 | | 30 juin | |  | |
Fais-moi plaisir!,
d'Emmanuel Mouret
Ariane est persuadée que son compagnon Jean-Jacques fantasme sur une autre femme. Pour sauver son couple, elle lui demande d’avoir une aventure avec celle-ci, pensant qu’il s’agit du meilleur remède pour le libérer. Lorsque Jean-Jacques se rend chez cette femme qu’il connaît à peine, il ne sait pas encore qu’il s’agit de la fille du Président de la République...
Il est de la Party On pense forcément à La Party de Blake Edwards en assistant aux déboires du héros, qui commet des maladresses en série au cours d'une soirée mondaine... "Blake Edwards fait vraiment partie des réalisateurs de mon adolescence, surtout avec The Party", reconnaît Emmanuel Mouret. "Le film est non seulement envoûtant, drôle, beau, élégant, mais aussi profond, surtout grâce à l'interprétation de Peter Sellers. Moi je joue Comme dans ses précédents films, Emmanuel Mouret interprète lui-même le rôle principal. Il confie : "A chaque fin de film, je me dis qu'il faut que j'arrête de jouer mais... Si j'ai commencé à jouer dans mes courts métrages, c'était naïvement pour faire pareil que des cinéastes que j'admire : Woody Allen, Jacques Tati, Jerry Lewis, Sacha Guitry, Buster Keaton... J'aimais dans leur film l'ironie et la complicité que leur présence produit avec le spectateur. Et puis, j'ai observé que lorsqu'un metteur en scène joue dans son propre film, on oublie plus facilement les précédents rôles des acteurs connus qui l'entourent. Cela rend le film plus personnel."
Avec : Judith Godrèche, Déborah François, Frédérique Bel, Emmanuel Mouret, Dany Brillant, Jacques Weber
Sortie nationale : 24 juin
Emmanuel Mouret dans la catalogue de Culturesfrance : Changement d’adresse (35 mm et DVD)
En savoir plus www.unifrance.org/film/29955/fais-moi-plaisir
| 18 juin | |  | |
J.-M. G. Le Clézio,
Gérard de Cortanze
Sorti de sa chambre d’adolescence, revenu de ses incursions chez les Indiens, de ses recherches de signes codés, de ses combats pour l’homme, Le Clézio sait que, depuis Le Procès verbal, son premier livre publié en 1963, et pour lequel il reçut le prix Renaudot, il a mis en marche une machine littéraire qui ne cesse de creuser dans la direction de Valmy, village que son ancêtre François Alexis Le Clézio a quitté pour prendre la mer. C’est là, pour lui, que le magnétisme de l’île Maurice commence. Divisé en sept chapitres, accompagné d’une anthologie, d’une chronologie, d’une bibliographie et d’un cahier iconographique, l’essai de Gérard de Cortanze aborde les grands thèmes de l’œuvre de Le Clézio : l’appréhension sensuelle du monde, l’exploration de l’enfance et de l’histoire familiale, le voyage et les peuples amérindiens, la nostalgie des mondes premiers. Il nous dit pourquoi le prix Nobel de littérature 2008 sait, plus que nul autre, nous faire éprouver le désir du réel, nous donner à voir ce qui existe. En un mot : nous offrir un savoir acquis non avec l’abstraite intelligence, mais avec les sens, mais avec la vie.
La collection « Auteurs » présente des figures majeures de la pensée et des littératures françaises contemporaines (écrivains, penseurs, philosophes). Destinés à un large public, les ouvrages se composent d’un essai sur l’œuvre, d’une anthologie, d’une bio-bibliograhie actualisée, d’un cahier iconographique et d’un CD audio d’enregistrements des archives de l’Institut national de l’audiovisuel.
Culturesfrance éditions/Gallimard, coll. « Auteurs », avril 2009, 160 p., ill. n. & b. et coul. + 1 CD audio, 19 €, ISBN : 978-2-07-012-626-2 En partenariat avec l’Ina
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| 17 juin | |  | |
Olivia Ruiz
Olivia Ruiz est une artiste terrienne au sang chaud, aérienne au cœur tendre, qui, dans son dernier album « Miss Météores » (2009), déploie une prose joueuse chevillée autour de thèmes introspectifs, sublimés par les arrangements concoctés sur mesure par le tandem Mathias Malzieu et Alain Cluzot. Fidèle à ses précédentes compositions, Olivia Ruiz ouvre grand son univers musical à plusieurs autres artistes. La liste de ses collaborations ne cesse de s’allonger. Après Chet, Juliette, les Weepers Circus, Néry, Christian Olivier (Têtes Raides), Oxmo Puccino, Salavatore Adamo, Brigitte Fontaine, Mathias Malzieu ou encore Cali, on retrouve, sur son dernier album, le groupe français Coming Soon, les anglais The Noisettes mais aussi, Lonely Drifter Karen et le rappeur canadien Buck 65. En résulte une atmosphère mâtinée de guitares du far-west et de cordes mélodieuses, empruntant çà et là aux univers de Tom Waits, Tim Burton, Lee Hazelwood ou encore Ennio Moricone. Depuis son album « La femme chocolat » (2005), vendu à plus d’un million d’exemplaires, avec lequel elle a remporté deux victoires de la musique (artiste féminine de l’année et spectacle musical de l’année), Olivia Ruiz est partie en tournée à travers la France et en Espagne, partager la version espagnole « La chica chocolate ». Elle s’est ensuite attelée à l’écriture de chansons pour Juliette Gréco et a également produit l’album d’un rappeur au Burkina-Faso dans le cadre humanitaire. Son concert à l’Olympia le 29 mai a été un franc succès, elle sera de retour à Paris les 18 et 19 novembre prochains au Zénith.
9 Personnes sur scène. 12 en tournée
Contact : Yann Dernaucourt/Astérios Spectacles dernaucourt@ asterios.fr 01 53 36 04 70 68, rue de la Folie-Méricourt - 75011 Paris
En savoir plus www.olivia-ruiz.com
| 17 juin | |  | |
Les beaux gosses, de Riad Sattouf
Hervé, 14 ans, est un ado débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, qui vit seul avec sa mère. Au collège, il s’en sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe...
Le réalisateur Riad Sattouf est né à Paris en 1978. Auteur de bande dessinés depuis 2000, il a également collaboré en tant qu'illustrateur pour de nombreux journaux et magazines parmi lesquels : Les Inrockuptibles, Teknikart ou encore Charlie Hebdo pour lequel il réalise une chronique hebdomadaire : La vie secrète des jeunes qui a grandement inspiré son film au même titre que sa bande dessinée paru en 2005 : Retour au collège. Avec Les beaux gosses , Riad Sattouf réalise son premier long métrage.
Auto-biographique ? Même si Les beaux gosses s'inspire forcement de sa propre expérience de l'adolescence Riad Sattouf ajoute cependant : " Ce n'est pas un film directement autobiographique. J'étais un adolescent timide, sans histoire. Si j'avais raconté mon adolescence, je pense que cela aurait été ennuyeux .(...) Mais les rapports que j'avais avec mes copains de l'époque étaient proches de ce que je montre. Nous avions des voix très efféminés, des noms ridicules (enfin surtout pour moi) et des physiques chétifs. "
Avec : Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Trémolières, Noémie Lvovsky, Emmanuelle Devos, Irène Jacob, Valerio Golino
Cannes 2009 Les Beaux gosses a été présenté en Sélection officielle de la 41ème Quinzaine des Réalisateurs.
Sortie nationale : 10 juin
En savoir plus www.unifrance.org/film/29691/les-beaux-gosses
| 12 juin | |  | |
Le Promenoir magique et autres poèmes 1953-2003,
Jean-Claude Pirotte
Essentiellement connu pour son œuvre en prose, Jean-Claude Pirotte est plus secrètement – et peut-être d’abord – un poète comme on n’en fait plus guère, l’un des rares en tout cas à manier aujourd’hui la rime et la métrique ancienne sans paraître désuet. Renouant au contraire avec un rythme et des assonances sans âge, ses complaintes ont une évidence immédiate, une gravité aussi qui leur ôtent tout ce qu’elles pourraient avoir d’anachronique si on ne les sentait aussi intimement fondées. Le recueil que publie La Table Ronde le confirme amplement, ne serait-ce que par son volume – près d’un millier de pages… – et établit Pirotte comme un poète beaucoup plus affirmé que ses publications antérieures ne l’avaient laissé croire. L’ouvrage comporte deux versants : une masse impressionnante (400 pages) de poèmes de jeunesse, écrits dans les années 1950 et demeurés inédits ; et la reprise d’une demi-douzaine de recueils parus ces vingt dernières années, auxquels s’ajoute la suite inédite, quasi testamentaire – et tout à fait bouleversante – qui donne son titre à l’ensemble. La mémoire du nord et des déserts de l’enfance s’y mélange aux paysages du présent dans une langue populaire et savante à la fois, d’une limpidité parfaite et d’un trouble constant. Plus qu’une redécouverte – osons le terme : une révélation.
Yves di Manno
La Table Ronde, avril 2009, 920 p., 19 €, ISBN : 978-2-7103-3060-8
En savoir plus www.editionslatableronde.fr
| 10 juin | |  | |
Mathieu Boogaerts
L’image de l’artiste lunaire et mélancolique lui a longtemps et talentueusement collé à la peau, mais le dernier album de Mathieu Boogaerts « I Love you » sorti en novembre 2008, évoque autre chose. La batterie est chef de file d’une nuée/succession de compositions « franglaises » aux rythmes funk, reggae agrémentées de chœurs et de synthétiseur. Mathieu Boogaerts chante plus fort, plus court, moins mélodique, moins mélancolique. Un audacieux mélange doux-amer d’humour décapant et de beat minimaliste. Rappelons quelques-unes de ses nombreuses collaborations avec notamment Vincent Delerm, JP Nataf et bien sûr, Mathieu Chédid, ami d’enfance sans oublier Dick Annegarn, artiste néerlandais.
5 Personnes sur scène. 8 en tournées
Contact : Olivier Touati / Auguri Productions olivier@auguriproductions.com 02 40 95 60 25 1 rue des Réformes 44100 Nantes
| 10 juin | |  | |
Comme un mensonge,
Anne Luthaud
Aucune femme ne voulait de B. Mais depuis qu'il a construit sa drôle de maison, il est devenu un vrai tombeur. Sa maison, donc : huit pièces, chacune son style, sa couleur, son ambiance. Sept chambres où vivront et mourront (sauf la dernière) les sept femmes rencontrées dans les environs. La huitième pièce, objet de toutes les curiosités et cabinet des horreurs, comme dans la fable, est fermée à clé. Dans un vertigineux travail sur la voix et la phrase, le souffle et la musicalité, Anne Luthaud donne ici la parole à B. ainsi qu'aux sept femmes et revient une fois encore (après Garder et Blanc) sur l'épineuse question des relations conjugales (écoute, partage, osmose, domination, sado-masochisme, défi, jalousie, adultère, ennui…), sur la difficulté de vivre à deux et les parts de vérité et de mensonge. Nul doute que B. est un tyran, qu'il pousse les amoureuses dans leurs retranchements et finit par les tuer (« Les seuls ciels enviables sont ceux des morts. », dit-il) mais n'est-ce pas ce qu'elles désiraient secrètement ? Car l'auteur, qui n'est pas tendre non plus avec les femmes, les décrit comme faibles, envieuses, orgueilleuses, colériques, fantasmant une vie meilleure, désirant rester dans l'enfance, vivant par procuration… B. est en effet un meurtrier mais il n'est pas un serial killer ni le Landru de Saumur. Tout est plus ambigu, complexe et fin. « Je conseille et je sais conduire l'autre là où il sera bien, à l'endroit qui lui conviendra, y compris malgré lui. », dit-il. Et soudain, B. devient un dieu grec, accompagne la mortelle de l'autre côté du fleuve, vide les questions de celle qui en posait trop, pousse la femme volage à le tromper, tend un miroir à celle qui avait peur de son image, détruit les photos de celles qui ne parvenait pas à se libérer de son passé. Que penser, enfin, de celle qui rêvait d'être une héroïne et qui en connaîtra la fin tragique, « égarée dans un décor de film » ?
Christophe Grossi
Verticales, mars 2009, 136 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-07-012460-2
En savoir plus www.editions-verticales.com
| 9 juin | |  | |
Le Livre bouffon : Baudelaire à l’Académie,
Allen S. Weiss
Comme il est réjouissant de découvrir des aspects peu connus de la vie d’un homme illustre. Dans Le Livre bouffon, Allen S. Weiss nous guide dans le labyrinthe des « visites » – humiliantes pour la plupart – que dut faire l’auteur des Fleurs du mal, en 1861 et 1862, pour tester ses chances d’être élu. Sa candidature est une aberration. Il le sait mais il refuse de renoncer. Sous la Coupole règnent la politique, les basses stratégies, les trahisons et la poésie n’est qu’une façade sans pouvoir aucun. Baudelaire décide donc d’écrire un « livre bouffon » pour ridiculiser l’Institution et ses membres. Le projet n’aboutira pas mais Allen S. Weiss a fouillé les archives qui nous révèlent un Baudelaire partagé entre ambition et découragement, volupté et désespoir. « J’ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur », écrit-il lucidement le 25 janvier 1862. Mais sa naïveté ne lui a-t-elle pas fait croire qu’il pouvait conquérir le treizième fauteuil, celui de Scribe, mort peu avant ? Le dandy joue le jeu, du moins au début. Allen S. Weiss restitue ses « visites » à Vigny ou à Lamartine comme s’il l’accompagnait. Il évoque aussi l’ami Nadar et leurs différends concernant peinture et photographie, ou réel et idéal nous passionnent. Mais peu à peu, Baudelaire a l’impression de gaspiller un temps précieux : il s’ennuie. « J’ai toujours eu la sensation du gouffre », disait-il. Le « gouffre » l’avalera ses dernières années marquées par l’aphasie. Il meurt le 31 août 1867, à 46 ans. Et c’est l’insipide Octave Feuillet qui sera élu au fauteuil de Scribe. Décidément, l’Académie ne méritait pas Baudelaire !
François Poirié
Éd. du Seuil, coll. « Fiction & Cie », avril 2009, 144 p., 16 €, ISBN : 978-2-02-080329-8
En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 8 juin | |  | |
Noces de Mantoue,
Marie Cosnay
L’auteur de cet ouvrage a bénéficié de l’aide du Centre national du livre.
Malgré la précision des dates et l’enracinement géographique, le dernier récit de Marie Cosnay a des allures de conte, mais un conte pour adultes où les ogres auraient laissé place aux tueurs en série. Une héroïne sans nom, comme dans les contes, parcourt l’Italie contemporaine, traverse ses paysages et fait des rencontres, semant dans son sillage des cadavres décapités. Pourtant cet être de fuite, insaisissable et fascinant, ne semble pas coupable, mais la victime malheureuse de troublantes coïncidences. Tous les hommes restent captivés par cette femme chevauchant à travers les Alpes, l’architecte Rémi comme le commissaire Giulio. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’elle ne fuit pas les hommes, ni leur justice, mais qu’elle part à la poursuite de son passé, à la recherche de l’image obsédante d’un jeune frère mort. Dans une langue précieuse et énigmatique, Marie Cosnay décrit le parcours de cette étrange héroïne avec autant de fascination que ses personnages. Car elle en fait un être fabuleux, qui se déleste de sa raison et des conventions sociales pour ne faire plus qu’un avec la nature. Elle a l’odeur des bois, elle est couverte d’épines et ses pantalons crottés font d’elle une figure contemporaine des nymphes ou des ménades, comme l’écrit l’auteur qui s’y connaît en matière de mythologie. Comme les enquêteurs qui tentent de comprendre les meurtres, le lecteur est requis de cerner cette figure en métamorphoses : en vain, tant elle se transforme progressivement en paysage. Si l’écrivain est fasciné par son personnage, c’est certainement parce qu’elle se reconnaît en lui : chez l’une comme l’autre, un souffle au cœur imprime sa marque au corps, et un semblable deuil initial frappe l’existence du sceau de la fatalité. […] Dans ce conte, comme dans ses autres livres, se mêlent ainsi matériaux autobiographiques et mythologiques.
Laurent Demanze
Éd. Laurence Teper, mars 2009, 174 p., 16 €, ISBN : 978-2-916010-35-9
En savoir plus Pour lire la notice dans son intégralité : http://www.centrenationaldulivre.fr/?Noces-de-Mantoue
En savoir plus www.editionslaurenceteper.com
| 6 juin | |  | |
Eol Trio
Eol Trio est un groupe composé de trois frères : Xavier à la batterie, Laurent à la contrebasse et Denis aux claviers. Révélés en 2004 aux « Talents Jazz à Vienne », puis finalistes des « Tremplin Sunside » et « Tremplin Jazz Ile-de-France » en 2006, les Eol Trio sont sacrés « Coup de cœur Jazz » à Nice en 2008. Leurs inspirations sont aussi variées que leur musique éclectique : un zest de jazz expérimental, souvenir des années 70 d’Herbie Hancock et de Miles Davis, une pincée de Led Zeppelin, un soupçon des Pixies et de Soft Machine, le tout mêlé à l’univers de l’écrivain Franz Kafka, dont Eol Trio apprécie la dimension dénuée de repères : « Parce que notre musique ressemble parfois à ses textes, elle commence quelque part mais elle ne se termine jamais où on l’attend »*. Fort de ces influences multiples, leur album « Mystère K » s’en fait brillamment l’écho avec des sonorités électro-jazz, pop, rock progressif ou encore trip-hop. *Interview CultureCie – 9 avril 2008 3 Personnes sur scène. 4 en tournée
Contact : Jean-Sébastien Vaudey / Cristal Records international@cristalgroupe.com 00 33 (0)6 16 76 88 52 Cristal Groupe – BP 138 17005 La Rochelle Cedex 1 En savoir plus www.eoltrio.com www.myspace.com/eoltrio
| 5 juin | |  | |
Soirs de Paris et Nietzsche à Nice,
Patrick Mauriès
Inventeur d’un « lieu » éditorial audacieux dans ses choix et d’une rare élégance dans sa présentation, la collection « Le Promeneur » (Gallimard), qui fête ses vingt ans cette année, Patrick Mauriès nous donne à lire aujourd’hui deux courts récits aux tonalités fort différentes. Soirs de Paris met en scène le jeune Patrick Mauriès « bousculé par la détresse », que son amant vient de quitter. Il erre dans des quartiers déserts de Paris, vit aux portes de la réalité, absent, quand il trouve par hasard refuge dans un café où il fera des rencontres hautes en couleurs. Dans ce texte bouleversant, Mauriès évoque aussi avec humour Andy Warhol et, surtout, dresse un magnifique, et très juste, portrait de Roland Barthes, qu’il a bien connu et qui lui a notamment transmis une sorte de règle morale : s’en tenir à sa part d’irrégularité, rester un être de frontières, ne pas rentrer dans le rang. Dans Nietzsche à Nice, outre la description des séjours niçois du philosophe – entre 1883 et 1888 –, pleins d’éblouissements et d’énergie, une figure apparaît : celle du penseur Jean-Marie Guyau, aujourd’hui oublié mais fort célèbre alors. Lui aussi séjournait à Nice à cette époque-là… Et entre Nietzsche et Guyau, une proximité de pensée, troublante, se dessine : remise en cause des fondements traditionnels de la morale, postulation à une morale du doute, valeur probatrice de la science face à la foi. Et quand Guyau parle du plaisir du risque, de la Vie comme surabondance, comme puissance et sacrifice, Nietzsche n’est vraiment pas loin… Jean-Marie Guyau meurt en mars 1888, à 34 ans. Neuf mois plus tard, à Turin, Nietzsche se jette au cou d’un cheval pour l’embrasser. Le temps d’un livre, Patrick Mauriès les a fait se rencontrer, loin des cadres ordinaires, si réducteurs.
