateur qui tutoie Louis Lamballe (décrit comme quelqu’un de sensuel, égoïste, vaniteux, lâche, fat et con) et nous annonce d’emblée qu’il sera mort à la fin de la journée ? Qui en effet raconte cette histoire avec une précision telle qu’on le prendrait aisément pour un héraut grec ? Par ailleurs, qui est cette femme mystérieuse qui fouille les affaires de Lamballe et cherche visiblement à se venger ? Est-ce elle qui le tuera ou bien son frère qui l’accompagne ? Au-delà des questions et de cette histoire construite sur le modèle d’un roman à suspense, l’auteur nous invite à repenser l’homme postmoderne dans son rapport au monde, à la vanité, au romantisme, à l’engagement (politique, amoureux, amical…), au désengagement surtout et à la lâcheté enfin. Et derrière les secrets et les haines de famille, il y a d’abord l’omniprésence de la technologie et surtout beaucoup de solitude et de frustration. Peu de personnages s’en sortent ici (sauf la banquière) et presque tous sont des êtres malheureux. Laroque, le professeur de philosophie qui prétend ne pas parvenir à écrire, use de son pouvoir d’attraction auprès de tous pour exister ; Caroline ne peut être aimée par Lamballe, cet être égoïste, égotiste ; la femme mystérieuse est aveuglée par son désir de vengeance, et quant à son frère, qu’elle ignore depuis trop longtemps, il n’a jamais pu s’épanouir à cause d’elle.
Une autre force de ce livre se trouve dans la dernière page ; là nous comprenons pourquoi ce narrateur a agi ainsi, poussé par ce désir que certains ont de vouloir changer la vie des autres.
Christophe Grossi
Actes Sud, août 2009, 176 p., 18 euros, ISBN : 978-2-7427-8536-0
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 28 octobre 2009 | |  | |
Algérie. Les années pieds-rouges
de Catherine Simon
Après la guerre sans nom qu’a été la guerre d’Algérie, l’oubli a prévalu. On s’est coupé de l’autre rive de la méditerranée après Evian, à l’exception de quelques fortes têtes qui ont voulu partager les espérances de la jeune nation algérienne devenue indépendante et contribuer à sa renaissance. On les a appelés les « pieds rouges » par dérision. C’est leur histoire, totalement méconnue car ils ont embrassé une révolution trahie, que raconte la journaliste du Monde Catherine Simon qui a réalisé une vaste enquête pour recueillir leur témoignage et qui fait revivre leur aventure dans l’Algérie de 1962 à 1969. Le phénomène touche quand même quelques dizaines de milliers de personnes, enseignants, médecins, ingénieurs, artistes, journalistes partis dans ce havre de la révolution tiers-mondiste. Leur histoire est celle des illusions perdues, d’une révolution qui dévore ses enfants, surtout quand ils sont juifs, et plus généralement étrangers. Entre-temps, quelques belles réalisations comme ce phalanstère pour orphelins de guerre animé par quelques-uns de ces pieds rouges à Saïda, mais aussi des actions plus douteuses comme ceux qui vont se lancer dans un maquis, une sorte de « foco » à la Bolivienne en pleine Kabylie, parce que le maquis « c’est l’aventure ». Catherine Simon repère dans la répression de cette ébauche de maquis les prolégomènes du régime totalitaire à venir qui s’en prend tout de suite aux « israélites », dénonçant un « complot qui a des ramifications lointaines. Derrière, il y a Israël ». Et puisque la gégène est encore sur place et que l’électricité ne s’use que lorsqu’on s’en sert, le nouveau régime va l’utiliser notamment pour se débarrasser de la poignée de trotskistes qui viennent troubler sa quiétude. C’est en effet là que se trouve un leader important de la IVe internationale, Michel Raptis, dit Pablo, qui créera son propre courant en 1965. De ces hommes et femmes qui ont vécu l’enthousiasme, la liesse d’Alger libéré un peu comme s’ils étaient à La Havane en train de reconstruire l’humanité, cet ouvrage relate leur histoire. Il aura fallu attendre le temps du relais générationnel pour entendre cette voix des décalés de l’histoire.
François Dosse
La Découverte, septembre 2009, 285 p., 22 euros, ISBN : 978-2-7071-5435-4
En savoir plus www.editionsladecouverte.fr
| 27 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Quelqu’un cherche à vous retrouver,
de Marc Augé
Président de l’École des hautes études en sciences sociales pendant dix ans, Marc Augé est plus connu comme ethnologue, théoricien de la surmodernité ou encore inventeur du célèbre concept de « non-lieu », que comme romancier. Et pourtant, dans ce livre au beau titre énigmatique, il excelle à raconter une histoire, celle de Julien Arnaud, professeur depuis peu à la retraite, fan du film Casablanca, dont la vie est bouleversée par l’arrivée de Claire, une jeune femme qui pratique la psychologie narrative, une discipline non reconnue encore officiellement.
Claire veut tout savoir de Julien. Pourquoi ? Parce que « quelqu’un cherche à le retrouver » et l’a contactée à cet effet. Claire ment : elle est persuadée que Julien est son vrai père, son père biologique. Julien, lui, considère que l’origine, qui n’a pas de limites, est un concept pauvre. Ce dont nous avons besoin, et en cela les fictions nous aident, c’est de transformer le passé. Claire retrouvera finalement son vrai père, un certain Lucien Harneau (!), que Julien connaît, actuellement professeur à l’université de Chicago. Julien peut enfin retourner, seul, au cinéma, en pensant que les rencontres sont toujours possibles, jamais certaines, mais qu’elles empêchent les individus de se suicider et la société de se disloquer.
François Poirié
Le Seuil, septembre 2009, 130 p., 15 euros, ISBN : 978-2-02-099703-4
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 27 octobre 2009 | |  | |
« Deng Deng » de Farid Berki,
avec 3 danseurs tchadiens et 1 DJ
Les danseurs forment un trio rythmé par les différentes musiques proposées par le DJ en fond de scène. Humour et traumatisme se cotoîent à travers l’utilisation d’objets. La pièce mêle habilement le traditionel (musique DJ sur rythmes africain), et le hip hop. CP
“En 2005 Farid Berki participe au premier festival hip hop de N’djaména (Tchad), c’est une véritable rencontre, un besoin de confrontation à cet univers culturel singulier qui compose avec des “bouts de ficelle” et aborde la culture hip hop comme pratique artistique globale. Au-delà de la transmission technique lors des stages, naît la volonté d’une aventure commune de création. Avec un peu d’humour et de rêves, les trois danseurs tchadiens et un DJ tenteront de dégager des espaces possibles pour croire à un avenir meilleur.”
Extrait du programme des Rencontres de la Villette. Calendrier:
24 octobre 2009 : Espace Albert Camus, Bron 27 au 29 octobre 2009 : Théâtre 140, Bruxelles, Belgique 28 novembre 2009 : Maison Folie, Mons 3 au 5 décembre 2009 : Grand Bleu, Lille 8 décembre 2009 : CNDC, Châteauvallon 15 décembre 2009 : Hangar 23, Rouen
8 mai 2010 : Espace Marcel Pagnol, Villiers le Bel 11 mai 2010 : Théâtre la colonne, Miramas 21 juin 2010 : Shanghai, Chine (à confirmer) Crédit photographie: Jérémie Roborg En savoir plus http://ciemeltingspot.free.fr
| 26 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Le Diable et Éloge des fétichistes,
de Pierre Bourgeade
Avant de disparaître en mars dernier, Pierre Bourgeade a remis à son éditeur Tristram un roman qui se déroule dans l’Italie des années de plomb. Mené tambour battant, sans fioritures, nerveux et efficace, drôle, cocasse et tendu, Le Diable pourrait par moments faire penser aux contes voltairiens – en plus subversif. Quatre personnages se croisent ici : Attilio, ancien psychiatre, père célibataire, devenu brigadiste ; Ercole, jeune vicaire, succombant à la chair et tombant amoureux de Giovanna, ancienne entraîneuse et veuve d’un banquier retrouvé mort, une liasse de billets de banque enfoncée dans la gorge ainsi qu’un vieil aubergiste qui se prétend ancien « chemise noire » mais cache bien son jeu.
L’intrigue (l’histoire d’amour entre le vicaire et la jeune veuve ainsi que la mise en place d’une action terroriste) tient sur peu de choses ; là n’est pas le plus important. Ce qui intéresse l’auteur c’est plutôt l’envers du décor (un crime sexuel est commis pendant un match de foot, par exemple) et les faces cachées des personnages (leur rapport à la sexualité, à la politique et à la religion et à leurs transgressions).
« Fétichiste, polyfétichiste, qui ne l’est ? », écrit l’auteur dans son Éloge du fétichisme qui mêle réflexions, descriptions, citations et fictions à partir des pratiques érotiques et des travaux d’artistes sur leur rapport au corps et au sexe. Alors, une fois achevée la lecture de cet éloge, retournez au Diable et dressez la liste des fétichismes et des fétichistes que vous aurez repérés : vous serez surpris d’en trouver autant !
Christophe Grossi
Tristram, Le Diable, août 2009, 192 p., 18 euros, ISBN : 978-2-907681-75-9 Tristram, Éloge des fétichistes, août 2009, 192 p., 18 euros, ISBN : 978-2-907681-76-6
En savoir plus www.tristram.fr
| 23 octobre 2009 | |  | |
« À La Vie, à la mort »,
écrit, mis en scène et interprété par Étienne Minoungou
Auteur : Etienne Minoungou Comédiens : Etienne Minoungou et Bienvenu Bonkian Mise en scène : Etienne Minoungou et Hamado Tiemtore Scénographie : Patrick Janvier Régie et création lumière : Herman Coulibaly
Deux prisonniers : un condamné à mort, un à perpétuité. L’un est résigné à mourir, l’autre est persuadé qu’il doit l’y aider et va s’y employer durant toute la pièce, avec détermination et humour. La cellule de 4m2 devient métaphore des relations internationales, l’exiguïté et la rareté de l’air servant de base à des considérations sur la gestion de la couche d’ozone mais aussi sur l’amour, la mort, la religion...
Étienne Minoungou nous livre qu’ « écrire sur l’enfermement, c’est aller à la recherche du véritable territoire où peut s’exercer pleinement notre besoin de liberté {...}. La Mort est la limite de ce territoire. Écrire sur l’amitié est une belle façon de croire en l’homme, même au seuil de sa mort. Reprendre ce travail, que j’avais exploré avec mon ami Alexis Guiengani il y a dix ans, avec Bienvenu Bonkian dans une collaboration artistique avec Amadou Bourou n 2008, n’est rien d’autre que cette quête de sens qu’entreprend toujours le poète entre rire et larme, entre réalisme et fantaisie ».
Bienvenu Bonkian est aveugle, la direction d’acteur s’est donc centrée sur un travail sur l’espace, la présence du partenaire de jeu et l’écoute.
En savoir plus aurelie.lesrecreatrales@gmail.com
| 23 octobre 2009 | |  | |
Rachel,
de Simone Bitton (documentaire)
Elle s’appelait Rachel Corrie. Elle avait 23 ans. Elle est arrivée en Palestine croyant que sa nationalité américaine suffirait à faire d’elle un bouclier humain efficace pour sauver des vies, des oliviers, des puits et des maisons. Mais Rachel est écrasée par un bulldozer le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza. Comme beaucoup de jeunes gens, elle tenait un journal de voyage sous forme de e-mails qu’elle envoyait à sa famille et à ses amis aux Etats-Unis… Au rythme des mots de la jeune pacifiste, Rachel enquête sur cette mort en donnant la parole à toutes les parties impliquées, juxtapose des versions contradictoires du même évènement, observe les lieux du drame et dévoile de nombreux documents inédits.
Un travail d'enquête de longue haleine Ce travail d'enquête a duré environ trois ans et a représenté pour la réalisatrice de nombreux allers-retours entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël. Simone Bitton a notamment dû se montrer très opiniâtre avec les services de presse de l'armée israélienne. "Ces militaires sont serviables et efficaces, lorsque vous vous intéressez à quelque chose dont ils veulent parler, mais lorsque vous arrivez avec un sujet qui leur déplaît ils sont très forts pour vous mettre des bâtons dans les roues, confie la cinéaste. Je les ai tellement harcelés que finalement, pour se débarrasser de moi, ils m'ont accordé trente minutes d'entretien avec le Major Avital Leibovitch, qui est la propagandiste en chef de l'armée israélienne pour la presse étrangère."
Sortie nationale : 21 octobre 2009
Simone Bitton dans le catalogue de Culturesfrance : Solange Giraud, née tache : 39',1980 Mahmoud Darwich et la terre comme langue (Un siècle d'écrivains) 48', 1997 L'attentat : 59' , 1998 Mur : 100', 2004
En savoir plus www.unifrance.org/film/28423/rachel
| 23 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
L’Annonce,
de Marie-Hélène Lafon
S’affirme, chez Marie-Hélène Lafon, dont L’Annonce est le cinquième roman, comme une science de l’intime, du non-dit, qu’accompagne la description d’un lieu, toujours situé dans un décor qu’elle connaît bien, pour y être née, le Cantal. Marie-Hélène Lafon confie volontiers qu’elle travaille comme on laboure. Elle réécrit beaucoup, fouille, cherche le mot et le rythme justes. D’où l’indéniable qualité de son écriture, qui lui permet d’aller très loin dans la psychologie, sans appuyer trop fort. L’Annonce pourrait se résumer en deux phrases : Paul, quarante-sept ans, paysan à Fridières, Cantal, ne veut pas finir seul avec ses deux vieux oncles et sa sœur Nicole, hystérique et autoritaire. Annette, trente-sept ans, qui a eu un fils avec Didier – « un blessé de la vie », pensait-elle, ivrogne invétéré en réalité — veut s’inventer une nouvelle vie, à la campagne pourquoi pas, elle qui ne connaît que l’âpreté du Nord. La rencontre s’organise par le biais d’une annonce et l’histoire d’amour peut commencer. Annette et son fils doivent s’adapter aux paysages éclatants, apprivoiser « les gens », apprendre les rituels. Avec une simplicité exemplaire, qui édicte une sorte de morale, Annette et Paul deviennent les héros discrets mais victorieux d’un combat fou : connaître le bonheur, et le partager. François Poirié
Buchet-Chastel, septembre 2009, 196 p., 15 euros, ISBN : 978-2-283-02348-8 En savoir plus www.libella.fr/buchet-chastel
| 22 octobre 2009 | |  | |
« L’affaire de la rue de Lourcine » d’Eugène Labiche,
mise en scène de Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma
Mise en scène : Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma Scénographie : Benjamin Moreau Costumes : Héloïse Labrande Lumières : Louise Gibaud Son : Michaël Schaller Avec : Caroline Arrouas, Jean-Charles Clichet, Marion Duphil, Adeline Guillot, Laure Gunther, Antoine Kahan, Maxime Kerzanet, Alexandre Pallu, Gilian Petrovski, Sébastien Pouderoux, Marie Rémond issus du Groupe XXXVII de l’école du TNS
Avec les jeunes comédiens issus de cette promotion, nous avons essayé d’inventer un cauchemar à multiples facettes, une sorte de machine infernale, où les personnalités des interprètes donnent à voir ces personnages sous des angles variés. Ils nous ont permis d’aborder la pièce de Labiche sans à priori, et de plonger dans ce qui est au coeur de notre théâtre : la peur archaïque de la perte de soi, la possibilité pour tout être humain de commettre le pire. Ils l’ont fait avec une générosité et une bonne humeur rare. Nous avons avec eux sauté le pas vers l’univers de la comédie, que nous ne connaissions pas. De Tex Avery à Alfred Hitchcock, des rêves de Kafka aux visions de David Lynch, de la comédie musicale aux songes brumeux et inquiétants, nous avons traversé avec eux nombre de mondes esthétiques, en toute liberté. Dans « L’affaire de la rue de Lourcine » ce sont les méandres de l’inconscient de Lenglumé qui se dévoilent à son insu... Au cours de la pièce, le personnage devient «lumineux et bientôt transparent » selon la formule de Philippe Soupault. A la lecture d’un fait divers, l’associant, par un malheureux concours de circonstances, au meurtre d’une « pauvre charbonnière », il s’admet immédiatement assassin potentiel et se met à croire que tous les êtres qui l’entourent l’observent, le manipulent ou le trahissent. Tous conscients de cette chose dont il s’accuse ! « L’affaire de la rue de Lourcine » donne aussi à Labiche l’occasion d’exercer son sens aigu du portrait satirique, aux dépens d’un bourgeois qui en vient à se reconnaître – et à s’accepter – dans la peau d’un tueur, au point même de récidiver sans aucun état d’âme pour se couvrir. La forme du vaudeville, telle que la conçoit Labiche, se prête au jeu de ce genre de scénario infernal qui, par surenchère, provoque ce rire du fou, collectif, violent et angoissé. Autour d’un personnage – le bourgeois – s’agitent toutes sortes de créatures serpentines : le domestique susceptible de traîtrise, sa femme, sorte d’alter ego déplaisant, le cousin Potard qui souffle le chaud et le froid et le double, Mistingue, ancien camarade de jeunesse, complice hasardeux de sa nuit qu’il a trouvé partageant son lit au réveil... Lenglumé pourrait, comme le « Monsieur Goliadkine » du Double de Dostoïevski, en venir à penser : « Ils n’auraient pas été ensorcelés, tous, aujourd’hui ? [...], un démon qui leur est tombé dessus ! C’est clair, il a absolument dû leur arriver quelque chose, à tous, aujourd’hui. Que le diable m’emporte, mais quelle torture ! » Tout paraît suspect. Et cela prête à rire. Daniel Jeanneteau – Marie-Christine Soma
Tournée 2010 : Du 23 au 27 février 2010 : Maison de la Culture d’Amiens Les 19 et 20 mars 2010 : Théâtre Jean Vilar de Vitry sur Seine Le 23 mars 2010 : L’Hippodrome – Douai Le 26 mars 2010 : Théâtre de l’Olivier – Istres Du 29 mars au 24 avril 2010 : Théâtre de la Cité Internationale – Paris Les 29 et 30 avril 2010 : La Faïencerie – Théâtre de Creil Du 4 au 8 mai 2010 : La Comédie de Reims Photographie: Élisabeth Carecchio En savoir plus www.maisondelaculture-amiens.com
| 22 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Tout là-bas avec Capolino,
de Jean-Marc Lovay
L’univers sens dessus dessous de Tout là-bas avec Capolino nous force à oublier nos repères habituels. De la première à la dernière phrase nous errons dans une forêt de mots. Nous perdons tout contrôle face au verbe fou, aux temps verbaux mélangés, aux oxymores, aux visions d’un monde à l’envers où, dans une même phrase, il peut être question d’équilibre et de « déséquilibre anarchique », d’une « odoriférante lueur » et d’une « chose encore indistincte », de « cruelle méchanceté » et des « éclairs de l’amour le plus joyeux ». Ici règne le végétal, le minéral, l’élémentaire mais aussi la « lampe-qui-riait sous l’auvent » ou encore les accordeurs de lits à cordes. Et tout se confond, se met à tournoyer, à danser une drôle de danse sans début ni fin en compagnie de personnages extrasensibles, étonnés, tout en questions, perplexes, parfois apeurés, souvent pénétrés. Car Capolino (en italien, « fare capolino » : « passer la tête », dit la fugacité, le faillible, le dehors dedans) est un inventeur qui a réussi à ne jamais mourir. En cela, lui mais aussi le narrateur ou encore Djinjé (la remodeleuse de visages) ressemblent aux personnages de Charlie Chaplin, de Buster Keaton, mais plus déjantés et tragi-comiques encore. Comme chez Beckett (on pense aussi à Eric Chevillard), ils s’ingénient malgré tout à vouloir entrer dans un monde qui les repousse. Mais comme ils n’abandonnent pas la partie, c’est là que le rire vient fuser. Comme le visage de Capolino qui « semblait se retenir doucement de rire et tranquillement se réjouir de bientôt pleurer. »
Christophe Grossi
Zoé, septembre 2009, 160 p., 16 euros, ISBN : 978-2-88182-653-5 En savoir plus www.editionszoe.ch
| 21 octobre 2009 | |  | |
Histoire de France. Tableau géographique de la France par Paul Vidal de La Blache,
Histoire de France. Les origines, la Gaule indépendante et la Gaule romaine par Gustave Bloch,
de Ernest Lavisse
Un monument éditorial, cette grande Histoire de France de Lavisse, qui a été le bréviaire de tant de générations de Français, va pouvoir être disponible au public grâce au magnifique travail des éditions des Equateurs à qui l’on doit déjà la réédition de L’histoire de France de Michelet. 27 volumes remis en circulation ! et cet éditeur nous en livre les deux premiers volumes préfacés judicieusement par celui qui a commencé sa carrière d’historien, Pierre Nora, par un article qui a fait date sur… Lavisse, et dont Les lieux de mémoire sont un autre monument, à la fois héritier de Lavisse et anti-lavissien. Certains se demanderont pourquoi exhumer cette vieillerie dépassée par les acquis de l’école des Annales. C’est ignorer que cette écriture historienne cristallisée dans ce qu’elle a eu de meilleur au tournant du siècle autour de Lavisse a été diabolisée par la suite. On reconnaît aujourd’hui, et cette publication y participe, tout l’intérêt de cette école méthodique, de cette histoire qui tend à se faire scientifique dans la discrimination du vrai et du faux. Il y a de ce point de vue de l’indépassable, et il est bon d’y revenir, ce qui ne veut en aucun cas dire que l’on peut aujourd’hui s’engager dans la voie ouverte par Lavisse. Elle ne suffit pas, les temps ont changé et nous avons rompu avec sa forme de continuisme, avec sa volonté d’identification pour des raisons nationalitaires. Les deux premiers volumes sont à cet égard significatifs de la volonté de naturaliser l’objet France de la part de Lavisse qui convoque le géographe Paul Vidal de La Blache pour montrer que la France est la France avant d’être consciente d’elle-même, puis il l’enracine dans le temps, celui de la Gaule qui donnera le fameux : « Nos ancêtres les Gaulois » sur lequel la communauté nationale s’est construite. Comme le dit Pierre Nora, nous avons tous « du Lavisse dans le sang ». Il était temps de pouvoir faire notre examen sanguin et l’on doit cette possibilité aux éditions des Équateurs, qu’elles en soient remerciées.
François Dosse
Éditions des Équateurs, août 2009, 395 p., 18 euros, ISBN : 978-2-84990-128-1 Éditions des Équateurs, août 2009, 456 p., 18 euros, ISBN : 978-2-84990-129-8
En savoir plus www.equateurs.fr
| 20 octobre 2009 | |  | |
L’Européenne,
texte, musique et mise en scène David Lescot
" J’ai commencé à réfléchir à l’Européenne aux lendemains du référendum sur la Constitution de 2005. Comme j’ai besoin d’inventer un titre avant d’écrire une pièce, je l’avais intitulée « Europe réanimation ». J’avais alors l’idée d’un Vieux corps malade, mais aussi d’un Nouveau Monde, à construire, qui était tout aussi bien un Monde très ancien, et dont de toute façon personne ne voulait. Déjà les représentations se mêlaient, comiques et morbides, celle d’une machine très compliquée, au fonctionnement paradoxal. Alors j’ai projeté ma situation, celle de devoir représenter l’Europe, à l’intérieur de la pièce elle-même. De l’Europe, jusqu’alors, je n’avais été amené à formuler qu’une réponse un peu lapidaire, un peu binaire (oui ou non). Mais depuis quelque temps il nous faut être plus européens qu’auparavant. Nous sommes dans l’Europe. Mais l’Europe est-elle en nous ? Quelle représentation, individuelle ou collective, sommes-nous capable d’en donner ? Serons-nous à la hauteur de « l’année européenne du dialogue » dont on nous a prévenus qu’elle aurait lieu l’an prochain ? J’ai voulu faire de L’Européenne une sorte de revue ou de comédie musicale, car c’est aussi par la musique, et notamment la musique politique, que je suis entré dans mon sujet. J’en ai écrit la musique (y compris le nouvel hymne européen, et je ne suis pas sûr d’avoir fait mieux que Beethoven mais tant pis). Mes premiers spectacles, Les Conspirateurs, L’Association, rassemblaient à une vaste troupe et jouaient sur le passage du parlé au chanté, du théâtral au musical. Cette fois-ci je veux prolonger cette recherche, ce mélange, à la rencontre d’une question brûlante, actuelle, commune à tous.
Il y aura sur la scène les rythmes, les souffles, les mots, les musiques et les langues de l’Europe. Ce sera, je crois, comme une cacophonie minutieuse, ou mieux, une harmonie débridée."
David Lescot Production Théâtre de la Ville-Paris Coproduction La Comédie de Reims-centre dramatique national, Napoli Teatro Festival Italia, Théâtre de l’Union-Centre Dramatique National du Limousin, TnBA-Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, La Compagnie du Kaïros Avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques/D.R.A.C. et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et du Théâtre des Amandiers-Nanterre En savoir plus mchase@theatredelaville.com
| 20 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
L’Aimé de juillet,
de Francine de Martinoir
« Il n’y a de vif que le passé », dit la narratrice de ce roman, Octavie, qui retrouve à l’occasion de la mort de son ex-mari l’Alger des années 1950, 1960, où elle fut envoyée, contre son gré, comme professeur. À son arrivée, elle fut frappée par la lenteur calme de la ville, la beauté des ciels, la blancheur, le silence, qui lui semblent masquer un énorme mensonge : les Français d’Algérie vivaient dans le déni. Pour eux, la guerre n’existait pas. Octavie fera une rencontre capitale, celle du commandant Tancrède Préfailles, un homme cultivé, complexe, qui a vécu la Résistance, la déportation, le Vietnam, un homme mystérieux qu’Octavie épousera et dont elle divorcera. Les soupçons sur les activités réelles et sur les convictions de son mari durant la guerre d’ Algérie la rongeront toute sa vie. Ce que montre Francine de Martinoir, avec subtilité, dans un style classique sans être désuet, c’est la distance infranchissable qui sépare deux êtres, mariés ou non. La narratrice, les rares fois où elle était en compagnie de son époux, avait le sentiment d’être dans un rêve au décor faux. Elle part, mais le souvenir de cet homme ambigu, et de ces années-là, si intenses et formatrices, ne la quitteront jamais.
François Poirié
Éditions Jacqueline Chambon, août 2009, 260 p., 19 euros 80, ISBN : 978-2-7427-8591-9
En savoir plus www.jacquelinechambon.com
| 19 octobre 2009 | |  | |
« Le cas Jekyll »,
de Christine Montalbetti.
Mise en scène et interprétation Denis Podalydès
Mise en scène et interprétation : Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie Française Co-mise en scène : Émmanuel Bourdieu et Éric Ruf, sociétaire de la Comédie Française Scénographie : Éric Ruf, assisté de Delphine Sainte Marie Costumes : Christian Lacroix, avec la collaboration de Renato Bianchi Lumière : Stéphanie Daniel Son : Bernard Valléry Conseils chorégraphiques : Cécile Bon
Marchant dans les brumes de Londres, le docteur Jekyll, homme ambitieux, important, respecté, et la silhouette dissociée, chétive, maléfique de Hyde, hantent depuis plus d’un siècle la littérature, le cinéma, l’inconscient, dont Hyde même, serait une version solidifiée, incorporée, libre. Il y a fort à faire. C’est une mine explosive de métaphores, d’associations d’idées, de cauchemars, de visions horribles, poétiques et philosophiques mêlées. Un mythe. Ce mythe est d’abord un roman de Stevenson, dont le dernier chapitre est une splendeur. C’est la confession de Jekyll. À l’instant de mourir, ne parvenant plus à rester lui-même, envahi définitivement par Hyde, devenu presque absolument Hyde, il raconte les étapes de sa folie démiurgique, dont l’ambition sociale, jointe aux désirs de débauche, fut le premier moteur. Mélancolie des aveux et des regrets, derniers efforts de raison et de justification scientifique, implacable logique du pire sous la poussée du démon, tendent ce texte hyper concentré. Christine Montalbetti le reprend et le fait sien. Fait siens l’hiver londonien, les rues vides la nuit, la brume. Fait sienne l’angoisse de Jekyll, mais aussi l’humour de Hyde, la jeunesse et l’éducation de Jekyll, les pas légers de Hyde, la souterraine et souveraine séduction de Hyde, sa poussée dans la voix de Jekyll, son envahissement inexorable du corps de Jekyll. La métamorphose n’est pas établie dans le texte. Elle est le texte. Le laboratoire où s’enferme le docteur pour y boire le fameux breuvage n’est pas le décor, mais l’espace sonore, l’énonciation elle-même de ce texte. Deux voix travaillent jusqu’au bout ce texte à une voix. Borgès se désolait qu’au cinéma on ait toujours confié les deux rôles au même acteur, tandis que le roman les sépare absolument. Là même en est le principe. Hyde n’a ni la silhouette, ni la taille, ni le visage, ni rien de commun avec Jekyll. Le spectateur, découvrant Hyde, ne peut ni ne doit imaginer Jekyll en lui. Telle est précisément la réussite et la malédiction du savant. Or la tentation l’a toujours emporté de les confondre dans le même interprète. On le comprend aisément. L’acteur se réjouit de cette composition qui s’offre à lui, ne peut que succomber à ce désir de dédoublement ; qui ne rêve pareil rôle ? Cette pulsion de jeu ne m’est pas étrangère. Quel comédien ne sent pas en lui-même le pas inquiétant et dansant de Hyde, l’envie de grimacer épouvantablement, de nouer en un seul bloc, en un seul personnage, les désirs insolents, farcesques, outrés, de jouer enfin le plus malin des méchants, de faire et de se faire peur ?
Nous viserons moins le fantasme réalisé, la métamorphose accomplie, le personnage malingre et incarné, que la pulsion elle-même, la saillie du petit bonhomme perçant sous le masque sobre de Jekyll, la pression fantastique et contradictoire qui en résulte et s’exerce alors. C’est elle que nous appelons Hyde. Notons que, dans le roman, il est moins monstrueux par son aspect que par le malaise et la répugnance qu’éprouve celui qui le rencontre, plus immédiatement effrayé de sa hideur morale absolue et sans mélange que de sa relative laideur physique. Coup de génie de Stevenson, dont la créature échappera désormais à toute incarnation satisfaisante. On ne peut donc pas voir Hyde. Il sera néanmoins bien présent, et règnera, si possible, je l’espère, au final, jusque dans le cœur même du spectateur. Denis Podalydès
Production : Maison de la Culture d’Amiens – centre de création et de production En coproduction avec le Théâtre National de Chaillot, le Théâtre du Jeu de Paume d’Aix en Provence et Le Volcan, scène nationale du Havre
Création à la Maison de la Culture d’Amiens du 5 au 13 mai 2009 Théâtre National de Chaillot du 7 au 23 janvier 2010 Le Volcan, Scène nationale du Havre : 27 au 30 janvier 2010 La Comédie de Reims, CDN : 3 au 6 février 2010 Théâtre Jean Vilar de Suresnes :10 au 14 février 2010 Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence : 17 au 20 février 2010 Théâtre National Populaire de Villeurbanne : 24 au 27 février 2010 Institut Français de Madrid (Espagne) : 3 et 4 mars 2010 Espace des Arts de Chalon-sur-Saône : 16 et 17 mars 2010 Théâtre Simone Signoret, Conflans Sainte-Honorine : 26 et 27 mars 2010
En savoir plus www.maisondelaculture-amiens.com
| 19 octobre 2009 | |  | |
Œuvres complètes,
de Lautréamont
Édition établie, annotée et présentée par Jean-Luc Steinmetz
L’une des œuvres les plus saugrenues – mais aussi, des plus énigmatiques – de la littérature française fait cette année une nouvelle entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade. La précédente édition, en 1970, associait en effet Lautréamont à Germain Nouveau, pour une raison matérielle évidente : Les Chants de Maldoror, les Poésies et les rares feuillets de la correspondance d’Isidore Ducasse ne pouvaient constituer à eux seuls un volume de la prestigieuse collection. Pour y parvenir aujourd’hui, l’éditeur a opté pour une solution assez inattendue dans ce contexte : proposer à la suite de l’œuvre elle-même (qui n’occupe qu’un tiers de l’ensemble) un florilège de sa réception critique, de ses premiers découvreurs (Bloy, R. de Gourmont, Larbaud – puis les surréalistes) à des contemporains tels que Le Clézio ou Ph. Sollers (qui se taille la part du lion dans cette affaire, quitte à ramener la couverture à lui…). Le résultat est loin d’être inintéressant, au plan de l’histoire littéraire (la reprise en particulier du long texte d’Aragon : « Lautréamont et nous » suffirait à le justifier), mais l’on peut se demander s’il n’y a pas un paradoxe à composer de la sorte un volume où l’œuvre tend à être recouverte par les lectures qui en ont été faites. D’autant que les questions auxquelles elle nous renvoie sont loin d’être tranchées… A relire aujourd’hui, avec un certain recul, les Chants et les Poésies qui les contredisent, on peut se demander en effet s’il n’y pas eu une sorte de méprise originelle à leur sujet, toujours reconduite sous des approches diverses : l’œuvre est-elle aussi centrale, voire aussi extrémiste que l’ont estimé ses meilleurs lecteurs ? On peut parfois en douter, en dépit de sa profonde étrangeté et de sa violence fondatrice. Du moins avons-nous désormais la possibilité de l’aborder avec un regard neuf, grâce au travail aussi discret qu’érudit de Jean-Luc Steinmetz.
Yves di Manno
Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », septembre 2009, 848 p., 45 euros, ISBN : 978-2-07-011914-1
En savoir plus www.gallimard.fr
| 16 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
La barque silencieuse
de Pascal Quignard
Comme le titre de ce nouveau tome du Dernier Royaume l’indique, il sera souvent question ici de péniches, de barques (Charon), de transports (victuailles, nourrissons, morts), de transferts (Freud). Entre traités, essais, réflexions, jaillissements poétiques, contes souvent cruels, Pascal Quignard convoque l’histoire des hommes, de leurs pensées et en dresse des tableaux saisissants. Des Grecs à Bossuet, de Mazarin à l’anachorète, du Japon à l’Islande, quels que soient les faits, les dates, les protagonistes, les sources, les courses, les créations, à travers la brièveté des vies, c’est le temps qu’il interroge une fois encore. Car il n’est pas un endroit où l’on conçoive de la même manière la naissance, la vie, la mort. Et c’est soudain notre rapport aux croyances qui surgit : ce que font les vivants avec les crânes des morts ou ce besoin d’athéisme depuis que Dieu est mort. Le temps s’arrête, il ne passe pas ou bien dure toute une éternité. Lié aux guerres, à la création, au songe, à la nostalgie, à la mélancolie, à la solitude, il est également au cœur du silence, de la musique, de la « nuit sexuelle », de la « nuit fœtale » et de la lumière d’aujourd'hui. Il est aussi cette caverne bénie vers laquelle on revient difficilement : « Nous sommes voués à la première vie oubliée dans la respiration. Dans l’éblouissement de la lumière de la naissance la première nuit s’efface. ». Mais la porte reste ouverte, précise-t-il, notamment par le biais du suicide ou de l’écriture, là où « une goutte d’encre rejoint un peu de la nuit qui était en amont de chaque corps. »
Christophe Grossi
Seuil, septembre 2009, 252 p., 18 €, ISBN : 978-2-02-099109-4
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 16 octobre 2009 | |  | |
« Bab et Sane », texte de René Zahnd, mise en scène de Jean-Yves Ruf
Inspiré d’un fait divers réel (deux gardiens restés dans une propriété de Mobutu après la chute de ce dernier), Bab et Sane est écrit à leur demande pour Habib Dembelé et Hassane Kassi Kouyaté. Jean-Yves Ruf arbitre leur confrontation. Cloîtrés dans une maison luxueuse, ironiquement baptisée Villa Paradis, deux hommes ne savent plus où aller. Ils sont pris au piège des circonstances. Alors ils organisent leur survie. Ils se cherchent une raison d’être, se raccrochent à la parole, se bercent d’illusions ludiques, tentent d’imaginer un avenir et surtout, glissant toujours davantage hors du monde, s’inventent leur propre réalité : une combinaison de miroirs et de masques où se délitent les repères, un quotidien qui oscille entre le duel et le duo, un petit théâtre du pouvoir hanté par la figure du dictateur, ce tyran qui a manipulé avec un art diabolique leur peuple et l’Histoire elle-même.
Avec : Habib Dembélé, Hassane Kouyaté (comédien) Co-production : Théâtre de Vidy-Lausanne, Chat Borgne Théâtre, Centre Culturel Français de Bamako, soutien CULTURESFRANCE dans le cadre du programme Afrique en Création Photographie: Mario Del Curto En savoir plus damien.gregoire@gmail.com
| 16 octobre 2009 | |  | |
Les Inepties volantes, texte, mise en scène et interprétation de Dieudonné Niangouna, Musique et interprétation musicale de Pascal Contet
Lumières : Xavier Lazarini Régie lumières : Brunel Makoumbou Son : Christina Clar
Dieudonné Niangouna est l'une des voix remarquées, pour son verbe chauffé à blanc et son interprétation dans Attitude clando, lors de l'édition 2007 du Festival d'Avignon.
Aujourd'hui, il reprend la parole et se délivre de l'indicible, de l'horreur des guerres civiles qui ont déchiré le Congo Brazzaville, d'où il est originaire. Sa langue foudroyante, urgente, opère un véritable exorcisme du trauma vécu. L'innommable se fait récit du chaos. L'écriture est une voie de résilience, le cri une libération, l'anamnèse un retour à la vie, quand l'oubli est impossible.
Le temps de dire s'accorde à la musique de Pascal Contet dans une complicité intime.
Les inepties volantes ont ceci d'inextricable qu'on ne sait pas exactement comment s'en faire l'écho parce qu'il ne s'agit pas tant de restituer le sens de ce spectacle que de faire l'expérience d'un voyage dans la langue, d'une langue devenue le territoire de l'être, terre d'exil et d'asile intérieur et qu'il faut être en présence de cette parole, face à ce lieu, à cette source de parole qu'est Dieudonné Niangouna.
Cie Les Bruits de la Rue, Production déléguée Bonlieu Scène Nationale Annecy, Production Festival d’Avignon, Coproduction Allan Scène Nationale de Montbéliard, Châteauvallon Centre National de Création et de Diffusion Culturelles, Théâtre 71 Scène National de Malakoff, Théâtre d’Arras, avec le soutien de CULTURESFRANCE dans le cadre des projets Afrique en Création, de l’Aide Nationale à la Création du CNT, de l’Aide à la Production et à la Diffusion du fonds SACD, de l’INA GMR, du Festival des Francophonies en Limousin, des Centres Culturels Français de Brazzaville et de Pointe Noire et de l’Établissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette.
Tournée 2009/2010 : Les 19 et 20 novembre 2009 : Bonlieu Scène Nationale Annecy Le 24 novembre 2009 : Les Théâtres d’Arras Le 1er décembre 2009 : L’Allan Scène Nationale de Montbéliard Les 11 et 12 février 2010 : La Maison des Arts de Créteil Les 19 et 20 mars 2010 : Scène Nationale de Malakoff Du 22 mars au 03 avril 2010 : Parc et Grande Halle de la Villette Entre le 06 et le 10 avril 2010 : Festival Mythos Rennes Le 19 mai 2010 : Théâtre Populaire Romand La Chaux de Fond Le 19 novembre 2010 : Châteauvallon Centre National de Création et de Diffusion Culturelles Crtédit photographie: Christophe Raynaud de Lage En savoir plus Marthe Lemut : marthe.lemut@wanadoo.fr ou Marie Cassal : mariecassal@bonlieu-annecy.com
| 15 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Quand j’étais nietzschéen,
d'Alexandre Lacroix
Peut-on qualifier un livre de « sympathique » sans vexer son auteur, qui pourrait entendre dans ce mot un brin de compassion ? Oui, si nous le pensons vraiment. Quand j’étais nietzschéen est le deuxième volet d’une trilogie autobiographique – le premier s’intitulait De la supériorité des femmes et retraçait une rupture amoureuse à l’âge adulte et c’est, en effet, un livre sympathique, vibrant, vivant, drôle aussi, riche de scènes archétypales de l’adolescence – Alexandre Lacroix, aujourd’hui rédacteur en chef de Philosophie Magazine, avait seize ans à l’époque – où, sous une apparente désinvolture, percent angoisse et questionnement, autodérision et quête de sens. De la sympathie à l’empathie, il n’y a qu’un pas, et Alexandre Lacroix réveille, par la précision même de sa narration, nos propres souvenirs nietzschéens, nos révoltes d’alors, notre désir d’en découdre avec un monde d’où la vraie vie était absente. La lecture de Nietzsche fut donc, pendant quatorze mois, l’unique breuvage (enfin presque…) du jeune Lacroix, un peu égaré par ailleurs dans le labyrinthe des sentiments. Et aujourd’hui ? Bon père de famille surmené, il ne plairait probablement pas à l’adolescent qu’il fut pour qui, en revanche, il garde une sincère affection. Alexandre Lacroix a voulu recoller les morceaux du puzzle, être en paix avec cette époque et a replongé dans son passé, avec brio, sans indulgence ni sévérité excessive. En ami, pourrait-on dire.
François Poirié
Flammarion, août 2OO9, 252 p., 18 € En savoir plus www.editions.flammarion.com
| 14 octobre 2009 | |  | |
La Commission Centrale de L’Enfance,
écrit, mis en scène et interprété par David Lescot
Texte et interprétation : David Lescot Lumières : Laïs Foulc Collaboration artistique : Michel Didym
Depuis un an, David Lescot promène sa guitare rouge et les souvenirs adolescents qui vont avec: ceux du temps où il passait ses vacances dans des colonies organisées par le PCF pour les enfants juifs. Y étaient enseignés des chants militants et une morale qui ne l’était pas moins. Mais son éducation familiale ayant incrusté en lui un esprit pour le moins critique, plus un irréductible sens de l’humour, il se trouvait là-bas comme au spectacle. Étant né dans un environnement théâtral, il a toujours su regarder, prendre ce qu’il faut, assumer ses émotions, rire du reste. Rien ne lui a échappé. Ni les ridicules, ni les naïvetés. Non plus le sincère et terrible espoir d’un monde meilleur. Sans pathos ni caricature, il raconte. Irrésistiblement il entraîne son public dans son monde d’ironie et de mélancolie. Qui pourrait y résister? Son spectacle, La Commission centrale de l’enfancea triomphé, reçu des prix, continue, est repris au Théâtre de la Ville, et puis ici et là, y compris à Moscou, en duo avec un acteur russe
LA COMMISSION CENTRALE DE L’ENFANCE TOURNÉE 2009/2010 : 5 oct. Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, Paris (en partenariat avec le Théâtre de la Ville) 1 2-14 oct. Teatro del Pueblo, Festival Internnational de Buenos Aires, Argentine 2-21 nov. TNBA, CDN de Bordeaux 2-16 déc. MC2, scène nationale de Grenoble 12,13 jan. La Halle aux Grains, scène nationale de Blois 19, 20,22,23 jan. Scène nationale de Quimper 22 jan. La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc 25-30 jan. CDN d’Orléans 12 fév. Théâtre de la Mauvaise Tête, Marvejols 5 mars La Canopée, Théâtre de Ruffec 15-19 mars Chapelle du Grand T, scène nationale de Nantes 8 avr. Piccolo Teatro, Milan 21-24 avr., 4-6 mai Scène conventionnée de Creil (hors les murs) 21 mai Guérande
En savoir plus Nathalie Gasser : 01 44 54 53 14 / 06 07 78 06 10 gasser.nathalie@wanadoo.fr
| 14 octobre 2009 | |  | |
Histoire de la folie, de l’antiquité à nos jours,
de Claude QUETEL
La relation entre cette publication et le fameux ouvrage de Michel Foucault est d’évidence puisque Claude Quétel, historien déjà bien connu pour avoir dirigé avec le docteur Jacques Postel une Histoire de la psychiatrie, a repris le titre même de l’ouvrage de Michel Foucault, paru en 1961. Il ne s’agit pourtant pas d’un Remake, mais d’un livre tout contre qui s’emploie, dans la lignée des travaux déjà anciens de Gladys Swain et de Marcel Gauchet (La pratique de l’esprit humain, 1980), à démonter la démonstration foucaldienne. Selon ce que l’auteur appelle « L’Evangile selon Foucault », il y aurait un moment rupture à l’époque moderne qui aurait consisté à individualiser le fou comme fou, et à lui faire subir le grand Renfermement asilaire. Claude Quétel qui a commencé sa carrière plongé dans les archives exceptionnelles de l’hôpital Saint-Sauveur de Caen qui était encore au tournant du siècle le troisième asile de France, opère en historien un retour aux sources pour dévoiler les continuités sous la rupture supposée. D’où le long cheminement historique qu’il retrace depuis l’antiquité, vaste enquête très documentée pour ressaisir l’évolution de la folie, de sa nosographie et des réponses successives données au plan thérapeutique, juridique, sociétal. Il apparaît clairement que la figure de la folie était déjà identifiée dans l’antiquité sous le nom de « maladies de l’âme », objet de cures prescrites par Hippocrate, Galien, Celse. Non seulement on prescrivait des bains adoucissants, des saignées, des sangsues, des ventouses, mais aussi une forme de thérapie relationnelle. Les pratiques actuelles face à la folie, l’usage des psychotropes, sont bien évidemment différentes, mais elles ont en commun avec celles de l’antiquité de rester très empiriques et de ne pas réussir à percer le mystère qui continue à nimber la figure de la folie. Ce n’est pourtant pas une raison pour renverser ce savoir en construction car, comme le dit Sénèque : « Ce n’est pas parce que la médecine ne guérit pas tout qu’elle ne guérit rien. »
François Dosse
Tallandier, septembre 2009, 620 p., 25 €, ISBN : 978-2-84734-603-9
En savoir plus www.tallandier.com
| 14 octobre 2009 | |  | |
Médée de Max Rouquette,
mis en scène par Jean-Louis Martinelli
Scénographie : Gilles Taschet Lumière : Jean-Marc Skatchko Collaboration artistique : Florence Bosson Son : Philippe Cachia Costumes : Patrick Dutertre Coiffures, maquillage : Françoise Chaumayrac Traduction des chœurs en bambara : Habib Dembele et Odile Sankara
Avec Assetou Demba, Ténin Dembele, Adiaratou Diabate, Haoua Diawara, Bakary Konate, Karidia Konate, Mariam Kone, Baba Kouyaté, Fatimata Kouyaté, Odile Sankara, Moussa Sanou, Hamadou Sawadogo, Blandine Yaméogo et deux enfants
Le texte Médée est publié aux Éditions Espaces 34.
Magicienne d’origine royale, Médée est d’abord celle qui, par amour, accepte de tout quitter. Elle trahit les siens en aidant Jason à s’emparer de la Toison d’Or, puis s’enfuit avec lui. Ensemble, ils ont deux fils. Mais un jour, l’ambitieux Jason, oubliant ses serments et ce qu’il doit à Médée, décide d’épouser Creüse, la fille du roi Créon. Femme bafouée, extrême dans son désir de vengeance comme elle l’a été par amour, Médée ira jusqu’au bout, jusqu’au pire, jusqu’à l’impensable pour punir le parjure.
En 2001, lors d’un voyage au Burkina Faso, Jean-Louis Martinelli, saisi par l’évidente dimension tragique de l’Afrique, conçoit l’idée d’aborder le texte de Max Rouquette, lumineusement inspiré de la Médée d’Euripide. Sur cette terre, magie, superstition et sacré font bon ménage avec le quotidien. Par ailleurs, les démocraties balbutiantes, la brutalité des guerres ethniques, les frontières fragiles donnent une violente résonance à cette tragédie de l’appartenance et de l’exil. Dans ce paysage africain aux allures antiques, Médée attend le retour de Jason. Aux cris et aux exhortations de la fille du soleil répondent les chants composés par Ray Lema pour le chœur des femmes Bambaras. C’est là que le vaillant argonaute apprendra à la mère de ses enfants qu’il lui préfère le pouvoir et l’argent. Alors, Médée, l’exilée trahie, deviendra l’héroïne trop humaine d’un crime passionnel.
Représentations au Théâtre de Nanterre-Amandiers du 12 au 29 novembre 2009, du 1er au 13 decembre 2009
En savoir plus Delphine Vuattoux, attachée de production : d.vuattoux@amandiers.com
| 13 octobre 2009 | |  | |
« Hauts cris (miniature) »,
de Vincent Dupont
Objet scénique non identifié, spectral et fascinant. Si la pièce/cube de Rigal rapetisse et fait penser à la privation de liberté et à la solitude, le cube/salle à manger de V. Dupont est encore plus effrayant car il semble toucher à l’enfermement psychique, à la dévastation du monde et au vide qui l’entoure. Les sons - marmonement, frottement des objets et meubles sont amplifiés, les actions ralenties. Le spectateur est enveloppé, happé dans un univers où tout est décalé : la taille des meubles qui ne sont pas ce qu’ils paraissent, les actions de l’homme qui dégénèrent lentement et le rapport du corps au son étrange et déroutant.
"Situation : un danseur seul dans l’intérieur d’une salle à manger aux dimensions légèrement réduites. Surexposition lumineuse blanche sur paysage domestique. Il rampe sur le sol et les meubles. Grogne. Crie. Des capteurs sonores, prolongent chaque mouvement, chaque frottement, chacune de ses expirations en vacarme assourdissant. Ces infimes captations amplifient le son. Le grossissent. L’enflent. Alors, paradoxes. Un murmure assourdissant. Une lenteur dévastatrice. Une fureur de l’immobilité (….) Au premier abord le travail chorégraphique de V. Dupont apparaît essentiellement visuel. Les scénographies des spectacles, élaborées et réalisées avec soin, composent ainsi de véritables installations montées sur scène." Guillaume Désanges – Le journal des Laboratoires d’Aubervilliers n° 5
Crédit photographie : Linde Van Raeschelder
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| 13 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
L’Autoportrait bleu,
de Noémi Lefebvre
Le roman débute alors que la narratrice s’apprête à quitter Berlin en avion, en compagnie de sa soeur férue d’aérofreins et la lecture s’achèvera à Paris lors de l’atterrissage, une heure et demie plus tard. Celle qui dit Je est une fille asociale et insortable ; ses parents sont morts. Ce qu’on sait d’elle encore : elle a aimé un parachutiste, sa belle-mère ne supporte pas sa désinvolture au tennis, son mariage sera « bientôt raté ». L’expérience berlinoise l’a déboussolée ; tout son être (pensée et langage) n’est plus qu’un magma logorrhéique. Si l’on pense souvent à Thomas Bernhard, il sera ici surtout question de musique et de nazisme, de Schönberg ou de la correspondance entre Thomas Mann et Adorno. De résistance, de mélancolie, de craintes et du bonheur collectif également.
Car à Berlin, elle a rencontré un pianiste avec qui elle s’est rendue à une exposition sur la musique et le IIIe Reich où L’Autoportrait bleu, le tableau du musicien Schönberg (également peintre) a provoqué chez le pianiste une idée de contre-phrase musicale. Devant choisir entre la honte et la solitude, à l’instar de Schönberg qui avait dit non aux nazis, le pianiste connaîtra lui aussi un grand moment de solitude, hué par un public qui n’a pas compris ou pas voulu comprendre qu’il venait de créer une musique qui « était l’esprit de résistance, que cet esprit de résistance était justement, dans son idée, l’esprit qui devait le mieux caractériser […] cet Auditorium en particulier qu’il avait imaginé composé de fils et de filles de Résistants de la première heure. » Christophe Grossi
Verticales, août 2009, 144 p., 13,90 €, ISBN : 978-2-07-012633-0
En savoir plus www.editions-verticales.com
| 12 octobre 2009 | |  | |
Au Jour le Jour (Selected Poems),
de Joseph Julien Guglielmi
Le parcours de Joseph Julien Guglielmi (né à Marseille en 1929) débute dès les années 1950, autour des Cahiers du Sud et surtout d’Action poétique, dont il fut l’un des premiers animateurs. Il y aura ensuite l’aventure de Mantéia, celle d’Orange Export Ltd, les traductions de poésie américaine… Après Aube (Seuil, 1968) et La Préparation des titres (Flammarion, 1980), ses poèmes paraissent principalement chez P.O.L (citons en particulier Fins de vers, Le Mouvement de la mort, Joe’s Bunker). L’Act Mem publie aujourd’hui une traversée « à rebours » de son œuvre, de ses livres les plus récents à son tout premier recueil : Au jour le jour, paru en 1961, dont le titre est repris pour ce volume rétrospectif – comme si la boucle était bouclée… Ce qui frappe le plus, à remonter le cours de cette œuvre, c’est sa cohérence et la continuité obstinée de sa quête, malgré la diversité de ses approches formelles. Si l’on excepte les tout premiers textes, marqués par le lyrisme quotidien de l’après-guerre, la poésie de Guglielmi aura toujours cherché à capter le flux incessant de la « pensée » – ou plus exactement de la matière verbale qu’elle traverse –, à fixer ses vertiges et ses carambolages dans une sorte d’écriture automatique revisitée, qui empruntera plusieurs voies au fil des décennies : la prose débridée des années 1970, le beau travail sur l’octosyllabe et le vers impair dans les années 1980, le chant fragmenté de Travelogue ou de Grungy Project, les strophes verticales des dernières années… Tout cela déroulant, à toute vitesse, un paysage mental éclaté dont le spectre va de l’intime à l’impersonnel, célébrant à part égale l’art de la lecture et les étreintes charnelles, dans un joyeux remue-ménage syntaxique : « danse de l’intellect parmi les mots », pour reprendre une formule célèbre. Signalons que ce volume – augmenté d’une anthologie critique et d’un réjouissant cahier de photos – inaugure une collection destinée à remettre en lumière l’œuvre de certains « grands contemporains ». Prochain titre à l’automne : Jean-Pierre Faye.
Yves di Manno
L’Act Mem, coll. « Faut suivre », juin 2009, 384 p., 25 €, ISBN : 978-2-35 513-047-2
En savoir plus www.lactmem.com
| 12 octobre 2009 | |  | |
« Variations d’hiver » d’ Emanuel Gat – duo, 55’
et un autre programme, « Silent ballet » + « Sixty ffour »
Chorégraphe israëlien installé en France à Istres. Emmanuel Gat propose deux soirées composées de pièces de son répertoire : “Variations d’hiver” création pour le Festival Montpellier Danse 2009, ainsi que “Sixty four” sur une musique de Bach et “Silent ballet”, dansé, comme son titre l’indique, dans le silence. Au vu de ces trois pièces, on découvre une danse très architecturée, au geste précis, rapide et tranchant.
« Variations d’hiver » L’éclairage est métallique, la scène nue. Les deux danseurs, d’une grande virtuosité, proposent une danse incisive, très pure et sans fioriture. Le côté peut être un peu froid et très maitrisé est compensé par la bande son très éclectique qui apporte la touche d’émotion : Strauss, Beatles, Shubert, Riad al Sinbati. Une danse très pure et incisive. CP
“La gestuelle, tonique, fluidifiée par l’utilisation de spirales, s’emploie à pénétrer aussi les zones d’ombre de l’espace. Sans affèterie, avec austérité même, “Variations d’hiver” propose des combinaisons de mouvements d’une grande musicalité, explore jusqu’au bout les suites de l’initialisation du geste. Cette voie, choisie par Gat, éclaire les fondements de sa danse et suggère une vision du monde qui s’attache, littéralement, à l’essentiel.”
Michel Barthome – Danser – septembre 2009 CALENDRIER
13 et 14 octobre : Espaces Pluriels/Pau 6 novembre : Théâtre du Beauvaisis/Beauvais 8 novembre : Théâtre de la Colonne/Miramas 4,5,6 février : De Singel /Anvers/ Belgique 8 avril : Breda / Hollande
En savoir plus www.emanuelgatdance.com
| 10 octobre 2009 | |  | |
« Le Corbeau » de Myriam Gourfink,
duo (une danseuse, un musicien)
Myriam Gourfink s’est appuyée sur la virtuosité d’une danseuse de l’Opéra national de Paris pour interpréter la très lente décomposition d’un mouvement classique. La chorégaphie repose sur la capacité d’élévation des jambes de l’interprète, afin de rendre sensible l’espace vertical rarement exploité par les danseurs contemporains. Cette performance, d’une incroyable maîtrise, est accompagnée par la musique de K. Toeplitz. “Discrète et déterminée, M. Gourfink n’a pas fini de nous surprendre. Cette tête chercheuse, adepte des micro-mouevments déroulés lentement centimètre par centimètre, a chorégrahié un solo pour Gwenaëlle Vauthier, danseuse de l’Opéra de Paris. L’occasion pour M. Gourfink de creuser encore davantage sa partition gestuelle contraignante, gérée par ordinateur, en l’étirant à la verticale. Créé en 2008, ce solo a exigé un patient travail d’adaptation de la part de l’interprète.”
Rosita Boisseau, Télérama – février 2009
Calendrier de tournée de "Corbeau" de Myriam Gourfink :
Corbeau (2008) Le 29 août 2009 au e-werk, Kunstfest Weimar, Weimar – Allemagne Les 10 et 11 octobre 2009 au Teatro Vascello, Festival Romaeuropa, Rome – Italie Les 11 et 12 novembre 2009 au Tanzquartier, Vienne – Autriche Le 12 février 2010 à la Maison de la Musique, Nanterre – France Le 21 mai 2010 au Théâtre Paul Eluard, Bezons – France
Corbeau (2008) Molecular Black (2007) Le 2 mars 2010 au Lieu Unique, Nantes – France Copyright: KASPER T.TOEPLITZ En savoir plus www.jgdv.net www.myriam-gourfink.com
| 10 octobre 2009 | |  | |
"Une Iliade",
texte de René Zahnd,
mise en scène et scénographie par Hassane Kassi Kouyaté
Il paraît que je suis responsable de la guerre. Il paraît que si des milliers d’hommes s’entretuent, c’est à cause de moi. Est-ce que je suis un monstre ? Regardez-moi ! Vous me regardez déjà autrement.
C’est la voix d’Hélène que l’on entend résonner aux quatre coins du monde, depuis la Guerre de Troie. Ce conflit mythique n’est-il pas une dénonciation universelle des conflits passés et actuels ? Honneur, égo, grandeur, autant de valeurs qui conduisent à la guerre des hommes, la guerre des Dieux. Et si pour une fois nous écoutions la voix des femmes, le chant de la raison pour mieux comprendre les hommes ? Des artistes de cultures différentes (Maghreb, Afrique de l’Ouest, Afrique Centrale, Caraïbes, Europe) se rencontrent pour prendre à leur compte cette histoire immémoriale, dans un grands entrelacs de langages (théâtre, danse, musique, art du récit...). Avec : Aïni IFTEN, Sabine PAKORA, Amanda CEPERO RODRIGUEZ, Laëtitia FAVART, François BAMBA, Dramane DEMBELE, Ibrahim KEITA, Emmanuel DORAND, Julien FAVART , Pierre ROSAT, SAINTRICK, Beno SANVEE (comédien) Assistantes à la mise en scène : Amandine BRYLINSKI et Anuncia BLAS Univers sonore : Stéphane GOMBERT Lumières : Cyril MULON Costumes : Anuncia BLAS Photographie: Philippe Cibille En savoir plus Damien GRÉGOIRE : contact@2t3m-theatre.com
| 9 octobre 2009 | |  | |
À la recherche du temps perdu de Marcel Proust,
Lecture d’instants choisis
Ce spectacle prend la forme d’une lecture qui rend accessible à tous une œuvre réputée difficile concentrant l’attention sur la subtilité du texte de Marcel Proust, grâce au talent de grands comédiens : Bernadette Lafont, Robin Renucci et Xavier Gallais, Michaël Lonsdale, Romane Bohringer et Lorant Deutch.
Une lecture sans interprétation excessive dans une mise en scène très simple laissant une grande place à l'imagination et à la beauté de l’écriture
Le choix des textes met en avant le comique souvent méconnu de Marcel Proust, à travers la voix du narrateur et des personnages hauts en couleur comme Madame Verdurin, Monsieur de Charlus, la Duchesse de Guermantes ou encore Françoise, la cuisinière de Combray. Un aperçu des multiples tonalités de Proust, la tendresse, la vie mondaine, la littérature et toujours un immense humour.
Au Théâtre La Bruyère à partir du 19 octobre 2009.
Les dimanches et lundi à 20h3.
| 9 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Un homme louche,
de François Beaune
L'écrivain inclassable des Lettres belges André Baillon qui a été interné volontaire dans un des chalets de la Salpêtrière n'a guère d'enfants spirituels : Jean-Daniel Dugommier, le personnage créé par François Beaune est peut-être l'un d'eux, lui qui, après avoir vécu son enfance et sa préadolescence dans un chalet justement – sera également interné, à l'âge de quatorze ans, par sa mère. Ce qu'on sait de Jean-Daniel Dugommier tient dans deux cahiers, le premier a été rédigé dans les années 80, de ses treize ans à son internement et l'autre, vingt-cinq ans plus tard. Entre une famille déjantée et monomaniaque et un environnement qui se délite, le narrateur (qu'on surnomme Glaviot, qui est sale, a des cheveux gras et joue l'imbécile pour cacher ses superpouvoirs) tente de faire « une triple étude sur la famille, l'adolescence féminine et les salles d'attente ». Plus tard, il vivra un temps en Angleterre, boira beaucoup, rencontrera Céline, il aura un fils qui se suicidera à 15 ans, il errera, deviendra correcteur de presse et veilleur (voyeur) de la ville, le « quadrilleur », celui qui observe le monde, « un homme louche ».
La manière d'écrire de biais, les recherches verbales, les trouvailles syntaxiques permanentes, cette façon de regarder le monde, de le découper et de le recomposer, sans complaisance, est de l'art brut duquel personne ne ressort indemne. Alors on repense à André Baillon, puis à Artaud, à Queneau mais aussi à Robert Walser. Et on est triste soudain de ne pas avoir fait attention à Jean-Daniel Dugommier quand il était encore de ce monde. Christophe Grossi
Verticales, août 2009, 350 p., 20 €, ISBN : 978-2-07-012603-3
En savoir plus www.editions-verticales.com
| 8 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Ordalie,
de Cécile Ladjali
Quand on est un admirateur fervent d’ Ingeborg Bachmann et de Paul Celan, ce n’est pas sans appréhension qu’on ouvre Ordalie qui met en scène – sous des noms fictifs : Ilse et Lenz- ces deux génies du XXe siècle. Mais Cécile Ladjali apaise vite nos craintes en choisissant comme narrateur un personnage fade, nostalgique de l’hitlérisme, Zak, le cousin amoureux fou d’ Ilse la merveilleuse. Tout les oppose : Zak est médiocre, Ilse est brillante, intransigeante, engagée jusqu’au bout dans la littérature et dans sa passion pour Lenz, le poète « juif ». C écile Ladjali, au-delà des nombreuses citations qui émaillent son livre, dresse un portrait de l’Allemagne – du groupe 47 à cette terrible année 1962 où un mur fut construit à Berlin-, tout en approfondissant les traits de chacun des protagonistes, ce qui donne à son roman un aspect de fresque indéniablement réussi. On regrettera toutefois quelques facilités stylistiques et une description de la plongée dans la folie d’Ilse/Ingeborg un peu caricaturale. Ce sont la colère et une exigence extrême qui animaient Bachmann et Celan : pas de soumission chez eux, mais des tensions, des abîmes, pour accueillir les derniers mots. François Poirié
Actes Sud, août 2009, 202 p., 18 €, ISBN : 978-2-7427-8534-6
Signalons qu’un volume d’Oeuvres d’Ingeborg Bachmann paraîtra cet automne chez Actes Sud, dans la collection Thesaurus.
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 7 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE//
Une année étrangère,
de Brigitte Giraud
Rares sont les romans qui abordent avec tant de justesse, sans effets inutiles, des questions déterminantes comme celle de la confrontation avec la langue étrangère, l’entrée dans l’âge adulte, la perte d’un être cher – ici, un frère –, la lecture (Thomas Mann ou… Mein Kampf), la construction d’une identité. Brigitte Giraud a déjà publié plusieurs livres remarqués, dont L’Amour est très surestimé (prix Goncourt de la nouvelle 2007) mais elle n’exhibe pas, comme tant d’autres, son talent et sa maîtrise d’écrivain. Ce qui l’intéresse, c’est « la complexité de la vie des autres » (p. 142). Une année étrangère relate les six mois passés en Allemagne, Laura, dix-sept ans, qui a voulu fuir ses parents étouffants plus que parfaire son allemand. Engagée par la famille Bergen comme jeune fille au pair, elle aura beaucoup de mal à trouver sa place et à comprendre exactement ce qu’on attend d’elle. Elle lit La Montagne magique pour se rassurer et Mein Kampf pour s’impressionner mais aussi pour se punir d’elle ne sait quoi. La narratrice se débat dans ses contradictions, sans renoncer à des moments de drôlerie ou à ceux, plus troubles, du désir. Une rencontre décisive avec le père de Monsieur Bergen va donner à cette magnifique Année étrangère toute sa dimension tragique, pleine d’humanité.
François Poirié
Stock, août 2009, 208 p., 17 euros, ISBN 978-2-234-06346-4
En savoir plus www.editions-stock.fr
| 7 octobre 2009 | |  | |
La Danse,
de Frederick Wiseman (documentaire)
Frederick Wiseman, pionnier du cinéma documentaire, a installé sa caméra durant neuf semaines au coeur du ballet de l’Opéra de Paris. Des ateliers de couture aux représentations publiques où brillent les étoiles, La Danse nous entraîne dans les coulisses de la prestigieuse institution et nous montre le travail de tous ceux qui donnent corps au quotidien à des spectacles d’exception.
Corps de ballet Frederick Wiseman confie qu'il a eu envie de faire ce film pour "comprendre ce que la danse représente", et en savoir plus sur cette "relation entre le corps et le cerveau". Il ajoute : "Tous les gestes des danseurs sont du travail, de l'entraînement dès l'âge de 6 ou 7 ans, pour manipuler le corps et arriver à ces choses si belles. Et puis, lorsqu'ils sont plus âgés, ils ont souvent des maladies très liées à leur carrière. Dans un certain sens, c'est une lutte contre la mort, parce que c'est quelque chose de très artificiel. Et on sait que ça ne dure pas, parce que le spectacle est transitoire, mais également le corps. Et c'est un privilège de regarder les gens qui se sont consacrés à cette vie, et ne peuvent pas gagner cette bataille contre l'usure et la mort, ou alors pour très peu de temps. Cela m'intéresse beaucoup : la danse est si évanescente... "
Qui mène la danse ? Frederick Wiseman qui s'est fait connaître en brossant le portrait des grandes institutions américaines, s'était intéressé dans un précédent film à une autre fameuse institution culturelle, la Comédie-Française. Comparant les deux "maisons", il note : "A la Comédie-Française, on partage le pouvoir. Il y a beaucoup de clans, et ils sont souvent en guerre les uns avec les autres. Ici, l'administratrice a tous les pouvoirs. Elle n'est pas dictatrice, mais c'est elle qui prend les décisions."
Sortie nationale : 7 octobre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29261/la-danse-le-ballet-de-l-opera-de-paris
| 7 octobre 2009 | |  | |
La République Marseille,
de Denis Gheerbrant (documentaire)
La république Marseille nous emmène à travers sept univers qui composent une ville comme une république, celle des dockers, des militants ouvriers, des femmes d'une cité jardin ou des habitants d'une énorme cité ghetto et, dans ses replis, à la rencontre de tout un peuple, ancien junkie, boxeur ou toutes jeunes filles devant la vie. La République, une grande artère du centre ville. Face à une violente opération immobilière, toutes ces histoires viennent se rejouer.
Le choix du décor Le cinéaste Denis Gheerbrant est très lié avec Marseille. En 1980, il s'est occupé de l'image du film L'Heure exquise de René Allio, l'occasion pour lui de développer sons sens de l'observation. Pour le cinéaste c'est donc d'abord " une histoire de filiation cinématographique, même si Marseille n'est pas absente de ma propre généalogie. Plus tard, j'y ai tourné régulièrement, avec Alain Bergala, entre autres. Marseille : ville imaginaire Denis Gheerbrant a une vision quasi magique de la ville : " Marseille travaillait en moi comme un pays imaginaire, un monde peuplé de récits, le lieu d'une parole ouverte, où l'on pouvait avancer l'hypoyhèse que l'autre soit considéré comme une richesse avant que de représenter une menace. " La République Marseille est en fait composé de sept films (courts, moyens et long métrages) pour une projection de six heures : La totalité du monde (14 min), Les Quais (46 min), L'Harmonie (53 min), Les femmes de la cité Saint-Louis (53 min), Le centre des Rosiers (64 min), Marseille dans ses replis (45 min), et La république (85 min).
Sortie nationale : 7 octobre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/30499/la-republique-marseille
| 7 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Une année étrangère,
de Brigitte Giraud
Pourquoi cette famille allemande qui a priori n’avait pas besoin de jeune fille au pair en a-t-elle fait la demande ? Voilà la première question que se pose Laura, cette française de 17 ans, dès son arrivée. D’abord bloquée avec la langue (donc avec la pensée), elle est également maladroite car elle ne sait pas ce que cette famille si différente de la sienne (qui, elle, est en train d’éclater suite à la mort du petit frère) attend d’elle. Elle doit donc recomposer « ce qui s’est décomposé en elle », malgré la forêt inquiétante, l’hiver et ses courtes journées et ce qu’on lui cache : le pourquoi de sa présence. Laura distille les informations et au détour d’une phrase nous livre un élément de sa vie d’avant ou de sa nouvelle vie allemande. En procédant ainsi, par touches, l’auteur parvient à nous plonger dans le même sentiment d’étrangeté que son héroïne, qui s’invente un personnage pour faire la nique au réel ou lit Thomas Mann et Hitler pour mieux comprendre la langue. Un matin la jeune allemande lui échappe et Laura se perd dans la forêt ; et soudain c’est son frère qu’elle cherche, ce frère qui la hante, cette mort qui lui a fait faire ce voyage de l’autre côté de la frontière, à plus de mille kilomètres des siens. Elle comprend alors que c’est ce deuil impossible qui l’a amenée là, au bord de la Baltique, (« L’expérience du deuil ? Un vertige d’étrangeté », dit-elle), en cet endroit précis où, face à la maladie qui déboussole la famille allemande liée à la France par le grand-père, elle devrait mieux accepter la mort de son frère et enfin rejoindre l’âge adulte.
Christophe Grossi
Éditions Stock, août 2009, 216 p., 17 €, ISBN : 978-2-234-06346-4 En savoir plus www.editions-stock.fr
| 7 octobre 2009 | |  | |
Ode maritime,
de Fernando Pessoa
Les premiers vers dessinent un navire encore lointain qui se met en route vers l'entrée du port. Dès lors, toutes les distances se mettent à vibrer. Celle qui sépare le navire du quai, le silence et la parole, celle qui oppose le présent au passé. "Toute trace de frontière abolie, corps-âme, intérieur-extérieur, arrivée et départ, tout est mêlé, entremêlé dans un gigantesque remuement de souffle. Un lyrisme se soulève en tempête. L'interprétation de Jean-Quentin Châtelain est magistrale. Un triomphe au Festival d'Avignon 2009 Mise en scène Claude Régy Scénographie : Sallahdyn Khatir Lumière : Rémi Godfroy, Sallahdyn Khatir, Claude Régy Son : Philippe Cachia Avec Jean-Quentin Châtelain Prochaines représentations : du 19 janvier au 4 février - Théâtre National de Strasbourg du 9 au 11 février - Lorient, Centre Dramatique De Bretagne du 8 au 20 mars - Paris, Théâtre de la Ville du 25 mars au 1er avril - Toulouse, TNT du 6 au 9 avril - Montpellier, Théâtre des Treize Vents du 20 au 23 avril - Villeneuve d'Ascq, La Rose des Vents du 27 au 29 avril - Belfort, Le Granit du 4 au 7 mai - Grenoble, MC2: du 19 au 21 mai - Comédie de Reims En savoir plus atelierscontemporains@gmail.com
| 6 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
La Solitude de la fleur blanche,
de Annelise Roux
Née quelques années après le retour de ses parents en France, qui ont vécu l'exil à l'envers (des Français d'Algérie condamnés à vivre dans le bordelais), l'auteur n'a pu que fantasmer ce pays, d'où ce livre. Mais le chemin – cette nécessité de faire de la littérature à partir des matériaux familiaux, historiques, locaux et littéraires – est long. Surtout quand on est à fleur de peau, écorchée vive. Ou quand (comme Frédéric Pajak) le père meurt dans un accident de voiture. Ou encore quand on est asthmatique ou alcoolique et qu'on se sent déclassé, « dépaysé » : le sentiment de culpabilité est d'autant plus fort. Mais la littérature a une fonction profondément résurrectionnelle et l'auteur le prouve. Pour s'immerger dans les mots qui lui paraissaient « la seule manière d'habiter justement le monde », elle mêle alors sa généalogie à une ascendance rêvée, « bouclier derrière lequel se construire, guérir des plaies de l'Algérie », écrit-elle. Ainsi ses deux grands-pères deviendront Beckett et Hemingway. Mais par-delà la solitude et la mélancolie surgit une force impérieuse : la puissance du récit. De cette déflagration jaillit la poésie qui réinvente toujours le réel : un lyrisme frappé, assumé – dans ce quelque chose de très direct, brut, cru, arraché, écorché et dans le même temps maîtrisé, sans pathos ni sentimentalisme. Puissant, oui. Pénétrant. Qui percute immédiatement et continue de résonner longtemps, comme une vodka, ce mélange du glacé et du liquoreux, suivi de l'alcool qui ensuite se diffuse en nous, longtemps.
Christophe Grossi
Sabine Wespieser éditeur, août 2009, 240 p., 20 €, ISBN : 978-2-84805-073-7
En savoir plus www.swediteur.com
| 5 octobre 2009 | |  | |
Anthologie de l’OuLiPo,
Edition de Marcel Bénabou et Paul Fournel
Fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais, l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) a d’abord mené une existence souterraine avant d’apparaître au grand jour, dans les années 1970, à travers plusieurs publications. Auréolé du prestige de son fondateur, et de quelques-uns de ses membres (Georges Pérec, Jacques Roubaud, Italo Calvino), il a acquis depuis deux décennies un statut nettement moins ésotérique et jouit même d’une certaine renommée, notamment dans le milieu enseignant. La grosse anthologie qui vient de paraître en « Poésie/Gallimard » rend compte d’un travail collectif de près d’un demi-siècle, tout en mettant l’accent sur l’apport de ses membres récents. Le lecteur familier des recherches initiales de l’Ouvroir (recueillies dans l’Atlas de littérature potentielle et dans les premiers volumes de la « Bibliothèque oulipienne ») constatera sans doute un certain déplacement, au fil des décennies, de ses perspectives de départ. Le petit cercle d’écrivains et de chercheurs qui réfléchissaient aux techniques de la littérature et travaillaient à leur accroissement (ce qui n’excluait ni l’humour, ni la gravité) a insensiblement cédé la place à un groupe d’animateurs enjoués, dont la logique correspond davantage à celle des prétendus « ateliers d’écriture » qu’à la création stricto sensu… Il n’en demeure pas moins qu’il y a à glaner, dans ce copieux ouvrage (en particulier dans la section « Sonnets et autres ») et que de nouvelles recrues comme Ian Monk ou Frédéric Forte apportent un peu de sang neuf à une équipe certes joviale, mais tout de même limitée dans ses ambitions. C’est l’esprit potache qui domine, au détriment de recherches plus sévères, comme celles de Michelle Grangaud ou de Michèle Métail (curieusement absente du volume). On peut, à divers titres, le regretter.
Yves di Manno
Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », mai 2009, 910 p., 10,90 €. ISBN : 978-2-07-035567-9.
En savoir plus www.gallimard.fr
| 2 octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Honecker 21
Jean-Yves Cendrey
Fils unique « ignare et ambitieux », enfant mal aimé, jeune cadre dynamique berlinois béni-oui-oui, mari se laissant modeler culturellement par sa compagne, Matthias Honecker a tout de l’homme sans qualité qui arpente nos sociétés pseudo libérales et postmodernes : terne et dépassé. Quand, à la recherche d’un lieu de débauche pour son patron il tombe amoureux de Kubain (une jeune femme sourde, « molle, aux seins tombant »), le masque de la lassitude tombe enfin et Honecker devient un autre homme : compulsif, exalté, proche d’exploser, comme si tout ce qu’il avait toujours contenu lâchait soudain. Son enfant vient pourtant de naître tandis que sa femme déprime. Mais rien y fait : Honecker s’enfonce dans la forêt. Là où son enfance resurgit, il se déleste de son présent factice et de sa frustration d’homme des Temps soit-disant modernes pour se laisser aller à ses fantasmes. Il achète alors un appartement dans la cité pensée par Le Corbusier, où habite Kubain. Mais le déménagement doit avoir lieu à l’aube d’une nouvelle année et c’est ce même jour que son patron tyrannique a décidé de réunir tous ses sbires et d’organiser un « dîner de motivation » près de la Baltique. Il n’a pas le choix et devra tout mener de front. Une nouvelle épopée « chaplinesque », fiévreuse et débridée, l’attend.
Juste, mordant et efficace, ce récit, outre de nous tendre un miroir représentatif de notre monde à l’envers, est servi par une très belle langue où les épreuves de ce personnage à matricule sont désamorcées par un comique de situation très maîtrisé.