François Poirié
Gallimard, coll. « Blanche », avril 2009, 66 p. et 68 p., 10 € chacun, ISBN : 978-2-07-012505-0 et 978-2-07-012504-3
En savoir plus www.gallimard.fr
| 4 juin | |  | |
Musée du quai Branly. La Collection
À la fois beau livre et ouvrage scientifique, La Collection propose au lecteur non averti, comme au connaisseur, une exploration des arts et cultures extra-européens en s’appuyant sur les plus beaux exemples sélectionnés dans le fonds du musée du quai Branly. La Collection est divisée en 6 parties qui correspondent aux quatre continents couverts par les collections du musée – Afrique, Asie, Océanie, Amériques – et aux collections photographiques et historiques. Cette initiation à l’histoire de l’art s’articule pour chaque ensemble géographique autour d’une sélection de quarante œuvres, accompagnées d’un essai introductif. Chaque zone géographique est ainsi organisée en fonction non seulement des approches traditionnelles des cultures mais aussi en fonction de la réalité des collections. Véritable livre-événement, cet ouvrage exceptionnel permet à tout un chacun d’acquérir les notions essentielles pour se repérer parmi les 300 000 objets des collections du musée du quai Branly et, au-delà, de saisir les principes de création d’autres cultures. L’équipe scientifique du musée a proposé à près de cent cinquante spécialistes des différents continents de s’exprimer sur un ou plusieurs objets, et ce autour de trois grands axes : l’historique de l’œuvre, son contexte et son usage dans la culture d’origine, sa valeur esthétique ou symbolique.
Ouvrage dirigé par Yves Le Fur, directeur du département du patrimoine et des collections du musée du quai Branly. Une édition en langue anglaise sera disponible en octobre 2009.
Musée du quai Branly/Skira-Flammarion, avril 2009, 480 p., ill. coul., 55 €, ISBN : 978-2-08-120876-6
En savoir plus www.quaibranly.fr
| 3 juin | |  | |
Jean Calvin,
Olivier Abel
Le 500e anniversaire de la naissance de Calvin (1509-1564) aura surtout été marqué par la publication d’une somme, ses Œuvres chez Gallimard. Mais ce petit ouvrage alerte du grand spécialiste et passionné de Calvin qu’est Olivier Abel, philosophe protestant, grand ami de Paul Ricœur, est fort utile. La lecture en est à la fois agréable pour les néophytes et passionnante, car son auteur s’emploie à un va-et-vient continuel entre les enjeux de la modernité du XVIe siècle auxquels a dû répondre Calvin et notre temps présent. Tout commence chez Calvin avec L’Institution de la religion chrétienne, véritable naissance de l’homme public à l’âge de 26 ans, moment de rupture à la fois théologique et existentielle. Il est alors « au balcon de sa vie ». L’auteur décline les divers niveaux de ce recommencement qui sont autant de traits constitutifs de ce qu’on appellera la Réforme. Dans ce parcours biographique émerge un homme dont la caractéristique essentielle est l’insouci de soi, laissant place à l’Autre et aux autres. Est-ce du fait de ce blanc que Calvin a fait l’objet de tant de projections négatives et positives ? Olivier Abel ne cache pas sa passion, mais il ne se pose pas en justicier. Il rappelle la virulence de toute la légende noire qui entoure la figure de Calvin, présenté par les uns comme un coureur de jupons, sodomite, auteur d’une religion de la bonne chair, un libertin. Par les autres, il est perçu comme un ascète toujours habillé en noir, triste et cruel, sanguinaire, puritain jusqu’à l’obsession, lâche et malhonnête qui a malheureusement vaincu Erasme ! La lecture d’Oliver Abel, à l’écart de ces deux versants, se veut oblique ; sans taire les excès du personnage, il s’interroge surtout sur la contemporanéité des questions soulevées par Calvin, démultipliant les points de vue sur Calvin qui reste pluriel, celui de chacun et de tous. On regrettera cependant le parti pris de n’avoir dans cet ouvrage aucune référence bibliographique et aucune note infrapaginale : certes, on en comprend les raisons très certainement commerciales, mais c’est une amputation très dommageable.
François Dosse
Pygmalion, coll. « Chemins d’éternité », avril 2009, 298 p., 21,90 €, ISBN : 978-2-7564-0173-7
En savoir plus http://editions.flammarion.com/
| 2 juin | |  | |
Coralie Clément
Découverte en 2001 avec son premier album « La salle des petits pas perdus », cette personnalité discrète impose en douceur un univers bien à elle, au fil de compositions brillamment orchestrées par son grand frère, Benjamin Biolay. Son dernier opus « Toystore » sorti en octobre 2008, recèle des paroles légères et incisives, en français, anglais et un duo inédit en italien avec Chiara Mastroanni. A noter également un très beau duo avec Etienne Daho. Coralie Clément est une artiste rare dont on apprécie la saveur en France comme ailleurs. Le succès de ses précédents concerts en Allemagne et au Japon lui prédisait une belle ascension, largement confirmée lors de sa dernière venue à Tokyo (auprès de Berry) et Taïwan en mars dernier. « Toystore » s’est classé n°1 dans les Charts Jazz taïwanais. Coralie Clément est également partie à la rencontre du public argentin le mois dernier, lors d’un concert au festival du Film de Buenos Aires, à l’occasion de la sortie de « Toystore » en Amérique Latine. Après un détour par le Chili, elle poursuit sa route en Allemagne puis en Espagne et sera à New York le 21 juin pour la fête de la musique puis le 26 juin à Sao Paulo pour le lancement des soirées « les mardis de la Femme » au Bourbon Street dans le cadre de la saison française au Brésil.
3 personnes sur scène 5 en tournée Contact : Bruno le Bolloch / Discograph bruno@discograph.com 00 33 1 53 39 18 03 62,64 rue Pelleport 75020 Paris
En savoir plus www.myspace.com/coralieclment www.coralieclement.com
| 2 juin | |  | |
À la recherche de Marie,
Madeleine Bourdouxhe
Il faut lire ou relire Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) – comme on plongerait dans l'univers d'un Bove, d'un Meckert, d'un Guilloux. Cette féministe, résistante lors de la seconde guerre mondiale, commence sa carrière littéraire en 1937 et refuse ensuite de publier ses nouvelles chez les éditeurs contrôlés par les Allemands. Elle a été redécouverte en 2004 lorsque Frédéric Fonteyne a adapté au cinéma La Femme de Gilles – où Élisa rêve d'une fusion amoureuse tandis que son mari la trompe avec sa sœur, lui imposant séparation et domination. Aujourd'hui, Actes Sud réédite À la recherche de Marie (publié pour la première fois en 1943 à Bruxelles) ainsi qu'un recueil de nouvelles bouleversantes (Les Jours de la femme Louise et autres nouvelles, coll. « Babel »). Revenons à Marie, cette femme de 30 ans, cette Emma Bovary, cette épouse (trop) attentionnée, bourgeoise, à l'intérieur de laquelle la vie bouillonne : passions, mélancolie et désir farouche de liberté. Mais personne n'a accès à ce côté-là, ni son mari, ni ses parents, ni sa sœur dépressive. C'est son jardin secret. Marie a également le sens de la répartie face au dragueur, elle aime la compagnie des soldats, les errances, « être seule dans Paris, sans personne qui prenne soin d'elle, […] ne la réclame, […] sans témoin que soi-même ». Et dès qu'elle le peut, elle cherche à disparaître, tombant amoureuse d'un étudiant auprès de qui elle recherche l'abandon. « [Mais] on ne se libère pas en abandonnant, dit-elle. La libération se fait au sein même de ce que l'on n'abandonne pas. » Outre la condition des femmes qu'elle décrit à merveille (ce qui lui a valu d'être citée par Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe), le style de Madeleine Bourdouxhe est une belle leçon rythmique ; il est simple et efficace, avec ce qu'il faut de douce brutalité, d'empathie, de sensualité retenue, de réalisme poétique.
Christophe Grossi
Actes Sud, avril 2009, 160 p., 15 €, ISBN : 978-2-7427-8226-0
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 1er juin | |  | |
Barbara Carlotti
Après un premier album en 2006, intitulé « Les lys brisés », coup de cœur de l’Académie Charles Cros, avec lequel Barbara Carlotti était partie à New York, Montréal ou encore Londres, elle s’en va cette fois partager les nouvelles compositions de son dernier opus « L’idéal », sorti en 2008, en Corée du Sud du 9 au 13 mai. Saluée par la critique (Télérama, Libération…), Barbara Carlotti offre avec ce nouvel album, une facette résolument plus solaire, alliant les sonorités pop-folk qui lui sont chères aux accents électro, fruits de sa collaboration renouvelée avec Readymade alias Jean-Philippe Verdin. L’artiste distille un soupçon de cordes et de cuivres pour parfaire l’habillage musical d’une écriture sophistiquée. Elle sera donc en tournée en Corée du Sud du 9 au 13 mai.
5 personnes sur scène 6 en tournée Contact : Xavier Aubonnet/PBOX xavier.aubonnet@pbox-concerts.com 00 33 475 860 516 5 cité Chabert 26000 Valence En savoir plus www.barbaracarlotti.com www.myspace.com/barbaracarlotti
| 29 mai | |  | |
Notre besoin de Rimbaud,
Yves Bonnefoy
On peut dire que l’œuvre de Rimbaud occupe une place centrale dans la réflexion d’Yves Bonnefoy, qu’elle est sans doute même à l’origine, sinon de sa vocation, du moins de l’idée qu’il s’était forgée au départ de la poésie – et qu’elle l’a depuis lors toujours accompagné. C’est donc une excellente idée d’avoir regroupé en un seul volume la quasi-totalité des études qui marquent les étapes de ce long et fructueux dialogue. Le noyau de l’ouvrage est bien sûr constitué par le Rimbaud de 1961, qui avait marqué un tournant dans l’approche de l’œuvre et qui a conservé, un demi-siècle plus tard, tout son pouvoir d’incitation. Les autres textes, pour s’attacher à des inflexions plus précises (ou à certains poèmes en particulier) témoignent de la même intelligence de l’œuvre – d’une forme de tendresse aussi pour celui qui sut l’inscrire, seul en son temps et sans le secours d’une main amie. À la suite d’une éclairante étude sur « Madame Rimbaud », plusieurs textes reviennent ainsi sur les blessures intimes auxquelles ne se limitent certes pas les poèmes de 1870-1872 ou les Illuminations, mais qui n’en ont pas moins participé à leur écriture, à leur constante et impossible volonté de dépassement. La conférence inédite placée en ouverture – qui donne son titre au livre – réaffirme la présence inactuelle de Rimbaud dans une époque qui « le lit peu, ou mal » : Bonnefoy aura largement contribué, quant à lui, à en éclairer le sens et la portée.
Yves di Manno
Éd. du Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », mars 2009, 464 p., 23 €, ISBN : 978-2-02-099216-9 En savoir plus www.editionsduseuil.fr
| 28 mai | |  | |
Naître ennemi. Les enfants de couples franco-allemands nés pendant la seconde guerre mondiale,
Fabrice Virgili
Fabrice Virgili poursuit et creuse le sillon qu’il avait ouvert avec son ouvrage sur les femmes tondues à la Libération, soit les méandres indicibles qui se situent à la croisée des drames publics que sont les guerres et de leurs effets dans la sphère privée, ce dont on ne s’était pas vraiment préoccupé jusque-là. Pour mieux faire ressortir la dimension proprement humaine, affective des guerres et des traumatismes subis, il démultiplie les échelles : l’État, les associations, les familles, les individus. Ce champ d’investigation, très riche d’enseignements sur la période traitée, est aussi éclairant à propos des tragédies les plus actuelles. L’auteur procède en historien, mais mobilise également le savoir psychanalytique. Il évoque, entre autres, ce que Serge Tisseron appelle les « suintements du secret », qui entourent ces naissances « honteuses » de part et d’autre du Rhin. Là est l’autre nouveauté de cet ouvrage, son aspect comparatif sur les conditions qui président à la manière dont sont traitées ces naissance chez les Allemands comme chez les Français. Il s’interroge aussi, par-delà la période d’affrontement militaire, sur la manière dont la mémoire collective dans chacun des deux pays influe sur le sort de ces enfants plus nombreux qu’on ne pense. En effet, des dizaines de milliers d’enfants sont nés en France de pères allemands, de ce que l’on a appelé « la collaboration horizontale », « enfants de boches » voués aux gémonies. Mais de l’autre côté du Rhin, il y a aussi de nombreux enfants nés de pères français, prisonniers volontaires ou travailleurs forcés du STO. Quel est leur sort, celui de leur mère, quel est leur devenir dans la France et l’Allemagne en guerre et dans l’après-guerre, autant de questions que se pose l’historien, démythologisant le prêt-à-penser, faisant surgir des foyers d’accueil, des associations, des réseaux de solidarité clandestine, autant de modes de socialité pour atténuer l’impossible à vivre en tant qu’ennemi. Mais il reste le trauma psychique, legs de toute guerre, de tout déplacement violent de population et c’est cette dimension majeure qu’explore ce bel ouvrage.
François Dosse
Payot, février 2009, 376 p., 25 €, ISBN : 978-2-228-90399-8
En savoir plus www.payot-rivages.net/
| 27 mai | |  | |
Une vie à coucher dehors,
Sylvain Tesson
[Prix Goncourt de la nouvelle 2009]
Sylvain Tesson, l’écrivain-voyageur au long cours, qui nous a déjà transporté loin et haut avec un Petit traité sur l’immensité du monde et son Éloge de l’énergie vagabonde, nous propose ici son troisième recueil de formes brèves. Quand bien même il cherche le plus souvent à l’oublier, l’homme est destiné à mourir et c’est même la seule certitude qu’il puisse avoir sur son devenir. Sylvain Tesson, qui le sait, fait de la mort le personnage principal de douze des quinze récits de ce recueil. Qu’il agisse de meurtres, de suicide, d’accident ou simplement d’aspiration au néant, la « faucheuse » hante les histoires qu’il nous conte. Mais, lecteur, ne va pas pour autant sombrer dans le désespoir car tu pourras cependant trouver dans ce livre un formidable appétit de la vie et un puissant amour de la beauté. Tous les thèmes chers à Sylvain Tesson sont là : aspiration à la solitude, culte de la nature, rejet du machisme, recherche du choc esthétique, toute-puissance du destin… Avec une écriture rapide et acérée, riche en vocabulaire technique et parfois en mots précieux, utilisant l’ironie comme arme contre la bêtise et l’humour en viatique de survie, l’auteur ferre le lecteur dans les mailles resserrées de son filet et le fait partager ses intuitions et ses éblouissements. Si la dernière nouvelle, « Le Phare », illustre la dédicace – à la fée de l’éternel retour – mise en exergue de l’ouvrage, la cinquième, « Le Lac », nous offre un petit condensé d’intensité tragique et de beauté implacable.
Dominique Fayolle
Gallimard, mars 2009, 207 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-07-012466-4
En savoir plus www.gallimard.fr
| 26 mai | |  | |
La Maison Maupassant,
Patrick Wald Lasowski
Éminent spécialiste du roman libertin du XVIIIe siècle, étudiant de près la littérature du XIXe siècle, Patrick Wald Lasowski explore dans cet essai pertinent, les sens – entre autres choses – des mots « habiter » et « maison » chez l’auteur de Bel-Ami, dans sa vie comme dans son œuvre. La maison close semble être la préférée de Maupassant, comme d’autres auteurs de son temps, de Huysmans aux si distingués frères Goncourt. La maison close rassure paradoxalement Maupassant parce qu’elle est ouverte. C’est un lieu de passage où l’on va « chaque soir, vers onze heures, comme au café, simplement », dit-il, sachant que son seul refuge véritable est l’écriture. Et il écrit, des contes et des nouvelles, par dizaines, unités closes comme les « passes », qu’on peut aisément comptabiliser. Ce qu’il ne manque pas de faire. Maupassant a parfaitement pressenti l’aspect sexuel de la nouvelle, écrite pour satisfaire le lecteur pressé. Mais Patrick Wald Lasowski ne dissimule pas l’autre dimension de l’œuvre : les contes noirs, les contes d’hiver et de désespoir, où le monde se défait implacablement. Le Horla s’inscrit dans cette voie, ce chef-d’œuvre qu’on ne se lasse pas de relire. La hantise de la mort et de la maladie dans laquelle Maupassant s’enfoncera progressivement, si sa mère, Laure de Maupassant, ne lui a pas enseignée, elle lui en a abondamment parlé. À la fin de sa vie, Maupassant connaîtra une étrange maison, la Maison Blanche : c’est ainsi qu’on désignait la clinique du docteur Blanche à Passy. Maupassant, dans son délire, était persuadé qu’on le faisait habiter une maison de syphilitiques. Comme si cette maladie avait pu le faire entrer dans une sorte de communauté et briser enfin la solitude glacée et la mélancolie qui l’étouffaient.
François Poirié
Gallimard, coll. « L’un et l’autre », janvier 2009, 98p, 14 €, ISBN : 978-2-07-012137-3
En savoir plus www.gallimard.fr
| 25 mai | |  | |
Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française,
Dominique Kalifa
Biribi ? La simple évocation du nom suscite le frisson chez ceux qui se souviennent de ce que cela rappelle. Ce nom n’est heureusement plus de saison. Il appartenait donc à un historien d’en exhumer le sens et c’est ce que réussit Dominique Kalifa qui a déjà à son actif un certain nombre d’études qui font autorité sur les marges nauséabondes de la République triomphante. Lieu de mémoire ou plutôt non-lieu de mémoire, Biribi n’est ni un homme ni un lieu précis, mais le nom générique désignant les structures disciplinaires et pénitentiaires de l’armée française installées en Afrique du Nord, appelées officiellement « corps spéciaux » et « bagnes militaires » par les journalistes et écrivains. Ce nom a été popularisé par Georges Darien qui a publié son livre Biribi en 1890 (le livre est d’ailleurs dédié à Michelle Perrot qui a conseillé un jour à l’auteur de se plonger dans l’œuvre de Darien). À l’apogée du système, ce sont entre 10 000 et 15 000 hommes qui font l’expérience de ces bagnes et au total on compte entre 600 000 et 800 000 hommes qui ont transité de 1830 à 1960 dans cette épreuve de l’extrême. La Grande Muette aura soigneusement caché cette véritable zone de non-droit où tout était permis au nom de l’intérêt national. Dominique Kalifa en fait un dossier d’histoire sociale. Il interroge, à partir de ce cas, la faillite de la démocratisation du système judiciaire. Bénéficiant de la possibilité de consulter des archives militaires et ajoutant d’autres sources (des brochures, des romans, des reportages, des mémoires…), il tient à restituer au plus près la parole des acteurs, à la fois des victimes et des tenants de l’institution militaire, afin de mieux comprendre les mécanismes de ce dispositif répressif. Le moins que l’on puisse dire est qu’il révèle une face cachée de la « plus grande France » dont on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit à compter dans la partie « positive » de la présence française en Afrique du Nord. Elle en est sa part cachée, son cachot, sa part souffrante. François Dosse
Perrin, mars 2009, 344 p., 21 €, ISBN : 978-2-262-02384-3
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| 22 mai | |  | |
Ça,
Franck Venaille
Dès Caballero Hotel (Minuit, 1974), Franck Venaille avait inventé un cadre d’écriture qui lui est devenu propre, un espace narratif qui échappe aussi bien à la poésie qu’au roman (du moins dans l’acception courante de ces termes). Mêlant au contraire les registres, faisant alterner la prose et les vers, ses livres déroulent ainsi des récits morcelés, entrecoupés de stances sardoniques ou d’apostrophes blessées qui n’ôtent rien à la gravité de leur méditation. Après Chaos, unanimement salué par la critique en 2006, le Mercure de France publie aujourd’hui Ça, qui est peut-être l’œuvre la plus aboutie de Venaille dans la tonalité qu’il s’est choisie ces dernières années, brassant ses thèmes de prédilection – l’enfance repliée, la guerre d’Algérie, les dérives urbaines, les paysages lourds de sens qui oscillent entre la Flandre et l’Italie – et poursuivant sa quête « d’objectiviste lyrique », comme il se définit lui-même. Formellement, on peut parler ici de plénitude, même si l’inquiétude qui fonde cette œuvre, et son instabilité majeure, l’innervent de part en part. Le récit esquisse sans complaisance, et non sans ironie parfois, le bilan d’une vie vouée à un dialogue conflictuel avec le monstre poésie. Les séquences en vers qui le ponctuent comptent en tout cas parmi les plus lumineuses de l’auteur – d’or, de sang et de noir mêlées.
Yves di Manno
Mercure de France, février 2009, 156 p., 14,80 €, ISBN : 978-2-7152-2881-8
Cet ouvrage a été publié avec le Centre national du livre.
En savoir plus www.mercuredefrance.fr
| 20 mai | |  | |
Quand les images prennent position. L’œil de l’histoire, 1,
Georges Didi-Huberman
C’est en analysant deux livres plutôt « à part » dans la production de Bertold Brecht, l’Arbeitsjournal (« Journal de travail »), rédigé de 1938 à 1955, et le Kriegsfibel – « Abécédaire de la guerre », étrange atlas d’images en tous genres de la seconde guerre mondiale, légendé d’épigrammes et publié en 1955, que Georges Didi-Hubeman poursuit sa réflexion déjà très nourrie sur les images et sur leur historicisation. La notion princeps retenue par l’auteur est celle de « prise de position », une notion (qui recoupe celle, très brechtienne, de distanciation) utilisée en raison de sa charge critique tout d’abord et de sa charge temporelle qui permet à Didi-Huberman de travailler la question : comment des images produisent de la connaissance historique qui soit une connaissance différente de celle proposée par le travail classique de l’historien ? Dans cette optique le montage image-texte, le dispositif matériel hybride de l’écriture et de la mise en page retenu par Brecht est essentiel. On pourrait dire que c’est non seulement cette « historicité immanente » des images mais aussi leur « conceptualité immanente » que cherche à cerner l’auteur à partir du travail de Brecht et avec le renfort privilégié des analyses de Walter Benjamin.
L’ouvrage n’est pas seulement une exploration très fine et très documentée de cette « politique de l’imagination », il ouvre bien des pistes pour croiser des démarches, problématiques, outils et références habituellement disjoints dans les analyses d’images. Ce livre foisonnant peut dérouter et n’est pas toujours facile d’accès, mais il exemplifie sans aucun doute un nouveau type d’écriture structurée elle-même par une forme de montage d’un long texte troué d’images et découpé en séquences conceptuelles. Un travail qui inéluctablement appelle des développements passionnants du côté des explorations des régimes de vérité et d’historicité des images.
Christian Delacroix
Les Éditions de Minuit, coll. « Paradoxe », février 2009, 272 p., ill. n. & b., 22,50 €, ISBN : 978-2-7073-2037-7
En savoir plus www.leseditionsdeminuit.eu
| 19 mai | |  | |
Coco avant Chanel,
de Anne Fontaine
Une petite fille du centre de la France, placée dans un orphelinat avec sa soeur, et qui attend en vain tous les dimanches que son père vienne les chercher. Une chanteuse de beuglant à la voix trop faible, qui affronte un public de soldats éméchés. Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l’arrière-boutique d’un tailleur de province. Une apprentie-courtisane au corps trop maigre, qui trouve refuge chez son protecteur Etienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards. Une amoureuse qui sait qu’elle ne sera « la femme de personne », pas même celle de Boy Capel, l’homme qui pourtant l’aimait aussi. Une rebelle que les conventions de l’époque empêchent de respirer, et qui s’habille avec les chemises de ses amants. C’est de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l’inventer. Dans la peau de Chanel Anne Fontaine a tenu à ce que l'allure d'Audrey Tautou évolue au fur et à mesure du chemin parcouru par Chanel, qui a construit sa silhouette sur sa différence. Tout en cherchant à retrouver l'image mythique de la couturière, Audrey Tautou y a ajouté sa propre touche et s'est en partie fiée à son instinct: "Le plus difficile était de ne pas se satisfaire d'un effet mimétique, même si à l'écran une ressemblance est toujours efficace, mais de parvenir à rendre sa vraie nature," explique-t-elle. L'actrice, qui a fait évoluer sa posture et son regard, avoue avoir suivi malgré elle l'état d'esprit évolutif de la couturière, au début peu sûre d'elle puis peu à peu plus affirmée et consciente de son rôle: "Le mimétisme n'était pas dans le costume, je dirais presque dans le côté superficiel du personnage, mais dans son intériorité", confie-t-elle.
Avec : Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Marie Gillain, Emmanuelle Devos, Alessandro Nivola
Sortie nationale : 22 avril
En savoir plus www.cocoavantchanel.fr www.unifrance.org/film/29823/coco-avant-chanel
| 18 mai | |  | |
Le pays à l’envers, de Sylvaine Dampierre - Documentaire
Un voyage personnel en mémoire esclave au coeur de la Guadeloupe De retour dans l’île que son père a quitté 50 ans plus tôt, la cinéaste remonte le cours du temps pour retracer l’histoire de son nom. Au fil de ce voyage initiatique sur les terres d’enfance de son père, son enquête nous transporte jusqu’à l’époque de l’esclavage. Aux archives, dans les jardins créoles ou les ruines des usines à sucre, se croisent les chemins d’une mémoire vivante, se dessine la vision d’un pays où les récits, les corps, les musiques, parlent avec force d’une histoire qui résonne encore. Le film se compose comme un jardin créole, dans le foisonnement des images et des récits ; il s’attache à la terre, entremêle repères intimes et mémoire collective. Avec Michel Rogers, généalogiste habité, à travers les souvenirs du père exilé ou dans les pas de Léna Blou, chorégraphe inspirée et de ses jeunes élèves, il déchiffre les traces contemporaines de l’esclavage, voire du colonialisme en général. Au détour de la Guadeloupe d’aujourd’hui il tend un miroir à la France dite métropolitaine : il part à la recherche de l’envers du pays.
Savoir qui l'ont est Le généalogiste guadeloupéen qui a travaillé sur le film a été surpris d'observer à quel point son entourage était inculte au sujet de ses origines. "J'ai rarement rencontré quelqu'un qui était content de savoir d'où il sortait en réalité. On nous a désaculturé", dénonce t-il. L'impératif "N'oubliez jamais que vous descendez d'esclaves", qui pour lui tient lieu de cri du coeur au sein du film, lui permet également d'évacuer un non-dit et d'exprimer sa volonté d'enraciner la mémoire.
Avec : Lena Blou, Jean Dampierre, Manuel Gomez, Suzette Créantor, Michel Rogers,
Sortie nationale : 29 avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/28071/le-pays-a-l-envers
| 18 mai | |  | |
Douce Lumière,
Marguerite Audoux
Ouvrage publié avec le soutien du Centre national du livre
Douce Lumière, le dernier roman de Marguerite Audoux, a été publié chez Grasset en 1937, l’année même du décès de la romancière. Lorsqu’elle entreprend la rédaction de cet ultime roman, elle est alors âgée de 70 ans et presque aveugle. Elle ne sait si elle pourra aller jusqu’au bout : « Si je ne le finis pas, il m’aura toujours aidé à finir », dit-elle joliment. Elle le finira confirmant du même coup, s’il en était besoin, des qualités d’écriture qui, dès la parution de son premier roman Marie-Claire, prix Femina 1910, lui avaient valu l’admiration sans faille d’Octave Mirbeau et d’Alain-Fournier : une délicatesse, une finesse et une justesse qui allient la pureté simple du conte à la maîtrise de l’analyse psychologique. Douce Lumière, que rééditent aujourd’hui avec bonheur les éditions Buchet-Chastel dans la collection « Domaine public », dirigée par Xavier Houssin, est un récit que l’on devine très largement autobiographique, comme les autres œuvres de Marguerite Audoux, mais peut-être plus intimement douloureux. Il retrace la tragique destinée de l’héroïne éponyme, Églantine de son vrai prénom, que les circonstances de sa naissance ont marquée du sceau du malheur. […]
Philippe Aubier
Pour lire la notice dans son intégralité : http://www.centrenationaldulivre.fr/?Douce-Lumiere
Buchet Chastel, coll. « Domaine public », mars 2009, 224 p., 18 €, ISBN : 978-2-283-02338-6 Préface de Bernard-Marie Garreau, avant-propos de Benoîte Groult En savoir plus www.libella.fr/buchet-chastel
| 15 mai | |  | |
Sur la sable,
Michèle Lesbre
En pleine nuit, après avoir mis le feu à une villa maritime, celui que la narratrice finira par surnommer Obligado et qui est resté prisonnier de l’été de ses dix ans prend refuge sur la plage. Emmitouflé dans une couverture, tandis que la maison part en fumée, il repense aux fantômes qu’avec ce geste il croyait éloigner. C'est là, sur le sable, que la narratrice le découvre. Et durant toute une nuit, ces deux-là, sans doute parce que le sable « se met partout », mêleront les temps du récit et de la mémoire jusqu'à trouver ce qui les relie – au-delà de leur « petite guerre » et de leurs disparus. Mais ce qui se bâtit sur le sable est précaire et voué à l'échec. Lui, le pyromane d'une nuit, brûle de parler à la narratrice qui, avant d'arriver là, était veilleuse de nuit dans les hôtels et, après avoir essayé de quitter son filou de Bernier, a erré deux semaines hors de Paris, rêvant d'échapper, grâce à une vie nomade faite de hasards et d'endroits provisoires, à « l'implacable ordinaire ». Mais à force de lectures, de promenades dans les rues, les cafés et les hôtels de la capitale, de balloter « dans plusieurs temps », de donner aux gens qu'elle croise le nom de personnages de Modiano, elle a fini par mélanger la réalité et la fiction. En vingt-cinq courts chapitres, de Paris à Bologne en passant par la côte atlantique, Michèle Lesbre rend ici un hommage bouleversant aux vies et aux villes qu’on s’invente ainsi qu’à celles qui nous manquent. Dans un roman à la fois intimiste, noir et politique, avec élégance et un sens aigu de la phrase, sans glose inutile, elle nous parle une fois de plus (après La Petite Ttrotteuse et Le Canapé rouge) de notre rapport au temps – donc à l'amour, à la mémoire et à la mort. Christophe Grossi Sabine Wespieser éditeur, mai 2009, 160 p., 17 €, ISBN : 978-2-84805-071-3
En savoir plus www.swediteur.com
| 14 mai | |  | |
Il déserte et autres nouvelles
Ce recueil présente treize nouvelles écrites par de jeunes auteurs dont les textes ont été distingués à l’occasion du 24e prix du Jeune écrivain de langue française. La nouvelle Il déserte, écrite par Arthur Dreyfus, qui donne son titre au recueil, a reçu le 1er prix français, tandis que le texte de Florian Ngimbis Photo finish a recueilli le 1er prix francophone. Si beaucoup de ces nouvelles, toutes très sombres, bien que diverses dans leur facture, aboutissent amèrement à la mort, Il déserte fait de cette mort l’aboutissement lumineux d’une initiation. Dans un récit onirico-fantastique, Arthur Dreyfus nous raconte l’extraordinaire expérience d’un modeste pianiste d’une quarantaine d’années qui, alors que sa carrière s’enlise, va soudain connaître, grâce à un hippocampe bleu, une initiation fulgurante. Celle-ci révèlera son génie artistique et, après la reconnaissance totale de son talent et une célébrité soudaine, le conduira à la mort dans une sorte de renoncement et pourtant d’apothéose. En contrepoint de ces nouvelles, notons Un dimanche à Bordeaux de Léo Peresson qui nous propose une chronique bourgeoise dont l’auteur écrirait comme un Balzac qui se souviendrait de Laclos.
Buchet-Chastel, mars 2009, 334 p.,19 €, ISBN : 978-2-283-02386-0 En savoir plus www.libella.fr/buchet-chastel www.pjef.net/
| 13 mai | |  | |
Du paysage en peinture dans l’Occident moderne,
Alain Mérot
Spécialiste de l’histoire de la peinture française au XVIIe siècle, Alain Mérot s’attache ici à dégager la spécificité de ce qu’il désigne comme le modèle du paysage classique. L’intérêt de cette étude réside dans la mise en relation, trop rare, entre la création picturale et le rapport au monde entretenu par une époque. L’autonomisation du paysage sortant de sa fonction de simple décor pour devenir le thème central du peintre connaît son apogée au XVIIe siècle. Elle traduit l’expression d’un point de vue particulier au sens plein d’un mode d’appropriation du monde : « Chaque époque, chaque milieu aurait sa vision paysagère » postule l’auteur qui justifie ainsi une historisation au sens large, dépassant ainsi la perspective étroitement sémiologique ou iconologique. Les caractéristiques propres au modèle classique selon l’auteur sont un mixte entre l’inspiration littéraire d’ordre descriptive, le modèle théâtral qui s’impose au moment de la Renaissance avec sa centralité de la représentation de l’homme déployée sur une scène, bornée par une triple unité de temps, de lieu et d’action. Il est par ailleurs toujours porté vers une poétique qui s’exprime en termes allégoriques et symboliques. Ce modèle prend racine au début de l’époque moderne et se défait à la fin du XVIIIe siècle dans une crise de la représentation idéale. Les œuvres de Poussin et de Lorrain en expriment l’apogée avant que les romantiques anglais et allemands ne remettent en cause cet équilibre classique : l’homme n’est plus alors au cœur du tableau, les bornes s’évanouissent, laissant place à l’infini, et la subjectivité du peintre s’affirme, déconstruisant les normes du paysage idéal classique pour laisser place à une expressivité avant tout personnelle, comme on peut le mesurer dans les toiles d’un William Turner ou d’un Caspar David Friedrich. Le paysage classique est alors relégué au rang d’idéal, mais comme âge d’or « que son inaccessibilité rend douloureusement désirable ».
François Dosse
Gallimard, coll. « Bibliothèque illustrée des histoires », mars 2009, 443 p., ill. n. & b. et coul., 39 €, ISBN : 978-2-07-078108-9
En savoir plus www.gallimard.com
| 12 mai | |  | |
Leïla ou la femme de l’aube,
Sonia Chamkhi
Sonia Chamkhi vient de recevoir le prix Comar du premier roman en langue française pour son livre Leïla ou la femme de l’aube, édité par la dynamique maison d’édition Elyzad basée à Tunis. Un premier roman qui soulève un tabou par trop souvent occulté : être noire, être née et vivre dans un pays du Maghreb. Être le fruit d’une union mixte et subir la pression sociale, des siens et puis des autres. L’héroïne de ce roman, Leïla, est une femme libre, une artiste, une cinéaste, qui écrit, à la manière d’un journal, à son amour d’enfance, Iteb, vivant de l’autre côté de la Méditerranée. L’acte manqué, ses errances avec des amies paumées, l’influence de la mère, sont autant d’entraves à son parcours de personnage idéaliste, de figure éclairée du monde maghrébin d’aujourd’hui.
Sonia Chamkhi enseigne le design, l’image et la pratique audiovisuelle à l’Institut supérieur des beaux-arts et à l’École des arts et du cinéma de Tunis. Auteur dramatique, elle a écrit et réalisé des courts métrages, et a également participé à l’adaptation de plusieurs longs métrages tunisiens.
Créé en 1997, le prix Comar est devenu le prix littéraire de référence en Tunisie. Le jury, composé de journalistes et d’universitaires, a été séduit par « une écriture rigoureuse et poétique, où la variation des procédés narratifs se conjuguent pour raconter, avec lucidité et courage, la difficulté d’être femme dans une société tunisienne présumée émancipée, mais où les préjugés font encore loi. Un roman tendre et cruel qui révèle une jeune auteure. »
Elyzad, avril 2008, 190 p., 15 €, ISBN : 978-9973-58-013-9
En savoir plus www.elyzad.com
| 11 mai | |  | |
Les Onze,
Pierre Michon
Quel effort il aura fallu à Pierre Michon pour écrire Les Onze ! Avec la matière qu'il avait, il aurait pu en faire une fresque historique sur fond d'espionnage ou une hagiographie. Mais c'est mal connaître l'auteur qui d'ailleurs s'amuse de la mode actuelle pour la généalogie. Non, au-delà de l'œuvre de Corentin, il sera ici fortement question de magie créatrice, du complexe œdipien, des sirènes qui empêchent de raconter l'histoire dans le bon sens, de curiosité intellectuelle, de poésie, de mauvais vin, de coucheries mais aussi d'insultes à Dieu, d'alliances et de traîtrises ou encore de la commande d'un tableau faite « avec les plus mauvaises intentions ». Et, une fois encore, en guide inspiré, l'auteur parvient à se faire se côtoyer les figures des Lumières et les vies minuscules, ces hommes qui travaillent dans la boue du canal près d'Orléans. En deux parties, l'écrivain revient sur deux moments de la vie du peintre Corentin. On le découvre d'abord à dix ans, vrai petit tyran, entouré de sa mère et de sa grand-mère où pour se venger de l'absence du père (écrivain raté) il rend la vie difficile à ces deux femmes. Puis il devient vieux et laid. On est alors en 1794, en pleine Terreur, quand on lui passe commande d'un tableau : ses modèles seront les onze représentants du Comité du salut public (dix écrivains plus un, qu'on surnommait les « onze parricides », parmi lesquels Robespierre, Collot ou Carnot). Et c'est là qu'il réalisera l'un de ses chefs d'œuvre et c'est là aussi, nous dit Michon, qu'il peindra onze fois son père, « onze fois la revanche irréelle de son père, la défaite réelle de son père, debout ».