Christophe Grossi
Actes Sud, août 2009, 224 p., 18,50 €, ISBN : 978-2-7427-8537-7
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 1er octobre 2009 | |  | |
Émilie Simon
Composé en grande partie à New York, le dernier album d’Emilie Simon « The Big Machine » sorti le 21 septembre dernier, se fait l’écho sonore de l’évolution intime de cette artiste particulière et atypique, portée par la plume de Graham Joyce qui signe la plupart des textes. Cuivres et enluminures électro contrastent avec la puissance terrienne du tandem basse-batterie et confèrent à l’album des sonorités résolument organiques dont l’influence de l’expérimentation live lors de la composition ne fait aucun doute. Emilie Simon a levé le voile sur sa nouvelle création le 17 septembre au Point Ephémère à Paris. 7 personnes sur scène 7 en tournée Contact : Christel Martinet / Corida Christel.martinet@corida.fr 00 33 1 49 25 82 82 120 boulevard de Rochechouart 75018 Paris
En savoir plus www.myspace.com/emiliesimonmusic www.emiliesimon.artistes.universalmusic.fr
| 1er octobre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Nouveaux Indiens,
de Jocelyn Bonnerave
C’est sous le signe de l’étrangeté que Jocelyn Bonnerave a choisi de placer son premier roman, très réussi, plein de surprises, qui joue habilement avec le sérieux et une forme de fantastique, tout en dressant des portraits qui gagnent en épaisseur et en mystère à mesure que le récit progresse. Le décor de Nouveaux Indiens est l’université de Berkeley, qui a produit beaucoup de prix Nobel et accueille aujourd’hui de nombreux SDF dans son parc de plusieurs dizaines d’hectares. En toile de fond se déroule la campagne présidentielle de 2004, où Bush apparaît stupide et Kerry arrogant. L’obésité, fléau national, occupe une place centrale dans la vie politique, et dans le roman. Un jeune anthropologue français entre dans cet univers, lisse en apparence, pour approcher Frank Firth qui défend des thèses originales sur l’art de communiquer sans parler quand on joue ensemble de la musique. Une affichette – « We miss you Mary »-, punaisée un peu partout, intrigue notre héros. Mary vient de mourir. Anorexique, danseuse, ethnologue, elle avait réalisé un excellent travail sur les Indiens Guayaki du Paraguay, anthropophages, avec son petit ami Barry, « trop intelligent » : ou pervers ? Une étrange dame au collier d’ambre livrera la clé de l’énigme, terrifiante mais crédible, car, on le rappelle à la fin, les Etats-Unis sont parcourus de fictions, contradictoires, dangereuses parfois. Comme de se laisser dévorer pour disparaître discrètement…
François Poirié
Éditions du Seuil, coll, Fiction & Cie, 170 p., 16 €
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 30 septembre 2009 | |  | |
Au voleur,
de Sarah Leonor
Isabelle enseigne, Bruno cambriole. Ensemble, ils commencent à croire qu'ils pourraient être heureux. Le jour où l’étau policier se resserre, il l’entraîne dans sa fuite. Au coeur de la forêt, ils se cachent et s’aiment, hors du temps, dans une tentative ultime de tenir éloignée la violence du monde.
Depardieu, bandit lumineux Au voleur est l'avant-dernier film à voir sur les écrans de Guillaume Depardieu. L'acteur est décédé un an avant la sortie du film en salles, en octobre 2008. Sa toute dernière apparition se fera dans « L'Enfance d'Icare ». La réalisatrice évoque son acteur principal : A Guillaume, j'avais demandé de se laisser aller à la lumière, à la forêt, de s'abandonner. Les discussions avec lui ressemblaient parfois à des matches de boxe, mais nous avions passé un pacte de confiance mutuelle. Ça nous a fait du bien à tous les deux. Guillaume était tout en paradoxes, lent dans sa vitesse, diabolique et tendre, chaotique et précis."
Premier larcin Au voleur est le premier long-métrage de Sarah Leonor , qui a réalisée ses autres films sous le nom de Sarah Petit. C'est donc Sarah Petit qui apparait au générique des moyens métrages L'Arpenteur, Le Lac et la rivière et du court métrage Les Limbes, mais il s'agit d'une seule et même personne.
Avec : Guillaume Depardieu, Florence Loiret-Caille, Jacques Nolot,
Sortie nationale : 30 septembre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29643/au-voleur
| 30 septembre 2009 | |  | |
La Vida Loca,
de Christian Poveda (documentaire)
On les appelle les Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur dans toute l'Amérique Centrale. Plongée dans les banlieues de San Salvador dans le quotidien des membres d'une armée invisible. Nouveau fléau mondial qui détruit par la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une jeunesse privée de tout espoir d'avenir.
Pour s'infiltrer dans la vie des Maras, le réalisateur a pris contact avec des " anciens pandilleros membres des gangs qui travaillent à la réhabilitation de leurs ex-compagnons d'arme. Deux d'entre eux sont des personnages du film ". Une fois sa présence admise au sein du gang, Christian Poveda n'a pas bénéficié de protection spéciale. Il avait seulement l'autorisation de la police pour travailler avec elle dans le secteur, mais aussi et surtout, l'aval des plus hautes instances du gang. Le danger était donc permanent. Une fin tragique Mercredi 2 septembre 2009, le réalisateur Christian Poveda est retrouvé mort au Salvador, tué par balles. Âgé de 54 ans, le cinéaste était en train de tourner un autre documentaire dans une banlieue contrôlée par les gangs. La Vida Loca était son premier documentaire a être diffusé en salles.
Sortie nationale : 30 septembre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/28712/la-vida-loca
| 30 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Des hommes
de Laurent Mauvignier
Comme Rabut ou Février, Bernard, a été appelé en Algérie dans les années soixante. Avant son départ il portait déjà un lourd passif (une petite soeur qu’il aurait laissé mourir) mais ce qu’il a vécu en Algérie (la peur qui l’a transformé en tueur) n’a rien arrangé ; l’échec de son couple n’a fait qu’empirer les choses et son retour au bourg l’a rendu dépendant des autres. Lorsqu’il choisit d’offrir une broche à l’une de ses autres soeurs pour son anniversaire, son geste ne plaît à personne et le ton monte rapidement. Alors soudain il s’en prend à un invité, un Algérien qui sans le vouloir va faire remonter à la surface quarante années de silence ainsi que tout un amas de non-dits, de ressentiments et de souffrances. Un demi-siècle plus tard, on se rend compte que dans ce bourg, où vivent ensemble des gens modestes et où l’équilibre ne tenait qu’à un fil, les fantômes de la sale guerre sont toujours là et qu’ils reviennent régulièrement hanter les protagonistes. « On pleure dans la nuit parce qu’un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même. »
Grâce à un beau sens du récit, à un souffle poétique noir et à une tension à la Faulkner, c’est tout un pan de notre histoire honteuse que Laurent Mauvignier a réactivé (l’imbécillité des hommes, la guerre, les tortures, les harkis sacrifiés, les jeunes appelés envoyés au casse-pipe…). Mais il réussit également avec une grande habileté à mêler à cette tragédie collective l’un des objets de ses obsessions : les drames familiaux, les secrets de famille et leurs non-dits.
Christophe Grossi
Éditions de Minuit, août 2009, 288 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-7073-2075-9
En savoir plus www.leseditionsdeminuit.eu
| 29 septembre 2009 | |  | |
« Fresque, femmes regardant à gauche »,
de Paco Decina
On retrouve dans la première partie de la pièce la rigueur et l’envoûtement propre au travail de Paco Decina. La très grand maîtrise des danseurs, la précision des lignes dessinées par les bras et les corps, alliées à une certaine épure nous transporte dans un univers que l’on retrouve assez rarement sur scène. Si l’on sort un moment de cette hypnose chorégraphique, il n’est pas toujours facile de s’en imprégner à nouveau. Il faut alors se laisser emporter par cette danse de l’apesanteur.
"Proche d’une expérience spirituelle, pour qui en a envie, sa danse ciselée et sculpturale déploie une chaîne de gestes qui nous relient les uns aux autres. L’apensanteur n’est jamais loin, l’hypnose non plus.... Entre intensité et retenue, les interprètes de Paco Dècina, souvent collaborateurs de longue date, cultivent une forme de modestie épatante. Leur transparence, leur façon de se faire oublier, résulte d’un talent vraiment immense”.
Rosita Boisseau, Télérama, 14 janvier 2009
En savoir plus http://cie.decine.free.fr
| 29 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Mon enfant de Berlin,
de Anne Wiazemsky
Après un passage remarqué au cinéma, Anne Wiazemsky, la délicieuse héroïne triste de Au hasard Balthasar dans le film de Bresson alors qu’elle était adolescente, s’est depuis consacrée à l’écriture. Avec Mon enfant de Berlin, la romancière née en 1947, nous livre une enquête biographique sur ses parents, fondée sur de larges extraits du journal intime de sa mère et des lettres que celle-ci écrivait à ses parents, sources largement citées. Il s’agit pour l’auteur de remonter aux origines de sa conception, c’est à dire à la naissance de l’amour entre ses parents. Le livre est centré sur le personnage de sa mère Claire, fille de l’écrivain François Mauriac, jeune ambulancière de vingt sept ans pour la Croix Rouge à Béziers en 1944, puis à Berlin dans l’immédiat après-guerre où elle suit les armées alliées dans une ville en ruine ; elle y rencontrera l’amour sous les traits du prince Yvan Wiazemsky. Cet officier français, issu d’une famille russe ayant fui la Russie bolchévique, sortait d’une captivité de cinq ans en Allemagne. Leur premier enfant, Anne, naquit dans Berlin dévasté, d’où le titre du livre. L’auteur nous dépeint sa mère comme une jeune fille sensible et courageuse, enthousiaste et mélancolique, en quête d’aventure et d’émotions, en interrogation permanente sur le bonheur : « Est-ce que l’on peut être complètement heureux ? Il faut toujours que quelqu’un souffre », tout autant tournée vers les autres et leurs souffrances que portée à l’introspection. Cette auto-analyse par une jeune-fille inquiète et plutôt solitaire, Claire, à la plume facile, complétée par sa fille Anne, s’inscrit dans l’univers mauriacien. Ce livre intimiste nous restitue par ailleurs le climat de cette époque troublée de l’immédiat après-guerre.
Dominique Fayolle
Gallimard, juin 2009, 256 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-07-078409-7
En savoir plus www.gallimard.fr
| 28 septembre 2009 | |  | |
London river,
de Rachid Bouchareb
Juillet 2005, un attentat terroriste frappe Londres. Ousmane vit en France, Elisabeth Sommers à Guernesey. Tous deux vont partir sur les traces de leurs enfants respectifs, étudiants à Londres, dont ils n’ont plus de nouvelles. Tout les oppose mais l’espoir de retrouver leurs enfants les rapprochera et changera à jamais leur vie.
Triste endroit pour une rencontre Le cinéaste précise ses intentions : "Mon film est moins sur les attentats mêmes que sur la rencontre qu'ils engendrent entre ces deux personnages. C'est ça qui est important pour moi, que ces deux personnes qui se rencontrent soient unies par le même problème, leur désir de retrouver leurs enfants respectifs. Et l'histoire se concentre sur ces deux personnes, un homme et une femme, ayant chacune un passé très différent mais qui ont les mêmes peurs, les mêmes angoisses. Il fallait une crise pour les réunir, et cette crise aurait pu être autre chose comme les attentats du 11 septembre, par exemple. « London rivrer » est d'abord un drame humain, sur la manière dont les gens réagissent à de tels événements, comment ils se trouvent dans un même endroit et se forgent leur relation."
Avec : Sotigui Kouyaté, Brenda Blethyn, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan
Festival international du film de Berlin - 2009 : - Ours d’argent du meilleur acteur : Sotigui Kouyaté
Sortie nationale : 23 septembre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/30021/london-river
| 28 septembre 2009 | |  | |
Tante Hortense
Après « Bien » et « Mieux », voici le dernier opus de Tante Hortense tout logiquement intitulé « Plus cher » sorti en mai dernier. Tante Hortense, subtile décoction du psychédélisme propre aux Tropicalistes brésiliens, de l’excentricité de Philippe Katherine et de la nonchalance minimaliste de Mathieu Boogaerts, transcende les détails du quotidien dans un mélange de rythmes chaloupés sur lesquels ondulent des textes aux contours surréalistes. Tante Hortense est en tournée à Sao Paulo dans le cadre de la Saison de la France au Brésil du 7 septembre au 9 octobre prochain.
6 personnes sur scène 6 en tournée
Contact : Christophe Béguin / Disques biens contact@lesdisquesbien.com / tantehortense@lesdisquesbien.com 34 rue de Picpus 75020 Paris
En savoir plus www.myspace.com/tantehortense http://www.lesdisquesbien.com/
| 28 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
La patience de Mauricette,
de Lucien Suel
Mauricette Beaussart naît en 1933 dans le nord de la France, près de la frontière belge. Après la guerre, sa mère meurt en mettant au monde son petit frère, qui se noiera sous ses yeux quatre ans plus tard, et son père se pendra peu après. La jeune fille tentera de surmonter ce destin hautement tragique et deviendra institutrice, mais le poids du passé, les images et les paroles qui la hantent vont peu à peu l’éloigner du monde et la reléguer dans l’espace asilaire. Sur le tard cependant, passionnée depuis toujours de poésie, elle entreprend d’écrire : soutenue par quelques amis – et une institution psychiatrique désormais plus tolérante – l’univers va enfin s’éclairer pour elle, par le truchement du langage. Entreprenant sur le tard lui aussi une carrière inattendue de romancier (après Mort d’un jardinier en 2008), Lucien Suel retrace la vie de son étonnante septuagénaire avec une pudeur, une sensibilité et une justesse d’écriture qui font toute la force de son récit. Alternant de brèves séquences qui recomposent de l’enfance à la vieillesse la vie de son héroïne et ses monologues intérieurs « délirants » – mais d’une beauté froide, limpide et envoûtante – son livre est d’abord le fascinant portrait d’une femme annihilée, qui va apprendre à survivre et découvrir une sorte de paix. C’est aussi un hommage à un monde qui disparaissait en même temps que Mauricette s’enfonçait dans sa réclusion. Comme l’œuvre antérieure de Suel (qui excède tout régionalisme, en dépit de sa forte identité locale), La patience de Mauricette témoigne d’une exceptionnelle qualité d’attention aux choses et aux êtres dans leur épaisseur matérielle, tout en évitant l’écueil du réalisme. Ce conte grave et poignant est aussi une beauté du monde.
Yves di Manno
Éditions La Table ronde, septembre 2009, 240 p., 18 €. ISBN : 978-2-7103-3145-2.
En savoir plus www.editionslatableronde.fr
| 25 septembre 2009 | |  | |
“Mem-brain strat 1”,
de Maria Donata d’Urso, solo
Le décor est constitué de barres métalliques reliées entre elles par de solides élastiques – formant ainsi une sorte d’échaffaudage instable. La danseuse, tel un fauve reposant sur une branche, est allongée - ou plutôt tient dans un équilibre incertain sur l’un des tubes et se déplace de l’un à l’autre dans des poses évoquant l’animal ou le végétal. Une vision peut être moins plastique que “Collection particulière”, mais plus mystérieuse, accompagnée par une musique électronique. CP
“Membrane : le mot évoque l’élasticité, la pulsion, un bord entre dedans et dehors. En biologie cellulaire, c’est le tissu mince qui envelope un organe, le lieu de passage entre milieu extérieur et intérieur. Pour prolonger sa réflexsion sur la peau – envisagée en tant qu’élément plastique et poétique – Maria Donata d’Urso est allée à la rencontre d’autre champs de savoir.”
Gilles Almavi pour les Rencontres Chorégraphiques internationals de Seine Saint Denis
Calendrier: - le 17 octobre 2009 dans le cadre du festival "c'est comme ça" de l'échangeur à Château Thierry - le 12 mars 2010 ( en cours ) Bilbao, Guggenheim muséum - en Avril 2009 dans le cadre du festival de concordance, dates et lieux à définir
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| 25 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
La Vérité sur Marie,
de Jean-Philippe Toussaint
Dans la foulée de Faire l’amour et de Fuir, Jean-Philippe Toussaint nous raconte une nouvelle histoire d’amour avec trois protagonistes dont le troisième personnage – le deuxième homme – n’existe qu’à travers son absence et surtout par sa mort. Le narrateur séparé de Marie, qu’il aime toujours, dont il a une « connaissance infuse » – « Je savais la vérité sur Marie », nous dit-il – la retrouve au moment de la mort de son éphémère amant supposé, la rejoint à l’Île d’Elbe où elle passe l’été dans la maison de son père, disparu l’été d’avant. Ils y vivent dans une proximité sensuelle sans accomplissement sexuel. Marie, en nouvelle Eve, aime vivre nue, plus par innocence que par provocation. La mort, celle de l’amant momentané, celle du père, celle des chevaux, rythme ce roman, véritable analyse de l’amour du narrateur pour Marie – l’amour comme mode de connaissance. Le climat d’intense sensualité du récit est exacerbé par une nature souvent déchaînée. Pour Jean-Philippe Toussaint, « il n’est jamais question que de cela dans la vie, en amour, en art » : « la main et le regard » de l’amant sur le corps de la femme aimée, du maître sur le cheval possédé. L’auteur utilise le cheval comme un catalyseur des relations humaines, qu’il s’agisse de l’étalon Zahir ou de la jument Nocciola, puisque c’est la mort des chevaux qui permettra enfin aux anciens amants de retrouver l’étreinte.
Dominique Fayolle
Les Éditions de Minuit, septembre 2009, 257 p., 14,50 €, ISBN : 978-2-7073-2088-9 Prix Décembre En savoir plus www.leseditionsdeminuit.eu
| 25 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
U-Boot,
de Robert Alexis
En janvier 1945, l’énigmatique et prestigieux commandant Koszalin embarque à bord du sous-marin U-823 pour une mission secrète de la plus haute importance, révélée par la suite : détruire la ville de Boston grâce à des missiles nucléaires. Ses hommes, les loups gris, « des vauriens qu’il aimait comme ses propres enfants » ont une confiance aveugle en lui. Or il va tenter d’envoyer délibérément le sous-marin et son équipage à sa perte car il refuse de détruire la ville ennemie, dans un « odieux massacre » qui aurait fait de lui, le soldat, un meurtrier. Koszalin va donc s’offrir volontairement à la mort, entraînant avec lui une partie de l’équipage. Mais le navire est sauvé par le narrateur qui en prend le contrôle et le conduit dans l’archipel de San Blas au large du Panama où il va découvrir la nature comme lieu idéal où pourrait s’épanouir une humanité d’avant la civilisation. Plutôt qu’à Rousseau, on songe à Leni Riefensthal, lancée après la chute du IIIe Reich sur les traces des Noubas. Avec un équipage désormais composé d’indigènes, le sous-marin part pour une nouvelle odyssée messianique dont l’ultime tentative de « guérir l’humanité » tournera court. R. Alexis nous offre avec U-Boot un roman philosophique qui, au-delà de la question de l’obéissance et du devoir développée autour du personnage de Koszalin, s’interroge avec le narrateur sur la destinée de l’espèce humaine et sur sa libération – « l’histoire réclamait des hommes » qui « serviraient bien au-delà des patries et des frontières au devenir de notre espèce, à sa libération ». Avec son lyrisme profus – « un seul instant durant lequel le monde jouissait de sa violence » – la narration enchaîne le lecteur à l’« œuvre abominable du vaisseau fantôme » ; en effet, le sous-marin apparaît comme un être à part entière : cette « machine » avec laquelle le narrateur noue progressivement une « alliance fantastique » est devenue « plus proche de [lui] qu’aucun être ne l’avait jamais été ».
Dominique Fayolle
José Corti, mai 2009, 191 p., 16 €, ISBN : 978-2-7143-1001-9
En savoir plus www.jose-corti.fr
| 24 septembre 2009 | |  | |
"Duetto 5, Toute ma vie j’ai été une femme",
de Leslie Kaplan et Rodrigo Garcia
"Deux femmes sur scène, debout, assises, courant, s’arrêtant, en tas, en vrac, en sac, parlent, se parlent, énumèrent, s’interrogent, se demandent, nous demandent, se jugent, se jaugent : mais c’est quoi? C’est vous, c'est nous, c’est depuis longtemps, c’est ici et maintenant. Deux femmes, mais «femme» n’est pas une catégorie ni un genre, c’est un point d’appui, concret, matériel, pour faire passer, faire circuler, des mots, des objets, des questions, des émotions. Ce qui circule, c’est l’abondance, tout ce surplus de la société, tout ce qu’on consomme, nourriture, sexe, spectacle, ce qu’on mange, ce qu’on se met, dans la tête, sur le corps, tous ces mots en trop, toute cette bêtise, toute cette pauvreté, toute cette absence, de quoi, de sens, de but, de liens, de rapports, de sentiments, toute cette présence en creux, tout ce vide qui déborde. Frédérique Loliée et Élise Vigier prennent la scène par le détail, minutieux, minuscule, majuscule, décalé, triste, terrible, et franchement comique, au présent, tout le temps au présent, avec des choses et des mots, concrets, en situation et en dialogue, et le théâtre vient de cette façon." Leslie Kaplan Conception et jeu Frédérique Loliée et Élise Vigier Conception vidéo Bruno Geslin Régie vidéo et caméra plateau Romain Tanguy et Bruno Geslin en alternance Les 05, 06 et 07 mars 2010 au Teatro Stabile d’Innovazione Galeria Toledo de Naples Les 09 et 10 décembre 2010 à 20h30 aux Colonnes de Blanquefort Photographie: Pascal Gély En savoir plus Coralie Barthélémy : coroba@club-internet.fr
| 24 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Géométrie d’un rêve,
de Hubert Haddad
« La solitude rend fou et Paris m’a tué », écrit le diariste de ce pseudo journal intime – roman géométrique et kalidéoscopique s’il en est. Parti s’exiler dans une vieille demeure du Finistère pour tenter d’oublier Fedora, qu’il a tant aimée et qu’il a, comme d’autres femmes avant elle, perdue, celui qui dit Je est un écrivain solitaire ; c’est aussi un être passionné et noir, morbide et lunaire, qui a goûté aux pensions et à la prison. « Responsable de la mort de son père haï », un gendarme autoritaire, il n’a pas connu sa mère, morte en couches – la figure maternelle sera donc celle de la grand-mère, personnage mythifié. Outre Fedora, la cantatrice qui refusait d’être aimée la nuit, on trouvera également une amante japonaise, Amaya, soumise au chantage par son frère, fils d’un yakusa et qui finira par la torturer physiquement et psychologiquement. D’autres figures tragiques traversent ce roman, dont certaines sont liées à la France sous l’Occupation. De sa grand-mère il a reçu le goût pour l’imaginaire et le rêve. De son poste d’observation breton il capte les ondes maritimes, les légendes et les histoires locales. Et, entre promenades et divagations poétiques, cet homme revient sur sa vie, par fragments, mais nous parle aussi de ses lectures (Dickinson, Shakespeare), d’opéra et de ses projets d’écriture (le roman contient des dizaines de romans possibles, des pièces de théâtre, des poèmes, des « palimpsestes de songes », qui disent la féconde imagination de cet homme brisé). Christophe Grossi
Éditions Zulma, août 2009, 416 p., 20 €, ISBN : 978-2-84304-485-4
En savoir plus www.zulma.fr
| 23 septembre 2009 | |  | |
"L’Oral et Hardi",
de Jean-Pierre Verheggen
D'abord un bain de foule, on serre les mains. On se fait acclamer pour aussitôt protester de sa modestie, gagner la tribune et s'y perdre en circonvolutions poétiques : L'Oral et Hardi, discours de campagne d'un éventuel non candidat probable. Portrait de l'artiste en Hercule de foire, le spectacle regroupe quelques grands textes étonnants de Jean-PierreVerheggen, ses odes homériques, ses harangues, ses transes linguistiques... Jacques Bonnafé incarne ce tonique poète contemporain de manière exceptionnelle! Conception, mise en scène et jeu Jacques Bonnafé Scénographie Michel Vandestin Lumière Antoine Gallienne et Orazio Trotta Musique Louis Sclavis
En savoir plus Site : www.compagnie-faisan.org Écrire : message@compagnie-faisan.org
| 23 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
L’Amour est un fleuve de Sibérie,
de Jean-Pierre Milovanoff
Quel thème romanesque plus traditionnel, voire banal, que la quête d’un père inconnu ? C’est pourtant celui qu’a choisi Jean-Pierre Milovanoff – auteur déjà reconnu pour, entre autres, L’Offrande sauvage (prix des Libraires 2000), La Mélancolie des innocents (prix France Télévisions 2002) ou encore Emily ou la déraison (2007), tous parus chez Grasset – comme fil rouge de son dernier livre où, une fois encore, passé et nostalgie occupent la première place. Le passé du personnage principal, Silvio, gardien d’un camping en Camargue, à la morte-saison, c’est l’hôtel de la Bélugue, qu’a tenu sa mère, une femme triste et belle. Les hommes succombent facilement à son charme. Des hommes très différents car, pour Milovanoff, seul le singulier en nous est important. L’un d’eux est forcément le père de Silvio qui va mener son enquête tardivement mais – et c’est là où le roman de Milovanoff impose toute sa force - comme sans y croire, continuant de vivre dans cette enfance qu’il n’a pas quittée, hanté par une musique lancinante, le blues, qui enveloppe cette histoire sans haine ni rancœur. Milovanoff a réalisé de véritables recherches sur le blues mais aucun didactisme ne vient polluer la pureté de la quête de Silvio, ce sage, cet éternel enfant, résolument du côté du Bien.
François Poirié
Grasset, août 2009, 192 p., 14,50 €, ISBN : 978-2-246-70951-0
En savoir plus www.edition-grasset.fr
| 22 septembre 2009 | |  | |
Violent days,
de Lucile Chaufour
En France, à Paris et au Havre, des rockers continuent de rêver à un pays qui n'existe pas: l'Amérique.
Rock et références Violent days mêle documentaire et fiction, pour rendre hommage au rockabilly, mais aussi de manière plus générale au cinéma qu'apprécie la réalisatrice, à travers les séquences de fiction. Ses personnages sont "devenus dans la "vraie vie" des faux héros de cinéma". Dans le film, on peut donc retrouver un plan hommage à Psychose, un plan hommage au film La Nuit ainsi qu'une référence à Meurtre d'un bookmaker chinois, un emprunt aux Désaxés et une séquence inspirée de Stromboli, l'un des chefs-d'oeuvres de Roberto Rossellini.
Avec : Serena Lunn, Frédéric Beltran, Franck Musard, François Mayet
Sortie nationale : 16 septembre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/26074/violent-days
| 22 septembre 2009 | |  | |
BHOLOJA (Swaziland)
Swazi-Soul
La musique de Bholoja est une intrigante combinaison d’afro-pop, de musique traditionnelle et d’afro-blues, matinée par sa passion pour son pays, le Swaziland. Il crée un style unique, la Swazi Soul. En plus de la singularité de sa musique, son registre vocal étonnamment riche et le thème de ses chansons en ont fait en quelque mois l’une des étoiles montantes en Afrique Australe. Sa musique parle de la société, va au cœur de la conscience de ceux qui l’écoutent. Avec son énergique charisme, sa voix et cette étonnante présence scénique, il aborde les sujets les plus sensibles avec un humour cathartique et touche le plus profond de chacun, lui permettant d’entendre que le changement est possible…
En France, il collabore avec le percussioniste franco-marocain Khalid Kounen.
23 septembre 2009 : diffusion émission « Couleurs du monde » de Françoise Degeorges – 22h30 à 00h00 – France MUSIQUE
FESTIVAL VILLE DES MUSIQUES DU MONDE 1er octobre : showcase « Coup de pousses » au CAP à AULNAY s/bois 26 octobre : 1ère partie de NIAZ (groupe electro-persan) à L’EUROPÉEN
En savoir plus contact : vt@culturesfrance.com
| 22 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
L’Arabe,
de Antoine Audouard
Antoine Audouard, avec une bonne dose de poésie, décrit dans son nouveau roman un monde noir où des minables individus frustrés élèvent leurs enfants à coups de torches dans la figure, pensant ainsi les éduquer. Nous sommes dans un village du sud de la France, dans la région de Giono peut-être, là où la désertification rurale pousse les habitants à vivre en vase clos, avec leurs habitudes, leurs rancoeurs, leurs préjugés. Soudain un vieux solitaire rend service à un copain : louer sa cave à un ouvrier récemment engagé à qui il n’a pas trouvé de toit. Sauf que cet ouvrier est berbère – un Arabe pour les villageois – et que ce dernier a décidé qu’en étant le plus discret possible, invisible, on ne fera pas attention à lui. Mais cette attitude échauffe les esprits et la curée peut donc commencer.
À mesure que l’auteur dénonce le racisme primaire, la haine de l’étranger, les violences bestiales et les vengeances aveugles, des images reviennent, celles de la ratonnade dans Dupont Lajoie d’Yves Boisset. On pense aussi à McCarthy et à Faulkner tant du côté de l’écriture élémentaire, habitée (mélange d’oralité et de lyrisme baroque) que pour l’univers apocalyptique, la brutalité des humains et leur violence autant intérieure (frustrations sexuelles, envie, jalousie, haine...) qu’extérieure (torture physique et mentale, massacre, viol...). Aussi parce que son personnage est « du mauvais côté au mauvais moment dans le mauvais pays. Parce que la peur domine et que tout le monde s’en fout, de l’injustice commise à un Arabe berbère ou pas. Parce que['il est] seul. »
Christophe Grossi
Éditions de l’Olivier, août 2009, 264 p., 19 €, ISBN : 978-2-87929-684-5
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 21 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
La Délicatesse,
de David Foenkinos
Le puissant directeur Charles aime sa collaboratrice, la belle Nathalie, qui aime toujours son mari François, mort subitement. On pourrait être dans une tragédie, certes moderne, mais le style – langage de tous les jours et maniement de l’humour – et l’irruption d’un personnage plutôt anodin – « aussi discret qu’un point-virgule dans un roman-fleuve de huit cent pages » – donnent le ton : nous sommes dans le registre de la comédie. Le texte, saturé de références littéraires, musicales, cinématographiques et picturales – David Foenkinos s’amuse à taquiner Malévitch avec un « carré blanc sur fond blanc » – qui pimentent le récit, construit par une juxtaposition de chapitres très courts, donne au lecteur l’impression de déambuler mentalement dans un film… de Truffaut par exemple, pour lequel l’auteur propose, d’ailleurs, une distribution de rôles. Même si David Foenkinos essaie de cerner l’amour et la douleur, « une façon permanente d’être déraciné de l’immédiat » nous dit-il joliment, la promenade cinématographique à travers la littérature et la peinture qu’il nous propose décline une gamme de sentiments en demi-teintes, allant du détachement à la nostalgie et même à la mélancolie avec sa couleur mauve. Ce roman en forme de jeu de l’oie, commençant par la case amour foudroyé et se terminant par la très convoitée case nouvel amour, propose au lecteur un divertissement tonique et subtil.
Dominique Fayolle
Gallimard, juin 2009, 208 p., 16 €, ISBN : 978-2-07-012641-5
En savoir plus www.gallimard.fr
| 19 septembre 2009 | |  | |
"Médée furieuse"
"Médée furieuse" est né du désir commun de l’ensemble Amarillis et de Stéphanie d’Oustrac de bâtir un programme autour de la figure de Médée, archétype de l’héroïne tragique baroque.
Héloïse Gaillard, hauboïste et directrice artistique de l’ensemble, a conçu un parcours original à travers cantates françaises, airs d’opéras et pièces de concert, variant et mariant les genres pour évoquer plus librement les différentes facettes du personnage, tour à tour magicienne, amoureuse et vengeresse.
L’an passé, une première série de concerts en France s’est conclue par un magnifique enregistrement paru chez Ambroisie et accueilli très favorablement par la critique.
Après son triomphe récent au Théâtre des Champs-Elysées dans le rôle-titre d’ "Armide" de Lully avec William Christie et Les Arts Florissants, Stéphanie d’Oustrac renoue la saison prochaine avec la figure complexe de Médée, insufflant cette même force dramatique à un programme dominé par la cantate de Louis-Nicolas Clérambault. La chanteuse, rayonnante, distille tout le venin d'une Médée délaissée par un Jason volage et l’ensemble Amarillis réussit à concilier tragédie-lyrique et musique de chambre.
Deux cantates françaises dont une inédite qui mettent en scène le personnage de Médée Nicolas Bernier (1665-1734) Cantate Médée (1703) Inédit Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) Cantate Médée (1er livre 1710)
Le personnage de Médée dans un opéra vénitien de 1675 et dans la tragédie lyrique de Lully de 1675 : Vision vénitienne et française du mythe au 17ème siècle Giovanni Gianettini (1648-1721) trois airs extraits de son opéra vénitien Medea in Atene (1675) INEDIT Jean-Baptiste Lully (1632-1687) deux airs extraits de sa tragédie lyrique Thésée dans laquelle apparaît le personnage de Médée datant de 1675 comme l’opéra de Gianettini.
Des pièces instrumentales de Michel de La Barre (1675-1745) extraites de la Suite en Mi mineur (troisième livre ) et de Gaultier de Marseille. Jacques Duphly (1715-1789) Médée pour clavecin ( 3ème livre 1758)
Effectif 4 musiciens & Stéphanie d’Oustrac flûte & hautbois, violon et basse continue (Héloïse Gaillard, Gilone Gaubert-Jacques, Anne-Marie Lasla et Violaine Cochard) Prochains concerts « Médée furieuse » 7 Août 2009 Festival de Lessay (Normandie) 27 août 2009 Festival de Sablé (Sarthe) Tournée en Allemagne en préparation à l’automne 2009
En savoir plus http://www.fevis.com/index.php?page=ensemble&fiche=amarillis
| 18 septembre 2009 | |  | |
"Je suis un petit pachiderme de sexe féminin",
spectacle dédié à Colette Magny
Claude Guerre met en scène ce récital délicat et délicieux, en rouge et noir et belles lumières. Pas d'autre décor que le piano et un clavier, pas d'autre élément scénique qu’un portrait de "la" Magny par Ernest Pignon-Ernest. Il nous dévoile le talent profond d'une jeune comédienne, Odja Llorca. En rouge, une superbe robe feu de Lorena, elle enflamme. En rouge, noir, bleu nuit (la mise en scène exige d'elle quelques acrobaties d'enfant), Odja reprend de très belles pages de Colette Magny d'une manière tout à fait personnelle. La complicité avec le magnifique musicien qu'est Dominique Massa est touchante. Claude Guerre les met en scène d'une main légère. Ce qui compte, ce sont les compositions de Colette Magny, les grands textes qu'elle aimait, qu'elle chantait de sa voix puissante. Elle avait surgi avec "Melocoton" en 1963. Une chanson culte. Toujours bouleversante et dont Odja Llorca donne une version subtile. Avec un timbre magnifique, l'émission est sûre, ample. Une grande chanteuse. Une comédienne fine. Et un juste toucher à l'accordéon. Conception et mise en scène Claude Guerre Lumière Emmanuelle Phelippeau-Viallard Avec Odja Llorca (chant) et Dominique Massa (pianos)
En savoir plus fgalmot@maisondelapoésieparis.com
| 18 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Duras, toujours,
de Dominique Noguez
Ami proche de Marguerite Duras, spécialiste passionné de son œuvre, Dominique Noguez publie un essai d’une grande diversité, très instructif, sans complaisance. Entre les livres parus sous pseudonymes pendant la guerre, où se font déjà entendre les célèbres répliques d’Hiroshima mon amour, et les inédits comme Caprice qui dessine une des visions durassiennes de l’amour – qui sera sublimée dans ce chef-d’œuvre qu’est Le Ravissement de Lol V. Stein, auquel un chapitre entier, travaillé à partir de manuscrits originaux de Duras, est proposé ici –, Noguez analyse, interroge, détaille et montre avec virtuosité et précision comment cet écrivain – qui surprend encore, avec sa pièce peu connue et désopilante, Le Shaga – a pu envoûter le monde entier. Un écrivain qui, à l’égal de Proust, savait poétiser les noms, la Réalité, et jusqu’à sa propre vie, qu’elle n’a cessé de réinventer, de reconstruire, d’écrire en somme. Duras, toujours est un ouvrage atypique, pluriel, personnel aussi où perce, dans certaines pages, une ironie affectueuse qui fera sourire ceux qui ont connu M. D., monstre sacré…
François Poirié
Actes Sud, septembre 2009, 140 p., ill. n. & b., 18 €, ISBN : 978-2-7427-8488-2
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 17 septembre 2009 | |  | |
KAREYCE FOTSO (Cameroun)
Afro-Folk
Kareyce Fotso est née en pays Bamiléké et fut élevé chez les Béti. Après des études réussies (bio-chimie et BTS audiovisuel), elle gagne le droit de s’adonner à sa passion, le chant. Elle débute dans les cabarets de Yaoundé et devient choriste. Elle se fait remarquer au sein du groupe Korongo Jam d’Erik Aliana par sa présence scénique et sa voix exceptionnelle.
En France, dans le cadre de sa résidence « Visa pour le création », elle travaille sous la direction artistique de François Kokelaere, qui, entre autres, dirigea l’Ensemble National des Percussions de Guinée et permis au groupe guinéen Wofa de se produire dans le monde entier.
De cette rencontre naît un spectacle en solo où Kareyce Fotso accompagnée par sa guitare, nous offre de jolies mélodies, blues ou plus rythmées, qui soulignent toute l’ampleur de sa voix. Une voix puissante, originale, teintée d’un voile légèrement éraillé issu du blues et de la tradition africaine. Tradition qu’elle n’oublie pas, s’accompagnant d’une sanza, d’un tambour de bois ou de sonailles. Les chansons sont parfois graves, parfois teintées d’humour, mais toujours empreintes d’émotions.
En septembre 2009, Kareyce Fotso représentera le Cameroun aux Jeux de la Francophonie à Beyrouth.
16 septembre 2009 : diffusion émission « Couleurs du monde » de Françoise Degeorges – 22h30 à 00h00 – France MUSIQUE
FESTIVAL VILLE DES MUSIQUES DU MONDE 6 NOVEMRE : 1ère partie Habib KOITE / MAGIC MIRROR AUBERVILLIERS 10/ NOVEMBRE : showcase « Coup de pousses » au centre Barbara Fleury La Goutte d’or
En savoir plus contact : vt@culturesfrance.com
| 16 septembre 2009 | |  | |
L’armée du crime,
de Robert Guédiguian
Dans Paris occupé par les allemands, l’ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d’un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu’ils aiment, celle des Droits de l’Homme. Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros. Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944. Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays. Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende.
Ensemble, c'est tout Robert Guédiguian revient sur les liens entre "l'Affiche rouge" et ses préoccupations d'aujourd'hui : "En fait, mon interrogation est liée au trouble dans lequel je suis par rapport à "l'hypothèse communiste", comme dit Alain Badiou. Le fait que cette hypothèse ne puisse se mettre en oeuvre dans un avenir relativement proche me gêne dans ma vie de tous les jours. Alors que j'avais un rapport très concret avec cette idée, celle-ci semble dans notre époque de plus en plus abstraite. Je crois néanmoins important de montrer aujourd'hui cet internationalisme. Ces juifs, Arméniens, Hongrois, Roumains, Polonais, Italiens et Espagnols qui se battent pour la même cause demeurent un exemple dans notre monde actuel d'inégalités criantes, de replis communautaires et religieux."
Avec : Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Grégoire Leprince-Ringuet, Robinson Stévenin, Lola Naymark, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin,
Sortie nationale : 16 septembre 2009
Robert Guédiguian dans le catalogue de Culturesfrance : Marie-Jo et ses deux amours (35 mm)
En savoir plus www.unifrance.org/film/29426/l-armee-du-crime
| 16 septembre 2009 | |  | |
Rien de personnel,
de Mathias Gokalp
La société Muller organise une réception à l'occasion du lancement d'un nouveau produit. Au cours de la soirée, on découvre qu'il s'agit en réalité d’un exercice de coaching pour les cadres de l'entreprise. Progressivement, les rumeurs sur le rachat prochain de la société vont bon train et chacun se retrouve à tenter de sauver sa place.
Sa petite entreprise Pour parler de la vie en entreprise, domaine qui n'est pas sa spécialité, Mathias Gokalp n'a rien voulu laisser au hasard et s'est beaucoup documenté. D'abord de manière littéraire. Il s'est notamment appuyé sur La misère du monde de Pierre Bourdieu, Les carnets d'un inspecteur du travail de Gérard Filoche, et le film La Voix de son maitre de Nicolas Philibert et Gérard Mordillat. Puis au moyen de rencontres, avec des représentants syndicaux, des consultants chargés de restructuration, à qui il posait des questions et faisait lire le scénario en préparation.
Avec : Jean-Pierre Darroussin, Denis Podalydès, Mélanie Doutey, Pascal Greggory, Bouli Lanners, Zabou Breitman, Frédéric Bonpart,
Sortie nationale : 16 septembre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29963/rien-de-personnel
| 15 septembre 2009 | |  | |
"La Prose du transibérien et la petite Jeanne de France",
de Blaise Cendrars
Mise en scène Balazs Gera Scénographie Giulio Lichtner Avec Mathieu Antajan, acrobate, Pascal Doudement, plasticien et Guillaume Gilliet, comédien
Quand le spectacle commence, quelques lueurs brillantes surgissent. Un bout de lune entrevu? Du plateau du spectacle, entre nocturne et diurne, va émerger une sphère transparente. L'oeil s'interroge. S'agit-il d'une roue géante aux rayons métalliques brillants sur lesquels sont hissés des hommes aux mouvements lents ? La rêverie commence, le regard est sollicité et plus tard l'ouïe capte la parole lumineuse du long poème de Cendrars. La poésie de ce texte simplement nous parvient, l'espace est ludique, joyeusement coloré. Trois comédiens circassiens.
En savoir plus Compagnie.b.gera@free.fr
| 15 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Anna la nuit,
de José Alvarez
Né en 1947, créateur des Éditions du Regard et spécialiste, notamment, des arts décoratifs et de l’architecture du XXe siècle, José Alvarez a choisi de construire son premier roman autour d’un personnage de femme, Anna, que la mort obsède au quotidien. Que peut le narrateur face à une telle souffrance ? Il ne peut qu’aimer Anna, plus que l’aider, et accepter ses crises d’angoisse d’une violence sans nom. Le roman de José Alvarez serait désespérant s’il n’y avait pas, aussi, la face solaire d’Anna, son infinie séduction, les grandes figures qui traversent le livre (Helmut Newton, Maria Callas) et l’amour de la peinture (celle de Francis Bacon par exemple) qui illuminent ces pages d’un noir extrême, celui de la tragédie grecque. Une sorte de double inversé d’Anna, Pauline, élégante, sans concession, apparaît et le narrateur vivra une passade avec elle. Il nouera également une relation intense avec un personnage hors normes, Jean-Marc/Joséphine, qui lui fera connaître des plaisirs singuliers. Mais c’est pour Anna, qui veut la mort et l’obtiendra, que le narrateur aspire à vivre la folie d’un amour absolu, celui qui fait douter de tout.
François Poirié
Grasset, septembre 2009, 218 p., 15 €, ISBN : 978-2-246-76061-0
En savoir plus www.edition-grasset.fr
| 15 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Démon,
de Thierry Hesse
Le journaliste Pierre Rotko, est « épris d'histoire et de politique internationale » et spécialiste des tragédies, des guerres ethniques et des catastrophes naturelles. Sa mère est morte depuis quelques années déjà et son père, la veille de son suicide, lui révèle ses origines juives-russes et l'histoire de ses parents, Franz et Elena, assassinés par les nazis. À partir des quelques éléments dont il dispose et d’un carnet retrouvé dans la poche de son père, Pierre décide alors de mener sa propre enquête et de partir à Grozny sur les traces de ses grands-parents, poussé par son « démon juif ». Blessé par balles il est rapatrié et hospitalisé en France ; là, grâce à ses notes, à celles de son père et aux ouvrages qu’il avale les uns derrière les autres, il se met à rédiger son propre livre. Dans ce roman épique où il n’hésite pas à mêler différents temps du récit ainsi que l’histoire et l’actualité, c'est une bonne partie du XXe siècle (« l'âge des extrêmes ») que Pierre revisite, mais vue cette fois depuis l'Est. Et, avec un sens aigu de la narration, il revient sur l’histoire de l’URSS, la liquidation des juifs du Caucase et leur passivité devant la volonté d'extermination nazie, la suppression des bolcheviques, le stalinisme, le patriotisme borné, la résistance atavique des Tchétchènes à l'autorité, le « coup de théâtre tchétchène » à Moscou ou encore le procès Tourneur à Caen. Derrière la tragique histoire familiale de Pierre ainsi que celle des dizaines d'autres personnages croisés, l'auteur mêle enfin une réflexion intense sur la question du mal : comment devient-on meurtrier et quel démon nous pousse au meurtre ?
Christophe Grossi
Éditions de l’Olivier, août 2009, 464 p., 20 €, ISBN : 978-2-87929-656-2
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 15 septembre 2009 | |  | |
//RENTRÉE LITTÉRAIRE 2009//
Cadence,
de Stéphane Velut
Par cette première œuvre littéraire, Stéphane Velut, par ailleurs neurochirurgien, nous propose un conte fantastique hallucinant et pervers qui explore les limites de l’humain. Nous sommes à Munich en 1933, le narrateur s’y voit confier une fillette à demeure pour en peindre une icône à la gloire du régime. Grâce à cette « petite », il va pouvoir, en assumant sa « rugosité », « franchir les limites » et assouvir ainsi ses souhaits les plus cachés et ses désirs les plus inavouables. Pygmalion inversé, il opèrera une réïfication de la fillette, progressivement transformée en automate : « Il s’agissait d’en faire une chose. Je ne voulais pas la faire souffrir, je voulais qu’elle n’ait pas de douleurs. » Le lecteur assiste, pétrifié, à une série de transformations : celle du narrateur en pseudo-démiurge, celle de la fillette en poupée mécanique et celle des citoyens allemands apparaissant progressivement avec un faciès animal. L’auteur développe une double métaphore : la fillette – blonde aux yeux bleus et à la peau de porcelaine – comme image réelle et idéale de l’Allemagne ; le narrateur – être malingre, insignifiant et timoré – petit planificateur insensé, peintre de son état, en reflet du dictateur. Ce conte cruel impose sa « cadence », sans doute à la fois celle du pas de l’oie et celle des automates, entraînant le lecteur jusqu’au tréfonds de la psyché humaine.
Dominique Fayolle
Christian Bourgois éditeur, août 2009, 193 p., 15 €, ISBN : 978-2-267-02046-5
En savoir plus www.christianbourgois-editeur.com
| 13 septembre 2009 | |  | |
LA BIENNALE DE LYON
La Biennale de Lyon figure parmi les biennales d’art contemporain les plus marquantes aujourd’hui.
Crée en 1991 par le Ministère de la Culture et la Ville de Lyon, elle est à présent la «Biennale française» et occupe une place de tout premier plan dans le monde l’art. Rendez-vous artistique incontournable, elle attire un public de plus en plus large (140 000 visiteurs en 2007). Elle fête en 2009 sa dixième édition. La prochaine Biennale de Lyon se tiendra du 16 septembre 2009 au 3 janvier 2010, dans plusieurs lieux de la ville de Lyon. Intitulée « Le spectacle du quotidien », elle sera conduite par Hou Hanru, Commissaire et Thierry Raspail, Directeur artistique. Les previews auront lieu les 14 et 15 septembre 2009.
Le projet artistique de la Biennale de Lyon 2009 « Le spectacle du quotidien » par Hou Hanru
Nous vivons dans la société du spectacle. Malgré ses effets aliénants sur notre vie et nos liens sociaux, elle est l’une des conditions fondamentales de notre existence. A l’époque de la globalisation ou de l’ « empire global » (Antonio Negri et Michael Hardt), il n’existe plus de « dehors » pour cette société du spectacle. Comment dès lors créer les conditions du nécessaire développement d’idées critiques, créatives, nouvelles, subversives ? C’est en s’engageant sur la question du quotidien que l’art contemporain peut retrouver son rôle social de force critique - et permettre à l’imagination de faire des propositions pour un monde meilleur. Le quotidien est depuis plusieurs décennies déjà désigné comme le champ le plus favorable à une possible reconquête de notre liberté face à l’ordre établi. A l’heure de la globalisation et de la crise, cette pensée retrouve toute son actualité. De plus en plus nous embrassons un monde reconstruit sur la complexité. La réinvention de nos pratiques quotidiennes est un aspect crucial de la fondation de cet ordre nouveau. C’est également le contexte le plus stimulant dans lequel l’art contemporain peut évoluer et obtenir une nouvelle pertinence. Car à l’heure de la globalisation, il ne suffit plus que l’art contemporain soit devenu un phénomène spectaculaire accepté par tout le monde sur notre planète. Il est important de montrer que des artistes et des communautés d’artistes en nombre toujours plus grand, venant des différentes régions du monde, interviennent sur le champ du quotidien pour en faire surgir de nouvelles formes et de nouvelles significations, des usages nouveaux. Leur ambition : réinventer l’ordinaire pour en faire quelque chose de spectaculaire, d’unique, afin de produire de nouvelles expressions de la complexité, de la diversité, de l’interactivité. Leur intelligence : utiliser les outils les plus efficaces (incluant les biennales) pour promouvoir leurs pratiques. C’est cette tendance que la Xe Biennale de Lyon va explorer et présenter.
Le spectacle du quotidien change à la fois le spectacle et le quotidien !
Hou Hanru – photo : Osama Dawod
En savoir plus http://www.biennale-de-lyon.org/
| 9 septembre 2009 | |  | |
36 vues du Pic saint-Loup,
de Jacques Rivette
À la veille de la tournée d’été, le propriétaire et fondateur d’un petit cirque décède brutalement. La troupe pour essayer de sauver la saison décide de faire appel à sa fille aînée Kate. Bien que cette dernière ait quitté le cirque depuis une quinzaine d’années, elle accepte à la surprise générale de mettre entre parenthèse ses activités actuelles et de les rejoindre. Le hasard met sur sa route un italien – Vittorio. Celui-ci, intrigué par la personnalité de Kate et passionné par la vie du cirque décide de les suivre un temps. Peu à peu il va s’insérer dans la vie de la troupe, au point de franchir le pas et d’entrer dans le spectacle. Mais surtout il va s’efforcer de percer le secret de Kate : pourquoi a-t-elle quitté le cirque autrefois, pourquoi a-t-elle accepté de revenir… A la fin de la tournée chacun reprendra sa route. Mais quelle route ?
Scène d'amour Jacques Rivette s'intéresse pour la première fois à l'univers du cirque, mais le monde de la scène, et plus particulièrement le théâtre, a toujours été au coeur de son cinéma. Il en est question dès son premier long métrage, Paris nous appartient puis dans plusieurs oeuvres marquantes telles L'Amour fou, L'Amour par terre, La Bande des quatre ou Va savoir.
Saint-Loup y es-tu ? Le pic Saint-Loup est une montagne du Languedoc, d'environ 650 mètres, située dans le département de l'Hérault. Le film a été tourné dans cette région, mais aussi, pour quelques scènes, dans les légendaires studios italiens de Cinecitta.
Avec : Janne Birkin, Jacques Bonaffé, Sergio Castellitto, Julie-Marie Parmentier, André Marcon,
36 vues du Pic Saint-Loup est présenté en Sélection officielle, en compétition, à la 66e Mostra de Venise, en 2009.
Sortie nationale : 9 septembre 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29640/36-vues-du-pic-saint-loup
| 7 septembre 2009 | |  | |
Non ma fille tu n’iras pas danser,
de Christophe Honoré
Depuis qu'elle s'est séparée de Nigel, Léna traverse la vie comme elle peut avec ses deux enfants. Elle triomphe avec vaillance des obstacles semés sur leur route. Mais il lui reste à affronter le pire : l'implacable bonté de sa famille qui a décidé de faire son bonheur.
Chère Chiara... A l'origine du film, il y a d'abord l'envie de Christophe Honoré de retravailler avec Chiara Mastroianni, qui tenait un second rôle dans Les Chansons d'amour. "J'ai eu dès lors la révélation d'une entente entre nous sur le jeu", explique-t-il. "J'avais déjà éprouvé ce sentiment une fois, lors de ma rencontre avec Louis Garrel, cette impression d'avoir trouvé quelqu'un de l'ordre du double, un porte parole. Tout de suite après Les Chansons d'amour, j'avais dit à Chiara : " Nous ferons un autre film ensemble, je ne sais pas quoi, je ne sais pas quand puisque je dois tourner La belle personne avant." Et il ajoute : "Sa prise de responsabilité d'actrice a été si forte qu'à un moment elle m'intimidait presque. Je sentais que pour elle, c'était important, qu'elle pensait, tiens pour une fois on m'offre un scénario où j'ai tout l'espace pour exister (...) Pour moi Chiara Mastroianni n'a pas été seulement une actrice essentielle, elle a été une partenaire idéale. J'espère que le film lui rendra ce qu'elle lui a donné."
Avec : Chiara Mastroianni, Marie-Christine Barrault, Marina Foïs, Jean-Marc Barr, Marcial Di Fonzo Bo, Louis Garrel
Sortie nationale : 2 septembre 2009
Christophe Honoré dans le catalogue de Culturesfrance : 17 fois Cécile Cassard et Les chansons d’amour
En savoir plus www.unifrance.org/film/29846/non-ma-fille-tu-n-iras-pas-danser
| 7 septembre 2009 | |  | |
Allégement,
de Hubert Lucot
Hubert Lucot circonscrit dans Allégement, comme dans ses autres textes récents, un espace personnel – au-delà de la Littérature – où il confie ses expériences, parfois douloureuses (ici, l’accident survenu à sa femme en novembre 2006, largement détaillé), son regard révolté et caustique sur les héros de la vie politique française actuelle ou encore ses réflexions philosophiques sur l’être et le temps, et la douceur de la réminiscence. La phrase de Lucot glisse, limpide et lumineuse, et nous le suivons avec plaisir dans ce Paris qu’il aime tant, où Tout est bon à observer, à savourer. Hubert Lucot décrit, déchiffre, se laisse séduire, sans nier le sentiment tragique qui s’empare de lui par moments, quand il se sent brutalement exclu, du 16e arrondissement de sa jeunesse par exemple. Dans cet « espace à soi », libre et tendu à la fois, qu’est ce dernier livre, Lucot accorde une large place à l’étreinte sexuelle qui, lorsqu’il la découvrit pour la première fois, jeune adulte, fut un renouvellement du Tout qui lui avait déjà été donné. Allégement confirme, s’il le fallait, qu’Hubert Lucot est l’auteur d’une œuvre majeure, inventive et généreuse, de notre époque.
François Poirié
P.O.L, avril 2009, 166 p., 17 €, ISBN : 978-2-84682-305-0
En savoir plus www.pol-editeur.fr
| 5 septembre 2009 | |  | |
Des hallalis dans les alléluias,
de Marcel Moreau
Depuis son premier livre, Quintes (1963), salué par Jean Paulhan pour son « étrangeté intenable », Marcel Moreau a publié plus d’une quarantaine d’ouvrages sans trouver, ni chercher, une place précise dans le paysage littéraire. Il croit en la puissance verbale qui serait une libération de soi, et ses lecteurs – nombreux, mais discrets – se retrouvent dans cette « morale ». Une « morale » que guident le refus radical de la vulgarité de l’époque et un instinct « électrisé » qui produit une écriture à la fois excessive et rigoureuse, ouverte aux autres et à la vie. Dans Des hallalis dans les alléluias, Marcel Moreau nous livre, à l’approche de la grande vieillesse – il est né en 1933 en Belgique – une confession intime qui est aussi une analyse lucide de son parcours d’écrivain accompli. Nous ne pouvons trouver que pleinement sympathique cet homme d’exigences et de combats, pour qui « le drame serait de vieillir sereinement, dans l’acceptation de ce qui est ». Qu’il se rassure : une saine colère et une indignation de tous les instants animent ces pages écrites dans une langue au rythme fougueux. Lui qui déplore que la Liberté se porte si mal, défend, avec sa belle énergie langagière, une liberté intérieure étrangère à toutes les compromissions.
François Poirié Denoël, mars 2009, 348 p., 22 €, ISBN : 978-2-207-26121-7 En savoir plus www.denoel.fr
| 4 septembre 2009 | |  | |
"Éloge du Poil", Compagnie Bal, Jeanne Mordoj
Un parcours commencé à 13 ans l’amène à singulariser ses deux principales techniques, contorsion et manipulation d’objets. Jeanne Mordoj connaît ses premières tournées à 18 ans avec le Cirque Bidon. Elle expérimente la rue avec la compagnie de rue La Salamandre entre 1990 et 1998. En 1993, avec le jongleur Vincent Filliozat (membre fondateur du Cirque Plume) et le musicien Bertrand Boss, elle crée le Trio Maracassé. Elle participe entre 1995 et 1997 au groupe de recherche le GR12 avec la compagnie Jérôme Thomas. Entre 2002 et 2006 avec la compagnie Cahin Caha, il y a le cabaret Imprudent avec Arthur H, puis la création du spectacle Grimm sous chapiteau. En 2000, Jeanne Mordoj crée son premier solo, 3 p’tits sous, mis en scène par Vincent Lorimy et Jérôme Thomas, portraits de femmes fortement inspirés des voyages. En 2001, deuxième solo, Chez moi, pièce d’extérieur pour une femme et une caravane mis en scène par Vincent Lorimy et Gulko, commande du centre des Arts du Cirque de Cherbourg et de la Grande Halle de La Villette dans le cadre du projet "les baraques".
Ce troisième solo de Jeanne Mordoj, l’"Éloge du Poil", a été créé à la suite d’une résidence Villa Médicis Hors Les Murs en 2006. Après avoir parcouru pendant quatre mois la République Tchèque, La Pologne, la Hongrie et la Géorgie à la recherche de la "femme à barbe", Jeanne Mordoj revient avec une histoire brutale et douce à la fois. L’illusionnisme des baraques foraines, la ventriloquie et le sujet millénaire de la femme poilue ressurgissent dans ce spectacle avec des accents résolument modernes. Jeanne Mordoj aborde, sur le thème de la pilosité, le sujet de la mort avec humour et détachement. Le cheveu, la barbe, le poil comme une pousse anarchique et désordonnée fait front contre le plat, le lisse et l’absence de défaut : le squelette d’un blaireau moqueur, marionnette qui raconte sa mort dans l’orgie et la goinfrerie, le jaune d’œuf qu’elle fait courir sur sa peau, à qui elle laisse un semblant de vie en le faisant voyager avec des gestes habiles et qui ne naîtra pas, les bambous qu’elle fait s’envoler sont autant d’objets inertes à qui elle donne vie le temps d’un spectacle.
26 et 27 novembre : Théâtre Jean Lurçat - Aubusson
www.ccajl.com 10 et 11 décembre : Scène nationale 61 - Mortagne
www.scenenationale61.com 9 et 10 janvier : Nuithonie - Villars sur Glâne - Suisse
www.nuithonie.ch 20 et 21janvier : Théâtre Hexagone - Meylan
www.theatre-hexagone.eu 24 et 25 janvier : La Ferme du Buisson - Noisiel 29 et 30 janvier : Espace Rohan - Saverne
www.mairie-saverne.fr 12 et 13 février : Le Vivat - Armentières
www.levivat.net 25, 26 et 27 février : L'Espal - Le Mans
www.theatre-espal.net 3 mars : Le Trident - Cherbourg
www.trident-sn.com 28 et 29 avril : L'Estive - Foix
www.lestive.com 4 au 31 mai , relâche les 8, 9, 10, 15, 16, 21, 22, 23, 24, 28 et 29 mai : Théâtre de la Bastille Paris
www.theatre-bastille.com
En savoir plus http://www.elogedupoil.com/
| 3 septembre 2009 | |  | |
Xavier Veilhan au château de Versailles
Comment s’insérer dans un ensemble architectural et paysager aussi symbolique que celui de Versailles? Xavier Veilhan en a fait une œuvre-exposition offerte à tous et principalement installée dans les espaces de circulation du château et du parc. Il s’est permis de mettre en scène un nouveau tableau dans l’écrin parfait de Louis XIV, une trajectoire fluide et dynamique concentrée sur les rapports d’échelle, les équilibres.
Une promenade scénographiée, qui se déploie en séquences nourries du génie des lieux :
-Le plan -Le carrosse -La femme nue -Le gisant, Youri Gagarine -Le mobile -Light machine -Les architectes -Le jet d’eau
L’exposition a lieu du 13 septembre au 13 décembre 2009 dans la cour d’honneur, la cour royale, les escaliers Gabriel et de la reine, et les jardins du château de Versailles. La Fiac se déroulant du 21 au 25 octobre et la biennale de Lyon du 16 septembre 2009 au 3 janvier 2010, les postes pourraient envisager des voyages de professionnels étrangers pour visiter ces événements.
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| 2 septembre 2009 | |  | |
Les derniers jours du monde,
de Jean-Marie et Arnaud Larrieu
Alors que s'annonce la fin du monde, Robinson Laborde se remet peu à peu de l'échec d'une aventure sentimentale pour laquelle il s'était décidé à quitter sa femme. Malgré l'imminence du désastre, et peut-être pour mieux y faire face, il s’élance dans une véritable odyssée amoureuse qui l’entraîne sur les routes de France et d’Espagne.
Apocalypse now Arnaud Larrieu précise ses intentions : "On est parti de la fameuse idée selon laquelle on voit défiler sa vie avant de mourir... C'est à la fois Robinson qui revisite son passé, mais aussi les lieux qui redeviennent primitifs, d'où l'allusion aux grottes préhistoriques qui servent à nouveau d'abris. Les " dernières fois " rejoignent les " premières fois ". Les derniers survivants, Robinson et Laetitia, meurent nus tels Adam et Eve (...) "L'état de fin du monde exacerbe un sentiment romanesque. Confrontés à la catastrophe, les personnages se posent des questions nouvelles. Que faire ? Avec qui ? Pourquoi ? Tout à coup, un destin surgit, de vieux désirs enfouis. Certains, qui ont donné un sens à leur vie, veulent la prendre en main jusqu'au bout, parfois par le suicide. L'apocalypse transforme les êtres et les corps."
Avec : Mathieu Amalric, Catherine Frot, Karin Viard, Sergi Lopez, Clotilde Hesme,
Les frères Larrieu dans le catalogue de Culturesfrance : Un homme un vrai (copies 35 mm)
Sortie nationale : 19 août
En savoir plus www.unifrance.org/film/29864/les-derniers-jours-du-monde
| 1er septembre 2009 | |  | |
Mémoire d'un fou d'Emma,
Alain Ferry
Fou de douleur et de jalousie parce que sa compagne Éva vient de le quitter pour un marin, le narrateur – pour tenter de ne pas trop sombrer et « entendre quelque chose à [son] échec » – relit pour la énième fois l'histoire de « la Bovary ». Et les essais sur ce roman. Et les autres livres de Flaubert. Et d'ailleurs tout autre support (livre, film, article) dans lequel, de près ou de loin, il pourrait être question d'elle. Car s'il aime encore son Éva, le narrateur est également fou d'Emma Bovary et (mauvaise foi oblige) il ne laissera personne la critiquer, sauf si les propos sont admirablement argumentés. De son échec amoureux et de ses lectures, ce narrateur obsessionnel tente alors de donner une forme à son roman-essai-mémoire-journal très stylé dans lequel il utilise constamment le « nous » pour parler de lui. S'ensuit une réflexion jubilatoire sur l'amour, l'ennui, la littérature, le sexe, la fantasmagorie, l'âme et le corps d'Emma. Afin de saluer l'autodidacte qu'il est, Alain Ferry convoquera et citera dans son roman nombre d'écrivains et de réalisateurs. Manière élégante de célébrer le discret, le solitaire, celui qui se plonge dans les livres, se perd dans le labyrinthe de la pensée et de la langue, qui remonte à la surface pour recopier dans un carnet les phrases qui lui plaisent et prend un bonheur infini à les relire, à se les réciter. Par exemple : « Pyrograver ça sur une poutre de notre bureau : N'ENTERRE JAMAIS L'IDEE QUE L'AMOUR EXISTE EN TANT QUE REALITE DANS LE MONDE DES HUMAINS. »
Christophe Grossi
Éd. du Seuil, coll. « Fiction & Cie », mars 2009, 272 p., 21 €, ISBN : 978-2-02-094510
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 1er septembre 2009 | |  | |
Le mont analogue
Jean-Michel Alberola, Jean-Marc Bustamante, Fabrice Hyber, Jean-Luc Moulène, Xavier Veilhan. Dans le cadre des manifestations organisées par Culture France à l’occasion du 200ème anniversaire de l’indépendance des Pays de l’Amérique du sud et du « Primer Grito » du 10 août 1809 – première insurrection équatorienne – « Le mont analogue » réunit les œuvres de 5 artistes français au Musée métropolitain de Quito, en Équateur, du 11 mars au 18 avril 2010.
Conçue collectivement, l'exposition est une tentative d'écriture de groupe composée de 5 sélections d'œuvres phares qui ont fait la réputation de ces artistes parmi les plus importants en France.
Superficie de l'exposition : environ 400 m² Transport : environ 15 pièces par artiste soit un total de 60 pièces (sculptures, peintures, photographies, vidéo). Les œuvres sont toutes en provenance de Paris et il existe une caisse pour chaque pièce. Volume : environ 50 m3. Voyages : 6 AR Paris – Quito et une semaine sur place (deux œuvres in situ : une fresque de Jean-Michel Alberola et une peinture au sol de Fabrice Hyber) Itinérance : les artistes ont donné leur accord pour la prolongation de l'exposition dans d'autres villes d'Amérique latine à parir de la fin avril 2010. Serait à prévoir : Le Transport régional par route ou avion, le déplacement du commissaire et éventuellement d'un ou deux artistes pour réinstallation et adaptation de l'exposition.
En savoir plus Contact : studio@jmbustamante.com
| 29 août 2009 | |  | |
Parution de l’ouvrage Afrique danse contemporaine
Il y a vingtaine d’années, apparaissait en Afrique une nouvelle forme de danse. Depuis, les danseurs et chorégraphes du continent ont exporté leur travail dans le monde entier. Un phénomène dont on entend parler et qui désormais est mis en mots.
Le chorégraphe burkinabé Salia Sanou a choisi de retracer dans cet ouvrage édité aux Éditions du cercle d’art en partenariat avec le Centre National de la Danse et CULTURESFRANCE "l’ascension spectaculaire de la danse contemporaine en Afrique" tout en évoquant son parcours personnel.
Des premiers spectacles aux premières réponses, Salia Sanou propose ici ses réflexions sur de récentes écritures chorégraphiques. Fortement impliqué dans ce mouvement par ses rôles en tant que directeur artistiques des biennales "Danse l’Afrique danse/Sanga", par la création du premier centre de développement chorégraphique au Burkina Faso, la Termitière, par son rôle en tant qu’artiste engagé au sein de sa propre compagnie, il a su déceler les enjeux de la danse contemporaine en Afrique et analyser quels sont les prochains défis qu’elle pourra relever.
L’auteur a également fait appel à d’autres chorégraphes, pionniers comme lui, qui ont posé un regard sur ces questions et qui nous livrent leur vision de cette danse. Une vision également relayée par les photographies d’Antoine Tempe qui illustrent magnifiquement l’ouvrage.
En savoir plus http://www.cercledart.com/catalogue_ouvrages/9782702208861_afrique_danse_contemporaine
| 27 août 2009 | |  | |
Le Quatuor Ebène grave un disque Ravel Debussy Fauré. Magistral !
Parmi les révélations françaises de ces dernières années, le Quatuor Ebène est la formation dont l’ascension a peut-être été la plus fulgurante. En seulement quelques années, depuis son succès au prestigieux Concours international de l’ARD en 2004, il est passé d’un jeune ensemble prometteur, à un quatuor de renommée mondiale, invité par les plus grandes scènes européennes et partenaire en musique de chambre des musiciens les plus réputés. C’est avec le même succès que l’ensemble a gravé deux excellents disques monographiques parus chez Mirare (Haydn, Bartok).
Aujourd’hui, le quatuor nous fait le plaisir de s’attaquer à l’enregistrement de trois chefs d’œuvres français et rappelle ainsi à ceux qui n’ont pas encore eu la chance de l’entendre en concert quels ravissements renouvelés ces pièces cent fois entendues sont encore capables de nous procurer.
À peine sorti des entrepôts de leur tout nouveau label Virgin Classics-EMI avec qui ils viennent de signer une exclusivité, le disque a été littéralement acclamé. Véritable phénomène médiatique en France et à l’étranger (Editor’s Choice de Gramaphone, Choc du Monde de la Musique, ffff Télérama, Disc of the week dans le Times, Editor’s Choice de Gramophone…), les critiques mettent unanimement en évidence "le nerf, la personnalité et l’âme du son", une interprétation à la "verticalité exemplaire, intonation irréprochable, la sensibilité fébrile sans complaisance, l’équilibre subtilement intense entre la souffrance et la passion", bref, "un quatuor très doué qui a quelque chose d’urgent et de particulier à communiquer."
La sortie de ce disque exceptionnel est accompagnée de nombreux concerts en France et à l’étranger, offrant de nombreuses occasions d’entendre un quatuor aussi fougueux et sensible sur scène qu’au disque.
Quelques dates pour vous permettre de les entendre :
En France : 2 novembre 08 Paris Théâtre du Châtelet Fauré Debussy 18 novembre 08 Le Duo, Dijon Debussy Fauré Ravel 29 janvier 09 MC2 Grenoble Debussy Fauré Ravel 6 mai 09 Lyon, Salle Molière Debussy-Ravel (avec Isabelle Moretti, Magali Mosnier, Nicolas Baldeyrou)
À l’étranger: 9 novembre 08 Londres, Wigmore Hall Fauré Debussy 14 janvier 09 Herkulessaal, Munich Haydn Fauré Schubert 24-25-26 janvier 09 Bozar, Bruxelles Haydn Fauré Debussy Ravel 16 février 09 Venise Fauré Bartok Debussy 28 février- 1er mars 09 Wigmore Hall, Londres (RU) Haydn- Beethoven 13 mars 09 Wash DC Library of Congress Debussy-Fauré, Ravel 20 mars 09 Weill Recital Hall, Carnegie Hall, New York Mozart-Brahms-Ravel 16-18 avril 09 Concertgebouw Amsterdam Haydn-Fauré-Schubert
En savoir plus http://www.quatuorebene.com/fr/article/page/resume http://www.emiclassics.com/artistdiscography.php?aid=136 http://www.solea-management.com
| 26 août 2009 | |  | |
Un prophète,
de Jacques Audiard
Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena, ne sait ni lire, ni écrire. À son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des " missions ", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...
Ce qui intéressait Jacques Audiard et son co-scénariste Thomas Bidegain dans le scénario d'Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, "c'était la proposition d'un film de genre contemporain, dans un décor peu ou pas traité, la prison, et emmené par un héros vraiment nouveau dans le cinéma. Nous voulions fabriquer des héros à partir de figures que l'on ne connaît pas, qui n'ont pas de représentation iconique au cinéma, comme les Arabes par exemple. En France, le cinéma a tendance à les mettre en scène uniquement dans des représentations naturalistes et sociologiques. Or, nous voulions faire un pur film de genre, un peu à la manière du western qui a mis en lumière des visages que l'on ne connaissait pas et qui les a transformés en héros."
Avec : Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, Reda Kateb, Hichem Yacoubi, Jean-Philippe Ricci,
Un prophète a remporté le Grand Prix du 62ème Festival de Cannes dont le Jury était présidé par Isabelle Huppert.
Sortie nationale : 26 août
En savoir plus www.unifrance.org/film/29603/un-prophete
| 24 août 2009 | |  | |
Entre les bruits,
de Belinda Cannone
Jodel – ingénieur en physique des sons pour la police scientifique – aspirait à la tranquilité. Mais il comprend rapidement qu'il est aussi impossible de passer entre les bruits (la rumeur du monde) que de filer entre les gouttes. Et les trois rencontres qu'il va faire coup sur coup l'obligeront à sortir de la bulle factice qu'il s'était créée. Jeanne d'abord, 12 ans. Comme lui, elle est hyperacousique. Cette faculté d'entendre très distinctement ce que les autres n'entendent pas peut s'avérer être un avantage mais il peut être parfoit gênant voire handicapant de percevoir des choses qu'on n'aurait jamais dû entendre. Et comme Jeanne a également peur de ce qu'elle entend sans voir, Jodel se propose de lui d'apprendre à écouter vraiment et à moins souffrir de sa différence. La mère de Jeanne est compositrice de musique contemporaine sensuelle. Il en tombe amoureux. Entre eux commence alors une drôle de danse de l'amour. Oulan, lui, prétend être Monghol et squatte une usine désaffectée avec d'autres marginaux, ce que Jodel appelle la « zone de chute » ou le « creuset du désordre général » et qui est une microsociété politique, un melting pot où se côtoient Chinois, Arabes, Russes, Indonésiens… Jouant avec les anadiploses et mêlant les genres littéraires, cette œuvre, derrière son apparente légèreté de faux polar, est un réjouissant roman d'apprentissage et d'initiation aux sons (silence et bruits), à la musique, à l'amitié, à l'érotisme, à la politique, à la religion et à l'écologie.
Christophe Grossi
L'Olivier, mars 2009, 272 p., 20 €, ISBN : 978-2-87929-672-2
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 16 août 2009 | |  | |
Himmler et la solution finale. L’architecte du génocide,
de Richard Breitman
Le grand débat historiographique entre intentionnalistes et fonctionnalistes s’est cristallisé autour de la question de la « Solution finale ». La politique d’extermination systématique a-t-elle été la résultante des intentions d’Hitler ou de la logique endogène des institutions du régime nazi ? On en oubliait le rôle d’un second d’Hitler, Heinrich Himmler qui, chef de toutes les polices allemandes en 1938, devient ministre de l’Intérieur du Reich en 1943. Richard Breitman, professeur américain, rédacteur en chef de la revue du Mémorial de la Shoah des États-Unis, livre ici une étude très documentée et éclairante qui révèle les rôles complémentaires joués d’un côté par Hitler au plan de la politique à mener vis-à-vis de juifs, et de l’autre Himmler, bureaucrate sourcilleux et ordonnateur de son exécution, tout en dissimulant, édulcorant les aspérités de la barbarie de l’entreprise. Le caractère délibéré de l’extermination est cette fois très étayé, davantage encore que celle de Gerald Fleming qui avait déjà réfuté l’idée selon laquelle seule l’improvisation avait conduit à la « Solution finale ». L’auteur a exploré une énorme masse de documents concernant Himmler, réussissant à percer le soin d’opacité qu’il a mis à cacher tout ce qui le concernait et aboutit à montrer comment Himmler et avec lui les SS ont pris le contrôle de la politique à l’égard des juifs. Réconciliant les tenants des deux thèses, l’auteur présente Himmler, non comme un sadique, mais comme un idéologue animé par la haine raciale et une volonté de planification efficace : « Himmler fut le bureaucrate par excellence. » On l’aura compris, un livre avec lequel il faudra compter pour historiser la Shoah.
François Dosse
Calmann-Lévy/Mémorial de la Shoah, mai 2009, 400 p., 23,90 €, ISBN : 978-2-7021-4020-8.
En savoir plus www.editions-calmann-levy.com
| 12 août 2009 | |  | |
Le roi de l’évasion,
d'Alain Guiraudie
Armand Lacourtade, 43 ans, vendeur de matériel agricole, ne supporte plus sa vie d’homosexuel célibataire. Quand il rencontre Curly, une adolescente qui n’a pas froid aux yeux, il vire de bord. Pourchassés par tous, ils bravent tous les dangers pour vivre cet amour interdit. Ils finissent par créer un drôle de couple. Mais est-ce vraiment de ça dont Armand avait rêvé ?
Désordre des désirs Avec cette histoire d'amour peu banale, le réalisateur poursuit sa chasse aux conformismes. "Le film est contre l'idée que chacun est à sa place et doit y rester", souligne Alain Guiraudie. "Donc contre l'ordre établi. On a déjà vu le personnage de l'hétérosexuel qui un jour se lâche et goûte à l'homosexualité... Je me suis demandé ce que ça donnerait si on faisait l'inverse. Et avec un écart d'âge conséquent entre les deux protagonistes. Du coup, on a affaire à deux héros atypiques : un homosexuel d'une quarantaine d'année, en crise, et une jeune fille passionnée qui lui court après. On est dans la situation extrême d'un couple qui vit un amour interdit (...) Sauf que le héros est largué et qu'il ne sait pas vraiment ce qu'il veut, ce qui donne lieu à des situations très drôles dans son rapport au monde et à l'autre."
Avec : Ludovic Berthillot, Hafsia Herzi, Pierre Laur, Luc Palun, Pascal Aubert, François Clavier, Bruno Valayer, Jean Toscan
Sortie nationale : 15 juillet
En savoir plus www.unifrance.org/film/29732/le-roi-de-l-evasion
| 11 août 2009 | |  | |
Dictionnaire amoureux des langues,
de Claude Hagège
Au cours de cette « promenade sentimentale », comme appelle joliment Claude Hagège ce volume de sept cents pages, de très nombreux thèmes – parfois surprenants, telle la présence durant des siècles de Juifs parlant l’hébreu… en Chine – sont abordés avec finesse, précision et passion. Claude Hagège, professeur au Collège de France, n’a rien perdu de sa faculté d’étonnement et de ses capacités de chercheur. Impossible, bien évidemment, de détailler un ouvrage si ample. Nous insisterons donc sur des sujets qui touchent particulièrement Claude Hagège, comme, par exemple, la « beauté » des langues, souvent dédaignée par les linguistes. Hagège est vivement séduit par le hongrois et le russe, et compare l’italien avec le japonais et l’indonésien. Une langue qu’il juge difficile – et cela surprendra –, c’est… l’anglais ! Parce que c’est une langue hybride (celtique, germanique et latine à la fois). D’autre part, sa phonétique est très ardue. Quant à sa grammaire, elle est d’une rare complexité. L’orthographe anglaise est, elle, « aimablement anarchique », à l’image de la française, réputée si difficile. Le thème récurrent de la réforme de l’orthographe, dont la plus récente date de 1990, Claude Hagège en parle en souriant, rappelant que nous pouvons continuer d’écrire comme avant, avec toutes ces bizarreries que nous aimons tant… Enfin, puisque ce Dictionnaire est placé sous le signe du sentiment, nous évoquerons ce « Je t’aime » qui se dit parfois (en hongrois, en basque, en quetchua…) en un seul mot, pour mieux marquer la fusion des amants.
François Poirié Plon/Odile Jacob, coll. « Dictionnaire amoureux », avril 2009, 730 p., 25 €, ISBN : 978-2-259-20409-5 En savoir plus www.plon.fr
| 10 août 2009 | |  | |
Des fous de qualité,
de Pierre Lartigue
Né en 1936, Pierre Lartigue a d’abord été requis par la poésie. Soutenu à ses débuts par Aragon, longtemps membre de la revue Action poétique, il a notamment publié un remarquable ouvrage sur la sextine : L’Hélice d’écrire (Les Belles Lettres, 1994). Dans les dernières années de sa vie, il avait livré plusieurs volumes de notes et croquis de voyage qui tenaient souvent du poème en prose. Il s’est éteint en 2008, après avoir achevé ce roman qui constitue pour beaucoup – y compris pour ses proches – une manière d’événement. Des fous de qualité est un roman historique et surtout picaresque, narrant la destinée d’un jeune soldat qui participe, en Espagne, à la fin de l’épopée napoléonienne avant de traverser les restaurations et les soubresauts ultérieurs de l’Histoire. Just Hadrien est un tout jeune homme quand le récit commence et le livre raconte d’abord son initiation – à la guerre, à l’amour et à la vie sous ses multiples facettes, dans une époque où l’ancien monde vient de sombrer et où les nations d’Europe cherchent à émerger de la nuit, après l’ouverture des Lumières. Mais qu’on n’aille surtout pas imaginer un récit appliqué, didactique ou pesant : à l’inverse, le roman de Pierre Lartigue est porté de bout en bout par une grâce extraordinaire, il caracole au gré des aventures de son héros – et de ses trois compagnons d’armes – dans une langue d’une richesse et d’une saveur étonnantes, bouleversante même quand l’évocation des drames privés rejoint les heurts et les déceptions de l’Histoire, l’amertume des illusions passées. L’abondance et la précision des détails dont le récit regorge, ses descriptions gourmandes et savantes, ses récits emboîtés – un peu à la manière du Manuscrit trouvé à Saragosse – font de ce livre l’une des plus belles surprises de ces dernières années : un grand brasier romanesque où c’est le langage qui est à la fête, avec un faste somptuaire…
Yves di Manno
Gallimard, avril 2009, 436 p., 22,90 €, ISBN : 978-2-07-012503-6
En savoir plus www.gallimard.fr
| 8 août 2009 | |  | |
Adieu Gary,
de Nassim Amaouche
Au milieu de nulle part, une cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà. Pourtant, certains habitant sont décidé d’y rester, plus par choix que par nécessité, parce que c ’est là qu’ils sont nés et qu’ils ont grandi . Parmi eux il y a Francis, l'ouvrier consciencieux qui continue d'entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie ; Samir, sa fils, qui revient dans la quartier après une longue absence ; mais aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary Cooper. Il va donc l'attendre tous les jours dans la ruelle de ce noman's land contemporain, qui ressemble à s'y méprendre à un décor de western...
Nouveau western Le réalisateur explique comment il a choisi la cité ouvrière, élément essentiel du film : "Adieu Gary parle de la fin d'une certaine époque ouvrière... et du début d'une autre, d'une transformation. Le décor du film devait en être ce double reflet sans surligner mon propos. Plus simplement, je cherchais un lieu cinématographique. Mes producteurs et moi savions que cela n'allait pas être des repérages faciles et ils m'ont permis de les débuter très tôt. J'ai longtemps cherché et fini par trouver la Cité Blanche du Teil, en Ardèche, une cité ouvrière construite par le groupe Lafarge au début du siècle, qui a compté jusqu'à 1200 habitants et n'en abrite plus que 4 aujourd'hui. Elle porte tous les stigmates d'une époque révolue en étant toutefois encore habitée. Sa rue principale qu'on jurerait sortie d'un décor de western a fini de me convaincre totalement. Je n'avais quasiment rien à réécrire, à peine à adapter. C'était là-bas et pas ailleurs qu'il fallait tourner."
Semaine Internationale de la Critique - Cannes - 2009 : Grand prix
Avec : Jean-Pierre Bacri, Dominique Reymond, Yasmine Belmadi, Mhamed Arezki, Sabrina Ouazani, Alexandre Bonnin, Bernard Blancan, Frédéric Hulné, Adbelhalfi Metalsi
Sortie nationale : 22 juillet 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29705/adieu-gary
| 2 août 2009 | |  | |
30 portraits de danseurs de l’Opéra National de Paris
Que veut dire faire un portrait? Comment représenter la danse en photographie et, de fait, le mouvement? Ce sont là des questions que le photographe Christian Lartillot explore depuis le début de son travail.
Faire le portrait de chacun des danseurs du corps de ballet, des étoiles aux quadrilles, est l’occasion d’approfondir ces questions et de les aborder sur un mode nouveau, celui de la série. A l’origine de ce projet, il y a une série de mode avec cinq des danseurs étoiles, commande de Madame Figaro. L’idée originale de ce projet, synthèse de cette réflexion, est de réconcilier dans une même image corps et visage. C’est pourquoi les tirages exposés pour l’extérieur seront grandeur nature afin que l’on sente aussi bien la tension des muscles, que l’émotion passant dans les yeux des danseurs. Le mouvement, le corps, le visage ce sont 3 éléments qui sont essentiels pour identifier un danseur.
Pour Christian Lartillot, « Ce n’est pas de la photographie de danse. C’est un travail sur le portrait et le mouvement, au plus proche des danseurs, un portrait intime dans leur force et leur fragilité et la rencontre de deux pratiques artistiques, la danse et la photographie. C’est aussi un travail systématique sur ce corps de ballet exceptionnel dont les interprètes sont des artistes mais aussi des sportifs de haut niveau et peuvent aussi bien danser un ballet classique, tutus et pointes, que des créations contemporaines. »
Cette exposition dans sa version réalisée sur panneaux destinés à l’extérieur, aura lieu dans les jardins du Palais Royal et dans sa version exposition d’intérieur, à l’opéra Bastille en novembre 2009.
Elle consiste en une série de portraits de 30 danseurs de l’Opéra National de Paris (Etoiles et premiers danseurs, femmes et hommes).
L’exposition sur panneaux extérieurs peut faire encore 2 étapes possibles à l’étranger ( selon l’état des panneaux ) L’exposition encadrée pourra circuler à l’étranger en 2010 En savoir plus Contact : photo@christianlartillot.com
| 31 juillet 2009 | |  | |
La Logique des bûchers,
de Nathan Wachtel
Et si l’inquisition que l’on présente en général comme un sous-produit attardé du passéisme le plus régressif était tout autre chose, comme une sorte de matrice de ce que Hannah Arendt analyse comme relevant du système totalitaire ? C’est la belle démonstration que fait l’historien Nathan Wachtel qui fait autorité à propos des phénomènes d’hybridation culturelle depuis son maître-ouvrage paru en 1971, La Vision des vaincus. Certes, il n’est pas question pour Wachtel de transposer une grille de lecture du XXe siècle sur l’interprétation des pratiques de l’action inquisitoriale du XVIe au XVIIIe siècle, d’autant que le totalitarisme est un phénomène propre au XXe siècle. L’historien privilégie au contraire une démarche empirique très attentive aux nombreuses sources documentaires des archives des Tribunaux. Mais ce qu’il constate néanmoins, c’est une même banalité du mal que ce qu’a noté Hannah Arendt dans ce qui est mis en œuvre par une bureaucratie ecclésiale qui effectue son travail avec un soin maniaque pour obtenir des dossiers conséquents constitués par des dénonciations, des rapports d’espionnage, jusqu’à la preuve des preuves qu’est l’aveu de culpabilité extorqué aux chrétiens hétérodoxes, à ces Marranes qui doivent abjurer leur hérésie judaïsante. Les succès de l’Inquisition se font au prix d’un laborieux et minutieux travail bureaucratique fondé sur la peur, la surveillance, la délation généralisée et la punition qui va jusqu’au risque du bûcher. Les agents de l’Inquisition sont formés aux meilleures écoles et constituent une élite moderne, celle qui annonce par ses pratiques le totalitarisme de demain.
François Dosse
Éd. du Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », février 2009, 326 p., 21 €, ISBN : 978-2-02-084653-0 En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 29 juillet 2009 | |  | |
Simon Konianski, de Micha Wald
Dans la famille Konianski : Il y a Simon, 35 ans, éternel adolescent, fraîchement quitté par la femme de sa vie, une danseuse goy. Il y a Ernest, son père, contraint de l’héberger provisoirement, qui lui rend très vite la vie insupportable. Il y a Hadrien, le fils de Simon, un petit garçon passionné par les terribles souvenirs de son grand-père, ancien déporté. Mais il y a aussi Maurice, le vieil oncle paranoïaque, et Tante Mala qui n’a pas sa langue dans sa poche. Lorsqu’Ernest disparaît, tout ce petit monde s’embarque pour une expédition qui ne manquera pas de piquant.
Côté costumes Le réalisateur Micha Wald a travaillé avec Nadia Chmilewsky, la même costumière que pour Voleurs de chevaux. "Le point de départ des survêtements vient des vielles Juives de Miami en rose ou en pêche et des grand-mères avec des énormes casquettes de golf qui vont prendre leur brunch dans le quartier juif de Los Angeles, explique le cinéaste. Je trouvais ça drôle : on a le jogging Baghdad de Simon et le jogging Miami de Tante Mala. Une amie de ma mère a un style encore plus excessif que celui de tante Mala : son rouge à lèvres dépasse jusqu'aux narines ! Elle a une espèce de coiffure noire qui tient avec des tonnes de laque, même quand elle bouge. Elle est couverte de bijoux fantaisie, parce que les vrais sont dans un coffre fort, elle porte donc des breloques en plastique d'une laideur indescriptible. Pour Popeck, on voulait qu'il ait des costumes qui reprennent les motifs de la tapisserie qu'il a chez lui. Certes, on n'a pas essayé de faire dans la dentelle, c'est un monde qui ne l'est pas. C'est très kitsch et surchargé, et en même temps ça donne de la vie aux personnages."
Avec : Jonathan Zaccaï, Popeck, Abraham Leber, Irène Herz, Nassim Ben Abdelmoumen, Marta Domingo, Ivan Fox
Sortie nationale : 29 juillet
En savoir plus www.unifrance.org/film/29690/simon-konianski
| 25 juillet 2009 | |  | |
Un homme si simple suivi de Chalet 1,
d'André Baillon
« Ma phrase debout […] elle est simple », écrivait André Baillon (1875-1932), auteur belge de langue française qui a composé dans l'entre-deux-guerres des textes aussi inclassables que lui : écorchés, désespérés et fous, sensibles et ironiques. Et avec style – entre Céline, Artaud et Queneau. Souvent dispersés, ils seront tous publiés par les éditions Cambourakis dont le premier volume vient de paraître. « Je déteste aussi le mensonge, qui est de la vérité compliquée. », dit Jean Martin. Et cette phrase est essentielle pour lire les deux romans présentés ici où la sincérité nous saute aux yeux. Car honnête, il l'est Jean Martin dans ses cinq confessions (Un homme si simple) ainsi que dans les chroniques qu'il tient dans Chalet 1 ; franc, scrupuleux et attentif aussi. Mais schizophrène. Sa vie amoureuse et conjugale est dissolue, compliquée ; sa vie intérieure, encore plus. Il le sait et se corrige sans cesse : tandis que Martin I (avec le Je) « s'observ[e] et se jug[e] avec sévérité », Martin II (avec le Il) le nargue. Sur les affres de la création et la difficulté d'écrire, sur la vie domestique et familiale, par exemple, ce procédé permet de créer une distance dédramatisante.
Jean Martin demande alors à être interné à la Salpêtrière : « Une chambre pour moi seul. Un porte-plume pour moi seul. Une table pour moi seul. Et alentour quinze kilomètres de silence. » Là, il décrit ceux qu'il voit (pensionnaires, internes, infirmiers ou visiteurs) et raconte aussi, notamment dans les chalets « là où on isole ceux qu'on appelle les "grands agités" », de drôles histoires de fous.
Christophe Grossi
Éd. Cambourakis, mai 2009, 352 p., 19 €, ISBN : 978-2-916589-36-7
En savoir plus www.cambourakis.com
| 15 juillet 2009 | |  | |
Enjeux politiques de l’histoire coloniale,
de Catherine Coquery-Vidrovitch
Ce petit livre d’intervention sur les enjeux actuels de l’histoire coloniale est écrit par une spécialiste reconnue depuis bien longtemps de l’histoire de l’Afrique noire. Catherine Coquery-Vidrovitch ne pouvait laisser passer les propos présidentiels de Dakar (2007), selon lesquels l’Afrique ne serait pas encore vraiment entrée en histoire, sans réagir. De la même manière, la loi de 2005 enjoignant les enseignants de diffuser un bilan globalement positif de la colonisation française en Afrique du nord et dans l’Outre-mer a soulevé un tollé chez tous les historiens, mais on peut imaginer ce qu’il en est chez des spécialistes qui y ont consacré leur vie. L’auteur est d’ailleurs fortement engagée dans le Comité de vigilance sur les usages publics de l’histoire (CVUH) qui s’est créé en réaction à ces tentatives d’instrumentalisation de l’histoire. S’il y a bien consensus chez les historiens pour faire une meilleure place à l’histoire coloniale, il est certain que la France a un certain retard par rapport aux études anglo-saxonnes que l’on appelle les post-colonial studies ou les subaltern-studies. Les controverses publiques peuvent être l’occasion d’un véritable rattrapage de l’historiographie française qui, selon l’auteur, n’est pas restée les bras ballants, mais dont les travaux sont trop peu connus, victimes d’un repli hexagonal qui aurait délaissé les pages d’ombre. Par ailleurs, cet ouvrage s’efforce à sortir des confusions entre histoire et mémoire, mémoire et politique, en interrogeant des notions souvent invoquées, mais mal élucidées comme l’identité nationale, la repentance, la fracture coloniale. Elle plaide pour une identité nationale par essence plurielle, faite de brassages successifs de populations hétérogènes. C’est ce qui fait tout l’intérêt de cet ouvrage qui re-pense le national à l’heure de la mondialisation et de l’homme pluriel, à l’heure où le passé colonial vient frapper à la porte du présent d’une société en proie aux effets funestes de l’exclusion sociale.
François Dosse Agone, mai 2009, 188 p., 14 €, ISBN : 978-2-7489-0105-4 En savoir plus http://atheles.org/agone/
| 13 juillet 2009 | |  | |
« Europe échelle 27 », une exposition photographique destinée à l’itinérance
Un libre parcours en images dans une Europe polychrome
Exposition de 51 photographies créée dans le cadre de la Saison culturelle européenne et le Mois de la photo à Paris 2008, avec le concours de la Présidence française de l’Union européenne d’après une carte blanche donnée à Patrick Bard, Christophe Beauregard, Marie Dorigny, Fouad Elkoury, Sébastien Erome, Marie-Paule Nègre, Philippe Schuller, Ambroise Tézenas, Martine Voyeux, Anne van der Stegen, tous membres de la maison de photographes Signatures.
Un livre accompagne l’exposition, éditions Trans Photographic Press/Signatures.
Dix photographes, dix pérégrinations de plusieurs semaines chacun et chacune, pas de consigne non plus car ils et elles n’ont pas oublié le principe d’Henri Cartier-Bresson qui garantissait la liberté de son regard : « Quand je voyage, je regarde ce qu’on me montre et je photographie à côté », dit-il un jour à l’écrivain Michel Butor, lui-même un frontalier, vivant à deux pas de la Suisse et de l’Italie et pour qui « traverser les frontières m’aide à voir ». Aller voir, en suivant de longues trajectoires, sur terre et sur mer, sur les berges, les rives et les littoraux, en ville et alentour, de jour ou de nuit, en toutes saisons, aux quatre directions de la rose des vents. Changement d’échelle donc, à 27, puisque les 27 états membres que compte l’Union européenne depuis le premier janvier 2007 ont tous été visités, pour présenter à l’œil du visiteur un état imagé de lieux singuliers, où se lisent des traces d’histoire longue. L’Europe est ici un fond de décor, intime et immense, proche et éloigné. L’Europe y est surtout cadre de vie, regardée non sans vision critique d’une vie moderne parfois banalisée dans la diversité de ses cadres naturels et urbains. Europe comme rêve ? Peut-être. Un art de vivre ? Assurément. (…) Michel foucher, Géographe, diplomate
52 tirages encadrés sous verre :28 images / 40 X 60 cm, 6 images / 50 X 50 cm, 13 images / 60 X 80 cm, 5 images / 64 X 80 cm Conditionnés en : 2 caisses 70 X 65 X 55 cm, 2 caisses 90 X 40 X 78 cm, 1 caisse 60 X 35 X 65 cm
Tarifs mensuel de mise à disposition : 4500 € HT et hors transports et assurance
En savoir plus Contact : ff@signatures-photographies.com
| 12 juillet 2009 | |  | |
Le Sel sur la plaie,
de Jean Prévost
En 1944, Jean Prévost, cet homme de 43 ans et curieux de tout, a déjà derrière lui une douzaine de romans et d'essais (sur Montaigne, Stendhal ou les plaisirs des sports) quand il tombe sous les balles des Allemands, dans le Vercors, les armes à la main. Le Sel sur la plaie, roman bourgeois qui traverse les années 1920 et le début des années 1930, a été écrit en 1936 ; il est son avant-dernier roman et le rééditer aujourd'hui était une riche idée. Crozon est un personnage plus compliqué que complexe. Faisant tout pour n’être jamais lui-même, il se fatigue et, ce faisant, se retrouve alors dans des situations indélicates : « C'est mon vertige, dit-il, de me mettre à raisonner faux, de le savoir et de continuer ». S'ensuit une soif de revanche qui provoque chez lui une ambition démesurée telle qu'il devient in fine le représentant de l'hypocrisie active des parvenus. S'il y a du Julien Sorel chez Crozon (quand il lance son orgueil et son romantisme dans la bataille politique locale, le journalisme, la publicité ou l'amour), il y a aussi du Rastignac (mais un Rastignac qui, après avoir réussi à Châteauroux, viendrait reconquérir Paris). C'est un cynique ambitieux qui n'abdique jamais même si l'insatisfaction ou le dégoût de sa propre réussite lui feront connaître « la disgrâce de l'homme méthodique ». Son mariage ne le changera pas. Ni la paternité. Seule comptera sa revanche : retourner à Paris et montrer qu'il est devenu un homme bien plus important que ceux qui (pense-t-il) l'avaient humilié.
Christophe Grossi
Zulma, avril 2009, 288 p., 18 €, ISBN : 978-2-84304-476-2
En savoir plus www.zulma.fr
| 10 juillet 2009 | |  | |
Bancs publics (Versailles rive droite), de Bruno Podalydès
Lucie arrive à son bureau et découvre, accrochée sous une fenêtre de l'immeuble d'en face, une banderole noire avec écrit : "HOMME SEUL". Est-ce un gag, un cri du coeur, un appel au secours ? Lucie et ses deux collègues s'interrogent et décident de mener leur enquête… A midi, elles pique-niquent à côté, au "SQUARE DES FRANCINE". Là, les amoureux graves, les solitaires enjoués, joueurs de tous âges, tournent autour du joyeux jet d'eau. La ronde continue en face, au magasin "BRICO-DREAM" où, sous les conseils plus ou moins compétents d'une équipe de vendeurs en sur-effectif, les clients calculent, échafaudent, tendus, angoissés, ayant peur de repartir avec des étagères trop courtes, des vis trop longues… A la fin du jour, aurons-nous croisé l"'homme seul" parmi la multitude de ces personnages
Traversées de Versailles Bruno Podalydès continue son exploration quasi-ethnologique de Versailles, la ville dont il est originaire. Le réalisateur se fait connaître en 1992 avec le moyen-métrage Versailles rive gauche- même si on voit de la ville essentiellement un appartement, et plus particulièrement ses toilettes... Quatre ans plus tard, il signait Dieu seul me voit (Versailles-chantiers). Après une virée à Oléron, un court séjour à Montmartre, et une exploration de l'univers de Rouletabille en deux longs métrages, il revient dans sa banlieue chérie avec Bancs publics (Versailles rive droite). 3 lieux de la ville sont au coeur du film : un immeuble de bureau (et l'immeuble d'en face...), un jardin public et un magasin de bricolage.
Avec : Florence Muller, Denis Podalydès, Jean-Noël Brouté, Michel Vuillermoz, Bruno Podalydès, Emmanuelle Devos, Olivier Gourmet, Pierre Arditi, Chiara Mastroianni, Josiane Balasko, Hippolyte Girardot, Samir Guesmi, Laure Calamy, Estelle Chailloux, Patrick Ligardes, Chantal Lauby, Emeline Bayart, Blandine Lenoir, Manuel Le Lièvre, Pierre Diot, Ange Ruzé, Éric Prat, Thierry Lhermitte, Micheline Dax, Bernard Campan, Julie Depardieu, Agathe Natanson, Olivier Deparis, Claude Rich, Michel Aumont, Nicole Garcia, Mathieu Amalric, Vincent Elbaz, Élie Semoun, Pascal Legitimus, Amira Casar, Michael Lonsdale, Catherine Deneuve, Bruno Solo, Benoît Poelvoorde
Sortie nationale : 8 juillet
Bruno Podalydès dans la catalogue de Culturesfrance : Liberté-Oléron (35 mm et DVD)
En savoir plus www.unifrance.org/film/28738/bancs-publics-versailles-rive-droite
| 8 juillet 2009 | |  | |
Après l’océan, d'Eliane de Latour
Shad et Otho, deux amis venus d’Abidjan, sont en Espagne où ils « se cherchent ». Ils rêvent de revenir en bienfaiteurs, en héros chez eux. Mais une descente de police musclée les sépare. Otho, reconduit à la frontière, rentre dans son pays sans rien. Pour son entourage déçu, c’est un maudit. Shad échappe à la police. Il poursuit son aventure « en cascadeur » à travers l’Europe.
A propos de la réalisatrice Directrice de recherche au CNRS, Eliane de Latour a travaillé comme anthropologue en Afrique occidentale avant de commencer le tournage au Niger de son premier film documentaire en 1983, Les Temps du pouvoir. Cinq autres documentaires ont suivi. Depuis une dizaine d'années, elle s'est penchée sur des lieux de relégation sociale à l'âge, au sexe, à la faute. Ainsi, Le reflet de la vie, datant de 1989, traite des maisons où l'ont refoule les personnes âgées dans nos sociétés. En 1996, elle signe Si bleu, si calme, qui aborde l'univers d'une prison à Paris. Mais c'est surtout avec Bronx-Barbes en 2000 qu'Eliane de Latour. Elle a d'ailleurs remporté un Prix spécial au Festival international du film de Locarno (Suisse).
Le Tiers-monde aux portes de l'Europe Pour Eliane de Latour, les politiques anti-immigrés sont d'abord "des réponses à la peur engendrée par l'idée d'une installation du Tiers-monde à nos portes". La réalisatrice trouve néanmoins intéressante l'idée que "des "expatriés" ou la venue de certains en Europe pour y puiser savoir et argent, avant de retourner chez eux enrichir leur propre pays, pourrait sans doute faire son chemin dans les années à venir. Cela nourrirait de nouvelles dynamiques en Afrique, intéressantes, car portées par ceux qui bougent et qui créent des ponts entre les deux rives de l'océan. Le nombre de clandestins en serait diminué et le regard sur les immigrés, modifié".
Avec : Fraser James, Marie-Josée Croze, Djédjé Apali, Sara Martins, Lucien Jean-Baptiste, Kad Merad,, Malik Zidi, Agnès Soral, Diouc Koma, Moussa Sanogo, Ahmadou Bass Dhem, Luce Mouchel,
Sortie nationale : 8 juillet
Eliane de Latour dans le catalogue de Culturesfrance : coffret de trois films : reflet de la vie/si bleu si calme / contes et décomptes de la cour.
En savoir plus www.unifrance.org/film/25519/apres-l-ocean
| 30 juin 2009 | |  | |
Fais-moi plaisir!,
d'Emmanuel Mouret
Ariane est persuadée que son compagnon Jean-Jacques fantasme sur une autre femme. Pour sauver son couple, elle lui demande d’avoir une aventure avec celle-ci, pensant qu’il s’agit du meilleur remède pour le libérer. Lorsque Jean-Jacques se rend chez cette femme qu’il connaît à peine, il ne sait pas encore qu’il s’agit de la fille du Président de la République...
Il est de la Party On pense forcément à La Party de Blake Edwards en assistant aux déboires du héros, qui commet des maladresses en série au cours d'une soirée mondaine... "Blake Edwards fait vraiment partie des réalisateurs de mon adolescence, surtout avec The Party", reconnaît Emmanuel Mouret. "Le film est non seulement envoûtant, drôle, beau, élégant, mais aussi profond, surtout grâce à l'interprétation de Peter Sellers. Moi je joue Comme dans ses précédents films, Emmanuel Mouret interprète lui-même le rôle principal. Il confie : "A chaque fin de film, je me dis qu'il faut que j'arrête de jouer mais... Si j'ai commencé à jouer dans mes courts métrages, c'était naïvement pour faire pareil que des cinéastes que j'admire : Woody Allen, Jacques Tati, Jerry Lewis, Sacha Guitry, Buster Keaton... J'aimais dans leur film l'ironie et la complicité que leur présence produit avec le spectateur. Et puis, j'ai observé que lorsqu'un metteur en scène joue dans son propre film, on oublie plus facilement les précédents rôles des acteurs connus qui l'entourent. Cela rend le film plus personnel."
Avec : Judith Godrèche, Déborah François, Frédérique Bel, Emmanuel Mouret, Dany Brillant, Jacques Weber
Sortie nationale : 24 juin
Emmanuel Mouret dans la catalogue de Culturesfrance : Changement d’adresse (35 mm et DVD)
En savoir plus www.unifrance.org/film/29955/fais-moi-plaisir
| 25 juin 2009 | |  | |
Alias Caracalla. Mémoires 1940-1943,
de Daniel Cordier
Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, s’est spécialisé dans les sommes. On connaissait de lui sa trilogie sur Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon, pas moins de trois volumes parus chez Lattès entre 1989 et 1993. On a ici la restitution au jour le jour, sous forme de journal, de trois années décisives de la guerre, entre le 17 juin 1940 et l’arrestation de Jean Moulin le 21 juin 1943. Et ce nouvel ouvrage comporte plus de 900 pages. A priori, le lecteur peut se dire qu’il connaît déjà bien cette période, mais qu’il soit rassuré, car ce gros témoignage se lit comme un roman, au ras du vécu, de la subjectivité d’un témoin privilégié aux lourdes responsabilités et à la mémoire éléphantesque. Dans ce livre, Daniel Cordier retrace aussi l’itinéraire tout à fait singulier qui a été le sien, celui d’un nationaliste qui refuse l’occupation allemande et rejoint Londres sur une base maurrassienne, royaliste et antisémite. À l’épreuve des faits, ses convictions vont se fissurer et s’effondrer, sauf bien sûr le désir de libération nationale. Lorsqu’il voit arriver à Paris, place de l’Étoile un vieillard accompagné d’un enfant, tous deux portant l’étoile jaune, ce qu’il savait et acceptait le révulse soudain, et à la fin de la guerre, il se dit même proche du PCF. De tout cela, Daniel Cordier s’est décidé à tout dire avec la plus grande probité, et son témoignage ne biaise pas. Qu’on en juge par un seul exemple : alors que les Français de sa génération ont pris l’habitude de dire qu’ils ont entendu en direct l’Appel du 18 juin, Daniel Cordier rapporte tout simplement à la journée du 18 juin : « Mon père écoute la radio avec ma mère, je monte me coucher. » Il ne l’apprendra que le lendemain et cet Appel détermine son engagement total. Il a alors 19 ans. Il s’embarque pour l’Angleterre pour rejoindre les forces de la France libre. Il sera ensuite, en juillet 1942, envoyé en France par le BCRA et deviendra secrétaire de « Rex » (Jean Moulin). Si Daniel Cordier a vécu pleinement ce moment historique de guerre, il a voulu vivre tout aussi pleinement la paix à la libération et deviendra peintre, collectionneur et marchand de tableaux. Ce n’est qu’en 1977 lorsque les accusations contre Jean Moulin comma agent double seront formulées par Henri Fresnay que Daniel Cordier se fera historien et son témoignage est d’or car nul autre que lui n’a été si proche de Jean Moulin.
François Dosse Prix Renaudot Essai
Gallimard, coll. « Témoins », avril 2009, 932 p., 32 €, ISBN : 978-2-07-074311-7
En savoir plus www.gallimard.fr
| 18 juin 2009 | |  | |
J.-M. G. Le Clézio,
Gérard de Cortanze
Sorti de sa chambre d’adolescence, revenu de ses incursions chez les Indiens, de ses recherches de signes codés, de ses combats pour l’homme, Le Clézio sait que, depuis Le Procès verbal, son premier livre publié en 1963, et pour lequel il reçut le prix Renaudot, il a mis en marche une machine littéraire qui ne cesse de creuser dans la direction de Valmy, village que son ancêtre François Alexis Le Clézio a quitté pour prendre la mer. C’est là, pour lui, que le magnétisme de l’île Maurice commence. Divisé en sept chapitres, accompagné d’une anthologie, d’une chronologie, d’une bibliographie et d’un cahier iconographique, l’essai de Gérard de Cortanze aborde les grands thèmes de l’œuvre de Le Clézio : l’appréhension sensuelle du monde, l’exploration de l’enfance et de l’histoire familiale, le voyage et les peuples amérindiens, la nostalgie des mondes premiers. Il nous dit pourquoi le prix Nobel de littérature 2008 sait, plus que nul autre, nous faire éprouver le désir du réel, nous donner à voir ce qui existe. En un mot : nous offrir un savoir acquis non avec l’abstraite intelligence, mais avec les sens, mais avec la vie.
La collection « Auteurs » présente des figures majeures de la pensée et des littératures françaises contemporaines (écrivains, penseurs, philosophes). Destinés à un large public, les ouvrages se composent d’un essai sur l’œuvre, d’une anthologie, d’une bio-bibliograhie actualisée, d’un cahier iconographique et d’un CD audio d’enregistrements des archives de l’Institut national de l’audiovisuel.
Culturesfrance éditions/Gallimard, coll. « Auteurs », avril 2009, 160 p., ill. n. & b. et coul. + 1 CD audio, 19 €, ISBN : 978-2-07-012-626-2 En partenariat avec l’Ina
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| 17 juin 2009 | |  | |
Olivia Ruiz
Olivia Ruiz est une artiste terrienne au sang chaud, aérienne au cœur tendre, qui, dans son dernier album « Miss Météores » (2009), déploie une prose joueuse chevillée autour de thèmes introspectifs, sublimés par les arrangements concoctés sur mesure par le tandem Mathias Malzieu et Alain Cluzot. Fidèle à ses précédentes compositions, Olivia Ruiz ouvre grand son univers musical à plusieurs autres artistes. La liste de ses collaborations ne cesse de s’allonger. Après Chet, Juliette, les Weepers Circus, Néry, Christian Olivier (Têtes Raides), Oxmo Puccino, Salavatore Adamo, Brigitte Fontaine, Mathias Malzieu ou encore Cali, on retrouve, sur son dernier album, le groupe français Coming Soon, les anglais The Noisettes mais aussi, Lonely Drifter Karen et le rappeur canadien Buck 65. En résulte une atmosphère mâtinée de guitares du far-west et de cordes mélodieuses, empruntant çà et là aux univers de Tom Waits, Tim Burton, Lee Hazelwood ou encore Ennio Moricone. Depuis son album « La femme chocolat » (2005), vendu à plus d’un million d’exemplaires, avec lequel elle a remporté deux victoires de la musique (artiste féminine de l’année et spectacle musical de l’année), Olivia Ruiz est partie en tournée à travers la France et en Espagne, partager la version espagnole « La chica chocolate ». Elle s’est ensuite attelée à l’écriture de chansons pour Juliette Gréco et a également produit l’album d’un rappeur au Burkina-Faso dans le cadre humanitaire. Son concert à l’Olympia le 29 mai a été un franc succès, elle sera de retour à Paris les 18 et 19 novembre prochains au Zénith.
9 Personnes sur scène. 12 en tournée
Contact : Yann Dernaucourt/Astérios Spectacles dernaucourt@ asterios.fr 01 53 36 04 70 68, rue de la Folie-Méricourt - 75011 Paris
En savoir plus www.olivia-ruiz.com
| 17 juin 2009 | |  | |
Les beaux gosses, de Riad Sattouf
Hervé, 14 ans, est un ado débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, qui vit seul avec sa mère. Au collège, il s’en sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe...
Le réalisateur Riad Sattouf est né à Paris en 1978. Auteur de bande dessinés depuis 2000, il a également collaboré en tant qu'illustrateur pour de nombreux journaux et magazines parmi lesquels : Les Inrockuptibles, Teknikart ou encore Charlie Hebdo pour lequel il réalise une chronique hebdomadaire : La vie secrète des jeunes qui a grandement inspiré son film au même titre que sa bande dessinée paru en 2005 : Retour au collège. Avec Les beaux gosses , Riad Sattouf réalise son premier long métrage.
Auto-biographique ? Même si Les beaux gosses s'inspire forcement de sa propre expérience de l'adolescence Riad Sattouf ajoute cependant : " Ce n'est pas un film directement autobiographique. J'étais un adolescent timide, sans histoire. Si j'avais raconté mon adolescence, je pense que cela aurait été ennuyeux .(...) Mais les rapports que j'avais avec mes copains de l'époque étaient proches de ce que je montre. Nous avions des voix très efféminés, des noms ridicules (enfin surtout pour moi) et des physiques chétifs. "
Avec : Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Trémolières, Noémie Lvovsky, Emmanuelle Devos, Irène Jacob, Valerio Golino
Cannes 2009 Les Beaux gosses a été présenté en Sélection officielle de la 41ème Quinzaine des Réalisateurs.
Sortie nationale : 10 juin
En savoir plus www.unifrance.org/film/29691/les-beaux-gosses
| 12 juin 2009 | |  | |
Le Promenoir magique et autres poèmes 1953-2003,
Jean-Claude Pirotte
Essentiellement connu pour son œuvre en prose, Jean-Claude Pirotte est plus secrètement – et peut-être d’abord – un poète comme on n’en fait plus guère, l’un des rares en tout cas à manier aujourd’hui la rime et la métrique ancienne sans paraître désuet. Renouant au contraire avec un rythme et des assonances sans âge, ses complaintes ont une évidence immédiate, une gravité aussi qui leur ôtent tout ce qu’elles pourraient avoir d’anachronique si on ne les sentait aussi intimement fondées. Le recueil que publie La Table Ronde le confirme amplement, ne serait-ce que par son volume – près d’un millier de pages… – et établit Pirotte comme un poète beaucoup plus affirmé que ses publications antérieures ne l’avaient laissé croire. L’ouvrage comporte deux versants : une masse impressionnante (400 pages) de poèmes de jeunesse, écrits dans les années 1950 et demeurés inédits ; et la reprise d’une demi-douzaine de recueils parus ces vingt dernières années, auxquels s’ajoute la suite inédite, quasi testamentaire – et tout à fait bouleversante – qui donne son titre à l’ensemble. La mémoire du nord et des déserts de l’enfance s’y mélange aux paysages du présent dans une langue populaire et savante à la fois, d’une limpidité parfaite et d’un trouble constant. Plus qu’une redécouverte – osons le terme : une révélation.
Yves di Manno
La Table Ronde, avril 2009, 920 p., 19 €, ISBN : 978-2-7103-3060-8
En savoir plus www.editionslatableronde.fr
| 10 juin 2009 | |  | |
Mathieu Boogaerts
L’image de l’artiste lunaire et mélancolique lui a longtemps et talentueusement collé à la peau, mais le dernier album de Mathieu Boogaerts « I Love you » sorti en novembre 2008, évoque autre chose. La batterie est chef de file d’une nuée/succession de compositions « franglaises » aux rythmes funk, reggae agrémentées de chœurs et de synthétiseur. Mathieu Boogaerts chante plus fort, plus court, moins mélodique, moins mélancolique. Un audacieux mélange doux-amer d’humour décapant et de beat minimaliste. Rappelons quelques-unes de ses nombreuses collaborations avec notamment Vincent Delerm, JP Nataf et bien sûr, Mathieu Chédid, ami d’enfance sans oublier Dick Annegarn, artiste néerlandais.
5 Personnes sur scène. 8 en tournées
Contact : Olivier Touati / Auguri Productions olivier@auguriproductions.com 02 40 95 60 25 1 rue des Réformes 44100 Nantes
| 10 juin 2009 | |  | |
Comme un mensonge,
Anne Luthaud
Aucune femme ne voulait de B. Mais depuis qu'il a construit sa drôle de maison, il est devenu un vrai tombeur. Sa maison, donc : huit pièces, chacune son style, sa couleur, son ambiance. Sept chambres où vivront et mourront (sauf la dernière) les sept femmes rencontrées dans les environs. La huitième pièce, objet de toutes les curiosités et cabinet des horreurs, comme dans la fable, est fermée à clé. Dans un vertigineux travail sur la voix et la phrase, le souffle et la musicalité, Anne Luthaud donne ici la parole à B. ainsi qu'aux sept femmes et revient une fois encore (après Garder et Blanc) sur l'épineuse question des relations conjugales (écoute, partage, osmose, domination, sado-masochisme, défi, jalousie, adultère, ennui…), sur la difficulté de vivre à deux et les parts de vérité et de mensonge. Nul doute que B. est un tyran, qu'il pousse les amoureuses dans leurs retranchements et finit par les tuer (« Les seuls ciels enviables sont ceux des morts. », dit-il) mais n'est-ce pas ce qu'elles désiraient secrètement ? Car l'auteur, qui n'est pas tendre non plus avec les femmes, les décrit comme faibles, envieuses, orgueilleuses, colériques, fantasmant une vie meilleure, désirant rester dans l'enfance, vivant par procuration… B. est en effet un meurtrier mais il n'est pas un serial killer ni le Landru de Saumur. Tout est plus ambigu, complexe et fin. « Je conseille et je sais conduire l'autre là où il sera bien, à l'endroit qui lui conviendra, y compris malgré lui. », dit-il. Et soudain, B. devient un dieu grec, accompagne la mortelle de l'autre côté du fleuve, vide les questions de celle qui en posait trop, pousse la femme volage à le tromper, tend un miroir à celle qui avait peur de son image, détruit les photos de celles qui ne parvenait pas à se libérer de son passé. Que penser, enfin, de celle qui rêvait d'être une héroïne et qui en connaîtra la fin tragique, « égarée dans un décor de film » ?
Christophe Grossi
Verticales, mars 2009, 136 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-07-012460-2
En savoir plus www.editions-verticales.com
| 9 juin 2009 | |  | |
Le Livre bouffon : Baudelaire à l’Académie,
Allen S. Weiss
Comme il est réjouissant de découvrir des aspects peu connus de la vie d’un homme illustre. Dans Le Livre bouffon, Allen S. Weiss nous guide dans le labyrinthe des « visites » – humiliantes pour la plupart – que dut faire l’auteur des Fleurs du mal, en 1861 et 1862, pour tester ses chances d’être élu. Sa candidature est une aberration. Il le sait mais il refuse de renoncer. Sous la Coupole règnent la politique, les basses stratégies, les trahisons et la poésie n’est qu’une façade sans pouvoir aucun. Baudelaire décide donc d’écrire un « livre bouffon » pour ridiculiser l’Institution et ses membres. Le projet n’aboutira pas mais Allen S. Weiss a fouillé les archives qui nous révèlent un Baudelaire partagé entre ambition et découragement, volupté et désespoir. « J’ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur », écrit-il lucidement le 25 janvier 1862. Mais sa naïveté ne lui a-t-elle pas fait croire qu’il pouvait conquérir le treizième fauteuil, celui de Scribe, mort peu avant ? Le dandy joue le jeu, du moins au début. Allen S. Weiss restitue ses « visites » à Vigny ou à Lamartine comme s’il l’accompagnait. Il évoque aussi l’ami Nadar et leurs différends concernant peinture et photographie, ou réel et idéal nous passionnent. Mais peu à peu, Baudelaire a l’impression de gaspiller un temps précieux : il s’ennuie. « J’ai toujours eu la sensation du gouffre », disait-il. Le « gouffre » l’avalera ses dernières années marquées par l’aphasie. Il meurt le 31 août 1867, à 46 ans. Et c’est l’insipide Octave Feuillet qui sera élu au fauteuil de Scribe. Décidément, l’Académie ne méritait pas Baudelaire !
François Poirié
Éd. du Seuil, coll. « Fiction & Cie », avril 2009, 144 p., 16 €, ISBN : 978-2-02-080329-8
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 8 juin 2009 | |  | |
Noces de Mantoue,
Marie Cosnay
L’auteur de cet ouvrage a bénéficié de l’aide du Centre national du livre.
Malgré la précision des dates et l’enracinement géographique, le dernier récit de Marie Cosnay a des allures de conte, mais un conte pour adultes où les ogres auraient laissé place aux tueurs en série. Une héroïne sans nom, comme dans les contes, parcourt l’Italie contemporaine, traverse ses paysages et fait des rencontres, semant dans son sillage des cadavres décapités. Pourtant cet être de fuite, insaisissable et fascinant, ne semble pas coupable, mais la victime malheureuse de troublantes coïncidences. Tous les hommes restent captivés par cette femme chevauchant à travers les Alpes, l’architecte Rémi comme le commissaire Giulio. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’elle ne fuit pas les hommes, ni leur justice, mais qu’elle part à la poursuite de son passé, à la recherche de l’image obsédante d’un jeune frère mort. Dans une langue précieuse et énigmatique, Marie Cosnay décrit le parcours de cette étrange héroïne avec autant de fascination que ses personnages. Car elle en fait un être fabuleux, qui se déleste de sa raison et des conventions sociales pour ne faire plus qu’un avec la nature. Elle a l’odeur des bois, elle est couverte d’épines et ses pantalons crottés font d’elle une figure contemporaine des nymphes ou des ménades, comme l’écrit l’auteur qui s’y connaît en matière de mythologie. Comme les enquêteurs qui tentent de comprendre les meurtres, le lecteur est requis de cerner cette figure en métamorphoses : en vain, tant elle se transforme progressivement en paysage. Si l’écrivain est fasciné par son personnage, c’est certainement parce qu’elle se reconnaît en lui : chez l’une comme l’autre, un souffle au cœur imprime sa marque au corps, et un semblable deuil initial frappe l’existence du sceau de la fatalité. […] Dans ce conte, comme dans ses autres livres, se mêlent ainsi matériaux autobiographiques et mythologiques.
Laurent Demanze
Éd. Laurence Teper, mars 2009, 174 p., 16 €, ISBN : 978-2-916010-35-9
En savoir plus Pour lire la notice dans son intégralité : http://www.centrenationaldulivre.fr/?Noces-de-Mantoue
En savoir plus www.editionslaurenceteper.com
| 6 juin 2009 | |  | |
Eol Trio
Eol Trio est un groupe composé de trois frères : Xavier à la batterie, Laurent à la contrebasse et Denis aux claviers. Révélés en 2004 aux « Talents Jazz à Vienne », puis finalistes des « Tremplin Sunside » et « Tremplin Jazz Ile-de-France » en 2006, les Eol Trio sont sacrés « Coup de cœur Jazz » à Nice en 2008. Leurs inspirations sont aussi variées que leur musique éclectique : un zest de jazz expérimental, souvenir des années 70 d’Herbie Hancock et de Miles Davis, une pincée de Led Zeppelin, un soupçon des Pixies et de Soft Machine, le tout mêlé à l’univers de l’écrivain Franz Kafka, dont Eol Trio apprécie la dimension dénuée de repères : « Parce que notre musique ressemble parfois à ses textes, elle commence quelque part mais elle ne se termine jamais où on l’attend »*. Fort de ces influences multiples, leur album « Mystère K » s’en fait brillamment l’écho avec des sonorités électro-jazz, pop, rock progressif ou encore trip-hop. *Interview CultureCie – 9 avril 2008 3 Personnes sur scène. 4 en tournée
Contact : Jean-Sébastien Vaudey / Cristal Records international@cristalgroupe.com 00 33 (0)6 16 76 88 52 Cristal Groupe – BP 138 17005 La Rochelle Cedex 1 En savoir plus www.eoltrio.com www.myspace.com/eoltrio
| 5 juin 2009 | |  | |
Soirs de Paris et Nietzsche à Nice,
Patrick Mauriès
Inventeur d’un « lieu » éditorial audacieux dans ses choix et d’une rare élégance dans sa présentation, la collection « Le Promeneur » (Gallimard), qui fête ses vingt ans cette année, Patrick Mauriès nous donne à lire aujourd’hui deux courts récits aux tonalités fort différentes. Soirs de Paris met en scène le jeune Patrick Mauriès « bousculé par la détresse », que son amant vient de quitter. Il erre dans des quartiers déserts de Paris, vit aux portes de la réalité, absent, quand il trouve par hasard refuge dans un café où il fera des rencontres hautes en couleurs. Dans ce texte bouleversant, Mauriès évoque aussi avec humour Andy Warhol et, surtout, dresse un magnifique, et très juste, portrait de Roland Barthes, qu’il a bien connu et qui lui a notamment transmis une sorte de règle morale : s’en tenir à sa part d’irrégularité, rester un être de frontières, ne pas rentrer dans le rang. Dans Nietzsche à Nice, outre la description des séjours niçois du philosophe – entre 1883 et 1888 –, pleins d’éblouissements et d’énergie, une figure apparaît : celle du penseur Jean-Marie Guyau, aujourd’hui oublié mais fort célèbre alors. Lui aussi séjournait à Nice à cette époque-là… Et entre Nietzsche et Guyau, une proximité de pensée, troublante, se dessine : remise en cause des fondements traditionnels de la morale, postulation à une morale du doute, valeur probatrice de la science face à la foi. Et quand Guyau parle du plaisir du risque, de la Vie comme surabondance, comme puissance et sacrifice, Nietzsche n’est vraiment pas loin… Jean-Marie Guyau meurt en mars 1888, à 34 ans. Neuf mois plus tard, à Turin, Nietzsche se jette au cou d’un cheval pour l’embrasser. Le temps d’un livre, Patrick Mauriès les a fait se rencontrer, loin des cadres ordinaires, si réducteurs.
François Poirié
Gallimard, coll. « Blanche », avril 2009, 66 p. et 68 p., 10 € chacun, ISBN : 978-2-07-012505-0 et 978-2-07-012504-3
En savoir plus www.gallimard.fr
| 4 juin 2009 | |  | |
Musée du quai Branly. La Collection
À la fois beau livre et ouvrage scientifique, La Collection propose au lecteur non averti, comme au connaisseur, une exploration des arts et cultures extra-européens en s’appuyant sur les plus beaux exemples sélectionnés dans le fonds du musée du quai Branly. La Collection est divisée en 6 parties qui correspondent aux quatre continents couverts par les collections du musée – Afrique, Asie, Océanie, Amériques – et aux collections photographiques et historiques. Cette initiation à l’histoire de l’art s’articule pour chaque ensemble géographique autour d’une sélection de quarante œuvres, accompagnées d’un essai introductif. Chaque zone géographique est ainsi organisée en fonction non seulement des approches traditionnelles des cultures mais aussi en fonction de la réalité des collections. Véritable livre-événement, cet ouvrage exceptionnel permet à tout un chacun d’acquérir les notions essentielles pour se repérer parmi les 300 000 objets des collections du musée du quai Branly et, au-delà, de saisir les principes de création d’autres cultures. L’équipe scientifique du musée a proposé à près de cent cinquante spécialistes des différents continents de s’exprimer sur un ou plusieurs objets, et ce autour de trois grands axes : l’historique de l’œuvre, son contexte et son usage dans la culture d’origine, sa valeur esthétique ou symbolique.
Ouvrage dirigé par Yves Le Fur, directeur du département du patrimoine et des collections du musée du quai Branly. Une édition en langue anglaise sera disponible en octobre 2009.
Musée du quai Branly/Skira-Flammarion, avril 2009, 480 p., ill. coul., 55 €, ISBN : 978-2-08-120876-6
En savoir plus www.quaibranly.fr
| 3 juin 2009 | |  | |
Jean Calvin,
Olivier Abel
Le 500e anniversaire de la naissance de Calvin (1509-1564) aura surtout été marqué par la publication d’une somme, ses Œuvres chez Gallimard. Mais ce petit ouvrage alerte du grand spécialiste et passionné de Calvin qu’est Olivier Abel, philosophe protestant, grand ami de Paul Ricœur, est fort utile. La lecture en est à la fois agréable pour les néophytes et passionnante, car son auteur s’emploie à un va-et-vient continuel entre les enjeux de la modernité du XVIe siècle auxquels a dû répondre Calvin et notre temps présent. Tout commence chez Calvin avec L’Institution de la religion chrétienne, véritable naissance de l’homme public à l’âge de 26 ans, moment de rupture à la fois théologique et existentielle. Il est alors « au balcon de sa vie ». L’auteur décline les divers niveaux de ce recommencement qui sont autant de traits constitutifs de ce qu’on appellera la Réforme. Dans ce parcours biographique émerge un homme dont la caractéristique essentielle est l’insouci de soi, laissant place à l’Autre et aux autres. Est-ce du fait de ce blanc que Calvin a fait l’objet de tant de projections négatives et positives ? Olivier Abel ne cache pas sa passion, mais il ne se pose pas en justicier. Il rappelle la virulence de toute la légende noire qui entoure la figure de Calvin, présenté par les uns comme un coureur de jupons, sodomite, auteur d’une religion de la bonne chair, un libertin. Par les autres, il est perçu comme un ascète toujours habillé en noir, triste et cruel, sanguinaire, puritain jusqu’à l’obsession, lâche et malhonnête qui a malheureusement vaincu Erasme ! La lecture d’Oliver Abel, à l’écart de ces deux versants, se veut oblique ; sans taire les excès du personnage, il s’interroge surtout sur la contemporanéité des questions soulevées par Calvin, démultipliant les points de vue sur Calvin qui reste pluriel, celui de chacun et de tous. On regrettera cependant le parti pris de n’avoir dans cet ouvrage aucune référence bibliographique et aucune note infrapaginale : certes, on en comprend les raisons très certainement commerciales, mais c’est une amputation très dommageable.
François Dosse
Pygmalion, coll. « Chemins d’éternité », avril 2009, 298 p., 21,90 €, ISBN : 978-2-7564-0173-7
En savoir plus http://editions.flammarion.com/
| 2 juin 2009 | |  | |
Coralie Clément
Découverte en 2001 avec son premier album « La salle des petits pas perdus », cette personnalité discrète impose en douceur un univers bien à elle, au fil de compositions brillamment orchestrées par son grand frère, Benjamin Biolay. Son dernier opus « Toystore » sorti en octobre 2008, recèle des paroles légères et incisives, en français, anglais et un duo inédit en italien avec Chiara Mastroanni. A noter également un très beau duo avec Etienne Daho. Coralie Clément est une artiste rare dont on apprécie la saveur en France comme ailleurs. Le succès de ses précédents concerts en Allemagne et au Japon lui prédisait une belle ascension, largement confirmée lors de sa dernière venue à Tokyo (auprès de Berry) et Taïwan en mars dernier. « Toystore » s’est classé n°1 dans les Charts Jazz taïwanais. Coralie Clément est également partie à la rencontre du public argentin le mois dernier, lors d’un concert au festival du Film de Buenos Aires, à l’occasion de la sortie de « Toystore » en Amérique Latine. Après un détour par le Chili, elle poursuit sa route en Allemagne puis en Espagne et sera à New York le 21 juin pour la fête de la musique puis le 26 juin à Sao Paulo pour le lancement des soirées « les mardis de la Femme » au Bourbon Street dans le cadre de la saison française au Brésil.
3 personnes sur scène 5 en tournée Contact : Bruno le Bolloch / Discograph bruno@discograph.com 00 33 1 53 39 18 03 62,64 rue Pelleport 75020 Paris
En savoir plus www.myspace.com/coralieclment www.coralieclement.com
| 2 juin 2009 | |  | |
À la recherche de Marie,
Madeleine Bourdouxhe
Il faut lire ou relire Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) – comme on plongerait dans l'univers d'un Bove, d'un Meckert, d'un Guilloux. Cette féministe, résistante lors de la seconde guerre mondiale, commence sa carrière littéraire en 1937 et refuse ensuite de publier ses nouvelles chez les éditeurs contrôlés par les Allemands. Elle a été redécouverte en 2004 lorsque Frédéric Fonteyne a adapté au cinéma La Femme de Gilles – où Élisa rêve d'une fusion amoureuse tandis que son mari la trompe avec sa sœur, lui imposant séparation et domination. Aujourd'hui, Actes Sud réédite À la recherche de Marie (publié pour la première fois en 1943 à Bruxelles) ainsi qu'un recueil de nouvelles bouleversantes (Les Jours de la femme Louise et autres nouvelles, coll. « Babel »). Revenons à Marie, cette femme de 30 ans, cette Emma Bovary, cette épouse (trop) attentionnée, bourgeoise, à l'intérieur de laquelle la vie bouillonne : passions, mélancolie et désir farouche de liberté. Mais personne n'a accès à ce côté-là, ni son mari, ni ses parents, ni sa sœur dépressive. C'est son jardin secret. Marie a également le sens de la répartie face au dragueur, elle aime la compagnie des soldats, les errances, « être seule dans Paris, sans personne qui prenne soin d'elle, […] ne la réclame, […] sans témoin que soi-même ». Et dès qu'elle le peut, elle cherche à disparaître, tombant amoureuse d'un étudiant auprès de qui elle recherche l'abandon. « [Mais] on ne se libère pas en abandonnant, dit-elle. La libération se fait au sein même de ce que l'on n'abandonne pas. » Outre la condition des femmes qu'elle décrit à merveille (ce qui lui a valu d'être citée par Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe), le style de Madeleine Bourdouxhe est une belle leçon rythmique ; il est simple et efficace, avec ce qu'il faut de douce brutalité, d'empathie, de sensualité retenue, de réalisme poétique.
Christophe Grossi
Actes Sud, avril 2009, 160 p., 15 €, ISBN : 978-2-7427-8226-0
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 1er juin 2009 | |  | |
Barbara Carlotti
Après un premier album en 2006, intitulé « Les lys brisés », coup de cœur de l’Académie Charles Cros, avec lequel Barbara Carlotti était partie à New York, Montréal ou encore Londres, elle s’en va cette fois partager les nouvelles compositions de son dernier opus « L’idéal », sorti en 2008, en Corée du Sud du 9 au 13 mai. Saluée par la critique (Télérama, Libération…), Barbara Carlotti offre avec ce nouvel album, une facette résolument plus solaire, alliant les sonorités pop-folk qui lui sont chères aux accents électro, fruits de sa collaboration renouvelée avec Readymade alias Jean-Philippe Verdin. L’artiste distille un soupçon de cordes et de cuivres pour parfaire l’habillage musical d’une écriture sophistiquée. Elle sera donc en tournée en Corée du Sud du 9 au 13 mai.
5 personnes sur scène 6 en tournée Contact : Xavier Aubonnet/PBOX xavier.aubonnet@pbox-concerts.com 00 33 475 860 516 5 cité Chabert 26000 Valence En savoir plus www.barbaracarlotti.com www.myspace.com/barbaracarlotti
| 29 mai 2009 | |  | |
Notre besoin de Rimbaud,
Yves Bonnefoy
On peut dire que l’œuvre de Rimbaud occupe une place centrale dans la réflexion d’Yves Bonnefoy, qu’elle est sans doute même à l’origine, sinon de sa vocation, du moins de l’idée qu’il s’était forgée au départ de la poésie – et qu’elle l’a depuis lors toujours accompagné. C’est donc une excellente idée d’avoir regroupé en un seul volume la quasi-totalité des études qui marquent les étapes de ce long et fructueux dialogue. Le noyau de l’ouvrage est bien sûr constitué par le Rimbaud de 1961, qui avait marqué un tournant dans l’approche de l’œuvre et qui a conservé, un demi-siècle plus tard, tout son pouvoir d’incitation. Les autres textes, pour s’attacher à des inflexions plus précises (ou à certains poèmes en particulier) témoignent de la même intelligence de l’œuvre – d’une forme de tendresse aussi pour celui qui sut l’inscrire, seul en son temps et sans le secours d’une main amie. À la suite d’une éclairante étude sur « Madame Rimbaud », plusieurs textes reviennent ainsi sur les blessures intimes auxquelles ne se limitent certes pas les poèmes de 1870-1872 ou les Illuminations, mais qui n’en ont pas moins participé à leur écriture, à leur constante et impossible volonté de dépassement. La conférence inédite placée en ouverture – qui donne son titre au livre – réaffirme la présence inactuelle de Rimbaud dans une époque qui « le lit peu, ou mal » : Bonnefoy aura largement contribué, quant à lui, à en éclairer le sens et la portée.
Yves di Manno
Éd. du Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », mars 2009, 464 p., 23 €, ISBN : 978-2-02-099216-9 En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 28 mai 2009 | |  | |
Naître ennemi. Les enfants de couples franco-allemands nés pendant la seconde guerre mondiale,
Fabrice Virgili
Fabrice Virgili poursuit et creuse le sillon qu’il avait ouvert avec son ouvrage sur les femmes tondues à la Libération, soit les méandres indicibles qui se situent à la croisée des drames publics que sont les guerres et de leurs effets dans la sphère privée, ce dont on ne s’était pas vraiment préoccupé jusque-là. Pour mieux faire ressortir la dimension proprement humaine, affective des guerres et des traumatismes subis, il démultiplie les échelles : l’État, les associations, les familles, les individus. Ce champ d’investigation, très riche d’enseignements sur la période traitée, est aussi éclairant à propos des tragédies les plus actuelles. L’auteur procède en historien, mais mobilise également le savoir psychanalytique. Il évoque, entre autres, ce que Serge Tisseron appelle les « suintements du secret », qui entourent ces naissances « honteuses » de part et d’autre du Rhin. Là est l’autre nouveauté de cet ouvrage, son aspect comparatif sur les conditions qui président à la manière dont sont traitées ces naissance chez les Allemands comme chez les Français. Il s’interroge aussi, par-delà la période d’affrontement militaire, sur la manière dont la mémoire collective dans chacun des deux pays influe sur le sort de ces enfants plus nombreux qu’on ne pense. En effet, des dizaines de milliers d’enfants sont nés en France de pères allemands, de ce que l’on a appelé « la collaboration horizontale », « enfants de boches » voués aux gémonies. Mais de l’autre côté du Rhin, il y a aussi de nombreux enfants nés de pères français, prisonniers volontaires ou travailleurs forcés du STO. Quel est leur sort, celui de leur mère, quel est leur devenir dans la France et l’Allemagne en guerre et dans l’après-guerre, autant de questions que se pose l’historien, démythologisant le prêt-à-penser, faisant surgir des foyers d’accueil, des associations, des réseaux de solidarité clandestine, autant de modes de socialité pour atténuer l’impossible à vivre en tant qu’ennemi. Mais il reste le trauma psychique, legs de toute guerre, de tout déplacement violent de population et c’est cette dimension majeure qu’explore ce bel ouvrage.
François Dosse
Payot, février 2009, 376 p., 25 €, ISBN : 978-2-228-90399-8
En savoir plus www.payot-rivages.net/
| 27 mai 2009 | |  | |
Une vie à coucher dehors,
Sylvain Tesson
[Prix Goncourt de la nouvelle 2009]
Sylvain Tesson, l’écrivain-voyageur au long cours, qui nous a déjà transporté loin et haut avec un Petit traité sur l’immensité du monde et son Éloge de l’énergie vagabonde, nous propose ici son troisième recueil de formes brèves. Quand bien même il cherche le plus souvent à l’oublier, l’homme est destiné à mourir et c’est même la seule certitude qu’il puisse avoir sur son devenir. Sylvain Tesson, qui le sait, fait de la mort le personnage principal de douze des quinze récits de ce recueil. Qu’il agisse de meurtres, de suicide, d’accident ou simplement d’aspiration au néant, la « faucheuse » hante les histoires qu’il nous conte. Mais, lecteur, ne va pas pour autant sombrer dans le désespoir car tu pourras cependant trouver dans ce livre un formidable appétit de la vie et un puissant amour de la beauté. Tous les thèmes chers à Sylvain Tesson sont là : aspiration à la solitude, culte de la nature, rejet du machisme, recherche du choc esthétique, toute-puissance du destin… Avec une écriture rapide et acérée, riche en vocabulaire technique et parfois en mots précieux, utilisant l’ironie comme arme contre la bêtise et l’humour en viatique de survie, l’auteur ferre le lecteur dans les mailles resserrées de son filet et le fait partager ses intuitions et ses éblouissements. Si la dernière nouvelle, « Le Phare », illustre la dédicace – à la fée de l’éternel retour – mise en exergue de l’ouvrage, la cinquième, « Le Lac », nous offre un petit condensé d’intensité tragique et de beauté implacable.
Dominique Fayolle
Gallimard, mars 2009, 207 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-07-012466-4
En savoir plus www.gallimard.fr
| 26 mai 2009 | |  | |
La Maison Maupassant,
Patrick Wald Lasowski
Éminent spécialiste du roman libertin du XVIIIe siècle, étudiant de près la littérature du XIXe siècle, Patrick Wald Lasowski explore dans cet essai pertinent, les sens – entre autres choses – des mots « habiter » et « maison » chez l’auteur de Bel-Ami, dans sa vie comme dans son œuvre. La maison close semble être la préférée de Maupassant, comme d’autres auteurs de son temps, de Huysmans aux si distingués frères Goncourt. La maison close rassure paradoxalement Maupassant parce qu’elle est ouverte. C’est un lieu de passage où l’on va « chaque soir, vers onze heures, comme au café, simplement », dit-il, sachant que son seul refuge véritable est l’écriture. Et il écrit, des contes et des nouvelles, par dizaines, unités closes comme les « passes », qu’on peut aisément comptabiliser. Ce qu’il ne manque pas de faire. Maupassant a parfaitement pressenti l’aspect sexuel de la nouvelle, écrite pour satisfaire le lecteur pressé. Mais Patrick Wald Lasowski ne dissimule pas l’autre dimension de l’œuvre : les contes noirs, les contes d’hiver et de désespoir, où le monde se défait implacablement. Le Horla s’inscrit dans cette voie, ce chef-d’œuvre qu’on ne se lasse pas de relire. La hantise de la mort et de la maladie dans laquelle Maupassant s’enfoncera progressivement, si sa mère, Laure de Maupassant, ne lui a pas enseignée, elle lui en a abondamment parlé. À la fin de sa vie, Maupassant connaîtra une étrange maison, la Maison Blanche : c’est ainsi qu’on désignait la clinique du docteur Blanche à Passy. Maupassant, dans son délire, était persuadé qu’on le faisait habiter une maison de syphilitiques. Comme si cette maladie avait pu le faire entrer dans une sorte de communauté et briser enfin la solitude glacée et la mélancolie qui l’étouffaient.
François Poirié
Gallimard, coll. « L’un et l’autre », janvier 2009, 98p, 14 €, ISBN : 978-2-07-012137-3
En savoir plus www.gallimard.fr
| 25 mai 2009 | |  | |
Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française,
Dominique Kalifa
Biribi ? La simple évocation du nom suscite le frisson chez ceux qui se souviennent de ce que cela rappelle. Ce nom n’est heureusement plus de saison. Il appartenait donc à un historien d’en exhumer le sens et c’est ce que réussit Dominique Kalifa qui a déjà à son actif un certain nombre d’études qui font autorité sur les marges nauséabondes de la République triomphante. Lieu de mémoire ou plutôt non-lieu de mémoire, Biribi n’est ni un homme ni un lieu précis, mais le nom générique désignant les structures disciplinaires et pénitentiaires de l’armée française installées en Afrique du Nord, appelées officiellement « corps spéciaux » et « bagnes militaires » par les journalistes et écrivains. Ce nom a été popularisé par Georges Darien qui a publié son livre Biribi en 1890 (le livre est d’ailleurs dédié à Michelle Perrot qui a conseillé un jour à l’auteur de se plonger dans l’œuvre de Darien). À l’apogée du système, ce sont entre 10 000 et 15 000 hommes qui font l’expérience de ces bagnes et au total on compte entre 600 000 et 800 000 hommes qui ont transité de 1830 à 1960 dans cette épreuve de l’extrême. La Grande Muette aura soigneusement caché cette véritable zone de non-droit où tout était permis au nom de l’intérêt national. Dominique Kalifa en fait un dossier d’histoire sociale. Il interroge, à partir de ce cas, la faillite de la démocratisation du système judiciaire. Bénéficiant de la possibilité de consulter des archives militaires et ajoutant d’autres sources (des brochures, des romans, des reportages, des mémoires…), il tient à restituer au plus près la parole des acteurs, à la fois des victimes et des tenants de l’institution militaire, afin de mieux comprendre les mécanismes de ce dispositif répressif. Le moins que l’on puisse dire est qu’il révèle une face cachée de la « plus grande France » dont on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit à compter dans la partie « positive » de la présence française en Afrique du Nord. Elle en est sa part cachée, son cachot, sa part souffrante. François Dosse
Perrin, mars 2009, 344 p., 21 €, ISBN : 978-2-262-02384-3
En savoir plus www.editions-perrin.fr
| 22 mai 2009 | |  | |
Ça,
Franck Venaille
Dès Caballero Hotel (Minuit, 1974), Franck Venaille avait inventé un cadre d’écriture qui lui est devenu propre, un espace narratif qui échappe aussi bien à la poésie qu’au roman (du moins dans l’acception courante de ces termes). Mêlant au contraire les registres, faisant alterner la prose et les vers, ses livres déroulent ainsi des récits morcelés, entrecoupés de stances sardoniques ou d’apostrophes blessées qui n’ôtent rien à la gravité de leur méditation. Après Chaos, unanimement salué par la critique en 2006, le Mercure de France publie aujourd’hui Ça, qui est peut-être l’œuvre la plus aboutie de Venaille dans la tonalité qu’il s’est choisie ces dernières années, brassant ses thèmes de prédilection – l’enfance repliée, la guerre d’Algérie, les dérives urbaines, les paysages lourds de sens qui oscillent entre la Flandre et l’Italie – et poursuivant sa quête « d’objectiviste lyrique », comme il se définit lui-même. Formellement, on peut parler ici de plénitude, même si l’inquiétude qui fonde cette œuvre, et son instabilité majeure, l’innervent de part en part. Le récit esquisse sans complaisance, et non sans ironie parfois, le bilan d’une vie vouée à un dialogue conflictuel avec le monstre poésie. Les séquences en vers qui le ponctuent comptent en tout cas parmi les plus lumineuses de l’auteur – d’or, de sang et de noir mêlées.
Yves di Manno
Mercure de France, février 2009, 156 p., 14,80 €, ISBN : 978-2-7152-2881-8
Cet ouvrage a été publié avec le Centre national du livre.
En savoir plus www.mercuredefrance.fr
| 20 mai 2009 | |  | |
Quand les images prennent position. L’œil de l’histoire, 1,
Georges Didi-Huberman
C’est en analysant deux livres plutôt « à part » dans la production de Bertold Brecht, l’Arbeitsjournal (« Journal de travail »), rédigé de 1938 à 1955, et le Kriegsfibel – « Abécédaire de la guerre », étrange atlas d’images en tous genres de la seconde guerre mondiale, légendé d’épigrammes et publié en 1955, que Georges Didi-Hubeman poursuit sa réflexion déjà très nourrie sur les images et sur leur historicisation. La notion princeps retenue par l’auteur est celle de « prise de position », une notion (qui recoupe celle, très brechtienne, de distanciation) utilisée en raison de sa charge critique tout d’abord et de sa charge temporelle qui permet à Didi-Huberman de travailler la question : comment des images produisent de la connaissance historique qui soit une connaissance différente de celle proposée par le travail classique de l’historien ? Dans cette optique le montage image-texte, le dispositif matériel hybride de l’écriture et de la mise en page retenu par Brecht est essentiel. On pourrait dire que c’est non seulement cette « historicité immanente » des images mais aussi leur « conceptualité immanente » que cherche à cerner l’auteur à partir du travail de Brecht et avec le renfort privilégié des analyses de Walter Benjamin.
L’ouvrage n’est pas seulement une exploration très fine et très documentée de cette « politique de l’imagination », il ouvre bien des pistes pour croiser des démarches, problématiques, outils et références habituellement disjoints dans les analyses d’images. Ce livre foisonnant peut dérouter et n’est pas toujours facile d’accès, mais il exemplifie sans aucun doute un nouveau type d’écriture structurée elle-même par une forme de montage d’un long texte troué d’images et découpé en séquences conceptuelles. Un travail qui inéluctablement appelle des développements passionnants du côté des explorations des régimes de vérité et d’historicité des images.
Christian Delacroix
Les Éditions de Minuit, coll. « Paradoxe », février 2009, 272 p., ill. n. & b., 22,50 €, ISBN : 978-2-7073-2037-7
En savoir plus www.leseditionsdeminuit.eu
| 19 mai 2009 | |  | |
Coco avant Chanel,
de Anne Fontaine
Une petite fille du centre de la France, placée dans un orphelinat avec sa soeur, et qui attend en vain tous les dimanches que son père vienne les chercher. Une chanteuse de beuglant à la voix trop faible, qui affronte un public de soldats éméchés. Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l’arrière-boutique d’un tailleur de province. Une apprentie-courtisane au corps trop maigre, qui trouve refuge chez son protecteur Etienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards. Une amoureuse qui sait qu’elle ne sera « la femme de personne », pas même celle de Boy Capel, l’homme qui pourtant l’aimait aussi. Une rebelle que les conventions de l’époque empêchent de respirer, et qui s’habille avec les chemises de ses amants. C’est de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l’inventer. Dans la peau de Chanel Anne Fontaine a tenu à ce que l'allure d'Audrey Tautou évolue au fur et à mesure du chemin parcouru par Chanel, qui a construit sa silhouette sur sa différence. Tout en cherchant à retrouver l'image mythique de la couturière, Audrey Tautou y a ajouté sa propre touche et s'est en partie fiée à son instinct: "Le plus difficile était de ne pas se satisfaire d'un effet mimétique, même si à l'écran une ressemblance est toujours efficace, mais de parvenir à rendre sa vraie nature," explique-t-elle. L'actrice, qui a fait évoluer sa posture et son regard, avoue avoir suivi malgré elle l'état d'esprit évolutif de la couturière, au début peu sûre d'elle puis peu à peu plus affirmée et consciente de son rôle: "Le mimétisme n'était pas dans le costume, je dirais presque dans le côté superficiel du personnage, mais dans son intériorité", confie-t-elle.
Avec : Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Marie Gillain, Emmanuelle Devos, Alessandro Nivola
Sortie nationale : 22 avril
En savoir plus www.cocoavantchanel.fr www.unifrance.org/film/29823/coco-avant-chanel
| 18 mai 2009 | |  | |
Le pays à l’envers, de Sylvaine Dampierre - Documentaire
Un voyage personnel en mémoire esclave au coeur de la Guadeloupe De retour dans l’île que son père a quitté 50 ans plus tôt, la cinéaste remonte le cours du temps pour retracer l’histoire de son nom. Au fil de ce voyage initiatique sur les terres d’enfance de son père, son enquête nous transporte jusqu’à l’époque de l’esclavage. Aux archives, dans les jardins créoles ou les ruines des usines à sucre, se croisent les chemins d’une mémoire vivante, se dessine la vision d’un pays où les récits, les corps, les musiques, parlent avec force d’une histoire qui résonne encore. Le film se compose comme un jardin créole, dans le foisonnement des images et des récits ; il s’attache à la terre, entremêle repères intimes et mémoire collective. Avec Michel Rogers, généalogiste habité, à travers les souvenirs du père exilé ou dans les pas de Léna Blou, chorégraphe inspirée et de ses jeunes élèves, il déchiffre les traces contemporaines de l’esclavage, voire du colonialisme en général. Au détour de la Guadeloupe d’aujourd’hui il tend un miroir à la France dite métropolitaine : il part à la recherche de l’envers du pays.
Savoir qui l'ont est Le généalogiste guadeloupéen qui a travaillé sur le film a été surpris d'observer à quel point son entourage était inculte au sujet de ses origines. "J'ai rarement rencontré quelqu'un qui était content de savoir d'où il sortait en réalité. On nous a désaculturé", dénonce t-il. L'impératif "N'oubliez jamais que vous descendez d'esclaves", qui pour lui tient lieu de cri du coeur au sein du film, lui permet également d'évacuer un non-dit et d'exprimer sa volonté d'enraciner la mémoire.
Avec : Lena Blou, Jean Dampierre, Manuel Gomez, Suzette Créantor, Michel Rogers,
Sortie nationale : 29 avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/28071/le-pays-a-l-envers
| 18 mai 2009 | |  | |
Douce Lumière,
Marguerite Audoux
Ouvrage publié avec le soutien du Centre national du livre
Douce Lumière, le dernier roman de Marguerite Audoux, a été publié chez Grasset en 1937, l’année même du décès de la romancière. Lorsqu’elle entreprend la rédaction de cet ultime roman, elle est alors âgée de 70 ans et presque aveugle. Elle ne sait si elle pourra aller jusqu’au bout : « Si je ne le finis pas, il m’aura toujours aidé à finir », dit-elle joliment. Elle le finira confirmant du même coup, s’il en était besoin, des qualités d’écriture qui, dès la parution de son premier roman Marie-Claire, prix Femina 1910, lui avaient valu l’admiration sans faille d’Octave Mirbeau et d’Alain-Fournier : une délicatesse, une finesse et une justesse qui allient la pureté simple du conte à la maîtrise de l’analyse psychologique. Douce Lumière, que rééditent aujourd’hui avec bonheur les éditions Buchet-Chastel dans la collection « Domaine public », dirigée par Xavier Houssin, est un récit que l’on devine très largement autobiographique, comme les autres œuvres de Marguerite Audoux, mais peut-être plus intimement douloureux. Il retrace la tragique destinée de l’héroïne éponyme, Églantine de son vrai prénom, que les circonstances de sa naissance ont marquée du sceau du malheur. […]
Philippe Aubier
Pour lire la notice dans son intégralité : http://www.centrenationaldulivre.fr/?Douce-Lumiere
Buchet Chastel, coll. « Domaine public », mars 2009, 224 p., 18 €, ISBN : 978-2-283-02338-6 Préface de Bernard-Marie Garreau, avant-propos de Benoîte Groult En savoir plus www.libella.fr/buchet-chastel
| 15 mai 2009 | |  | |
Sur la sable,
Michèle Lesbre
En pleine nuit, après avoir mis le feu à une villa maritime, celui que la narratrice finira par surnommer Obligado et qui est resté prisonnier de l’été de ses dix ans prend refuge sur la plage. Emmitouflé dans une couverture, tandis que la maison part en fumée, il repense aux fantômes qu’avec ce geste il croyait éloigner. C'est là, sur le sable, que la narratrice le découvre. Et durant toute une nuit, ces deux-là, sans doute parce que le sable « se met partout », mêleront les temps du récit et de la mémoire jusqu'à trouver ce qui les relie – au-delà de leur « petite guerre » et de leurs disparus. Mais ce qui se bâtit sur le sable est précaire et voué à l'échec. Lui, le pyromane d'une nuit, brûle de parler à la narratrice qui, avant d'arriver là, était veilleuse de nuit dans les hôtels et, après avoir essayé de quitter son filou de Bernier, a erré deux semaines hors de Paris, rêvant d'échapper, grâce à une vie nomade faite de hasards et d'endroits provisoires, à « l'implacable ordinaire ». Mais à force de lectures, de promenades dans les rues, les cafés et les hôtels de la capitale, de balloter « dans plusieurs temps », de donner aux gens qu'elle croise le nom de personnages de Modiano, elle a fini par mélanger la réalité et la fiction. En vingt-cinq courts chapitres, de Paris à Bologne en passant par la côte atlantique, Michèle Lesbre rend ici un hommage bouleversant aux vies et aux villes qu’on s’invente ainsi qu’à celles qui nous manquent. Dans un roman à la fois intimiste, noir et politique, avec élégance et un sens aigu de la phrase, sans glose inutile, elle nous parle une fois de plus (après La Petite Ttrotteuse et Le Canapé rouge) de notre rapport au temps – donc à l'amour, à la mémoire et à la mort. Christophe Grossi Sabine Wespieser éditeur, mai 2009, 160 p., 17 €, ISBN : 978-2-84805-071-3
En savoir plus www.swediteur.com
| 14 mai 2009 | |  | |
Il déserte et autres nouvelles
Ce recueil présente treize nouvelles écrites par de jeunes auteurs dont les textes ont été distingués à l’occasion du 24e prix du Jeune écrivain de langue française. La nouvelle Il déserte, écrite par Arthur Dreyfus, qui donne son titre au recueil, a reçu le 1er prix français, tandis que le texte de Florian Ngimbis Photo finish a recueilli le 1er prix francophone. Si beaucoup de ces nouvelles, toutes très sombres, bien que diverses dans leur facture, aboutissent amèrement à la mort, Il déserte fait de cette mort l’aboutissement lumineux d’une initiation. Dans un récit onirico-fantastique, Arthur Dreyfus nous raconte l’extraordinaire expérience d’un modeste pianiste d’une quarantaine d’années qui, alors que sa carrière s’enlise, va soudain connaître, grâce à un hippocampe bleu, une initiation fulgurante. Celle-ci révèlera son génie artistique et, après la reconnaissance totale de son talent et une célébrité soudaine, le conduira à la mort dans une sorte de renoncement et pourtant d’apothéose. En contrepoint de ces nouvelles, notons Un dimanche à Bordeaux de Léo Peresson qui nous propose une chronique bourgeoise dont l’auteur écrirait comme un Balzac qui se souviendrait de Laclos.