Christophe Grossi
Verdier, avril 2009, 144 p., 14 €, ISBN : 978-2-86432-552-9
En savoir plus www.editions-verdier.fr
| 10 mai | |  | |
Romaine par moins 30,
de Agnès Obadia
Romaine a 30 ans. Justin, son fiancé, décide de l’emmener à Noël dans le grand nord québécois pour y mener une nouvelle vie. Mais au-dessus de l’Atlantique, Romaine, apprenant que l’avion va s’écraser, décide qu’elle ne veut pas mourir sans avoir avoué à Justin une vérité qu’elle lui a toujours cachée. Cependant, rien ne va se passer comme prévu…
Label Romaine Le personnage de Romaine existait avant ce film. Agnès Obadia l'avait créé alors qu'elle était étudiante en cinéma. Il apparaît pour la première fois dans le court métrage Romaine, un jour ou ça va pas. On le retrouve dans trois autres courts métrages (Romaine et les garçons, Romaine et les filles, Romaine et Romaine) qui assemblés pour former le premier long métrage de la cinéaste, intitulé... Romaine, sorti en salles en janvier 1997. Romaine est alors interprétée par la réalisatrice elle-même.
Avec : Sandrine Kiberlain, Pascal Elbé, Pierre-Luc Brillant, Louis Morissette, Maxim Roy, Françoise Graton, Gilles Pelletier
Sortie nationale : 29 avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/28953/romaine-par-moins-30
| 7 mai | |  | |
Tuer Catherine,
Nina Yargekov
« Le problème n’est pas de savoir si ce livre vous plaira, mais si vous, vous lui plairez », affirme d’emblée Nina Yargekov, née en 1980, à propos de ce premier livre, intrigant, ludique et totalement inclassable. Mais d’abord : qui est Catherine ? Un personnage de fiction qui a l’indécence d’élire domicile dans le corps de la narratrice. Au départ, celle-ci accepte l’idée d’être deux mais très vite cette présence se révèle insupportable : d’où la décision de tuer Catherine, cet « avatar raté d’Anna Karénine » dont elle possède les tares mais non la grâce. Parallèlement, des voix, fort différentes, « discutent » dans l’esprit de la narratrice. Les échanges vifs entre ces âmes sœurs, rarement d’accord et ne s’exprimant pas du tout de la même manière – vulgaire, pédante, banale ou exaspérée – provoquent un effet comique assuré. Le pire, c’est la voix de Catherine elle-même, que la narratrice entend nuit et jour comme un feuilleton radiophonique diffusé en boucle. On pourrait penser que Tuer Catherine est un exercice rhétorique sans aucun contenu concret. Pas du tout. C’est bel et bien une fiction, une « psycho-fiction, une névrose-fiction, une Lexomil-fiction », dit la narratrice qui ne cache pas qu’elle s’amuse beaucoup – et nous avec elle – à faire et défaire le cadre de son livre et à jouer avec ses personnages et les situations qu’elle leur impose. En réalité, Tuer Catherine est un objet littéraire parfaitement maitrisé, jusque dans sa subversion, et qui pose aux lecteurs des questions essentielles dont celle de l’identité.
François Poirié
P.O.L, février 2009, 248 p., 18 €, ISBN : 978-2-84682-278-7
En savoir plus www.pol-editeur.fr
| 6 mai | |  | |
Walter Benjamin. Une vie dans les textes. Biographie,
Bruno Tackels
Bruno Tackels, après avoir écrit deux essais sur Walter Benjamin, a entrepris d’écrire la vie de Benjamin dans ses textes pour « nommer sa pensée en se laissant guider par le mouvement de sa vie ». Un choix qui peut s’expliquer par au moins deux raisons : parce que cette vie est « l’allégorie absolue du destin de l’intellectuel à l’époque du capitalisme postfasciste » et parce que Tackels est persuadé de l’incompréhension radicale de l’œuvre de Benjamin, y compris par ceux-là même qui étaient ses lecteurs les plus avisés et les plus fidèles (Brecht, Adorno) et qui ont refusé de « voir l’incroyable nouveauté » que Benjamin leur renvoyait. Pour l’auteur, se tenir au plus ras de la vie dans les textes c’est essayer de comprendre comment Benjamin s’est laissé entraîner dans tant de « dépendances mortelles », saisir « ce qui se joue dans la tête d’un homme qui descend vers l’enfer, et qui le sait, et qui l’écrit ». L’idée rectrice de l’écriture du livre est donc de considérer que ses textes transfigurent, traduisent et mettent en intelligibilté la vie de Benjamin. « L’équation monstrueuse » de sa vie est déployée, déroulant cette impresssionnante suite d’échecs, de déceptions, de revers, de trahisons, de renoncements et de paroles manquées. Une vie toujours en contre-pied, en contre-temps, en écart, en déplacements et voyages, catastrophe à l’image de l’épicentre de ce siècle des catastrophes, les années 1930-1940, qui arrime si étroitement Benjamin dans notre modernité tragique.
Le livre est une somme impressionnante de compréhension inquiète pour ce parcours hors-normes. Les annexes sont de précieuses « notes de lecture » de 10 textes fondamentaux de Benjamin. C’est désormais un incomparable outil de décryptage d’une pensée qui est redevenue, après une longue éclipse, indispensable à la compréhension de notre « temps désorienté ».
Christian Delacroix
Actes Sud, avril 2009, 839 p., 29 €, ISBN : 978-2-7427-8224-6 En savoir plus www.actes-sud.fr
| 5 mai | |  | |
La Puissance des corps,
Yann Queffélec
Une histoire de gros durs au cœur tendre aimant la bagarre et bousculer les filles, menée par des responsables du GIGN, le colonel Rémus, 45 ans, et son ami Franck, deux nostalgiques de l’Afghanistan, « doux comme des chats angoras ». La guerre leur manque à cause du « fossé qui sépare la vie du citoyen routinier de celle, incompréhensible, de l’homme d’action ». En attendant, Rémus qui navigue non sans mal entre femme, maîtresse et filles de passage, dirige une police parallèle, « les chats maigres », spécialisée dans la fraude alimentaire. Yann Queffélec peut ainsi nous livrer au passage un compte rendu d’autant plus difficile à avaler qu’il est précis ; il s’agit d’un rapport sur les techniques d’abattage et de transformation de vaches folles en mets savoureux. Tout irait presque pour le mieux si Walli, alias Popeye, le petit garçon que Rémus a sauvé de l’enfer de l’Afghanistan, ne disparaissait soudain, brutalement enlevé le 6 avril 2013 sur une plage bretonne. Dès lors Rémus n’a qu’un seul but, le retrouver. Pour cela il engage la belle Onyx – « loustic génial et bon petit pirate » – végétarienne et écolo, qu’il a auparavant pincée sur Greenpeace. Le style dru et vert charriant des métaphores truculentes – on pense à Frédéric Dard – embarque le lecteur à travers mille péripéties pour des aventures débridées.
Dominique Fayolle
Fayard, février 2009, 281 p., 19 €, ISBN : 978-2-213-62767-0
En savoir plus www.editions-fayard.fr
| 4 mai | |  | |
"Éloge du Poil", Compagnie Bal, Jeanne Mordoj
Un parcours commencé à 13 ans l’amène à singulariser ses deux principales techniques, contorsion et manipulation d’objets. Jeanne Mordoj connaît ses premières tournées à 18 ans avec le Cirque Bidon. Elle expérimente la rue avec la compagnie de rue La Salamandre entre 1990 et 1998. En 1993, avec le jongleur Vincent Filliozat (membre fondateur du Cirque Plume) et le musicien Bertrand Boss, elle crée le Trio Maracassé. Elle participe entre 1995 et 1997 au groupe de recherche le GR12 avec la compagnie Jérôme Thomas. Entre 2002 et 2006 avec la compagnie Cahin Caha, il y a le cabaret Imprudent avec Arthur H, puis la création du spectacle Grimm sous chapiteau. En 2000, Jeanne Mordoj crée son premier solo, 3 p’tits sous, mis en scène par Vincent Lorimy et Jérôme Thomas, portraits de femmes fortement inspirés des voyages. En 2001, deuxième solo, Chez moi, pièce d’extérieur pour une femme et une caravane mis en scène par Vincent Lorimy et Gulko, commande du centre des Arts du Cirque de Cherbourg et de la Grande Halle de La Villette dans le cadre du projet "les baraques".
Ce troisième solo de Jeanne Mordoj, l’"Éloge du Poil", a été créé à la suite d’une résidence Villa Médicis Hors Les Murs en 2006. Après avoir parcouru pendant quatre mois la République Tchèque, La Pologne, la Hongrie et la Géorgie à la recherche de la "femme à barbe", Jeanne Mordoj revient avec une histoire brutale et douce à la fois. L’illusionnisme des baraques foraines, la ventriloquie et le sujet millénaire de la femme poilue ressurgissent dans ce spectacle avec des accents résolument modernes. Jeanne Mordoj aborde, sur le thème de la pilosité, le sujet de la mort avec humour et détachement. Le cheveu, la barbe, le poil comme une pousse anarchique et désordonnée fait front contre le plat, le lisse et l’absence de défaut : le squelette d’un blaireau moqueur, marionnette qui raconte sa mort dans l’orgie et la goinfrerie, le jaune d’œuf qu’elle fait courir sur sa peau, à qui elle laisse un semblant de vie en le faisant voyager avec des gestes habiles et qui ne naîtra pas, les bambous qu’elle fait s’envoler sont autant d’objets inertes à qui elle donne vie le temps d’un spectacle.
26 et 27 novembre : Théâtre Jean Lurçat - Aubusson
www.ccajl.com 10 et 11 décembre : Scène nationale 61 - Mortagne
www.scenenationale61.com 9 et 10 janvier : Nuithonie - Villars sur Glâne - Suisse
www.nuithonie.ch 20 et 21janvier : Théâtre Hexagone - Meylan
www.theatre-hexagone.eu 24 et 25 janvier : La Ferme du Buisson - Noisiel 29 et 30 janvier : Espace Rohan - Saverne
www.mairie-saverne.fr 12 et 13 février : Le Vivat - Armentières
www.levivat.net 25, 26 et 27 février : L'Espal - Le Mans
www.theatre-espal.net 3 mars : Le Trident - Cherbourg
www.trident-sn.com 28 et 29 avril : L'Estive - Foix
www.lestive.com 4 au 31 mai , relâche les 8, 9, 10, 15, 16, 21, 22, 23, 24, 28 et 29 mai : Théâtre de la Bastille Paris
www.theatre-bastille.com
En savoir plus http://www.elogedupoil.com/
| 4 mai | |  | |
L’Homme assis dans le couloir, de Marguerite Duras
Mise en scène de Razerka Ben Sadia Lavant
Sarah Crépin danse la grâce. Dans un corps désaxé par la cohabitation du féminin et du masculin, elle danse parmi les voiles, créant une multitude de visions. Son corps effleuré, syncopé par les mots du texte qu’elle entend, s’irradie de lumière. Jacques Dutronc par sa voix (enregistrée) apporte une couleur sensuelle, sensible, virile. Tal Beït-Halachmi par sa voix profondément musicale nous invite au centre de l’œuvre de Duras.
Avec Sarah Crépin, danseuse Et les voix enregistrées de Jacques Dutronc et Tal Beït-Halachmi Format : 5 personnes En savoir plus Contact : lavant.razerka@neuf.fr
| 4 mai | |  | |
« Le cri »
Dans cette pièce de Nacera Belaza, chorégraphe d’origine algérienne il s'agit de donner une orientation intérieure : quitter le corps, libérer son énergie, accélérer, tout en maintenant la conscience à un endroit fixe — sans céder, sans tomber dans la transe.
« Inspiré par la traditionnelle, Le Cri tisse des correspondances entre la religion et le quotidien. Bande-son assourdie, voix étouffée du chanteur (Larbi Bestam), corps qui passent d'un pied sur l'autre dans un halo de lumière jaune. Lentement, Nacera Belaza et sa soeur Dalila font chauffer le mouvement [un seul — fondement de toute présence sur scène — refusant la séduction, l'artifice du geste dansé] jusqu'à ce qu'il les déborde en grandes vagues souples. Rivées au sol, elles semblent à la fois s'y visser et s'envoler.
Ce paradoxe se répercute sans fin dans la pièce, véritable exercice de jouissance très strict. Minimaliste et expansive, elle met dans la balance l'ascèse et la transe. La répétition et l'insistance maîtrisées du mouvement dérèglent l'horloge interne des interprètes pour emballer le système nerveux. Le plaisir se lit sur les visages. Qu'ils sourient ou se crispent dans une expression d'égarement presque douloureux, rien de factice dans leur extase. Avec Le Cri, Nacera Belaza signe une rêverie majeure sur l'humain et son désir de spiritualité en s'autorisant le plaisir. »
Où voir la pièce: Jeudi 5 février 2009 - CDC de Toulouse Vendredi 6 février 2009 - Théâtre de Cahors Mercredi 11 février 2009 - La Cité internationale – prog Hors saison ARCADI Samedi 7 Mars 2009 - Biennale nationale de danse du Val-de-Marne / Ivry Samedi 14 mars 2009 - Théâtre du Merlan / Marseille Dimanche 15 mars 2009 - Théâtre du Merlan / Marseille Mardi 17 mars 2009 Sharajh Biennale (9ème édition) / Émirats Arabes Unis (date à préciser) Jeudi 19 mars 2009 - Centre Culturel Jean Gagnant / Limoges Mardi 31 Mars 2009 - Théâtre d’Arles Jeudi 2 avril 2009 - Théâtre de l’Agora –Scène Nationale d’Evry et d’Essonne Mercredi 22 avril 2009 - Festival de Singel / Anvers / Belgique Jeudi 23 avril 2009 - Festival deSingel / Anvers / Belgique Samedi 25 avril 2009 - Festival Bipod à Beyrouth / Liban Samedi 16 mai 2009 - Institut du Monde Arabe / Paris 23 août 2009 Zürcher Theater Spektakel / Zurich 23, 24, 25 et 26 septembre 2009 - L’Agora à Montréal (4 représentations) Octobre 2009 (entre le 15 et le 20) Festival Temps Danse d’Automne – Forum du Blanc-Mesnil (dates à venir)
En savoir plus http://www.vannarath.free.fr/site/ http://www.algerie-dz.com/ http://www.paris-art.com/agenda/evenements/d_evenement/Nacera-Belaza-Le-Cri-10827.html http://www.telerama.fr/scenes/nacera-belaza-devouee-corps-et-ame-a-la-danse,28939.php
| 4 mai | |  | |
D'autres vies que la mienne,
Emmanuel Carrère
Un tsunami entraîne avec lui et tue une petite fille, Juliette, alors en vacances au Sri Lanka avec ses parents. Quelque temps après, le cancer emporte une autre Juliette – épouse, mère de trois petites filles, juge et belle-soeur de l'auteur. Entre ces deux drames, erre un narrateur totalement obsédé par son incapacité d'aimer, autocentré, insatisfait et jaloux. Jusqu'à ce qu'il réagisse enfin et s'apaise. Il aura donc fallu au moins deux morts, deux Juliette, pour que le narrateur s'intéresse à d'autres vies que la sienne et, chose faite, puisse s'intéresser à sa femme qu'il aimerait aimer longtemps et à sa fille qui vient de naître. Avant cela, il sera parti à la recherche du corps de la fillette, aura interrogé ceux qui entouraient sa belle-soeur, notamment son mari et ses parents mais surtout Étienne Rigal qui épluchait avec elle des dossiers de surrendettement au tribunal d'instance de Vienne... Cet anti Jean-Claude Romand (L'Adversaire), boiteux, solaire, humaniste, déterminé et vainqueur d’un cancer, donnera alors à l'auteur l’idée d'écrire ce livre. Au cours des entretiens, outre les problèmes de droit, de justice, de handicap et de politique, il y sera aussi question d’amour et d'amitié. Mais parce que Carrère ne nous épargnera pas les descriptions de la destruction, nous penserons alors à tous ces parents qui perdent leur enfant, à tous ces enfants qui voient mourir leur mère. Mais l’auteur aura réussi son retour parmi les humains. « La vie m'avait mis à cette place, Étienne me l'avait désignée, je l'occupais. », écrit-il. Et il tiendra sa place, jusqu'au bout.
Christophe Grossi
P.O.L, mars 2009, 320 p., 19,50 €, ISBN : 978-2-84682-250-3
En savoir plus www.pol-editeur.fr
| 1er mai | |  | |
Carte d'Identité,
de et avec Diogène « Atome » Ntarindwa
D’origine rwandaise, Diogène Ntarindwa est né en 1977 au Burundi. Enrôlé par le Front Patriotique Rwandais à l’adolescence, il est démobilisé à 19 ans. Après des études de droit au Rwanda, il entre en 2002 au Conservatoire de Liège. Particulièrement attaché au Rwanda et au drame qu’a connu ce pays, Diogène offre le récit de son existence : une guerre qui le ramène sur les terres de ses aïeux, l’exil, le questionnement sur l’identité, le souci de mémoire…. A travers ce témoignage, c’est une galerie de personnages touchants, dépaysants souvent drôles, qu’il interprète: son professeur d’histoire africaine, ses instructeurs, ses camarades d’école avec lesquels il joue à la guerre avant que la guerre ne les rattrape, son père et les anciens, sa mère qui n’a pas pu s’opposer à son départ pour le front… Avec Carte d’Identité, un jeune auteur et interprète fait se croiser la Grande Histoire, celle d’un pays et de ses conflits, avec les hommes et les femmes qui l’ont peuplée. Si l’on (sou)rit beaucoup au spectacle, on ne saurait oublier que Carte d’Identité est l’histoire authentique de Diogène Ntarindwa.
Format : 2 personnes Contact : Olivier Blin La Charge du Rhinocéros 26 rue de la Glacière 1060 Bruxelles Tel: 02.649.42.40
En savoir plus www.chargedurhinoceros.be
| 30 avril | |  | |
« WOZA» de la cie Via KatleHong (Afrique du sud)
« Woza » comme un cri, un dynamisme à l’état brut qui se répand du plateau à la salle. Ils sont 12 sur scène à déployer une énergie assourdissante et à nous faire vibrer aux rytmes des sons et des danses d’Afrique du sud. Leur point de départ : le pantsula « un mouvement de mode de musique et de danse, un véritable style de vie à travers lequel les jeunes des townships ont retourné leur fierté. » Leurs instruments : des bottes en caoutchouc (le gumboots ) qu’ils frappent au sol ou avec les mains pour en extraire des sons inhabituels, des jumbe pour endiabler encore plus le rythme effréné de leur danse, des bâtons, des chaussures à claquettes pour moderniser un mouvement crée au début des années 50.
Leur style : s’appuyer sur les aspects traditionnels de leur culture pour les faire évoluer vers une modernité réelle, emprunter aux différentes pratiques artistiques pour brasser musique, chant et danse, et relever le tout avec une dose d’humour et de bonne humeur contagieuse.
Un groupe uni, toujours synchronisé qui porte avec lui une énergie presque guerrière et qui sait communiquer toute la gamme de ses talents parfaitement maîtrisés. Un spectacle comme on en voit peu sur les scènes européennes composé de différents tableaux et de jeux de va et vient entre les danseurs.
Là, l’originalité n’est pas à chercher dans une chorégraphie scrupuleusement étudiée mais davantage dans l’énergie débordante des acteurs et dans la transmission de cette énergie.
Diffusion :
Du 26 au 29 mars 2009 à Paris – Théâtre National de Chaillot – France Du 7 au 9 mai 2009 à Montclair – Kasser Theater / Montclair State University – USA Le 17 mai 2009 à Noisy-le-Grand – Espace Michel Simon – France
CONTACTS DIFFUSION : Julie George & Damien Valette 50 rue Jean Pierre Timbaud - 75011 Paris - France Tel +33 (0)1 43 38 03 33 - Fax +33(0)1 43 38 91 83
En savoir plus www.jgdv.net http://www.jgdv.net/fiche_ViaKatlehong.htm
| 30 avril | |  | |
Histoire, Littérature, Témoignage. Écrire les malheurs du temps,
Christian Jouhaud, Dinah Ribard et Nicolas Schapira
À partir d’un matériel empirique très riche, les témoignages sur les «malheurs du temps», guerre, famine et peste au XVIIe siècle, les auteurs affrontent ce qu’ils nomment un point aveugle de l’usage historien de ces témoignages : les pratiques de mise en écriture des témoignages et les conditions (matérielles, sociales, politiques, culturelles…) de possibilité de leur réception comme témoignages. Ils partent d’une question en apparence simple : comment des écritures du témoignage ont été, en référence et en opposition à la littérature, construites comme des sources supposées donner accès aux réalités sociales ? Il s’agit de sortir de l’alternative «opposant approche documentaire et approche littéraire» : tous les scripteurs, même les plus humbles, sont des auteurs. C’est donc tout autant la prise au sérieux de ces expériences d’écriture interrogées pour elles-mêmes, les procédures d’intégration de ces témoignages dans l’écriture des historiens et plus largement les rapports entre histoire et littérature qui sont en jeu ici. Ces choix méthodologiques se révèlent très féconds. Ainsi, l’analyse des écrits de la figure emblématique de Rétif de la Bretonne si souvent utilisés par les historiens du XVIIe siècle paysan (et en particulier par Emmanuel Leroy Ladurie). Cette contribution démontre très finement comment l’historien finit par « naturaliser » le texte de Rétif en « ignorant » que Rétif produit discursivement sa réalité paysanne en usant de codes littéraires qu’il maîtrise comme écrivain professionnel, ce qui par ailleurs ne revient pas à dénier à Rétif « toute capacité à témoigner sur ce dont il parle ».
En pensant avec une grande rigueur témoignage et histoire dans leur dimension d’écriture et en considérant notamment les historiens comme les « témoins de leur propres pratiques d’écriture », les six contributions du livre témoignent brillamment de la fécondité de la nouvelle réflexivité à l’œuvre en histoire.
Christian Delacroix
Gallimard, coll. « Folio histoire », mars 2009, 405 p., 8,60 €, ISBN : 978-2-07-03428-7
En savoir plus www.gallimard.com
| 30 avril | |  | |
"Urban Ballet",
Compagnie Rêvolution / Anthony Egéa
La création se compose en quatre parties : un solo - d'une grande intensité et magnifiquement interprété , sur une musique de Vivaldi - un morceau d 'ensemble, sur "le Boléro", plus proche du ballet, ou de la danse moderne que du hip hop et une partie pouvant rappeler une sculpture vivante qui se désintègre, sur une musique de Xenakis. Ces pièces, et plus particulièrement la seconde - montrent de façon très habile le glissement du hip hop vers le contemporain, et le glissement des codes du classique (mouvements d'ensemble etc) vers les codes hip hop. Dates: 18 octobre 2008: Festival Karavel, Espace Albert Camus à Bron 9 décembre 2008: Festival H2O à Aulnay sous Bois 19 - 20 décembre 2008: Théâtre André Malraux de Rueil Malmaison 13 - 14 -15 janvier 2009: Scène nationale de Petit Quevilly / Opéra de Rouen 16 janvier 2009: Centre Juliobona de Lillebonne 20 - 21 janvier 2009: La Rampe à Echirolles 29 janvier 2009: Théâtre de Coutances Du 2 au 6 février 2009: musique et danse en Loire Atlantique à Nantes (4 représentations) 6 mars 2009: Théâtre de Corbeil Essonnes 20 mars 2009: Théâtre de L’Olivier à Istres 24 mars 2009: Théâtre de Poissy 26 mars 2009: Le Mail à Soissons 2 avril 2009: Le Trident, scène nationale de Cherbourg 9 avril 2009: L’Hermitage, Le Bouscat 28 – 29 avril 2009: Scène nationale de Bayonne 2 mai 2009: Breakin’Convention, Sadler’s Wells à Londres 15 mai 2009 : Le Nickel à Rambouillet 19 mai 2009: Théâtre de Saragosse, Espaces pluriels à Pau En savoir plus www.cie-revolution.com
| 30 avril | |  | |
"La commission centrale de l’enfance",
de et par David Lescot
S’accompagnant d’une guitare électrique tchécoslovaque, rouge flamboyant, David Lescot, auteur et musicien, convoque une mémoire récente d’une conscience politique, de l’espoir usurpé, de transgressions, de l’éveil des sens d’un adolescent. Sur une scène minimaliste, seul, souriant, il chante, parle de la grande Histoire traversée par les petites histoires des hommes. Parce qu’il n’y a "pas de colo sans guitare, ni de guitare sans colo", David Lescot, charismatique, nous captive pendant une heure, par un récit rythmé où l’humour n’est pas la politesse du désespoir. À l’origine de sa création, une association de colonies de vacances créée par les Juifs communistes français après la Seconde Guerre mondiale pour les enfants des disparus, nommée "Commission centrale de l’enfance".
Format : 2 personnes - adaptable dans toutes les salles.
Dates : du 8 octobre au 9 novembre : Paris, Maison de la Poésie. le 20 novembre : Madrid , Théâtre de L'Institut français. du 16 au 18 décembre: Lorient, CDDB. le 13 décembre : Comédie de Reims, Festival Reims à Scène ouverte. le 11 février : Aix en Provence, Théâtre Gérard Philipe. le 13 février: Bruxelles du 18 au 20 juin: Scènes du Jura.
Du 8 octobre au 9 novembre 08 à la Maison de la Poésie à Paris
En savoir plus Contact : Nathalie Gasser: gasser.nathalie@wanadoo.fr
| 29 avril | |  | |
Le pire, c’est la neige,
Jacqueline Demornex
Dans ce beau récit autobiographique, sans fard, très précis (l’auteur a été journaliste…), la figure d’André Pieyre de Mandiargues, dont on fête cette année le centenaire de la naissance – l’auteur, entre autre, du Soleil des loups, de La Marge (prix Goncourt 1967) ou encore de Tout disparaîtra –, occupe la place centrale. Rien de plus normal puisque Jacqueline Demornex a vécu durant des années une relation intense avec ce mythe des Lettres. Jacqueline Demornex se livre à nous avec le recul du temps. Elle décrit la jeune étudiante qu’elle fut, paralysée par une timidité maladive que seuls les livres – et singulièrement ceux de Mandiargues, Borges, Cortàzar… – réussissent, alors, à apaiser. Une jeune femme qui profitera pleinement de la libération sexuelle des années 1970, faire l’amour lui semblant tout simplement « naturel ». Celle qui confie avoir lu plus de cent fois Nadja sans en épuiser le mystère s’agace parfois du ton désuet des lettres de son amant-poète vieillissant. Mais la vraie difficulté est ailleurs : égarée dans le labyrinthe de l’admiration, Jacqueline Demornex ne réalisera pas son vœu de devenir elle-même écrivain. Ce rêve se concrétise aujourd’hui dans cette confession où se dessine le portrait de l’Aimé magnifique – le titre est extrait d’un poème de Mandiargues –, enfin saisi dans toute la complexité que permet l’écriture pensée comme un défi. François Poirié
Sabine Wespieser éditeur, mars 2009, 252 p., 20 €, ISBN : 978-2-84805-069-0
En savoir plus http://www.swediteur.com/
| 28 avril | |  | |
La Femme lit,
Sophie Loizeau
Cet ouvrage – dont le titre souligne une ambiguïté volontaire – poursuit la recherche entreprise par Sophie Loizeau et visant à faire bouger, dans la faille ouverte par le poème, le rapport du corps au langage, mais aussi de la lecture au réel… Par-delà la crudité, l’étrangeté même de sa poésie – où le fantastique affleure sans cesse – c’est une réinscription dans la tradition baroque que cette écriture opère, à travers la figure de Diane, l’héroïne masquée de La Femme lit, dans ses métamorphoses picturales, livresques ou charnelles. On aurait tort néanmoins de ne retenir de l’écriture de Sophie Loizeau que sa dimension « érotique » – assumée certes par l’auteur avec une belle insolence – car les excès ou le dépassement qui s’y cherchent témoignent d’une quête dont le langage, étant la clé, indique « sûrement le lit concevable »… Le bref essai qui vient clore l’ouvrage (Le Mythe de soi) éclaire sous cet angle un parcours poétique qu’on peut inscrire dans la lignée de Mandiargues, de Pierre Jean Jouve – ou plus fémininement de Joyce Mansour.
Flammarion, coll. « Poésie », mars 2009, 104 p., 15 €, ISBN : 978-2-08-122179-6.
En savoir plus www.flammarion.com
| 28 avril | |  | |
LA BIENNALE DE LYON
La Biennale de Lyon figure parmi les biennales d’art contemporain les plus marquantes aujourd’hui.
Crée en 1991 par le Ministère de la Culture et la Ville de Lyon, elle est à présent la «Biennale française» et occupe une place de tout premier plan dans le monde l’art. Rendez-vous artistique incontournable, elle attire un public de plus en plus large (140 000 visiteurs en 2007). Elle fête en 2009 sa dixième édition. La prochaine Biennale de Lyon se tiendra du 16 septembre 2009 au 3 janvier 2010, dans plusieurs lieux de la ville de Lyon. Intitulée « Le spectacle du quotidien », elle sera conduite par Hou Hanru, Commissaire et Thierry Raspail, Directeur artistique. Les previews auront lieu les 14 et 15 septembre 2009.
Le projet artistique de la Biennale de Lyon 2009 : « Le spectacle du quotidien » par Hou Hanru
Nous vivons dans la société du spectacle. Malgré ses effets aliénants sur notre vie et nos liens sociaux, elle est l’une des conditions fondamentales de notre existence. A l’époque de la globalisation ou de l’ « empire global » (Antonio Negri et Michael Hardt), il n’existe plus de « dehors » pour cette société du spectacle. Comment dès lors créer les conditions du nécessaire développement d’idées critiques, créatives, nouvelles, subversives ? C’est en s’engageant sur la question du quotidien que l’art contemporain peut retrouver son rôle social de force critique - et permettre à l’imagination de faire des propositions pour un monde meilleur. Le quotidien est depuis plusieurs décennies déjà désigné comme le champ le plus favorable à une possible reconquête de notre liberté face à l’ordre établi. A l’heure de la globalisation et de la crise, cette pensée retrouve toute son actualité. De plus en plus nous embrassons un monde reconstruit sur la complexité. La réinvention de nos pratiques quotidiennes est un aspect crucial de la fondation de cet ordre nouveau. C’est également le contexte le plus stimulant dans lequel l’art contemporain peut évoluer et obtenir une nouvelle pertinence. Car à l’heure de la globalisation, il ne suffit plus que l’art contemporain soit devenu un phénomène spectaculaire accepté par tout le monde sur notre planète. Il est important de montrer que des artistes et des communautés d’artistes en nombre toujours plus grand, venant des différentes régions du monde, interviennent sur le champ du quotidien pour en faire surgir de nouvelles formes et de nouvelles significations, des usages nouveaux. Leur ambition : réinventer l’ordinaire pour en faire quelque chose de spectaculaire, d’unique, afin de produire de nouvelles expressions de la complexité, de la diversité, de l’interactivité. Leur intelligence : utiliser les outils les plus efficaces (incluant les biennales) pour promouvoir leurs pratiques. C’est cette tendance que la Xe Biennale de Lyon va explorer et présenter. Le spectacle du quotidien change à la fois le spectacle et le quotidien !
Hou Hanru – photo : Osama Dawod
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| 28 avril | |  | |
b.c, janvier 1545, fontainebleau,
de Christian Rizzo
Christian Rizzo a composé ce rituel noir et blanc pour une danseuse de l’Opéra national de Lyon : noir des costumes, du manipulateur d’objets et des sculptures peluches qui pendent des cintres. Blanc de l’écrin qui sert de cadre aux lents déplacements de la danseuse, qui s’inscrivent comme des lettres sur les murs et le sol, rehaussés par l’éclat des bougies. Une sorte de songe transposé sur scène, enrobé par les sons électriques de Jérôme Nox.
« La première image est d’une beauté plastique telle qu’on pourrait s’en contenter. Une boîte blanche, des peluches noires qui dégoulinent du plafond, des myriades de petites bougies. Dans son écrin, une Madame en noir, façon Barbarella, découpe l’espace à grands mouvements nets et puissants sous l’œil d’un serviteur à tête de lapin. Répétitive et lente, la chorégraphie haute couture semble taillée à même la peau de Julie Guibert. Tombé net du geste sur les talons aiguilles, limpidité des lignes jusque dans les roulades soudain suspendues. Aucun flou dans les mains fermes, la danseuse remporte son pari de perfection. Entre performance et installation plastique, cette pièce exacerbe le style Rizzo, sa capacité à transformer l’espace en zone précieuse dont la blancheur amnésique sublime les corps, les objets, les sons et les lumières. » Rosita Boisseau, Télérama 5 décembre 2007 Disponibilités en 2009: - du 4 au 14 février 2009 - du 4 au 13 mars 2009 - du 9 au 19 avril 2009 - du 1er au 10 mai 2009 - juillet et août 2009
En savoir plus www.lassociationfragile.com
| 28 avril | |  | |
"Press",
de Pierre Rigal
Cette pièce pourrait symboliser la perte de la liberté. Liberté physique en proie au retrécissement de l’environnement immédiat, où les gestes et le corps doivent s’adapter en fonction de l’espace qui retrécit et qui casse le corps. Et liberté de l’esprit qui est concentré sur la survie du corps et ne peut penser à rien d’autre qu’à s’échapper où au mieux à intégrer les nouvelles contraintes.
"Dans sa boîte magique de 3,20 m de large sur 2,20 m de hauteur et de profondeur, ce solo d’un homme dans sa chambre croise la danse, le théâtre, l’illusion et l’acrobatie, sur le fil d’une fable existentielle universelle. Le propos de Press se résume à un cauchemar, une hallucination, de ceux qui font monter l’angoisse en même temps que les murs de votre chambre se déforment à vue. (…) L’antihéros incarné par Rigal récapitule physiquement, avec beaucoup d’invention, les grands motifs de la nausée contemporaine : solitude, enfermement, fatigue, claustrophobie, insomnie… Au cœur de sa toile, le corps sort de ses gonds. Il se contorsionne, devient pâte à modeler, prend les mesures de son périmètre d’incertitude jusqu’à se voir réduit à un confetti. " Rosita Boisseau, Le Monde - 30 mai 2008. Calendrier 08/09 : Tarbes Le Parvis, scène nationale 15 > 16 janvier 09 Nantes Le Lieu Unique 22 > 24 janvier 09 Toulouse Le Théâtre Garonne 29 janv > 7 février 09 Vanves Festival Artdanthé 12 > 13 février 09 Bruxelles (Belgique) Kaaitheater 20 > 21 février 09 Séville (Espagne) Teatro Central 6 > 8 mars 09 Bezons Théâtre Paul Eluard 19 > 20 mars 09 Montpellier Trioletto, Montpellier danse 24 > 25 mars 09 Lons le Saunier Scènes du Jura 11 > 12 mai 09 Eu Théâtre du Château 20 > 21 mai 09 Londres (R.U) Sadlers’Wells 28 > 30 mai 09
En savoir plus www.pierrerigal.net
| 27 avril | |  | |
"La mélancolie des Dragons" et "L’effet de Serge", de Philippe Quesne - Cie Vivarium Studio
Révélée en 2008 au festival d’Avignon, la compagnie Vivarium Studio circule déjà régulièrement en Europe du Nord. Sa dernière création a d’ailleurs été coproduite par le Hebbel théâtre de Berlin et son précédent spectacle "L'effet de Serge" vient d’être présenté aux États-Unis.
"La mélancolie des Dragons" Pratiquant la dissection de son titre lui-même, triple anatomie du langage, de l’image et du mythe, véritable écorché du sens, ce spectacle se construit en se faisant. On y voit donc de la mélancolie, ce qui est le propre des héros forgés par Philippe Quesne. Il pratique le théâtre comme une expérience chimico-physique : il prend des choses à lui, découpe chez les autres des textes, des musiques, des références, des images, des histoires et dispose l’ensemble sur le plateau, avant de mettre des humains dedans. Et nous jubilons à considérer la manière dont ils se dépatouillent avec ce monde, qui leur colle à la peau.
"L’effet de Serge" Parfois poignant sur la solitude, "L’effet de Serge" n’est en rien une tragédie de la vie moderne. Serge, un être solitaire, a cependant des amis pour lesquels il organise chaque dimanche des spectacles d’une à trois minutes à partir d’effets spéciaux où il démontre, avec un humour à froid, l’étendue de son imaginaire poétique. Entre la solitude de l’inventeur mélancolique et l’amitié de son cercle de spectateurs patients, un territoire étrange se dessine.
Prochaines dates: Festival Under the radar: New-York, janvier 2009
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| 27 avril | |  | |
Montecristi,
Jean-Noël Pancrazi
Après le départ de son jeune et vénal amant, Noeli, l’auteur échoué dans le port de Montecristi, à Saint-Domingue se replie dans une mélancolie voluptueuse. Il évoque le climat délétère de l’île avec son cortège d’hypocrisie, de crimes, de maladies, de trafics de drogue et l’afflux continu d’émigrés clandestins en provenance de Haïti. Mais ni l’amour enfui, ni les voluptés fugitives ne peuvent parvenir à susciter ce que recherche vraiment le narrateur : l’envie d’écrire. Noyé dans le paludisme qui le replonge dans son Algérie natale, d’où il n’a jamais su vraiment partir et où il n’a jamais pu retourner, il ne cesse de revivre son enfance. Mais comme en écho à la question de Noeli « Pour qui tu vis, toi ? », il aime à penser qu’il aurait voulu adopter et ramener à Paris le petit cireur de chaussures, Chiquito, auquel il s’est d’autant plus attaché que celui-ci est atteint du parasito, cette terrible maladie que provoquent les fûts toxiques déposés secrètement par des cargos américains. C’est Chiquito qui finalement empêchera le narrateur « de renoncer à écrire et à aimer » et c’est le scandale de sa mort qui provoquera son départ. Les longues périodes de Jean-Noël Pancazi plongent le lecteur dans une sorte d’apnée comme en empathie avec les fugitifs échappés de prison et les personnages happés par la maladie dans ce roman de la malédiction.