Buchet-Chastel, mars 2009, 334 p.,19 €, ISBN : 978-2-283-02386-0 Dominique Fayolle En savoir plus www.libella.fr/buchet-chastel www.pjef.net/
| 13 mai 2009 | |  | |
Du paysage en peinture dans l’Occident moderne,
Alain Mérot
Spécialiste de l’histoire de la peinture française au XVIIe siècle, Alain Mérot s’attache ici à dégager la spécificité de ce qu’il désigne comme le modèle du paysage classique. L’intérêt de cette étude réside dans la mise en relation, trop rare, entre la création picturale et le rapport au monde entretenu par une époque. L’autonomisation du paysage sortant de sa fonction de simple décor pour devenir le thème central du peintre connaît son apogée au XVIIe siècle. Elle traduit l’expression d’un point de vue particulier au sens plein d’un mode d’appropriation du monde : « Chaque époque, chaque milieu aurait sa vision paysagère » postule l’auteur qui justifie ainsi une historisation au sens large, dépassant ainsi la perspective étroitement sémiologique ou iconologique. Les caractéristiques propres au modèle classique selon l’auteur sont un mixte entre l’inspiration littéraire d’ordre descriptive, le modèle théâtral qui s’impose au moment de la Renaissance avec sa centralité de la représentation de l’homme déployée sur une scène, bornée par une triple unité de temps, de lieu et d’action. Il est par ailleurs toujours porté vers une poétique qui s’exprime en termes allégoriques et symboliques. Ce modèle prend racine au début de l’époque moderne et se défait à la fin du XVIIIe siècle dans une crise de la représentation idéale. Les œuvres de Poussin et de Lorrain en expriment l’apogée avant que les romantiques anglais et allemands ne remettent en cause cet équilibre classique : l’homme n’est plus alors au cœur du tableau, les bornes s’évanouissent, laissant place à l’infini, et la subjectivité du peintre s’affirme, déconstruisant les normes du paysage idéal classique pour laisser place à une expressivité avant tout personnelle, comme on peut le mesurer dans les toiles d’un William Turner ou d’un Caspar David Friedrich. Le paysage classique est alors relégué au rang d’idéal, mais comme âge d’or « que son inaccessibilité rend douloureusement désirable ».
François Dosse
Gallimard, coll. « Bibliothèque illustrée des histoires », mars 2009, 443 p., ill. n. & b. et coul., 39 €, ISBN : 978-2-07-078108-9
En savoir plus www.gallimard.com
| 12 mai 2009 | |  | |
Leïla ou la femme de l’aube,
Sonia Chamkhi
Sonia Chamkhi vient de recevoir le prix Comar du premier roman en langue française pour son livre Leïla ou la femme de l’aube, édité par la dynamique maison d’édition Elyzad basée à Tunis. Un premier roman qui soulève un tabou par trop souvent occulté : être noire, être née et vivre dans un pays du Maghreb. Être le fruit d’une union mixte et subir la pression sociale, des siens et puis des autres. L’héroïne de ce roman, Leïla, est une femme libre, une artiste, une cinéaste, qui écrit, à la manière d’un journal, à son amour d’enfance, Iteb, vivant de l’autre côté de la Méditerranée. L’acte manqué, ses errances avec des amies paumées, l’influence de la mère, sont autant d’entraves à son parcours de personnage idéaliste, de figure éclairée du monde maghrébin d’aujourd’hui.
Sonia Chamkhi enseigne le design, l’image et la pratique audiovisuelle à l’Institut supérieur des beaux-arts et à l’École des arts et du cinéma de Tunis. Auteur dramatique, elle a écrit et réalisé des courts métrages, et a également participé à l’adaptation de plusieurs longs métrages tunisiens.
Créé en 1997, le prix Comar est devenu le prix littéraire de référence en Tunisie. Le jury, composé de journalistes et d’universitaires, a été séduit par « une écriture rigoureuse et poétique, où la variation des procédés narratifs se conjuguent pour raconter, avec lucidité et courage, la difficulté d’être femme dans une société tunisienne présumée émancipée, mais où les préjugés font encore loi. Un roman tendre et cruel qui révèle une jeune auteure. »
Elyzad, avril 2008, 190 p., 15 €, ISBN : 978-9973-58-013-9
En savoir plus www.elyzad.com
| 11 mai 2009 | |  | |
Les Onze,
Pierre Michon
Quel effort il aura fallu à Pierre Michon pour écrire Les Onze ! Avec la matière qu'il avait, il aurait pu en faire une fresque historique sur fond d'espionnage ou une hagiographie. Mais c'est mal connaître l'auteur qui d'ailleurs s'amuse de la mode actuelle pour la généalogie. Non, au-delà de l'œuvre de Corentin, il sera ici fortement question de magie créatrice, du complexe œdipien, des sirènes qui empêchent de raconter l'histoire dans le bon sens, de curiosité intellectuelle, de poésie, de mauvais vin, de coucheries mais aussi d'insultes à Dieu, d'alliances et de traîtrises ou encore de la commande d'un tableau faite « avec les plus mauvaises intentions ». Et, une fois encore, en guide inspiré, l'auteur parvient à se faire se côtoyer les figures des Lumières et les vies minuscules, ces hommes qui travaillent dans la boue du canal près d'Orléans. En deux parties, l'écrivain revient sur deux moments de la vie du peintre Corentin. On le découvre d'abord à dix ans, vrai petit tyran, entouré de sa mère et de sa grand-mère où pour se venger de l'absence du père (écrivain raté) il rend la vie difficile à ces deux femmes. Puis il devient vieux et laid. On est alors en 1794, en pleine Terreur, quand on lui passe commande d'un tableau : ses modèles seront les onze représentants du Comité du salut public (dix écrivains plus un, qu'on surnommait les « onze parricides », parmi lesquels Robespierre, Collot ou Carnot). Et c'est là qu'il réalisera l'un de ses chefs d'œuvre et c'est là aussi, nous dit Michon, qu'il peindra onze fois son père, « onze fois la revanche irréelle de son père, la défaite réelle de son père, debout ».
Christophe Grossi
Verdier, avril 2009, 144 p., 14 €, ISBN : 978-2-86432-552-9
Grand prix du roman de l'Académie française En savoir plus www.editions-verdier.fr
| 10 mai 2009 | |  | |
Romaine par moins 30,
de Agnès Obadia
Romaine a 30 ans. Justin, son fiancé, décide de l’emmener à Noël dans le grand nord québécois pour y mener une nouvelle vie. Mais au-dessus de l’Atlantique, Romaine, apprenant que l’avion va s’écraser, décide qu’elle ne veut pas mourir sans avoir avoué à Justin une vérité qu’elle lui a toujours cachée. Cependant, rien ne va se passer comme prévu…
Label Romaine Le personnage de Romaine existait avant ce film. Agnès Obadia l'avait créé alors qu'elle était étudiante en cinéma. Il apparaît pour la première fois dans le court métrage Romaine, un jour ou ça va pas. On le retrouve dans trois autres courts métrages (Romaine et les garçons, Romaine et les filles, Romaine et Romaine) qui assemblés pour former le premier long métrage de la cinéaste, intitulé... Romaine, sorti en salles en janvier 1997. Romaine est alors interprétée par la réalisatrice elle-même.
Avec : Sandrine Kiberlain, Pascal Elbé, Pierre-Luc Brillant, Louis Morissette, Maxim Roy, Françoise Graton, Gilles Pelletier
Sortie nationale : 29 avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/28953/romaine-par-moins-30
| 7 mai 2009 | |  | |
Tuer Catherine,
Nina Yargekov
« Le problème n’est pas de savoir si ce livre vous plaira, mais si vous, vous lui plairez », affirme d’emblée Nina Yargekov, née en 1980, à propos de ce premier livre, intrigant, ludique et totalement inclassable. Mais d’abord : qui est Catherine ? Un personnage de fiction qui a l’indécence d’élire domicile dans le corps de la narratrice. Au départ, celle-ci accepte l’idée d’être deux mais très vite cette présence se révèle insupportable : d’où la décision de tuer Catherine, cet « avatar raté d’Anna Karénine » dont elle possède les tares mais non la grâce. Parallèlement, des voix, fort différentes, « discutent » dans l’esprit de la narratrice. Les échanges vifs entre ces âmes sœurs, rarement d’accord et ne s’exprimant pas du tout de la même manière – vulgaire, pédante, banale ou exaspérée – provoquent un effet comique assuré. Le pire, c’est la voix de Catherine elle-même, que la narratrice entend nuit et jour comme un feuilleton radiophonique diffusé en boucle. On pourrait penser que Tuer Catherine est un exercice rhétorique sans aucun contenu concret. Pas du tout. C’est bel et bien une fiction, une « psycho-fiction, une névrose-fiction, une Lexomil-fiction », dit la narratrice qui ne cache pas qu’elle s’amuse beaucoup – et nous avec elle – à faire et défaire le cadre de son livre et à jouer avec ses personnages et les situations qu’elle leur impose. En réalité, Tuer Catherine est un objet littéraire parfaitement maitrisé, jusque dans sa subversion, et qui pose aux lecteurs des questions essentielles dont celle de l’identité.
François Poirié
P.O.L, février 2009, 248 p., 18 €, ISBN : 978-2-84682-278-7
En savoir plus www.pol-editeur.fr
| 6 mai 2009 | |  | |
Walter Benjamin. Une vie dans les textes. Biographie,
Bruno Tackels
Bruno Tackels, après avoir écrit deux essais sur Walter Benjamin, a entrepris d’écrire la vie de Benjamin dans ses textes pour « nommer sa pensée en se laissant guider par le mouvement de sa vie ». Un choix qui peut s’expliquer par au moins deux raisons : parce que cette vie est « l’allégorie absolue du destin de l’intellectuel à l’époque du capitalisme postfasciste » et parce que Tackels est persuadé de l’incompréhension radicale de l’œuvre de Benjamin, y compris par ceux-là même qui étaient ses lecteurs les plus avisés et les plus fidèles (Brecht, Adorno) et qui ont refusé de « voir l’incroyable nouveauté » que Benjamin leur renvoyait. Pour l’auteur, se tenir au plus ras de la vie dans les textes c’est essayer de comprendre comment Benjamin s’est laissé entraîner dans tant de « dépendances mortelles », saisir « ce qui se joue dans la tête d’un homme qui descend vers l’enfer, et qui le sait, et qui l’écrit ». L’idée rectrice de l’écriture du livre est donc de considérer que ses textes transfigurent, traduisent et mettent en intelligibilté la vie de Benjamin. « L’équation monstrueuse » de sa vie est déployée, déroulant cette impresssionnante suite d’échecs, de déceptions, de revers, de trahisons, de renoncements et de paroles manquées. Une vie toujours en contre-pied, en contre-temps, en écart, en déplacements et voyages, catastrophe à l’image de l’épicentre de ce siècle des catastrophes, les années 1930-1940, qui arrime si étroitement Benjamin dans notre modernité tragique.
Le livre est une somme impressionnante de compréhension inquiète pour ce parcours hors-normes. Les annexes sont de précieuses « notes de lecture » de 10 textes fondamentaux de Benjamin. C’est désormais un incomparable outil de décryptage d’une pensée qui est redevenue, après une longue éclipse, indispensable à la compréhension de notre « temps désorienté ».
Christian Delacroix
Actes Sud, avril 2009, 839 p., 29 €, ISBN : 978-2-7427-8224-6 En savoir plus www.actes-sud.fr
| 5 mai 2009 | |  | |
La Puissance des corps,
Yann Queffélec
Une histoire de gros durs au cœur tendre aimant la bagarre et bousculer les filles, menée par des responsables du GIGN, le colonel Rémus, 45 ans, et son ami Franck, deux nostalgiques de l’Afghanistan, « doux comme des chats angoras ». La guerre leur manque à cause du « fossé qui sépare la vie du citoyen routinier de celle, incompréhensible, de l’homme d’action ». En attendant, Rémus qui navigue non sans mal entre femme, maîtresse et filles de passage, dirige une police parallèle, « les chats maigres », spécialisée dans la fraude alimentaire. Yann Queffélec peut ainsi nous livrer au passage un compte rendu d’autant plus difficile à avaler qu’il est précis ; il s’agit d’un rapport sur les techniques d’abattage et de transformation de vaches folles en mets savoureux. Tout irait presque pour le mieux si Walli, alias Popeye, le petit garçon que Rémus a sauvé de l’enfer de l’Afghanistan, ne disparaissait soudain, brutalement enlevé le 6 avril 2013 sur une plage bretonne. Dès lors Rémus n’a qu’un seul but, le retrouver. Pour cela il engage la belle Onyx – « loustic génial et bon petit pirate » – végétarienne et écolo, qu’il a auparavant pincée sur Greenpeace. Le style dru et vert charriant des métaphores truculentes – on pense à Frédéric Dard – embarque le lecteur à travers mille péripéties pour des aventures débridées.
Dominique Fayolle
Fayard, février 2009, 281 p., 19 €, ISBN : 978-2-213-62767-0
En savoir plus www.editions-fayard.fr
| 4 mai 2009 | |  | |
L’Homme assis dans le couloir, de Marguerite Duras
Mise en scène de Razerka Ben Sadia Lavant
Sarah Crépin danse la grâce. Dans un corps désaxé par la cohabitation du féminin et du masculin, elle danse parmi les voiles, créant une multitude de visions. Son corps effleuré, syncopé par les mots du texte qu’elle entend, s’irradie de lumière. Jacques Dutronc par sa voix (enregistrée) apporte une couleur sensuelle, sensible, virile. Tal Beït-Halachmi par sa voix profondément musicale nous invite au centre de l’œuvre de Duras.
Avec Sarah Crépin, danseuse Et les voix enregistrées de Jacques Dutronc et Tal Beït-Halachmi Format : 5 personnes En savoir plus Contact : lavant.razerka@neuf.fr
| 4 mai 2009 | |  | |
« Le cri »
Dans cette pièce de Nacera Belaza, chorégraphe d’origine algérienne il s'agit de donner une orientation intérieure : quitter le corps, libérer son énergie, accélérer, tout en maintenant la conscience à un endroit fixe — sans céder, sans tomber dans la transe.
« Inspiré par la traditionnelle, Le Cri tisse des correspondances entre la religion et le quotidien. Bande-son assourdie, voix étouffée du chanteur (Larbi Bestam), corps qui passent d'un pied sur l'autre dans un halo de lumière jaune. Lentement, Nacera Belaza et sa soeur Dalila font chauffer le mouvement [un seul — fondement de toute présence sur scène — refusant la séduction, l'artifice du geste dansé] jusqu'à ce qu'il les déborde en grandes vagues souples. Rivées au sol, elles semblent à la fois s'y visser et s'envoler.
Ce paradoxe se répercute sans fin dans la pièce, véritable exercice de jouissance très strict. Minimaliste et expansive, elle met dans la balance l'ascèse et la transe. La répétition et l'insistance maîtrisées du mouvement dérèglent l'horloge interne des interprètes pour emballer le système nerveux. Le plaisir se lit sur les visages. Qu'ils sourient ou se crispent dans une expression d'égarement presque douloureux, rien de factice dans leur extase. Avec Le Cri, Nacera Belaza signe une rêverie majeure sur l'humain et son désir de spiritualité en s'autorisant le plaisir. »
Où voir la pièce: Jeudi 5 février 2009 - CDC de Toulouse Vendredi 6 février 2009 - Théâtre de Cahors Mercredi 11 février 2009 - La Cité internationale – prog Hors saison ARCADI Samedi 7 Mars 2009 - Biennale nationale de danse du Val-de-Marne / Ivry Samedi 14 mars 2009 - Théâtre du Merlan / Marseille Dimanche 15 mars 2009 - Théâtre du Merlan / Marseille Mardi 17 mars 2009 Sharajh Biennale (9ème édition) / Émirats Arabes Unis (date à préciser) Jeudi 19 mars 2009 - Centre Culturel Jean Gagnant / Limoges Mardi 31 Mars 2009 - Théâtre d’Arles Jeudi 2 avril 2009 - Théâtre de l’Agora –Scène Nationale d’Evry et d’Essonne Mercredi 22 avril 2009 - Festival de Singel / Anvers / Belgique Jeudi 23 avril 2009 - Festival deSingel / Anvers / Belgique Samedi 25 avril 2009 - Festival Bipod à Beyrouth / Liban Samedi 16 mai 2009 - Institut du Monde Arabe / Paris 23 août 2009 Zürcher Theater Spektakel / Zurich 23, 24, 25 et 26 septembre 2009 - L’Agora à Montréal (4 représentations) Octobre 2009 (entre le 15 et le 20) Festival Temps Danse d’Automne – Forum du Blanc-Mesnil (dates à venir)
En savoir plus http://www.vannarath.free.fr/site/ http://www.algerie-dz.com/ http://www.paris-art.com/agenda/evenements/d_evenement/Nacera-Belaza-Le-Cri-10827.html http://www.telerama.fr/scenes/nacera-belaza-devouee-corps-et-ame-a-la-danse,28939.php
| 4 mai 2009 | |  | |
D'autres vies que la mienne,
Emmanuel Carrère
Un tsunami entraîne avec lui et tue une petite fille, Juliette, alors en vacances au Sri Lanka avec ses parents. Quelque temps après, le cancer emporte une autre Juliette – épouse, mère de trois petites filles, juge et belle-soeur de l'auteur. Entre ces deux drames, erre un narrateur totalement obsédé par son incapacité d'aimer, autocentré, insatisfait et jaloux. Jusqu'à ce qu'il réagisse enfin et s'apaise. Il aura donc fallu au moins deux morts, deux Juliette, pour que le narrateur s'intéresse à d'autres vies que la sienne et, chose faite, puisse s'intéresser à sa femme qu'il aimerait aimer longtemps et à sa fille qui vient de naître. Avant cela, il sera parti à la recherche du corps de la fillette, aura interrogé ceux qui entouraient sa belle-soeur, notamment son mari et ses parents mais surtout Étienne Rigal qui épluchait avec elle des dossiers de surrendettement au tribunal d'instance de Vienne... Cet anti Jean-Claude Romand (L'Adversaire), boiteux, solaire, humaniste, déterminé et vainqueur d’un cancer, donnera alors à l'auteur l’idée d'écrire ce livre. Au cours des entretiens, outre les problèmes de droit, de justice, de handicap et de politique, il y sera aussi question d’amour et d'amitié. Mais parce que Carrère ne nous épargnera pas les descriptions de la destruction, nous penserons alors à tous ces parents qui perdent leur enfant, à tous ces enfants qui voient mourir leur mère. Mais l’auteur aura réussi son retour parmi les humains. « La vie m'avait mis à cette place, Étienne me l'avait désignée, je l'occupais. », écrit-il. Et il tiendra sa place, jusqu'au bout.
Christophe Grossi
P.O.L, mars 2009, 320 p., 19,50 €, ISBN : 978-2-84682-250-3
En savoir plus www.pol-editeur.fr
| 1er mai 2009 | |  | |
Carte d'Identité,
de et avec Diogène « Atome » Ntarindwa
D’origine rwandaise, Diogène Ntarindwa est né en 1977 au Burundi. Enrôlé par le Front Patriotique Rwandais à l’adolescence, il est démobilisé à 19 ans. Après des études de droit au Rwanda, il entre en 2002 au Conservatoire de Liège. Particulièrement attaché au Rwanda et au drame qu’a connu ce pays, Diogène offre le récit de son existence : une guerre qui le ramène sur les terres de ses aïeux, l’exil, le questionnement sur l’identité, le souci de mémoire…. A travers ce témoignage, c’est une galerie de personnages touchants, dépaysants souvent drôles, qu’il interprète: son professeur d’histoire africaine, ses instructeurs, ses camarades d’école avec lesquels il joue à la guerre avant que la guerre ne les rattrape, son père et les anciens, sa mère qui n’a pas pu s’opposer à son départ pour le front… Avec Carte d’Identité, un jeune auteur et interprète fait se croiser la Grande Histoire, celle d’un pays et de ses conflits, avec les hommes et les femmes qui l’ont peuplée. Si l’on (sou)rit beaucoup au spectacle, on ne saurait oublier que Carte d’Identité est l’histoire authentique de Diogène Ntarindwa.
Format : 2 personnes Contact : Olivier Blin La Charge du Rhinocéros 26 rue de la Glacière 1060 Bruxelles Tel: 02.649.42.40
En savoir plus www.chargedurhinoceros.be
| 30 avril 2009 | |  | |
« WOZA» de la cie Via KatleHong (Afrique du sud)
« Woza » comme un cri, un dynamisme à l’état brut qui se répand du plateau à la salle. Ils sont 12 sur scène à déployer une énergie assourdissante et à nous faire vibrer aux rytmes des sons et des danses d’Afrique du sud. Leur point de départ : le pantsula « un mouvement de mode de musique et de danse, un véritable style de vie à travers lequel les jeunes des townships ont retourné leur fierté. » Leurs instruments : des bottes en caoutchouc (le gumboots ) qu’ils frappent au sol ou avec les mains pour en extraire des sons inhabituels, des jumbe pour endiabler encore plus le rythme effréné de leur danse, des bâtons, des chaussures à claquettes pour moderniser un mouvement crée au début des années 50.
Leur style : s’appuyer sur les aspects traditionnels de leur culture pour les faire évoluer vers une modernité réelle, emprunter aux différentes pratiques artistiques pour brasser musique, chant et danse, et relever le tout avec une dose d’humour et de bonne humeur contagieuse.
Un groupe uni, toujours synchronisé qui porte avec lui une énergie presque guerrière et qui sait communiquer toute la gamme de ses talents parfaitement maîtrisés. Un spectacle comme on en voit peu sur les scènes européennes composé de différents tableaux et de jeux de va et vient entre les danseurs.
Là, l’originalité n’est pas à chercher dans une chorégraphie scrupuleusement étudiée mais davantage dans l’énergie débordante des acteurs et dans la transmission de cette énergie.
Diffusion :
Du 26 au 29 mars 2009 à Paris – Théâtre National de Chaillot – France Du 7 au 9 mai 2009 à Montclair – Kasser Theater / Montclair State University – USA Le 17 mai 2009 à Noisy-le-Grand – Espace Michel Simon – France
CONTACTS DIFFUSION : Julie George & Damien Valette 50 rue Jean Pierre Timbaud - 75011 Paris - France Tel +33 (0)1 43 38 03 33 - Fax +33(0)1 43 38 91 83
En savoir plus www.jgdv.net http://www.jgdv.net/fiche_ViaKatlehong.htm
| 30 avril 2009 | |  | |
Histoire, Littérature, Témoignage. Écrire les malheurs du temps,
Christian Jouhaud, Dinah Ribard et Nicolas Schapira
À partir d’un matériel empirique très riche, les témoignages sur les «malheurs du temps», guerre, famine et peste au XVIIe siècle, les auteurs affrontent ce qu’ils nomment un point aveugle de l’usage historien de ces témoignages : les pratiques de mise en écriture des témoignages et les conditions (matérielles, sociales, politiques, culturelles…) de possibilité de leur réception comme témoignages. Ils partent d’une question en apparence simple : comment des écritures du témoignage ont été, en référence et en opposition à la littérature, construites comme des sources supposées donner accès aux réalités sociales ? Il s’agit de sortir de l’alternative «opposant approche documentaire et approche littéraire» : tous les scripteurs, même les plus humbles, sont des auteurs. C’est donc tout autant la prise au sérieux de ces expériences d’écriture interrogées pour elles-mêmes, les procédures d’intégration de ces témoignages dans l’écriture des historiens et plus largement les rapports entre histoire et littérature qui sont en jeu ici. Ces choix méthodologiques se révèlent très féconds. Ainsi, l’analyse des écrits de la figure emblématique de Rétif de la Bretonne si souvent utilisés par les historiens du XVIIe siècle paysan (et en particulier par Emmanuel Leroy Ladurie). Cette contribution démontre très finement comment l’historien finit par « naturaliser » le texte de Rétif en « ignorant » que Rétif produit discursivement sa réalité paysanne en usant de codes littéraires qu’il maîtrise comme écrivain professionnel, ce qui par ailleurs ne revient pas à dénier à Rétif « toute capacité à témoigner sur ce dont il parle ».
En pensant avec une grande rigueur témoignage et histoire dans leur dimension d’écriture et en considérant notamment les historiens comme les « témoins de leur propres pratiques d’écriture », les six contributions du livre témoignent brillamment de la fécondité de la nouvelle réflexivité à l’œuvre en histoire.
Christian Delacroix
Gallimard, coll. « Folio histoire », mars 2009, 405 p., 8,60 €, ISBN : 978-2-07-03428-7
En savoir plus www.gallimard.com
| 30 avril 2009 | |  | |
"Urban Ballet",
Compagnie Rêvolution / Anthony Egéa
La création se compose en quatre parties : un solo - d'une grande intensité et magnifiquement interprété , sur une musique de Vivaldi - un morceau d 'ensemble, sur "le Boléro", plus proche du ballet, ou de la danse moderne que du hip hop et une partie pouvant rappeler une sculpture vivante qui se désintègre, sur une musique de Xenakis. Ces pièces, et plus particulièrement la seconde - montrent de façon très habile le glissement du hip hop vers le contemporain, et le glissement des codes du classique (mouvements d'ensemble etc) vers les codes hip hop. Dates: 18 octobre 2008: Festival Karavel, Espace Albert Camus à Bron 9 décembre 2008: Festival H2O à Aulnay sous Bois 19 - 20 décembre 2008: Théâtre André Malraux de Rueil Malmaison 13 - 14 -15 janvier 2009: Scène nationale de Petit Quevilly / Opéra de Rouen 16 janvier 2009: Centre Juliobona de Lillebonne 20 - 21 janvier 2009: La Rampe à Echirolles 29 janvier 2009: Théâtre de Coutances Du 2 au 6 février 2009: musique et danse en Loire Atlantique à Nantes (4 représentations) 6 mars 2009: Théâtre de Corbeil Essonnes 20 mars 2009: Théâtre de L’Olivier à Istres 24 mars 2009: Théâtre de Poissy 26 mars 2009: Le Mail à Soissons 2 avril 2009: Le Trident, scène nationale de Cherbourg 9 avril 2009: L’Hermitage, Le Bouscat 28 – 29 avril 2009: Scène nationale de Bayonne 2 mai 2009: Breakin’Convention, Sadler’s Wells à Londres 15 mai 2009 : Le Nickel à Rambouillet 19 mai 2009: Théâtre de Saragosse, Espaces pluriels à Pau En savoir plus www.cie-revolution.com
| 29 avril 2009 | |  | |
Le pire, c’est la neige,
Jacqueline Demornex
Dans ce beau récit autobiographique, sans fard, très précis (l’auteur a été journaliste…), la figure d’André Pieyre de Mandiargues, dont on fête cette année le centenaire de la naissance – l’auteur, entre autre, du Soleil des loups, de La Marge (prix Goncourt 1967) ou encore de Tout disparaîtra –, occupe la place centrale. Rien de plus normal puisque Jacqueline Demornex a vécu durant des années une relation intense avec ce mythe des Lettres. Jacqueline Demornex se livre à nous avec le recul du temps. Elle décrit la jeune étudiante qu’elle fut, paralysée par une timidité maladive que seuls les livres – et singulièrement ceux de Mandiargues, Borges, Cortàzar… – réussissent, alors, à apaiser. Une jeune femme qui profitera pleinement de la libération sexuelle des années 1970, faire l’amour lui semblant tout simplement « naturel ». Celle qui confie avoir lu plus de cent fois Nadja sans en épuiser le mystère s’agace parfois du ton désuet des lettres de son amant-poète vieillissant. Mais la vraie difficulté est ailleurs : égarée dans le labyrinthe de l’admiration, Jacqueline Demornex ne réalisera pas son vœu de devenir elle-même écrivain. Ce rêve se concrétise aujourd’hui dans cette confession où se dessine le portrait de l’Aimé magnifique – le titre est extrait d’un poème de Mandiargues –, enfin saisi dans toute la complexité que permet l’écriture pensée comme un défi. François Poirié
Sabine Wespieser éditeur, mars 2009, 252 p., 20 €, ISBN : 978-2-84805-069-0
En savoir plus http://www.swediteur.com/
| 29 avril 2009 | |  | |
Sœur sourire,
de Stijn Coninx
La fin des années 50…Environs de Bruxelles.
Comme tous les jeunes gens de son époque, Jeannine Deckers a soif de liberté et de découverte. Il n’est pas question de se résigner au choix que ses parents ont fait pour elle : choisir un mari et reprendre la boulangerie familiale. Elle aspire à une autre vie. Partir. Aller vers les autres. D’abord tentée par des études de dessin, elle entre au couvent. Jeannine découvre qu’être une Dominicaine, est une vocation difficile. Il faut renoncer à soi et surtout à la musique. Cela, elle n’y est pas prête. Malgré l’incompréhension des autres soeurs mais avec la bienveillance de la mère supérieure elle va tenir bon et composer un « tube » Dominique. Pour le grand public du monde entier, Jeannine va devenir « Soeur Sourire ».
Jeanne-Paule Marie Deckers Née en 1933 en Belgique, Soeur Sourire ou Soeur Luc-Gabriel, de son vrai nom Jeanne-Paule Marie Deckers est une religieuse entrée chez les dominicaines en 1959. A l'origine de quelques compositions musicales, elle signe un contrat avec Philips sous le pseudonyme qu'on lui connait et fait face à un succès mondial en 1963 avec sa chanson "Dominique". Après avoir quitté les ordres, elle continue à s'intéresser à la théologie à sa manière et connaît dans le monde musical un succès beaucoup plus modeste. En 1985, rattrapée par le fisc belge et abandonnée de tous, elle finit par se suicider de désespoir avec sa compagne.
Avec : Cécile De France, Sandrine Blancke, Jan Decleir, Johan Leysen, Chris Lomme, Jo Deseure,
Sortie nationale : 29 avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/29844/soeur-sourire
| 28 avril 2009 | |  | |
La Femme lit,
Sophie Loizeau
Cet ouvrage – dont le titre souligne une ambiguïté volontaire – poursuit la recherche entreprise par Sophie Loizeau et visant à faire bouger, dans la faille ouverte par le poème, le rapport du corps au langage, mais aussi de la lecture au réel… Par-delà la crudité, l’étrangeté même de sa poésie – où le fantastique affleure sans cesse – c’est une réinscription dans la tradition baroque que cette écriture opère, à travers la figure de Diane, l’héroïne masquée de La Femme lit, dans ses métamorphoses picturales, livresques ou charnelles. On aurait tort néanmoins de ne retenir de l’écriture de Sophie Loizeau que sa dimension « érotique » – assumée certes par l’auteur avec une belle insolence – car les excès ou le dépassement qui s’y cherchent témoignent d’une quête dont le langage, étant la clé, indique « sûrement le lit concevable »… Le bref essai qui vient clore l’ouvrage (Le Mythe de soi) éclaire sous cet angle un parcours poétique qu’on peut inscrire dans la lignée de Mandiargues, de Pierre Jean Jouve – ou plus fémininement de Joyce Mansour.
Flammarion, coll. « Poésie », mars 2009, 104 p., 15 €, ISBN : 978-2-08-122179-6.
En savoir plus www.flammarion.com
| 28 avril 2009 | |  | |
LA BIENNALE DE LYON
La Biennale de Lyon figure parmi les biennales d’art contemporain les plus marquantes aujourd’hui.
Crée en 1991 par le Ministère de la Culture et la Ville de Lyon, elle est à présent la «Biennale française» et occupe une place de tout premier plan dans le monde l’art. Rendez-vous artistique incontournable, elle attire un public de plus en plus large (140 000 visiteurs en 2007). Elle fête en 2009 sa dixième édition. La prochaine Biennale de Lyon se tiendra du 16 septembre 2009 au 3 janvier 2010, dans plusieurs lieux de la ville de Lyon. Intitulée « Le spectacle du quotidien », elle sera conduite par Hou Hanru, Commissaire et Thierry Raspail, Directeur artistique. Les previews auront lieu les 14 et 15 septembre 2009.
Le projet artistique de la Biennale de Lyon 2009 : « Le spectacle du quotidien » par Hou Hanru
Nous vivons dans la société du spectacle. Malgré ses effets aliénants sur notre vie et nos liens sociaux, elle est l’une des conditions fondamentales de notre existence. A l’époque de la globalisation ou de l’ « empire global » (Antonio Negri et Michael Hardt), il n’existe plus de « dehors » pour cette société du spectacle. Comment dès lors créer les conditions du nécessaire développement d’idées critiques, créatives, nouvelles, subversives ? C’est en s’engageant sur la question du quotidien que l’art contemporain peut retrouver son rôle social de force critique - et permettre à l’imagination de faire des propositions pour un monde meilleur. Le quotidien est depuis plusieurs décennies déjà désigné comme le champ le plus favorable à une possible reconquête de notre liberté face à l’ordre établi. A l’heure de la globalisation et de la crise, cette pensée retrouve toute son actualité. De plus en plus nous embrassons un monde reconstruit sur la complexité. La réinvention de nos pratiques quotidiennes est un aspect crucial de la fondation de cet ordre nouveau. C’est également le contexte le plus stimulant dans lequel l’art contemporain peut évoluer et obtenir une nouvelle pertinence. Car à l’heure de la globalisation, il ne suffit plus que l’art contemporain soit devenu un phénomène spectaculaire accepté par tout le monde sur notre planète. Il est important de montrer que des artistes et des communautés d’artistes en nombre toujours plus grand, venant des différentes régions du monde, interviennent sur le champ du quotidien pour en faire surgir de nouvelles formes et de nouvelles significations, des usages nouveaux. Leur ambition : réinventer l’ordinaire pour en faire quelque chose de spectaculaire, d’unique, afin de produire de nouvelles expressions de la complexité, de la diversité, de l’interactivité. Leur intelligence : utiliser les outils les plus efficaces (incluant les biennales) pour promouvoir leurs pratiques. C’est cette tendance que la Xe Biennale de Lyon va explorer et présenter. Le spectacle du quotidien change à la fois le spectacle et le quotidien !
Hou Hanru – photo : Osama Dawod
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| 28 avril 2009 | |  | |
b.c, janvier 1545, fontainebleau,
de Christian Rizzo
Christian Rizzo a composé ce rituel noir et blanc pour une danseuse de l’Opéra national de Lyon : noir des costumes, du manipulateur d’objets et des sculptures peluches qui pendent des cintres. Blanc de l’écrin qui sert de cadre aux lents déplacements de la danseuse, qui s’inscrivent comme des lettres sur les murs et le sol, rehaussés par l’éclat des bougies. Une sorte de songe transposé sur scène, enrobé par les sons électriques de Jérôme Nox.
« La première image est d’une beauté plastique telle qu’on pourrait s’en contenter. Une boîte blanche, des peluches noires qui dégoulinent du plafond, des myriades de petites bougies. Dans son écrin, une Madame en noir, façon Barbarella, découpe l’espace à grands mouvements nets et puissants sous l’œil d’un serviteur à tête de lapin. Répétitive et lente, la chorégraphie haute couture semble taillée à même la peau de Julie Guibert. Tombé net du geste sur les talons aiguilles, limpidité des lignes jusque dans les roulades soudain suspendues. Aucun flou dans les mains fermes, la danseuse remporte son pari de perfection. Entre performance et installation plastique, cette pièce exacerbe le style Rizzo, sa capacité à transformer l’espace en zone précieuse dont la blancheur amnésique sublime les corps, les objets, les sons et les lumières. » Rosita Boisseau, Télérama 5 décembre 2007 Disponibilités en 2009: - du 4 au 14 février 2009 - du 4 au 13 mars 2009 - du 9 au 19 avril 2009 - du 1er au 10 mai 2009 - juillet et août 2009
En savoir plus www.lassociationfragile.com
| 28 avril 2009 | |  | |
"Press",
de Pierre Rigal
Cette pièce pourrait symboliser la perte de la liberté. Liberté physique en proie au retrécissement de l’environnement immédiat, où les gestes et le corps doivent s’adapter en fonction de l’espace qui retrécit et qui casse le corps. Et liberté de l’esprit qui est concentré sur la survie du corps et ne peut penser à rien d’autre qu’à s’échapper où au mieux à intégrer les nouvelles contraintes.
"Dans sa boîte magique de 3,20 m de large sur 2,20 m de hauteur et de profondeur, ce solo d’un homme dans sa chambre croise la danse, le théâtre, l’illusion et l’acrobatie, sur le fil d’une fable existentielle universelle. Le propos de Press se résume à un cauchemar, une hallucination, de ceux qui font monter l’angoisse en même temps que les murs de votre chambre se déforment à vue. (…) L’antihéros incarné par Rigal récapitule physiquement, avec beaucoup d’invention, les grands motifs de la nausée contemporaine : solitude, enfermement, fatigue, claustrophobie, insomnie… Au cœur de sa toile, le corps sort de ses gonds. Il se contorsionne, devient pâte à modeler, prend les mesures de son périmètre d’incertitude jusqu’à se voir réduit à un confetti. " Rosita Boisseau, Le Monde - 30 mai 2008. Calendrier 08/09 : Tarbes Le Parvis, scène nationale 15 > 16 janvier 09 Nantes Le Lieu Unique 22 > 24 janvier 09 Toulouse Le Théâtre Garonne 29 janv > 7 février 09 Vanves Festival Artdanthé 12 > 13 février 09 Bruxelles (Belgique) Kaaitheater 20 > 21 février 09 Séville (Espagne) Teatro Central 6 > 8 mars 09 Bezons Théâtre Paul Eluard 19 > 20 mars 09 Montpellier Trioletto, Montpellier danse 24 > 25 mars 09 Lons le Saunier Scènes du Jura 11 > 12 mai 09 Eu Théâtre du Château 20 > 21 mai 09 Londres (R.U) Sadlers’Wells 28 > 30 mai 09
En savoir plus www.pierrerigal.net
| 27 avril 2009 | |  | |
"La mélancolie des Dragons" et "L’effet de Serge", de Philippe Quesne - Cie Vivarium Studio
Révélée en 2008 au festival d’Avignon, la compagnie Vivarium Studio circule déjà régulièrement en Europe du Nord. Sa dernière création a d’ailleurs été coproduite par le Hebbel théâtre de Berlin et son précédent spectacle "L'effet de Serge" vient d’être présenté aux États-Unis.
"La mélancolie des Dragons" Pratiquant la dissection de son titre lui-même, triple anatomie du langage, de l’image et du mythe, véritable écorché du sens, ce spectacle se construit en se faisant. On y voit donc de la mélancolie, ce qui est le propre des héros forgés par Philippe Quesne. Il pratique le théâtre comme une expérience chimico-physique : il prend des choses à lui, découpe chez les autres des textes, des musiques, des références, des images, des histoires et dispose l’ensemble sur le plateau, avant de mettre des humains dedans. Et nous jubilons à considérer la manière dont ils se dépatouillent avec ce monde, qui leur colle à la peau.
"L’effet de Serge" Parfois poignant sur la solitude, "L’effet de Serge" n’est en rien une tragédie de la vie moderne. Serge, un être solitaire, a cependant des amis pour lesquels il organise chaque dimanche des spectacles d’une à trois minutes à partir d’effets spéciaux où il démontre, avec un humour à froid, l’étendue de son imaginaire poétique. Entre la solitude de l’inventeur mélancolique et l’amitié de son cercle de spectateurs patients, un territoire étrange se dessine.
Prochaines dates: Festival Under the radar: New-York, janvier 2009
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| 27 avril 2009 | |  | |
Montecristi,
Jean-Noël Pancrazi
Après le départ de son jeune et vénal amant, Noeli, l’auteur échoué dans le port de Montecristi, à Saint-Domingue se replie dans une mélancolie voluptueuse. Il évoque le climat délétère de l’île avec son cortège d’hypocrisie, de crimes, de maladies, de trafics de drogue et l’afflux continu d’émigrés clandestins en provenance de Haïti. Mais ni l’amour enfui, ni les voluptés fugitives ne peuvent parvenir à susciter ce que recherche vraiment le narrateur : l’envie d’écrire. Noyé dans le paludisme qui le replonge dans son Algérie natale, d’où il n’a jamais su vraiment partir et où il n’a jamais pu retourner, il ne cesse de revivre son enfance. Mais comme en écho à la question de Noeli « Pour qui tu vis, toi ? », il aime à penser qu’il aurait voulu adopter et ramener à Paris le petit cireur de chaussures, Chiquito, auquel il s’est d’autant plus attaché que celui-ci est atteint du parasito, cette terrible maladie que provoquent les fûts toxiques déposés secrètement par des cargos américains. C’est Chiquito qui finalement empêchera le narrateur « de renoncer à écrire et à aimer » et c’est le scandale de sa mort qui provoquera son départ. Les longues périodes de Jean-Noël Pancazi plongent le lecteur dans une sorte d’apnée comme en empathie avec les fugitifs échappés de prison et les personnages happés par la maladie dans ce roman de la malédiction.
Dominique Fayolle
Gallimard, janvier 2009, 131 p., 12,90 €, ISBN : 978-2-07-012414-5
En savoir plus www.gallimard.fr
| 25 avril 2009 | |  | |
En Quête de Bonheur,
d’Arnaud Meunier
Oratorio poétique et philosophique mis en scène par Arnaud Meunier, "En Quête de Bonheur" est une œuvre tissée d’écrits classiques et modernes. De Baudelaire à Voltaire, de Prévert à Le Clézio en passant par Pascal, tous philosophent autour de ce même miracle appelé bonheur. Thème existentiel qui nous apparaît ici ludique et léger grâce au jeu des trois comédiens dont le naturel est réconfortant. Un dialogue de citations sans prétention qui sème le doute dans nos esprits sans pour autant porter d’affirmations. Spectacle créé pour pouvoir être joué dans tous types d’espace, dans les théâtres mais aussi hors les murs. Spectacle où pensée et réflexion se conjugent avec légereté, accompagné par le violon grave et puissant de Régis Hubry.
Format : trois comédiens , un musicien , un technicien (pas de décor)
Du 22 octobre au 14 décembre 2008 à la Maison de la Poésie
Contact : Maison de la Poésie, Paris Passage Molière / 157, rue Saint Martin, Paris 3e M° Rambuteau / Les Halles 0144545300
En savoir plus www.maisondelapoesie.com
| 24 avril 2009 | |  | |
Introduction à l’historiographie,
Philippe Poirrier
Ce livre exemplifie l’utilité et la fécondité d’un domaine récent, celui de l’histoire de l’histoire, l’historiographie. Précis, court et informé, il fait le point sur les savoirs et le savoir-faire dans ce domaine en plein essor. Poirrier, spécialiste confirmé dans le domaine de l’histoire culturelle, interroge la pratique historienne comme construction, prenant au sérieux le propos de Michel de Certeau selon lequel l’histoire est tributaire d’un lieu et d’un moment. Il retrace le parcours de l’historien dans sa fonction sociale à partir du Moyen Âge et revisite la période de la progressive professionnalisation du métier, retraçant à grands pas le parcours de l’école romantique à la nouvelle histoire, en passant par l’école des Annales. Avec un nombre limité de documents bien choisis et commentés, l’ouvrage offre une grande valeur pédagogique. Il donne ainsi à relire et soumet à l’étude des textes essentiels comme celui de Georges Duby sur la bataille de Bouvines, le manifeste de la Revue historique de 1876, ou encore l’éditorial des Annales sur le tournant critique (1988).
L’aspect le plus nouveau de l’ouvrage se situe surtout dans son inscription au cœur des débats et controverses actuelles. Il fait le point sur les rapports entre médias et histoire, sur les enjeux de l’internationalisation et les questions que posent les lois mémorielles. L’étude du savoir-faire historien fait place aux apports extérieurs de la micro-storia italienne et des cultural studies anglo-saxonnes, mais aussi à des objets nouveaux comme l’histoire du genre, du cinéma et enfin les enjeux de l’écriture de l’histoire confrontée aux défis d’internet et de l’édition numérique. Un utilitaire fort utile pour les amateurs d’histoire comme pour ceux qui veulent en faire leur métier.
François Dosse
Belin, coll. « Belin atouts. Histoire », mars 2009, 192 p., 21 €, ISBN : 978-2-7011-4763-5
En savoir plus www.editions-belin.com
| 23 avril 2009 | |  | |
Pierre Michon,
Agnès Castiglione
Pierre Michon a donné de nombreux entretiens qui font entendre une voix, vraie, simple et forte, celle d’un écrivain nourri des grands textes dont il renouvelle l’approche de façon toujours ample, précise et lucide. Le présent entretien avec Colette Fellous (À voix nue, France Culture, 2002) est rare par ses inflexions plus nettement autobiographiques qui trouvent de nombreux échos dans l’essai d’Agnès Castiglione. C’est l’inoubliable présence de cette voix – dubitative, fraternelle ou plus pathétiquement personnelle – qu’elle a souhaité faire entendre dans le rythme et la scansion d’une écriture de l’apparition étonnamment riche, au fil d’une analyse en quatre temps qui conduit de l’invention du minuscule à la figure du Roi.
Agnès Castiglione est maître de conférences en littérature contemporaine à Saint-Étienne. Elle a publié et dirigé des ouvrages sur Jean Giono et Pierre Michon dont elle a récemment édité un volume d’entretiens. Ses travaux se sont également intéressés à Olivier Rolin, Gérard Macé, François Truffaut.
La collection « Auteurs » présente des figures majeures de la pensée et des littératures françaises contemporaines (écrivains, penseurs, philosophes). Destinés à un large public, les ouvrages se composent d’un essai sur l’œuvre, d’une anthologie, d’une bio-bibliograhie actualisée, d’un cahier iconographique et d’un CD audio d’enregistrements des archives de l’Institut national de l’audiovisuel.
Culturesfrance éditions/éditions Textuel, coll. « Auteurs », avril 2009, 136 p., ill. n. & b. et coul. + 1 CD audio, 19 €, ISBN : 978-2-84597-320-6 En partenariat avec l’Ina
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| 23 avril 2009 | |  | |
BLICK BASSY (Cameroun)
C’est avec le groupe Macase que Blick Bassy a commencé à se faire connaître, d’abord au Cameroun puis sur la scène internationale.
Après avoir arrangé et produit l’album du rappeur Koppo (avec le succès populaire du titre « Je Go »), Blick Bassy démarre fin 2005 sa carrière solo.
Chanteur, compositeur, arrangeur, Blick travaille d’arrache-pied, multiplie les collaborations (Lokua Kanza, Jay Lou Ava, Etienne Mbappe…) et trouve son style à lui. Une musique sensible, bossa africaine et jazzy, empreinte des rythmiques bantoues, parfois à la limite du blues, et toujours dominée par sa voix, tour à tour mélancolique ou joyeuse, véritable invitation au voyage.
Profondément nomade, comme sa musique, le talent de Blick Bassy est aussi de savoir rester ouvert à toutes les aventures. Que ce soit au Zimbabwe, en Colombie, ou … dans l’univers carcéral, le succès est là, et le public conquis.
Premier album «Leman » sortie le 23 février 2009 (World Connection / Pias)
Concert le 5 mars à 21h au Satlelit Café (Paris 11ème)
Format tournée : 5 personnes dont 4 sur scène
Diffusion France : Mad minute – Corinne Serre 5-7 rue Paul Bert 93400 St Ouen France Tel : +33 (0)1 40 10 25 55 - Fax : +33 (0)1 40 10 17 37 http://madminutemusic.com corinne@madminutemusic.com
Diffusion internationale : World connection agency – Turid Dramé Polonceaukade 16 / 1014 DA Amsterdam Tel: +31 (0)20 41 25 285 – (0)20 42 35 776 / Fax: +31 (0)20 42 75 769 turid@worldconnectionagency.nl www.worldconnectionagency.nl
En savoir plus www.myspace.com/blickbassy2
| 22 avril 2009 | |  | |
Mme Lejaune / Rose / Kristin. Compagnie Princesses Peluches. Caroline Amoros
Un festival, l'été : les spectateurs attendent l'une des trois femmes créée et jouée par Caroline Amoros. Certains la reconnaîtront. Suivie du photographe Raphaël Helle, cela fait plusieurs jours qu'elle s'invite aux comptoirs des cafés, chez le coiffeur, dans les marchés. La voilà ! Rose, Mme Lejaune ou Kristin vêtue des couleurs de son nom ou d'un jogging démodé. Nous la suivons dans les rues de la ville, tantôt slalomant entre des yaourts premier prix avec une voiture téléguidée, tantôt graffant au sol la précarité de son statut de cinquantenaire au chômage. Puis elle attable des hommes adultes et, dans une dînette d'enfant, leur sert des hamburgers avec des couverts en plastique. Elle est blonde, elle sourit et regarde avec une infinie tendresse au-delà de nous. Elle n'est pas myope puisqu’elle vise parfaitement l'ours en peluche plaqué sur la vitrine d'une banque, et qu'au sol, elle l'achève avec une dernière balle de paint ball : rouge. Mais veut-elle réveiller les fantômes que l'on voie plus loin et autrement cet espace pollué par les images et les messages qu'il véhicule ? Elle colle sur un mur gris des images de publicités détournées, des photos d'elle lors de la Marche mondiale des Femmes, elle encore, hier sur un banc avec la boulangère qui l'a aidée à arroser des salades posées dans la rue commerçante de la ville. Les personnages de Caroline Amoros ne sont jamais bruyants, n'argumentent pas le geste, ils nous entraînent en silence, avec poésie et humour, dans une réalité toute nouvelle. Abasourdis nous voyons autrement ce qui était sous nos yeux depuis toujours.
En savoir plus princesses-peluches@wanadoo.fr http://www.princesses-peluches.com/
| 22 avril 2009 | |  | |
Œuvres complètes, II : L’Art de la contradiction,
Jean Paulhan
Après un volume inaugural, consacré aux Récits, voici donc le deuxième tome de cette nouvelle édition des Œuvres complètes de Jean Paulhan (qui en comportera sept). Il est entièrement dédié à la Rhétorique et à la question centrale qui a travaillé l’auteur, d’un bout à l’autre de sa vie : que sont les mots – et de quelle manière autorisent-ils la transmission d’un sens, par-delà (ou à travers) les lieux communs ou les locutions proverbiales, mais aussi les codes propres à une prosodie ? La composition du volume (qui respecte le projet de Paulhan) va ainsi de l’Entretien sur les faits-divers (1931) à la Petite préface à toute critique (1951), en passant par Jacob Cow le pirate, le Traité des figures et l’énigmatique Clef de la poésie, opaque et lumineuse, qui propose une méthode « objective » pour juger de la valeur des œuvres… Le noyau dur – le filon fondateur d’où irradient l’ensemble de ces textes – étant l’introduction aux Hain-Tenys, recueillis, traduits et commentés par Paulhan lors de son séjour à Madagascar, de 1908 à 1910. Publié en 1913, ce texte éblouissant – qui excède le travail ethnographique tout en respectant scrupuleusement ses règles – a valeur de manifeste et se présente a posteriori comme l’un des traités de poétique majeurs de la période. Quand on sait le rôle à la fois décisif et obscur que Paulhan aura joué dans l’histoire de la littérature française au fil du XXe siècle, cela mérite plus qu’un détour… Yves di Manno
Gallimard, coll. « Blanche », mars 2009, 780 pages, 32 €, ISBN : 978-2-07-077074-8
En savoir plus www.gallimard.fr
| 21 avril 2009 | |  | |
L’Usure des jours,
Lorette Nobecourt
L’auteur de cet ouvrage a bénéficié de l’aide du CNL
« Je ne voulais pas ici raconter ma vie mais évoquer seulement ce qui l’a décimée et maintenue, brûlée et libérée. » En quarante-quatre brèves séquences, de « Naître » à « Vivre », Lorette Nobécourt revisite et explore le vide qui a fondé son existence, les blessures qui l’ont construite et déconstruite. Pour maintenir l’émotion à distance, ne jamais sombrer dans le pathos, l’auteur utilise la forme brève et une écriture sobre et élégante. Elle crée ainsi un cadre autobiographique dénué de complaisance. Son histoire commence au cours de l’hiver 1968. Sa mère prend alors le train en direction de la Suisse pour se faire avorter. Son mari l’accompagne. Au cours du voyage, elle comprend qu’elle risque de perdre le père si elle ne garde pas l’enfant. Cette petite fille, elle voudra d’abord l’appeler Lorène (« l’eau reine »), le père préfère Laurence (« l’eau rance »). L’enfant se prénommera Lorette (« l’or êtes »). « Le plomb minéral de l’eau rance a été transformé en or », commente l’auteur dans un court chapitre analytique, prélude à la série d’interrogations qui constituent la matière du livre. Par delà l’autobiographie, c’est une quête de sens qu’entreprend Lorette Nobécourt (dont Grasset republie un étonnant texte La Démangeaison). Quel est cet étrange eczéma qui la dévore depuis « l’âge où le langage vient aux hommes » ? Quelle souffrance muette vient-il exprimer en recouvrant son corps, quelle vérité veut donc faire sourdre cette « apocalypse intime » qui ne lui a jamais laissé aucun répit ?
Claire Julliard
Grasset, février 2009, 132 p., 12,90 €, ISBN : 978-2-246-71311-1
En savoir plus Pour lire la notice dans son intégralité : http://www.centrenationaldulivre.fr/L-usure-des-jours
En savoir plus www.edition-grasset.fr
| 21 avril 2009 | |  | |
Dans la brume électrique,
de Bertrand Tavernier
New Iberia, Louisiane. L'inspecteur Dave Robicheaux est sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à de très jeunes femmes. Alors qu'il vient de découvrir une nouvelle victime, Dave fait la rencontre d'Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est en Louisiane pour le tournage d'un film sur la guerre de Sécession que finance Julius Balboni, surnommé Baby Feet, une des grandes figures de la mafia locale. Elrod confie à Dave qu’il a repéré dans un bayou des ossements humains enchaînés. Cette nouvelle fait resurgir en Dave des souvenirs enfouis.
Film d'atmosphère, Dans la brume électrique a exigé du réalisateur qu'il s'imprègne de la culture locale. "J'ai baigné dans le Zydeco et la chanson cajun, j'ai tenté d'absorber ce qui fait le prix de cette culture pour mieux la respecter", raconte Bertrand Tavernier, qui poursuit : "J'ai constaté à quel point plusieurs personnes que j'ai rencontrées en Louisiane étaient offensées par le traitement hollywoodien de leurs coutumes, et notamment de leurs accents (...) Je me suis donc dit que la première exigence du film, c'était de respecter la manière d'être des habitants de la région et d'être attentif à leur vocabulaire et à leurs attitudes. De regarder en face la beauté et la misère. De même, je tenais à l'exactitude des lieux et je voulais donc tourner à New Iberia, là où se déroule le livre, pour montrer que les personnages sont enracinés dans une culture précise. Par souci d'authenticité, j'ai aussi demandé à l'adjoint du shérif, au shérif, au coroner de nous servir de conseiller technique."
Avec : Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, Mary Steenburgen
Sortie nationale : 15 avril
Bertrand Tavernier dans la catalogue de Culturesfrance : L’horloger de Saint-Paul, Coup de torchon, Un dimanche à la campagne, Laissez-passer (copies 35 mm) – diffusion non commerciale à l’étranger uniquement.
En savoir plus www.danslabrumeelectrique-lefilm.com www.unifrance.org/film/29493/dans-la-brume-electrique
| 20 avril 2009 | |  | |
Les Invités,
Pierre Assouline
Un dîner en ville dans le faubourg Saint-Germain qui déraille : par un grain de sable dans les rouages de cette réception bien parisienne, les commensaux se retrouvent à 13 personnes. Un invité improvise avec l’accord de la maîtresse de maison : la femme de chambre sera le 14e convive. On lui retire son joli tablier blanc et « la domestique affranchie par un seigneur et maître » redevient « elle- même une femme comme les autres » et même davantage. Malgré les accents prophétiques de l’un des invités ce festin de Pierre va se dérouler sous nos yeux plutôt avec l’accent d’un Mariage de Figaro contemporain. L’auteur nous y parle de privilège dont certains pensent qu’ils doivent leur revenir « de plein droit en vertu de la naissance plus souvent que du mérite ». Il va opposer « la douce et tranquille assurance de ceux qui se sentent tout simplement bien dans leur peau » à celle de ceux qui ont des « attitudes qu’on ne s’autorise que lorsqu’on a un château et ses gens derrière soi » sans oublier de nous parler de ceux qui, de leur naissance, n’ont gardé « que des manières mais pas d’éducation ». Rien (ou peu de choses) n’aurait changé depuis le XVIIIe siècle et Pierre Assouline s’en amuse pour le plus grand plaisir du lecteur.
Dominique Fayolle
Gallimard, février 2009, 224 p., 17,90 €, ISBN : 978-2-07-078425-7
En savoir plus www.gallimard.fr
| 19 avril 2009 | |  | |
La Maison du sourd, de Catherine Diverrès
Sur une scène coupée en deux par un écran de tulle, 2 danseuses et 4 danseurs en proie au désespoir et à la folie se jettent dans les bras les uns des autres et s’appellent à l’aide. Ils foulent de leurs pieds ce qu’on croit d’abord être des graviers, mais s’avèrent être de légers confettis. La musique, percussive et électronique, jouée en direct par Jean-Luc Guionnet, Mattin et Seijiro Murayama, accompagne la danse tantôt hystérique, tantôt cocasse ou effrayante, à l’image des apparitions fantomatiques de personnages masqués muets montés sur échasses. Ils semblent échappés des « Peintures Noires » hallucinées de la fin de vie de Goya, dont Catherine Diverrès s’est inspirée. Diffusion : 12 novembre 08 > 15 novembre 08 Théâtre National de Bretagne - Rennes
27 mars 09 > 28 mars 09 Teatro de la Laboral Asturias - Gijon, Espagne
03 avril 09 Grand Théâtre de Lorient
21 avril 09 > 23 avril 09 Festival Madrid en Danza - Espagne Production : Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne
Coproduction : Théâtre national de Bretagne, Teatro de la Laboral Asturias, Espagne, Grand théâtre de Lorient, DeMon – Ambassade de France à Madrid, avec le soutien de Cultures France/Ministère des affaires étrangères/Ville de Rennes, INAEM – Ministerio de Cultura/España. Remerciements Institut français de Madrid
En savoir plus www.compagnie-catherine-diverres.com
| 19 avril 2009 | |  | |
Calypso Rose (Trinidad & Tobago)
Véritable icône de la musique populaire caribéenne, Calypso Rose a su, depuis plus de 40 ans, s’imposer dans l’univers très masculin du calypso dont elle est devenue la flamboyante ambassadrice. Son retour en France, après 20 ans d’absence, est un événement marqué par la sortie de son dernier album éponyme (World Village / Harmonia Mundi), arrangé par Gordon Cyrus. “Calypso Rose” propose anciens titres ou standards revisités, et de nouvelles compositions comme “Summertime”, où Rose croise la voix chaloupée du guadeloupéen Fred Deshaies de SOFT. Quelque soit notre tentation – rester sous le manguier ou retourner en Israël en bus – Calypso Rose nous entraine dans son univers, tout autant festif qu’ironique, et nous taquine sans vergogne. Pour Madame Rose, 70 ans, regard malicieux, sourire juvénile et énergie à couper le souffle …. R-E-S-P-E-C-T ! Fortement recommandée à tous les programmateurs qui veulent offrir à leurs publics un torride voyage au cœur de la musique caribéenne, à la découverte de… Trinidad by Rose...
Format tournée: 8 personnes (dont 7 sur scène) Diffusion France – Europe : Azimuth – Sandrine Marrel 14 rue bleue 75009 Paris tel : +33 1 44 79 00 36 – fax : +33 1 44 79 00 34 sandrine@azimuthprod.com
Diffusion autres territoires : Maturity Music – Jean-Michel Gibert – 3A Queen’s Park West Port of Spain Trinidad and Tobago West Indies tel : +1 868 625 4829 – mobile : +1 868 681 5363 – fax : +1 868 623 5669 jmg@ritualsmusic.com
En savoir plus http://www.worldvillagemusic.com/france/calyso_rose_fr.htm> http://www.worldvillagemusic.com/france/calyso_rose_int.htm> www.azimuthprod.com http://www.caribbeanmusicgroup.com http://www.trinidadtunes.com
| 18 avril 2009 | |  | |
La Jeune fille de Cranach,
de Jean-Paul Wenzel
Jour d’été. Une jeune baigneuse, surprise par l’orage, pousse la porte de ce qui reste d’un ancien château abandonné, au bord d’un étang. Contre toute attente, un vieil érudit s’y trouve, assis au milieu d’une montagne de livres. Se noue alors entre eux une étrange relation où le réel va sans cesse se fracturer... La Jeune Fille de Cranach, texte et mise en scène par Jean Paul Wenzel, rend nostalgique d’un temps passé grâce à sa représentation poétique et délicate de la jeunesse. Une histoire qui donne du bien être et réveille les souvenirs sans jamais renoncer à l’originalité chère à Wenzel. On la retrouve aussi bien dans les rapports peu communs des personnages entre eux que dans l’espace intemporel et excentrique créé par Cueco. Une œuvre qui bouleverse l’imagination pour notre plus grand plaisir.
Dates : du 9 au 20 décembre 2008 à la Maison des Métallos
Contact : Maison des Métallos Établissement culturel de la ville de Paris 94 rue Jean-Pierre Trimbaud, 75011 Paris M°Couronnes, Parmentier - Bus 96
En savoir plus www.maisondesmetallos.org info@maisondesmetallos.org
| 18 avril 2009 | |  | |
Le goudron n’est pas meuble, compagnie Jeanne Simone
Créée en 2004 à Besançon sous l’impulsion de Laure Terrier, danseuse et chorégraphe, la compagnie Jeanne Simone est née du désir d’explorer une dramaturgie du corps dans sa quotidienneté et dans l’histoire personnelle qu’il porte.
C'est ici que le spectacle a été annoncé, à pile. Il est dix. Certains pensent s'être trompés, n'osent pas s'éloigner et finissent par adopter la position résolue de l’attente. Au milieu de la foule, quelques-uns s'agitent, déraisonnablement. Abandonnant, dans une grande lenteur, la bienséance et les codes de la bonne tenue, une femme glisse sur un poteau, une autre entame une conversation avec un transistor, encore un autre qui escalade une table de terrasse de café. Plus loin, une jeune fille emballe une poubelle avec du film alimentaire pendant qu’à quelques mètres, quelqu’un étire, au milieu de la rue, un scotch de déménagement en coupant la foule en deux. Le public comprend qu’il est au bon endroit, solidaire des gestes que les acteurs accomplissent séparément, chacun adhérant, dans un temps éphémère, au groupe constitué par celui qui crée la surprise avec son geste décalé. Enfin, ces agités du trottoir semblent se rapprocher et s’en vont dans la même direction, mais toujours dans une danse ou une démarche solitaire, ils nous entraînent à travers les rues, à suivre leur étrange ballet. Cela ne pourrait jamais finir et soudain tout cesse. Nous nous dispersons comme nous nous sommes rassemblés.
En savoir plus Jeanne Simone 27 quai de Strasbourg 25000 Besançon tél : 04 75 49 46 91 gabrielle-perrin@wanadoo.fr http://www.2r2c.coop/societaires/index.php?le_num_rub=11
| 17 avril 2009 | |  | |
Fakirs,
Antonin Varenne
Quel est le point commun entre ces deux suicides ? : un jeune type, nu et bras tendus au ciel, qui remonte en courant le périphérique intérieur. Les voitures braquent pour l’éviter, des scooters s’écrasent sur les rails de sécurité, jusqu’à ce qu’un camion lancé à pleine vitesse fasse office de bourreau. Deuxième cas : au Muséum d’histoire naturelle, un homme fait le saut de l’ange au-dessus d’un squelette de cachalot, et s’écrase, perforé d’un morceau d’os de deux mètres de long. Le lieutenant Guérin est responsable du bureau des Suicides, au QG de la Police judiciaire à Paris. Affublé d’un adjoint timide et plutôt inutile, il s’englue quotidiennement dans une théorie du complot au sujet de certains suicides qui lui semblent hautement contestables. Un fakir hémophile, un Franco-Américain qui tire à l’arc dans les Jardins du Luxembourg, une tenancière de bar lesbienne et alcoolique, des suicides, Mesrine le chien, un ex-taulard qui ressemble à Edward Bunker : toute une galerie de personnages loufoques et terriblement ancrés dans une réalité sombre.
Un roman noir, pour un monde sale et sans espoir, avec une très belle maîtrise dans l’art du détail.
Viviane Hamy, coll. « Chemins nocturnes », avril 2009, 300 p., 17 €, ISBN : 978-2-87858-292-5
En savoir plus www.viviane-hamy.fr
| 17 avril 2009 | |  | |
L’Araignée de l’Éternel, de Christophe Rauck
Hommage à Claude Nougaro
Spectacle musical de Christophe Rauck en hommage à Nougaro avec deux formidables acteurs-chanteurs, Cécile Garcia-Fogel et Philippe Bérodot, accompagnés d’un guitariste. Un voyage en poésie et chanson avec beaucoup de mélancolie mais aussi d’humour. Une femme, un homme car ce sont toujours des histoires et des rêves d’amour que raconte Nougaro. Le va-et-vient des sentiments, du désir et de la douleur, des rires et des pleurs, des victoires et des défaites dans le grand jeu de la vie, d’où le sentiment n’est jamais absent.
"Un texte où ne se trouve que le sens, qu’un renseignement de l’ordre de la raison, de l’intelligence, ne m’intéresse pas. Il faut trouver du son, la vibration de la syllabe. La langue française est remplie de ces échanges de significations à travers les sons. Dans la poésie française se trouve un moteur musical des mots à travers le mètre, les lois de l’allitération, les sonorités. Avec la musique comme support, ils peuvent atteindre leur maximum charnel et mental. Ce serait mon rêve d’atteindre cette perfection." Claude Nougaro
Nombre de personnes en tournée: 8 (2 comédiens, 1 musicien, 1 vidéaste, 3 techniciens, 1 chargé de production).
En savoir plus Contact : Nathalie Pousset TGP - CDN de Saint-Denis, 59 bd Jules Guesde 93200 Saint-Denis T. +33 (0)1 48 13 70 14 - F. +33 (0)1 48 13 70 11 n.pousset@theatregerardphilipe.com
| 16 avril 2009 | |  | |
Kwal
Vincent Loiseau, de son nom de scène "Kwal" fait partie de ces artistes que l’on peut difficilement enfermer dans des cases. D’abord assimilé à la scène Rap, de laquelle il s’écarta par son aspect plus conteur que "tchatcheur", il acquiert sa maturité musicale par ses multiples voyages, qui vont nourrir son inspiration. Aujourd’hui au croisement de divers styles musicaux: slam, chanson française, groove en passant par le trip-hop tout en intégrant des musiques traditionnelles du Moyen-Orient, Kwal est un autodidacte qui est toujours en quête de nouveaux horizons sources de son inspiration.
Mais cette inspiration, il la tire également de son rapport avec les autres, de ce qu’il peut faire partager aux autres. Sur scène, Kwal réussit à mélanger avec brio divers éléments vocaux et acoustiques découverts au cours de ses nombreux voyages. Kwal est ainsi toujours à l’écoute des autres cultures pour nous présenter un spectacle singulier. Son deuxième album "Mogo Ya" réussit par exemple à réunir 12 langues et 28 musiciens de l’Inde à l’Andalousie. Son dernier album "Là où j’habite" sorti le 9 octobre, qu’il a présenté le 15 octobre à Glaz’art, a été l’occasion une nouvelle fois pour lui d’un véritable partage des cultures. En savoir plus www.myspace.com/kwalblog www.kwal.fr
| 16 avril 2009 | |  | |
La Piste mongole,
Christian Garcin
Où l’on part à la recherche d’Eugenio Tramonti, le protagoniste du Vol du pigeon voyageur et de La Jubilation des hasards, disparu quelque part en Mongolie. Pour le retrouver il faudra traverser des états de réalité peu ordinaires et accepter de se laisser guider par quelques personnages emblématiques : un Chinois qui présente la particularité de maîtriser ses rêves ; une chamane mongole qui s’absente parfois quelques jours pour voyager dans d’autres mondes dont elle ne se souvient pas ; une Sibérienne qui fréquente assidûment les choses invisibles ; un jeune garçon, apprenti chaman, qui vient interférer dans les rêves du Chinois ; une vieille femme aux identités mouvantes ; une divinité lacustre aux faux airs de renard ; des juments, un aigle et un loup ; sans compter quelques narrateurs, anonymes ou pas, disséminés entre Oulan Bator et Pékin, le lac Baïkal et les hauts sommets de l’ouest de la Mongolie. Les mondes se chevauchent, les histoires se répondent les unes aux autres, les fenêtres de l’imaginaire sont grandes ouvertes, les narrateurs se superposent, et le principe de réalité tremble sur ses bases, à la fois labile, humoristique et fuyant. Et ce faisant c’est une autre réalité qui se trouve posée là – ou tout un réseau de réalités qui s’entrecroisent, car l’instabilité est féconde, et la littérature s’accommode bien de ce flou des frontières.
Verdier, février 2009, 320 p., 18 €, ISBN : 978-2-86432-571-0
En savoir plus www.editions-verdier.fr
| 15 avril 2009 | |  | |
OSS 117 : Rio ne répond plus,
de Michel Hazanavicius
Douze ans après Le Caire, OSS 117 est de retour pour une nouvelle mission l’autre bout du monde. Lancé sur les traces d’un microfilm compromettant pour l’Etat français, le plus célèbre de nos agents va devoir faire équipe avec la plus séduisante des lieutenants-colonels du Mossad pour capturer un nazi maître chanteur. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, c’est une nouvelle aventure qui commence. Quel que soit le danger, quel que soit l’enjeu, on peut toujours compter sur Hubert Bonisseur de la Bath pour s’en sortir …
J'aime les références ! Les influences de Michel Hazanavicius pour OSS 117 : Rio ne répond plus sont aussi nombreuses que variées, puisque le long métrage renvoie aussi bien à L'Homme de Rio à Détective privé, en passant par La Mort aux trousses, Au service secret de sa Majesté, ou encore des films de catch mexicains des années 60. Par ailleurs, les costumes que portent Jean Dujardin revoient directement à ceux de Paul Newman dans Détective privé.
Avec : Jean Dujardin, Rüdiger Vogler, Louise Monot, Lutz Alex
Sortie nationale : 15 avril
En savoir plus www.oss117.fr www.unifrance.org/film/29512/oss-117-rio-ne-repond-plus
| 15 avril 2009 | |  | |
La Muse parodique,
Daniel Grojnowski
Souvent mentionnés par les historiens de la période, les recueils parodiques qui fleurissent dans le dernier tiers du XIXe siècle, tournant en dérision les diverses écoles poétiques qui se succèdent alors, sont en vérité fort mal connus. En dehors de l’Album zutique qui a fait l’objet de plusieurs éditions – Rimbaud oblige… – ces ouvrages sont le plus souvent cités à travers de brefs extraits. Le premier mérite de La Muse parodique est de nous permettre de les lire dans leur intégralité, augmentés d’une présentation critique exemplaire de Daniel Grojnowski. On trouvera donc ici Le Parnassiculet contemporain (1867), l’Album zutique (1871-1872), les Dizains réalistes réunis en 1876 par Charles Cros et ses amis, La Légende des sexes, ouvrage plus anecdotique dû à Edmond Haraucourt (1883) et enfin les célèbres Déliquescences d’Adoré Floupette (1885) qui lanceront la mode du décadentisme. La lecture en est savoureuse, voire franchement hilarante à certains endroits. Mais la véritable surprise, c’est de découvrir que ces textes à visée satirique sont d’une qualité littéraire au moins égale à celle des œuvres dont ils soulignent les tics et les travers. Il est vrai, dans le cas de l’Album zutique et des Dizains réalistes, qu’ils comptent parmi leurs auteurs (outre Rimbaud et Cros) Germain Nouveau, Verlaine, Léon Valade, Nina de Villars, Maurice Rollinat… Quant aux Déliquescences, qui furent un événement et un succès de librairie l’année de leur parution, elles jettent aussi une lumière indirecte sur cette époque charnière, annonçant la vague suivante : Laforgue va bientôt mourir, Schwob, Jarry, Apollinaire se profilent déjà…
Yves di Manno
José Corti, mars 2009, 420 p., 24 €, ISBN : 978-2-7143-0990-7 www.jose-corti.fr
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| 14 avril 2009 | |  | |
Le Développement des lignes,
Alain Veinstein
Alain Veinstein (poète – prix Mallarmé, Grand Prix de poésie de l'Académie française –, romancier, homme de radio) signe avec ce nouvel « opus », une œuvre profondément originale, entre narration et poésie, parole et écriture. En effet, il remet ici en scène le héros de son précédent roman Dancing (Éd. du Seuil, 2006), un homme perdu qui, sur sa moto Yamaha, roulait un soir, à folle allure, en direction de la mer pour tenter de retrouver ce qu'il avait vécu. Le passé peut-il rejoindre un futur hypothétique en passant par un présent qui ressemble à un labyrinthe ? C'est le risque que prend ce solitaire resplendissant, qui devient le narrateur du Développement des lignes et se raconte dans une langue au lyrisme sobre. « Nos ombres dansent dans la nuit blanche », écrit Alain Veinstein parmi des dizaines d’autres phrases, simples et déchirantes à la fois, qui organisent les « lignes » de ce poème-monologue. Cette nuit blanche est-elle celle de l’ivresse amoureuse ou la nuit nervalienne, l’ultime nuit à laquelle personne n’échappe ? Et si les deux se confondaient, dans un dernier désir violent, un dernier sursaut d’espoir « malgré tout » ? Le lecteur perçoit, dès le début du livre, que l’urgence agit comme principe de création, de survie presque – Alain Veinstein a écrit Le Développement des lignes en un mois, en continu, comme « en direct » –, et que cette drôle de danse est en réalité la langue elle-même qui enlace le poète pour mieux lui échapper. Ici, le travail d'écriture consiste à suivre les improvisations : un savant travail de liaison et de tension entre roman et poème, jusquà annuler la notion de genre, devenue soudain trop rigide, indécente, face à ce qui reste à dire : l’Amour.
François Poirié
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| 14 avril 2009 | |  | |
Ensemble Court-Circuit : Hommage à Gérard Grisey
2008 marque à la fois le centenaire d’Olivier Messiaen et les dix ans de la disparition de Gérard Grisey. Mais plus encore que ce double anniversaire, c’est la force de leur filiation, résonnant elle-même jusqu ‘à la musique de Philippe Hurel, qui constitue le point de départ du programme bâti par l’ensemble Court-Circuit. Philippe Hurel souligne dans son avant-programme : "Les œuvres se répondent par le soin apporté à la couleur harmonique mais aussi par l’écriture instrumentale soliste. Ainsi le solo de clarinette basse de Step, la pièce de violoncelle solo D’un trait et le solo de violon de Talea mettent en scène les protagonistes des sections les plus méditatives du Quatuor pour la fin du temps elles-mêmes écrites respectivement pour le violon, la clarinette et le violoncelle accompagnés ici du piano".
En 2009, l’Ensemble Court-circuit propose une nouvelle déclinaison de ce programme/hommage autour d’une mise en regard avec Tristan Murail, autre grande figure de la musique spectrale. Celle-ci donne notamment à entendre l’immense « Vortex temporum » ( Tourbillons de temps) de Grisey, sorte de vertige du temps conçu comme la lente métamorphose d’une figure musicale ondulatoire dans différents champs temporels.
Dates de concerts : Tbilissi, 16 octobre 2008 Paris, Théâtre des Bouffes du Nord, 20 octobre Mexico, Festival Radar, 16 et 17 mars 2009 Boulogne-Billancourt, Conservatoire, 10 avril 2009
En savoir plus http://www.court-circuit.fr/accueil.html http://www.angelfire.com/music2/davidbundler/grisey.html
| 10 avril 2009 | |  | |
Vincennes, une aventure de la pensée critique,
Jean-Michel Djian (dir.)
Initié par Edgard Faure, le Centre universitaire expérimental de Vincennes (qui deviendra l’univeristé Paris 8 en 1972) ouvre ses portes le 13 janvier 1969. Ce « formidable laboratoire d’analyse critique du monde contemporain » accueille des penseurs d’avant-garde et modifie l’université en profondeur : ouverture aux non-bacheliers et aux étudiants étrangers, création de nouveaux départements, mise en place d’enseignements inédits, choix pédagogiques innovants… L’ouvrage revient sur la genèse de l’université, dans le sillage de Mai 68 jusqu’à son transfert à Saint-Denis en 1980. Aux articles signés par d’anciens professeurs (Hélène Cixou, Bernard Cassen, Denis Guedj, Yves Lacoste…) se mèlent les témoignages de figures marquantes de l’époque (Michel Foucault, Gilles Deleuze, Pierre Vidal-Naquet, mais aussi Roland Barthes, Jean Clair ou Noam Chomsky). Tous apportent un regard précieux sur ces années « tour à tour tumultueuses, créatives, violentes, imaginatives, anxiogènes, idéologiquement fécondes, politiquement prolifiques ».
Les propos sont largement illutrés par des photographies, des coupures de presse, des affiches et slogans ainsi que de nombreux documents (dont certains inédits) tirés des archives de Paris 8. Le travail de mise en page et de typographie accentue le sentiment d’effervescence, d’ébullition permanente qui a régné alors sur Vincennes et souligne l’énérgie qui a animé enseignants et élèves à travers leurs multiples engagements et combats.
Flammarion, mars 2009, 192 p., ill. n. & b. et coul., 45 €, ISBN : 978-2-08-122437-7
En savoir plus www.flammarion.com
| 9 avril 2009 | |  | |
Kréyol Factory. Des artistes interrogent les identités créoles,
Que signifie être caribéen, caribéen-haïtien, caribéen-jamaïcain, ou encore français de Martinique, de la Réunion ou de Guyane ? Conçue par Yolande Bacot et dédiée à la mémoire d’Aimé Césaire, l’exposition Kréyol Factory questionne du point de vue de l’imaginaire collectif et des identités, ce qui est commun et spécifique à des espaces qui ont été peuplés par la traite, l’esclavage, l’engagisme et qui ont connu diverses modalités de colonisation. Pour la première fois dans une exposition d’art contemporain, 60 artistes originaires des Caraïbes, de l’océan Indien ou des diasporas européennes et américaines, livrent leur vision des mondes créoles et témoignent ainsi de la richesse et de la diversité de ces territoires. Le catalogue de l’exposition reprend la scénographie pensée par Raymond Sarti, soit sept espaces différents qui témoignent des complexités d’un questionnement identitaire liées à l’histoire, à des processus de créolisations et aux effets de la mondialisation. Il présente le travail de chaque artiste (installations plastiques, œuvres pictureales, ensembles photographiques…), accompagné de citations et d’extraits de grands poètes, écrivains, essayistes de l’art caribéen et du monde indo-océanique, et qui soulignent à la fois la travail et la recherche sur la langue et l’identité. Images et textes donnent alors un sens au mot « créole ».
Gallimard, Hors série Connaissance, mars 2009, 192 p., ill. coul. et n. & b., 25 €, ISBN : 978-2-07-039644-3 catalogue réalisé avec le soutien de Culturesfrance
Kréyol Factory, exposition, du 7 avril au 5 juillet, Grande Halle de la Villette, Paris
En savoir plus www.kreyolfactory.com
| 8 avril 2009 | |  | |
Villa Amalia, de Benoît Jacquot
Comme la goutte d'eau fait déborder le vase, Ann voit une nuit Thomas embrasser une autre, et elle décide de le quitter, de tout quitter. Elle est musicienne, seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu'à la musique. Avec l'amitié de Georges, surgi de son enfance, elle rompt et fuit, part à la rencontre de son origine et de son destin, trouve une île, là où est la Villa Amalia.
"Villa Amalia" marque les retrouvailles d'Isabelle Huppert avec le réalisateur Benoît Jacquot. Après "Les Ailes de la colombe" (1981), "L'Ecole de la chair" (1998), "Pas de scandale" (1999) et "La Fausse Suivante" (2000), "Villa Amalia" est le cinquième film qu'ils font ensemble. Le réalisateur raconte que "du coup, cette réelle connaissance qu'on a l'un de l'autre, nous permettait d'être, l'un vis-à-vis de l'autre, dans un état de disponibilité authenthique, je crois."
Avec : Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois
Benoît Jacquot dans la catalogues de Culturesfrance (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement) : A tout de suite (35 mm et DVD).
Sortie nationale : 8 avril
En savoir plus www.villaamalia-lefilm.com www.unifrance.org/film/29899/villa-amalia
| 8 avril 2009 | |  | |
Moi, Sàndor F.,
Alain Fleischer
« Un être peut-il en répéter un autre, ou le continuer, le prolonger, d’une génération à la suivante ? » En faisant sien, le temps d’un roman, le prénom hongrois qu’il aurait dû porter, Alain Fleischer reconnaît en lui-même la survie de la personnalité de son oncle Sàndor, mort trois mois avant sa naissance, la colonne vertébrale brisée, dans l’un de ces wagons à bestiaux dont se composaient, en 1944, les trains roulant vers Auschwitz. Les souvenirs de vingt-sept ans d’existence dont il nourrit l’agonie de son alter ego, deviennent les siens à mesure qu’il les imagine. Sa propre vie lui paraît dès lors reprendre, poursuivre, accomplir ce que celle de son oncle (ou de son frère jumeau) n’avait pu qu’initier, pour avoir été prématurément détruite. Aussi personnels lui soient-ils, ses goûts et ses talents, son inclination dès l’enfance pour les jeunes filles comme sa précoce passion pour la photographie et le cinéma, sont également un héritage.
Grâce à un procédé narratif original, parvenant à confondre les deux Sàndor en un seul, Alain Fleischer nous offre l’un des romans les plus troublants jamais écrits sur le double mystère de l’identité et de la transmission. Moi, Sàndor F. devrait aussi rester comme un maître livre de cette littérature d’après les camps, que Jean Cayrol voulait « lazaréenne », ou de résurrection. Cette ambition, après la shoah, « de restaurer, de repeupler le monde pour qu’il semble complet à nouveau », manifeste de façon exemplaire le pouvoir qu’a l’imaginaire « de rectifier et de corriger l’Histoire ».
Fayard, coll. « Alter ego », mars 2009, 394 p., 21,90 €, ISBN : 978-2-213-63397-8
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| 7 avril 2009 | |  | |
Alain Delon est une star au Japon,
Benjamin Berton
Aux premières lueurs du jour, Alain Delon sort de son appartement parisien pour faire une balade à vélo, quand une jeune Japonaise l’aborde pour un autographe. Étonnant à cette heure si matinale, mais Alain Delon sait qu’il est une star au Japon et accepte donc, alors le fiancé et complice de la Japonaise lui administre, à son insu, un puissant tranquillisant: le plus grand acteur français vivant est kidnappé. Direction une ferme isolée de la Creuse où les deux jeunes tourtereaux vont le séquestrer plusieurs jours. Le temps d’obtenir une rançon ? Non, le temps de réaliser un test ADN prouvant que le père du jeune homme, un Japonais aux yeux étonnement bleus, est bien Alain Delon. L’affaire se corse quand les résultats du test, positifs, sont interceptés in extremis par le père officiel du jeune homme, homme d’affaires tranquille mais en fait yakusa de premier plan, et qui n’apprécie pas du tout cette recherche en paternité. La star devient alors un colis encombrant, d’autant plus encombrant qu’un voisin a retrouvé dans son champ la carte d’identité d’Alain Delon, laissée par celui-ci lors d’une promenade avec ses geôliers… Ce roman à suspens, construit comme un polar, a beau être ultra réaliste (tout ce qui est dit sur Alain Delon est vrai), il est aussi loufoque et drôle.
Hachette Littératures, avril 2009, 280 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-01-237822-3
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| 6 avril 2009 | |  | |
New York, journal d’un cycle,
Catherine Cusset
Pour dessiner cet insolite autoportrait aux traits vifs, limpides, drôles, tendres et cruels à la fois, Catherine Cusset a choisi de l'ancrer dans une ville et dans un temps précis. On est à New York, dans l'année 1995. Dans cette traversée de la ville à vélo, la matière même de New York court sous les yeux du lecteur, son battement, sa folie : on file dans les rues, on découvre les quartiers, on s'empêtre dans les embouteillages, on s'insulte ou on se grise d'être en vie, on reprend souffle dans les jardins ou sur les bords du fleuve et l'on comprend soudain que la ville est un corps, qu'elle porte en elle son cycle de vie et de mort, on comprend l'objet même de ce livre qui est de raconter à la fois une ville aimée et l'histoire d'une femme qui veut un enfant. Qui court après son cycle, qui compte les jours et les semaines et qui se bat avec le temps. Un secret est caché derrière cette urgence. On ne le dira pas ici. Il y a dans ces pages un formidable élan, une inquiétude, une cocasserie des dialogues et des situations, et surtout un immense plaisir de lecture. Une histoire de couple, mais aussi l'histoire d'une ville. Deux histoires qui s'épaulent et qui avancent ensemble, avec virtuosité. L'iconographie de cet autoportrait ? Une série de vélos que Catherine Cusset a photographiés dans New York. Vélos cassés ou flambants neufs, vélos abandonnés ou attachés de façon incongrue. Des vélos devenus sculptures, des cycles qui se faufilent entre les pages. Majestueux cycles racontant la vie à vif.
Mercure de France, coll. « Traits et portraits », mars 2009, 130 p., ill. coul., 14,50 €, ISBN : 978-2-7152-2896-2.
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| 3 avril 2009 | |  | |
La Trahison de Thomas Spencer,
de Philippe Besson
Né en 1967, Philippe Besson a rencontré le succès dès son premier roman, En l’absence des hommes (1999). Dans La trahison de Thomas Spencer, le narrateur écrit des « mémoires sentimentaux », qui lui permettent de revivre ses souvenirs les plus paisibles comme les plus douloureux. Le récit s’ouvre le 6 août 1945 : date mémorable puisque les deux héros du livre, Paul Bruder et Thomas Spencer naissent ce jour-là, ce qui les lie de manière particulièrement forte. Date historique aussi, où une bombe atomique rase la ville d’Hiroshima. La force du roman – outre son style très sobre, épuré, presque minéral – est de mêler l’histoire, simple en apparence, de ces jeunes gens à des mouvements plus obscurs, collectifs ou personnels. Ce qui évite toute forme de niaiserie ou de moralisation rapide.
Philippe Besson a choisi de faire grandir ses personnages aux États-Unis, à la frontière du Mississippi et de la Louisiane. Enfance heureuse, insouciante, époque de désœuvrement sans angoisse qui voit l’amitié entre Paul et Thomas se sceller « à jamais ». Les deux garçons n’en sont pas moins confrontés à la violence du monde, au racisme radical du Sud, à la guerre de Corée, à la peur, voire à la haine des Rouges… L’enfance ne dure pas et soudain un élan s’empare de vous pour vous illuminer ou vous déchirer : le désir.
Est-ce à ce moment là que commence la possibilité de la trahison ? Le narrateur ne semble pas vouloir répondre. De multiples événements, qu’il serait dommage de dévoiler, vont installer la tragédie et le malheur pur au cœur même du bonheur. En écrivant sa vie – ses « mémoires » s’achèvent en 1975 – le narrateur a compris qu’il devait tout accepter, le pire comme le meilleur. Ne rien censurer : tout raconter au contraire, avec finesse et jubilation. François Poirié
Julliard, janvier 2009, 265 p.,19 €, ISBN : 978-2-260-01770-7
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| 2 avril 2009 | |  | |
Le Serpent aux mille coupures,
DOA
Le choix des libraires : choix de Philippe Bernadou, librairie Deloche, Montauban
Il ne sait pas où il met les doigts, Baptiste Latapie, quand il part cette nuit-là saboter la vigne d'Omar Petit, ce nègre à qui le père Dupressoir, dans un moment d'égarement certainement, a donné sa fille et sa ferme. Du jamais vu à Moissac ! Que vient faire à cette heure-ci le 4x4 qui s'arrête au Bois des Moines ? Comment peut-il se douter, le Baptiste, qu'il y a à bord trois trafiquants espagnols qui ont rendez-vous avec leurs homologues italiens ? Oui, le Tarn-et-Garonne est une plaque tournante de la cocaïne colombienne. Et voilà que surgit du fossé un mystérieux motard qui abat les trois hommes. Ce motard, blessé, va se réfugier dans la ferme d'Omar Petit (vous me suivez, celle qui a été taguée « Mort aux nègres » par l'Amicale des vignerons du cru) et il va le retenir en otage, ainsi que sa femme et sa fillette, le temps de se remettre sur pied. Nos riantes collines deviennent alors le théâtre d'un chassé-croisé tumultueux : un commandant de gendarmerie au passé peu glorieux qui poursuit un ennemi public (l'homme à la moto), son collègue des stups espagnols dont on perd la trace un soir tard quai de Tounis à Toulouse, et, last but not least, un tueur germano-asiatique raide fêlé qui découpe vivant ses interlocuteurs en fines lamelles, selon le supplice chinois dit de « la mort par les mille coupures ». Comme tout bon roman noir le livre de DOA (auteur fantôme qui nous viendrait de Lyon) installe son intrigue les deux pieds dans la réalité de notre temps : l'explosion du marché européen de la drogue qui fait les beaux jours des cartels de Colombie d'un part, et d'autre part le racisme au front bas de nos campagnes qui, du Parisien à l'Arabe, vomit tout ce qui est estranger. Passé les concessions aux scènes gores qui sont devenues la loi du genre, ce roman est un excellent spécimen de ce que le polar français, dans la lignée de Manchette et de Daeninckx, fait de meilleur dans la dénonciation de nos errances et de celles de la société. Une lecture dérangeante et passionnante. Gallimard, coll. « Série noire », mars 2009, 216 p., 15,90 €, ISBN : 978-2-07-012472-5 En savoir plus www.lechoixdeslibraires.com
| 1er avril 2009 | |  | |
Les 100 mots de l’édition,
Serge Eyrolles
La collection « Que sais-je ? », fondée par Paul Angoulvent en 1941, change d’apparence. Un nouveau travail a été fait sur les couvertures des ouvrages afin de renforcer l’identité visuelle de la collection et d’assurer davantage sa présence en librairie. Parmi les derniers titres parus dans cette nouvelle forme, Serge Eyrolles, éditeur et président du Syndicat national de l’édition, consacre 100 mots au monde de l’édition, dans un ouvrage publié à la veille du Salon du livre de Paris.
Si le livre représente la première industrie culturelle en France, le secteur de l’édition reste peu connu du grand public. Eyrolles propose donc un large panorama à travers 100 mots qui englobent la totalité de la chaîne de livre, présentent les métiers, les outils, les organismes… Du manuscrit à la librairie indépendante, du métier de correcteur en passant par le droit d’auteur, tous les aspects sont évoqués. 100 mots qui permettent également de dresser un état des lieux de la profession aujourd’hui et d’analyser les principaux enjeux pour demain.
Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », mars 2009, 128 p., 9 €, ISBN : 978-2-13-057463-7. [1re édition]
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| 1er avril 2009 | |  | |
La véritable histoire du chat botté, de Jérôme Deschamps, Pascal Hérold, Macha Makeieff - animation
A la mort de son père, P’tit Pierre, un jeune meunier, hérite d’un étrange chat qui parle comme un humain et semble doué de pouvoirs magiques grâce à de bien belles bottes… Ce chat baratineur, chanteur et danseur, va tout faire pour que son jeune maître, éperdument amoureux de la princesse Manon, puisse la conquérir. Mais sur leur chemin ils rencontreront l’infâme chambellan du Roi et son horrible bossu ainsi qu’un méchant ogre pas joli du tout…
La véritable histoire du chat botté est directement inspiré du conte de Charles Perrault, paru en 1697. Du geste à la parole Le doublage des personnages ne s'est pas fait uniquement derrière un micro. Les acteurs ont véritablement interprété leur rôle sur scène et la prise de son s'est faite au fur et à mesure. Yolande Moreau, qui interprète la Reine, confie: "J'étais très surprise car je n'avais jamais travaillé ainsi. C'était magique, parfois même déconcertant. Je pensais "faire une voix bêtement, derrière un micro" et je me suis retrouvée au milieu d'un véritable jeu théâtral (...) Cette façon d'aborder le doublage d'un dessin animé nous a permis de jouer davantage sur l'humain."
Avec les voix de : Jérôme Deschamps, Yolande Moreau, Louise Wallon, Arthur Deschamps, Jean-Claude Bolle-Redat, Armen Kelif
Sortie nationale : 1er avril
En savoir plus www.lechatbotte-lefilm.com www.unifrance.org/film/28678/la-veritable-histoire-du-chat-botte
| 1er avril 2009 | |  | |
Nulle part, terre promise,
d' Emmanuel Finkiel
Trois personnages sillonnent l'Europe d'aujourd'hui. Un jeune cadre. Une étudiante. Un kurde et son fils. Vers l'est ou vers l'ouest, en camion, en business class, en stop, en train, avec ou sans papier, à travers l'Europe contemporaine, chacun en quête de sa terre promise.
L'un des grands défis d'Emmanuel Finkiel sur ce film était de ne pas s'appuyer sur un scénario. Il précise sa démarche : "C'était intéressant : transférer le rôle décisif depuis l'écriture vers l'enregistrement, depuis le scénario vers le tournage. Inverser le processus, ne pas partir du scénario, mais de l'angle de l'objectif. L'enregistrement de la réalité comme point de départ de la fiction. On peut alors tenter de filmer les phénomènes d'un monde non-asservi à l'histoire, en tant que ce qu'il est. C'est le plan - son cadre et le temps qui passe dedans - qui en définitive devient le plus important. Ce n'est pas nouveau, c'est le principe des frères Lumière quand ils plaçaient leur caméra sur le quai du train arrivant en gare de La Ciotat. Sauf que là j'ai introduit des personnages de fiction dans la réalité que filmait la caméra. Un peu comme si les mêmes frères Lumière avaient injecté des acteurs sur le quai de la gare parmi les vraies gens. Ce fut une manière pour moi de me dédouaner de la ligne narrative, de l'unité d'action, de l'idée du bon raccord. Bref de tout ce qui finalement contribue à réduire le monde réel en une simple scène de théâtre."
Prix Jean-Vigo 2008 Nulle part, terre promise a remporté le en 2008 le très prestigieux prix Jean-Vigo, qui distingue chaque année un réalisateur français "pour son indépendance d'esprit et son originalité de style". La même année, le film a été présenté au Festival de Locarno.
Avec : Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki, Haci Aslan, Abdurrahim Apak, , Joann Grudzinska Sara Laszlo, Réka Szalkai, Emmanuel Salinger
Sortie nationale : 1er avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/29715/nulle-part-terre-promise
| 31 mars 2009 | |  | |
Les Mains libres,
Paul Éluard et Man Ray
Ce recueil, initialement paru en 1937 et réédité aujourd’hui dans la collection « Poésie », est un modèle de complicité artistique, les deux auteurs engendrant une œuvre qui exige que les dessins de l'un et les poèmes de l'autre demeurent indissociables. Renversant l'ordre habituel des choses, Paul Éluard avait d'ailleurs tenu à préciser sur la page de titre du manuscrit de travail des Mains libres que c'était lui, le poète, qui avait « illustré » les dessins réalisés par Man Ray lors de voyages dans le Sud de la France et en Cornouailles les deux années précédentes. En fait d'illustrations, les textes entrent plutôt en résonance intuitive avec les propositions graphiques : on dirait face à face des traits et des mots qui, tous, ont finalement fonction d'embarcadères et prennent un malin plaisir à jouer de l'égarement ou à décupler les destinations imprévues.
Toutes les pages de ce livre témoignent d'une intuition active et partagée, toujours en mouvement, toujours éclairante. Deux artistes, avec leurs armes propres, y découvrent leur champ commun. Ils ont les mains libres, mais avec, en plus, le bonheur d'être ensemble.
Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », février 2009, 160 p., ill. n. & b., 8,60 €,
ISBN : 978-2-07-033795-8. Dessins de Man Ray illustrés par les poèmes de Paul Éluard
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| 30 mars 2009 | |  | |
Un dieu un animal,
Jérome Ferrari
« Tu es parti, le monde ne t’a pas étreint et, quand tu es rentré, il n’y avait plus de chez toi. » Sur le mode du « Tu », Jérôme Ferrari convoque le destin d’un homme encore jeune et pourtant détruit, qui a un jour pris la décision de quitter son village, « cimetière de morts-vivants » à ses yeux, pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert véritable, celui qu’ont investi tant d’armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre. Dans le désert existentiel qu’a de longue date été la vie de celui qui a choisi l’exil aux portes de Bagdad, dans la violence et le sanglant chaos de la guerre, n’a pourtant cessé de flotter la seule image rédemptrice du triste paysage où il a grandi, celle de la miraculeuse Magali Bielinski, son amour d’adolescence, perdue de vue depuis des années mais qu’il continue d’étreindre en esprit et pour l’éternité, sous les arches immuables de la fontaine du village, en un certain mois d’août. Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par les formes de la violence inouïe qui se déchaîne au sein du monde de l’entreprise, Un dieu un animal est un roman coup de poing aux accents mystiques où l’impossible avènement de l’amour entre deux êtres signe la bouleversante faillite de la souveraineté de l’individu dans l’exercice de sa liberté. Actes Sud, janvier 2009, 109 p., 12 €, ISBN : 978-2-7427-8108-9
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 30 mars 2009 | |  | |
"I silenzi dell'esilio", Nadia Berkani.
Exposition du 4 Avril au 3 Mai 2009.
Inspirée par le film de Tarkovski « Nostalgia » (1983), Nadia Berkani poursuit en Toscane ses recherches sur l’exil. Un livre aux Editions Polistampa accompagne ce projet photographique avec des textes de Antonio Natali, Directeur du Musée des Offices de Florence et de Bernard Rémy, conseiller artistique à la Cinémathèque de la Danse, Paris. Exposition au Palazzo Piccollomini, à Pienza, Italie.
Du 4 Avril au 3 Mai 2009. Partenaires : Istituto Francese di Firenze , Fondazione Andrej Tarkovskij Firenze e Parigi, CULTURESFRANCE, Ville de Pienza, Musée Bargoin Clermont-Ferrand , Ecole d’Architecture Clermont-Ferrand, Drac Auvergne.
L’exposition est constituée de 9 tirages contrecollés sur aluminium. Contacts :
Nadia Berkani : nadiaberkani@hotmail.com Isabel Lou-Bonafonte : loubonafonte@hotmail.fr "La liberté mélancolique de Nadia Berkani"
Antonio Natali Directeur du Musée des Offices, Florence
Il y a dans les visions de Nadia Berkani une qualité qui, plus que d’autres, me fascine. Et je me rends compte que c’est la même – déclinée peut-être en des langages différents et toutefois parallèles – qui est sous-jacente à tout ce que je privilégie devant chaque forme d’expression poétique. C’est celle qui, par exemple, me fait aimer certains peintres florentins qui, tout engagés qu’ils soient dans une représentation naturaliste de la réalité, parviennent à en transfigurer les apparences comme s’il s’agissait d’épiphanies derrière des voiles de sens ou de mémoires. À propos de ces formulations qui leur sont personnelles, il m’est venu de parler d’un suspens de sentiments; ou de silences prolongés; ou de temps attentif. L’écoulement lent des heures; comme s’il était possible d’en percevoir le léger cheminement: froissement de souffles frais dans les feuilles. Et les décors qui s’éloignent sous des ciels profonds. Ce sont les mêmes aspects qui m’émeuvent dans les films de l’Europe de l’Est; les étendues désertes et rudes où Andrej Zvyagintsev place les acteurs taciturnes du Retour. Ou bien dans le cinéma d’Extrême-Orient: la tombée muette de temps interminables dans la Harpe de Birmanie de Kon Ichikawa. Ou encore dans le cinéma italien qui se reflète dans les mots murmurés et dans les brumes assourdies de l’Arbre aux sabots d’Ermanno Olmi, comme aussi dans le silence ardent de la place que Michelangelo Antonioni se crée quand se clôt Profession: Reporter. C’est une condition de l’âme en mesure d’unir dans un même sentir des hommes qui pourraient ne jamais se rencontrer, mais qui, quand même (grâce à elle) accèderont à une communion de sentiments puissante comme une chaîne. Et ce sont précisément ces sentiments que j’ai cueillis, limpides et clairs, devant les photos que Nadia Berkani m’a présentées en vue de cette exposition: quelques images (d’autres, plus tard, je serais allé m’en procurer pour une confirmation) avec des perspectives sur des terres vertes ou fleuries, âpres, avec des mottes en premier plan, aux tonalités nettes jusque vers l’horizon, tremblant, lui, de hauteurs douces, sous l’azur d’un air tantôt brouillé de vapeurs, tantôt troublé de nuées menaçantes. Et toujours: le personnage d’une femme, qui, toute seule – se détachant sur ces cieux – se déplace dans une danse qui n’appartient qu’à elle, à l’écart et réservée; et comme pour un réveil (l’éclore spontané d’une calla ou la métamorphose d’une phalène), se dresse, d’une pose recueillie et repliée, jusqu’à se lever, debout, prenant son essor dans une élévation à la sereine cadence en volute. Pour ensuite ôter sa robe: dernier vestige de la créature qu’elle était et qu’elle n’est plus, maintenant que sa nudité la rend, affranchie, à la nature; libre, d’une mélancolique liberté. Sur le lieu de sa nouvelle saison, la femme arrive enfin, après avoir traversé des champs de fleurs jaunes à perte de vue; mais son passage est tellement pudique, et léger, qu’à peine elle laisse une trace. Elle les traverse encore couverte d’une robe légère, enrichie de dessins volés aux habits d’un figurant issu de la foule d’une procession de mages d’un gothique tardif. Jamais elle ne nous offre son visage; celui-ci, au seul instant éphémère d’un sursaut du corps (tellement rapide et imperceptible que l’objectif en rend flous les contours et que les cheveux comme un nuage s’envolent) laisse deviner le profil pensif. Avec une illumination lyrique, ensuite, plus haut, se tend, à peine perceptible, au sommet d’un pré (à l’écart), une langue d’azur, où, doucement s’imprime le feuillage d’un pin solitaire. Et, d’un coup, brille la révélation d’un bonheur inattendu.
Télécharger la revue de presse Télécharger le dossier de presse Télécharger la fiche technique En savoir plus www.nadia-berkani.com
www.palazzopicollominipienza.it
| 30 mars 2009 | |  | |
Une parenthèse espagnole,
de Sylvie Gracia
Dans ses précédentes fictions, Sylvie Gracia a mis en scène des segments d’expérience vécue, avec les interrogations et obsessions qui s’y condensent au présent d’une situation de crise. Avec Une parenthèse espagnole, cette ambition prend encore de l’ampleur. Le narrateur est un homme approchant la cinquantaine, professeur de français à Paris, père de deux filles, se remettant à peine du divorce d’avec leur mère, tout en entamant une liaison avec une collègue de vingt ans sa cadette. Deux événements vont venir troubler puis traverser de part en part l’apparente banalité de cette existence, et ouvrir en son sein comme une double parenthèse.
L’étonnante plasticité de ce livre doit beaucoup aux glissements d’un pan à l’autre de la mémoire, rendus dans une chronologie complexe, jamais confuse. Se greffent sur ce canevas d’autres récits contemporains, échos qui donnent de la profondeur de champ au roman. Quant au portrait du narrateur, il apparaît d’autant plus dense qu’on le voit se modifier au gré d’une temporalité éclatée.
Sylvie Gracia a retranscrit cet imbroglio de réminiscences dans une immédiateté poignante, grâce à une langue limpide et écorchée. Au-delà des fêlures, des deuils et des défaites, c’est une lumière intense qui traverse Une parenthèse espagnole, qui découpe de fortes zones d’ombres et rend mémorable l’ambiguïté d’un destin aux prises avec sa propre normalité.
Verticales, janvier 2009, 220 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-07-012355-1 www.editions-verticales.com
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| 27 mars 2009 | |  | |
La journée de la jupe, de Jean-Paul Lilienfeld
Un jour, un professeur de collège à bout prend ses élèves en otage...
L'action de La journée de la jupe se déroule essentiellement dans un établissement scolaire. Mais ce quasi-huis clos est riche en coups de théâtre... "Je voulais faire un spectacle", explique le réalisateur. "Un spectacle avec certes un propos mais avant tout un spectacle, qui permette non plus de constater de l'extérieur dans une noirceur sans issue, mais d'être happé par une histoire et de ressentir émotion ou colère. Il me fallait un dispositif... Je souhaite avec Journée de la jupe proposer un récit qui nous rappelle que, quels que soient les choix politiques ou religieux de chacun, il existe des valeurs de base indiscutables et intransgressibles. Ne rien simplifier et ne rien occulter. Croire que les femmes, doubles victimes de leur statut social et familial, peuvent favoriser l'émergence du changement."
Isabelle Adjani n'avait plus tourné pour le cinéma depuis Bon Voyage de Jean-Paul Rappeneau (2003) à l'exception d'un petit rôle dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Elle parle de ce qui l'a séduite dans cette histoire : "Au-delà du personnage de cette prof qui pète les plombs, j'ai surtout été frappée en effet par la justesse du constat social. Qu'est-ce que l'éducation aujourd'hui ? Comment en est-on arrivé à cette impasse ? C'est quand même une des dernières institutions d'intégration, comment se fait-il qu'elle soit dans cet état-là ? Comment se fait-il que le système soit en pareil disfonctionnement et qu'on soit dans un tel malentendu ? Qu'est-ce qu'on a fait à ces élèves ? Qu'est-ce qu'on a fait à ces professeurs ? Pourquoi et comment a-t-on abdiqué devant les exigences de l'enseignement ? J'ai vraiment apprécié que le film ne cherche pas à moraliser socialement, civiquement, qu'il ne cherche pas à donner des leçons, ni à apporter des solutions mais juste ? si on peut dire ! - à poser toutes les questions, à mettre les spectateurs en face d'une dure réalité..."
Avec : Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Jackie Berroyer, Khalid Berkouz, Yann Ebongé, Sonia Amori, Kévin Azaïs, Sarah Douali, Hassan Mezhoud, Mélèze Bouzid,
Sortie nationale : 25 mars 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/30201/la-journee-de-la-jupe
| 25 mars 2009 | |  | |
Les Mots migrateurs. Les tribulations du français en Europe,
de Marie Treps
Après Les Mots voyageurs (Seuil, 2 003), qui nous contait l’histoire des mots empruntés par le français aux langues étrangères, voici le récit alerte du devenir de certains mots français dans les langues européennes, de l’allemand au norvégien, du polonais au grec… Organisé par familles de langues, le livre mêle grande histoire et anecdotes, et illustre les fortunes variées et souvent étonnantes de nos mots et expressions. Comment s’est déroulée la « colonisation » des langues européennes par le français ? Qu’ont-elles retenu de notre langue ? Au détour des pages, on découvre aussi que certains mots changent de sens en passant les frontières, devenant dès lors pour nous de faux amis ou de vértiatbles objets de perplexité, à l’image de cette étonnante formule que nous prêtent les Anglais : « C’est magnifique, mais ce n’est pas la guerre… » Un livre à la fois instructif et ludique, un vrai récit d’aventure. Éd. du Seuil, février 2009, 384 p., 20 €, ISBN : 978-2-02-086258-5
| 24 mars 2009 | |  | |
CULTURES SUD N° 172 : « L’engagement au féminin »
Cette dernière livraison de Cultures Sud, sans velléité féministe aucune, est une célébration de toutes celles qui font de la liberté et des droits de la femme un combat quotidien. Création et engagement : deux univers intimement liés qui s’illustrent ici par de nombreux portraits de ces messagères de la paix, qu’il s’agisse de femmes politiques, de pionnières du courant féministe africain-américain ou de femmes exilées de leur pays d’origine pour avoir eu le courage de dénoncer les entraves aux libertés individuelles.
Ce sont aussi des femmes de plume dont l’écriture est souvent le reflet d’un itinéraire personnel et d’une autre perception du monde, un monde vu à partir des femmes. Par-delà la fiction, l’essai et le témoignage sont également le domaine de prédilection de ces femmes qui n’hésitent pas à se faire les porte-parole des victimes du génocide Rwandais, ou à dénoncer les vicissitudes de la mondialisation comme face cachée de l’impérialisme.
Dans une perspective à la fois historique et ancrée dans l’actualité, qu’elles soient présidentes d’associations de quartier, cantatrices, écrivaines, médecins, avocates ou chef d’État, le degré d’engagement des femmes présentées dans ce numéro – sans exhaustivité – est à la mesure de leur personnalité de femme potomitan, pour reprendre l’expression antillaise consacrée.
Cultures Sud n° 172, mars 2009, 192 p., ill. coul., 12,50 €, ISBN : 978-2-917195-06-2. Numéro coordonné par Tanella Boni et Odile Cazenave Diffusion en France : La Documentation française
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| 22 mars 2009 | |  | |
La Maison,
Paul Andreu
Après un récit poétique paru il y a trois ans, Paul Andreu, l’architecte de l’aéroport de Roissy et de l’opéra de Pékin, signe avec La Maison son premier roman. Il faudrait plutôt parler ici de récit autobiographique. C’est en architecte qu’il nous décrit la maison de son enfance – la seule qu’il aura à ce jour habitée. Au hasard des pièces, il nous raconte la vie d’une famille, la sienne, dans les années 1940 et 1950. Cette maison fut pour lui un lieu propice au rêve, à l’indépendance et à la solitude qu’il revendique ; elle est devenue avec le temps un lieu fantasmé. Dans sa famille que nous découvrons graduellement, la figure du grand-père se détache nettement ainsi que les liens particuliers qui l’attachent à son petit-fils.
Même si l’auteur dresse un réquisitoire contre la pauvreté des mots impuissants à rendre les sensations, le lecteur se pénètre progressivement de l’atmosphère de ces lieux grâce au style évocateur du narrateur. Paul Andreu nous livre son goût du secret dans une langue sobre ne dédaignant pas pour autant l’imparfait du subjonctif et maniant avec plaisir le vocabulaire technique. L’abondance de points d’interrogation traduit l’hésitation constante du narrateur sur la reconstitution de sa propre histoire. En fait le récit s’élève graduellement au-dessus d’une simple évocation autobiographique pour nous entraîner dans une réflexion sur la mémoire et son questionnement.
Dominique Fayolle
Stock, janvier 2009,117 p., 13 €, ISBN : 978-2-234-06193-4
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| 22 mars 2009 | |  | |
Un lac, de Philippe Gandrieux
Tout a lieu dans un pays dont on ne sait rien, un pays de neige et de forêts, au Nord. Une famille vit dans une maison isolée près d’un lac. Alexi, le frère, est un jeune homme au coeur pur, un bûcheron. Enclin à des crises d’épilepsie et de nature extatique, il ne fait qu’un avec la nature qui l’entoure. Alexi est très proche de sa jeune soeur, Hege. Leur mère aveugle, leur père et leur plus jeune frère, observent en silence cet amour incontrôlable. Un étranger arrive, un jeune homme à peine plus âgé qu’Alexi…
Philippe Grandrieux a mis un certain temps à trouver le lac du film. "Il devait avoir une certaine taille, être entouré de très hautes montagnes et de forêts denses et profondes, sans maison autour, commente le cinéaste. Ce lac, je l'ai cherché partout ! En Finlande, en Norvège, en Suède, en France... mais je ne le trouvais pas. Les paysages que je voyais pouvaient être magnifiques, mais ils ne correspondaient pas à la "vue" mentale que j'en avais. La difficulté était là, trouver dans la réalité, ce que j'avais imaginé." Finalement, c'est en Suisse que le réalisateur l'a découvert, "un lac absolument sublime, à une heure de Zurich". "Le lac est finalement peu présent à l'image, ajoute-t-il. C'est qu'il a été bien plus qu'un décor que l'on filme ostensiblement pour qu'il soit vu, il est resté ce lac rêvé, inscrit en moi, une présence aussi forte et décisive que celle des acteurs, une présence que je retrouvais chaque matin et qui a irrigué profondément tout le travail."
Avec : Dimitry Kubasov, Natalie Rehorova, Alexei Solonchev,
Sortie nationale : 18 mars 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29091/un-lac
| 21 mars 2009 | |  | |
2ème Prix du dessin contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain
2ème Prix du dessin contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain. Lancé pour la première fois au moment d'artparis 06, ce prix vise à souligner l'importance de cette discipline, à l'origine de toute création, en aidant un artiste à poursuivre son oeuvre.
Une commission - composée de Daniel et Florence Guerlain, tous deux collectionneurs, Emmanuelle Brugerolles, conservateur du cabinet de dessins de l'Ecole des Beaux-Arts, Gabrielle Salomon, collectionneur, Jonas Storsve, conservateur au cabinet d'art graphique du Musée national d'art moderne, Carel Van Tuyll, chef du département des arts graphiques du Musée du Louvre - sélectionnent les candidats : des artistes français ou étrangers, habitant ou non en France, mais entretenant avec notre pays un lien culturel privilégié et pour qui le dessin unique sur papier constitue une part significative de leur oeuvre.
Le lauréat du Prix de dessin Daniel & Florence Guerlain se voit attribuer une dotation de 15 000 €. Les deux autres artistes sélectionnés recevront une dotation de 2 500 € chacun.
La lauréate 2009 est Sandra Vásquez de La Horra, une artiste chilienne née en 1967, qui vit et travaille à Cologne en Allemagne. Elle est représentée par les galeries Kewenig à Cologne et Rupert Pfab à Düsseldorf. Les deux autres nominés: Frédérique Loutz, une artiste française née en 1974. Elle vit et travaille à Berlin et est représentée en France par la galerie Claudine Papillon. Jorge Queiroz est né à Lisbonne en 1966. Cet artiste d’origine portugaise vit et travaille à Berlin.
Légende photo © Sandra Vásquez de La Horra, Santissima, Courtesy Galerie Rupert Pfab
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| 21 mars 2009 | |  | |
L’Ami posthume. Gérard Philippe, 1922-1959,
Olivier Barrot
Journaliste et auteur, Olivier Barrot avait 11 ans quand mourut Gérard Philippe et il n’eut pas la chance de le voir sur une scène de théâtre incarnant le prince de Homburg. En revanche son père, Jean-Pierre Barrot, le connaissait (comme témoigne la photo en ouverture du livre) mais il n’évoqua jamais le comédien dans son hebdomadaire culturel du cinéma, "L’Écran français", et, taciturne n’en parlait pas en famille. Aussi Olivier Barrot, refusant de questionner les proches, de confronter des souvenirs, de compulser des archives, a-t il délibérément opéré une reconstruction du personnage dans son époque pour nous présenter "ce portrait d’admiration" et nous parle-t-il d’"appropriation amicale". Comment oser approcher Gérard Philippe, ce personnage auréolé de grâce et de jeunesse devenu mythique dès sa mort ? Après avoir exposé son "argument", l’auteur nous présente chronologiquement cette vie en trois temps : éveil, avènement et maturité pour nous présenter "l’ange" dans un récit de conteur d’emblée séduit qui veut nous faire partager son enthousiasme. Au-delà de la carrière de Gérard Philippe, Olivier Barrot évoque l’homme clairement engagé à gauche, l’antigaulliste, le réalisateur improbable, le défenseur des comédiens en tant que président du Nouveau Comité national des acteurs mais surtout il essaie d’analyser son "style".
Dominique Fayolle
Grasset, octobre 2008, 215 p., 17,90 €, ISBN : 978-2-246-74781-9
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| 20 mars 2009 | |  | |
En enfance,
Mathieu Lindon
Mathieu Lindon dévide sous nos yeux, sans émotion apparente, des séquences d’enfance énoncées à la troisième personne. Le choix du pronom « il » s’impose car le narrateur, adulte par définition et parlant depuis un monde totalement éloigné du continent de l’enfance ne peut donc aborder son sujet que de l’extérieur. Ce sont 110 fragments de 3 pages chacun qui défilent sous nos yeux dans une froide tentative de reconstruction périphérique. Ce livre n’est pas écrit sur le registre du souvenir ni de la mémoire : on pourrait dire de Mathieu Lindon qu’il tente de retomber en enfance (au sens propre et non formulaire), son enfance ? Le narrateur effectue une sorte de recensement de situations où il nous montre que l’enfant est par nature un explorateur de la réalité opaque et diffuse qui l’entoure et que, tel un « petit poucet » intemporel, il égrène sensations et sentiments, balisant son chemin dans le monde obscur des adultes.
Le dernier et 111e fragment ou éclat opère une rupture par rapports aux 110 précédents : le narrateur en conclusion, projette son sujet à l’age adulte pour une sublimation inattendue de l’enfance, en une narration, cette fois-ci, chargée d’émotion.
Dominique Fayolle
P.O.L, janvier 2009, 345 p., 20 €, ISBN : 978-2-84682-294-7
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| 20 mars 2009 | |  | |
L’Empreinte des choses cassées,
Claire Gallois
Le titre du livre de Claire Gallois place d’emblée ce roman, se présentant en forme de récit autobiographique, sous le signe de la désillusion et de l’amertume : Les Choses cassées. On peut mettre sous ce substantif tant les sentiments, que les sensations ou les événements. Rien ne resterait intact, nous laisse entendre ce texte aux couleurs de la mélancolie. Le récit à la première personne est celui d’une femme « en train de passer dans la classe des vétérans », reçue à l’Académie française – dont un tableau au vitriol nous est brossé au passage. Son discours s’organise au fil de ses pensées, à la fois chronologique et rétrospectif ; nous y découvrons peu à peu ce qu’a été sa vie. Au départ un fait, la mort brutale de sa sœur aînée, la marque pour toujours car pour elle dorénavant « rien plus jamais ne pourra être tenu pour sûr », mais lui apprend aussi paradoxalement à goûter les petits moments de bonheur. Même si elle souffre de la fuite du temps qui passe et de la perte irrémédiable de la jeunesse, de sa jeunesse, la narratrice, désabusée et désenchantée, mais avant tout lucide nous livre un leçon de vie.
Dominique Fayolle
Grasset, septembre 2008, 176 p., 12,90 €, ISBN : 978-2-246-74411-5
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| 20 mars 2009 | |  | |
Journal intime d’un marchand de canons,
Philippe Vasset
Ce livre est le premier volet d’une série à venir pour des faits avérés, des noms véridiques et des dates exactes ; seul le narrateur, s’exprimant à la première personne, est un personnage fictif. Il s’agit, pour l’auteur, de « décrire un pan de l’économie mondiale tenu secret » afin d’essayer de « décrypter un réel globalisé ». Classant ses archives personnelles, car il est sous le coup d’une inculpation judiciaire, le narrateur entreprend de nous raconter sa vie passée. Sorti frais émoulu de son école de commerce, il a décidé – car il est épris de romanesque – d’être marchand de canons pour transformer « le gentil VRP » qu’il était en « aventurier de haut vol » grâce à l’opportunité de conflits internationaux. Le ton est donné : humour corrosif pour des péripéties rocambolesque de romans d’espionnage à la James Bond. Tous les ingrédients nécessaires sont réunis (nombreux voyages, sexe, alcool, danger, ventes d’armes, rivalités politiques entre États…) pour relater des aventures trépidantes sur le canevas de réalités inquiétantes cachées au grand public. Humour et décalage sont au rendez-vous pour nous raconter une réalité crue tournant autour des « scandales d’armements » qui, d’après l’auteur, se déroulent toujours selon le même scénario.
Tout en s’amusant, Philippe Vasset propose au lecteur une charge sévère sur les rapports entre diplomatie et commerce international.
Dominique Fayolle
Fayard, janvier 2009, 182 p., 15,90 €, ISBN : 978-2-213-64283-3
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| 19 mars 2009 | |  | |
Les nommés 2010 pour le Prix Marcel Duchamp
Premier prix créé en 2000 en France à l’initiative de collectionneurs d’art contemporain, le Prix Marcel Duchamp est organisé par l’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français en partenariat avec le Musée national d’art moderne, Centre Pompidou. Il bénéficie du soutien de sociétés privées. Son ambition est de confirmer la notoriété d’un artiste résidant en France, représentatif de sa génération et travaillant dans le domaine des arts plastiques et visuels. Le lauréat du Prix Marcel Duchamp est de invité à créer une œuvre originale présentée pendant deux mois au Centre Pompidou. Un prix de 35 000 euros est attribué au lauréat. Fruit d’une initiative privée relayée par une institution publique, ce Prix permet de faire bénéficier une nouvelle génération d’artistes d’une structure qui favorise leur reconnaissance, donne une plus grande visibilité à leurs propositions artistiques, et les aide à acquérir une stature internationale. Ce sont les membres du comité de sélection de l’ADIAF, c’est à dire des amateurs d’art, et non des professionnels, qui établissent la liste des «nominés». Le jury international, quant à lui, réunit des experts reconnus dont les avis font autorité dans le monde de l’art contemporain: conservateurs, critiques, collectionneurs français et étrangers.
Il apporte au Prix Marcel Duchamp et à son lauréat une forte visibilité dans le monde de l’art contemporain.
Le jury vient de désigner les 4 nommés pour le prix 2010 Il s’agit de Saadane Afif (Lauréat du programme Culturefrance Hors les Murs en 2006 pour Glasgow, Grande Bretagne), Damien Deroubaix (Lauréat de l’atelier Newyorkais Culturefrance,en 2008 ), Nicolas Moulin, (Lauréat du programme Culturefrance Hors les Murs en 2005 pour Rejdavik, Islande) et Philippe Perrot.
Légende Photographie Damien Deroubaix, World Downfall 2007, Courtesy Galerie Fabienne Leclerc
En savoir plus http://www.adiaf.com/
| 19 mars 2009 | |  | |
La fille du RER, d'André Téchiné
Jeanne vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise. Les deux femmes s’entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi. Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l’espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein, un avocat de renom qu’elle a connu dans sa jeunesse. L’univers de Jeanne et celui de Bleistein sont à des années lumières de distance... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d’un mensonge inoui que Jeanne va échaffauder.
Une histoire d'amour fictive La véritable héroïne du fait-divers était très attachée à sa mère et son compagnon. Quand le réalisateur l'a interrogé sur les raisons de ses actes, elle a avoué souhaiter exister d'avantage à leurs yeux. André Téchiné a donc pris en compte cette relation triangulaire comme point de départ, mais tout le reste n'a été que pure invention de sa part. Il a fait le choix de suivre la relation entre Jeanne (Emilie Dequenne) et Franck (Nicolas Duvauchelle) pas à pas, de la rencontre jusqu'à la séparation, "c'était à la fois une expérience de cinéma et une expérience érotique de donner naissance à un couple" raconte André Téchiné.
Avec : Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Nicolas Duvauchelle, Michel Blanc, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz
Sortie nationale : 18 mars 2009
André Téchiné dans la catalogue de Culturesfrance : Les égarés, Loin, Ma saison préférée, Rendez-vous, (35 mm), Les témoins (35 mm et DVD) – diffusion non commerciale à l’étranger uniquement
En savoir plus www.lafilledurer-lefilm.com www.unifrance.org/film/29421/la-fille-du-rer
| 18 mars 2009 | |  | |
Vers la douceur,
François Bégaudeau
Après son roman Entre les murs paru en 2006 et son interprétation en 2008 du personnage du professeur dans le film éponyme qui obtint la Palme d’or à Cannes, François Bégaudeau nous offre un petit ouvrage jouant subtilement avec les références littéraires les plus classiques. À travers les errances et relations croisées d’un groupe de trentenaires autour de Jules, un journaliste sportif de 35 ans déplorant de ne pas mûrir, François Bégaudeau nous propose une sorte d’initiation sentimentalo sexuelle pour « récidivistes du non événement ». On peut y retrouver une carte du tendre désabusée, adaptée au monde d’aujourd’hui avec des « règles » à respecter, comme l’évoque l’intitulé d’un des chapitres.
Utilisant un langage parlé, des tics verbaux et une ponctuation réduite, le roman développe une écriture au style très contemporain, où des narrateurs multiples alternent avec le je/jeu du personnage principal. Pourtant, avec deux authentiques lettres de rupture, l’auteur se livre à un exercice de style classique qui, dans la tradition allant de Laclos à Sophie Calle, lui permet de développer une véritable analyse psychologique de ses personnages en contrepoint de l’ensemble du texte plus strictement narratif. La structure du récit évoque une construction cinématographique avec toutes sortes de plans alternés et parfois récurrents s’entrecroisant dans le temps et dans l’espace comme en écho aux hésitations des personnages.
De cet univers hésitant, agité et distraitement mélancolique surgira pourtant l’amour.
Dominique Fayolle
Verticales, mars 2009, 202 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-07-012301-8.
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| 17 mars 2009 | |  | |
Le Devenir numérique de l’édition,
Bruno Patino
À l’époque, Bruno Patino, PDG de Télérama et du Monde interactif, avait été chargé par la ministre de la Culture d’un rapport sur le « livre numérique ». Le titre, Le Devenir numérique de l’édition, est la version imprimée de ce rapport remis en juin dernier et disponible également en version numérique. Ce rapport décrit différents scénario d’évolution possible, y compris l’hypothèse du basculement brutal de l’économie du livre vers la lecture numérique (sur des écrans d’ordinateur mais également sur des lecteurs dédiés, des téléphones mobiles, des consoles de jeu, etc.). Tout en laissant ouvertes certaines questions majeures au premier rang desquelles la définition juridique du « livre numérique », qui conditionne la défense des ayants droit, le rapport insiste essentiellement sur une double priorité. D’une part, la nécessité d’organiser rapidement une offre légale, attractive du livre numérique, en favorisant l’interopérabilité des contenus et des formats et la mise en place de plateformes interprofessionnelles. D’autre part, mettre en place des « mécanismes » permettant aux détenteurs de droits de jouer un rôle central dans la détermination des prix. En effet le rapport souligne que les acteurs actuels de l’économie du livre doivent s’unir pour éviter que de nouveaux acteurs industriels (notamment les fournisseurs d’accès à Internet et les groupes de télécommunication) ne s’approprient l’essentiel de la valeur ajoutée de la future économie numérique du livre.
Si ce rapport s’adresse principalement aux professionnels du secteur, il intéressera également tous les économistes et les chercheurs travaillant sur l’évolution des industries culturelles.
Dominique Fayolle
La Documentation française, septembre 2008, 92 p., 11 €, ISBN : 978-2-11-007349-5
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| 14 mars 2009 | |  | |
Esprit/collection intégrale 1932-2006
Le DVD reprenant l’intégralité non seulement des articles mais de l’ensemble des rubriques publiées dans la revue Esprit depuis la création en 1932 jusqu’à l’année 2006 constitue une contribution originale de cette revue d’idées au débat intellectuel du XXIe siècle. La formule du DVD permet une valorisation économique de ce patrimoine, tout en autorisant à ses lecteurs les facilités de la lecture numérique avec les modules classiques de feuilletage, de recherche de mots-clés ou d’indexation. La brochure de présentation rappelle à juste titre que, si Esprit a été créée par Emmanuel Mounier, les articles ne se sont pas limités à l’illustration de la pensée personnaliste ou plus tard aux orientations politiques ou philosophiques de ses comités de rédaction successifs. Au-delà de la contribution de cette revue après 1945 à la réconciliation franco-allemande et à une laïcité apaisée, de ses prises de position sur la guerre d’Algérie et sur le totalitarisme communiste, Esprit a exploré de nombreuses autres questions.
Le chercheur en sciences humaines, l’étudiant et également l’honnête homme trouveront dans cette somme de soixante-quinze années un réservoir particulièrement stimulant pour nourrir leur réflexion aujourd’hui.
Dominique Fayolle
Esprit, DVD-ROM version PC, mai 2008, 190 €
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| 11 mars 2009 | |  | |
Welcome,
de Philippe Lioret
Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d’aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.
L'origine du projet Depuis longtemps, Philippe Lioret avait l'idée de faire un film sur les personnes qui fuyant leurs pays d'origine pour rejoindre l'Angleterre se retrouvaient coincés à Calais. Après en avoir parlé à Emmanuel Courcol et Olivier Adam, ils ont commencé à chercher ensemble une histoire. Ils ont pris contact avec des associations et sont partis à Calais pour cotoyer la vie des bénévoles et des réfugiés.
La veille du tournage ! Lioret et Lindon à leur arrivé à Calais, se sont rendus au "quai de la soupe". Cet endroit porte bien son nom puisqu'il s'agit du lieu où une poignée de bénévoles fournisssent de la nourriture aux réfugiés. Sur place, le réalisateur et son acteur ont croisé des réfugiés très mal en point. A leur demande, ils les ont déposé dans une décharge, lieu de repli de cette communauté. Sans un mot ils sont retournés à l'hôtel, "cela se passait de commentaire" raconte Vincent Lindon. Le tournage de Welcome a commencé le lendemain.
Avec : Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana
Sortie nationale : 11 mars 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/28857/welcome
| 10 mars 2009 | |  | |
Les Contradictions de la globalisation éditoriale,
Gisèle Sapiro (dir.)
Cet ouvrage collectif est issu pour une large part d’un colloque réuni à Paris en 2006 sur les mêmes problématiques. Les contributions de la quinzaine de chercheurs abordent successivement, et dans une optique où l’approche sociologique de Pierre Bourdieu est dominante, trois thèmes. En premier lieu, la structuration du marché international de l’édition où, à côté de la constitution de grands groupes multinationaux aux produits standardisés, se maintiennent et même se développent des produits éditoriaux singuliers, qu’il s’agisse de productions universitaires à vocation mondiale ou d’ouvrages liés à l’identité d’un territoire. La deuxième série d’études aborde les stratégies des différents éditeurs dans ce contexte et fait apparaître fort logiquement le rôle d’éditeurs marginaux ou militants, dans les niches du livre politique ou des essais critiques (La Découverte, Éditions Des femmes). Enfin la dernière partie se consacre aux problématiques de la traduction en montrant une fois de plus, à l’aide d’études de cas, le caractère asymétrique des flux de traduction et le rôle ambigu de la traduction comme défense contre la menace de standardisation et de domination de l’anglais. Au total, cette première tentative de mesurer la globalisation éditoriale et ses limites, si elle ne traite pas des questions centrales de la distribution ni de l’effet du cadre variable des normes de la propriété intellectuelle, pose des jalons prometteurs pour une approche non seulement économique mais culturelle de la question. Dominique Fayolle
Nouveau monde éditions, janvier 2009,412 p., 49 €, ISBN : 978-2-84736-392-0
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| 9 mars 2009 | |  | |
Equatoria,
Patrick Deville
Dans une fresque immense et foisonnante, Patrick Deville, se faisant tour à tour historien et journaliste, nous raconte l’Afrique, du XIXe siècle jusqu’au début du troisième millénaire en de continuels allers et retours entre le présent et le passé, de sa découverte et sa colonisation jusqu’à sa situation politique actuelle. Mettant ses pas dans les traces de ses héros d’hier et rencontrant les acteurs contemporains, le narrateur, en aventurier moderne, arpente l’Afrique de toutes les manières possibles. Il interroge passionnément les premiers voyageurs de ce continent et nous les présente de façon croisée et récurrente. Sous le patronage littéraire d’un Jules Vernes visionnaire, le lecteur voit ainsi défiler Livingstone le précurseur, le couple antinomique que forment Brazza le romantique séduisant et Stanley le pragmatique viril, Schweitzer l’organiste « humanitaire » avant la lettre puis tant d’autres comme Conrad et Céline – beaucoup ayant en commun d’avoir changé leur nom. Si l’activité bouillonnante de Stanley « le briseur de roches » nous passionne, c’est Brazza ce « gentleman silencieux comme un duc » qui nous séduit ; son personnage, par le biais symbolique de sa dépouille mortelle, continue encore aujourd’hui de brouiller les pistes. L’auteur nous décrit minutieusement tant les acteurs politiques des guérillas et massacres actuels que les simples habitants de cette Afrique contemporaine avec « des détails » qui « suffisent à une lecture géopolitique du IIIe millénaire ». D’une plume rapide et efficace Patrick Deville nous dispense avec Equatoria un lyrisme discret dont la lucidité et l’ironie jamais grinçante interrogent ce continent en déroute.
Dominique Fayolle
Éd. du Seuil, janvier 2009, 332 p., 22 €, ISBN : 978-2-02-090680-7
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| 8 mars 2009 | |  | |
Un juif pour l’exemple,
Jacques Chessex
Né en 1934 à Payerne, Jacques Chessex avait 8 ans quand les faits relatés dans ce livre ont eu lieu. Il s’agit de l’assassinat d’un marchand juif en 1942 à Payerne « gros bourg vaudois travaillé de sombres influences », ville de charcutiers où le cochon couronne le bourg de son emblème. Cette petite ville en état de faillite survit mal à la crise des années 1930 avec un taux de chômage élevé qui attise les rancœurs contre les gros, les nantis. Un pasteur privé de paroisse, agent de l’Allemagne harangue le petit peuple fragilisé par la crise et le fanatise contre « la vermine juive ». Il trouvera son âme damnée en la personne d’un garagiste qui, avec sa petite bande de revanchards se chargera de désigner et d’éliminer le bouc émissaire : Arthur Bloch, un marchand de bétail. La mort gratuite du « juif pour l’exemple » et la sordide élimination de son corps « débité comme un cochon à l’abattoir de la ferme » font d’Arthur Bloch un martyr.
Marqué par des citations et références bibliques, ce récit nous plonge dans une interrogation métaphysique sur la nature du mal, la possibilité de la rédemption et l’existence de la résurrection.
Dominique Fayolle
Grasset, janvier 2009, 109 p., 11,90 €, ISBN : 978-2-246-74351-4
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| 6 mars 2009 | |  | |
Lune captive dans un œil mort,
Pascal Garnier
Martial et Odette se sont laissés convaincre par un agent immobilier spécialisé en résidences senior. Les voici dans le Sud de la France, loin de leur grise banlieue, en pionniers des Conviviales, sorte de camp de vacances perpétuel avec villas individuelles conçues à l’identique mais qui leur apporte le premier des conforts, « se sentir bien protégé et en sécurité permanente ». Une nouvelle vie commence. Les premiers voisins aménagent. Puis une femme seule qui n’est pas celle que l’on croit. L’animatrice du club-house, un peu hippie sur le retour, peut entrer en fonction. Mais assez vite, le huis clos devient un shaker explosif. Les défaillances du gardiennage s’ajoutent à l’ennui de l’isolement. À force d’être tenu à l’écart, le monde extérieur finit par terroriser les résidents. Chacun perd peu à peu son sang-froid. Surtout quand le gardien massacre un chat à coups de pelle ou quand le moindre orage paralyse le système de sécurité. Les troubles obsessionnels, les blessures secrètes s’affichent jusqu’à ce que la lune, une nuit plus terrible que les autres, se reflète dans l’œil droit du gardien, arraché par une balle perdue…
Adepte des textes courts, auteur de romans noirs et de littérature enfantine, Pascal Garnier est un écrivain prolifique et multicartes qui n'a pas d'égal pour mettre en scène des personnages insipides à l'existence terne. Mais le regard, lucide, n'est jamais blessant ni méprisant.
Chez Zulma, parmi les ouvrages les plus récents : La Théorie du Panda, 2008 ; Comment va la douleur?, 2006 (rééd. LGF, coll. « Le livre de poche », 2008).
Zulma, janvier 2009, 156 p., 16,50 €, ISBN : 978-2-84304-465-6
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| 4 mars 2009 | |  | |
Est-ce ainsi que les femmes meurent?,
Didier Decoin
« D’après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d’une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d’autres qui avaient pris le temps d’enfiler une robe de chambre. Aucun n’a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. » Didier Decoin s’est inspiré de ce fait divers, qui fit d’abord l’objet d’un entrefilet, avant de passer à la Une de tous les journaux, une fois la lâcheté des témoins devenue le vrai sujet d’enquête pour la presse. New York, une nuit de mars 1964 dans le Queens, une ville encore insalubre et dangereuse, un trottoir mal éclairé : le prétexte à un saisissant roman où sous un tapis de neige, nous découvrons les atrocités commises par un tueur en série. Se détachent en personnages de chair Kitty, la victime, le tueur Winston Moseley, monstre froid qui ne jouit pleinement que de victimes mortes, le narrateur Nathan Koschel, les habitants planqués derrière leurs fenêtres. Qui est le plus coupable ? Le criminel ? Ou l’indifférence des témoins qui entendent les appels au secours sans réagir ?
Didier Decoin est né en 1943. Journaliste, chroniqueur, scénariste et romancier, il est l’auteur d’une œuvre importante dont John l’Enfer (prix Goncourt 1977). Il est membre de l’Académie Goncourt depuis 1995.
Grasset, coll. « Ceci n’est pas un fait divers », février 2009, 226 p., 17,90 €, ISBN : 978-2-246-68221-9
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| 2 mars 2009 | |  | |
Les Éclaireurs,
Antoine Bello
On retrouve ici Sliv Dartunghover, héros et narrateur des Falsificateurs, brillant géographe islandais devenu l’un des meilleurs agents du CFR. Le Consortium de falsification du réel est un organisme planétaire qui crée de toutes pièces des événements historiques afin d’influer sur les opinions publiques, les dirigeants, et d’infléchir les situations géopolitiques. Mais Sliv, malgré ses succès, continue à s’interroger sur les objectifs véritables du Consortium. En 2001, il se voit confier une opération d’infiltration au sein de l’ONU au Timor en coopération avec Lena, à qui l’oppose une rivalité sans merci. À cette occasion, Sliv et Lena vont s’entendre pour coordonner leur action et assurer le succès de l’opération malgré leurs différents. Aussi brillant que Les Falsificateurs, original, documenté, servi par une écriture dynamique et pleine d’humour, ce thriller bien ficelé apporte un éclairage sur l’histoire contemporaine sur fond de guerre en Irak. Les Éclaireurs forme un diptyque avec Les Falsificateurs, mais peut tout autant se lire indépendamment.
Antoine Bello est né en 1970 à Boston. Il vit actuellement à New York. Il a publié, chez Gallimard, Les Falsificateurs (2007, rééed. coll. « Folio », 2008), Éloge de la pièce manquante (1998, rééd. coll. « Folio », 2008), Les Funambules, 1996.
Gallimard, coll. « Blanche », février 2009, 478 p., 21 €, ISBN : 978-2-07-012426-8
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| 25 février 2009 | |  | |
Elodie Lachaud : NY TAXIS O8, $ 4.10
Exposition photo et installations de l’artiste Elodie Lachaud qui présente pour la première fois sa nouvelle série sur les taxis New yorkais. « Je fixe le compteur. Je n'arrête pas de changer de place, la vitre trouble mon regard je prends une photo. New York flotte. Je vois le ciel par intervalle net flou. Je scrute la ville et ses agitations. Toujours pas d'issue de secours.»
Des taxis. Des photos. Et New York. Déambulation urbaine. Flashs. Instantanés. Instants sonores. Vidéos. Films. Multimédias. Elodie Lachaud est en mouvement. Permanent. Assise et mobile dans des taxis de New York. Exposition du 13 janvier au 1er Mars 2009 GALERIE W 44, rue Lepic 75018 Paris En savoir plus www.galeriew.com
| 24 février 2009 | |  | |
François Rousseau, L’atelier du peintre
Du 4 février – 5 avril 2009 À La Maison Européenne de la photographie
Photographe de mode et de publicité, François Rousseau s’est inspiré du roman de Patrick Grainville, L’Atelier du peintre, pour mener à bien ce projet photographique. Découvert à sa sortie en 1998, ce roman illustre parfaitement, à ses yeux, un mythe de Los Angeles qui va l’habiter, l’aimanter pendant des années. Se destinant d’abord à la peinture, François Rousseau est frappé par le rapport du peintre et de ses modèles qui, de tous les milieux, viennent poser dans l’atelier. Comme si les modèles attendaient du maître leur naissance même, leur vraie nomination. Aujourd’hui, vingt ans après, le photographe qu’il est devenu, lui aussi aux prises avec ses modèles, a renoué avec le roman des commencements. Il l’a incarné et en a réinventé visuellement les personnages, les épisodes-clés. Tout un théâtre où Los Angeles est mis en scène, dans la diversité de ses corps déchus et glorieux.
“L’Atelier du peintre de Patick Grainville raconte l’histoire passionnée et tragique d’un peintre européen, d’un Maître ayant quitté son pays pour s’installer et fonder un atelier de peinture à Venice Beach (Los Angeles). Cet atelier a ceci de particulier qu’il a pour étudiants d’anciens délinquants des quartiers défavorisés. Une communauté vit dans l’Atelier : les femmes sont avec les femmes, les hommes avec les hommes, l’hétérosexualité au centre est totalement fantasmée car elle n’est présente qu’au travers de la fameuse toile de Jan Van Eyke, Les époux Arnolfini, que le maître cherche à reproduire en faisant poser ses élèves mais sans succès... Je me suis emparé de ce récit et l’ai utilisé comme structure à mon projet : une série d’environ 100 photographies, des compositions, des mises en scène de nus. Le processus de narration appliqué à mes séries photographiques permet de collaborer avec mes modèles sur de longues périodes et en profondeur. J’ai appréhendé la composition de mes images comme un peintre, en prenant le temps nécessaire.” François Rousseau
Ce projet est accompagné d’un triptyque vidéo de Luc Maes intitulé L’Atelier photographique et d’une musique, Life Class, composée par Mikael Karlsson. Cette composition musicale pour orchestre de chambre, qui constitue une pièce majeure du projet, est diffusée tous les jours à 17 heures.
La Maison Européenne de la Photographie 82 rue François Miron 75 004 Paris - France
Parallèlement à l’exposition de la Maison Européenne de la Photographie, la galerie Pierre-Alain Challier présente la suite du projet, l’Atelier, du 3 février au 7 mars 2009.
François Rousseau à bénéficié d’une bourse de Culturesfrance, Villa Médicis hors les murs, en 2002 pour New York, qui a constitué la première mise en œuvre de ce projet.
Par ailleurs le photographe à réalisé une superbe série au Brésil, autour des « Béatitudes » constituée de grands formats sur papier très simples à accrocher, que le réseau peut facilement exposer.
En savoir plus http://www.francoisrousseau.com/
| 23 février 2009 | |  | |
BERNARD JOISTEN : Illimité
Dans ses mises en scène, installations et peintures, Bernard Joisten confronte le public à l’arbitraire de la vision : combinaisons de schémas fabriqués à partir de figures génériques (la voiture, le château), de trames (damier), ou de notions plus menaçantes (la faille, l’explosion). Pas d’explication, l’art figuratif étant tout aussi abstrait que l’abstraction même (abstraction figurative). L’esthétique en place est celle de la mécanique des lieux : lieu commun, lieu d’action, lieu de fiction, lieu métaphysique, lieu réel enfin où circule le public. En se servant de l’image 3D, Bernard Joisten remet à jour la fragmentation cubiste en tant que processus qui déploie un nombre illimité de points de vue. Dans la première salle du Frac Basse-Normandie, le regard est emporté dans un paysage simulé qui contamine l’espace, se fragmente sous plusieurs formes et matériaux : linoléum, impressions numériques, peinture. Dans la deuxième salle, ce n’est plus un accrochage mais un décrochage, qui transforme le poids de l’image. Les images sont ici encapsulées dans des sphères suspendues au plafond. En quittant les murs, les images se séparent de toute forme de « région ». Elles s’échappent, en quelque sorte, dans le monde. C’est une autre économie. La suspension est un schéma mobile où la matière ne se prend pas au sérieux et où le jugement reste, lui aussi, suspendu. Vers des images sceptiques ?
Illimité est le thème favori des opérateurs de téléphonie mobile. Ici, l’illimité est un lieu, un espace, la figure d’un domaine sans fin.
Bernard Joisten est né en 1962 à Gap. Il vit et travaille à Paris. Exposition du 6 février au 12 avril 2009 FRAC-BASSE NORMANDIE : 9 rue Vaubenard 1400 CAEN
En savoir plus http://www.frac-bn.org/
| 19 février 2009 | |  | |
GÉNÉROCITÉ, LA BIENNALE D'ARCHITECTURE DE VENISE À PARIS
Exposition, Paris (Cité de l'architecture & du patrimoine), jusqu'au 17 mai 2009
En réponse à « Out there », la thématique de la Biennale d’architecture de Venise 2008 visant à explorer « l’architecture au delà des bâtiments », le pavillon français, dont CULTURESFRANCE était l'opérateur, présentait « GénéroCité », soit l’alternative du « généreux versus le générique ». Autour du collectif invité French Touch, L'exposition offre un large panorama de la scène contemporaine avec 100 projets et réalisations présentés en trois temps : hier, aujourd’hui et demain. Que donner en plus ? C’est la question fondamentale. Qu’offrir en plus qui ne soit contenu dans le programme ? C’est l’enjeu. Prenant position contre la banalisation des villes, à l’heure de la globalisation, l’exposition – présentée à la Cité de l'Architecture & du Patrimoine dans une nouvelle scénographie – réaffirme le rôle social de l’architecte dans la définition des modes de vie et des pratiques urbaines.
Dans un contexte où l’architecture est sommée de répondre à l’urgence de recherches de performances énergétiques et où les contraintes budgétaires limitent de plus en plus le champ des possibles, l’exposition s’attache à démontrer, à travers la « GénéroCité » sous toutes ses formes ce que signifie donner plus : plus d’espace intérieur comme plus d’espace public. Au regard des réalisations contemporaines, l’idée de don ou de bonus prend tout son sens dans un panorama qui couvre aussi bien des logements expérimentaux conçus par Lacaton & Vassal à la Cité Manifeste de Mulhouse que la gare terminus de tramway de Nice construite récemment par Marc Barani (et pour laquelle il a reçu l’Équerre d’Argent 2008), en passant par le bâtiment des conducteurs de bus construit par Marrec & Combarel à Thiais… Exposition produite et réalisée par Culturesfrance, opérateur de la représentation française au sein de la Biennale di Venezia, et le ministère de la Culture et de la Communication - Direction de l’architecture et du patrimoine, pour le Pavillon français de la 11e Exposition internationale d’architecture- Biennale de Venise, et présentée à la Cité de l’architecture & du patrimoine du 11 février au 17 mai 2009.
Commissariat : Francis Rambert Architectes invités : collectif French Touch Scénographie : collectif French Touch Graphisme : Collectif French Touch + Franck Tallon Cité de l’architecture & du patrimoine palais de Chaillot - pavillon de tête - Galerie basse des expositions temporaires entrée par le 1 place du Trocadéro - 75116 Paris (Métro Trocadéro) Ouverture tous les jours de 11h à 19h - le jeudi jusqu’à 21h - fermeture le mardi Entrée payante
Un ouvrage de référence (co-édition Culturesfrance /Éditions Actar) accompagne l’exposition. Mettant en perspective la valeur GénéroCité sur 600 pages, il contient un entretien exclusif avec Jean Nouvel, Prix Pritzker 2008.
En savoir plus http://www.citechaillot.fr/exposition/galeries_d_expositions_temporaires.php?id=84
| 18 février 2009 | |  | |
Aataba
Le point de départ de la pièce Aataba (le seuil) est l’exploration de la vie nocture marocaine à travers l’émergence de nouveaux lieux destinés à la fête ou à la libération du corps et qui constituent un univers réel au Maroc mais encore peu révélé.
Pour « Aataba », Taoufiq Izeddiou, chorégraphe marocain initiateur du festival « On Marche », invite cinq danseuses : quatre marocaines et une française. « Ainsi leurs savoirs chorégraphiques ne seront pas sans confrontation, ni surprise. Les sous-sols de la vie sociale deviennent vite les sous-sols de l’âme, où se crée un lien social dérobé au regard ; lieu de la rencontre, de la solitude, où se montre un rapport au corps différent. En s'imprégnant de ces gestes, les cinq danseuses revisitent les états physiques qui s'inventent dans les sous-sols - non pas pour les reproduire mais pour continuer à chercher de nouvelles interprétations de la danse contemporaine au Maroc. Le corps des cinq interprètes devient un seuil, une porte ouverte sur le mélange des usages, des rites, des attitudes et des musiques.Une chanteuse orientale est à leurs côtés, ainsi qu’une bande son composée d’enregistrement de boîtes de nuit, de voix de chefs africains ou arabes, du son d’une corde amplifiée, avec sur scène des bendir, ces tambourins qui existent partout dans le monde. » - le 6 Décembre 2008 à Caen : au Centre chorégraphique national de Caen France, festival « danse d’ailleurs » - le 30 janvier à Marrakech ,dans le cadre du festival « On marche » - le 19 mars au Théâtre de Cahors - En tournée en Afrique de l’est en 2009 (calendrier en cours de réalisation)
contacts de la compagnie : aataba.anania@yahoo.fr crédit photographie: Wassim Soltani En savoir plus http://www.marrakechnews.net/AATABA,-choregraphie-de-Taoufiq-IZEDDIOU-Creation-2008_a1632.html
| 18 février 2009 | |  | |
Des vents contraires,
Olivier Adam
Depuis que sa femme a disparu sans plus jamais faire signe, Paul Anderen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Une année s’est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d’un retour aux sources et s’installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance. Mais qui est donc Paul Anderen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Olivier Adam, dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité.
Olivier Adam est l'auteur de nombreux livres dont Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, salué par la critique en 2005 et À l'abri de rien, prix France télévision 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma, dont Poids léger et Je vais bien, ne t'en fais pas. Des vents contraires est son sixième roman.
Olivier Adam, Des vents contraires, Éditions de l’Olivier, janvier 2009, 256 p., 20 €, ISBN: 978-2-87929-646-3
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 17 février 2009 | |  | |
35 rhums,
de Claire Denis
Lionel est conducteur de RER. Il élève seul sa fille, Joséphine, depuis qu’elle est toute petite. Aujourd’hui, c’est une jeune femme. Ils vivent côte à côte, un peu à la manière d’un couple, refusant les avances des uns et les soucis des autres. Pour Lionel, seule compte sa fille, et pour Joséphine, son père. Peu à peu, Lionel réalise que le temps a passé, même pour eux. L’heure de se quitter est peut-être venue...
Le projet 35 rhums trouve son origine dans l'histoire familiale de Claire Denis. "(...) c'est une histoire qu'on m'a racontée tout le temps dans mon enfance", raconte la réalisatrice. "L'histoire de mon grand-père qui était un homme veuf, qui a élevé seul ma mère, qui n'a pas eu d'autres enfants, qui ne s'est jamais remarié (…)". Claire Denis souligne que la SNCF a fourni une aide précieuse pour le tournage du film : "Pendant le tournage, je craignais de déranger, de faire intrusion, avec notre matériel. Le régisseur m'a dit, " mais non c'est avec eux qu'on va faire le film ". En fait, c'est exactement ce qui s'est passé. Ils ont pris en main l'affaire, donc ils nous disaient " la scène de nuit, on la fera là, à telle heure parce qu'on peut débrancher les caténaires plus facilement, la scène avec le cheval, on ira la faire là-bas ", vraiment ils étaient dans le film. Ils donnaient leur avis, du coup ça a mis à l'aise Alex Descas qui a réellement appris à conduire un RER. Et qui a perçu la solitude et l'intensité concentrées qui règnent dans la cabine."
Avec : Alex Descas, Mati Diop, Grégoire Colin, Ingrid Caven, Nicole Dogué, Adèle Ado
Sortie nationale : 18 février 2009
En savoir plus www.35rhums-lefilm.com www.unifrance.org/film/29449/35-rhums
| 17 février 2009 | |  | |
Z 32, de Avi Mograbi (documentaire)
Un ex-soldat israélien a participé à une mission de représailles dans laquelle deux policiers palestiniens ont été tués. Il cherche à obtenir le pardon pour ce qu'il a fait. Sa petite amie ne pense pas que ce soit si simple, elle soulève des questions qu’il n'est pas encore capable d'affronter. Le soldat témoigne volontairement devant la caméra tant que son identité n'est pas dévoilée. Le cinéaste, tout en cherchant la solution adéquate pour préserver l'identité du soldat, interroge sa propre conduite politique et artistique.
L'avis de Mograbi Si le film repose sur le témoignage d'un soldat israélien, le film se veut une réflexion plus vaste sur l'armée : "Toutes les armées du monde pratiquent ce type de lavage de cerveau: entraîner une personne à agir sur commande. La plupart du temps, les soldats ne discutent pas, ils ne réfléchissent pas. On appuie sur le bouton et ils passent à l'action. La plupart des gens de 18 ans sont peu contrôlables mais l'armée les rend contrôlables. C'est un processus universel et il ne concerne pas seulement les armées d'Etat, mais les groupes de libération et toutes les organisations armées (…)".
Mograbi, plein chant Avi Mograbi a l'habitude de s'impliquer personnellement à l'écran dans ses films. Mais ses interventions dans Z32 sont d'une nature très particulière, puisqu'il s'agit de séquences de chant, qui ponctuent le récit. C'est le registre "du choeur antique ou de la distanciation brechtienne", précise le cinéaste, qui ajoute : "Ce qu'expriment mes chansons est une sorte de désespoir, le désespoir qu'induit la réalité israélienne, la frustration, aussi, et l'impuissance de ne pas pouvoir changer cette réalité (…)".
Sortie nationale : 18 février 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29850/z32
| 16 février 2009 | |  | |
Exposition « 6 milliards d’autres » de Yann Arthus-Bertrand
Une exposition à la rencontre des peuples des 4 coins du monde, sur une idée de Yann Arthus-Bertrand qui propose un tour du monde en découvrant les témoignages humains bouleversants de la vie quotidienne qui nous plonge dans une réflexion sur la diversité humaine et culturelle. 6 jeunes reporters ont sillonné la planète pendant 4 ans à la rencontre de ces plus de 6 milliards d’habitants pour un résultat de 5000 interviews, répondant à 40 questions autour des principaux thèmes universels de la vie pour 500 photos, 5000 interviews filmées dans 45 langues et 75 pays. Des rires, des larmes, des émotions… Exposition du 10 janvier au 12 février 2009 Nef du Grand Palais Avenue Wiston-Churchill 75008 Paris
En savoir plus www.goodplanet.org www.6milliardsdautres.org
| 16 février 2009 | |  | |
« Le piéton de Paris »
Exposition destinée à une circulation internationale produite par Culturesfrance.
« Le piéton de Paris » est une exposition de vingt images en noir et blanc ou en couleur de 150 x 180 cm reproduites sur support dibond. L'exposition doit être destinée à être présentée en extérieur sur des grilles. Les images jouent avec les perspectives, entraînent le visiteur à pénétrer dans chacune des photographies présentées. Notre « Piéton de Paris » arpente la ville. Il croise de belles parisiennes, s’arrête ému devant des gamins. Le piéton de Paris aime aussi se détendre au côté des pêcheurs du pont Saint Michel ou d’un « gavroche » béret sur la tête.
Ce « Piéton de Paris », ce sont des artistes qui retracent une partie de l’histoire de la photographie française. Ils se nomment Eugène Atget, Louis Vert, Jacques Henri Lartigue, Robert Doisneau, les frères Séeberger ou Neurdein.
L’exposition se poursuit avec les photographes plasticiens contemporains que sont Bernard Plossu, Denis Darzacq, Valérie Jouve ou Frédéric Nauczyciel. Quant à Patrick Tosani, il réunit les images de « son » Paris intime en une mosaïque. Celle de notre « Piéton».
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
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| 12 février 2009 | |  | |
Ricky, de François Ozon
Quand Katie, une femme ordinaire, rencontre Paco, un homme ordinaire, quelque chose de magique et de miraculeux se produit : une histoire d’amour. De cette union naîtra un bébé extraordinaire : Ricky.
Une vie moins ordinaire... François Ozon parle de ce qui l'a séduit dans la nouvelle de Rose Tremain : "La nouvelle, très courte, m'évoquait l'univers de Rosetta des frères Dardenne : un milieu social de petits blancs, déshérités, habitant un mobile home au fin fond des États-Unis. Longtemps le contexte de la nouvelle a fait écran à mon désir de l'adapter, je ne voyais pas comment l'aborder, me l'approprier. Ce qui me plaisait c'était l'irruption d'un événement merveilleux, extraordinaire au sein d'un milieu très ancré dans une réalité pauvre, mais cet aspect fantastique me faisait peur et me semblait irréalisable. Jusqu'au jour où j'ai compris que ce qui me touchait n'était pas tant le côté fantastique mais la manière dont l'histoire parle de la famille, de la place qu'on y occupe, de comment l'arrivée d'un nouveau membre - que ce soit celle d'un nouveau conjoint ou d'un enfant - perturbe son équilibre."
Avec : Alexandra Lamy, Sergi Lopez
Festival international du film de Berlin - 2009 : Compétition
Sortie nationale : 11 février 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29630/ricky www.rickylefilm.com
| 12 février 2009 | |  | |
Le Discours sur la tombe de l'idiot,
Julie Mazzieri
Scandalisés par l’idiot du village, le maire de Chester et son adjoint conspirent sa mort. Un matin de printemps, les deux hommes l’enlèvent et vont le jeter dans un puits. Or, au bout de trois jours, l’idiot se remet à crier du fond de sa fosse. Dès les premières pages, le lecteur connaît tous les éléments du crime qui vient troubler ce village sans histoires. L’intrigue policière ainsi jugulée, le roman repose principalement sur le génie de l’accusation et du leurre… Parmi les divers lièvres lancés afin de faire diversion se trouve le coupable idéal – Paul Barabé, un nouvel ouvrier venu se refaire à la campagne dont l’arrivée à la ferme des Fouquet coïncide avec la disparition de l’idiot et une autre sinistre découverte.