Dominique Fayolle
Gallimard, janvier 2009, 131 p., 12,90 €, ISBN : 978-2-07-012414-5
En savoir plus www.gallimard.fr
| 27 avril | |  | |
Le Quatuor Ebène grave un disque Ravel Debussy Fauré. Magistral !
Parmi les révélations françaises de ces dernières années, le Quatuor Ebène est la formation dont l’ascension a peut-être été la plus fulgurante. En seulement quelques années, depuis son succès au prestigieux Concours international de l’ARD en 2004, il est passé d’un jeune ensemble prometteur, à un quatuor de renommée mondiale, invité par les plus grandes scènes européennes et partenaire en musique de chambre des musiciens les plus réputés. C’est avec le même succès que l’ensemble a gravé deux excellents disques monographiques parus chez Mirare (Haydn, Bartok).
Aujourd’hui, le quatuor nous fait le plaisir de s’attaquer à l’enregistrement de trois chefs d’œuvres français et rappelle ainsi à ceux qui n’ont pas encore eu la chance de l’entendre en concert quels ravissements renouvelés ces pièces cent fois entendues sont encore capables de nous procurer.
À peine sorti des entrepôts de leur tout nouveau label Virgin Classics-EMI avec qui ils viennent de signer une exclusivité, le disque a été littéralement acclamé. Véritable phénomène médiatique en France et à l’étranger (Editor’s Choice de Gramaphone, Choc du Monde de la Musique, ffff Télérama, Disc of the week dans le Times, Editor’s Choice de Gramophone…), les critiques mettent unanimement en évidence "le nerf, la personnalité et l’âme du son", une interprétation à la "verticalité exemplaire, intonation irréprochable, la sensibilité fébrile sans complaisance, l’équilibre subtilement intense entre la souffrance et la passion", bref, "un quatuor très doué qui a quelque chose d’urgent et de particulier à communiquer."
La sortie de ce disque exceptionnel est accompagnée de nombreux concerts en France et à l’étranger, offrant de nombreuses occasions d’entendre un quatuor aussi fougueux et sensible sur scène qu’au disque.
Quelques dates pour vous permettre de les entendre :
En France : 2 novembre 08 Paris Théâtre du Châtelet Fauré Debussy 18 novembre 08 Le Duo, Dijon Debussy Fauré Ravel 29 janvier 09 MC2 Grenoble Debussy Fauré Ravel 6 mai 09 Lyon, Salle Molière Debussy-Ravel (avec Isabelle Moretti, Magali Mosnier, Nicolas Baldeyrou)
À l’étranger: 9 novembre 08 Londres, Wigmore Hall Fauré Debussy 14 janvier 09 Herkulessaal, Munich Haydn Fauré Schubert 24-25-26 janvier 09 Bozar, Bruxelles Haydn Fauré Debussy Ravel 16 février 09 Venise Fauré Bartok Debussy 28 février- 1er mars 09 Wigmore Hall, Londres (RU) Haydn- Beethoven 13 mars 09 Wash DC Library of Congress Debussy-Fauré, Ravel 20 mars 09 Weill Recital Hall, Carnegie Hall, New York Mozart-Brahms-Ravel 16-18 avril 09 Concertgebouw Amsterdam Haydn-Fauré-Schubert
En savoir plus http://www.quatuorebene.com/fr/article/page/resume http://www.emiclassics.com/artistdiscography.php?aid=136 http://www.solea-management.com
| 25 avril | |  | |
En Quête de Bonheur,
d’Arnaud Meunier
Oratorio poétique et philosophique mis en scène par Arnaud Meunier, "En Quête de Bonheur" est une œuvre tissée d’écrits classiques et modernes. De Baudelaire à Voltaire, de Prévert à Le Clézio en passant par Pascal, tous philosophent autour de ce même miracle appelé bonheur. Thème existentiel qui nous apparaît ici ludique et léger grâce au jeu des trois comédiens dont le naturel est réconfortant. Un dialogue de citations sans prétention qui sème le doute dans nos esprits sans pour autant porter d’affirmations. Spectacle créé pour pouvoir être joué dans tous types d’espace, dans les théâtres mais aussi hors les murs. Spectacle où pensée et réflexion se conjugent avec légereté, accompagné par le violon grave et puissant de Régis Hubry.
Format : trois comédiens , un musicien , un technicien (pas de décor)
Du 22 octobre au 14 décembre 2008 à la Maison de la Poésie
Contact : Maison de la Poésie, Paris Passage Molière / 157, rue Saint Martin, Paris 3e M° Rambuteau / Les Halles 0144545300
En savoir plus www.maisondelapoesie.com
| 24 avril | |  | |
Introduction à l’historiographie,
Philippe Poirrier
Ce livre exemplifie l’utilité et la fécondité d’un domaine récent, celui de l’histoire de l’histoire, l’historiographie. Précis, court et informé, il fait le point sur les savoirs et le savoir-faire dans ce domaine en plein essor. Poirrier, spécialiste confirmé dans le domaine de l’histoire culturelle, interroge la pratique historienne comme construction, prenant au sérieux le propos de Michel de Certeau selon lequel l’histoire est tributaire d’un lieu et d’un moment. Il retrace le parcours de l’historien dans sa fonction sociale à partir du Moyen Âge et revisite la période de la progressive professionnalisation du métier, retraçant à grands pas le parcours de l’école romantique à la nouvelle histoire, en passant par l’école des Annales. Avec un nombre limité de documents bien choisis et commentés, l’ouvrage offre une grande valeur pédagogique. Il donne ainsi à relire et soumet à l’étude des textes essentiels comme celui de Georges Duby sur la bataille de Bouvines, le manifeste de la Revue historique de 1876, ou encore l’éditorial des Annales sur le tournant critique (1988).
L’aspect le plus nouveau de l’ouvrage se situe surtout dans son inscription au cœur des débats et controverses actuelles. Il fait le point sur les rapports entre médias et histoire, sur les enjeux de l’internationalisation et les questions que posent les lois mémorielles. L’étude du savoir-faire historien fait place aux apports extérieurs de la micro-storia italienne et des cultural studies anglo-saxonnes, mais aussi à des objets nouveaux comme l’histoire du genre, du cinéma et enfin les enjeux de l’écriture de l’histoire confrontée aux défis d’internet et de l’édition numérique. Un utilitaire fort utile pour les amateurs d’histoire comme pour ceux qui veulent en faire leur métier.
François Dosse
Belin, coll. « Belin atouts. Histoire », mars 2009, 192 p., 21 €, ISBN : 978-2-7011-4763-5
En savoir plus www.editions-belin.com
| 23 avril | |  | |
Pierre Michon,
Agnès Castiglione
Pierre Michon a donné de nombreux entretiens qui font entendre une voix, vraie, simple et forte, celle d’un écrivain nourri des grands textes dont il renouvelle l’approche de façon toujours ample, précise et lucide. Le présent entretien avec Colette Fellous (À voix nue, France Culture, 2002) est rare par ses inflexions plus nettement autobiographiques qui trouvent de nombreux échos dans l’essai d’Agnès Castiglione. C’est l’inoubliable présence de cette voix – dubitative, fraternelle ou plus pathétiquement personnelle – qu’elle a souhaité faire entendre dans le rythme et la scansion d’une écriture de l’apparition étonnamment riche, au fil d’une analyse en quatre temps qui conduit de l’invention du minuscule à la figure du Roi.
Agnès Castiglione est maître de conférences en littérature contemporaine à Saint-Étienne. Elle a publié et dirigé des ouvrages sur Jean Giono et Pierre Michon dont elle a récemment édité un volume d’entretiens. Ses travaux se sont également intéressés à Olivier Rolin, Gérard Macé, François Truffaut.
La collection « Auteurs » présente des figures majeures de la pensée et des littératures françaises contemporaines (écrivains, penseurs, philosophes). Destinés à un large public, les ouvrages se composent d’un essai sur l’œuvre, d’une anthologie, d’une bio-bibliograhie actualisée, d’un cahier iconographique et d’un CD audio d’enregistrements des archives de l’Institut national de l’audiovisuel.
Culturesfrance éditions/éditions Textuel, coll. « Auteurs », avril 2009, 136 p., ill. n. & b. et coul. + 1 CD audio, 19 €, ISBN : 978-2-84597-320-6 En partenariat avec l’Ina
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| 23 avril | |  | |
BLICK BASSY (Cameroun)
C’est avec le groupe Macase que Blick Bassy a commencé à se faire connaître, d’abord au Cameroun puis sur la scène internationale.
Après avoir arrangé et produit l’album du rappeur Koppo (avec le succès populaire du titre « Je Go »), Blick Bassy démarre fin 2005 sa carrière solo.
Chanteur, compositeur, arrangeur, Blick travaille d’arrache-pied, multiplie les collaborations (Lokua Kanza, Jay Lou Ava, Etienne Mbappe…) et trouve son style à lui. Une musique sensible, bossa africaine et jazzy, empreinte des rythmiques bantoues, parfois à la limite du blues, et toujours dominée par sa voix, tour à tour mélancolique ou joyeuse, véritable invitation au voyage.
Profondément nomade, comme sa musique, le talent de Blick Bassy est aussi de savoir rester ouvert à toutes les aventures. Que ce soit au Zimbabwe, en Colombie, ou … dans l’univers carcéral, le succès est là, et le public conquis.
Premier album «Leman » sortie le 23 février 2009 (World Connection / Pias)
Concert le 5 mars à 21h au Satlelit Café (Paris 11ème)
Format tournée : 5 personnes dont 4 sur scène
Diffusion France : Mad minute – Corinne Serre 5-7 rue Paul Bert 93400 St Ouen France Tel : +33 (0)1 40 10 25 55 - Fax : +33 (0)1 40 10 17 37 http://madminutemusic.com corinne@madminutemusic.com
Diffusion internationale : World connection agency – Turid Dramé Polonceaukade 16 / 1014 DA Amsterdam Tel: +31 (0)20 41 25 285 – (0)20 42 35 776 / Fax: +31 (0)20 42 75 769 turid@worldconnectionagency.nl www.worldconnectionagency.nl
En savoir plus www.myspace.com/blickbassy2
| 22 avril | |  | |
Mme Lejaune / Rose / Kristin. Compagnie Princesses Peluches. Caroline Amoros
Un festival, l'été : les spectateurs attendent l'une des trois femmes créée et jouée par Caroline Amoros. Certains la reconnaîtront. Suivie du photographe Raphaël Helle, cela fait plusieurs jours qu'elle s'invite aux comptoirs des cafés, chez le coiffeur, dans les marchés. La voilà ! Rose, Mme Lejaune ou Kristin vêtue des couleurs de son nom ou d'un jogging démodé. Nous la suivons dans les rues de la ville, tantôt slalomant entre des yaourts premier prix avec une voiture téléguidée, tantôt graffant au sol la précarité de son statut de cinquantenaire au chômage. Puis elle attable des hommes adultes et, dans une dînette d'enfant, leur sert des hamburgers avec des couverts en plastique. Elle est blonde, elle sourit et regarde avec une infinie tendresse au-delà de nous. Elle n'est pas myope puisqu’elle vise parfaitement l'ours en peluche plaqué sur la vitrine d'une banque, et qu'au sol, elle l'achève avec une dernière balle de paint ball : rouge. Mais veut-elle réveiller les fantômes que l'on voie plus loin et autrement cet espace pollué par les images et les messages qu'il véhicule ? Elle colle sur un mur gris des images de publicités détournées, des photos d'elle lors de la Marche mondiale des Femmes, elle encore, hier sur un banc avec la boulangère qui l'a aidée à arroser des salades posées dans la rue commerçante de la ville. Les personnages de Caroline Amoros ne sont jamais bruyants, n'argumentent pas le geste, ils nous entraînent en silence, avec poésie et humour, dans une réalité toute nouvelle. Abasourdis nous voyons autrement ce qui était sous nos yeux depuis toujours.
En savoir plus princesses-peluches@wanadoo.fr http://www.princesses-peluches.com/
| 22 avril | |  | |
Œuvres complètes, II : L’Art de la contradiction,
Jean Paulhan
Après un volume inaugural, consacré aux Récits, voici donc le deuxième tome de cette nouvelle édition des Œuvres complètes de Jean Paulhan (qui en comportera sept). Il est entièrement dédié à la Rhétorique et à la question centrale qui a travaillé l’auteur, d’un bout à l’autre de sa vie : que sont les mots – et de quelle manière autorisent-ils la transmission d’un sens, par-delà (ou à travers) les lieux communs ou les locutions proverbiales, mais aussi les codes propres à une prosodie ? La composition du volume (qui respecte le projet de Paulhan) va ainsi de l’Entretien sur les faits-divers (1931) à la Petite préface à toute critique (1951), en passant par Jacob Cow le pirate, le Traité des figures et l’énigmatique Clef de la poésie, opaque et lumineuse, qui propose une méthode « objective » pour juger de la valeur des œuvres… Le noyau dur – le filon fondateur d’où irradient l’ensemble de ces textes – étant l’introduction aux Hain-Tenys, recueillis, traduits et commentés par Paulhan lors de son séjour à Madagascar, de 1908 à 1910. Publié en 1913, ce texte éblouissant – qui excède le travail ethnographique tout en respectant scrupuleusement ses règles – a valeur de manifeste et se présente a posteriori comme l’un des traités de poétique majeurs de la période. Quand on sait le rôle à la fois décisif et obscur que Paulhan aura joué dans l’histoire de la littérature française au fil du XXe siècle, cela mérite plus qu’un détour… Yves di Manno
Gallimard, coll. « Blanche », mars 2009, 780 pages, 32 €, ISBN : 978-2-07-077074-8
En savoir plus www.gallimard.fr
| 21 avril | |  | |
L’Usure des jours,
Lorette Nobecourt
L’auteur de cet ouvrage a bénéficié de l’aide du CNL
« Je ne voulais pas ici raconter ma vie mais évoquer seulement ce qui l’a décimée et maintenue, brûlée et libérée. » En quarante-quatre brèves séquences, de « Naître » à « Vivre », Lorette Nobécourt revisite et explore le vide qui a fondé son existence, les blessures qui l’ont construite et déconstruite. Pour maintenir l’émotion à distance, ne jamais sombrer dans le pathos, l’auteur utilise la forme brève et une écriture sobre et élégante. Elle crée ainsi un cadre autobiographique dénué de complaisance. Son histoire commence au cours de l’hiver 1968. Sa mère prend alors le train en direction de la Suisse pour se faire avorter. Son mari l’accompagne. Au cours du voyage, elle comprend qu’elle risque de perdre le père si elle ne garde pas l’enfant. Cette petite fille, elle voudra d’abord l’appeler Lorène (« l’eau reine »), le père préfère Laurence (« l’eau rance »). L’enfant se prénommera Lorette (« l’or êtes »). « Le plomb minéral de l’eau rance a été transformé en or », commente l’auteur dans un court chapitre analytique, prélude à la série d’interrogations qui constituent la matière du livre. Par delà l’autobiographie, c’est une quête de sens qu’entreprend Lorette Nobécourt (dont Grasset republie un étonnant texte La Démangeaison). Quel est cet étrange eczéma qui la dévore depuis « l’âge où le langage vient aux hommes » ? Quelle souffrance muette vient-il exprimer en recouvrant son corps, quelle vérité veut donc faire sourdre cette « apocalypse intime » qui ne lui a jamais laissé aucun répit ?
Claire Julliard
Grasset, février 2009, 132 p., 12,90 €, ISBN : 978-2-246-71311-1
En savoir plus Pour lire la notice dans son intégralité : http://www.centrenationaldulivre.fr/L-usure-des-jours
En savoir plus www.edition-grasset.fr
| 21 avril | |  | |
Dans la brume électrique,
de Bertrand Tavernier
New Iberia, Louisiane. L'inspecteur Dave Robicheaux est sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à de très jeunes femmes. Alors qu'il vient de découvrir une nouvelle victime, Dave fait la rencontre d'Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est en Louisiane pour le tournage d'un film sur la guerre de Sécession que finance Julius Balboni, surnommé Baby Feet, une des grandes figures de la mafia locale. Elrod confie à Dave qu’il a repéré dans un bayou des ossements humains enchaînés. Cette nouvelle fait resurgir en Dave des souvenirs enfouis.
Film d'atmosphère, Dans la brume électrique a exigé du réalisateur qu'il s'imprègne de la culture locale. "J'ai baigné dans le Zydeco et la chanson cajun, j'ai tenté d'absorber ce qui fait le prix de cette culture pour mieux la respecter", raconte Bertrand Tavernier, qui poursuit : "J'ai constaté à quel point plusieurs personnes que j'ai rencontrées en Louisiane étaient offensées par le traitement hollywoodien de leurs coutumes, et notamment de leurs accents (...) Je me suis donc dit que la première exigence du film, c'était de respecter la manière d'être des habitants de la région et d'être attentif à leur vocabulaire et à leurs attitudes. De regarder en face la beauté et la misère. De même, je tenais à l'exactitude des lieux et je voulais donc tourner à New Iberia, là où se déroule le livre, pour montrer que les personnages sont enracinés dans une culture précise. Par souci d'authenticité, j'ai aussi demandé à l'adjoint du shérif, au shérif, au coroner de nous servir de conseiller technique."
Avec : Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, Mary Steenburgen
Sortie nationale : 15 avril
Bertrand Tavernier dans la catalogue de Culturesfrance : L’horloger de Saint-Paul, Coup de torchon, Un dimanche à la campagne, Laissez-passer (copies 35 mm) – diffusion non commerciale à l’étranger uniquement.
En savoir plus www.danslabrumeelectrique-lefilm.com www.unifrance.org/film/29493/dans-la-brume-electrique
| 20 avril | |  | |
Les Invités,
Pierre Assouline
Un dîner en ville dans le faubourg Saint-Germain qui déraille : par un grain de sable dans les rouages de cette réception bien parisienne, les commensaux se retrouvent à 13 personnes. Un invité improvise avec l’accord de la maîtresse de maison : la femme de chambre sera le 14e convive. On lui retire son joli tablier blanc et « la domestique affranchie par un seigneur et maître » redevient « elle- même une femme comme les autres » et même davantage. Malgré les accents prophétiques de l’un des invités ce festin de Pierre va se dérouler sous nos yeux plutôt avec l’accent d’un Mariage de Figaro contemporain. L’auteur nous y parle de privilège dont certains pensent qu’ils doivent leur revenir « de plein droit en vertu de la naissance plus souvent que du mérite ». Il va opposer « la douce et tranquille assurance de ceux qui se sentent tout simplement bien dans leur peau » à celle de ceux qui ont des « attitudes qu’on ne s’autorise que lorsqu’on a un château et ses gens derrière soi » sans oublier de nous parler de ceux qui, de leur naissance, n’ont gardé « que des manières mais pas d’éducation ». Rien (ou peu de choses) n’aurait changé depuis le XVIIIe siècle et Pierre Assouline s’en amuse pour le plus grand plaisir du lecteur.