Si le roman possède une « essence policière » incontestable, il s’agit d’abord et avant tout d’un roman de la culpabilité. Tout en s’attachant au sort de Barabé, le récit présente l’histoire de Chester « saisie du dedans ». Ses tableaux consécutifs adoptent le mode vertigineux de la rumeur : leur cohérence surgit du désordre et de la fulgurance des images, leur logique interne place les villageois sous une lumière inquiétante. Comme si le narrateur lui-même ne pouvait se résoudre à faire du maire et de son adjoint les seuls coupables de leur crime.
Julie Mazzieri, Le Discours sur la tombe de l'idiot, José Corti, janvier 2009, 246 p., 17 €, ISBN : 978-2-7143-0987-7
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| 12 février 2009 | |  | |
Sophie Ristelhueber
Depuis plus de vingt ans, Sophie Ristelhueber poursuit une réflexion sur le territoire et son histoire, au travers d’une approche singulière des ruines et des traces laissées par l’homme dans des lieux dévastés par la guerre. Loin du reportage classique, elle s’attache à la mise à nu des faits et à l’empreinte de l’histoire, dans les corps et dans les paysages, en rendant visibles plaies et cicatrices, véritables mémoires des traumatismes. Dans cette première grande exposition de l’artiste en France, le Jeu de Paume présente, entre autres séries, "Beyrouth", "Vulaines", "Fait", "Eleven Blowups", ainsi que deux films inédits dont l'un spécialement conçu pour la circonstance. Du 20 janvier au 22 mars 2009 Jeu de Paume 1, place de la Concorde 75008 Paris Commissariat de l’artiste avec Marta Gili, directrice du Jeu de Paume. Un catalogue, Operations, coédité par Les presses du réel, le Centre national des arts plastiques (CNAP) et les éditions du Jeu de Paume, accompagne l'exposition. Renseignements : 01 47 03 12 50
Photographie: © Sophie Ristelhueber / ADAGP, Paris, 2009 En savoir plus http://www.jeudepaume.org
| 11 février 2009 | |  | |
"La Force de l’art 02",
Manifestation ouverte au public du 24 avril au 1er juin 2009.
Manifestation triennale, organisée à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, "La Force de l'art" a pour ambition d’offrir une scène à la création contemporaine en France et aux artistes qui l’animent, dans la diversité de leurs origines et de leurs choix esthétiques. Deuxième édition de cette manifestation, "La Force de l'art 02" sera présentée sous la nef du Grand Palais à Paris, du 24 avril au 1er juin 2009. Trois personnalités de renom sont chargées du commissariat de l'exposition: Jean-Louis Froment, Jean-Yves Jouannais et Didier Ottinger. Ils ont associé à leur projet l’architecte Philippe Rahm, choisi pour le rapport original et créatif qu’il entretient avec l’espace, et qui construira un lieu à la mesure de l’ambition du projet.
"La Force de l'art 02" est l'éclatement de l'art en quatre Espaces–Temps. Pluralité de lieux, de scènes et de parcours, offrant aux visiteurs des expériences artistiques originales, variées et intenses. Autant de manifestations et d'univers singuliers, qui se répondent et se croisent. Autant d’œuvres, choisies pour leur puissance expressive, qui témoignent chacune de l'itinéraire prospectif d'un artiste contemporain, de ses engagements et de ses choix esthétiques.
Sous la spectaculaire nef du Grand Palais, la "géologie blanche" crée le premier Espace-Temps qui accueille les œuvres des "Résidents". Univers de plaques tectoniques, coiffées de volumes jaillissant du sol, qui se déploient et se répartissent en fonction de l'expressivité singulière de chaque œuvre ou ensemble d’œuvres exposées. C'est un monde de matière, un espace ample et généreux, dont les mouvements et les figures sont façonnés comme un environnement architectural, à mi-chemin entre village et paysage. Cet univers de situations artistiques autonomes, closes et intimes, ou largement ouvertes sur l’extérieur, crée les conditions d’une relation dynamique entre les œuvres, le public et l’espace qui les accueille, transformant la visite en expérience poétique intense.
Autre temps, autres scènes: l'exposition se propagera également hors du Grand Palais, investissant de façon inédite d’autres lieux "mythiques" et symboliques de la capitale. Par une série d'interventions, parfois surprenantes, toujours inattendues, les "Visiteurs", des artistes français renommés, réinventeront le spectacle vivant de l'art.
Pendant toute la durée de l’exposition, les artistes "Invités" se relaieront sous la nef du Grand Palais, pour un festival continu d'événements et de performances : interventions musicales, spectacles vivants, prises de paroles, emprunts et croisements. À l’occasion d’une dizaine de soirées, construites sur le principe de la rencontre, de la différence et de l’interdisciplinarité, se tisseront échanges et dialogues pluriels entre artistes, occasions de métissages étranges, où chaque œuvre et chaque geste découvrent des visages inattendus.
Enfin, "La Force de l'art" existera sur l'ensemble de la scène nationale, grâce à l’intervention d'initiatives privées et publiques, incluant des Centres d'art, des FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain), des musées, des fondations, qui enrichiront cette deuxième triennale de leurs propositions.
À cette occasion, un catalogue de près de 140 pages, disponible dès l’ouverture de la manifestation, accompagnera le visiteur.
En savoir plus www.laforcedelart.fr
| 10 février 2009 | |  | |
"Déguste",
L’art de goûter autrement...
Concept destiné à une présentation internationale produite parCulturesfrance.
"Déguste", ce sont neuf performances dont la thématique est l’art culinaire. "Qu’elle soit représentée ou consommée, la nourriture est utilisée par des artistes aux parcours multiples, issus d’activités culinaire ou artisitque. […] Les œuvres et les recettes qu’ils créent exclusivement pour "Déguste" sont l’occasion de rencontres et de collaborations qui font naître les projets les plus farfelus pour nourrir les appétits des spectateurs dégustateurs les plus curieux", commente Laurence Dreyfus, commissaire de cette exposition. Parmi les différentes oeuvres, Nicolas Boulard nous propose Hypocras, un philtre d’amour réalisé d’après une recette du XVème siècle, La Cellule organise un Buffet Flottant : "Ce tableau vivant s’organise comme un happening au cours duquel le buffet, vestige moderne de la cueillette, s’évapore progressivement." Ces performances savoureuses et surprenantes font appel à tous les sens des visiteurs en combinant, par exemple, la musique ou encore la sculpture à la dégustation.
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
En savoir plus http://www.dorothee-selz.com/ http://nicolasboulard.free.fr/ http://www.lacellule-becquemin-sagot.com/francais/biographie.html http://www.studio-orta.com/
| 9 février 2009 | |  | |
MIKEA (MADAGASCAR)
A l'heure où l'actualité politique place Madagascar au-devant de la scène médiatique, c'est de la scène artistique que nous vient la bonne nouvelle malgache ! Mikea, lauréat du Prix Découvertes RFI 2008, donnera le 10 février à Paris au New Morning son premier concert en France.
Mikea c'est le nom que Théo Rakotovao porte en hommage à son peuple (un petit groupe forestier du Sud-ouest de Madagascar, souvent ignoré de la majorité des malgaches et menacé par la déforestation).
Ambassadeur du beko, le style musical de sa région, resté rare sur la scène des musiques malgaches, Mikea, par sa signature vocale empreinte de nostalgie, raccorde la racine du beko à l'arbre universel du blues. À écouter le vibrant « Niny » ou sa superbe reprise de « Hey Joe » de Jimi Hendrix, qui devient «Hey Joey», comme s’il avait toujours été un mikea…
Après Paris, Mikea séjournera trois mois à Montréal dans le cadre d'une bourse Arschberg (Unesco). On le retrouvera ensuite en France, à l’affiche de deux festivals prestigieux : Jazz sous les Pommiers à Coutances le 16 mai et Musique Métisses à Angoulême le 31 mai.
En septembre 2009, Mikea fera sa première tournée africaine dans 14 pays d'Afrique de l'ouest et du centre.
Prochain album «Taholy » à paraître en mai 2009 sur le label Contre-Jour
Format tournée : 5 personnes dont 4 musiciens
Diffusion France : Crépuscule Productions - Laurent Boireau Tel : +33 (0)950 20 75 44 - GSM : +33 (0)6 03 79 39 48 www.crepusculeprod.fr - www.myspace.com/crepusculeprod contact@crepusculeprod.fr
Diffusion internationale : Contre-Jour - Genevieve Bruyndonckx Tel + 32 82 66 74 70 www.contrejour.com - genevieve@contrejour.com
En savoir plus www.myspace.com/bekonblues
| 6 février 2009 | |  | |
Sweet’Art ou l’art de la gourmandise
Exposition destinée à une circulation internationale.
Le parcours Saint Germain associé à Culturesfrance propose cette année en Europe, l’exposition Sweet’art. La patisserie et les sucreries sont à cette occasion des œuvres d’arts : natures mortes, sculptures patissières gigantesques, attentat pâtissier, etc. Textures, couleurs et images viennent affoler nos papilles et notre regard. Cette expostion est le fruit d’une rencontre entre des artistes, tels que Natasha Lesueur, Olivier Babin, Hans Gissinger avec des « créateurs de saveurs » comme Alain Ducasse ou Thierry Marx. Le propos est de « reconsidérer l’aliment comme objet de création, médium artistique et iconographique. Utiliser la nourriture comme moyen d’expression autre que culinaire. […]L’alliance entre le cuisinier, l’artiste, le photographe et le designer, sacralise le cérémonial de l’acte alimentaire vécu comme une expérience esthétique » explique Delphine Valeau, coodinatrice de l’exposition.
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
Légende photographie: Hans Gissinger – extrait du film « Tartas »
En savoir plus http://www.parcoursaintgermain.com/
| 5 février 2009 | |  | |
États limites du dessin
Projet destiné à une circulation internationale produite par Culturesfrance.
Exposition produite dans le cadre du programme Dialogue d'Images. Un travail commun entre les commissaires de cette exposition et les conservateurs des lieux de présentation doit être engagé afin d'inclure "en regard" des artistes locaux. Véritable dialogue entre les artistes et les œuvres. Le dessin, discipline ancestrale en perpétuelle évolution, connaît depuis le début des années 2000, un vif regain d’intérêt qui se manifeste à la fois dans le microcosme de l’art et de manière plus diffuse, dans notre environnement quotidien. L’exposition BORDERLINE participe de cette dynamique globale et a pour objectif de mettre en évidence la richesse et la diversité de la scène artistique française dans ce domaine. Affichant clairement le parti pris de la figuration, elle regroupe 14 artistes autour d’une pratique (ré)actualisée et hybride du dessin. BORDERLINE rassemble aussi bien des oeuvres originales bidimensionnelles, que divers types d’impressions numériques, des sérigraphies, des gravures, des animations ou du dessin “ volume”. De même, les artistes sélectionnés évoluent indifféremment dans le champs des arts plastiques, de l’illustration, de la bande dessinée, du graphisme/design, ou du street art...Combinant les techniques et les savoir-faire, ils intègrent et synthétisent dans leur production les techniques classiques du dessin et les possibilités toujours renouvelées que leur offre le progrès technique pour donner une place centrale à l’image.
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
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| 4 février 2009 | |  | |
L’Autre,
de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic
Anne-Marie se sépare d'Alex. Il veut une vraie vie conjugale. Elle veut garder sa liberté. Ils se séparent sans heurt et continuent à se voir. Pourtant, lorsqu'elle apprend qu'Alex a une nouvelle maîtresse, Anne-Marie devient folle de jalousie. Et bascule dans un monde inquiétant, fourmillant de signes et de menaces.
Deuxième long métrage du couple Pierre Trividic-Patrick Mario Bernard après le remarqué "Dancing en 2003" (co-réalisé par Xavier Brillat), "L'Autre" est une adaptation du court récit d'Annie Ernaux, L'Occupation, paru en 2003. L'auteur (dont aucun roman n'avait jusqu'ici été porté à l'écran) y raconte, à la première personne, la jalousie obsessionnelle qu'elle ressent à l'égard de la nouvelle compagne de son ancien amant. Pour le film, les réalisateurs ont choisi de faire de l'héroïne une assistante sociale, et non plus un écrivain. "Là où Annie Ernaux garde contact avec le monde à travers une position de qui-vive mental, intellectuel, nous désirions une forme plus concrète et plus directement dramatique", justifie Patrick Mario Bernard.
Prix d'interprétation à Venise, "L'Autre" a valu à Dominique Blanc la Coupe Volpi de la Meilleure actrice à la Mostra de Venise en 2008. Le jury était présidé par Wim Wenders.
Avec : Dominique Blanc, Cyril Gueï, Christel Tual, Anne Benoît,
Sortie nationale : 4 février 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/28735/l-autre
| 4 février 2009 | |  | |
Il était une fois…
Culturesfrance s’associe au Parcours Saint Germain pour proposer un univers enchanteur et féerique à travers l’exposition « Il était une fois… », destinée à une circulation internationale à partir du second semestre 2009. L’idée est de mettre en lumière l’influence que la thématique des contes exerce sur l’imagimaire humain et ses valeurs esthétiques, en donnant carte blanche aux artistes. Les vingt œuvres présentées s'inspirent de ces contes et légendes populaires qui constituent un fonds culturel universel. Plus qu’un sujet d’illustration, ce voyage dans le monde merveilleux des contes de fées a pour objectif de réinterpréter, par le biais de regards croisés, les histoires d’autrefois ou d’en créer de nouvelles. Claude Lévêque, Karen Knorr, Charles Fréger, Olivier Babin, Catherine Baÿ et bien d’autres se nourissent des textes des Frères Grimm, d’Andersen, Lewis Caroll ou encore Charles Perrault. A travers de multiples supports (photographies, vidéos, sculptures etc .), ils redonnent vie à cet univers.
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
Légende Photographie: Catherine Baÿ - extrait du DVD road movie des Blanche Neige
En savoir plus http://www.parcoursaintgermain.com/
| 4 février 2009 | |  | |
Puisque nous sommes nés,
de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana (documentaire)
Brésil. Nordeste. État du Pernambouc. Une immense station-service au milieu d’une terre brûlée, traversée par une route sans fin... Cocada et Nego ont 14 et 13 ans. Cocada a un rêve, devenir chauffeur routier. Il dort dans une cabine de camion et, la journée, il rend service et fait des petits boulots. Son père est mort assassiné, alors il s’est trouvé un père de substitution, Mineiro. Nego, lui, vit dans une favela, entouré d’une nombreuse fratrie. Après le travail des champs, sa mère voudrait qu’il aille à l’école pour qu’il ait une éducation, mais Nego veut partir, gagner de l’argent. Le soir, il rode à la station, fasciné par les vitrines allumées, les commerces qui vendent de tout, la nourriture abondante. Avec cette singulière maturité qu’on acquiert trop tôt dans l’adversité, Cocada et Nego s’interrogent sur leur identité et leur avenir. Leur seule perspective : une route vers São Paulo, vers un ailleurs.
Jean-Pierre Duret et Andréa Santana définissent "Puisque nous sommes nés" comme "un film à l'affût, un film de guetteur". "Nous sommes là, à deux, nous ne faisons jamais d'interview, commentent les deux cinéastes. La caméra voudrait elle aussi chausser ses semelles de vent et ne jamais rien prouver mais éprouver, ne jamais s'arrêter de ressentir en fouillant les visages, en scrutant les yeux, comme dans les westerns de Sergio Leone (…)". Puisque nous sommes nés a été présenté au Festival de Venise en 2008 dans la section "Horizons". Festival international du film francophone de Namur - 2008 : Bayard d'or Acquisition du film par le Dt Cinéma de Culturesfrance diffusion 2009 copies 35 mm et DVD
Sortie nationale : 4 février 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29756/puisque-nous-sommes-nes www.puisquenoussommesnes.com
| 3 février 2009 | |  | |
Le bal des actrices,
de Maïwenn
Une réalisatrice veut faire un documentaire sur les actrices, toutes les actrices : les populaires, les inconnues, les intellos, les comiques, les oubliées... Filmant tout, tout, tout, avec ou sans leur accord, la réalisatrice va se prendre au jeu et se laisser dévorer par ces femmes aussi fragiles que manipulatrices...
Après un an d'écriture et plusieurs versions, Maïwenn a rencontré les actrices. "Je me suis fait une liste des actrices avec lesquelles j'avais envie de travailler. Et j'ai été les voir une par une en leur disant : "Je vous aime. J'ai envie de faire un film avec vous. Je n'ai pas encore de rôle concret à vous proposer car je vais écrire pour chacune de celles qui l'acceptent." Et leurs réactions ont dessiné la suite de ce projet. Certaines ne m'ont pas plu ou l'approche avec leur agent était déjà trop compliquée en soi. Mais la plupart des comédiennes se sont engagées sans lire !" Avec : Jeanne Balibar, Romane Bohringer, Karine Viard, Muriel Robin, Charlotte Rampling, Karole Rocher, Marina Foïs, Joeystarr, Julie Depardieu, Linh Dan Pham, Mélanie Doutey, Maïwenn
Sortie nationale : 28 janvier 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/28484/le-bal-des-actrices
| 3 février 2009 | |  | |
“Je reviendrai”,
Nathalie Talec
Une première rétrospective de Nathalie Talec, artiste française née en 1960, vient de se terminer au MACVAL, elle retrace une aventure artistique de 30 ans de création. Un parcours non chronologique, non exhaustif qui rassemble une trentaine d’œuvres (dessins, photographies, sculptures, performances, projets ... ) comme autant de marqueurs fictionnels, d’embrayeurs narratifs, d’amorces et de leurres. Œuvres historiques, réactualisations, nouvelles productions sont réunies dans un dispositif inédit, un décor qui fait œuvre, empruntant à certains codes cinématographiques et à l’imagerie industrielle. “Je reviendrai”, est un dispositif centré sur le voyage par Nathalie Talec, véritable incarnation de la figure de l’explorateur-aventurier. Depuis le milieu des années quatre-vingt, celle-ci crée en effet une oeuvre singulière dans laquelle se mêlent une constante autobiographique, sa présence d’artiste femme, sa fascination pour les grandes expéditions fondatrices ainsi que son rapport poétisé à la science. L’expérimentation devient un outil de compréhension du monde, un mode d’acquisition des savoirs. Mêlant fiction et réalité, son travail se construit aux frontières de la science et des récits - afin qu’elle puisse mieux s’emparer de l’espace d’incertitude qui hante l’imaginaire.
Alexia Fabre, Conservateur en chef et Frank Lamy, Chargé des expositions temporaires au MACVAL
Ce dispositif adapté peut être présenté à l'étranger.
En savoir plus http://www.nathalietalec.com/
| 2 février 2009 | |  | |
Les Sonnets de Shakespeare
Nora Krief chante Les Sonnets de Shakespeare, accordé avec des musiciens présents (piano, batterie et basse) et complices, scandant les mots bouleversants d’un Shakespeare amoureux, sous la direction d’Eric Lacascade.
Vingt-quatre poèmes ont été sélectionnés, des poèmes dont on oublie trop souvent qu’ils ont été écrits pour un homme. Les mots de Shakespeare sont brûlants et légers à la fois. Nora Krief se les approprie et nous les restitue avec impertinence.
Format : 4 personnes sur scène (3 personnes: lumière, son, décor). Contact : Véronique Appel Dakuyo +33 156 29 24 10 – +33 611 88 96 77 vero.appel@free.fr
| 30 janvier 2009 | |  | |
Surfaces actives…
Projet destiné à une circulation internationale produite par Culturesfrance.
"Surfaces Actives" réunit "les principaux acteurs du Street Art en France", à savoir : Jef Aérosol, Speedy Graphito, Jean Faucheur, Antonio Gallego et Jose Maria Gonzalez, Jonone, Psyckoze, Monsieur Chat, RCF1 et L'Atlas.
"Chacun d’entre eux possède son mode d’expression, son histoire et ses convictions. Mais tous ont fait de la ville un terrain d’exploration artistique. La culture urbaine a ceci d’unique qu’elle s’exprime sans barrière. La rue offre aux artistes un espace privilégié de liberté d’expression, en prise directe avec le public. L’oeuvre engage chaque passant, à chaque fois, vis-à-vis de lui-même comme spectateur. Elle le questionne sur l’empreinte de l’homme sur le monde. Dans ces conditions, l’art se lie forcément à la vie sociale et détourne les codes et les signaux de la ville pour une lecture nouvelle de l’environnement urbain", précisent Catherine Mairet et Alexandre Stolypine, les commissaires de l’exposition. Couleur ou noir et blanc, pochoir, peinture, affiche ou installation, sol, mur ou toile, "tous les médiums sont bons pour occuper l’espace."
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
En savoir plus http://www.le115.com/
| 29 janvier 2009 | |  | |
100 x FRANCE,
Photographies françaises des origines à aujourd’hui
Exposition destinée à une circulation internationale produite par Culturesfrance.
Cent œuvres, cent artistes pour retracer l’histoire de la photographie française de Niépce à nos jours. Cette exposition sera programmée en 2009 au Brésil. Les oeuvres présentées témoignent des évolutions techniques de la photographie depuis 1839, et « des bouleversements urbanistiques (grands travaux de Paris), politiques (la Commune), sociaux (exode rural) d’une société en constante évolution. Mais la photographie oscille également entre art et sciences » nous explique Sophie Schmit, commissaire de l’exposition. Scènes du quotidien, portraits, intérieurs, extérieurs, les compositions sont variées. Cette exposition a été réalisée en collaboration avec les grandes institutions françaises telles que la Bibliothèque nationale de France, le musée d’Orsay, le Centre Pomidou, les artistes eux-mêmes ou leurs ayants-droit.
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
Légende visuel: FÉAU Théophile © Musée d’Orsay, Paris / dist. RMN 67
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| 28 janvier 2009 | |  | |
King Guillaume,
de Pierre-François Martin-Laval
Magali, concertiste et Guillaume, conducteur de petit train touristique, mènent une vie tranquille en banlieue, amoureux comme au premier jour, entre rêves modestes et une grossesse qu’ils attendaient depuis longtemps. Tout se complique lorsque le père de Guillaume, qu’il ne connaît pas, prend contact avec lui pour lui annoncer qu’en vertu d’un accord datant du Moyen Age, il hérite d’un authentique royaume au large de la France et de l’Angleterre. Guillaume et sa femme sont tout d’abord incrédules. Mais la perspective de régner sur une ile paradisiaque, avec ses fidèles sujets, un château, une fortune... est bien tentante ! La réalité́ est cependant bien loin de ce qu’imagine le couple.
Tout le film est nourri de décalages, de clins d'oeil et de poésie. Pierre-François Martin-Laval explique comment le scénario a été écrit : (…) En ce qui concerne la nourriture de mes mises en scène, elle provient de mon enfance. Tout ce qui m'inspire a été acquis inconsciemment étant petit, en allant au cirque, en dévorant les films de Laurel et Hardy, Chaplin, Pagnol, De Funès, Pierre Richard, Tati et les dessins animés de Tex Avery of course (…). Pierre-François Martin-Laval a par ailleurs réussi à convaincre un des anciens membres des Monty Python, Terry Jones, de jouer dans King Guillaume.
Avec : Florence Foresti, Pierre-François Martin-Laval, Pierre Richard, Isabelel Nanty, Terry Jones, Raymond Bouchard, Rufus,
Sortie nationale : 28 janvier
En savoir plus www.unifrance.org/film/29576/king-guillaume
| 27 janvier 2009 | |  | |
« Plateau solos»
CULTURESFRANCE propose à la diffusion un plateau de solos, composé par trois pièces au choix.
Voyage des poussières d’Ahmed Khemis/Tunisie - 25 minutes « Dans ce premier travail personnel d’écriture, Ahmed Khemis a choisi de mettre l’espace nu de la scène et le silence au service de ce corps en liberté qui explore des territoires dont il semble le seul à connaître l’existence. D’une aisance naturelle qu’on pourrait presque prendre pour de la désinvolture, sa pièce est construite sur un mouvement de balancier entre l’élan, la course déployés vers l’ailleurs et un reflux vers soi qui n’est pas immobilité, mais vibration intérieure. Ce voyage des poussières affirme une présence aérienne, aussi légère et frémissante qu’une pluie de particules qui rafraîchit l’esprit et l’entraîne très loin. » (Laurent Barré)
« Zazandrano» - Ariry Andriamoratsiresy/ Compagnie Rary/ Madagascar - 18 minutes Ariry Andriamoratsiresy, « dressé tel un androgyne est un repère indéniable pour les jeunes chorégraphes malgaches. Rigoureux, animé par un dynamisme qui frise parfois la transe, doté d’une franchise percutante, il représente la spontanéité et l’honnêteté et s’investit sans retenue dans la création en ayant comme seule source d ‘énergie l’amour de la danse et de son prochain. En 1995, Tsingory gagne le 2ème prix à la Rencontre Chorégraphique Interafricaine de Luanda et marque ainsi les premiers pas de la création malgache au niveau international. »
« Minimini » Serge-Aimé Coulibaly - Faso Danse Theatre/Burkina Faso - 25 minutes « Minimini est le premier solo de Serge-Aimé Coulibaly. Il témoigne d’une frustration liée à l’impression de se heurter à des obstacles chaque fois que l’on veut s’exprimer. Le spectacle est une exploration de la gestuelle qui associe la parole, le chant, et la danse comme une seule ligne directrice d’expression. Minimini utilise une scène complètement vide, pour laisser l’espace au corps, à l’émotion et à l’imaginaire. » Contact : fasodansetheatre@yahoo.com
Derrière moi/Behind me de Michel Kouakou/Côte d’Ivoire - 15 minutes Abordant subtilement l’espace, Behind me tente d’agencer un espace attentif à la possibilité de se frayer à tout moment des voies toujours plus harmonieuses. Ici , il adresse sa danse, comme une phrase aventureuse et lumineuse, tout enveloppée d'elle-même, pleine de son équilibre et de sa paix, de son poids et de sa mesure, de son rythme et de son temps. Pariant que les gestes ont toute chance de tenir un jour contre toute tentation de chaos. (Laurent Barré) Contact : daaradance@yahoo.com
Les enfants perdus, lost face de Qudus Onikeku/Nigéria - 20 minutes
La pièce de Qudus Onikeu, danseur acrobate, mais aussi écrivain et poète, développe le thème du combat quotidien de l’homme pour continuer d’avancer. Il l’introduit par un long poème à l’aprêté blues. Contact : onikeku@ykprojects.com OU VOIR LES PIÈCES ? « Minimini », « Voyages des poussières » et « Zazandrano » sont en tournée : le 13 décembre au Centre culturel français de Cotonou le 16 décembre au Centre culturel français d’Abidjan le 18 décembre au Centre culturel français de Dakar le 20 décembre au Centre culturel français de Saint-Louis le 23 décembre au Centre culturel français de Praia le 24 décembre au Centre culturel français de Mindelo le 27 décembre au Centre culturel français de Conakry Légende Photographie: Voyage des poussières, d’Ahmed Khemis
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| 26 janvier 2009 | |  | |
"Femmes d'images, Fragments d’intimité"
Exposition destinée à une circulation internationale produite par Culturesfrance.
Cette exposition, proposée cette année en Asie, présente dix artistes originaires ou vivant dans le monde arabe : des "femmes d’images". Amal Saade, Farida Hamak, Jananne Al Ani, Majida Khattari, Mouna Karray, Patricia Triki, Rana el Nemr, Reem Al Faisal, Rula Halawani, Susan Hefuna "s’amusent à travers l’image, qu’aujourd’hui elles contrôlent, à brouiller les pistes et à transgresser en finesse les règles de la représentation" explique Michket Krifa, commissaire de l’exposition. Cette démarche artistique, ce point de vue, permet à ces artistes d’apporter un regard sur leur propre intimité ainsi que sur celle des femmes du monde arabe. Loin des stéréotypes, les artistes, par le biais de photos ou de vidéos, s’attachent aux détails, aux objets du quotidien, aux regards, aux habitudes ou coutumes pour nous montrer ces "fragments d’intimité". "Leurs regards de biais pénètrent dans les lieux les plus insolites et les plus secrets pour en recueillir des bribes d’histoires souvent secrètes, là où généralement le regard pudique ou lâche se dissimule." Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com Légende photographie: Farida Hamak – Photo extraite la série intitulée « Ma mère, histoire d’une immigration » En savoir plus http://www.susanhefuna.com/ http://www.janannealani.net/ http://www.mounakarray.com/
| 24 janvier 2009 | |  | |
La toile et l’écran
Projet destiné à une circulation internationale, co-production Culturesfrance/Le Fresnoy.
Le Frenoy associé à Culturesfrance propose La toile et l’écran qui regroupe huit jeunes vidéastes du Fresnoy. Il s’agit de Sébastien Caillat, Laura Gozlan, Fabien Giraud, Florent Trochel, Dmitri Makhomet, Laurent Mareschal, Gregg Smith et Liu Zhenchen. Pascale Pronnier, commissaire de l’exposition, explique que « Dans ce projet, le cinéma, la vidéo et la peinture établissent un aimable dialogue avec la littérature, l’architecture et la musique. Il ne s’agit pas ici de donner un aperçu des relations fécondes entre les arts mais d’ouvrir des brèches en se demandant quels rapports ces vidéos et ces films entretiennent avec la réalité et le monde contemporain. »
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
Légende Photographie: Sébastien Caillat - extrait de la vidéo « Histoire sans gravité » En savoir plus http://www.lefresnoy.net/
| 23 janvier 2009 | |  | |
Les Plus Beaux Livres français 2007
Véritable institution en Allemagne depuis plus de quatre-vingts ans et évément incontournable dans trente-trois pays, le concours des plus beaux livres a vu le jour en France en 2007. L’objet du concours : récompenser chaque année les plus beaux livres parus au cours de l’année précédente. Tous les aspects de la création éditoriale sont pris en compte : mise en page, choix de la typographie, du papier, de la reliure, qualité de la photogravure, de l’impression…
En 2008, le jury a élu les vingt-deux lauréats de l’année 2007 parmi trois cent quarante-huit livres reçus. Actuellement exposés en France et à l’étranger, ces ouvrages, reflet de la production éditoriale française, ont été envoyés au concours international Best book design from all over the world à Leipzig. La collection des éditions "Cent pages" y a obtenu une médaille de bronze.
Le catalogue, qui présente les lauréats 2007, se veut un outil de référence et de réfléxion pour le grand public comme pour les professionnels du livre et tout ceux qui participent à sa création. Chaque ouvrage est accompagné d’une description technique détaillée et d’une courte présentation justifiant le choix du jury.
La liste des lauréats 2008 est disponible en ligne, en attendant le catalogue. Les lauréats seront exposés à la galerie Anatome à Paris du 4 mars au 4 avril 2009. Puis l’exposition circulera en France et à l’étranger. Concours des plus beaux livres français, 2008, 138 p., ill. n. & b. et coul., 29 €, ISBN : 978-2-9531464-0-0. Préface d’Étienne Robial. En savoir plus www.lesplusbeauxlivres.fr
| 21 janvier 2009 | |  | |
Manu Codjia
Présent sur la scène Jazz depuis son plus jeune âge, Manu Codjia a été longtemps considéré comme un guitariste de l’ombre. Faisant preuve d’une grande capacité à s’adapter à des univers musicaux divers, il a souvent été sollicité pour ses talents de "sideman" au côté des grands noms de la scène jazz française comme Eric Truffaz, Daniel Humair, Henri Texier et Elisabeth Kontomanou. Artiste discret et généreux, il attendra 2006 pour devenir leader d’un trio, au côté de Daniel Humair et François Moutin, avec lesquels il sortira un premier album "Songlines" (Beejazz) dans lequel on retrouve les diverses expériences et influences de chacun.
Reconnus individuellement pour leurs talents, les trois artistes se joignent pour nous apporter un jazz de qualité, créatif et original. Élu par les Django d’or comme meilleur guitariste de jazz de l’année 2007, il a été également nommé au victoire du jazz 2008 dans la catégorie "révélation instrumentale française" au côté de Yaron Herman et Géraldine Laurent. Manu Codjia sera prochainement en concert au Crescent à Macon le 10 Janvier puis le 31 au théâtre de Caen, avant d’effectuer une tournée en Turquie du 08 au 11 Mars.
Contact : Remi Ballet / Strada production remiballet@free.fr 0033 6 85 62 38 63 170 bis rue de Grenelle
75007 Paris
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| 20 janvier 2009 | |  | |
L’Intraitable Beauté du monde. Adresse à Barack Obama.,
Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau
Dans l’effervescence suscitée par l’investiture du 44e président des États-Unis paraît ce mois-ci un court texte écrit à quatre mains par Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau. Toute l’œuvre d’Édouard Glissant a appelé de ses vœux un événement comme celui qui vient de se produire aux États-Unis : Barack Obama est l'incarnation de ce qu’il nomme depuis trente ans la « créolisation » du monde. Son élection est un fait sur lequel on ne peut désormais plus revenir. Qu’est-ce que Barack Obama fera de cette victoire ? C’est aujourd’hui impossible à dire. Dans cette lettre ouverte écrite un an après Quand les murs tombent, Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau s’adressent au nouveau président des États-Unis, premier Africain-américain à accéder à la Maison Blanche, et appellent à une réflexion entre poétique et politique sur ce que pourrait être demain l’action d’Obama, président de la première puissance mondiale.
Galaade éditions/Institut du Tout-Monde, janvier 2009, 64 p., 8 €, ISBN : 978-2-35176-073-4
En savoir plus www.galaade.com
| 20 janvier 2009 | |  | |
L’ensemble XVIII-21 vous invite à la noce
De projet en projet, Jean-Chistophe Frisch et l’ensemble XVIII-21 affirment un autre baroque, ouvert sur le monde et ses cultures. Ce nouvel opus, conçu à partir d’un manuscript longtemps muré dans une abbaye transylvannienne, réinvente une noce tzigane au XVIIème siècle. Le spectacle, orchestré par le metteur en scène Olivier Balazuc, mêle danseurs, musiciens et chanteurs. De l’église au banquet, il fait habilement alterner chants sacrés puis danses profanes, colorées par les instruments traditionnels. "A la sensualité vénitienne, répond la transe tzigane, à la polyphonie septentrionale, l'élégance des danses françaises... À la façon des délices d'un Bosch, les humeurs voyageuses mais historiquement avérées de Frisch font se cotoyer, en un jardin des fraternités retrouvées, Carissimi et la gaieté d'une Csardas, un Ricercare de Luzzaschi et les propres oeuvres de Caioni... Effusion sacrée (plusieurs hymnes de Caioni), fièvre et transports des danses populaires, emportées par un feu tzigane, rythmes, accents, emportent ces noces irrésistibles."
Benjamin Ballif
Effectif : 13 musiciens, 2 danseurs. Dates de diffusion : Ce spectacle vient d’être sélectionné par l’ARCADI et donnera lieu à une tournée française importante en 2009.
Festival de Brezice, Slovénie, juillet 2009.
En savoir plus http://codexcaioni.com/ http://www.xviii-21.com/
| 15 janvier 2009 | |  | |
Mounira Mitchala (Tchad)
Auteur-compositeur-interprète, Mounira Mitchala a créé un style musical original en mêlant les rythmes traditionnels du Tchad, avec des arrangements et des instruments modernes, pour dire son espoir d’un monde meilleur. Dotée d’une voix exceptionnelle, sensible et grave comme le désert du Sahara, celle qu’on surnomme "la panthère douce de N’Djamena" est l’une des étoiles montantes de la jeune scène musicale africaine. Avec une grâce princière, elle nous fait oublier la sombre image médiatique de son pays et nous rappelle que le Tchad a une culture lumineuse ! Lauréate du Prix Découvertes RFI 2007 et du programme CulturesFrance "Visa pour la création" 2008, elle sort son premier album "Talou Lena" sur le label Marabi productions. Mounira Mitchala revient à Paris à l’occasion du Festival "Au fil des voix" (du 5 au 14 février 2009) où elle se produira le vendredi 13 février à l’Alhambra (www.alhambra-paris.com ).
Label : Marabi Productions www.marabi.net
Diffusion : MAD MINUTE MUSIC www.madminutemusic.com
En savoir plus www.marabi.net www.madminutemusic.com
| 14 janvier 2009 | |  | |
Parc,
de Arnaud des Pallieres
Georges Clou vit dans une de ces nouvelles banlieues résidentielles. Marié, il part au bureau le matin, va à la messe le dimanche, aime sa femme, son fils, son chien. Paul Marteau est jeune, beau, riche, intelligent. Mais déchiré entre la sévérité du jugement qu'il porte sur le monde et son désir malgré tout d'y appartenir. Un jour, par hasard, les chemins des deux hommes se croisent. Clou y voit l'occasion d'une nouvelle et sincère amitié. Marteau, lui, y trouve une nouvelle raison de vivre : crucifier l'idéal de bonheur de l'homme occidental et son incarnation en la personne de Georges Clou. Un clou est une victime rêvée pour un marteau.
"Parc" est l'adaptation du roman Bullet park, paru en 1969 (publié en France sous le titre Les Lumières de Bullet Park) et signé John Cheever, écrivain américain disparu en 1982.
Avec : Jean-Marc Barr, Sergi Lopez Sortie nationale : 14 janvier
En savoir plus www.unifrance.org/film/27302/parc
| 13 janvier 2009 | |  | |
Un chien mort après lui,
de Jean Rolin
Au début de Moby Dick, Ismahel, sur le point d’embarquer, observe que le capitaine du Péquod porte le nom d’un roi biblique qui était "fameusement impie" et dont le corps fut livré aux chiens. Nombreux sont les héros de la guerre de Troie qui n’échappèrent que de justesse au même sort. Ainsi les rapports entre l’homme et le chien ne se bornent-ils pas à cette gentille histoire, aux circonstances controversées, de la domestication de l’un par l’autre : autant que la littérature universelle, les chiens errants sont là pour le prouver. Et c’est sur les traces de ces derniers – à moins que ce ne soit pour les fuir – que l'auteur de Un chien mort après lui parcourt le monde, depuis des banlieues de Moscou jusqu’aux confins des déserts australiens. Autant d'occasions pour Jean Rolin de décrire, de l’inimitable manière qui est la sienne, le monde, ses occupants de tous règnes, son mouvement général, lequel ne semble jamais aller vers le mieux. Mais il y a tant d'humanité dans chacune des phrases qui composent cette polyphonie, que, cette fois encore, la réalité qu'il décrit, pour contradictoire, violente, sombre et désespérante qu'elle soit, nous ne pouvons nous empêcher de la reconnaître comme nôtre et, sans illusion mais non sans fascination, l'aimer.
Jean Rolin est écrivain et journaliste. Il a notamment publié chez P.O.L, L'Explosion de la durite (2007), L'Homme qui a vu l'ours (2006) et Terminal Frigo (2005).
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| 12 janvier 2009 | |  | |
Petit éloge de la colère,
de Patrick Amine
Voici le dernier né d’une série créée il y a deux ans et qui rassemble des textes inédits sous la forme petits éloges composés par des auteurs contemporains. Il y est question de la bicyclette, des grandes villes, des faits divers ou encore de la peau, la douceur, de l’enfance, mais aussi de la jalousie, de l'excès, de la haine… et désormais de la colère.
"Cette colère dont je fais l’éloge ne peut être vécue ou assumée pleinement par tous. Elle est essentiellement violente, antisociale et souvent pénible à supporter physiquement et psychologiquement. C’est peut-être la raison pour laquelle je lui voue un culte inaltérable et infini. La colère est le propre de l’homme qui reste debout. Elle empêche d’être laminé. Il faut l’apprivoiser, puis la comprendre telle une enfant sauvage." Éditeur indépendant dans l’édition française depuis vingt ans, Patrick Amine est aussi critique littéraire et d’art au magazine Art press et collabore à L’Infini. Il a publié de nombreux essais sur l’art, la littérature ou la musique. Commissaire d’expositions d’art en Europe, il est également conférencier à l’Institut supérieur des études du langage plastique, de Bruxelles. Gallimard, coll. "Folio 2 €", septembre 2008, 144 p., 2 €, ISBN : 978-2-07-0347179
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| 9 janvier 2009 | |  | |
French Connection
"French connection (éditeur Black Jack) est né du désir de faire le portrait d'une scène artistique francaise dont le dynamisme et la prolixité, sont aujourd'hui manifestes. Il y a peu de temps encore, on reprochait aux artistes français de ne pas trouver leur place dans le paysage international - un constat appuyé par le rapport du sociologue Alain Quemin, rendu public en 2001, qui fit l'effet d'un pavé dans la mare. Certains acteurs de l'art ont alors réagi, et la richesse de la scène francaise s'est exprimée au travers d'expositions importantes, en France ("Notre histoire" au Palais de Tokyo en 2006, "La force de l'art" au Grand Palais en 2006 et 2008, "Airs de Paris" au Centre Pompidou en 2007), comme à l'étranger (dans le cadre de la Biennale de Berlin 2006 notamment, ou "French kiss" au Moore space de Miami en 2008). En parallèle, les artistes sont devenus de plus en plus mobiles. Leurs travaux sont maintenant souvent (re)présentés en dehors de l'hexagone, principalement aux États-Unis, en Allemagne, en Angleterre. Par ailleurs, au milieu des années 90, certains des artistes émergents ont su s'imposer outre-Atlantique. Sans pour autant faire école, ils ont entraîné dans leur sillage de plus jeunes artistes, tout en attirant l'attention sur la scène française. Ce livre ne prétend pas à l'exhaustivité, il vise à la représentativité : c'est une coupe franche dans un territoire bien plus riche. Nous avons opéré par connections. Nous n'avons pas défini une liste préalable d'artistes pour ensuite commander des textes. Nous avons contacté de nombreux critiques exerçant en France (dans les journaux, les magazines, les revues) et nous leur avons demandé sur quels artistes ils aimeraient écrire - artistes dont les travaux se sont affirmés au cours des dernières années, et dont les recherches exemptifient la diversité de la scène française. Huit pages sont consacrées à chaque artiste, dont six dédiées à la reproduction iconographique des œuvres - un espace encore étroit, mais qui permet de ne pas caricaturer les démarches. Quant aux 88 critiques qui ont écrit sur les travaux des 88 artistes, leur texte, souvent construit autour de propos recueillis, est un regard, un hors champ de l'œuvre. Juste à côté, il l'accompagne."
Léa Gauthier Culturesfrance et la Délégation aux Arts Plastiques ont acquis un certain nombre d’exemplaires de cet ouvrage, qui seront envoyés à certains postes à l’étranger dans les pays prescripteurs.
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| 8 janvier 2009 | |  | |
Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano,
de François Noudelmann
L'engagement de Sartre dans l'Histoire est connu. Mais sait-on qu'en pleine euphorie militante, Sartre réservait chaque jour du temps pour le piano? L'homme qui incarnait son siècle vivait des intensités et des rythmes secrets. Comment la philosophie s'accorde-t-elle à cette pratique en contrebande? Nietzsche, qui se rêvait compositeur plus que philosophe, adopta le piano comme son diapason, la table d'évaluation de ses idées. Il joua sa vie sur le clavier, même pendant sa folie.
Décider de vivre en musique engage le corps amoureux. Barthes le comprit, à l'écart des codes dont il était devenu le théoricien. Le piano lui offrit une échappée hors des discours savants.
Le jeu musical transporte une gamme d'affects qui se prolongent dans la vie sociale et intellectuelle, de sorte que la pratique du piano ne laisse pas intact le reste des jours. Doigtés, allures, sensualités, tout se livre sur la touche.
François Noudelman, professeur à l’université de Paris-VIII et "visiting professor" à John Hopkins University, a écrit plusieurs livres sur les fictions du temps. Il anime "Les vendredris de la philosophie" sur France Culture.
Gallimard, coll. "Blanche", octobre 2008, 192 p., 16 €, ISBN : 978-2-07-012195-3
En savoir plus www.gallimard.fr
| 7 janvier 2009 | |  | |
Louise-Michel,
de Benoît Delepine et Gustave Kervern
Quelque part en Picardie, le patron d'une entreprise de cintres vide son usine dans la nuit pour la délocaliser. Le lendemain, les ouvrières se réunissent et mettent le peu d'argent de leurs indemnités dans un projet commun : faire buter le patron par un professionnel.
Film inspiré de faits réels, l'histoire de Louise-Michel est loin d'être farfelue comme le rappellent les réalisateurs : "Point de départ : un fait réel survenu dans la région d'Angoulême. Un sympathique patron qui avait offert de nouveaux vêtements de travail à ses ouvriers, avant de déménager ses machines en un week-end vers les pays de l'Est..." Avec : Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poolvoerde
Sortie nationale : 24 décembre
B. Delepine et G. Kervern dans le catalogue du Ministère des affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement) : Aaltra.
En savoir plus www.myspace.com/louisemichellefilm www.unifrance.org/film/28559/louise-michel www.mae.universcine.com
| 7 janvier 2009 | |  | |
Encyclopédie capricieuse du tout et du rien,
de Charles Dantzig
Avec le Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig parvenait à concilier l’érudition et l’amusement, la distraction et l'enseignement. De ce gai savoir, infiniment subjectif, parfaitement inattendu, L'Encyclopédie est la continuation. Un coup d'œil sur la table des matières, qui va de la liste des lieux à la liste autobiographique par effleurements d'écrivains, en passant par la liste de Venise ou la liste du sexy, montre assez ce que ce livre a de fou : le monde du dehors et le monde intérieur découpés, classés, listés, selon un ordre qui n'obéit qu'au caprice de Charles Dantzig ! On y apprend beaucoup. On rit presque en permanence. On est caressé ou griffé, selon l'humeur ou la rubrique. On y parle avec passion de littérature, d'art, de géographie, de futilités, de mode, de cinéma, d'histoire grecque ancienne. Dantzig, c'est l'anti-beaucoup de monde, dans ce livre jubilatoire sans équivalent, et dont on n'a pas fini de parler.
Charles Dantzig est l'auteur de plusieurs romans, dont Je m'appelle François (2007), d'une œuvre poétique recueillie dans En Souvenir des long-courriers (2003), et d'essais comme le Dictionnaire égoïste de la littérature française (2005, prix Décembre, Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, prix de l'Essai de l'Académie française). Grasset, janvier 2009, 200 p., ill. n. & b., 24,90 €, ISBN : 978-2-246-74371-2
En savoir plus www.edition-grasset.fr
| 6 janvier 2009 | |  | |
L’Excuse,
de Julie Wolkenstein
Julie Wolkenstein plante le décor de son cinquième roman sur la côte est des États-Unis, dans une vaste villa dont son héroïne vient d’hériter. Les époques et les dates qui jalonnent le temps de la narration sont, quant à elles, nombreuses. L’action principale se déroule dans les années 2020: Lise Beaufort, une Française qui a pris sa retraite après avoir enseigné à Berkeley, se remémore la première fois où elle est venue dans cette maison, dans les 1980. Elle y avait fait la connaissance de Nick, celui-ci avait été alors frappé par une impression de "déjà-vu": pour lui, la jeune femme incarnait l’héroïne du roman d’Henry James, Portrait de femme. Lise découvre un texte qu’il lui a laissé à sa mort et dans lequel il lui montre les nombreuses similitudes entre sa vie et celle d’Isabel, le personnage jamesien du XIXe siècle. En lisant ces pages, elle a la douloureuse sensation d’avoir été depuis le début sous l’emprise de Nick, comme si, à son insu, son histoire avait été dictée par lui. Le roman de Julie Wolkenstein prend alors la forme d’un thriller littéraire : la fiction influencerait-t-elle la réalité ? P.O.L, août 2008, 344 p., 20 €, ISBN : 978-2-84682-271-8.
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| 5 janvier 2009 | |  | |
"Jo’burg Avenue Patrice Lumumba"
Exposition Guy Tillim à la Fondation Henri Cartier Bresson
Photographe incontournable sur la scène artistique sud-africaine contemporaine, présenté aux 6e Rencontres africaines de la photographie de Bamako en 2005 avec une exposition personnelle, Guy Tillim nous livre des images saisissantes qui témoignent des conflits sociaux, des inégalités et d’une identité indéniablement africaine. Loin des clichés esthétiques, ses œuvres dont les teintes sont uniques, poignantes de poésie et d’une beauté fugace. Deux séries seront présentées: "Jo’burg" (2004) et "Avenue Patrice Lumumba" (2008). Exposition du 13 janvier au 19 avril 2009.
Fondation HCB 2, impasse Lebouis 75014 Paris
En savoir plus http://www.henricartierbresson.org
| 4 janvier 2009 | |  | |
Jour de souffrance,
de Catherine Millet
Jour de souffrance est la suite de La Vie sexuelle de Catherine M., son envers, sa genèse, son jumeau. La découverte qu’une libertine peut connaître la jalousie. Le livre commence par un rappel très beauvoirien des épisodes précédents et par la rencontre avec l’écrivain Jacques Henric. Jour de souffrance décrit néanmoins trois ans de crise, la jalousie provoquée par la découverte des photos d’une autre femme. Sa puissance est d’être composé comme Catherine M., comme une expérience esthétique, comme un livre de philosophie singulier, un classique Traité des passions "écrit de l’intérieur d’un corps": "On ne sait pas ce que peut un corps", la suite… surtout qu’il est au moins deux ("corps habitacle" et "corps relationnel") et qu’il voyage dans sa tête et dans l’espace. Au centre, l’onanisme. Le livre se clôt par une analyse, d’où "je peux dire que je me suis sauvée": dans son double sens (fuite aujourd’hui et dans l’enfance, religion), sûrement la phrase centrale de cet exercice spirituel d’une lectrice de Bernanos. Flammarion, août 2008, 268 p., 20 €, ISBN : 978-2-08-068905-4
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| 4 janvier 2009 | |  | |
"L’homme est un mystère",
Exposition d’art contemporain africain
Exposition d’art contemporain africain dans différents lieux (musées, galeries et centres d’art) de la ville de Saint Brieux (Côte d’Armor) du 15 novembre 2008 au 25 janvier 2009. Un coup de projecteur sur les artistes contemporains africains... Cette exposition présente les œuvres de 9 artistes du continent africain : Hassan Musa (Soudan), Saïdou Dicko (Burkina Faso) et Piniang (Sénégal), Camara Gueye (Sénégal), Samba Fall (Sénégal), Andries Botha (Afrique du sud), Aimé Mpané (R.D. Congo), Jems Robert Koko Bi (Côte d'Ivoire) et Kan Si (Sénégal). Ces artistes sont peintres, sculpteurs, vidéastes, photographes, installateurs… Ils ont en commun leur questionnement sur le bonheur et ses empêchements, thème le la 3e édition de cette biennale, à l’encontre des clichés médiatiques sur l’Afrique misérabiliste. Informations : ODDC (Office Départemental de Développement Culturel des Côtes d’Armor) 2, bis place Saint-Michel 22000 Saint-Brieuc
| 3 janvier 2009 | |  | |
Françoise Dolto,
Archives de l’intime
Le centenaire de la naissance de Françoise Dolto, née le 6 novembre 1908, suscite une importante mobilisation médiatique et éditoriale. Dans ce contexte, Archives de l’intime est un parcours original de la vie de Françoise Dolto, depuis sa plus haute enfance pendant la première guerre mondiale jusqu’au temps des maternités, alors qu’elle devient peu à peu une figure primordiale de la psychanalyse en France. Françoise Dolto a laissé un impressionnant fonds d’archives personnel, véritable trésor de papier organisé et classé par elle-même : journaux intimes, correspondances, dessins de jeunesse, manuscrits scientifiques, agendas, albums de photographies, objets familiers… Dévoilées et retranscrites, ces archives permettent de dresser un autoportrait inattendu, accompagné d’un entretien autobiographique inédit, au cours duquel Françoise Dolto commente son itinéraire personnel. En faisant dialoguer l’intime et l’universel, cet ouvrage démontre combien Françoise Dolto a su faire de sa vie de femme le terreau même de son œuvre de psychanalyste. Gallimard, décembre 2008. 29,50 €. ISBN : 978-2-07-012369-8. Sous la direction de Yann Potin. Textes de Catherine Dolto, Muriel Djeribi-Valentin, Manon Pignot et Jean-Pierre Winter.
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| 2 janvier 2009 | |  | |
De Bamako à Apt, "Dans la ville et au-delà"
VIIe Rencontres africaines de la photographie
Dans le cadre des 7e Rencontres africaines de la photographie qui se tenaient à Bamako du 24 novembre au 23 novembre 2007, la Fondation Jean-Paul Blachère, avec la participation d’un jury indépendant composé de jeunes critiques africains, a récompensé quatre artistes photographes et une artiste vidéaste. Ces derniers sont invités à Apt, au centre d’art de la Fondation, pour préparer et présenter une exposition sur l’ensemble des œuvres sélectionnées à Bamako. Exposition du 28 octobre 2008 au 18 janvier 2009. Avec Adama Bamba (Mali), Sammy Baloji (RDC), Jodi Bieber (Afrique du Sud), Ghislain Magambo Gulda (RDC), Tsvangirayi Mukwazhi (Zimbabwe), Amal Kenawy (Egypte), les collectifs de L’E.N.S.A.D. (Paris) et du C.A.M.M. (Bamako).
Centre d’Art 384 avenue des Argiles 84400 Apt – France
En savoir plus http://www.fondationblachere.org
| 28 décembre 2008 | |  | |
Sashird Lao
Après le succès de leur premier album "Watsdis", les Sashird Lao peuvent maintenant se tourner vers l’international avec sérénité. Trio instrumental de jazz vocal, les Sashird Lao ne craignent pas les mélanges, proposant au public un véritable voyage musical au carrefour du jazz, des musiques du monde et du groove urbain... Le trio formé de Yona Yacoub, Frédéric Luzignant et David Amon fait partie des groupes les plus inventif, fécond et créatif de la scène Jazz française. Un concert des Sashird Lao est une performance scénique et instrumentale. Ainsi, ils alternent saxophone, trombone, flûte traversière, derbouka tout en introduisant le body drumming (percussions corporels)… Cette originalité leur a permis de partager la scène aussi bien avec des grands noms du jazz (Hadouk trio, Manu Dibango, Maria Canonge…), qu’avec des artistes de la nouvelle scène (Lo’jo, Beat Assaillant, Nosfell..). Lauréats du concours de Jazz de la Défense en 2006, prix du public au festival de Jazz de Juan les pins, les Sashird Lao étaient notamment en tournée au French Festival d’Adélaïde en Australie. Il prépare également une tournée en Afrique de l’Est et Australe.
Nombre de personnes sur scène : 3 Nombre de personnes en tournée : 4 Contact: David Benaroche / imago production david@imagoproduction.com 09 53 83 45 87 36, rue Richelmi 06300 Nice
En savoir plus http://www.sashirdlao.com
| 27 décembre 2008 | |  | |
"Portraits décalés" – Meyer
Dans le cadre de la 5e semaine culturelle malienne, un événement photographique inédit, soutenu par la Ville de Montreuil, est présenté sur les grilles de la Bibliothèque Desnos : les "Portraits décalés", 280 photomontages réalisés par Meyer en collaboration avec le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) dans le cadre des 6e et 7e Rencontres africaines de la photographie de Bamako en 2005 et 2007. Il s’agit de la première présentation en France d’une série de portraits pris dans les quartiers populaires de la capitale malienne grâce à l’installation du Studiophoto Numérique Ambulant (SNA). En savoir plus http://www.c-n-a-.org/rencontres.htm
Exposition du 1er au 23 novembre 2008 Square Léopold-patriarche 14-12 Boulevard Rouget-de-Lisle 93100 Montreuil
| 26 décembre 2008 | |  | |
États-Unis. La métamorphose hispanique,
de Laurence Monroe
Alors que les États-Unis s'interrogent sur leur identité, l'actualité a redonné tout son poids au facteur religieux qui, lentement mais sûrement, change le mode de vie et les croyances américaines. Si l’on a parlé de l'influence croissante des évangéliques, du fondamentalisme, du rôle persistant des sources puritaines, on évoque plus rarement l'impact du catholicisme véhiculé par l'immigration massive et durable en provenance d'Amérique latine. Dans l'Église catholique américaine, l'augmentation exponentielle du nombre de Latinos reste une question encore largement taboue. Or, les Latinos, conscients d'être l'avenir d'un catholicisme américain, clament aussi être son salut. Ils sont en effet les premiers à s'emparer de sa doctrine sociale, plus contre-culturelle outre-Atlantique que nulle part ailleurs.
L'enjeu de cette lente métamorphose, c'est la réceptivité de l'Amérique à la différence et à la complexité, en son sein et tout autour d'elle, car de la nature du lien social aux États-Unis dépend le rapport que l'Amérique entretient avec le reste du monde.
Éd. du Cerf, coll. "L’histoire à vif", octobre 2008, 318 p., 24 €, ISBN : 978-2-204-08408-6.
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| 25 décembre 2008 | |  | |
ASA (Nigeria)
Le trophée du Prix Constantin va bien à ASA! Même si au vu de ses talentueux concurrents, il ne lui était a priori pas acquis, cette reconnaissance de la profession après un an de tournée et un premier album "ASA" (Naïve) vendu à 150.000 exemplaires, couronne un début de carrière sans faute. Cet "avion", symbole de son envol mais aussi du voyage qu’elle a dû faire jusqu’à sa France natale pour y concrétiser son rêve professionnel, ASA l’a mérité.
Pour ceux qui l’ont accompagné à ses premières heures, le talent était là, éblouissant, la détermination aussi. Il lui fallait faire les bonnes rencontres. Celles qui favoriseraient sa "mise sur orbite".
Même si son album est produit en France, la soul d’ASA, bien ancrée au Nigeria, se joue avec élégance des frontières. Après des retrouvailles enflammées avec son public africain à Dakar le 5 décembre dernier pour un premier concert au Sénégal dans le cadre du Festival Hip-Hop Awards (où Youssou N’Dour lui a fait la surprise de la rejoindre pour un duo sur la scène de l’Institut Français Léopold Sedar Senghor), ASA partira à la conquête des USA début 2009, avant son premier Olympia (16 mars 2009).
ASA a encore une longue route devant elle et beaucoup d’avions à prendre….
Diffusion : ALIAS 22, rue de Douai 75009 Paris tel : +33 1 53 20 32 00 / 04 – fax : +33 1 45 96 00 92
France : Hélène Rol lnrol@alias-production.com International : Jules Frutos julefrutos@alias-production.com En savoir plus www.myspace.com/asaofficial www.asaofficial.com www.alias-production.fr www.myspace.com/aliasproduction
| 24 décembre 2008 | |  | |
N’Djamena City, de Issa Serge Coelo
Adoum, jeune journaliste tchadien, veut diffuser à l’étranger un reportage sur la situation de son pays. Une mystérieuse lettre est trouvée sur lui lors de la fouille à l’aéroport. Adoum est alors enfermé dans la prison dirigée par le cruel Colonel Koulbou.
Sortie nationale : 24 décembre 2008
Les films d’Issa Serge Coelo à la Cinémathèque Afrique : Un taxi pour Aouzou, 1994 – Kayaman, 2000 – Daresalam, 2000
En savoir plus www.hevadis.eu
| 23 décembre 2008 | |  | |
Les Mains gamines,
d'Emmanuelle Pagano
Emmanuelle Pagano écrit en orfèvre. Ses histoires nous touchent par cette alchimie du verbe qui sait faire rimer les couleurs, construire des atmosphères et jouer des thèmes secondaires pour qu’ils apportent leur écho à l’histoire révélée. Dans un petit village du Sud de la France, trois femmes tour à tour vont s’exprimer. L’épouse d’un riche viticulteur, enfermée dans son mariage, une ancienne productrice de châtaignes qui tait un lourd secret, puis une institutrice à la retraire mais toujours hantée par le souvenir. Toutes souffrent de l’oreille. Le problème d’audition de ces trois-là vient de loin. D’un cri, répété chaque jour il y a trente ans, qu’elles n’ont pas voulu entendre, qu’elles ne veulent pas plus aujourd’hui percevoir. Et puis le récit d’une gamine vient clore le livre. Avec ses ultimes pages, Emmanuelle Pagano recouvre son lecteur du noir de l’abîme : chacun pourra y voir ses fantômes.
P.O.L, coll. "Fiction", août 2008, 168 p., 15 euros, ISBN: 978-284682-273-2 Prix Wepler-Fondation La poste. En savoir plus www.pol-editeur.fr
| 22 décembre 2008 | |  | |
"Danseurs d’Afrique"
Exposition d’Antoine Tempé
De la danse à la photographie... Antoine Tempé, danseur lui-même, nous livre ses portraits des plus grandes figures de la danse contemporaine africaine qu’il a pu suivre sur scène à travers ses voyages en Afrique depuis cinq ans. De Dakar à Antananarivo, il a traversé le continent africain et nous livre des portraits et silhouettes d’une grande force capturés dans des moments de grâce. Exposition d’Antoine Tempé au Centre national de la Danse (CND, Paris) du 17 novembre 2008 au 2 janvier 2009 Informations : Centre National de la danse 1, rue Victor Hugo 93507 Pantin, Cedex
| 21 décembre 2008 | |  | |
"Les 24 violons du Roy" font renaître l’orchestre de Louis XIV
"Les 24 violons du Roy", premier orchestre d’Etat institutionnalisé sous Louis XIV, renaît aujourd’hui à l’initiative de l’ensemble "Les Folies françaises" et du Centre de Musique Baroque de Versailles. Le spectacle conçu par Patrick Cohen-Akenine joue la confrontation entre l'orchestre "italien" (traditionnellement constitué de violons, alto et violoncelle) et l'orchestre "à la française" composé de 24 instruments à cordes reconstitués pour l’occasion (dessus de violon, hautes-contres, tailles, quintes, et basses), à partir d’un programme autour du mythe d’Orphée.
"Les instruments italiens ont pris le pas au cours du XVIIIe siècle sur le son français", explique Patrick Cohen-Akénine, "Les derniers exemplaires de ces instruments datent de la fin du XVIIe siècle, puisque les musiciens dans l'orchestre du roi étaient des charges qui se passaient de père en fils avec les instruments", ajoute-t-il. Les "24 Violons du Roy" furent supprimés en 1761 par un édit.
Recréer ces violons dont la taille inhabituelle s’adapte à chaque tessiture permet de restaurer les couleurs d'origine du "son français", rendant pleinement justice à la musique de Lully, Campra ou Delalande.
Cette formation perd certes un peu de l’éclat de l’instrumentarium italien mais elle gagne considérablement en délié, jouant sur les clairs-obscurs grâce au galbe retrouvé des voix médianes de l’orchestre.
20 août 2008 | Festival de Sablé-sur-Sarthe (72) 23 août 2008 : Festival de la Chaise-Dieu (43) 9 octobre 2008 : Scène nationale d’Orléans (45) 10 octobre 2008 : Festival de Musique ancienne d’Avignon (84) 15 et 16 octobre 2008 : Automne Musical du CMBV (78)
"Les Vingt-quatre Violons du Roy" J.B. Lully : Extraits de Psyché et de ballets, L. Rossi : Extraits de l’Orfeo Les Folies françaises (dir : Patrick Cohën-Akenine)
En savoir plus http://foliesfrancoises.chez-alice.fr/ http://www.youtube.com/watch?v=YEGS9yPR2yI
| 20 décembre 2008 | |  | |
Les Graffitis de Chambord,
d'Olivia Elkaïm
S’écartant d’emblée de la voie autobiographique qu’empruntent souvent les premiers romans, Olivia Elkaïm a préféré sonder sa mémoire familiale pour écrire cette histoire juive, triste et intense qui met en scène trois hommes, trois générations hantées par le traumatisme de la déportation.
En 1940, Isaac Rosenwicz abandonne sa famille et rallie un réseau de résistants, "le groupe Chambord", qui cache des œuvres d’art pour les soustraire à l’avidité des nazis. Né en 1925, Simon est le seul rescapé du convoi qui a emporté ses proches à Auschwitz en 1942. Caché près de Mâcon pendant la guerre, il regagne la capitale à la Libération et cherche ses disparus, en vain. Trevor, fils unique de Simon, est hanté, depuis la mort de ses parents, par trop de questions restées sans réponse. Jusqu’au jour où il reçoit une grosse enveloppe signée du seul rescapé du "groupe Chambord". Mais Trevor tarde à ouvrir l’enveloppe… Olivia Elkaïm a composé son livre avec une grande maîtrise, écrit avec une grande sobriété et une grande pudeur. Un livre dont on se souviendra. Grasset, septembre 2008, 280 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-246-73801-5
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| 20 décembre 2008 | |  | |
L'oeil musical,
de Philippe Gras
Une exposition itinérante légère, de type "multimédia" (photo, film, musique), clefs en main, réalisée par l'association "Les amis de Philippe Gras" et consacrée aux photographies de musiciens et d'artistes contemporains prises dans les années 1960 à 1980 par Philippe Gras, le grand photographe récemment disparu. Cette exposition est dérivée de l'exposition "L'oeil musical de Philippe Gras, les années free et autres photographies", présentée à la Cité de la musique de la Villette en septembre 2008. "Ray Charles, Thelonious Monk, Charles Mingus… d’abord le jazz dont Philippe Gras nous laisse de saisissants clichés de musiciens en action. Surtout le jazz dans sa version du grand maelström free des années 60 et 70 avec Don Cherry, Archie Shepp, Albert Ayler et tous les autres. En noir et blanc, avec du grain et dans un style dépouillé, la force de l’art photographique de Philippe Gras est d’arriver à suggérer le son de la musique par un jeu subtil avec la lumière, qu’il s’agisse de la lumière ambiante ou celle d’un spot pris à contrejour. Son art a fait aussi merveille avec le rock progressif, la musique américaine minimaliste et les nouveaux spectacles de théâtre et de danse. Il a collaboré avec le Festival d’Automne, Jazz Hot, Jazz Magazine, Actuel, l’Art Vivant. «He was so special!», écrira Robert Wilson lorsqu’il apprendra sa disparition, le 22 février 2007 à l’âge de 64 ans." Daniel Caux
L’exposition présente : 39 portraits photographiques noir et blanc (29 de 60 x 50 cm, 10 de 30 x 20 cm), montés sur panneaux légers, immédiatement accrochables, et accompagnés d'étiquettes portant légendes.
CONTACTS François Nicoullaud, président de l'association +33 1 53 59 94 25 nicoullaud@aol.com Daniel Sauvaget, secrétaire général de l'association +33 1 46 45 39 81 daniel.sauvaget@numericable.fr > Télécharger le catalogue
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| 18 décembre 2008 | |  | |
Solo d’un revenant,
de Kossi Efoui
Solo d’un revenant met en scène le retour du narrateur dans son pays après dix ans de massacres. Il cherche à élucider les conditions de décès de son ami Mozaya et recherche désespérément Asafo Johnson, un autre ami, avec lequel il a fondé une troupe de théâtre. Roman de mémoire, méditant sur l’absence et l’exorcisme, Solo d’un revenant s’inscrit dans tout un cycle de romans togolais, qui entendent revisiter la mémoire douloureuse du Togo. Mais, ici, le pays n’est jamais nommé... Une démarche qui n’est pas inédite : Kossi Efoui adore brouiller les pistes, a une sainte horreur de la couleur locale en littérature. Mais ce jeu fiction/réalité peut parfois devenir un handicap du point de vue de la conduite du récit. Si le roman est bien écrit et les dialogues sonnent souvent juste, les personnages sont désincarnés, et le récit finit par s’enrouler sur lui-même. Ce qui conduit à une écriture où le romancier se regarde écrire, envahit son propre texte et étouffe son propre récit. Éd. du Seuil, coll. "Cadre rouge", août 2008, 206 p., 17 €, ISBN : 978-2-02-097193-5.
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| 17 décembre 2008 | |  | |
Les plages d’Agnès,
de Agnès Varda (documentaire)
En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Varda invente une forme d’autodocumentaire. Agnès se met en scène au milieu d’extraits de ses films, d’images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages.
La réalisatrice raconte comment elle en est venue à réaliser cet autoportrait : "C'est une drôle d'idée de se mettre en scène et de filmer un autoportrait quand on a presque 80 ans. Cette idée a germé dans ma tête un jour, sur la plage de Noirmoutier, quand j'ai réalisé que d'autres plages avaient marqué ma vie. Les plages sont devenues prétexte et chapitres naturels du film. Beaucoup de vieilles personnes ont envie de raconter leur vie. Moi aussi. J'ai souhaité transmettre à mes proches et à d'autres quelques-uns des faits et travaux de mon parcours de vie."
Sortie nationale : 17 décembre
Agnès Varda dans le catalogue du Ministère des affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement) : Sans toit ni loi, Cléo de cinq à sept, Jacquot de Nantes, les court-métrages (35 mm), Varda tous courts (coffret DVD)
En savoir plus www.unifrance.org/film/28968/les-plages-d-agnes
| 17 décembre 2008 | |  | |
Le chant des mariées,
de Karin Albou
Tunis, 1942. Nour et Myriam, 16 ans, sont amies depuis l’enfance. Elles partagent la même maison d’un quartier modeste où Juifs et Musulmans vivent en harmonie. Chacune désire secrètement vivre la vie de l’autre : tandis que Nour regrette de ne pas aller à l’école comme son amie, Myriam rêve d’amour. Elle envie les fiançailles de Nour avec son cousin Khaled, sorte de fantasme partagé de prince charmant. En novembre 1942, l’armée allemande entre à Tunis. Poursuivant la politique de Vichy, les Nazis soumettent la communauté juive à une lourde amende. Tita, la mère de Myriam n’a plus le droit de travailler, criblée de dettes, elle décide de marier sa fille à un riche médecin.
Karin Albou a choisi de situer cette histoire d'amitié entre Nour et Myriam pendant la Seconde Guerre mondiale, "car il s'agit d'un moment historique peu connu, qui n'est pas lisse et se révèle plein d'ambiguïtés et d'aspérités." "Ces ambiguïtés ont été explorées en littérature (par Mohammed Dib entre autres), mais pas au cinéma", raconte la réalisatrice.
Avec : Lizzie Brocheré, Olympe Borval, Simon Abkarian, Karin Albou, Najib Oudghiri. Sortie nationale : 17 décembre
Karin Albou dans le catalogue du Ministère des affaires étrangères : La petite Jérusalem (35 mm et DVD).
En savoir plus www.unifrance.org/film/28730/le-chant-des-mariees
| 15 décembre 2008 | |  | |
Mbëkë Mi. À l’assaut des vagues de l’Atlantique,
de Ndione Abasse.
Abasse Ndione évoque ici l’immigration en pirogue vers l’Europe des jeunes Africains. Paru d’abord sous forme d’une nouvelle, Mbëkë Mi fait écho à l’actualité de l’immigration, qui devient la question épineuse des relations entre le Nord et le Sud. Jusqu’à présent, l’immigration dans la littérature africaine était évoquée par les écrivains résidant en Europe. Mbëkë Mi est, comme le dit Alioune Sakho "le premier roman sur l’émigration en pirogue, vue d’Afrique par un Africain ». Or, bien avant Abasse Ndione, Bessora évoquait dans un roman, qui frisait la farce, l’arrivée en France via la Seine d’une anthropologue gabonaise venue pour étudier les moeurs des Gaulois. À l’époque (en 1998), la critique mettait en avant l’excès d’imagination de la romancière. Avec Mbëkë Mi, inspiré d’un fait réel, l’imagination et la réalité se confondent. Gallimard, coll. "Continents noirs", août 2008, 82 p., 11 €, ISBN : 978-2-07-011963-9
| 13 décembre 2008 | |  | |
Laisse les hommes pleurer,
d'Eugène Durif
Subtilement politique, entêtée dans ses revendications, l’écriture de Durif déploie avec ce roman des nuances qui sont celles des instants d’incertitude, d’égarement, d’errance que les personnages vivent ici. La violence n’en est pas exclue, mais la langue ici précise ce que la représentation donne à voir avec plus de crudité, voire exhibe, pour une réaction, une impression rétinienne plus effective. Ainsi, un gardien de prison soudainement conscient des impasses et des violences de son métier, et de la nécessité pour lui d’aller à la rencontre d’un autre essentiel : celui qu’il a connu enfant dans une ferme de la Creuse. La recherche devient voyage, et le voyage s’accompagne des signes d’une traversée plus vaste que la dimension humaine. Les rencontres se multiplient, sans perdre cette crudité qui fait l’univers de Durif, et éprouve le lecteur pour la présence d’une écriture tendue, où vient chanter la vérité de l’oralité, la spontanéité d’expressions égale à l’immanence des faits.
Actes Sud, coll. « Domaine français », août 2008, 138 p., 16 €, ISBN : 978-2-7427-7690-0
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| 11 décembre 2008 | |  | |
Visiter le Flurkistan ou les illusions de la littérature monde,
de Camille de Toledo
Le 16 mars 2007, le journal Le Monde publie un "Manifeste pour une littérature-monde", signé par 44 écrivains de langue française. Camille de Toledo revient sur les positions avancées par le manifeste, les examine et les bouscule, tout en livrant une interrogation sur l’état du réel à l’heure d’une fiction généralisée. L’écrivain-voyageur ne devrait-il pas se faire écrivain-archéologue et ébaucher alors une écriture des strates, "non pas les pieds dans la poussière mais dans la fabrique de cette poussière"? Un essai brillant en hommage à Julien Gracq et Aimé Césaire. "La poussière des routes, le frisson du dehors, le regard croisé d’incoonus. Comme ils sont doux ces mots-là. Si l’on n’était pas travaillé par le soupçon, combien aisément on se laisserait prendre. On les suivrait, les écrivains-voyageurs. On partirait avec eux. On goûterait à la poussière, on se mettrait même à quatre pattes pour la laper. Mais l’ailleurs n’est plus. Il faut l’annoncer aux signataires et je ne saurais dire si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle…"
Presses universitaires de France, coll. "Travaux pratiques", octobre 2008, 112 p., 12 €, ISBN : 978-2-13-057040-0.
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| 11 décembre 2008 | |  | |
« Gurbet / El Maghreb - Exil / Occident lointain »
Exposition de Malik Nejmi et Bruno Boudjelal prolongée jusqu'au 11 janvier 2009
Dans le cadre du Mois de la photo à Paris, la Cité nationale de l’histoire et de l’immigration présente l’exposition « Gurbet / El Maghreb - Exil / Occident Lointain » des photographes Malik Nejmi et Bruno Boudjelal.
Ils nous livrent des images où se croisent histoire et mémoire à travers un retour aux origines algériennes et marocaines, un déracinement de ces cultures et une reconstruction identitaire. Commissariat : Françoise Huguier, Isabelle Renard. En savoir plus http://www.histoire-immigration.fr info@histoire-immigration.fr
| 10 décembre 2008 | |  | |
Mia et le Migou,
de Jacques-Rémy Girerd
Après son long-métrage La prophétie des grenouilles qui l’avait révélé au grand public, Jacques-Rémy Girerd revient avec un nouveau film Mia et le Migou.
Mia est une fillette d’à peine dix ans. Alertée par un pressentiment, elle décide de quitter son village natal quelque part en Amérique du Sud pour partir à la recherche de son père. Ce dernier travaille sur un chantier gigantesque visant à transformer une forêt tropicale en luxueuse résidence hôtelière. La route est longue pour retrouver son papa. Mia doit franchir une lointaine montagne, entourée d’une forêt énigmatique et peuplée d’êtres mystérieux. Au coeur de ce monde de légende, la fillette découvre un arbre hors du commun et se confronte aux véritables forces de la nature.
Jacques-Remy Girerd (réalisateur – producteur Folimage) a créé LA POUDRIÈRE : école du film d’animation qui propose une formation supérieure pour des étudiants français et étrangers qui ont déjà une pratique de l’animation. Sortie nationale : 10 décembre Jacques-Rémy Girerd dans le catalogue du Ministère des affaires étrangères : La prophétie des grenouilles
En savoir plus www.folimage.fr www.lapoudriere.fr wwww.unifrance.org/film/26785/mia-et-le-migou www.miaetlemigou.fr
| 9 décembre 2008 | |  | |
La Villa de Mademoiselle B.,
exposition itinérante d’architecture
Sous prétexte de réaliser une villa pour une Mademoiselle B. (qui n’est autre que la poupée Barbie), cette exposition conçue par la Cité de l’architecture et du patrimoine propose une réflexion sur les “tendances” de la maison idéale en réponse à l’évolution de nos modes de vie. Montrée à Paris à sa création en 2007/2008, elle a été présentée en 2008 à la biennale d’architecture de Ljubljana et elle est proposée par la Cité pour des itinérances en 2009.
Neuf femmes architectes françaises ont créé collectivement la maquette au 1/6e d’une maison contemporaine, à partir des fragments imaginés par chacune d’entre elles : Urban Cottage / Dominique Jakob (Jakob+MacFarlane), Treasure Island / Anne-Françoise Jumeau et Emmanuelle Marin-Trottin (Périphériques), Lunch Box / Isabel Hérault (Hérault-Arnod), Blablabla Lounge / Gaëlle Hamonic (Hamonic+Masson), I.T. Lab / Florence Lipsky (Lipsky+Rollet architectes), Beauty Building Space / Karine Herman (K-Architectures), Body & Soul Boudoir / Sophie Delhay (Boskop), Secret Garden / Raphaëlle Hondelatte (Hondelatte Laporte architectes), Pet Land / Fiona Meadows (Archi media girls).
L’exposition fait également appel à d’autres disciplines : la mode (avec une collection de vêtements créée spécialement pour la poupée Barbie) ou la cuisine, en association avec ESMOD et avec l’École supérieure de cuisine française de l’École Ferrandi.
CONTACT Myriam Feuchot Responsable du service production, IFA tél : 01 58 51 52 70 mfeuchot@citechaillot.org Photographie © Mona AWAD En savoir plus melleb_itinerance_ddaee.pdf
| 8 décembre 2008 | |  | |
Les Inséparables,
de Marie Nimier
Qu’y a-t-il de commun entre ces deux gamines, puis ces deux femmes dont Marie Nimier nous conte l’histoire ? Quelle est la nature de ce lien insécable, résistant à l’existence et aux choix de chacune ? Depuis les années d’école dans le quartier des Champs-Élysées en passant par l’adolescence et ses dérapages, jusqu’à la vie adulte, la drogue, les squats, la prostitution, tout suggère que ces deux filles-là vont forcément, à un moment ou à un autre, se séparer. En toile de fond une époque, l’enfance avant 1968, l’adolescence après, la découverte du sexe, de l’amour, du cinéma, les questions et les silences des adultes, l’ouverture sur le monde et dans le monde… Les Inséparables peut se lire comme une ode à la fidélité. Garder l’intérieur et changer la peau, telle serait la vérité du roman, se situant dans l’espace du déplacement et de la transfiguration. Jouant de l’imaginaire pour éclairer un réel dont tout, jamais, ne sera dit, Marie Nimier interroge l’amitié féminine capable, sinon de renverser, du moins de traverser les montagnes.
Gallimard, coll. « Blanche », septembre 2008, 272 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-07-078643-5
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| 6 décembre 2008 | |  | |
Rock’n roll, un portrait de Led Zeppelin,
de François Bon
On découvre le rock, on savoure Elvis Presley, on lit les livres de François Bon sur Bob Dylan ou les Rolling Stones, on aime sa manière de lier le biographique à une réflexion sur l’époque, une approche de la musique à une curiosité toujours bienvenue sur les anecdotes liées aux musiciens, aux producteurs, ou aux fans. Mais avec Led Zeppelin, quelque chose de supérieur frissonne : de transgressif, le rock devient dangereux. Et pourtant, rien de plus réfléchi, pensé que cette musique, née du blues, passée par le rock et le portant plus haut, plus violemment, avec un sens de l’échevelé plus que du lyrique, et des fringues que la lourdeur hard-rock ne saura porter aussi gracieusement. Chaque anecdote vient ici porter l’avancée hallucinée du groupe phare des années 1970. Tout Led Zep est là : dans l’utilisation intelligente de sa propre énergie à des fins uniquement rock’n rollesques. Au rythme d’une écriture dense et captive, François Bon remet entre les mains du lecteur un objet hérétique, et si nécessaire : une Bible Led Zeppelin Albin Michel, septembre 2008, 350 p., 20 €, ISBN : 978-2-226-18848-7
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| 4 décembre 2008 | |  | |
Les Figures,
d'Alexis Robert
L’inquiétante étrangeté qui habite et traverse, de façon plus ou moins perceptible, la littérature sous toutes ses formes, se traduit dans ce quatrième roman de Robert Alexis par un questionnement sur la nature de la folie. L’aliéné est-il, dans son essence, différent de l’être humain normal ? Une "erreur" de la nature (comme le pensent certains)? Ou bien nous tend-il le miroir de ce que tout être humain, placé dans certaines conditions, peut être amené à faire d’apparemment monstrueux, et ce avec plaisir? Qu’est-ce qui sépare l’être en apparence le plus innocent du monstre lubrique livré aux excès de la luxure? Pour mettre en scène cette interrogation moderne, le XVIIIe siècle s’impose comme le cadre le plus efficace. Il faut dire que l’écriture d’Alexis se déploie et s’épanouit avec bonheur dans ce contexte historique revisité. S’ensuit un roman troublant, heureusement subversif, confrontant l’ordre social à son hypocrisie, et dont la chute morale est d’une ironie parfaite. José Corti, coll. "Rien de commun", août 2008, 224 p., 16 €, ISBN : 978-2-7143-0979-2
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| 3 décembre 2008 | |  | |
L’apprenti,
de Samuel Collardey (documentaire)
Mathieu, 15 ans, élève dans un lycée agricole, est apprenti en alternance dans la ferme de Paul, une petite exploitation laitière des plateaux du haut Doubs. Outre l’apprentissage des méthodes de travail de Paul, Mathieu doit s’intégrer à la vie de la famille, prendre ses marques, trouver sa place. Autour des gestes du travail, des liens se tissent avec Paul. Il apprend à son contact ce qui ne s’apprend pas dans une salle de classe. Car c'est aussi un père absent que Paul remplace…
L'une des particularités de L'Apprenti, c'est de remettre en cause la frontière entre documentaire et fiction. "Ce n'est pas un but, ni une intention, c'est intuitif, c'est ma façon de filmer", précise le cinéaste.
Avec : Paul Barbier, Mathieu Bulle
L'Apprenti a remporté le Prix de la Semaine de la Critique à la Mostra de Venise en 2008. Sortie nationale : 3 décembre
Samuel Collardey dans le catalogue du Ministère des affaires étrangères : Du soleil en hiver (coffret DVD Voyages en courts).
En savoir plus www.unifrance.org/film/28129/l-apprenti
| 3 décembre 2008 | |  | |
Lola Montès,
de Max Ophüls (1955) – version restaurée
Réduite à la déchéance, c'est sous le chapiteau d'un cirque gigantesque que Lola Montès est contrainte de donner en représentation sa fabuleuse destinée. Ravalée au rang d'objet monstrueusement luxueux, celle qui scandalisa l'Europe du XIXe siècle et qui confondit par plaisir l'amour et la guerre devait ainsi connaître l'humiliation au centre d'une piste de cirque, après avoir brillé au centre des cercles enivrants du pouvoir et de l'argent.
Le dernier film de Max Ophüls, Lola Montès, sorti en décembre 1955, compte parmi les films maudits de l'histoire du cinéma, charcuté, mutilé et remonté contre la volonté de son réalisateur. Inspiré de la vie scandaleuse de la comtesse de Landsfeld, Lola Montès fut un échec retentissant à sa sortie. Mort le 25 mars 1957, Ophüls ne put participer aux efforts pour redonner à son film son sens initial. Cette version est la plus proche possible du film qu'avait voulu Ophüls. Elle est le fruit de la collaboration entre la Cinémathèque française et les Films du Jeudi - la société de Pierre Braunberger, qui avait racheté le film en 1966.
Avec : Martine Carol, Peter Ustinov, Anton Walbrook, Lise Delamare, Henri Guisol
Sortie nationale : 3 décembre
Max Ophüls dans le catalogue du Ministère des affaires étrangères : Madame de, Le plaisir (35 mm)
En savoir plus www.unifrance.org/film/1979/lola-montes
| 3 décembre 2008 | |  | |
Sur ta joue ennemie,
de Jean-Xavier de Lestrade
Julien a le regard fixe de ces gens dont l’existence s’est un jour brisée. Aujourd’hui, les portes de prison se referment sur ses treize années de détention. Julien a 28 ans. Il est libre. En apparence, car la société n’est pas prête à lui accorder si facilement une seconde chance. Mais l’adversaire, le vrai, est ailleurs. Dans sa tête et dans l’image d’une jeune femme qui l’obsède.
Sur ta joue ennemie est le premier long métrage de fiction du réalisateur Jean-Xavier de Lestrade. Le réalisateur s'est inspiré pour son film d'un fait divers qui s'est déroulé en Normandie en octobre 2004 : un jeune garçon de 14 ans a tué ses deux parents, son frère et tiré sur sa soeur qui a survécu au drame.
Avec : Robinson Stévenin, Fanny Valette, Patrick Descamps
Sortie nationale : 3 décembre
En savoir plus www.unifrance.org/film/28471/sur-ta-joue-ennemie
| 3 décembre 2008 | |  | |
Je veux voir,
de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
Juillet 2006. Une guerre éclate au Liban. Une nouvelle guerre mais pas une de plus, une guerre qui vient briser les espoirs de paix et l'élan de notre génération. Nous ne savons plus quoi écrire, quelles histoires raconter, quelles images montrer. Nous nous demandons : "Que peut le cinéma ?". "Cette question, nous décidons de la poser vraiment. Nous partons à Beyrouth avec une "icône", une comédienne qui représente pour nous le cinéma, Catherine Deneuve. Elle va rencontrer notre acteur fétiche, Rabih Mroué. Ensemble, ils parcourent les régions touchées par le conflit. À travers leur présence, leur rencontre, nous espérons retrouver une beauté que nos yeux ne parviennent plus À voir. Une aventure imprévisible, inattendue commence alors..."
Avec : Catherine Deneuve, Rabih Mroué Sortie nationale : 3 décembre
En savoir plus www.unifrance.org/film/29498/je-veux-voir
| 2 décembre 2008 | |  | |
Description de l’omme,
de Jacques Rebotier
"Description de l'omme est une encyclopédie médiévale écrite au vingt-deuxième siècle par un papillon, ou une grenouille. Anatomie, sang, passions, parole, organisation sociale, religion, moyens de production et de reproduction, sexe(s), monnaie, arts, hunivers, tout y passe, et en revue. Tout est tenu dans le désordre lacunaire du monde. Tout s'explique: il y a des boules, et il y a des trous." Voilà comment Jacques Rebotier, artiste aux multiples talents, présente son dernier ouvrage. Il en tire également matière à spectacles, parcours, installations, théâtre de rue, embarquant marionnettes et robots… À retrouver au théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis, du 19 novembre au 7 décembre 2008. Verticales, novembre 2008, 363 p., 25 €, ISBN : 978-2-07-012302-5. Théâtre Gérard-Philippe, 59 boulevard Jules Guesde, 93200 Saint-Denis, renseignements : 01 48 13 70 00
| 1er décembre 2008 | |  | |
Rencontres Internationales Paris-Berlin-Madrid "Nouveau cinéma et art contemporain" du 28 nov au 7 déc
Initiées en 1997, les Rencontres s’agrandissent (avant franco-allemand, l’axe Madrid existe depuis 2007) et se qualifient chaque année. Confinées alors à quelques salles, elles s’étendent aujourd’hui de la Grande Halle de la Villette au Jeu de Paume, de Beaubourg à la Maison Européenne de la Photographie, de l'École des Beaux Arts de Paris au cinéma l’Entrepôt, pour une programmation toujours plus à la pointe de la création audiovisuelle contemporaine. Vidéo, installation, cinéma, les disciplines artistiques de l’image en mouvement sont ici dignement représentées. Pas moins de 200 œuvres, des cartes blanches, des performances, parfois même des avant-premières, un programme unique, un "espace de réflexion" entre nouveau cinéma et art contemporain, à ne pas manquer.
En savoir plus http://www.art-action.org
| 30 novembre 2008 | |  | |
Terre sans maître,
de Yann Appery
Yann Appery écrit ici un récit métaphysique d’un genre très particulier. Le parcours picaresque de son héros est constellé de symboles, de gestes emblématiques et d’épisodes chargés d’énigmes possédant un caractère parfois initiatique. Ilya Moss, dont on ne sait quasiment rien, est un beau jour saisi par la nécessité impérieuse de gravir une colline escarpée dans l’espoir de parvenir jusqu’à un mur sur lequel il se raconte énormément de choses et qui paraît posséder une valeur de nature surnaturelle, sinon mystique. L’entreprise ne semble pas surhumaine. Mais les rencontres se succèdent, périlleuses, déconcertantes… Le héros va mener une existence mouvementée et onirique dans un univers où le temps et l’espace sont déformés, corrompus, dangereux. Il connaîtra des expériences éprouvantes et se sortira de manière miraculeuse de toutes sortes de mauvais pas.
On ignore s’il s’est vraiment réalisé intérieurement au cours de ce voyage. Mais le livre reste l’histoire de la mise à l’épreuve du corps et de l’esprit.
Grasset, septembre 2008, 234 p., 16,50 €, ISBN : 978-2-246-65861-0
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| 28 novembre 2008 | |  | |
Le Silence de Mahomet,
de Salim Bachi
Avec Le Silence de Mahomet, son quatrième ouvrage, Salim Bachi prend de la hauteur en revisitant la vie du prophète Mahomet et choisit de cerner sa personnalité à travers le regard de quatre proches du prophète : Khadidja, sa première épouse, Abou Bakr, le calife, Khalid, le général qui conquit l’Irak et Aïcha, sa plus jeune épouse. Pour écrire son roman, il s’est appuyé sur une documentation solide, notamment les biographies du prophète, ainsi que L’Histoire des prophètes et des rois de Tabari. Par ailleurs, il a médité Loin de Médine, où Assia Djebar éclaire la relation de Mahomet aux femmes. Il a surtout été accompagné dans son écriture par Al-Sîra, le prophète de l’Islam raconté par ses compagnons de Mahmoud Hussein (pseudonyme de deux chercheurs égyptiens auxquels il rend chaleureusement hommage à la fin de l’ouvrage). Écrit dans une langue sobre, Le Silence de Mahomet apporte une critique oblique du fondamentalisme.
Gallimard, coll. "Blanche", septembre 2008, 352 p., 20 €, ISBN : 978-2-07-078483-7
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| 27 novembre 2008 | |  | |
Les Bains de Kiraly,
Jean Mattern
Parce qu’il n’a pu parler ni à son ami qu’il a trahi ni à sa femme qu’il a abandonnée, Gabriel écrit. Le cahier sur lequel il couche son histoire ne leur est pas destiné, mais l’aide à prendre conscience de son impuissance à s’affranchir du passé. Depuis la mort de sa sœur quand il était encore enfant, Gabriel a toujours cherché à se protéger derrière les mots. Traducteur, il se cache derrière ceux des autres. Mais cette fois, c’est sa douleur qu’il cherche à traduire et surtout à exorciser. Pour y parvenir, il quitte Londres pour Budapest: là, ses souvenirs reviennent à la surface et les voiles qu’il avait jetés sur certains épisodes de son enfance et de sa vie se déchirent. Dès lors, tout, comme ce chant qu’il entend depuis le seuil d’une synagogue, prend un nouveau sens pour lui et l’aide à sortir de sa torpeur.
Jean Mattern a choisi des mots simples et un ton sensible et dépouillé pour un premier roman qui se présente comme une belle promesse.
Sabine Wespieser, août 2008, 133 p., 17 €, ISBN : 978-2-84805-066-9.
En savoir plus http://www.swediteur.com/
| 26 novembre 2008 | |  | |
Le plaisir de chanter,
de Ilan Duran Cohen
Agents des services secrets, Muriel et Philippe forment un improbable duo amoureux. Dans leur nouvelle mission, ils sont chargés de mettre la main sur une clé usb cachée par Constance, la veuve d’un trafiquant d’uranium fraîchement assassiné. Cette étrange ingénue conduira le duo dans un cours de chant lyrique devenu un véritable nid d’espions.
À l'origine, Ilan Duran Cohen souhaitait faire un film musical intitulé Happy Meal. Les premières versions du scénario se déroulaient dans le milieu de la variété. "Mais j'ai préféré le lyrique, qui donnait au film une dimension beaucoup plus... lyrique et filmique, moins terre-à-terre, plus éloignée de la télé, confie le réalisateur. Le chant aussi parce que je suis quelqu'un à qui on a toujours dit qu'il chantait faux (…)". Avec : Marina Foïs, Nathalie Richard, Lorant Deutsch, Jeanne Balibar, Julien Baumgartner
Sortie nationale : 26 novembre
En savoir plus www.unifrance.org/film/28623/le-plaisir-de-chanter
| 26 novembre 2008 | |  | |
Aide-toi, Le Ciel t’aidera,
de François Dupeyron
Sonia, jolie black, mariée, quatre enfants, est aide familiale dans sa cité. Le jour où elle marie sa fille, le ciel lui tombe sur la tête. Robert, son voisin de palier octogénaire, est son seul recours. Plus blanc que lui, difficile de trouver. Plus serviable non plus, d'ailleurs… Mais dans la vie rien n'est gratuit. Sauf le hasard, si on sait en profiter.
François Dupeyron explique son idée de départ : "Je tombe par hasard sur Quatre mariages et un enterrement. Je suis séduit par la gaieté qui s'en dégage, j'ai envie de légèreté. Là naît la première idée: une scène de mariage, durant laquelle une femme pleure, et on croit qu'elle pleure de joie, mais c'est le contraire." Pour François Dupeyron, les banlieues, "ce sont des zones où on va quand on fait de la fiction pas seulement parce qu'elles sont à problèmes, mais parce qu'elles sont indéfinies, riches de non-dits, et d'une jeunesse qui ne se reconnaît pas ailleurs." Avec : Félicité Wouassi, Claude Rich, Mata Gabin,
Sortie nationale : 26 novembre
En savoir plus www.unifrance.org/film/28467/aide-toi-le-ciel-t-aidera
| 26 novembre 2008 | |  | |
Johnny Mad Dog,
de Jean-Stéphane Sauvaire
Afrique, de nos jours. Johnny, quinze ans, enfant-soldat armé jusqu’aux dents, est habité par le "chien méchant" qu’il veut devenir. Avec son commando, No Good Advice, Small Devil et Young Major, il vole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Des adolescents abreuvés d’imageries hollywoodiennes et d’information travestie qui jouent à la guerre... Laokolé, treize ans, poussant son père infirme dans une brouette, tâchant de s’inventer l’avenir que sa scolarité brillante lui promettait, s’efforce de fuir sa ville livrée aux milices d’enfants soldats, avec son petit frère Fofo, huit ans. Tandis que Johnny avance, Laokolé fuit...
Les enfants qui peuplent le casting de Johnny Mad Dog ne savaient pas lire. Il a donc fallu que Jean-Stéphane Sauvaire les laisse faire des improvisations pour les scènes, au moins au début. Le cinéaste leur expliquait la séquence, et leur demandait d'improviser pendant qu'il les filmait. Il raconte : "C'était une façon aussi de s'habituer à la caméra et d'être dans un système de jeu : s'amuser avec ça. Ils improvisaient et se voyaient ensuite dans la télé, comprenaient qu'il ne fallait pas regarder la caméra, ne pas parler tous en même temps, bref comprendre comment se fait un film." Avec : Christopher Minie, Daisy Victoria Vandy, Dagbeh Tweh
Sélectionné au festival de Cannes 2008 dans la section "Un certain regard" - a obtenu le "prix de l’espoir" Sortie nationale : 26 novembre
En savoir plus www.johnnymaddog-lefilm.com www.unifrance.org/film/28529/johnny-mad-dog
| 25 novembre 2008 | |  | |
Cultures Sud, revue trimestrielle des littératures d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Indien
n° 171 : Tchicaya passion
Disparu prématurément en 1988 à l’âge de 57 ans, l’écrivain congolais Tchicaya U Tam’si a laissé une œuvre à la fois poétique, dramaturgique et romanesque d’une singulière modernité, placée sous le signe de la rupture et de la révolte. Produite entre les écrits des "pères fondateurs" (Senghor, Césaire, Damas) et ceux de son "fils" littéraire et compatriote Sony Labou Tansi, cette œuvre est passée à côté de la critique, en témoigne la pénurie d’ouvrages d’analyse sur l’auteur. Vingt ans après sa mort, Cultures Sud revisite et réaffirme la "modernité voyoue" du poète. Avec la complicité d’universitaires, spécialistes, écrivains, famille et amis, ce numéro invite à méditer sur la création et les combats politiques de Tchicaya U Tam’si, sur sa postérité littéraire, sur cette personnalité hors du commun, un être écorché mais généreux, bricoleur le jour, écrivain la nuit. Puisse cette initiative susciter l’envie d’éditeurs qui découvriraient le Congo intérieur, historique et mythique tel que raconté au travers de la tétralogie romanesque parue dans les années 1980, aujourd’hui épuisée.
Cultures Sud n° 171, novembre 2008, 160 p., ill. coul., 12,50 €, ISBN : 978-2-917195-05-5. Numéro coordonné par Daniel Delas et Boniface Mongo Mboussa. Diffusion La Documentation française
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| 25 novembre 2008 | |  | |
Les Aventuriers de la culture
Guide de la diversité culturelle – 100 parcours exemplaires
La diversité culturelle est bien plus qu’un discours : elle est vitale. Pourtant, les menaces qui pèsent sur elle sont nombreuses: mondialisation mal maîtrisée, concentration, industrialisation et marchandisation de la culture… À ces phénomènes, des créateurs d’entreprise et entrepreneurs culturels opposent leur créativité, font de la résistance, assument des risques artistiques et financiers, traçant ainsi la voie d’une autre évolution possible.
Ce guide présente les parcours exemplaires de ces "aventuriers de la culture" qui, à travers le monde, mettent en place les outils de la diversité culturelle et œuvrent pour maintenir et animer cette pluralité de la création, de la production, de la diffusion et de la distribution de toutes les formes artistiques. Une analyse de la convention de l’Unesco sur la diversité culturelle par Françoise Benhamou, des textes majeurs de grandes figures culturelles internationales, ainsi que des éclairages sur des disciplines artistiques ou des enjeux spécifiques proposés par des spécialistes et chercheurs accompagnent ces portraits. Coédition Culturesfrance/Naïve/Partage des cultures, octobre 2008, 272 p., ill. n. & b., 25 €, ISBN Naïve : 978-2-35021-154-1 ; ISBN Culturesfrance : 978-2-35476-045-8. Diffusion Actes Sud. En librairie depuis le 22 octobre 2008.
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| 24 novembre 2008 | |  | |
Concerts de sons dans la ville
Partir à la redécouverte sensorielle de la ville, c’est ce que nous propose le collectif polymorphe grenoblois "Ici-même", déjà expert en performance sonore. Sous forme de promenade urbaine à laquelle on vous recommande de venir chaudement vêtus, vous vous laissez guider, les yeux fermés, par un des membres qui constitue le collectif lors d’une expérience unique de 2h. Un rendez-vous incongru vous est fixé quelque part, point de départ de cette déambulation aveugle, qui a pour objectif de mieux vous faire sentir la ville à travers un concert de sons naturellement propres à la cité encombrée et bruyante. Mais on parle alors plus ici de réappropriation des espaces, généralement agressifs, comme d’une redécouverte sensible d’un paysage. Quelques formules: des propositions d'artistes à écouter, à voir... Des formes qui entrent en résonance avec des lieux, qui prennent corps au théâtre ou dans la ville, dans une librairie, un garage ou un jardin d'enfants... Des architectes, artistes, habitants qui nous invitent à la marche, au déplacement dans la ville... De la promenade à l'expédition, il est question d'inquiéter nos usages de l'urbain, de décaler notre regard sur la ville... En prenant le temps, avec de bonnes chaussures... En savoir plus http://www.icimeme.org
| 24 novembre 2008 | |  | |
Fashion Game Book
Florence Muller, historienne de l’art et expert-consultant en mode historique et contemporaine, sort ce mois-ci un ouvrage intitulé Fashion Game Book aux éditions Assouline. Ce panorama de la mode du XXe siècle balaie les plus importants courants et les tendances du monde entier depuis presque 100 ans, fait le portrait des plus majestueuses maisons de couture françaises et internationales, explique certains phénomènes culturels, pointe du doigt les incontournables marques de luxe, résume la saga des icônes de la mode et des grands couturiers… Anecdotes, devinettes, jeux et quizz ponctuant le texte donnent au style général beaucoup de légèreté et un plaisir gourmand de lecture. Bref un condensé de tout ce qu’il est en effet devenu indispensable aujourd’hui de connaître pour tenir un discours impeccable en société. En annexe, une riche bibliographie et un répertoire plus qu’utile sur les Écoles de mode.
En savoir plus Le blog de Florence Muller : www.fashion-eye.net
| 24 novembre 2008 | |  | |
Marie NDiaye,
de Dominique Rabaté
Dans ce premier livre consacré à l’analyse de la dynamique essentielle de l’œuvre de Marie NDiaye, Dominique Rabaté retrace, dans un parcours en quatre temps (l’étrangeté, la famille, le théâtre, les pouvoirs et limites de la parole), l’extraordinaire force d’émotion d’une écriture qui sait aller au plus loin dans l’écoute de la douleur d’être. Depuis plus de vingt ans, Marie NDiaye bâtit une œuvre à la fois puissamment originale et cohérente; son univers romanesque frappe et séduit par l’étrangeté des rapports familiaux; il y règne le sentiment d’un décalage irréductible entre le monde et les héros de ses récits et de ses écrits théâtraux. Cette analyse se prolonge dans le CD qui accompagne l’ouvrage et comporte deux entretiens accordés en 2001 et 2005 par Marie NDiaye à Paula Jacques pour l’émission "Cosmopolitaine" (France Inter).
La collection "Auteurs" présente des figures majeures de la pensée et des littératures françaises contemporaines (écrivains, penseurs, philosophes). Destinés à un large public, les ouvrages se composent d’un essai sur l’œuvre, d’une anthologie, d’une biobibliographie actualisée, d’un cahier iconographique et d’un cd audio d’enregistrements des archives de l’Ina (Institut national de l’audiovisuel).
Coédition Culturesfrance/Textuel/Ina, septembre 2008, 120 p., ill. n. & b. et coul., + 1 cd audio, 19 €, ISBN Textuel: 978-2-84597-300-8; ISBN Culturesfrance: 978-2-35476-013-7. Diffusion Volumen. En librairie depuis le 1er septembre 2008.
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| 24 novembre 2008 | |  | |
Patrick Modiano,
de Nadia Buteaud
L’œuvre de Modiano est un canevas dont les fils sont des éléments voués à éternellement revenir. De livre en livre, on retrouve l’idée de fugue, celle de trace, les listes de noms et les vieux bottins, les identités multiples, les flacons d’éther, les aquariums, les halls d’hôtels, Paris et les zones neutres… En partant en quête des échos qui traversent ces romans, Nadia Butaud cherche à en dégager les lignes de force, les harmonies majeures, et dans cette recomposition de la fresque qui mène de La Place de l’Étoile au Café de la jeunesse perdue, ce sont les thèmes du temps, du lieu et de l’identité qui s’imposent. Un formidable document sonore accompagne l’ouvrage "Radioscopie" de Jacques Chancel avec Patrick Modiano en 1972. L’auteur n’a alors que 25 ans! La collection "Auteurs" présente des figures majeures de la pensée et des littératures françaises contemporaines (écrivains, penseurs, philosophes). Destinés à un large public, les ouvrages se composent d’un essai sur l’œuvre, d’une anthologie, d’une biobibliographie actualisée, d’un cahier iconographique et d’un cd audio d’enregistrements des archives de l’Ina, (Institut national de l’audiovisuel).
Coédition Culturesfrance/Textuel/Ina, septembre 2008, 148 p., ill. n. & b. et coul., + 1 cd audio, 19 €, ISBN Textuel : 978-2-84597-299-5; ISBN Culturesfrance: 978-2-35476-006-9. Diffusion Volumen. En librairie depuis le 1er septembre 2008
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| 23 novembre 2008 | |  | |
C’était notre terre,
de Mathieu Belezi
En transposant la guerre d’Algérie dans une fiction narrative, Mathieur Belezi réussit un coup de maître et signe une saga familiale âpre et tragique, dans un pays embourbé dans une guerre d’indépendance. Les voix de la famille Saint-André, dynastie de colons, se répondent, se souviennent de cette terre qui fut la leur et prennent chacun à leur mesure le drame de cette occupation terrienne dont elle est le symbole. Le ressentiment fait son œuvre, la rébellion s’organise, et une guérilla sournoise met le pays à feu et à sang, opposant Maghrébins et Européens. À cet antagonisme s’ajoute la vindicte des fellaghas et des ennemis de l’indépendance qui opposent indifféremment les Algériens aux Algériens et les Français aux Français.
Au déchirement de tout un pays font écho, à l’échelle intime, l’éclatement familial, le déracinement des individus et la douleur de l’exil. C’est en brossant des destinées personnelles, les avanies et les drames des uns et des autres, que Mathieu Belezi nous introduit dans la fable pleine et bruit et de fureur de l’Histoire.
Albin Michel, coll. « Romans français », août 2008, 474 p., 22 €, ISBN : 978-2-226-18669-0
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| 21 novembre 2008 | |  | |
Les "Interludes" de Jérôme Joy
Dans le cadre de la Biennale Art Grandeur Nature qui se tient à Saint Denis jusque fin novembre, l’artiste Jérome Joy, à l’origine compositeur, présente au centre d’art Synesthésie une installation vidéo intitulée "Interludes 2008". Conçue comme une succession de films en direct, produits de webcams disposées dans le monde entier, les images sont accompagnées de mixages sonores streamés eux aussi en direct. Le résultat invente un nouveau cinéma, aux récits à chaque seconde différents, une partition éphémère, laissant l’interaction son/image bâtir un scénario improbable. Un grand voyage dans des paysages instantanés, des ambiances, à l’écoute du monde en train de se vivre. En savoir plus www.synesthesie.com
| 20 novembre 2008 | |  | |
Ma solitude s’appelle Brando,
d'Arno Bertina
Arno Bertina a eu un grand-oncle dont la vie bourgeoise a tous les aspects de l’honnêteté, de l’obéissance à un milieu, mais qui porte en elle un don d’insaisissabilité, d’effacement, de vie parallèle en quelque sorte. Comment être dans un milieu et ne pas y être : telle fut la vie de cet ancêtre, tout au long du XXe siècle, un doux zig zag, allègre et parfois surprenant. Mais ce n’est pas l’histoire d’un membre de sa famille qu’Arno Bertina essaie ici de circonscrire. Pas de gros pavés, ni même de romans. Bertina est tout dans une phrase à la fois limpide et travaillée, spontanée et pleine de ramifications souterraines, de précisions. Il s’agit de trouver un rythme, de garder en soi quelque chose d’autodidacte qui traverse l’écriture : un parfum d’expérience qui donne aux mots une légère violence, mais en n’oubliant pas le lecteur, auquel l’auteur cherche à faire partager ici une présence et une disparition à la fois.
Verticales, coll. « Phase Deux Verticales », octobre 2008, 92 p., 12,50 €, ISBN : 978-2-07-012278-3
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| 20 novembre 2008 | |  | |
Anne Paceo Triphase
Initiée à la musique dès son plus jeune âge, le destin d’Anne Pacéo croisera celui de la batterie et du Jazz alors qu’elle n’a que 9 ans. Aujourd’hui, (un peu) plus âgée, celle-ci collectionne trophées et prix depuis plusieurs années. Notons par exemple pour les plus récents, le prix tremplin groupe au Festival de Jazz de Saint-Germain des Prés, le premier prix soliste au tremplin du Sunside, le premier prix groupe pour ce même festival. Elle sera notamment aux Django d’Or en 2008 dans la catégorie Jeune talent Scène. A seulement 24 ans, Anne Pacéo a déjà joué avec les plus grands noms de la scène Jazz, citons par exemple, Marc Escoudé, Laurent De Wilde, Marcel Azzola, Géraldine Laurent, pour ne parler que d’eux. Accompagnée du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste John Eche-Puig, Anne Pacéo nous livre son premier album Anne Pacéo Triphase en 2008 (La Borie / Naïve). Triphase, pour mieux souligner la complémentarité des trois musiciens, renforcer la complémentarité du trio où chacun y apporte son expérience, son vécu, ses influences. Ainsi cet album, où règne un jazz stimulant, rafraîchissant et marqué par la modernité nous plonge dans un univers de quiétude musicale. Même si pour certains, sa musique fait parfois preuve de trop grande retenue, nous préférons y voir peut-être un pêché de jeunesse...
Vous pourrez retrouver Anne Pacéo Triphase le 7 Novembre au Moods de Zurich dans le cadre du premier festival "JAZZ PRIMEUR", le 15 au festival Jazz au fil de l’Oise et le 20 Novembre à la cérémonie des Django D’or.
Contact Scène : 3 à personnes en tournée François PEYRATOUT www.nemomusic.com Nemo - 63 rue Daguerre - 75014 PARIS Tel: 33 (0) 145 450 500 En savoir plus www.annepaceo.com www.myspace.com/annepaceo
| 19 novembre 2008 | |  | |
Bienvenue à Bataville, de François Caillat
En Lorraine, dans un coin perdu de la Moselle, Tomas Bata, l’homme qui voulait chausser l’humanité entière, décide en 1932 de bâtir à la fois une usine à chaussures et une cité ouvrière modèle. Ce sera Bataville.
Fable sur le bonheur obligatoire, le film met en scène l’histoire édifiante de cette utopie patronale et nous fait revisiter l’aventure effrayante et joyeuse du paternalisme.
François Caillat nous explique ce qu'il voulait montrer par ce documentaire: "Dans Bienvenue à Bataville, j'ai voulu raconter l'histoire d'une bulle: un monde parfait, un système idéal, une utopie patronale dont l'âge d'or nous replonge dans les années 1950/60 (…)".
Sortie nationale : 19 novembre
François Caillat dans le catalogue du ministère des Affaires étrangères : L'affaire Valérie - DVD multilingue; Julia Kristeva - DVD multilingue; La quatrième génération - vidéo; Trois soldats allemands - vidéo.
En savoir plus www.unifrance.org/film/27053/bienvenue-a-bataville www.bievenue-a-bataville.com
| 17 novembre 2008 | |  | |
Les particules de mon mari sont authentiques,
de Véronique Beucler
Clara est conseillère commerciale auprès d’Hubert d’Olmetto des Imbroglios, ambassadeur de France fraîchement nommé dans une petite république des Caraïbes. Elle lui adresse un jour par mégarde une copie d’un courriel dans lequel elle tourne le diplomate en dérision… Elle va tenter de récupérer son message, multipliant les mésaventures, tandis qu’à l’ambassade, on s’active fébrilement à la préparation des célébrations du 14 juillet. Véronique Beucler parvient ici à broder de façon très enlevée un divertissement tropical des plus irrésistibles. On sent que cette agrégée de lettres, qui a enseigné à l’étranger dans les lycées français, connaît bien le milieu de la diplomatie : les descriptions sonnent tellement juste ! La mise en scène du couple d’Olmetto des Imbroglios reste le clou de ce spectacle où la comédie humaine défile dans ce qu’elle a de plus comique ; de plus touchant aussi, à travers une délicate histoire d’amour, tissée en contrepoint, aussi inattendue que bienvenue.
Albin Michel, coll. « Romans français », août 2008, 312 p., 19,50 €, ISBN : 978-2-226-18840-3
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| 14 novembre 2008 | |  | |
Mohamed Bourouissa, un regard incisif sur la banlieue
La galerie Les filles du calvaire à Paris présente, dans le cadre du Mois de la Photo, la première exposition personnelle de Mohamed Bourouissa, "Périphéries". Cette exposition a été réalisée en coproduction avec la Galerie Municipale du Château d’Eau à Toulouse, avec le soutien du Centre national des arts plastiques.
Mohamed Bourouissa est un jeune photographe, diplômé de l’École des Arts Décoratifs, qui a une façon toute personnelle de poser son regard sur les banlieues autour de Paris. La Courneuve, Argenteuil ou Pantin deviennent l'espace de mises en scène qui ne doivent rien au hasard. Mohamed Bourouissa effectue un long travail d'approche avant chaque prise de vue, à partir de croquis, de repérages, de dialogues avec ses modèles, des jeunes des quartiers rencontrés au fil de ses déambulations. Loin du reportage, il les met en place ensuite dans un espace public dans lequel ses modèles jouent un rôle précis, pour un faux instantané où la moindre pose est minutieusement et préalablement calculée et rejouée. Il s'en dégage une tension et une intensité humaine rare dans ce point infime qu'il réussit à capter, ce moment de brisure où tout peut basculer, qui est offert à l'imaginaire du spectateur. Ces photographies sont à recommander à des commissaires pour des rencontres photographiques à l'étranger.
Galerie Les filles du calvaire 17, rue des Filles-du-calvaire - 75003 Paris du 30-10-2008 au 22-11-2008
En savoir plus http://www.fillesducalvaire.com/
| 14 novembre 2008 | |  | |
Valérie Belin, Paris - Lausanne
À l’occasion de son exposition à la Galerie Jérôme de Noirmont, Valérie Belin dévoile trois nouvelles séries de photographies en noir et blanc qui marquent un réel tournant dans sa démarche.
Au moment même où plusieurs musées européens lui consacrent une grande rétrospective, cette exposition donne l’ampleur de l’évolution de l’artiste dans sa démarche et témoigne de sa nouvelle liberté dans le traitement du sujet. Dans la série "Danseuses du Lido", c’est une seule et même fille qui change de costume à chaque image tout en gardant une posture identique et une même expression du visage. En figurant sur ces portraits avec le même professionnalisme que sur scène, cette danseuse "fait" image et montre l’évolution du sujet comme motif "a priori" dans le travail de Valérie Belin.
La série des "Magiciens" renvoie aussi au monde du spectacle et aux caractères illusoires et dramatiques des personnages, comme au cinéma. Toujours en noir et blanc, elle figure 5 personnages différents, en train de battre des cartes… Pour tenter de saisir l’illusion qui n’est pas photographiable intrinsèquement, Valérie Belin introduit le mouvement dans l’image. C’est ce mouvement qui va donner son sens illusoire à l’image.
La dernière série en date, celle "des bouquets", révèle bien plus encore cette sorte de réalisme magique qui caractérise les nouveaux travaux de l’artiste. Il se dégage de cette série de photographies une esthétique qui fait penser à celle du rêve par sa structure diffuse, dynamique, presque en apesanteur. Ces 5 assemblages de fleurs, tout en gardant leur harmonie naturelle, semblent avoir subi une irradiation qui les ramène à l’immatérialité de l’image négative. Cette mutation de la chair des fleurs en motifs quasi monochromes est accentuée par la technique d’impression des images (encres sur papier), choisie pour son manque de définition et ses aberrations.
Parallèlement, l’exposition "Valérie Belin, rétrospective 2007-2008" est présentée au Musée de l’Élysée à Lausanne après avoir été montrée à la Maison Européenne de la Photographie, à Paris, en 2008 et à Huis Marseille à Amsterdam en 2007. Publication aux éditions Steidl - préface de Régis Durand.
Musée de l’Élysée, Lausanne, Suisse 7 novembre 2008 – 18 janvier 2009
Galerie Jérôme de Noirmont 7 novembre 2008 – 8 janvier 2009
En savoir plus www.elysee.ch www.denoirmont.com
| 14 novembre 2008 | |  | |
"Sathal Créatures"
La créatrice marseillaise Fred Sathal est un phénomène dans le domaine de la mode, peu adepte généralement des électrons libres. Entre styliste, artiste plasticienne et performeuse, elle se définit elle-même comme "protéiforme"... C’est entre autre pour révéler la richesse de ses créations, la fantaisie de son univers, la multiplicité de ses regards ou l’envie qui la tient toujours d’aller plus loin, que sa ville natale, au nom du Musée de la Mode et du FRAC PACA (Fond Régional d’Art Contemporain de Provence Alpes Côtés d’Azur), réfléchit pour le printemps 2009 à une rétrospective "active" de 20 ans de ses créations. Projet à vocation itinérante, l’exposition sera présentée sous une "cabane", coquille scénographique, amenée à s’enrichir à chacune de ses étapes par les influences des lieux d’accueil, pour revenir à Marseille en 2013 alors élue Capitale Européenne de la Culture. Encore à l’étude le projet s’annonce monumental mais modulable et prévoit notamment l’édition d’un catalogue, premier ouvrage monographique sur l’artiste.
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| 12 novembre 2008 | |  | |
Syngue sabour. Pierre de patience,
d'Atiq Rahimi
Syngué sabour est le roman des transformations. La première et la plus évidente est celle dont parle le titre : en persan, syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique qui porte les souffrances humaines. Ici, ce rôle est joué par un afghan alité, les yeux ouverts mais inconscient. Sa femme, auprès de lui, veille et commence à lui parler sans être certaine qu’il puisse l’entendre. Elle met des mots sur ce qu’elle vit, sur la guerre qui tue au-dehors, sur l’oppression sociale et religieuse, elle lui confie ses secrets. Ce magnifique roman vient de recevoir le prix Goncourt. Publié chez P.O.L, il évoque avec une force littéraire rare et particulièrement efficace - rappelons que l'auteur écrit ici pour la première fois en français - la situation actuelle de la femme afghane d'aujourd'hui, symbole de résistance et de liberté dans un pays en deuil. Atiq Rahimi sera l'un des écrivains de langue française invités d'honneur à la Foire internationale du livre de Paraty (juillet 2009), dans le cadre de l'Année de la France au Brésil. Un certain nombre de ses ouvrages ont pu être traduits grâce au Programme d'aides à la publications (PAP) qui a permis depuis 15 ans la publication de 8000 titres dans 74 pays partenaires.
Prix Goncourt 2008
P.O.L., août 2008, 160 p., 15€, ISBN : 978-284682-277-0 En savoir plus http://www.pol-editeur.fr/
| 12 novembre 2008 | |  | |
Le roi de Kahel,
de Tierno Monénembo
Automne 1879, Olivier de Sanderval embarque à bord d’un navire qui le conduira bientôt sur les côtes du Sénégal, puis en Guinée. Nous voici à l’aube de la Conférence de Berlin (1884-1885), au moment où les grandes puissances européennes s’apprêtent à se partager le "gâteau africain" et à délimiter leur zone d’influence. L’histoire conduit Sanderval à multiplier les rencontres, à passer de village en village et à connaître les situations les plus invraisemblables, qui ne sont pas sans rappeler le Candide de Voltaire. Personnage fantasque, perpétuellement plongé dans un imaginaire d’enfant, Sanderval souhaite devenir explorateur, poète et savant et le voici parti à 40 ans briguer la couronne de Kahel. Mais le lecteur n’est pas dupe et comprend rapidement que le roman devient le lieu de la critique de la pensée colonialiste... Tierno Monénembo pose dans son neuvième roman un regard sur l’histoire de l’Afrique, et plus particulièrement de la Guinée et décrit dans une langue claire et pleine d’humour l’esprit conquérant européen. D’origine guinéenne, Tierno Monénembo est l’un des plus importants auteurs de langue française. Soutenu par CulturesFrance et le ministère des Affaires étrangères, il a bénéficié notamment d’une mission Stendhal en 2008 à Cuba. Par ailleurs, l’auteur a coordonné le numéro n°170 de la revue Cultures Sud : "Découvertes: 20 auteurs du Sud". Il vient de recevoir le prix Renaudot.
Prix Renaudot Seuil, avril 2008, 261 p., 19 €, ISBN : 978-2-02-085167-1 En savoir plus http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303333701703/ http://www.editionsduseuil.fr/
| 12 novembre 2008 | |  | |
Stella,
de Sylvie Verheyde
1977. Stella entre en sixième, dans un grand lycée parisien. Stella entre dans le monde… Un nouveau monde, à l’opposé de celui qu’elle connaît. Presque un miracle. Elle, elle vit dans un café, un café d’ouvriers, à la frontière de Paris. Cette rentrée va changer sa vie...
Sylvie Verheyde ne cache pas la dimension autobiographique de son quatrième film. "Comme Stella, j'ai grandi dans un café ouvrier, un monde dur, violent, loin de l'enfance. Comme elle, j'ai été catapultée dans un lycée parisien de renommée et, comme elle, j'ai débarqué, seule, avec mon ballon de football sous le bras…" Avec : Léora Barbara, Karole Rocher, Benjamin Biolay, Guillaume Depardieu, Melissa Rodrigues Sortie nationale : 12 novembre
En savoir plus www.unifrance.org/film/28560/stella
| 12 novembre 2008 | |  | |
Les grandes personnes,
d'Anna Novion
Chaque été pour l'anniversaire de sa fille Jeanne, Albert l'emmène visiter un nouveau pays d'Europe. Pour ses dix-sept ans, il choisit la petite île suédoise de Styrsö, convaincu d'y trouver le trésor perdu d'un Viking légendaire. Mais voilà que la maison louée pour leur séjour est déjà occupée par deux femmes : Annika, la propriétaire des lieux et Christine, une amie française. Les vacances soigneusement organisées par Albert vont alors prendre un tout autre tournant, ce qui est loin de déplaire à Jeanne...
Anna Novion, dont c’est le premier film, a choisi de situer l'action en Suède, un pays qui lui est familier. De mère suédoise, elle y séjourne régulièrement : "Pour mon premier long métrage, j'avais envie de filmer un univers que je connais bien, sans pour autant en avoir tous les codes"...
Avec: Jean-Pierre Daroussin, Anaïs Demoustier, Judith Henry Sortie nationale : 12 novembre
En savoir plus www.unifrance.org/film/28520/les-grandes-personnes www.lesgrandespersonnes-lefilm.com
| 11 novembre 2008 | |  | |
Twist,
de Delphine Bertholon
Madison est un petit bout de sucre qui charme tout le monde à la ronde. À onze ans, elle mène une vie tranquille auprès de ses parents aimants. Mais ce bonheur apparent est aussi fragile que du verre : un matin, en rentrant de l’école, Madison rentre dans la voiture d’un inconnu qui l’enlève. Commence alors une séquestration qui durera plus de cinq ans. « Armée » de cahiers qu’elle cache à son ravisseur, Madison prend la plume… Delphine Bertholon signe un roman ambitieux sur l’enfance. En lisant les cahiers de la Madison, le lecteur se retrouve plongé dans un univers fascinant, à la fois âpre et tendre. Twist n’est pas la novelisation d’un fait divers. Nous découvrons, au contraire, les stratégies déployées par une enfant pour « enchanter » une réalité ceinturée de béton. L’écriture devient son fil d’Ariane, une bouée à laquelle elle se raccroche désespérément.
Par un subtil jeu de miroir, ce récit de séquestration se transforme progressivement en un récit de libération et d’affirmation de soi et Twist devient la métaphore parfaite de l’acte d’écrire… JC Lattès, août 2008, 428 p., 18 €, ISBN : 978-2-7096-2994-2
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| 8 novembre 2008 | |  | |
Faux-père,
de Philippe Vilain
Faux-père met en scène un narrateur confronté à la question du désir ou du non-désir de paternité.Partant d’une situation banale – un jeune couple se connaissant à peine, lui séducteur et détaché, elle amoureuse et annonçant après quelques semaines qu’elle est enceinte –, l’auteur se place du point de vue de l’homme, reconstruit ce début de grossesse, les réactions contradictoires du narrateur, la façon dont il se laisse porter par les événements puis dont il se laisse progressivement gagner par le rêve de son amie… Efficacement mené, le récit fonctionne bien. Après coup toutefois, le ton singulier du texte laisse une impression de décalage. Comme si l’histoire n’était que le masque d’un autre sujet, celui de la maladie de ce narrateur qui abriterait un jeune homme coupé des autres comme de lui-même, aussi perdu pour le monde que cet enfant non désiré, fermé sur lui-même comme cette histoire qui se boucle en enterrant tout le monde.
À revenir alors sur ce titre étrange, on se dit que la mort qui a frappé là n’a sans doute pas tué, finalement, celui qu’on croit.
Grasset, août 2008, 120 p., 11,90 €, ISBN : 978-2-246-71731-7
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| 6 novembre 2008 | |  | |
Hôtel de Lausanne,
de Thierry Dancourt
Daniel Debaecker tombe sous le charme de Christine Stretter. Lui travaille pour le compte d’un riche Bruxellois collectionnant les meubles signés Jean Royère. Elle est tiraillée entre un père retraité, replié sur lui-même, obsédé par les mappemondes, et un futur mari obnubilé par le cinéma, qui lui réserve le premier rôle de son premier film. Tout deux entretiennent une relation à part, clandestine. Daniel se souvient, mais ne dit pas tout. Dans ce premier roman aux accents très modianesques, où les détails l’emportent sur les explications, Thierry Dancourt cultive l’art de l’ellipse. D’où cette atmosphère mystérieuse, cette aura énigmatique qui entoure Christine et son passé apparemment secret. Daniel ira le rechercher jusqu’à cet Hôtel de Lausanne, à Casablanca. Omniprésente, la figure de Christine est indissociable d’une topographie qui, là encore, fait penser à celle de Modiano : une topographie essentiellement parisienne, extrêmement précise, comme pour mieux épingler, ne serait-ce que sur le papier, ce papillon insaisissable que restera éternellement Christine Stretter…
La Table ronde, coll. « Vermillon », août 2008, 176 p., 18 €, ISBN : 978-2-7103-3067-7
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| 6 novembre 2008 | |  | |
Denis Darzacq
Le travail de Denis Darzac s’est développé des plateaux de cinéma (Satyajit Ray, Rivette, Chantal Ackerman), aux vidéo-clips (Rita Mitsouko, Etienne Daho), en passant par le photo-journaliste (Libération) et la communication institutionnelle...
En 1998, Denis Darzacq commence un travail qui aboutira à la constitution de la série "Ensembles". Se postant le plus souvent d’un point de vue en hauteur, il se concentre sur le mouvement des corps dans l’espace urbain, après avoir déterminé un cadre éliminant les indications de lieu et de contexte (signalétique, panneaux, immeubles, affiches).
Les œuvres présentées: Ensembles (1997-2000), Nu (2003), Bobigny centre-ville (2004-2005), La chute (2006), Hyper (2007) et Casques (2007). Ce travail a reçu le prix Altadis 2000 et a été exposé dans plusieurs lieux.
Du 3 octobre au 22 novembre 2008: Le Pavillon Carré de Baudouin 121, rue de Ménilmontant 75020 Paris
Contact : Caroline Collard / VU’ presse
En savoir plus http://www.denis-darzacq.com/actualite.shtml
| 6 novembre 2008 | |  | |
11e prix Picto de la photographie de Mode
À l’occasion des 10 ans de sa création, le Prix Picto de la Jeune Photographie de Mode a occupé pendant 3 jours les lieux majestueux de l’Hôtel de Sauroy dans le Marais à Paris pour présenter aux professionnels (agents d’artistes, photographes, journalistes de mode…) une rétrospective des meilleurs clichés de mode des jeunes lauréats des 10 années passées. Le prix Picto, reconnu par les professionnels de la mode, de la publicité et du luxe, valorisant la photographie de mode comme un art à part entière, propose à un jury de découvrir les books de jeunes postulants. Le gagnant se verra notamment offrir la chance d’une exposition personnelle à Paris.
Cette année, le 11e prix Picto a été décerné à Suzie Q. et Léo Siboni. Nés en 1985 et diplômés de l’École des Gobelins, les gagnants travaillent ensemble depuis 2006 produisant des images fortement influencées par le cinéma et l’art contemporain.
Une rétrospective des lauréats des dix premières années est exposée chez Picto Bastille (53 bis rue de la Roquette, Paris 11e) durant tout le mois de novembre 2008.
En savoir plus http://www.picto.fr
| 6 novembre 2008 | |  | |
"L’ombre de l’enfance", de Malik Nejmi
Exposé aux 6e Rencontres africaines de la photographie de Bamako 2005, année où il reçoit également le Prix Kodak de la critique photographique puis, sélectionné par Raymond Depardon pour exposer aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles en 2006, ce jeune photographe n’a pas fini de nous étonner. C’est en 2007 que l’Académie des Beaux arts fait de Malik Nejmi le premier lauréat de son Prix de Photographie. Son travail entre texte et photographie est d’une touchante humanité qui séduit par la délicatesse et la sensibilité de l’artiste. C’est de retour de Bamako, après ses recherches sur l’identité de l’immigration que la question du handicap de l’enfance en Afrique le hante et qu’il présente son projet intitulé "L’Ombre de l’enfance". Un projet à long terme à travers l'Afrique (Mali, Kenya, Algérie, Madagascar) dont les résultats seront montrés lors de cette exposition à l’Institut de France.
Lauréat du prix de Photographie de l’Académie des Beaux-arts 2007
Exposition du 12 au 23 novembre 2008:
Institut de France 23, quai Conti 75270 Paris cedex 06
L'exposition est constituée d’une centaine de photographies de différents formats. Partenaires : Académie des Beaux-Arts, FIMALAC, CULTURESFRANCE, Contacts : Académie des Beaux-Arts (hvf@academie-des-beaux-arts.fr) ou Malik Nejmi (maliknejmi@yahoo.fr)
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| 6 novembre 2008 | |  | |
Appel à Candidatures pour le Concours de Photographie de Hyères
Le Festival International des Arts de la Mode à Hyères lance son appel international à candidatures pour le concours de Photographie, ouvert à tous les jeunes artistes pratiquant "l’innovation de l’écriture photographique". Festival de renommée internationale, le FIAMH est un événement dans le domaine de la mode et de la photographie qui se déroule tous les ans vers la fin avril dans la somptueuse Villa Noailles à Hyères conçue par l’architecte Mallet Stevens en 1920. Il réunit un large pannel de professionnels de la mode, du monde de l’art et de la presse et organise, autour d’expositions, les concours du meilleur styliste et du meilleur photographe. Fort de ses 23 ans d’existence, le FIAMH est une grande référence pour tout jeune artiste ayant la chance d’y présenter ses œuvres.
En savoir plus http://www.villanoailles-hyeres.com/hyeres2009
| 5 novembre 2008 | |  | |
Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès
Là où les tigres sont chez eux vient de recevoir le prix Médicis. Si l’art du roman consiste à recréer un univers plus vrai que nature à l’image de l’humanité et du monde réel, un univers peuplé de personnages dont les rencontres semblent dictées par le hasard, la nécessité ou par des affinités électives que le destin favorise ou contrecarre, si cet art consiste également à faire voyager le lecteur dans le temps et l’espace pour lui faire aborder des domaines inconnus tout en interrogeant les hommes qui peuplent le monde et en écrivent l’histoire, alors Jean-Marie Blas de Roblès maîtrise cet art à merveille. Au-delà de la prouesse consistant à articuler plusieurs intrigues se déroulant à différentes époques, c’est l’ampleur de vue, servie par une érudition merveilleusement intégrée, qui emporte l’adhésion. Que dix années aient été nécessaires pour écrire ce roman n’impliquait pas qu’il fût réussi. Au vu du résultat aussi foisonnant qu’époustouflant, on peut supposer que le livre en lui-même, avec le plaisir sans mélange que procure sa lecture et les perspectives qu’il suggère, apporte aux questions que se pose son héros une réponse magistrale. Prix Médicis 2008 Zulma, août 2008, 784 p., 24,50 euros, ISBN : 978-2-84304-457-1 En savoir plus www.zulma.fr
| 5 novembre 2008 | |  | |
Pierre Jean Giloux au Japon
C’est au festival d’Art Digital à Tokyo que l’artiste français Pierre-Jean Giloux présente les résultats récents de ses travaux multimédia entamés sur place, suite à plusieurs mois de résidence. Fruits de ses rêves européens, soutenus par une technologie de pointe, ses œuvres mettent en scène des personnages, bien que géants et difformes, qui n’en sont pas moins attendrissants. On vit leurs aventures dans des paysages lunaires, on circule à leur rythme, on partage un instant de rêve. Du grand et beau multimédia. En savoir plus http://www.daf-tokyo.jp
| 5 novembre 2008 | |  | |
Les bureaux de Dieu,
de Claire Simon
Djamila aimerait prendre la pilule parce que maintenant avec son copain c’est devenu sérieux, Nedjma cache ses pilules au-dehors car sa mère fouille dans son sac, Hélène se trouve trop féconde, Clémence a peur, Adeline aurait aimé le garder, Margot aussi. Maria Angela aimerait savoir de qui elle est enceinte, Ana Maria a choisi l’amour et la liberté... Anne, Denise, Marta, Yasmine, Milena sont les conseillères qui reçoivent, écoutent chacune se demander comment la liberté sexuelle est possible. Dans les bureaux de Dieu on rit, on pleure, on est débordé. On y danse, on y fume sur le balcon, on y vient, incognito, dire son histoire ordinaire ou hallucinante. Claire Simon précise ses intentions : "Comment raconter ce que j'ai voulu filmer, ce que j'ai trouvé si beau, chaque fois que j'ai passé du temps dans un centre du Planning familial? Les tragédies les plus modernes et ancestrales se disent, là, à l'ombre des moulures poussiéreuses d'anciens appartements bourgeois, occupés par des femmes libres qui ont choisi de faire un métier qu'elles inventent au fur et à mesure..."
Avec : Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Michel Boujenah, Béatrice Dalle, Anne Alvaro, Marceline Loridan Sortie nationale : 5 novembre
Claire Simon dans le catalogue du ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement) : Ça brûle (2006) 35 mm et DVD, Mimi (2002) 35 mm, Coûte que coûte (1995) 35 mm, Récréations (1992) vidéo
En savoir plus www.lesbureauxdedieu-lefilm.com www.unifrance.org/film/28858/les-bureaux-de-dieu
| 5 novembre 2008 | |  | |
Pleine lune,
d'Emmanuelle Gorgiard, Bruno Collet, Laurent Gorgiard
Un programme de cinq courts métrages d'animation pour un jeune public à partir de 10 ans, avec des techniques différentes: marionnettes animées pour l'Homme aux bras ballants de Laurent Gorgiard, Le Cid d'Emmanuelle Gorgiard., R.I.P de Bruno Collet, ou volume animé pour Le Jour de gloire, Le Dos au mur de Bruno Collet. Sortie nationale : 5 novembre Les courts-métrage d’animation dans le catalogue du ministère des Affaires étrangères : coffret de DVD Résolument animés et Voyages en courts
En savoir plus http://www.folimage.fr/boutique/index.cfm
| 4 novembre 2008 | |  | |
"À la recherche du temps perdu"
Dévouée au texte mythique À la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, l’artiste Véronique Aubouy a filmé des heures et des heures de lecture d’extraits se succédant, tantôt projetés, tantôt installés, tantôt performés en direct. Le projet de l'artiste est en son sein infini et chaque fois présenté sous une forme nouvelle, comme si à chaque évolution de cette aventure, un nouveau regard pouvait la consacrer. C’est au Théâtre de la Villette qu’une nouvelle étape prend forme: via le web, des lecteurs du monde entier, telle une société liée par un objectif commun, étaient invités à se connecter sur internet durant 24h, pour une lecture simultanée. "Mon utopie aujourd’hui est qu’une machine puisse réagencer le temps de la lecture d’un livre", explique l’artiste. Constituant une matrice par pays et par extrait, le projet rassemble, rapproche et crée l’événement, même dans toute la simplicité de son propos. Ce type de projet peut être proposé à des commissaires étrangers intéressés par les nouvelles images et les technologies de la communication.
En savoir plus www.lebaiserdelamatrice.fr
| 4 novembre 2008 | |  | |
Des néons sous la mer,
de Frédéric Ciriez
Ce premier roman appartient sans aucun doute à la catégorie des objets littéraires non-identifiés. Anticipation sociale et politique, il nous transporte dans un monde où la prostitution a été légalisée et où les maisons closes ont pignon sur rue. Mais attention, L’Olaimp est plus qu’un simple bordel : située dans la baie de Paimpol, c’est la seule maison close à avoir pour décor un ancien sous-marin de la Marine nationale destiné à la casse, racheté par douzes prostituées pleines d’allant et d’esprit d’initiative. Des néons sous la mer se présente comme une étude érudite de ce lieu étrange. Le récit se décompose en six parties qui auscultent la réalité économique, sociale, culturelle du sous-marin, véritable héros du livre. L’ouvrage est une satire de mœurs, une farce politique qui fait sourire dès les premières pages tout en faisant réfléchir, l’air de rien. Impossible de ne pas être séduit.
Frédéric Ciriez nous immerge dans un monde irréel que nous pensons pouvoir toucher du doigt, créant ainsi l’illusion littéraire parfaite…
Verticales, coll. « Phase Deux Verticales », août 2008, 304 p., 19 €, ISBN : 978-2-07-012075-8
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| 4 novembre 2008 | |  | |
Samuel Rousseau, exposition monographique à Paris
Les rares présences à Paris de l’artiste Samuel Rousseau sont toujours précieuses. Non que son travail puise dans les matériaux rares (bien au contraire, fruit de récupération et d’installations au moindre coût...), mais bien parce qu’il nous offre toujours une poésie devenue inhabituelle. Avec de vieux pneus, il monte des tables dans lesquels une vidéo fait tourner un trafic infernal, un quartier de bougie s’allume par enchantement sans fin par une projection murale et surtout une exceptionnelle installation: un arbre mort renaît sous les feux d’une vidéo lui redonnant bourgeons, feuilles, puis nids d’oiseaux. Petites réflexions sur notre vie quotidienne, petits moments uniques de beauté simple qui savent si bien nous toucher. Mais aussi discours profond sur l’ "âme" de chaque chose. Ce projet peut prendre place dans des festivals sur les nouvelles images ou être présenté comme installation unique dans des centres d’art. En savoir plus www.galeriepolaris.com
| 4 novembre 2008 | |  | |
"A digital experience"
Le collectif Visual System conçoit des projets artistiques de telle sorte à valoriser la place des médias numériques dans la ville du futur. Depuis peu en résidence à Shanghai pour un mois avec le soutien de la fondation Lagardère, ils vont imaginer sur place un projet destiné à être présenté au festival "eArts" tout le mois de novembre. Cette immersion est un temps de réflexion, d’appréhension et de construction, une création in situ, rassemblant des artistes tout à la fois du numérique en son, image, programmation ou jeu vidéo. "A digital experience" est vécue en direct via un blog montrant les différentes étapes de la création. Ce projet convient pour des festivals d’art numérique. En savoir plus www.adigitalexperience.com
| 3 novembre 2008 | |  | |
Pôle Sud,
de Nicolas Texier
À l’occasion d’une expédition en mer de Ross, le narrateur, expert en biologie marine, fait plus ample connaissance avec Fouad Jallâladdin Moumsen. Ce biologiste promis à un brillant avenir de scientifique commence, au cours de longues nuits passées sur la banquise, à raconter son histoire. Ces confidences, lacunaires et détaillées, touchant sa vie familiale et sentimentale sont l’occasion pour le narrateur de reconstruire l’existence insolite et mouvementée de ce homme énigmatique. Tout l’art du roman, sans un dialogue et entièrement au style indirect, réside dans la façon dont, progressivement, la vie et la quête désordonnées de Moumsen se déploient, tout en s’enchevêtrant, à travers les liens noués avec d’autres personnages, avec l’existence du narrateur happé jusqu’à l’épuisement dans le tourment de son ami.
On retrouve en filigrane un faisceau de thèmes qui animait déjà son premier roman, interrogeant la question du secret et de l’authenticité, de la séduction et du mystère, et finalement la chute dans le réel, si décevante comparée aux affres de la course imaginaire.
Gallimard, coll. « Blanche », septembre 2008, 224 p., 16,50 €, ISBN : 978-2-07-012221-9
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| 3 novembre 2008 | |  | |
"Voix off",
Denis Podalydès
Écrire son autobiographie en évitant le piège du nombrilisme, en dépassant la seule narration de sa vie : voilà le défi que s’est lancé Denis Podalydès en rédigeant son deuxième livre, Voix off, qui vient de recevoir le prix Femina Essai. Pour y parvenir, il a choisi de se raconter en parlant des autres, en expliquant comment les rencontres qu’il a faites, les cours qu’il a suivis, les personnes avec lesquelles il a travaillé l’ont influencé. Et, quand il se remémore ces moments importants, c’est principalement des voix dont il se souvient : "J’ai confié à ma voix le soin de me représenter tout entier." Il parcourt tous les territoires de la voix et chacune a sa résonance particulière : celle de Mendès France, celle de comédiens comme Jean-Luc Boutté, André Dussolier, celle de Jean Vilar qui annonce la mort de Gérard Philippe, celle de son frère Bruno, dans les films duquel il a souvent joué… Un livre-scène où tous les personnages déboulent, disparaissent et reviennent, se donnant la réplique, se questionnant, s'amusant, en sachant qu'ils sont à chaque fois un morceau de leur auteur.
Prix Femina Essai 2008 Mercure de France, septembre 2008, 244 p., 25 €, ISBN : 978-2-7152-2840-5
En savoir plus http://www.mercuredefrance.fr/
| 3 novembre 2008 | |  | |
"Baby Disco"
Au cœur des milliers de mètres carré du Palais de Tokyo, se loge "Baby Disco", concept dédié au public de moins de dix ans et peu averti en matière d’art contemporain. C’est afin de leur ouvrir les portes de ce temple de la création contemporaine parisienne, que les inventeurs (le collectif "I could never be a dancer") ont imaginé ce projet designé par Florence Doléac. L’idée est ainsi de proposer aux enfants un endroit qui leur est propre sous forme de discothèque (non pas le white cube de l’exposition, mais bien un caisson rose fluo) qui initie à la danse, la musique ou la vidéo. Les adultes leur envieront notamment les prestations attendues d’Ariel Wizman ou Chloé, les grands DJ français à la mode. Une manière ludique et originale d’appréhender le monde des grands dans un espace modulable et ré-interprétable à foison. Le module peut être réadapté pour des événements à l’étranger.
Baby Disco, jusqu’au 4 janvier 2009 Palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, 75116 Paris En savoir plus www.palaisdetokyo.com
| 3 novembre 2008 | |  | |
Où on va papa?,
Jean-Louis Fournier
Où on va papa?, qui vient d'être couronné du prix Femina, est une lettre ouverte que Jean-Louis Fournier adresse à ses deux fils, atteints de lourds handicaps mentaux et moteurs. L’auteur, ami fidèle de Pierre Desproges, réalisateur de La Minute nécessaire de M. Cyclopède, et du dessin animé La Noiraude, révèle ici une part intime de lui-même. Il livre les doutes, les angoisses et les joies qui rythment sa vie d’homme et de père. Dans de très brefs chapitres, il retrace des épisodes de sa vie de famille, des anecdotes qui nous font successivement pleurer puis rire. De cette lecture, on est touché par la diversité et la subtilité des émotions que l’auteur sait susciter.
"Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange." Grâce à un ton vif, souvent drôle et parfois désespéré, Où on va papa? est une lecture dont on sort grandi.
Prix Femina 2008 Stock, août 2008, 156 p., 15 €, ISBN : 978-2-2340-6117-0.
En savoir plus http://www.editions-stock.fr
| 3 novembre 2008 | |  | |
"From the voice to the hand", Melik Ohanian
C’est un projet d’expositions co-existantes de Melik Ohanian qui se déroule dans une quinzaine d’espaces cet automne 2008. Trois institutions dédiées à l’art contemporain, l’abbaye de Maubuisson, le Frac Île-de-France/ Le Plateau et le MAC/VAL, présenteront le travail de Melik Ohanian à Paris et dans sa périphérie, à travers une série d’interventions : nouvelles productions, projections, œuvres de commandes ou issues des collections publiques, re-positionnement de travaux passés. Melik Ohanian propose aussi une vision d’ensemble du projet sous forme d’un livre publié à l’issue des expositions. Melik Ohanian, né en France en 1969, vit et travaille à Paris. Il a montré son travail lors de plusieurs expositions personnelles: à la Galerie Chantal Crousel à Paris, à la South London Gallery à Londres, à De Appel à Amsterdam, à l’IAC de Villeurbanne, à l'Yvon Lambert Gallery à New York, au Museum in Progress à Vienne, au Centre pour l’Image Contemporaine à Genève et pour l’ouverture du Palais de Tokyo en 2002. Il a participé à de nombreuses expositions collectives dans le monde, en particulier les Biennales de Sao Paulo, de Berlin et de Sydney en 2004, de Moscou et de Lyon en 2005, de Gwangju et de Séville en 2006, et plus récemment à la 52e Biennale de Venise en 2007.
En savoir plus http://www.fromthevoicetothehand.com/
| 3 novembre 2008 | |  | |
PRISUNIC & le design, une aventure unique
La galerie du VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement) propose du 5 septembre au 30 novembre 2008 une exposition rétrospective de l’approche révolutionnaire du design par les magasins Prisunics. Sur 200 m2 sont présentées les créations qui ont véritablement fait pénétrer le design dans les intérieurs français dès la fin des années 70 et pendant 20 ans. Tables, chaises, lits gardent une parfaite actualité encore aujourd’hui grâce à une fonctionnalité très étudiée, une dynamique de couleurs toniques et des coûts très sérrés. Exposition modulable pour une circulation à l’étranger, à négocier avec le VIA. Le VIA a pour vocation de valoriser et de promouvoir la création française dans le secteur du design appliqué au cadre de vie (mobilier, luminaires, art de la table, accessoires de décoration, tapis, textile d'ameublement etc.), tant en France qu'à l'étranger. Son programme d'action s'adresse à l'ensemble de la profession : groupes industriels, petites et moyennes entreprises, artisans, éditeurs, distributeurs, métiers de la création, ainsi qu'au grand public (programme d'expositions) et aux secteurs d'activité proches (création contemporaine, art, mode...).
Galerie du VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement): 29 – 35 avenue Dausmesnil 75012 Paris tél: 33 1 46 28 11 11 fax: 28 13 13 e-mail via@mobilier.com Crédit photo :© S. Durand
En savoir plus http://www.via.fr/fr/home.htm
| 30 octobre 2008 | |  | |
Pourquoi pas le silence,
de Blanche de RICHEMONT
Paul a quinze ans. Scolarisé dans une école privée, le sport l’ennuie, il ne sait pas draguer, son corps l’encombre. La mort de son cousin Max, à l’âge de trente ans, au terme d’une maladie moche, le bouleverse plus qu’il ne le croyait. Paul décide alors de faire les quatre cents coups. Il se met à boire, va taguer les murs de l’école la nuit, accepte l’idée de plaire à Camille, la plus belle fille de la classe et en tombe fou amoureux. Mais Paul « a mal à l’âme » et semble rongé par un désespoir insoluble, incompréhensible, qui le dépasse. Ses parents, sa sœur et Camille auront beau lui tendre la main, rien n’y fera. Paul finira par préférer le silence en se jetant sous les rails d’un métro.
Malgré ses maladresses et ses passages convenus, ce premier roman touche par la justesse de son ton. En faisant parler Paul à la première personne, l’auteure restitue son lyrisme et son romantisme d’adolescent. Pourquoi pas le silence n’est en rien un roman à thèse sur les problèmes des jeunes à cet âge-là mais témoigne d’une tragédie individuelle, incompréhensible.
Robert Laffont, août 2008, 124 p., 14 €, ISBN : 978-2-221-11122-2
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| 29 octobre 2008 | |  | |
À côté,
de Stéphane Mercurio / Documentaire
Des femmes qui attendent, qui se font belles, qui se remontent le moral, qui craquent parfois espèrent toujours. Dans la petite maison de l’association Ti-Tomm, accolée au mur de la prison des hommes à Rennes, on attend l’heure du parloir. Les familles arrivent à l’avance, toujours. Quelques secondes de retard, et la porte de la prison restera fermée. On vient une, deux, trois fois par semaine, chaque semaine, pendant des mois voire des années.
En faisant le choix de rester résolument "à côté" de la prison - du côté des familles - le film propose paradoxalement une approche éminemment frontale de ce qu’est la réalité carcérale.
Sortie nationale : 29 octobre
La prison, dans le catalogue du ministère des Affaires étrangères : Dehors de Mathilde Mignon (2005), Nisida, grandir en prison de Lara Lastelli (2006), Peines de Valérie Winkler (1991), La rage et le rêve des condamnés de JP Krieff (2000) ; Si bleu si calme de Eliane de Latour (1996), Un enclos de Sylviane Dampierre (1999).
En savoir plus www.unifrance.org/film/28044/a-cote www.a-cote.eu/
| 29 octobre 2008 | |  | |
Home,
de Ursula Meier
Au milieu d’une campagne désertique s’étend à perte de vue une autoroute inactive, laissée à l’abandon depuis sa construction. Une maison isolée se trouve là, à quelques mètres du bitume, décor insolite pour raconter l'histoire d'une famille vivant à l'écart dans un mode de vie un peu étrange qui va frôler le drame quand on annonce l’ouverture prochaine de l’autoroute à la circulation… Second long-métrage de Ursula Meier après Des épaules solides (2003), la réalisatrice évoque ainsi la genèse du projet : "Home est né en voiture, en regardant les bords d'autoroute : des maisons à quelques mètres seulement des voies, avec des gens dans les jardins, des tables en plastique à quelques mètres des pots d'échappement, et d'autres maisons abandonnées aux fenêtres murées... Des maisons comme des histoires qui défilent à travers les vitres de la voiture…"
Avec : Isabelle Huppert, Olivier Gourmet, Adélaïde Leroux, Madeleine Budd, Kacey Mottet Klein Sortie nationale : 29 octobre
En savoir plus www.unifrance.org/film/28661/home
| 29 octobre 2008 | |  | |
La vie moderne,
de Raymond Depardon
Volet ultime d’un triptyque, La Vie moderne de Raymond Depardon est un magnifique documentaire de cinéma et l’aboutissement d’un travail de longue haleine sur le territoire et la question paysanne en France. Hommage au monde rural dès les premiers mots du cinéaste ("Au commencement, il y a ces routes. Au bout des routes il y a des fermes. Je reviens dans ces fermes"), La Vie moderne fait suite à deux films tournés dans la même région, L’Approche (2001) puis Le Quotidien (2005).
Avec la présentation du film dans la section "Un certain regard", le Festival de Cannes a salué le parcours de Raymond Depardon et de sa compagne, Claudine Nougaret, ingénieur du son et productrice au rôle essentiel.
Sortie nationale : 29 octobre .
Raymond Depardon dans le catalogue du ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement): cycle "Raymond Depardon 8 films", copies 35 mm avec sous-titres et catalogue
À signaler : L’exposition "Terre natale: ailleurs commence ici" à la Fondation Cartier (21 novembre) Le livre de photographies de Raymond Depardon, "La Terre des paysans" (à paraître au Seuil) En savoir plus www.unifrance.org/film/27671/la-vie-moderne www.palmeraieetdesert.fr
| 28 octobre 2008 | |  | |
"Je tremble", de Joël Pommerat
Auteur et metteur en scène, Joël Pommerat travaille depuis une quinzaine d’années. Révélé au Festival d’Avignon 2006, il est actuellement en résidence au Théâtre des Bouffes du Nord. Véritable théâtre de l’illusion, les spectacles de Joël Pommerat jouent à merveille des ombres et des lumières, des voix naturelles et du play-back, pour étudier l’homme dans sa réalité la plus immédiate, la plus nue, la plus troublante. Sa dernière création, "Je tremble", est un voyage fait de petits moments, de petits instants, de chansons, de récits dans un monde que l’on pourrait croire voué au divertissement, qui pourrait être celui du cabaret. Mais devant et derrière le rideau changeant, rouge, doré, argenté se construit un cérémonial où les paillettes et le strass se lézardent très vite pour laisser la place à la parole de celles et ceux qui viennent nous dire la vérité de leur vie. Inventeur de l’anthropologie théâtrale, Joël Pommerat nous entraîne une fois encore dans les entrailles de l’humanité en multipliant les narrations biographiques, réelles ou fantasmées, de tous ceux que nous croisons, les voyant parfois mais sans jamais les entendre.
Prochaines dates: Paris Théâtre des Bouffes du Nord Du 14/11/2008 au 16/11/2008 Bruxelles Théâtre National de la Communauté Française Du 05/02/2009 au 07/02/2009 Naples Teatro Mercadante Du 26/05/2009 au 27/05/2009
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| 28 octobre 2008 | |  | |
Sandra Muendane, lauréate du 1er prix "L’Afrique est à la mode!"
Sandra Muendane, premier prix du concours "L’Afrique est à la mode 2007!", concours de jeunes talents organisé par Culturesfrance et le Festival International de la Mode Africaine, est installée pour un an à la Maison de mode à Lille. Elle y développe et commercialise une collection originale de prêt à porter très féminin, des vêtements aux volumes structurés et très contemporains, ainsi que des accessoires de mode beaux comme des parterres de coquelicots. Après de nombreux défilés et ateliers de créations à travers le monde (Tchad, Mali, Haïti), la styliste mozambicaine vous reçoit dans sa boutique au 62, rue du Faubourg des Postes à Lille, avant de repartir pour trois semaines de résidence à Cincinnati (USA). Là, avec le soutien de Culturesfrance, le Taft Museum of Art et l’Université de Cincinnati accueillent Sandra Muendane du 27 octobre au 15 novembre 2008.
Les créations de l’artiste seront présentées lors d’un défilé, le 14 novembre, qui a été proclamé par la ville de Cincinnati comme le “Sandra Cardoso Muendane day”! À son retour en France, son travail sera de nouveau mis à l’honneur à l’occasion d’un défilé de mode le 16 novembre pour les Journées européennes du développement à Strasbourg.
En savoir plus http://www.taftmuseum.org/pages/dunc_muendane.php
http://www.culturesfrance.com/evenement/L-Afrique-est-a-la-mode-edition-2007-la-liste-des-finalistes/ev404.html
| 28 octobre 2008 | |  | |
L’Amant des morts,
de Mathieu Riboulet
La Creuse, les années 1980. La première phrase du roman est une manière de dissuader les bonnes âmes de poursuivre plus loin : « Le père, de temps à autre, couchait avec le fils. » La première phrase du paragraphe suivant enfonce le clou : « Le fils, de temps à autre, couchait avec le père. » C’est sombre, fait d’une matière qu’on dirait sortie de l’humus noir des forêts. Sous prétexte de faire des études, le fils trouvera une porte de sortie. Ce sera Toulouse, puis Paris, où le sida s’imposera à lui, sous la forme du corps martyr de son voisin. Un « nous » s’immisce dans le récit, troublant, insistant autant que fantomatique. La révélation du sida ouvre plus grand le sentiment christique qui gisait au corps du fils. Il sera, sans aucune religiosité, « l’amant des morts » ou de ceux qui sont sur le point de le devenir. Ce roman rageur sur le sida est tout entier porté par une langue magnifique et violente. C’est un diamant noir dans sa tension, dans sa fulgurance et sa rage, dans l’implacable force de sa prose.
Verdier, août 2008, 90 p., 9,80 €, ISBN : 978-2-86432-544-4
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| 28 octobre 2008 | |  | |
La Porte des enfers, de Laurent Gaudé
Si la mort nous sépare du vivant, elle ne peut le taire. Même en donnant l’illusion que ce vivant agit encore, nous savons que la disparition atteint notre raison par le poids qu’elle lui impose, la douleur par laquelle elle la contamine. Et rien dans cette douleur, dans l’apprentissage du deuil, n’est plus palpable que cette vision de cette part de nous-mêmes arrachée à notre monde pour connaître une vie lestée d’une pesante éternité dans les ténèbres. Suite à une fusillade à Naples, un enfant mort. Soit un père défait, et une épouse disparue. Le père, Matteo, rencontre un professeur pour lequel les Enfers ont un visage, et peut-être un chemin, c’est-à-dire un accès. Y pénétrer, c’est y descendre, ici, à Naples. Dressant un paysage mythologique connu, Laurent Gaudé en donne une forme nouvelle. Empruntant à la fois à l’épopée et à un certain réalisme, il décrit au-delà du sentiment la sensation de ses personnages. Et la sensation se fait aussi compassion dans ce récit sur lequel on n’en dira pas plus, malgré l’atteinte ici d’une terre plus espérée que promise…
Actes Sud, coll. "Domaine français", août 2008, 266 p., 19,50 euros, ISBN: 978-2-7427-7704-4 En savoir plus www.actes-sud.fr
| 28 octobre 2008 | |  | |
"Comedy", de Nasser Martin-Gousset
Les films ont une présence importante dans les créations de Nasser Martin Gousset. Dans "Comedy", le film n’est pas sur écran mais live : l’ambiance, très années 60, semble sortie d’une photo qui s’anime. On assiste à une comédie musicale sans paroles, à la fois nostalgique et désabusée (la jet set décadente mais joyeuse) sur la très belle musique de Dave Brubeck. Les danses chaloupées des groupes et des couples se font et défont, se figent et s’amballent régulièrement perturbées par la presence d’un serveur virtuose de l’équilibre éthilique. Une très belle scène d’ombres chinoise, façon BD, résume en quelques minutes un vol de diamants version fantomette.