Dominique Fayolle
Gallimard, février 2009, 224 p., 17,90 €, ISBN : 978-2-07-078425-7
En savoir plus www.gallimard.fr
| 19 avril | |  | |
La Maison du sourd, de Catherine Diverrès
Sur une scène coupée en deux par un écran de tulle, 2 danseuses et 4 danseurs en proie au désespoir et à la folie se jettent dans les bras les uns des autres et s’appellent à l’aide. Ils foulent de leurs pieds ce qu’on croit d’abord être des graviers, mais s’avèrent être de légers confettis. La musique, percussive et électronique, jouée en direct par Jean-Luc Guionnet, Mattin et Seijiro Murayama, accompagne la danse tantôt hystérique, tantôt cocasse ou effrayante, à l’image des apparitions fantomatiques de personnages masqués muets montés sur échasses. Ils semblent échappés des « Peintures Noires » hallucinées de la fin de vie de Goya, dont Catherine Diverrès s’est inspirée. Diffusion : 12 novembre 08 > 15 novembre 08 Théâtre National de Bretagne - Rennes
27 mars 09 > 28 mars 09 Teatro de la Laboral Asturias - Gijon, Espagne
03 avril 09 Grand Théâtre de Lorient
21 avril 09 > 23 avril 09 Festival Madrid en Danza - Espagne Production : Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne
Coproduction : Théâtre national de Bretagne, Teatro de la Laboral Asturias, Espagne, Grand théâtre de Lorient, DeMon – Ambassade de France à Madrid, avec le soutien de Cultures France/Ministère des affaires étrangères/Ville de Rennes, INAEM – Ministerio de Cultura/España. Remerciements Institut français de Madrid
En savoir plus www.compagnie-catherine-diverres.com
| 19 avril | |  | |
Calypso Rose (Trinidad & Tobago)
Véritable icône de la musique populaire caribéenne, Calypso Rose a su, depuis plus de 40 ans, s’imposer dans l’univers très masculin du calypso dont elle est devenue la flamboyante ambassadrice. Son retour en France, après 20 ans d’absence, est un événement marqué par la sortie de son dernier album éponyme (World Village / Harmonia Mundi), arrangé par Gordon Cyrus. “Calypso Rose” propose anciens titres ou standards revisités, et de nouvelles compositions comme “Summertime”, où Rose croise la voix chaloupée du guadeloupéen Fred Deshaies de SOFT. Quelque soit notre tentation – rester sous le manguier ou retourner en Israël en bus – Calypso Rose nous entraine dans son univers, tout autant festif qu’ironique, et nous taquine sans vergogne. Pour Madame Rose, 70 ans, regard malicieux, sourire juvénile et énergie à couper le souffle …. R-E-S-P-E-C-T ! Fortement recommandée à tous les programmateurs qui veulent offrir à leurs publics un torride voyage au cœur de la musique caribéenne, à la découverte de… Trinidad by Rose...
Format tournée: 8 personnes (dont 7 sur scène) Diffusion France – Europe : Azimuth – Sandrine Marrel 14 rue bleue 75009 Paris tel : +33 1 44 79 00 36 – fax : +33 1 44 79 00 34 sandrine@azimuthprod.com
Diffusion autres territoires : Maturity Music – Jean-Michel Gibert – 3A Queen’s Park West Port of Spain Trinidad and Tobago West Indies tel : +1 868 625 4829 – mobile : +1 868 681 5363 – fax : +1 868 623 5669 jmg@ritualsmusic.com
En savoir plus http://www.worldvillagemusic.com/france/calyso_rose_fr.htm> http://www.worldvillagemusic.com/france/calyso_rose_int.htm> www.azimuthprod.com http://www.caribbeanmusicgroup.com http://www.trinidadtunes.com
| 19 avril | |  | |
"Médée furieuse"
"Médée furieuse" est né du désir commun de l’ensemble Amarillis et de Stéphanie d’Oustrac de bâtir un programme autour de la figure de Médée, archétype de l’héroïne tragique baroque.
Héloïse Gaillard, hauboïste et directrice artistique de l’ensemble, a conçu un parcours original à travers cantates françaises, airs d’opéras et pièces de concert, variant et mariant les genres pour évoquer plus librement les différentes facettes du personnage, tour à tour magicienne, amoureuse et vengeresse.
L’an passé, une première série de concerts en France s’est conclue par un magnifique enregistrement paru chez Ambroisie et accueilli très favorablement par la critique.
Après son triomphe récent au Théâtre des Champs-Elysées dans le rôle-titre d’ "Armide" de Lully avec William Christie et Les Arts Florissants, Stéphanie d’Oustrac renoue la saison prochaine avec la figure complexe de Médée, insufflant cette même force dramatique à un programme dominé par la cantate de Louis-Nicolas Clérambault. La chanteuse, rayonnante, distille tout le venin d'une Médée délaissée par un Jason volage et l’ensemble Amarillis réussit à concilier tragédie-lyrique et musique de chambre.
Deux cantates françaises dont une inédite qui mettent en scène le personnage de Médée Nicolas Bernier (1665-1734) Cantate Médée (1703) Inédit Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) Cantate Médée (1er livre 1710)
Le personnage de Médée dans un opéra vénitien de 1675 et dans la tragédie lyrique de Lully de 1675 : Vision vénitienne et française du mythe au 17ème siècle Giovanni Gianettini (1648-1721) trois airs extraits de son opéra vénitien Medea in Atene (1675) INEDIT Jean-Baptiste Lully (1632-1687) deux airs extraits de sa tragédie lyrique Thésée dans laquelle apparaît le personnage de Médée datant de 1675 comme l’opéra de Gianettini.
Des pièces instrumentales de Michel de La Barre (1675-1745) extraites de la Suite en Mi mineur (troisième livre ) et de Gaultier de Marseille. Jacques Duphly (1715-1789) Médée pour clavecin ( 3ème livre 1758)
Effectif 4 musiciens & Stéphanie d’Oustrac flûte & hautbois, violon et basse continue (Héloïse Gaillard, Gilone Gaubert-Jacques, Anne-Marie Lasla et Violaine Cochard) Prochains concerts « Médée furieuse » 7 Août 2009 Festival de Lessay (Normandie) 27 août 2009 Festival de Sablé (Sarthe) Tournée en Allemagne en préparation à l’automne 2009
En savoir plus http://www.fevis.com/index.php?page=ensemble&fiche=amarillis
| 18 avril | |  | |
La Jeune fille de Cranach,
de Jean-Paul Wenzel
Jour d’été. Une jeune baigneuse, surprise par l’orage, pousse la porte de ce qui reste d’un ancien château abandonné, au bord d’un étang. Contre toute attente, un vieil érudit s’y trouve, assis au milieu d’une montagne de livres. Se noue alors entre eux une étrange relation où le réel va sans cesse se fracturer... La Jeune Fille de Cranach, texte et mise en scène par Jean Paul Wenzel, rend nostalgique d’un temps passé grâce à sa représentation poétique et délicate de la jeunesse. Une histoire qui donne du bien être et réveille les souvenirs sans jamais renoncer à l’originalité chère à Wenzel. On la retrouve aussi bien dans les rapports peu communs des personnages entre eux que dans l’espace intemporel et excentrique créé par Cueco. Une œuvre qui bouleverse l’imagination pour notre plus grand plaisir.
Dates : du 9 au 20 décembre 2008 à la Maison des Métallos
Contact : Maison des Métallos Établissement culturel de la ville de Paris 94 rue Jean-Pierre Trimbaud, 75011 Paris M°Couronnes, Parmentier - Bus 96
En savoir plus www.maisondesmetallos.org info@maisondesmetallos.org
| 18 avril | |  | |
Le goudron n’est pas meuble, compagnie Jeanne Simone
Créée en 2004 à Besançon sous l’impulsion de Laure Terrier, danseuse et chorégraphe, la compagnie Jeanne Simone est née du désir d’explorer une dramaturgie du corps dans sa quotidienneté et dans l’histoire personnelle qu’il porte.
C'est ici que le spectacle a été annoncé, à pile. Il est dix. Certains pensent s'être trompés, n'osent pas s'éloigner et finissent par adopter la position résolue de l’attente. Au milieu de la foule, quelques-uns s'agitent, déraisonnablement. Abandonnant, dans une grande lenteur, la bienséance et les codes de la bonne tenue, une femme glisse sur un poteau, une autre entame une conversation avec un transistor, encore un autre qui escalade une table de terrasse de café. Plus loin, une jeune fille emballe une poubelle avec du film alimentaire pendant qu’à quelques mètres, quelqu’un étire, au milieu de la rue, un scotch de déménagement en coupant la foule en deux. Le public comprend qu’il est au bon endroit, solidaire des gestes que les acteurs accomplissent séparément, chacun adhérant, dans un temps éphémère, au groupe constitué par celui qui crée la surprise avec son geste décalé. Enfin, ces agités du trottoir semblent se rapprocher et s’en vont dans la même direction, mais toujours dans une danse ou une démarche solitaire, ils nous entraînent à travers les rues, à suivre leur étrange ballet. Cela ne pourrait jamais finir et soudain tout cesse. Nous nous dispersons comme nous nous sommes rassemblés.
En savoir plus Jeanne Simone 27 quai de Strasbourg 25000 Besançon tél : 04 75 49 46 91 gabrielle-perrin@wanadoo.fr http://www.2r2c.coop/societaires/index.php?le_num_rub=11
| 17 avril | |  | |
Fakirs,
Antonin Varenne
Quel est le point commun entre ces deux suicides ? : un jeune type, nu et bras tendus au ciel, qui remonte en courant le périphérique intérieur. Les voitures braquent pour l’éviter, des scooters s’écrasent sur les rails de sécurité, jusqu’à ce qu’un camion lancé à pleine vitesse fasse office de bourreau. Deuxième cas : au Muséum d’histoire naturelle, un homme fait le saut de l’ange au-dessus d’un squelette de cachalot, et s’écrase, perforé d’un morceau d’os de deux mètres de long. Le lieutenant Guérin est responsable du bureau des Suicides, au QG de la Police judiciaire à Paris. Affublé d’un adjoint timide et plutôt inutile, il s’englue quotidiennement dans une théorie du complot au sujet de certains suicides qui lui semblent hautement contestables. Un fakir hémophile, un Franco-Américain qui tire à l’arc dans les Jardins du Luxembourg, une tenancière de bar lesbienne et alcoolique, des suicides, Mesrine le chien, un ex-taulard qui ressemble à Edward Bunker : toute une galerie de personnages loufoques et terriblement ancrés dans une réalité sombre.
Un roman noir, pour un monde sale et sans espoir, avec une très belle maîtrise dans l’art du détail.
Viviane Hamy, coll. « Chemins nocturnes », avril 2009, 300 p., 17 €, ISBN : 978-2-87858-292-5
En savoir plus www.viviane-hamy.fr
| 17 avril | |  | |
L’Araignée de l’Éternel, de Christophe Rauck
Hommage à Claude Nougaro
Spectacle musical de Christophe Rauck en hommage à Nougaro avec deux formidables acteurs-chanteurs, Cécile Garcia-Fogel et Philippe Bérodot, accompagnés d’un guitariste. Un voyage en poésie et chanson avec beaucoup de mélancolie mais aussi d’humour. Une femme, un homme car ce sont toujours des histoires et des rêves d’amour que raconte Nougaro. Le va-et-vient des sentiments, du désir et de la douleur, des rires et des pleurs, des victoires et des défaites dans le grand jeu de la vie, d’où le sentiment n’est jamais absent.
"Un texte où ne se trouve que le sens, qu’un renseignement de l’ordre de la raison, de l’intelligence, ne m’intéresse pas. Il faut trouver du son, la vibration de la syllabe. La langue française est remplie de ces échanges de significations à travers les sons. Dans la poésie française se trouve un moteur musical des mots à travers le mètre, les lois de l’allitération, les sonorités. Avec la musique comme support, ils peuvent atteindre leur maximum charnel et mental. Ce serait mon rêve d’atteindre cette perfection." Claude Nougaro
Nombre de personnes en tournée: 8 (2 comédiens, 1 musicien, 1 vidéaste, 3 techniciens, 1 chargé de production).
En savoir plus Contact : Nathalie Pousset TGP - CDN de Saint-Denis, 59 bd Jules Guesde 93200 Saint-Denis T. +33 (0)1 48 13 70 14 - F. +33 (0)1 48 13 70 11 n.pousset@theatregerardphilipe.com
| 16 avril | |  | |
Kwal
Vincent Loiseau, de son nom de scène "Kwal" fait partie de ces artistes que l’on peut difficilement enfermer dans des cases. D’abord assimilé à la scène Rap, de laquelle il s’écarta par son aspect plus conteur que "tchatcheur", il acquiert sa maturité musicale par ses multiples voyages, qui vont nourrir son inspiration. Aujourd’hui au croisement de divers styles musicaux: slam, chanson française, groove en passant par le trip-hop tout en intégrant des musiques traditionnelles du Moyen-Orient, Kwal est un autodidacte qui est toujours en quête de nouveaux horizons sources de son inspiration.
Mais cette inspiration, il la tire également de son rapport avec les autres, de ce qu’il peut faire partager aux autres. Sur scène, Kwal réussit à mélanger avec brio divers éléments vocaux et acoustiques découverts au cours de ses nombreux voyages. Kwal est ainsi toujours à l’écoute des autres cultures pour nous présenter un spectacle singulier. Son deuxième album "Mogo Ya" réussit par exemple à réunir 12 langues et 28 musiciens de l’Inde à l’Andalousie. Son dernier album "Là où j’habite" sorti le 9 octobre, qu’il a présenté le 15 octobre à Glaz’art, a été l’occasion une nouvelle fois pour lui d’un véritable partage des cultures. En savoir plus www.myspace.com/kwalblog www.kwal.fr
| 16 avril | |  | |
La Piste mongole,
Christian Garcin
Où l’on part à la recherche d’Eugenio Tramonti, le protagoniste du Vol du pigeon voyageur et de La Jubilation des hasards, disparu quelque part en Mongolie. Pour le retrouver il faudra traverser des états de réalité peu ordinaires et accepter de se laisser guider par quelques personnages emblématiques : un Chinois qui présente la particularité de maîtriser ses rêves ; une chamane mongole qui s’absente parfois quelques jours pour voyager dans d’autres mondes dont elle ne se souvient pas ; une Sibérienne qui fréquente assidûment les choses invisibles ; un jeune garçon, apprenti chaman, qui vient interférer dans les rêves du Chinois ; une vieille femme aux identités mouvantes ; une divinité lacustre aux faux airs de renard ; des juments, un aigle et un loup ; sans compter quelques narrateurs, anonymes ou pas, disséminés entre Oulan Bator et Pékin, le lac Baïkal et les hauts sommets de l’ouest de la Mongolie. Les mondes se chevauchent, les histoires se répondent les unes aux autres, les fenêtres de l’imaginaire sont grandes ouvertes, les narrateurs se superposent, et le principe de réalité tremble sur ses bases, à la fois labile, humoristique et fuyant. Et ce faisant c’est une autre réalité qui se trouve posée là – ou tout un réseau de réalités qui s’entrecroisent, car l’instabilité est féconde, et la littérature s’accommode bien de ce flou des frontières.
Verdier, février 2009, 320 p., 18 €, ISBN : 978-2-86432-571-0
En savoir plus www.editions-verdier.fr
| 15 avril | |  | |
OSS 117 : Rio ne répond plus,
de Michel Hazanavicius
Douze ans après Le Caire, OSS 117 est de retour pour une nouvelle mission l’autre bout du monde. Lancé sur les traces d’un microfilm compromettant pour l’Etat français, le plus célèbre de nos agents va devoir faire équipe avec la plus séduisante des lieutenants-colonels du Mossad pour capturer un nazi maître chanteur. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, c’est une nouvelle aventure qui commence. Quel que soit le danger, quel que soit l’enjeu, on peut toujours compter sur Hubert Bonisseur de la Bath pour s’en sortir …
J'aime les références ! Les influences de Michel Hazanavicius pour OSS 117 : Rio ne répond plus sont aussi nombreuses que variées, puisque le long métrage renvoie aussi bien à L'Homme de Rio à Détective privé, en passant par La Mort aux trousses, Au service secret de sa Majesté, ou encore des films de catch mexicains des années 60. Par ailleurs, les costumes que portent Jean Dujardin revoient directement à ceux de Paul Newman dans Détective privé.
Avec : Jean Dujardin, Rüdiger Vogler, Louise Monot, Lutz Alex
Sortie nationale : 15 avril
En savoir plus www.oss117.fr www.unifrance.org/film/29512/oss-117-rio-ne-repond-plus
| 15 avril | |  | |
La Muse parodique,
Daniel Grojnowski
Souvent mentionnés par les historiens de la période, les recueils parodiques qui fleurissent dans le dernier tiers du XIXe siècle, tournant en dérision les diverses écoles poétiques qui se succèdent alors, sont en vérité fort mal connus. En dehors de l’Album zutique qui a fait l’objet de plusieurs éditions – Rimbaud oblige… – ces ouvrages sont le plus souvent cités à travers de brefs extraits. Le premier mérite de La Muse parodique est de nous permettre de les lire dans leur intégralité, augmentés d’une présentation critique exemplaire de Daniel Grojnowski. On trouvera donc ici Le Parnassiculet contemporain (1867), l’Album zutique (1871-1872), les Dizains réalistes réunis en 1876 par Charles Cros et ses amis, La Légende des sexes, ouvrage plus anecdotique dû à Edmond Haraucourt (1883) et enfin les célèbres Déliquescences d’Adoré Floupette (1885) qui lanceront la mode du décadentisme. La lecture en est savoureuse, voire franchement hilarante à certains endroits. Mais la véritable surprise, c’est de découvrir que ces textes à visée satirique sont d’une qualité littéraire au moins égale à celle des œuvres dont ils soulignent les tics et les travers. Il est vrai, dans le cas de l’Album zutique et des Dizains réalistes, qu’ils comptent parmi leurs auteurs (outre Rimbaud et Cros) Germain Nouveau, Verlaine, Léon Valade, Nina de Villars, Maurice Rollinat… Quant aux Déliquescences, qui furent un événement et un succès de librairie l’année de leur parution, elles jettent aussi une lumière indirecte sur cette époque charnière, annonçant la vague suivante : Laforgue va bientôt mourir, Schwob, Jarry, Apollinaire se profilent déjà…
Yves di Manno
José Corti, mars 2009, 420 p., 24 €, ISBN : 978-2-7143-0990-7 www.jose-corti.fr
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| 14 avril | |  | |
Le Développement des lignes,
Alain Veinstein
Alain Veinstein (poète – prix Mallarmé, Grand Prix de poésie de l'Académie française –, romancier, homme de radio) signe avec ce nouvel « opus », une œuvre profondément originale, entre narration et poésie, parole et écriture. En effet, il remet ici en scène le héros de son précédent roman Dancing (Éd. du Seuil, 2006), un homme perdu qui, sur sa moto Yamaha, roulait un soir, à folle allure, en direction de la mer pour tenter de retrouver ce qu'il avait vécu. Le passé peut-il rejoindre un futur hypothétique en passant par un présent qui ressemble à un labyrinthe ? C'est le risque que prend ce solitaire resplendissant, qui devient le narrateur du Développement des lignes et se raconte dans une langue au lyrisme sobre. « Nos ombres dansent dans la nuit blanche », écrit Alain Veinstein parmi des dizaines d’autres phrases, simples et déchirantes à la fois, qui organisent les « lignes » de ce poème-monologue. Cette nuit blanche est-elle celle de l’ivresse amoureuse ou la nuit nervalienne, l’ultime nuit à laquelle personne n’échappe ? Et si les deux se confondaient, dans un dernier désir violent, un dernier sursaut d’espoir « malgré tout » ? Le lecteur perçoit, dès le début du livre, que l’urgence agit comme principe de création, de survie presque – Alain Veinstein a écrit Le Développement des lignes en un mois, en continu, comme « en direct » –, et que cette drôle de danse est en réalité la langue elle-même qui enlace le poète pour mieux lui échapper. Ici, le travail d'écriture consiste à suivre les improvisations : un savant travail de liaison et de tension entre roman et poème, jusquà annuler la notion de genre, devenue soudain trop rigide, indécente, face à ce qui reste à dire : l’Amour.