“La façon dont Nasser Martin-Gousset chorégraphie chaque personnage tout en sculptant la masse des corps, la modelant par vagues, de droite à gauche, l’explosant dans un cercle, la recomposant en grappe est jouissif. Le jazz de Dave Brubeck, star des années 1960, fait monter et descendre les corps dans les montagnes russes de l’ivresse. Comedy est d’abord une pièce amoureuse du cinéma qui se rêve en grand écran, se fantasme en noir et blanc et se moque d’elle-même.” Rosita Boisseau, Le Monde - 26 juin 2008
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| 28 octobre 2008 | |  | |
ArchiLab Europe - Architecture stratégique
Depuis son origine, la biennale ArchiLab, manifestation unique à l’échelle internationale, confronte à Orléans la génération actuelle d’architectes à travers expositions, débats et rencontres. Plus de 300 architectes y ont été exposés, de nombreux critiques et responsables d’institutions de tous pays y ont pris la parole autour de la dimension prospective, de la recherche et de l'expérimentation en architecture, en urbanisme et en paysage. Après l'invitation faite à deux commissaires japonais à concevoir autour de leur pays l'édition 2006, Archilab 2008 revient en Europe autour d'une édition confiée au directeur de la Fondation Bauhaus Dessau, qui mène de nombreux projets explorant les phénomènes européens de transformation urbaine en Europe.
Éminemment européenne par son corpus (30 villes et territoires étudiés), cette exposition ouvre à de nombreux pays la possibilité de réinterroger leur propre situation dans un contexte contemporain global - voire d'imaginer des reprises de modules ou de conclusions d'Archilab 2008 à travers des initiatives locales (organisation de débats, etc.). Exposition, Orléans (cloître Saint-Pierre-le-Puellier), 25.10.2008/23.12.2008 En savoir plus www.archilab.org
| 27 octobre 2008 | |  | |
Zone, de Mathias Énard
Alors que les titres de la rentrée comprennent de plus en plus des sommes qui tiennent à la fois de la chronique et de la fresque, on voit vite que l’effort d’Énard est tout autre. Pas de retour d’Ulysse, mais plutôt une traversée, qui construit ce livre ordonné en vingt-quatre parties. Qu’un personnage principal prenne le train, qu’il soit agent de renseignements à destination de Rome, n’est pas l’essentiel et permet en même temps de tout raconter: parce qu’avant toute chose, Énard regarde vers le mythe, accueille le souffle du mythe pour en dire l’immuabilité, un agent de renseignements étant l’homme de l’Histoire parmi les remous divins et les Parques. Le récit fragmenté, paradoxalement, par l’absence de point, devient un kaléidoscope d’images et d’histoires, d’aveux et de réminiscences, avec l’Histoire en personne découpant ses membres et se contaminant elle-même. On ne veut pas en dire plus, puisqu'ici tout se veut expérience, de la vie de l’auteur à l’œuvre écrite, de l’œuvre écrite à la découverte du lecteur. Actes Sud, coll. "Domaine français", août 2008, 516 p., 22,80 euros, ISBN: 978-2-7427-7705-1
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| 27 octobre 2008 | |  | |
"Assises", cent une chaises-oeuvres
Réalisée à l’initiative de l’association "Vol d’oiseau du cercle" et de son président, Philippe Delaunay, une exposition réunit différentes générations d’artistes, connus ou inconnus, autour d’un objet de la vie quotidienne, la chaise. Elle est présentée jusqu'au 19 novembre Dans le hall du ministère de la Culture et de la Communication Immeuble des Bons-Enfants, 182 rue Saint-Honoré à Paris.
La seule consigne donnée à ces artistes qui ont reçu une chaise en kit a été : "Cette chaise peut être assemblée, fragmentée ou associée à d’autres éléments étrangers de quelque nature que ce soit. Elle peut être posée sur le sol, accrochée au mur, suspendue au plafond ou mise en toute autre situation selon vos préconisations." Philippe Delaunay, qui est à l'origine de ce projet, est un collectionneur passionné: "Par cette exposition, je propose une grande ouverture : des artistes connus, moins connus, français ou étrangers ayant travaillé ou vivant en France, de générations différentes avec des visions artistiques diversifiées permettant ainsi d’envisager des confrontations dans de nombreux domaines. La chaise s’est imposée: elle vient de la vie quotidienne et se trouve problématisée par l’art; avec ce point de départ identique demandé à un grand nombre d’artistes, sont présentes la chaise du sculpteur, celle du peintre, du coloriste, du conceptuel, de l’expressionniste, de lettriste, de l’in situ, du pop, du minimaliste… Éclectisme. Multiplicité. Montrer sans jugement à priori demeure la politique adoptée, laisser le visiteur librement entrer dans la profondeur de l’œuvre, rechercher l’œuvre manquante voire l’œuvre à venir. Cette manifestation relève d'une envie de voir ce qui n’est pas encore portée par la mode mais dans la fibre de l’inattendu, jusqu'à l’étonnement."
"À vol d’oiseau du cercle" est une association régie par la loi du 1er juillet 1901. Elle a pour but de favoriser la rencontre, le dialogue et la réflexion entre les artistes, les collectionneurs et le public. Photographie: Oeuvre de Nathalie Elémento "Entre"
En savoir plus http://www.assises.fr/ Contact: delaunay-philippe@club-internet.fr
| 26 octobre 2008 | |  | |
Paris Fashion Week, éclosion de jeunes talents
La semaine de la mode qui a baissé son rideau début octobre à Paris, est l’occasion pour nous de rappeler la vivacité de la création française. Si on ne peut évidemment passer à côté des prestations des plus grands, les podiums du Carrousel comme les endroits les plus insolites de Paris, savent faire la part belle aux jeunes créateurs, innovants et fantaisistes, qui comme leurs pairs, n’ont peur de rien.
Quelques talents, qui depuis plusieurs années n’ont cessé de travailler dur à leur reconnaissance sont aujourd’hui félicités de tant d’ardeur : c’est le cas d’Anne-Valérie Hash qui est récemment revenue dans le champ du Prêt à Porter pour proposer une création plus accessible mais qui n’en fait pas moins rêver pour sa subtilité et sa délicatesse. Elle a notamment gagné l'audacieux pari de mêler dans une même collection Grèce antique et design moderne. Gaspard Yurkievich, nouvellement nommé directeur artistique chez Rodier, a fêté les 10 ans de sa marque. Dans ses créations ultra féminines, valorisant l’héritage de la Couture, il développe le fantasme de la Parisienne telle que l’on peut se l’imaginer à l’étranger, à la fois très classique mais de son temps, travaillant rigoureusement la découpe et le patron, associés à des accessoires « funky ». Le créateur Lutz, d’origine allemande mais vivant en France depuis 8 ans, aime les superpositions, il rêve d’une femme "à la fois en jupe et en pantalon, en long et en court, tout ça en même temps". Il "bricole" des éléments disparates pour imaginer une interaction entre pantalon de sport et top sophistiqué. Sous le nom d’Andrea Crews, jeune collectif porté par la plasticienne Maroussia Rebecq, le défilé ressemble plus à une performance activiste, parfois sauvage, pour montrer des réalisations à base de vêtements de récupération. Chaque passage est un événement, un spectacle en soi.
Autant de créateurs, et encore beaucoup d’autres, qui représentent chacun à leur façon la dynamique française et les fleurons de la création de mode qui peuvent s’intégrer à des fashion week à l’étranger.
En savoir plus www.gaspardyurkievich.com http://www.modeaparis.com www.anne-valerie-hash.com www.andreacrews.com
| 26 octobre 2008 | |  | |
Concert Déclic du clarinettiste Florent Charpentier à la Maison de la Radio, le 26 octobre 2008 à 18h 00
La jeune génération des solistes français est particulièrement dynamique depuis quelques années. Traditionnellement représentée au plus haut niveau international dans certaines disciplines dont les écoles françaises sont particulièrement prestigieuses (orgue, violoncelle, piano, vents…), elle est désormais présente au plus haut niveau dans toutes les disciplines.
Ainsi la violoniste Satenik Khourdoian vient de se distinguer brillamment en finale du prestigieux concours international Long Thibaud avec un Concerto de Sibelius enlevé et parfaitement maîtrisé. Son succès vient après ceux de Fanny Clamagirant, 1er Prix Concours Fritz Kreisler de Vienne ou d’Amaury Coeytaux, 1er prix du Concours Lipizer en 2006. Les jeunes chanteurs français, souvent plus reconnus pour la finesse et la délicatesse de leurs interprétations, commencent eux aussi à remporter de très beaux succès dans des compétitions internationales où les timbres de voix doivent être plus complets, telles Bénédicte Tauran, 2ème prix du Concours Mozart de Salzbourg en 2006 et 1er prix du Concours Marcello Viotti de Lausanne en 2008.
Afin d’accompagner et de promouvoir ces jeunes virtuoses français (voir la liste des lauréats avec leurs biographies, leurs contacts et un concert complet disponible en ligne, En savoir plus), Culturesfrance mène depuis une vingtaine d’années un programme qui leur est destiné en particulier. En s’appuyant sur le réseau culturel français à l’étranger ou sur les partenaires musicaux locaux, elle s’applique à leur organiser à l’étranger des récitals ou même des concerts avec orchestres (des milliers de concerts ont ainsi pu leur être offerts simplement sur les dernières années). Ce programme Déclic s’est même renforcé dès les années 2000 d’une collaboration étroite avec Radio France qui donne aux musiciens un concert parisien et un enregistrement live réalisé par les techniciens de la radio, ainsi qu’une diffusion de leur concert sur les ondes de France Musique, dans l’émission de Gaëlle Le Gallic "Dans la Cour des Grands". Dans quelques jours, vous pourrez ainsi découvrir le tout nouveau lauréat Déclic, le jeune clarinettiste Florent Charpentier, Premier Prix du dernier Concours international du "Printemps de Prague" (mai 2008), accompagné de la pianiste Kyoko Nojima. Ce concert sera diffusé le vendredi 19 décembre à 14h30 sur France Musique, et sera intégralement disponible sur le site de Culturesfrance par la suite, comme le sont les concerts de l’ensemble des lauréats Déclic.
En savoir plus http://www.culturesfrance.com/programme/Declic/ev2pg3.html http://www.culturesfrance.com/evenement/declic.php http://www.radiofrance.fr/concerts/saison/ http://www.radiofrance.fr/francemusique/em/cour/emission.php
| 26 octobre 2008 | |  | |
Une éducation libertine,
de Jean-Baptiste Del Amo
1760. Le jeune Gaspard quitte la Bretagne pour Paris. Mais la ville, gigantestque égout à ciel ouvert, n’est pas le pays de cocagne fantasmé. Embauché comme apprenti auprès d’un maître perruquier, il rencontre le mystérieux comte de V. Le jeune noble, libertin mondain sans limites, tombe sous le charme de l’apprenti et décide de le prendre sous son aile. Il lui fait découvrir des lieux dont le jeune homme ne soupçonnait même pas l’existence et l’initie aux raffinements des salons parisiens. Mais Gaspard ne sait pas que cette élévation fulgurante contient en elle les germes de sa chute future. Pour un premier roman, Une éducation libertine est un coup de maître. Jean-Baptiste Del Amo, 26 ans, surprend par sa maturité et sa maîtrise. Par-delà le roman d’initiation, par-delà la dimension historique du récit, ce sont les visions hallucinées de l’auteur qui frappent l’imaginaire du lecteur. Les âmes sensibles se boucheront le nez à la lecture de ce Paris puant, suintant de toutes parts, les autres se laisseront hypnotiser par la prose de ce jeune styliste hors-pair.
Gallimard, coll. "Blanche", août 2008, 432 p., 19 euros, ISBN: 978-2-07-011984-4 En savoir plus www.gallimard.fr
| 25 octobre 2008 | |  | |
Le Marché des amants,
de Christine Angot
Explication du titre : "Sur le marché des amants, un noir vaut moins qu’un blanc" a dit un jour le père (incestueux)... Angot, qui aime à citer Bataille, dit la vérité sociale bien plus que sexuelle : "Une femme blanche rencontre un homme métis." Dans une discothèque lors de la Foire du livre de Brive, elle rencontre Bruno Beausir alias Doc Gyneco, "rappeur mou" des plateaux télé (Ardisson versus Fogiel) rallié par un livre (Les grands esprits se rencontrent, Rocher, 2007) à Nicolas Sarkozy – deux fois donc (racisme inavoué, racisme de classe) "méprisé" du "petit milieu" (intellectuel). Et deux autres fois : par les siens (les rappeurs comme son public) pour sa trahison politique, par tout le monde pour son choix d’un devenir-people. Pour parler la langue de bois médiatique, Le Marché des amants se donne d’abord pour le roman de la "fracture sociale" : Christine et le Doc visitent en scooter le 18e arrondissement, les quartiers de la "racaille". De l’utopie amoureuse contre la mésalliance apparente. Avant cette visite à La Chapelle, Christine comprend qu’il a les mêmes yeux qu’elle à cinq ans : autrement dit, elle est Doc Gyneco, intimement croit-elle. L’écrivain dans la société française y occupe la même place qu’un rappeur deux fois minoritaire et deux fois déchu… Le "conte de fées" est cousu de l’être people ensemble (paparazzi, autographes, blogs d’injures). Le centre de l’intrigue réside dans la collision du taxi d’Angot et du scooter du Doc au sortir d’un dîner chez des amis de Christine, et dans la garde à vue du Doc qui s’ensuit. Il est bien question de jouissance dans ce livre, celle de deux amants du marché... Éd. du Seuil, coll. "Fiction & Cie", août 2008 En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 24 octobre 2008 | |  | |
Ce que nous avons eu de meilleur,
de Jean-Paul Enthoven
Jean-Paul Enthoven ressuscite ainsi les meilleurs moments de son amitié avec Lewis à la Zahia, véritable palais des Mille et une nuits au coeur de Marrakech. Lewis n’est autre que Bernard-Henri Lévy, son ami de trente ans, qui l’a souvent convié dans son sublime riad marocain dont Enthoven évoque ici l’atmosphère envoûtante. Il fait joliment revivre les grands moments de ce lieu magique entre tous où le couple Lewis et Ariane, autrement dit Arielle Dombasle, a imprimé sa marque, festive, intellectuelle, singulière, accueillant aussi bien des "jet-setteurs" que des résistants afghans ou bosniaques. Un lieu qui invite inévitablement à l’introspection, rapportée sous la forme d’interrogatoires entre l’auteur et son double. Ce livre étrange, tantôt porté par un lyrisme communicatif, tantôt alourdi par un narcissisme ennuyeux, dresse un étonnant portrait de ce Lewis dont l’admiration va aussi bien à Jean-Paul Sartre qu’au prince Malko, héros des SAS de Gérard de Villiers. Mais Enthoven a promis que sa fresque serait "modérément indiscrète". Il ne dit donc pas tout… Grasset, août 2008, 220 p., 15,90 €, ISBN : 978-2-2467-0541-3
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| 24 octobre 2008 | |  | |
"Good Morning, Mr. Gershwin",
Compagnie Montalvo-Hervieu
Dans cette nouvelle création, José Montalvo et Dominique Hervieu rendent hommage au prodige enthousiaste, libre et cultivé qui révolutionna la musique moderne. Ils puisent aux sources de l’entertainment américain, font danser leurs interprètes sur les célèbres songs de Broadway – de The man I love à I got rythm – accompagnent les partitions virtuoses des Trois préludes pour piano, et prolongent le geste citoyen d’un artiste qui, avec Porgy and Bess, éclaira d’une lumière sombre la société qui le portait aux nues. Dotés de la même insatiable curiosité que le compositeur, Montalvo-Hervieu empruntent avec lui à d’autres contextes culturels et, dans une translation constante entre arts majeurs et mineurs, déjouent les hiérarchies convenues des registres et des discours.
En savoir plus www.montalvo-hervieu.com
| 23 octobre 2008 | |  | |
Portraits In-eyes, Juliette Binoche
(coédition Culturesfrance / Éditions Place des Victoires)
"Beau-livre" consacré aux portraits-poèmes de Juliette Binoche "Les températures, les émotions à atteindre, les résistances physiques font partie de la vie d’acteur, j’ai jeté sur le papier ce qu’il me reste, ce qui surgit malgré moi, ce que j’ai aussi souhaité. Ce n’est pas définitif, c’est la captation d’un moment de vie, d’une perception subjective et fugitive […] Quant à l’écriture, ce sont des mots adressés aux réalisateurs, comme un film peut l’être à son acteur, avec le choix des prises, des angles, des voix. […] J’ai souvent eu le désir de m’approcher sur les tournages, trop peut-être, avec ces peintures et ces lettres je renouvelle mon élan." Juliette Binoche
Portraits In-eyes, rassemble 68 portraits peints par Juliette Binoche et permet au grand public de découvrir ses œuvres. 34 portraits de réalisateurs, en regard de 34 autoportraits. Des poèmes écrits par l’artiste et adressés aux réalisateurs sont mis en regard des portraits de ces personnalités qui ont marqué sa carrière.
Soixante-huit portraits à l’encre sur papier, face à face entre un "filmeur" et son interprète, constituent la trame de ce beau livre, reprenant les dessins présentés à Londres, puis à Paris. Soixante-huit portraits qui révèlent le parcours exceptionnel d’une actrice mondialement reconnue, d’un être d’une rare sensibilité, qui laisse libre cours à sa créativité, sous toutes ses formes. L’écriture est également présente dans ce recueil, puisqu’à chaque réalisateur, l’actrice dédie un texte remémorant ses émotions d’alors, réminiscences de ces rencontres entre deux créateurs.
Préfacé par Jean-Michel Frodon, directeur de la rédaction des Cahiers du Cinéma, ce livre est une co-édition Culturesfrance / Éditions Place des Victoires
Parution France : 6 novembre 2008
En savoir plus http://www.editions-menges.fr
| 22 octobre 2008 | |  | |
Dernier maquis,
de Rabah Ameur Zaïmeche
Sur les écrans français le 22 octobre, Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaimeche aborde un sujet délicat : les liens entre la pratique de l'Islam et le monde du travail. Au fond d'une zone industrielle à l'agonie, Mao, un patron musulman, possède une entreprise de réparation de palettes et un garage de poids-lourds. Il décide d'ouvrir une mosquée et désigne l’imam sans aucune concertation... Après Wesh wesh qu’est-ce qui se passe? et Bled number one, Rabah Ameur-Zaïmeche clôt une passionnante trilogie sur l’immigration.
Avec: Rabah Ameur-Zaïmech, Christian Milia-Darmezin, Abel Jafri, Mamadou Koita
Sortie nationale: 22 octobre 2008
Sélection à la Quinzaine des Réalisateurs – Cannes 2008
Rabah Ameur-Zaïmeche dans le catalogue du ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement): Wesh wesh qu’est-ce qui se passe? et Bled number one, 35 mm et DVD
En savoir plus www.unifrance.org/film/28925/dernier-maquis
| 22 octobre 2008 | |  | |
Deux prix pendant la Fiac
Deux prix importants viennent d'être remis à des artistes français, ces prix sont le fruit d’initiatives privées relayées par une institution publique.
LE PRIX MARCEL DUCHAMP Figurant parmi les initiatives fortes récemment menées pour contribuer au rayonnement international de la scène française, le Prix Marcel Duchamp a été créé en 2000 par les collectionneurs d’art contemporain de l’Association pour la Diffusion Internationale de l’Art français -l’ADIAF- pour contribuer au rayonnement international de la scène artistique française. Il est organisé en partenariat avec le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne et avec la FIAC. L’originalité du Prix Marcel Duchamp réside dans le mode de sélection des artistes : ce sont les membres du comité de sélection de l’ADIAF, c’est à dire des collectionneurs, qui établissent la liste des artistes nommés. Les lauréats: 2000 – Thomas Hirschhorn 2002 – Dominique Gonzalez-Foerster 2003 – Mathieu Mercier 2004 – Carole Benzaken 2005 – Claude Closky 2006 – Philippe Mayaux 2007 – Tatiana Trouvé
Cette année quatre artistes étaient nominés Michel Blazy, Stéphane Calais, Laurent Grasso et Didier Marcel. C'est Laurent Grasso, représenté par la galerie Chez Valentin, qui est le lauréat du 8eme Prix Marcel Duchamp (cf. photo ci-dessus). L'artiste sera invité à créer une œuvre présentée pendant deux mois dans l’Espace315 du centre Georges Pompidou. Il reçoit une dotation financière de 35 000 euros offerte par l’ADIAF, et bénéficiera de la publication d’un catalogue par le Centre Pompidou. Photographie: Laurent Grasso, Padova (Réplique #4), 2008 © Courtesy Galerie Michel Rein LA PRIX DE LA FONDATION D'ENTREPRISE RICARD Le 10è Prix de la fondation d'entreprise Ricard est attribué à Raphaël Zarka. Ce prix, décerné par un jury de collectionneurs, consiste en l'acquisition d'une oeuvre du lauréat, laquelle est offerte au Centre Pompidou qui l'expose dans ses collections permanentes l'année suivante. Raphaël Zarka est représenté par la galerie Michel Rein. Il est également l’auteur de deux livres consacrés à la pratique du skateboard, Une Journée sans vague et La Conjonction interdite publiés aux éditions F7. Il sera présent en 2009 dans une exposition au Museum of Modern Art, Oxford (cur. Suzanne Cotter) Le Prix a été décerné dans le cadre de l'exposition "La consistance du visible", une proposition de Nicolas Bourriaud, qui réunit 8 artistes de la jeune scène française: Julien Discrit, Cyprien Gaillard, Camille Henrot, Emmanuelle Lainé, Gyan Panchal, Abraham Poincheval et Laurent Tixador, Lili Reynaud-Dewar, Raphaël Zarka. Exposition jusqu'au 22 novembre 2008. Entrée libre du mardi au samedi de 11h à 19h
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| 21 octobre 2008 | |  | |
Aux arts citoyens! De l’éducation artistique en particulier, de Jean-Michel Djian
"Que faire d’intelligent sur cette terre quand on a 15 ans sans avoir à subir la fascination énigmatique de la médiocrité? À cette question stupide mais lancinante, la conscience répond avant la science. C'est-à-dire qu'elle bredouille un vague désir d'expression avant de sombrer séance tenante dans la soumission. Pour autant, la tête, elle, continue, sur les bancs de la classe ou le soir à table avec ce qui reste de parents, à vouloir un "autre chose" bien plus consistant que la seule marchandise du savoir disponible en vrac sur la grande scène de la vie. Cette conscience en veille mais bouillonnante, perturbée comme jamais par les virus répétitifs de la "société du spectacle", cherche tout bêtement de la reconnaissance".
Dernier titre paru dans la collection "Savoirs autonomes", Aux arts citoyens est un essai "coup de gueule" où la plume de Jean-Michel Djian réveille les consciences. Un texte argumenté limpide et efficace, à lire d’urgence pour comprendre ce qui se trame entre l’art et les nouvelles générations. Jean-Michel Djian est journaliste et professeur associé à l’Université de Paris 8. Ancien rédacteur en chef du Monde de l’Education, il a notamment publié Politique culturelle, la fin d’un mythe (Gallimard, 2006).
Homnisphères, coll. "Savoirs autonomes", septembre 2008, 96 p., 10 euros, ISBN: 2-915129-38-X
En savoir plus http://www.homnispheres.info
| 20 octobre 2008 | |  | |
"Appris par corps",
Compagnie Un loup pour l’Homme
Lauréats de l’édition Jeunes Talents Cirque 2006, Alexandre Fray et Frédéric Arsenault nous dévoilent simplement la complexité d’une relation riche d’humanité. Avec une scénographie épurée, sobrement soutenue par la mise en lumière et en son, la confrontation de ces deux corps oscille entre douceur et violence, entre volonté de se fondre dans l'autre et tentation de lui échapper. La virtuosité acrobatique se met au service de formes inattendues et novatrices où transparaissent les forces d'attraction et de répulsion entre deux êtres. Le 18 octobre à l’Entresort de Châlons en Champagne Les 23, 24 et 25 octobre 2008 au Festival CIRCA à Auch Les 13 et 14 novembre 2008 à la Filature à Mulhouse Les 20 et 21 novembre 2008 à Culture Commune à Loos en Gohelle Le 23 novembre 2008 à L'Avant-Scène de Cognac Les 5 et 6 décembre 2008 à Tremblay en France Les 8 et 9 janvier à L’espace Malraux à Hazebrouck Le 16 janvier 2009 au Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyérénées Le 17 janvier 2009 à la Coursive à La Rochelle Le 24 janvier 2009 à La Riche Les 9 et 10 février 2009 au Festival Artdanthé à Vanves Du 5 au 21 mars 2009, tournée aux Pays Bas
En savoir plus Extraits : http://fr.youtube.com/watch?v=Vt7ix7VdDc0
| 19 octobre 2008 | |  | |
La Folie Silaz,
d'Hélène Lenoir
L’art du roman consiste à faire exister, au-delà de l’histoire contée qui en constitue le fil, un monde polyphonique. La Folie Silaz est à cet égard un véritable roman, riche d’une arborescence interne traduite par une langue épousant les mouvements subjectifs des différents personnages, et dont la réussite tient au mode précis et impressionniste de mise au jour de l’histoire que le lecteur construit et reconstruit au fur et à mesure que se complètent les angles de vue sur ce point aveugle qu’est l’absence inimaginable de Georges Silaz à l’enterrement de sa mère. Tout l’univers du roman s’édifie sur ce vide situé d’emblée au premier plan, que vient redoubler la mort de la mère et qui semble organiser l’existence des différents protagonistes. En toile de fond de cette histoire familiale où se croisent et se heurtent des personnalités fortes et des destins tragiques, se perçoit l’écho de questionnements relatifs à l’engagement, à la responsabilité, et au cruel paradoxe de ces hommes qui fuient au bout du monde pour soutenir les déshérités tout en abandonnant leurs plus proches.
Éd. de Minuit, septembre 2008, 224 p., 14 €, ISBN : 978-2-7073-2049-0
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| 19 octobre 2008 | |  | |
Moriarty
Depuis 2005 , année durant laquelle ils ont été lauréat du tremplin Paris Jeunes Talents, puis révélé sur la scène du Printemps de Bourges en 2007, Moriarty poursuit son chemin aux côtés des plus grands de la seine française. Repéré par Macha Makeïff et Jérome Deschamps qui co-produiront leur premier album avec le label Naïve, le groupe trouve son inspiration autant dans le blues, la folk en passant par la musique traditionnelle Irlandaise. Assister à un concert de Moriarty, c’est vivre une expérience singulière. On se laissera séduire par la voix envoûtante de Rosemary qui nous emmènera dans une sorte de cabaret folk, où les objets les plus insolites se métamorphoseront un instrument à la sonorité suave. Ainsi, une valise, des couverts deviennent de véritables instruments de musique dans les mains du groupe. Ce talent d’adaptation se traduit également par une appropriation des lieux où ils se trouvent, ils rentrent en parfaite harmonie avec leur univers que l’on soit sur une grande scène de festivals, dans la nef d’une église ou dans un grenier.
Alors que la tournée française 2008 s’achève en véritable triomphe, le groupe a désormais envie de rencontre, découvrir de nouveaux sons, nouveaux rythmes se tournant ainsi vers d’autres horizons. Pour la fin de l’année de l’année 2008, ils seront présents sur de nombreuses scènes avec notamment un Olympia prévu le 13 Octobre.
En savoir plus - http://www.moriartyland.com - http://www.myspace.com/moriartylands
| 19 octobre 2008 | |  | |
"Najap",
Lauréats des nouveaux albums des jeunes architectes et des paysagistes
Réalisée par la Cité de l’architecture et du patrimoine, cette exposition fait partie d'une vaste campagne de valorisation destinée à faire connaître les 20 équipes retenues lors de la 4e édition des Nouveaux albums des jeunes architectes et la 2e édition des Nouveaux albums des paysagistes. Elle présente les projets et réalisations des jeunes "Najap" (architectes et paysagistes européens de moins de 35 ans ayant, en France, réalisé un projet ou participé à un concours), dans une scénographie signée par l’agence Projectiles, lauréate de la session précédente. Elle circulera ensuite en France et sera disponible à la circulation à l'étranger, ouvrant ainsi la possibilité de débats avec la communauté des jeunes architectes et paysagistes de chaque pays d’accueil. Il est à noter que, chaque année, certains lauréats sont établis à l'étranger : la présente édition a ainsi couronné des équipes installées en Italie ou au Brésil, augmentant l’intérêt de cette exposition comme "passerelle" pour le débat d’idées et les échanges d’expériences. Exposition, Paris (Cité de l’architecture et du patrimoine): 08.10.2008/25.01.2009 En savoir plus http://www.citechaillot.fr http://www2.culture.gouv.fr/nouveaux-albums
| 18 octobre 2008 | |  | |
Ce que le jour doit à la nuit , de Yasmina Khadra
Alors que les premiers textes de Yasmina Khadra évoquaient des préoccupations géopolitiques mondiales, Ce que le jour doit à la nuit est le roman du retour au pays des origines. Fils de paysan, Younès arrive à Oran suite à la faillite économique de son père. Élevé par son oncle et sa tante, il devient Jonas et se lie d’amitié avec de jeunes Français: Jean-Christophe, Fabrice et Simon. Cette amitié est mise à rude épreuve quand arrive la belle Émilie. Elle séduit tour à tour Fabrice, puis Jean-Christophe, avant d’épouser Simon. Mais, en réalité, Émilie aime follement Jonas…
En contrepoint de ce vaudeville, Yasmina Khadra donne à lire une fresque de l’Algérie coloniale dans sa dimension multiculturelle, confessionnelle, etc. Quels que soient les enjeux historiques et politiques que recèle ce roman, Ce que le jour doit à la nuit est d’abord un roman généreux sur l’amitié et une belle histoire d’amour, servi par une langue limpide et par une narration efficace.
Julliard, août 2008, 416 p., 20 euros, ISBN : 978-2-260-01758-5. En savoir plus www.julliard.fr
| 18 octobre 2008 | |  | |
"Petites histoires.com",
Kader Attou - Compagnie Accrorap / CCN de La Rochelle
Les scènes et les histoires s’entrecroisent : drôles et lègères, touchantes et d’une sensibilité à fleur de peau. Un canapé, un long fil à linge, une étrange horloge/sculpture sont manipulés par les danseurs et se transforment au gré de leurs humeurs. Cette pièce est un hommage émouvant aux pères.
"Aucune nostalgie niaise dans ce retour sur le passé du chorégraphe et de ses quatre danseurs qui vivent leurs souvenirs, si confortables soient-ils, comme d’increvables pépites de jouvence. Un canapé sur un plateau vide au-dessus duquel pend une menaçante masse de métal. Au fond, un fil à linge fait défiler des trophées modestes : bouquets de fleurs, slips et maillots de corps. La sobriété à malices du décor permet de lever en quelques secondes une table de pique-nique ou un théâtre de marionnettes derrière une nappe à carreaux rouges. Entre scènes de danse pure, souvent d’un sombre éclat, et saynètes gonflées d’énergie âpre, ces hommes se battent pour ne pas devenir les pantins de leur vies". Rosita Boisseau, Le Monde, 18 janvier 2008. En savoir plus www.accrorap.com
| 17 octobre 2008 | |  | |
Speed Caravan
Hallucinant, enivrant, efficace…voici quelques termes que l’on peut utiliser pour décrire Speed Caravan tant ce groupe peut surprendre. Leur album, "Kalashni Love" est un véritable "ovni" sur la scène électro / rock, transcendant les époques et les styles. Surprenant, grâce à la virtuosité des membres du groupe, en particulier Medhi Haddab qui, accompagné de son oud électrique, adapte des morceaux pour le moins modernes (Chemical Brothers, The Cure…) à des sonorités plus anciennes. Le tout, décuplant l’énergie positive que peuvent apporter chacune des influences utilisées. Ce qui étonne aussi chez Speed Caravan, c’est d’avoir su attribuer une énergie Rock à des morceaux traditionnels. Mais Speed Caravan, c’est aussi un véritable travail de création, tant sur le plan musical, par l’émergence d’une musique aussi métissée que rythmée, que sur le plan de la créativité visuelle. Car Speed Caravan, ce n’est pas que de la musique, c’est aussi un projet scénique, mêlant reprises déjantées et compositions de qualités, le tout orchestré par la virtuosité de ce groupe hors normes. Déjà tourné vers l’international, Speed Caravan sera encore en France le 17 Octobre au Nouveau Casino, pour aller ensuite le 22 à Londres puis au Womex le 30 Octobre.
En savoir plus www.myspace.com/speedcaravan www.myspace.com/mehdihaddabthespeedcaravan
| 15 octobre 2008 | |  | |
Le crime est notre affaire,
de Pascal Thomas
Signé Pascal Thomas, Le crime est notre affaire, dans les salles mercredi 15 octobre, permet de retrouver le duo pétillant Catherine Frot-André Dussolier de Mon petit doigt m'a dit, dans une nouvelle comédie tirée de l'oeuvre d'Agatha Christie.
Prudence Beresford (Catherine Frot), contrairement à son mari, le colonel Bélisaire Beresford (André Dussolier) s'ennuie dans son château et rêve de nouvelles aventures. Son voeu est exaucé grâce à sa vieille tante belge (Annie Cordy), qui assiste par hasard à l'assassinat d'une femme dans un compartiment de train. Il s’agit de la troisième adaptation par Pascal Thomas d’une œuvre d’Agatha Christie après Mon petit doigt m’a dit et L’heure zéro.
Avec : Catherine Frot, André Dussolier, Melvil Poupeau, Annie Cordy, Claude Rich, Chiara Mastroianni Sortie nationale : 15 octobre 2008
Pascal Thomas dans le catalogue du Ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale, à l’étranger uniquement) : Mon petit doigt m’a dit (2005) et L’heure zéro (2007) , 35 mm et DVD En savoir plus www.unifrance.org/film/28856/le-crime-est-notre-affaire
| 14 octobre 2008 | |  | |
L’Heure de la fermeture dans les jardins d’Occident, de Bruno Cessole (de)
Philippe Montclar, étudiant, rencontre, dans les allées du jardin du Luxembourg, Frédéric Stauff, philosophe autrefois reconnu, personnage singulier, qui devient son mentor. Petit à petit, Montclar réussit à entrer dans l’intimité de Stauff, qui, plus que de philosophie au sens strict du terme, lui parle de littérature et des écrivains avec lesquels il se sent en connivence. Montclar ne cesse de s’interroger sur le philosophe, sur la raison de son renoncement, sur cette relation étroite qu’il a nouée avec lui, sur ce que lui apporte ce dialogue qui le trouble… Les déambulations, les promenades, les voyages… tout est métaphorique dans ces pages, même si les situations paraissent s’enraciner dans la réalité. Stauff n’est peut-être que le double de Montclar, ou un étrange Méphistophélès venu le tenter de construire sa vie d’écrivain à rebours. Bruno de Cessole est parvenu à produire une méditation littéraire et philosophique des plus originales, qui se lit comme un roman, avec passion. La Différence, coll. "Littérature", août 2008, 398 p., 20 euros, ISBN: 978-2-7291-1776-4 En savoir plus www.ladifference.fr
| 14 octobre 2008 | |  | |
Les lauréats de Danse l’Afrique danse
Ils sont 9 artistes sur scène, tous lauréats du concours Danse l’Afrique danse, organisé à Tunis en mai 2008. Le premier prix, la compagnie Inzalo, vient d’Afrique du sud avec une proposition portée par un tryptique aux gestes mesurés. L’humour, leitmotiv de la pièce, teinte la pièce d’une apparente légèreté contrebalancée par une chorégraphique précise et juste. La compagnie Baninga est originaire du Congo et présente la pièce "Njila na Njila". Ils sont 5 danseurs sur scène, et en contre-champ trois figurants qui structurent l’espace avec harmonie. Enfin, Kaolack, interprète sénégalais déclame une pièce engagée, comme un pamphlet sur la question de l’obtention des visas, de la circulation des êtres. Une pièce solide, violente qui laisse transpirer une personnalité étonnante.
Le plateau des lauréats est en tournée en France et à l’international jsuqu’au 3 décembre 2009 : - 11 octobre : Institut Français - Casablanca - 13 octobre : Institut Français - Fes - 24 ocotbre : Théâtre des Bergeries - Noisy le Sec - 26 ocotbre : Dusseldorf - 31 octobre : Biarritz Culture - 17 novembre : Festival international de danse de Tel Aviv - 19 novembre : Jérusalem - 21 novembre : Kermiel - 2, 3 et 5 décembre : Festival “Danse d’ailleurs” : Ifs/ Alençon et Cherbourg - 9 décembre : Troyes
En savoir plus http://www.printemps-danse.planet.tn/
| 14 octobre 2008 | |  | |
"Chez Rosette"
"Chez Rosette", c’est là que tous convergent: les misérables, les fortes personnalités, les caractères singuliers, les femmes un brin nymphomanes, les hommes politiques déchus, les valides, les handicapés. Un lieu où résonnent la disparité et la richesse des différences. Une galerie de portraits brossée avec humour et réalisme. C’est donc autour de ce "maquis" que Kettly Noel propose sa nouvelle création, rythmée par des tableaux aussi singuliers que cocasses. Là, tout va se dire, se parler, se chanter et se danser. Les gestes sont étudiés, la parole aussi, le corps se dévoile dans tous ses états, du plus gracieux au mal portant.
La scénographie, elle, est portée, par un lourd échafaudage ou des constructions métalliques autour desquels les personnages et le décor se meuvent, se heurtent , se croisent… Une pièce qui touche, qui bouleverse et qui ne peut laisser indifférent.
Où voir "Chez Rosette" : le 02 Décembre représentation à Vire, le 04 représentation à Rouen, le 18 représentation à Blanc-Mesnil.
Circulation en Afrique de l’ouest en 2009.
En savoir plus www.donkoseko.org/ http://www.blonbaculture.com/pdf/theatre/rosette.pdf
| 13 octobre 2008 | |  | |
"Protokol: Prokop", Système Castafiore
Sans équivalent dans le paysage chorégraphique français, les productions de la Compagnie Système Castafiore, empreintes de lyrisme et d’humour et riches en savoir-faire multiples, mêlent danse, images, installations sonores. Une compagnie menée par deux créateurs, la chorégraphe Marcia Barcello et le metteur en scène-compositeur Karl Biscuit à l’imagination bouillonnante.
"Protokol : Prokop", dernière création présentée au Théâtre National de Chaillot en février 2008, ne déroge pas à cette tradition du fantastique. Pièce pour sept danseurs et un quintet vocal. Traitée sur le mode de la bande dessinée, mais cette fois dans un univers tout en noir et blanc qui met en valeur d’une façon toute particulière les matériaux utilisés et les formes burlesques des costumes. Histoires extraordinaires, univers magique, humour décalé, sur des musiques baroques (chœur sur scène) et électro apportant lyrisme et modernité. Danse, images et sons, le jeu entre les trois est bien présent.
En savoir plus www.castafiore-systems.com
| 13 octobre 2008 | |  | |
Kader Attia à Atlanta et Bruxelles
Le Savannah College of art d'Atlanta présente une exposition personnelle de Kader Attia intitulée "Signes de Réappropriation" dont le commissaire est Laurie Ann Farrell et qui se déroule du 22 septembre au 30 novembre. Elle comporte une installation de 2007 "Untitled (Skyline)", qui se compose de 80 réfrigérateurs mis au rebut peints en noir et recouverts de miroirs et un projet photographique réalisé durant une résidence qu'il a effectuée au SCAD d'Atlanta. Cette série explore le rapport entre les bâtiments en béton qui constituent l'environnement parisien de l'artiste et une plage d'Alger où il a passé sa jeunesse. Les jeunes qui vivent dans ces deux lieux expriment leur absence d'espoir en un futur meilleur, un manque de reconnaissance sociale, un sentiments d'échec et la marque de la souffrance qui les habitent.
Kader Attia est aussi présent dans l'exposition "Réfléchir le monde", présentée jusqu'au 11 janvier, à La Centrale Electrique à Bruxelles, par les commissaires Anne-Laure Chamboissier et Bernard Marcellis.
Kader Attia est né à Dugny en 1970 et a grandi à Garges-les-Gonesses dans la banlieue de Paris. Il arpente les détours de sa propre mémoire sans jamais tomber dans le travers identitaire: " L'art, et en particulier l'art contemporain, c'est-à-dire l'art en train de se faire, n'a pas de connotation ni par rapport à la localisation spatiale, ni par rapport à la race ou la sexualité. Il n'est pas convenable d'ériger des limites à l'art " (Kader Attia).
En savoir plus http://www.acagallery.org./
| 12 octobre 2008 | |  | |
"PPP", compagnie Non Nova, Philippe Ménard
Philippe Ménard a appris la jonglerie auprès de Jérôme Thomas. Il s'est formé à la danse, au mime, au théâtre et a créé sa compagnie Non Nova en 1998. Dans un espace imaginaire rempli de congélateurs, cet homme se délivre de ses secrets enfermés, comme pour se débarrasser du fardeau de sa nostalgie et enfin pouvoir recommencer une nouvelle vie... Sortis au fur et à mesure de la pièce, les objets congelés fondent, disparaissent, formant petit à petit une mare de larmes, une trace du temps passé. Pour Philippe Ménard, jongler avec de la glace était plus qu’un défi, du bloc congelé à la flaque d’eau, un parcours semé d’obstacles, qui finit toujours par ramener à la Position Parallèle au Plancher. Mardi 20 janvier 2009 à 20h30 : Le Parvis, scène nationale Tarbes Pyrénées – Ibos (65) Sam. 24 et Dim. 25 janvier 2009 : La Ferme du Buisson – Marne la Vallée (77) Vend. 6 et Sam. 7 février 2009 : Les Halles de Schaerbeek – Bruxelles Jeudi 19 février 2009 à 20h30 : Théâtre de Thouars (79) Vendredi 27 février 2009 à 20h30 : Auditorium des Sables d’Olonne (85) Mar. 31 mars, Merc. 1er et jeudi 2 avril 2009 à 20h30 :Théâtre Universitaire de Nantes (44)
En savoir plus http://www.cienonnova.com
| 12 octobre 2008 | |  | |
J’attends l’extinction des feux,
de Dominique Fabre
J’attends l’extinction des feux est un recueil de nouvelles poignantes qui retracent la vie d’un enfant puis d’un adolescent dans les années 1970. Soit sept histoires aux accents fortement autobiographiques, comme Le Perron, où l’on retrouve le petit garçon placé la semaine dans une famille d’accueil en montagne, dès l’âge de trois ans. Dans Mottes de terre, il est question d’un copain gitan avec qui les coups remplacent les serments. Quant à l’adolescent de la nouvelle qui donne son titre au recueil, J’attends l’extinction des feux, il se souvient de ce dortoir aux soixante-dix lits plongé dans l’obscurité, propice à tous les questionnements, notamment sur l’éloignement de ses parents. À chaque fois, il est question d’amour, de l’espoir de l’amour. Quand bien même, c’est l’apprentissage de la solitude qui marque l’enfance de ce narrateur. Ses récits ne sont pas souvent gais, mais l’écriture de Dominique Fabre ne verse jamais dans le pathos. Pudique, précise, franche, elle magnifie tous les regrets et les renoncements. Fayard, août 2008, 222 p., 17 €, ISBN : 978-2-213-63143-1
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| 11 octobre 2008 | |  | |
Les Gens du Balto, de Faïza Guène
Kiffe kiffe demain était la chronique d’une cité, vue à travers le journal d’une adolescente. Avec Les Gens du Balto, Faïza Guène change totalement de registre et embrasse le polar. La scène a lieu à Joigny-les-deux- Bouts, petite bourgade tranquille de banlieue. Dans cette cité, comme ailleurs, le quotidien est fait de routine et les gens s’ennuient. Un matin, les gens de Balto découvrent avec stupeur le patron de leur unique bar baignant dans son sang… À partir de cette intrigue, somme toute banale, Faïza Guène construit un récit choral en se glissant dans la peau de tous ses personnages. Avec Les Gens du Balto, elle montre un nouveau visage de son talent, et entend être la voix des sans-voix, comme le dit l’un de ses personnages : "Je m’appelle Joël Morvier et j’ai décidé de raconter mon histoire moi-même. Depuis trente ans, je vis au milieu des journaux alors on ne me la fait pas. Je vois très bien comment ils déforment la réalité. Je préfère me fier à ma bouche." Hachette Littératures, coll. "La fouine", août 2008, 172 p., 16,50 euros, ISBN : 978-2-01-237405-8
En savoir plus www.hachette-litteratures.com
| 11 octobre 2008 | |  | |
Lacaton & Vassal
Anne Lacaton et Jean Philippe Vassal comptent parmi les architectes les plus talentueux et imaginatifs de leur génération, qui ont reçu le 2 juillet 2008 le "Grand Prix National de l'architecture" du ministère de la Culture et de la Communication.
L’exposition qui leur est consacrée par la Cité de l'architecture et du patrimoine aborde la partie récente de leur travail - projets et réalisations - en rendant compte de leur pratique de l’architecture, véritable posture éthique entre recyclage et innovation technologique.
En liaison avec la très grande notoriété internationale de ces architectes, à la valeur de modèle qui leur est souvent donnée à l'étranger, Culturesfrance et la Cité de l'Architecture et du Patrimoine réfléchissent actuellement à une itinérance internationale de l'exposition. Exposition, Paris (Cité de l’architecture et du patrimoine): 26.11.2008/08.02.2009 En savoir plus http://www.citechaillot.fr/
| 9 octobre 2008 | |  | |
Le fou de la diagonale, Claude Parent architecte,
de Béatrice Simonot (Éd. Actes Sud)
Le livre de Béatrice Simonot n’est pas une monographie classique : il est une “sorte de roman de l’architecture”. Cet opus, tout sauf incertum, est un roman épique qui se dévore avec passion. C'est une œuvre intensément narrative qui croise la propre mémoire de Claude Parent, longuement explorée dans des entretiens au long cours, avec les regards de grands témoins (parmi lesquels Jean Nouvel en ouverture) et celui, aiguisé, admiratif mais pas dupe, de l'auteur. Une exposition, qui rassemble actuellement dans sa conception les forces et les collections de la Cité de l'architecture et du patrimoine, du Musée national d'art moderne et du FRAC Centre, se tiendra à Paris à l'automne 2009. Derrière un livre qui a sa place dans toutes les médiathèques françaises à l’étranger se profile ainsi un enthousiasmant hommage critique: affaire à suivre... En savoir plus http://www.academie-des-beaux-arts.fr/membres/actuel/architecture/Parent/fiche.htm http://www.culture.gouv.fr/nouveaux-albums/
| 8 octobre 2008 | |  | |
Camarón,
de JULAUD Jean-Joseph
Si L’Histoire de France pour les nuls et La Littérature française pour les nuls lui ont valu gloire et fortune, Jean-Joseph Julaud, ancien professeur de français et d’histoire géographie, entretient aussi une inspiration nettement plus romanesque. Il lui donne enfin libre cours aujourd’hui avec Camarón, fiction historique haute en couleurs (et en douleurs) qui retrace l’entreprise pitoyable de Napoléon ii au Mexique. Jean-Joseph Julaud s’intéresse surtout à ces Mexicains qui ont résisté, à travers une galerie de personnages tous plus originaux les uns que les autres. La culture précolombienne est d’ailleurs à l’honneur ici, l’auteur rappelant sa permanence chez les autochtones – au prix de digressions parfois trop longues. Si le romancier ne s’efface jamais devant l’historien, le mélange des deux donne un livre original, assez inclassable en fait, à la fois riche en anecdotes et plein de fantaisie.
Le Cherche Midi, coll. "Romans", août 2008, 238 p., 15 €, ISBN : 978-2-7491-1059-2
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| 8 octobre 2008 | |  | |
"Turba",
Cie Maguy Marin / CCN de Rillieux-la-Pape
Aucune des pièces de Maguy Marin n’est innocente, “Turba” désigne la multitude, la confusion, le tumulte. Tombée amoureuse d’un texte de Lucrèce “de la nature des choses” et en particulier de cette idée que la création, voire même l’organisation sociale, ne peut advenir sans le désordre. Cette pièce pour 11 interprètes est une sarabande baroque digne des films de Fellini. La lente progression vers un tumulte généralisé est magnifiquement maitrisée, décor, musique, costumes et lumières compris. Il n’y a pas de danse propre mais une formidable action scénique.
DATES 08/09 : à la Biennale de la Danse de Lyon les 26, 27, 28 et 29 septembre 08 à Toulouse les 30 et 31 janvier 09 à Paris les 3, 4, 5, 6, 7 février 09 à Strasbourg les 12 et 13 février 09 à Lille les 17 et 18 février 09 à Ibos le 3 mars 09 à Montpellier le 11 mars 09
En savoir plus www.compagnie-maguy-marin.fr Contacts : Mail : info@compagnie-maguy-marin.fr; Tel/Fax : 04 72 01 12 30/04 72 01 12 31 Adresse : 30 ter, avenue Général Leclerc, BP 106 69140 Rillieux-la-Pape Nom de l’administrateur : Antoine Manologlou
| 8 octobre 2008 | |  | |
"Iconoclastes : les Territoires de l’Esprit" à la Galerie Anne de Villepoix
Démarche originale d’une galeriste parisienne qui invite l’artiste Kader Attia en tant que commissaire d’exposition sur un projet libre. Ce dernier met à l’honneur du 10 septembre au 18 octobre 2008 à la Galerie Anne de Villepoix 10 jeunes créateurs du Maghreb, autour de la problématique iconoclaste. "Iconoclastes : les Territoires de l’Esprit", titre ambivalent comme il se doit puisque ces artistes, de culture musulmane, représentent, et bien au-delà de la représentation, expriment une réflexion et une vision du monde polymorphe. On retrouvera certains artistes comme Amal Kenawy dont on a vu notamment le travail à la Biennale de Dakar et aux Rencontres de la photographie africaine de Bamako, le photographe Malik Nejmi, Katia Kameli ou Bouchra Khalili. Cette artiste marocaine résidant en France y présente une vidéo réalisée à Istanbul, sous la neige. La caméra, installée sur un bateau traversant le Bosphore, en travelling giratoire, se superpose à la voix d’une jeune femme iranienne qui a fui son pays et rêve d’Australie. Ce travail d’une grande sensibilité, sur le thème de l’immigration autour de la Méditerranée, nous transporte dans une frontière trouble entre esthétique et documentaire, renforcée par l’étrangeté des images. On découvrira également Djamel Kokene, Driss Ouadahi, Amina Menia, Mohamed Bourouissa, Yazid Oulab et les magnifiques dessins de Younès Rahmoun. En savoir plus http://www.annedevillepoix.com/
| 8 octobre 2008 | |  | |
Khamsa, de Karim Dridi
Placé en famille d’accueil, Marco, onze ans, fugue pour retrouver le camp gitan qui l’a vu naître aux abords de Marseille. Moitié gitan et moitié arabe, Marco, abandonné par les siens et rejeté par les deux communautés, est livré à lui-même et se cherche. De vols en combats de coq , de bagarres en cambriolages, accompagné de Tony le nain, son cousin, de Coyotte son ami d’enfance gitan et de Rachitique, un jeune Arabe d’une cité voisine, Marco ne souhaite qu’une seule chose : trouver sa place dans un monde qui se passe de lui.
Ce film est un véritable coup de poing et coup de cœur, en particulier pour son interprète principal, le jeune Marc Cortès.
Avec: Marc Cortes, Raymond Adam, Simon Abkarian, Tony Fourmann, Mehdi Laribi Sortie nationale: le 8 octobre 2008
Karim Dridi dans le catalogue du Ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement): - Bye bye, téléchargeable sur www.mae.universcine.com - Un portrait de Karim DRIDI (collection Faiseurs d’images) de Philippe Freling (1999 13min vidéo) En savoir plus http://www.unifrance.org/film/28810/khamsa www.khamsa-lefilm.com
| 8 octobre 2008 | |  | |
La frontière de l’aube, de Philippe Garrel
Un jeune photographe est hanté par le spectre d’une femme passionnément aimée et qui s’est suicidée… Adapté d’une nouvelle de Théophile Gautier, le film de Philippe Garrel, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, met en scène Louis Garrel et Laura Smet dans un magnifique noir et blanc qui sied parfaitement à la tonalité fantastique de l’histoire.
Avec: Louis Garrel, Laura Smet, Clémentine Poidatz Sortie nationale: 8 octobre 2008
Sélection festival:Cannes 2008 – compétition
Philippe Garrel dans le catalogue du Ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement): Les amants réguliers, 2005, 35 mm et DVD Les ministères de l'art, 1988 (documentaire) Philippe Garrel, artiste de Françoise Etchegaray (1998, série "Cinéma, de notre temps" - documentaire) En savoir plus http://www.unifrance.org/film/28659/la-frontiere-de-l-aube
| 7 octobre 2008 | |  | |
Trois hommes seuls, de Christian Oster
Romancier confirmé Christian Oster a su conquérir son public par sa manière tourmentée et souriante d’aborder le monde qui l’entoure. À la fois présent et insaisissable, de parole et fuyant, curieux d’inattendu et ne le supportant pas, tel se montre son narrateur, improvisant un voyage avec deux hommes qu’il connaît à peine, pour quelques jours en Corse. Le prétexte : une chaise à rendre à Marie qui séjourne là-bas, une chaise ayant appartenu au père de Marie et à laquelle elle tient. Sous une apparence de légèreté, l’univers intérieur qu’Oster donne à lire est un monde clos, ambivalent, où l’on respire mal. L’écriture volontairement tâtonnante, moins en quête de beauté que d’expression juste des chemins torturés d’un esprit qui se cherche, traduit bien cette subjectivité contemporaine qui se cherche sans se trouver, fuit plus qu’elle ne voyage, et finalement effleure le bout des choses et des êtres comme par crainte de les prendre à bras-le-corps. Éd. de Minuit, septembre 2008, 176 p., 13 euros, ISBN : 978-2-7073-2050-6
En savoir plus www.leseditionsdeminuit.fr
| 6 octobre 2008 | |  | |
Claude Lévêque : Toulouse, Béthune, Venise…
Claude Lévêque, créateur d'installations spectaculaires, est invité à représenter la France à la Biennale de Venise en juin 2009. En attendant de découvrir ce qu’il nous réserve pour le Pavillon français, nous avons pu découvrir à Toulouse, où s'est tenu jusqu’au 19 octobre le Printemps de Septembre, l’installation "Rendez-vous d’automne". Conçue in situ, sur le thème "Là où je vais, je suis déjà", l’œuvre nous agite entre impulsion possible d’un mouvement à jamais frustré par divers obstacles : panneaux de circulation renversés, un matelas bouchant une ouverture sur l’extérieur du bâtiment. L’artiste, suivant comme souvent dans son travail l’inspiration du lieu, nous y fait vivre un enfermement mental, amorti pourtant par un sol de copeaux et de terre. Il expose également à Béthune au Lab-Labanque du 11 octobre au 31 janvier pour l’exposition intitulée "La Rumeur des batailles". Là, dans l’immeuble de la Banque de France devenue aujourd’hui centre d’art, il a travaillé sur une installation poignante, dans un univers quasi cinématographique, évoquant David Lynch. Il a également invité deux jeunes artistes qui occupent les deux étages supérieurs : Jonathan Loppin et Sophie Dubosc. En savoir plus http://www.claudeleveque.com http://www.larumeurdesbatailles.fr http://www.lab-labanque.fr
| 5 octobre 2008 | |  | |
Le Fait du prince, d'Amélie Nothomb
Tout commence par une mise en garde : "Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police. Appelez un taxi et dites-lui de vous conduire à l’hôpital avec cet ami qui a un malaise. Le décès sera constaté en arrivant aux urgences et vous pourrez assurer, témoin à l’appui, que l’individu a trépassé en chemin. Moyennant quoi, on vous fichera la paix." Baptise Bordave en prend bonne note mais, lorsqu’un individu s’effondre devant sa porte, ne résiste pas à la tentation et usurpe l’identité de ce mort qui lui ressemble vaguement. Il devient Olaf Sildur, richissime citoyen suédois, domicilié à Versailles, dans une grande et belle demeure où l’attend sa ravissante épouse. Laquelle ne semble pas étonnée de le voir débarquer…
Le Fait du prince multiplie les surprises. Aussi énormes soient-elles, le lecteur se laisse piéger. Le suspens est exquis, malgré une fin un peu précipitée… Façon de rappeler, peut-être, qu’Amélie Nothomb n’en fera toujours qu’à sa tête… Albin Michel, coll. "Romans français", août 2008, 180 p., 15,90 euros, ISBN : 978-2-226-18844-1 En savoir plus www.albin-michel.fr
| 5 octobre 2008 | |  | |
Biennale de Gwangju
Le célèbre commissaire d’exposition nigérian Okwui Enwezor est le directeur artistique de la 7ème Biennale de Gwangju qui a lieu en Corée du Sud du 5 septembre au 9 novembre 2008. Utilisant la notion d’espace de rencontre que sont ces grands rendez-vous internationaux de l’art dans le monde, la Biennale explore les notions d’échange culturel, mettant en place une frontière souple et poreuse entre le contexte et la pratique, la forme et le médium, l’artiste et le système, l’institution et le local. Cet axe qui réunit des artistes de chaque continent dans une expérimentation du frottement du contemporain a été confié à plusieurs commissaires d’expositions et se constitue en sortes de modules de propositions artistiques qui donnent une grande dynamique à l’ensemble, tentant de refléter le réseau incommensurable des expériences de la culture globale au sein du calendrier des rendez-vous de l’art contemporain. On y aura remarqué en particulier deux projets portés par deux jeunes commissaires d’expositions talentueux. L’un est marocain, l’autre est antillaise. Abdellah Karroum dirige un lieu de création unique au Maroc, L’Appartement 22, et Claire Tancons, installée aux États-Unis, prépare actuellement la Biennale de Nouvelle Orléans qui a lieu en novembre 2008. Deux noms à retenir. Légende photographie: Mario Benjamin, en collaboration avec André Eugène, Jean-Hérard Céleur, et Guyodo, Installation, Port au Prince En savoir plus www.gb.or.kr/2008gb/eng/
| 4 octobre 2008 | |  | |
Miserere,
de Jean-Christophe Grange
Avec Miserere, J.-C. Grangé signe son meilleur thriller depuis Les Rivières pourpres. Tous les ingrédients sont réunis pour un polar obsédant qui ravira les amateurs de nuits blanches et de sensations fortes. Le roman s’ouvre par la découverte du cadavre d’un organiste en plein coeur d’une église arménienne à Paris. Le modus operandi est particulièrement original : l’homme est mort de douleur, une crise cardiaque survenue brutalement après que la victime s’est fait violemment perçer les tympans. Deux inspecteurs en mal avec leur hiérarchie se lancent dans cette enquête qui s’annonce plus complexe qu’il n’y paraît.
Miserere est un roman machiavélique. Grangé manipule le lecteur et crée une intrigue diabolique. Les deux flics brisés cachant des traumatismes insoupçonnables, deviennent vite attachants. De rebondissement en rebondissement, on en apprendra long sur la musique classique, les dictatures sud-américaines et leurs relations troubles avec les anciens hauts dignitaires nazis. La musique adoucit les moeurs ? À la lecture de Miserere, rien n’est moins sûr…
Albin Michel, coll. "Thrillers", septembre 2008, 528 p., 22,90 €, ISBN : 978-2-226-18846-5
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| 4 octobre 2008 | |  | |
Quand François-Frédéric Guy donne rendez-vous à Beethoven...
Intégrale des Sonates et des Concertos pour piano.
Les nombreux enregistrements que François-Frédéric Guy a déjà consacrés aux Sonates de Beethoven, tous célébrés par la critiques, sont en passe d’être complétés par l’Intégrale des Concertos enregistrés chez Naïve (Orchestre Philharmonique de Radio France, direction Philippe Jordan), entre mars 2008 et février 2009. Simultanément, ces concertos vont être interprétés en concert, notamment avec leur intégrale donnée à la Salle Pleyel entre février 2009 et juin 2010. Côté sonate, là encore le pianiste multiplie les récitals, et il donne l’intégrale des 32 Sonates à plusieurs reprises, comme il a pu le faire au Printemps des Arts de Monte-Carlo du 7 au 13 avril 2008 et comme il le propose actuellement à Paris. Prochains concerts: 16-25 janvier 2009, Intégrale des Sonates (Washington - Maison française); 6 février 2009, Concerto n°1 en do majeur opus 15 avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France
dirigé par Philippe Jordan (Salle Pleyel - Paris); 20 février 2009, Concerto n°5 « Empereur » avec le Göteborgs Symfoniker dirigé oar Sylvain cambreling (Concert Hall – Göteborg).
En savoir plus Cité de la musique : www.cite-musique.fr/francais/evenement.asp François-Frédéric Guy : www.ffguy.com Naïve : www.naive.fr Van Walsum Management : www.vanwalsum.com/artists/ffg.php
| 3 octobre 2008 | |  | |
Les Accommodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois
Paul Stern, quinquagénaire toulousain, écrivain et scénariste, a eu sa dose de drames : son épouse a sombré dans la dépression ; son oncle Charles, un riche homme d’affaires m’as-tu-vu, est mort et Alexandre, le frère de ce dernier, s’est mis à lui ressembler : en héritant des biens de Charles, Alexandre, auparavant austère et profondément croyant, est devenu un parvenu de la pire espèce, extrêmement grossier. Paul ne sait plus où il en est. L’occasion de partir à Los Angeles et de réécrire le scénario d’un film français pour l’adapter aux normes américaines lui est offerte. Mais ce serait évidemment trop simple… De Toulouse à Hollywood, Jean-Paul Dubois explore habilement le délitement d’une famille française, avec pour fil rouge cette phrase de Norman Maclean, tirée de La Rivière du sixième jour : "Ceux avec qui nous vivons, qui nous sont proches et que nous sommes censés connaître le mieux, sont ceux qui nous échappent le plus." Éd. de l’Olivier, coll. "Littérature française", août 2008, 264 p., 21 euros, ISBN : 978-2-87929-554-1 En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 3 octobre 2008 | |  | |
Palimpsestes à la Galerie Xippas, Paris
Un palimpseste est un texte qui se lit après le grattage sur un parchemin d’un texte antérieur. Départ d’une réflexion transposée aux arts visuels pour cette exposition présentée à la Galerie Xippas jusqu’au 10 octobre 2008 et à la Réserve (Pacy sur Eure) jusqu’au 20 décembre. Il n’est pas rare de lire ou d’entendre des propos sur des œuvres de jeunes artistes auxquelles on reproche des ressemblances "malheureuses" avec celles d’autres qui seraient par opposition plus légitimes, puisque antérieures. Le Palimpseste semble plus que jamais le bon prétexte pour fustiger un artiste, pour se sentir investi d’une autorité sentencieuse. Pourtant l’argument est faible. L’œuvre d’art est toujours douteuse. L’artiste se fait continuellement l’interprète d’un autre à son insu. L’histoire de l’art est une nébuleuse d’emprunts plus ou moins volontaires, où l’artiste est le suspect idéal d’un délit d’initié. Cette exposition sur deux espaces, à la Galerie et à la Réserve, rassemble des artistes de la Galerie ou non, en majorité français. Exposition passionnante où l’on verra les œuvres de Fayçal Baghriche, Bertille Bak, Yves Bélorgey, Dominique Blais, Nicolas Boulard, Jean-Marc Chapoulie, Isabelle Cornaro, Ian Dawson, Matthew Day Jackson, Claire-Jeanne Jézéquel, Nicolas Floc’h, Aurélien Froment, Mark Geffriaud, Vera Lutter, Melvin Motti, Vik Muniz, Loïc Raguénès, Philippe Ramette, Jorge Satorre, Denis Savary, Janaina Tschäpe.
En savoir plus http://www.xippas.com
| 3 octobre 2008 | |  | |
De loin on dirait une île,
d'Éric Holder
Éric Holder nous écrit depuis une "presqu’île" plus entourée de vignes que d’eau: le Médoc. Le livre s’apparente à une série de chroniques, portraits peints à hauteur d’homme, moments suspendus dans la grâce d’un printemps, d’un automne, visite courtoise et émue à la faune, tentatives périlleuses de se faire adopter par un pays où la xénophobie ne nécessite pas de trouver beaucoup de différences en l’autre pour s’exercer. Ça pourrait être, dans le plaisir de lecture qu’il procure, un livre léger : la proximité de la voix qu’on y entend, la simplicité des situations, leur banalité le rendent immédiat, évident. Mais son art est de donner à sa phrase une lumière qui révèle, mieux que des centaines de pages, un pays, un homme, un sentiment. Dans cette approche lente d’un territoire, la modestie du narrateur impose une économie de moyens d’où sourdent littérature et poésie. À un moment, le néo-Médoquin évoque Roger Nimier et Antoine Blondin : cela suffit à se dire qu’Éric Holder est bien un enfant des hussards. Le Dilettante, août 2008, 192 p., 16 euros, ISBN: 978-2-84263-160-4. En savoir plus www.ledilettante.com
| 2 octobre 2008 | |  | |
"Futurotextiel 08"
Le textile devient technique, innovant et intelligent.
"Futurotextiel 08" aborde ces questions de manière insolite en mêlant art, science, technologies, design et architecture, et en nous plongeant dans la métamorphose radicale que connaît actuellement la filière textile.
Cette exposition, sur 2 500 m2, est une occasion unique de découvrir les applications et les œuvres les plus récentes de créateurs qui ont su tirer parti des nombreuses possibilités offertes par ces matériaux fascinants, comme des tissus photoluminescents, des concept-cars aux matériaux composites à forte qualité environnementale ou encore des vêtements interactifs.
Dès 2009, un module itinérant de 400 m2, "TextiModule", reprenant l’essentiel de l’exposition entamera une tournée internationale gérée par Culturesfrance et Lille 3000. En savoir plus http://www.futurotextiel.com
| 1er octobre 2008 | |  | |
Séraphine,
de Martin Provost
Sur les écrans français depuis le 1er octobre, un film de Martin Provost , avec Yolande Moreau, Ulrich Tukur, Anne Bennent.
Une femme de la campagne un peu illuminée, interprétée par Yolande Moreau, est employée comme domestique dans des familles bourgeoises au début du XXe siècle. Elle atteindra une brève notoriété comme peintre primitif.
L’héroïne a existé : Séraphine Louis, née en 1864 dans l’Oise et morte en 1942 dans un hôpital psychiatrique, a peint de nombreuses toiles. À l’occasion de la sortie du film, dix-sept d’entre elles sont exposées à Paris jusqu’au 5 janvier 2009 au Musée Maillol.
Avec: Yolande Moreau, Ulrich Tukur Sortie nationale: 1er octobre 2008
Martin Provost dans le catalogue du Ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement): Le ventre de Juliette (2001), téléchargeable sur www.mae.universcine.com En savoir plus www.seraphine-lefilm.com www.unifrance.org/film/28476/seraphine
| 28 septembre 2008 | |  | |
Ezekiel
Avec la sortie de leur premier album en 1999 « Equalize-it », Ezekiel annonça la naissance d’une nouvelle scène électro française, se nourrissant des multiples possibilités qu’offre la musique électronique et s’inspirant d’horizons divers. On notera par exemple les collaborations avec Yann Tiersen ou encore le Meï Teï Shô. Chaque concert est une véritable invitation au voyage musical entre dub et trip-hop, en passant par la techno sombre, le tout accompagné d’un show visuel digne des plus grandes productions. Définitivement Ezekiel, n’est pas seulement un concert, c’est une véritable performance artistique dans laquelle le public sera immergé pour une expérience musicale singulière.
Fort du succès de la tournée française qui va bientôt s’achever, Ezekiel travaille à show spécifique pour l’international, tout en garantissant des performances musicales et visuelles de haut niveau.
Pour ceux qui veulent bénéficier de cette expérience en France, Ezekiel est encore en tournée et sera présent sur plusieurs évènements comme au Festival de Marne le 18/10 ou à La Cigalle à Paris le 05/11.
En savoir plus http://www.myspace.com/ez3kielmyspace http://www.ez3kiel.com/
| 24 septembre 2008 | |  | |
Qui comme Ulysse. Nouvelles en partance,
de Goerges Flipo
Qui comme Ulysse annonce qu’il sera question de voyage; de ses charmes, pas forcément, d’où la suppression du "heureux" sans doute… Nouvelles en partance, précise le sous-titre. Et c’est là tout l’intérêt de ces quatorze nouvelles, aux antipodes du folklorisme complaisant et des promesses d’évasion rarement tenues. L’auteur pose sur l’autre et l’ailleurs un regard vif, lucide, tantôt impitoyable, tantôt attendri, souvent drôle. Qu’il soit question de voyages, d’exil, de retour au pays, de ceux qui restent mais partent dans leur tête, de ceux qui partent loin pour mieux s’affranchir de la loi, Georges Flipo ne distribue pas les bons et les mauvais points, il reste sur le fil de l’humain toujours prêt à basculer du bon comme du mauvais côté… Anne Carrière, août 2008, 254 p., 18 €, ISBN : 978-2-84337-500-2
| 24 septembre 2008 | |  | |
Entre les murs,
de Laurent Cantet
Librement inspiré du roman éponyme de François Bégaudeau (Gallimard), Entre les murs met en scène un jeune professeur de français et des élèves de 4ème dans un collège difficile à Paris. Entre documentaire et fiction, le film restitue avec un naturel saisissant le quotidien d’une classe de français tout en s’interrogeant sur les inégalités sociales en France et sur les moyens d’y remédier. Après avoir remporté la première Palme d’Or française depuis 1987 au dernier Festival de Cannes, promis à une longue carrière internationale, le film a été sélectionné pour représenter la France dans la catégorie du meilleur film étranger aux Oscars et sortira bientôt en Europe, sur le continent américain, mais aussi en Asie, notamment en Corée et en Inde, d’après son producteur Haut et Court. Avec: François Bégaudeau Sortie nationale : 24 septembre 2008 Palme d’Or Cannes 2008
Laurent Cantet dans la catalogue du Ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale, à l’étranger uniquement): Ressources humaines et Vers le sud, téléchargeables sur www.mae.universcine.com En savoir plus www.entrelesmurs-lefilm.fr/site/ www.unifrance.org/film/28469/entre-les-murs
| 18 septembre 2008 | |  | |
Un chasseur de lions, d'Olivier Rolin
D’abord, un livre qui s’ouvre sur une peinture et qui allie l’observation à l’écriture pour décrire un tableau de Manet. Puis un homme : Eugène Pertuis fut de différentes aventures, qu’il vécut et s’inventa, poursuivant un rêve à travers la Terre de Feu, et ailleurs. À la fin du XIXe siècle, Pertuis rencontre et "reconnaît" Manet. L’aventurier plaît au peintre : il en fera ce tableau de chasseur de lions qui donne son titre au livre. Il n’y a pas ici qu’un duo porté par l’allégresse mélancolique de la phrase d’Olivier Rolin. Dans les visages de ces deux hommes, l’écrivain identifie cette partie de nous-mêmes qui part pour l’aventure à travers le monde, et surtout témoigne, avec distance, non sans émotion, de ses rencontres fortuites avec cet aventurier qu’il ne connaissait pas avant d’en apercevoir les traces ici et là.
À l’écart des modes, Oliver Rolin poursuit une œuvre ouverte mais sans facilités… captivante ici, tant cet explorateur, magnétiseur, trafiquant d’armes et amateur d’art nourrit un récit rocambolesque.
Éd. du Seuil, coll. "Fiction & Cie", août 2008, 234 p., 17,50 euros, ISBN : 978-2-02-084649-3
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 17 septembre 2008 | |  | |
Crack,
de Tristan Jordis
Ce premier roman est d’abord le constat d’un échec : Tristan Jordis, jeune diplômé d’une école de journalisme, décide de réaliser un documentaire sur les consommateurs de crack dans les quartiers nord de Paris. Il comprend rapidement que la caméra n’est pas l’instrument le mieux perçu et, à mesure qu’il s’immerge dans ce milieu interlope, se met à écrire. Ce sont ces notes qui forment le coeur de Crack, un livre sulfureux, toxique, qui marque au fer rouge. La force de ce récit est de prendre le contre-pied parfait de ce que pourrait laisser sous-entendre le titre : pas de descriptions graveleuses et complaisantes de la toxicomanie, pas d’apologie rebelle et idéaliste de la défonce urbaine, mais pas de diabolisation non plus, ni de jugements désincarnés et péremptoires sur l’addiction. Jordis promène un regard bienveillant, plein d’empathie sur toutes ces personnes en marge de la société. Il dépasse les clichés pour dresser un tableau terriblement humain, fait de grandeur et de petitesse. De ce souci d’honnêteté, il sort grandi. À défaut d’un documentariste, un écrivain est né…
Éd. du Seuil, coll. "Cadre rouge", août 2008, 350 p., 19,90 €, ISBN : 978-2-02-097255-0
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| 17 septembre 2008 | |  | |
La belle personne,
de Christophe Honoré
Junie, 16 ans, est courtisée par deux garçons, mais se refuse obstinément à vivre le grand amour… Après Dans Paris et Les Chansons d’amour, Christophe Honoré clôt sa trilogie parisienne en transposant avec subtilité La Princesse de Clèves dans une cour de lycée. Le cinéaste conserve le cœur du récit avec un glissement des codes de la cour du roi Henri II à la cour des adolescents, portrait de la jeunesse d’aujourd’hui. Louis Garrel impose son aura de séducteur insouciant, pris au piège des sentiments dans le trio interprété par Grégoire Leprince-Ringuet et Léa Seydoux.
Avec: Louis Garrel, Léa Seydoux, Grégoire Leprince-Ringuet Sortie nationale le 17 septembre 2008 Christophe Honoré dans le catalogue du Ministère des Affaires étrangères (diffusion non commerciale, à l’étranger uniquement): Les chansons d’amour (2007), 17 fois Cécile Cassard (2002) – 35 mm et DVD En savoir plus www.unifrance.org/film/29730/la-belle-personne www.labellepersonne-lefilm.com
| 17 septembre 2008 | |  | |
C’est dur d’être aimé par des cons,
de Daniel Leconte
Pour avoir reproduit les caricatures danoises du prophète Mahomed ayant déclenché la colère des musulmans dans le monde, Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, journal satirique français, est assigné en justice. Procès hors norme filmé en temps réel par Daniel Leconte pour en décrypter les enjeux politiques internationaux, médiatiques et idéologiques. Tous les acteurs sont réunis : avocats, témoins, médias, intellectuels, hommes politiques, conférences de rédaction, manifestations de soutien. Ce film marathon passionnant raconte les deux jours de ce procès qui suscita en France un immense débat. Réflexion sur l'Islam, sur la presse, sur l'état de l'opinion dans la société française, mais aussi tentative de réponse aux défis lancés par l'intégrisme à toutes les démocraties.
Sortie nationale : le 17 septembre 2008
Sélectionné au 61ème Festival de Cannes - hors compétition en « séance spéciale » - et présenté dans de nombreux festivals dans le monde (New York, Rio de Janeiro, Helsinki, Mostra de Sao Paulo)
En savoir plus www.unifrance.org/film/29585/c-est-dur-d-etre-aime-par-des-cons
| 14 septembre 2008 | |  | |
L’Inconnu d’Aix,
d'Alexandre Glikine
Comment expliquer qu’un morceau de musique fasse soudain surgir des visions, voire des hallucinations auditives, et que des détails tangibles de ce rêve éveillé se retrouvent dans la réalité de tous les jours ? Quel statut donner au personnage qui en émerge, issu tout droit du xviiie siècle et qui est si familier que… ? N’en disons pas trop. Ce premier roman est très réussi. Porté. Inspiré. On peut le lire de plusieurs façons, comme un récit fantastique, comme un roman poétique… Où ces sons puisent-ils le pouvoir de vous transporter dans le temps et de vous ouvrir aussi bien le monde présent que la mémoire ? Où se situe la frontière ténue, mouvante et radicale entre l’imaginaire et le réel ? Plus que la réponse, conjoncturelle et provisoire, c’est la question qui est vivante, ouvrant sur le voyage dans l’espace et le temps, et qui traverse les siècles en interrogeant ces animaux poétiques que sont, potentiellement, les humains. La Différence, coll. "Littérature", août 2008, 144 p., 15 €, ISBN : 978-2-7291-1767-2
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| 4 septembre 2008 | |  | |
Qui touche à mon corps je le tue,
de Valentine Goby
Valentine Goby ne craint pas d’aborder des thèmes lourds et dérangeants. Son livre, au titre menaçant, Qui touche à mon corps je le tue, s’attache au drame de l’avortement quand il s’agissait encore d’un crime, joue cette fois une partition à trois voix. Un choeur lugubre entre Lucie L., la femme qui est en train d’avorter, Marie G., la faiseuse d’anges condamnée à mort, et Henri D., le bourreau. En l’espace de vingt-quatre heures, le temps qui reste avant l’exécution de Marie, l’auteur donne la parole à chacun de ses personnages. Ils ne se connaissent pas, ne se voient pas, mais leurs pensées finiront par se rejoindre. Des pensées à vif... En fait, la force de ce roman tient dans son découpage temporel : en guise de chapitres, Valentine Goby a distingué cinq parties, "L’aube", "Midi", "16 h", "22 h", "L’aube". Un compte à rebours émouvant et intense, qui fait oublier l’issue trop certaine. Gallimard, coll. "Blanche", août 2008, 136 p., 13,90 €, ISBN : 978-2-07-02057-4. Également disponible dans la collection "Écouter lire", 3 CD, 3 h 30 min, 22 €, ISBN : 978-2-07-012233-2
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