François Poirié
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| 14 avril | |  | |
Ensemble Court-Circuit : Hommage à Gérard Grisey
2008 marque à la fois le centenaire d’Olivier Messiaen et les dix ans de la disparition de Gérard Grisey. Mais plus encore que ce double anniversaire, c’est la force de leur filiation, résonnant elle-même jusqu ‘à la musique de Philippe Hurel, qui constitue le point de départ du programme bâti par l’ensemble Court-Circuit. Philippe Hurel souligne dans son avant-programme : "Les œuvres se répondent par le soin apporté à la couleur harmonique mais aussi par l’écriture instrumentale soliste. Ainsi le solo de clarinette basse de Step, la pièce de violoncelle solo D’un trait et le solo de violon de Talea mettent en scène les protagonistes des sections les plus méditatives du Quatuor pour la fin du temps elles-mêmes écrites respectivement pour le violon, la clarinette et le violoncelle accompagnés ici du piano".
En 2009, l’Ensemble Court-circuit propose une nouvelle déclinaison de ce programme/hommage autour d’une mise en regard avec Tristan Murail, autre grande figure de la musique spectrale. Celle-ci donne notamment à entendre l’immense « Vortex temporum » ( Tourbillons de temps) de Grisey, sorte de vertige du temps conçu comme la lente métamorphose d’une figure musicale ondulatoire dans différents champs temporels.
Dates de concerts : Tbilissi, 16 octobre 2008 Paris, Théâtre des Bouffes du Nord, 20 octobre Mexico, Festival Radar, 16 et 17 mars 2009 Boulogne-Billancourt, Conservatoire, 10 avril 2009
En savoir plus http://www.court-circuit.fr/accueil.html http://www.angelfire.com/music2/davidbundler/grisey.html
| 10 avril | |  | |
Vincennes, une aventure de la pensée critique,
Jean-Michel Djian (dir.)
Initié par Edgard Faure, le Centre universitaire expérimental de Vincennes (qui deviendra l’univeristé Paris 8 en 1972) ouvre ses portes le 13 janvier 1969. Ce « formidable laboratoire d’analyse critique du monde contemporain » accueille des penseurs d’avant-garde et modifie l’université en profondeur : ouverture aux non-bacheliers et aux étudiants étrangers, création de nouveaux départements, mise en place d’enseignements inédits, choix pédagogiques innovants… L’ouvrage revient sur la genèse de l’université, dans le sillage de Mai 68 jusqu’à son transfert à Saint-Denis en 1980. Aux articles signés par d’anciens professeurs (Hélène Cixou, Bernard Cassen, Denis Guedj, Yves Lacoste…) se mèlent les témoignages de figures marquantes de l’époque (Michel Foucault, Gilles Deleuze, Pierre Vidal-Naquet, mais aussi Roland Barthes, Jean Clair ou Noam Chomsky). Tous apportent un regard précieux sur ces années « tour à tour tumultueuses, créatives, violentes, imaginatives, anxiogènes, idéologiquement fécondes, politiquement prolifiques ».
Les propos sont largement illutrés par des photographies, des coupures de presse, des affiches et slogans ainsi que de nombreux documents (dont certains inédits) tirés des archives de Paris 8. Le travail de mise en page et de typographie accentue le sentiment d’effervescence, d’ébullition permanente qui a régné alors sur Vincennes et souligne l’énérgie qui a animé enseignants et élèves à travers leurs multiples engagements et combats.
Flammarion, mars 2009, 192 p., ill. n. & b. et coul., 45 €, ISBN : 978-2-08-122437-7
En savoir plus www.flammarion.com
| 9 avril | |  | |
Kréyol Factory. Des artistes interrogent les identités créoles,
Que signifie être caribéen, caribéen-haïtien, caribéen-jamaïcain, ou encore français de Martinique, de la Réunion ou de Guyane ? Conçue par Yolande Bacot et dédiée à la mémoire d’Aimé Césaire, l’exposition Kréyol Factory questionne du point de vue de l’imaginaire collectif et des identités, ce qui est commun et spécifique à des espaces qui ont été peuplés par la traite, l’esclavage, l’engagisme et qui ont connu diverses modalités de colonisation. Pour la première fois dans une exposition d’art contemporain, 60 artistes originaires des Caraïbes, de l’océan Indien ou des diasporas européennes et américaines, livrent leur vision des mondes créoles et témoignent ainsi de la richesse et de la diversité de ces territoires. Le catalogue de l’exposition reprend la scénographie pensée par Raymond Sarti, soit sept espaces différents qui témoignent des complexités d’un questionnement identitaire liées à l’histoire, à des processus de créolisations et aux effets de la mondialisation. Il présente le travail de chaque artiste (installations plastiques, œuvres pictureales, ensembles photographiques…), accompagné de citations et d’extraits de grands poètes, écrivains, essayistes de l’art caribéen et du monde indo-océanique, et qui soulignent à la fois la travail et la recherche sur la langue et l’identité. Images et textes donnent alors un sens au mot « créole ».
Gallimard, Hors série Connaissance, mars 2009, 192 p., ill. coul. et n. & b., 25 €, ISBN : 978-2-07-039644-3 catalogue réalisé avec le soutien de Culturesfrance
Kréyol Factory, exposition, du 7 avril au 5 juillet, Grande Halle de la Villette, Paris
En savoir plus www.kreyolfactory.com
| 8 avril | |  | |
Villa Amalia, de Benoît Jacquot
Comme la goutte d'eau fait déborder le vase, Ann voit une nuit Thomas embrasser une autre, et elle décide de le quitter, de tout quitter. Elle est musicienne, seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu'à la musique. Avec l'amitié de Georges, surgi de son enfance, elle rompt et fuit, part à la rencontre de son origine et de son destin, trouve une île, là où est la Villa Amalia.
"Villa Amalia" marque les retrouvailles d'Isabelle Huppert avec le réalisateur Benoît Jacquot. Après "Les Ailes de la colombe" (1981), "L'Ecole de la chair" (1998), "Pas de scandale" (1999) et "La Fausse Suivante" (2000), "Villa Amalia" est le cinquième film qu'ils font ensemble. Le réalisateur raconte que "du coup, cette réelle connaissance qu'on a l'un de l'autre, nous permettait d'être, l'un vis-à-vis de l'autre, dans un état de disponibilité authenthique, je crois."
Avec : Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois
Benoît Jacquot dans la catalogues de Culturesfrance (diffusion non commerciale à l’étranger uniquement) : A tout de suite (35 mm et DVD).
Sortie nationale : 8 avril
En savoir plus www.villaamalia-lefilm.com www.unifrance.org/film/29899/villa-amalia
| 8 avril | |  | |
Moi, Sàndor F.,
Alain Fleischer
« Un être peut-il en répéter un autre, ou le continuer, le prolonger, d’une génération à la suivante ? » En faisant sien, le temps d’un roman, le prénom hongrois qu’il aurait dû porter, Alain Fleischer reconnaît en lui-même la survie de la personnalité de son oncle Sàndor, mort trois mois avant sa naissance, la colonne vertébrale brisée, dans l’un de ces wagons à bestiaux dont se composaient, en 1944, les trains roulant vers Auschwitz. Les souvenirs de vingt-sept ans d’existence dont il nourrit l’agonie de son alter ego, deviennent les siens à mesure qu’il les imagine. Sa propre vie lui paraît dès lors reprendre, poursuivre, accomplir ce que celle de son oncle (ou de son frère jumeau) n’avait pu qu’initier, pour avoir été prématurément détruite. Aussi personnels lui soient-ils, ses goûts et ses talents, son inclination dès l’enfance pour les jeunes filles comme sa précoce passion pour la photographie et le cinéma, sont également un héritage.
Grâce à un procédé narratif original, parvenant à confondre les deux Sàndor en un seul, Alain Fleischer nous offre l’un des romans les plus troublants jamais écrits sur le double mystère de l’identité et de la transmission. Moi, Sàndor F. devrait aussi rester comme un maître livre de cette littérature d’après les camps, que Jean Cayrol voulait « lazaréenne », ou de résurrection. Cette ambition, après la shoah, « de restaurer, de repeupler le monde pour qu’il semble complet à nouveau », manifeste de façon exemplaire le pouvoir qu’a l’imaginaire « de rectifier et de corriger l’Histoire ».
Fayard, coll. « Alter ego », mars 2009, 394 p., 21,90 €, ISBN : 978-2-213-63397-8
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| 7 avril | |  | |
Alain Delon est une star au Japon,
Benjamin Berton
Aux premières lueurs du jour, Alain Delon sort de son appartement parisien pour faire une balade à vélo, quand une jeune Japonaise l’aborde pour un autographe. Étonnant à cette heure si matinale, mais Alain Delon sait qu’il est une star au Japon et accepte donc, alors le fiancé et complice de la Japonaise lui administre, à son insu, un puissant tranquillisant: le plus grand acteur français vivant est kidnappé. Direction une ferme isolée de la Creuse où les deux jeunes tourtereaux vont le séquestrer plusieurs jours. Le temps d’obtenir une rançon ? Non, le temps de réaliser un test ADN prouvant que le père du jeune homme, un Japonais aux yeux étonnement bleus, est bien Alain Delon. L’affaire se corse quand les résultats du test, positifs, sont interceptés in extremis par le père officiel du jeune homme, homme d’affaires tranquille mais en fait yakusa de premier plan, et qui n’apprécie pas du tout cette recherche en paternité. La star devient alors un colis encombrant, d’autant plus encombrant qu’un voisin a retrouvé dans son champ la carte d’identité d’Alain Delon, laissée par celui-ci lors d’une promenade avec ses geôliers… Ce roman à suspens, construit comme un polar, a beau être ultra réaliste (tout ce qui est dit sur Alain Delon est vrai), il est aussi loufoque et drôle.
Hachette Littératures, avril 2009, 280 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-01-237822-3
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| 6 avril | |  | |
New York, journal d’un cycle,
Catherine Cusset
Pour dessiner cet insolite autoportrait aux traits vifs, limpides, drôles, tendres et cruels à la fois, Catherine Cusset a choisi de l'ancrer dans une ville et dans un temps précis. On est à New York, dans l'année 1995. Dans cette traversée de la ville à vélo, la matière même de New York court sous les yeux du lecteur, son battement, sa folie : on file dans les rues, on découvre les quartiers, on s'empêtre dans les embouteillages, on s'insulte ou on se grise d'être en vie, on reprend souffle dans les jardins ou sur les bords du fleuve et l'on comprend soudain que la ville est un corps, qu'elle porte en elle son cycle de vie et de mort, on comprend l'objet même de ce livre qui est de raconter à la fois une ville aimée et l'histoire d'une femme qui veut un enfant. Qui court après son cycle, qui compte les jours et les semaines et qui se bat avec le temps. Un secret est caché derrière cette urgence. On ne le dira pas ici. Il y a dans ces pages un formidable élan, une inquiétude, une cocasserie des dialogues et des situations, et surtout un immense plaisir de lecture. Une histoire de couple, mais aussi l'histoire d'une ville. Deux histoires qui s'épaulent et qui avancent ensemble, avec virtuosité. L'iconographie de cet autoportrait ? Une série de vélos que Catherine Cusset a photographiés dans New York. Vélos cassés ou flambants neufs, vélos abandonnés ou attachés de façon incongrue. Des vélos devenus sculptures, des cycles qui se faufilent entre les pages. Majestueux cycles racontant la vie à vif.
Mercure de France, coll. « Traits et portraits », mars 2009, 130 p., ill. coul., 14,50 €, ISBN : 978-2-7152-2896-2.
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| 3 avril | |  | |
La Trahison de Thomas Spencer,
de Philippe Besson
Né en 1967, Philippe Besson a rencontré le succès dès son premier roman, En l’absence des hommes (1999). Dans La trahison de Thomas Spencer, le narrateur écrit des « mémoires sentimentaux », qui lui permettent de revivre ses souvenirs les plus paisibles comme les plus douloureux. Le récit s’ouvre le 6 août 1945 : date mémorable puisque les deux héros du livre, Paul Bruder et Thomas Spencer naissent ce jour-là, ce qui les lie de manière particulièrement forte. Date historique aussi, où une bombe atomique rase la ville d’Hiroshima. La force du roman – outre son style très sobre, épuré, presque minéral – est de mêler l’histoire, simple en apparence, de ces jeunes gens à des mouvements plus obscurs, collectifs ou personnels. Ce qui évite toute forme de niaiserie ou de moralisation rapide.
Philippe Besson a choisi de faire grandir ses personnages aux États-Unis, à la frontière du Mississippi et de la Louisiane. Enfance heureuse, insouciante, époque de désœuvrement sans angoisse qui voit l’amitié entre Paul et Thomas se sceller « à jamais ». Les deux garçons n’en sont pas moins confrontés à la violence du monde, au racisme radical du Sud, à la guerre de Corée, à la peur, voire à la haine des Rouges… L’enfance ne dure pas et soudain un élan s’empare de vous pour vous illuminer ou vous déchirer : le désir.
Est-ce à ce moment là que commence la possibilité de la trahison ? Le narrateur ne semble pas vouloir répondre. De multiples événements, qu’il serait dommage de dévoiler, vont installer la tragédie et le malheur pur au cœur même du bonheur. En écrivant sa vie – ses « mémoires » s’achèvent en 1975 – le narrateur a compris qu’il devait tout accepter, le pire comme le meilleur. Ne rien censurer : tout raconter au contraire, avec finesse et jubilation. François Poirié
Julliard, janvier 2009, 265 p.,19 €, ISBN : 978-2-260-01770-7
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| 2 avril | |  | |
Le Serpent aux mille coupures,
DOA
Le choix des libraires : choix de Philippe Bernadou, librairie Deloche, Montauban
Il ne sait pas où il met les doigts, Baptiste Latapie, quand il part cette nuit-là saboter la vigne d'Omar Petit, ce nègre à qui le père Dupressoir, dans un moment d'égarement certainement, a donné sa fille et sa ferme. Du jamais vu à Moissac ! Que vient faire à cette heure-ci le 4x4 qui s'arrête au Bois des Moines ? Comment peut-il se douter, le Baptiste, qu'il y a à bord trois trafiquants espagnols qui ont rendez-vous avec leurs homologues italiens ? Oui, le Tarn-et-Garonne est une plaque tournante de la cocaïne colombienne. Et voilà que surgit du fossé un mystérieux motard qui abat les trois hommes. Ce motard, blessé, va se réfugier dans la ferme d'Omar Petit (vous me suivez, celle qui a été taguée « Mort aux nègres » par l'Amicale des vignerons du cru) et il va le retenir en otage, ainsi que sa femme et sa fillette, le temps de se remettre sur pied. Nos riantes collines deviennent alors le théâtre d'un chassé-croisé tumultueux : un commandant de gendarmerie au passé peu glorieux qui poursuit un ennemi public (l'homme à la moto), son collègue des stups espagnols dont on perd la trace un soir tard quai de Tounis à Toulouse, et, last but not least, un tueur germano-asiatique raide fêlé qui découpe vivant ses interlocuteurs en fines lamelles, selon le supplice chinois dit de « la mort par les mille coupures ». Comme tout bon roman noir le livre de DOA (auteur fantôme qui nous viendrait de Lyon) installe son intrigue les deux pieds dans la réalité de notre temps : l'explosion du marché européen de la drogue qui fait les beaux jours des cartels de Colombie d'un part, et d'autre part le racisme au front bas de nos campagnes qui, du Parisien à l'Arabe, vomit tout ce qui est estranger. Passé les concessions aux scènes gores qui sont devenues la loi du genre, ce roman est un excellent spécimen de ce que le polar français, dans la lignée de Manchette et de Daeninckx, fait de meilleur dans la dénonciation de nos errances et de celles de la société. Une lecture dérangeante et passionnante. Gallimard, coll. « Série noire », mars 2009, 216 p., 15,90 €, ISBN : 978-2-07-012472-5 En savoir plus www.lechoixdeslibraires.com
| 1er avril | |  | |
Les 100 mots de l’édition,
Serge Eyrolles
La collection « Que sais-je ? », fondée par Paul Angoulvent en 1941, change d’apparence. Un nouveau travail a été fait sur les couvertures des ouvrages afin de renforcer l’identité visuelle de la collection et d’assurer davantage sa présence en librairie. Parmi les derniers titres parus dans cette nouvelle forme, Serge Eyrolles, éditeur et président du Syndicat national de l’édition, consacre 100 mots au monde de l’édition, dans un ouvrage publié à la veille du Salon du livre de Paris.
Si le livre représente la première industrie culturelle en France, le secteur de l’édition reste peu connu du grand public. Eyrolles propose donc un large panorama à travers 100 mots qui englobent la totalité de la chaîne de livre, présentent les métiers, les outils, les organismes… Du manuscrit à la librairie indépendante, du métier de correcteur en passant par le droit d’auteur, tous les aspects sont évoqués. 100 mots qui permettent également de dresser un état des lieux de la profession aujourd’hui et d’analyser les principaux enjeux pour demain.
Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », mars 2009, 128 p., 9 €, ISBN : 978-2-13-057463-7. [1re édition]
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| 1er avril | |  | |
La véritable histoire du chat botté, de Jérôme Deschamps, Pascal Hérold, Macha Makeieff - animation
A la mort de son père, P’tit Pierre, un jeune meunier, hérite d’un étrange chat qui parle comme un humain et semble doué de pouvoirs magiques grâce à de bien belles bottes… Ce chat baratineur, chanteur et danseur, va tout faire pour que son jeune maître, éperdument amoureux de la princesse Manon, puisse la conquérir. Mais sur leur chemin ils rencontreront l’infâme chambellan du Roi et son horrible bossu ainsi qu’un méchant ogre pas joli du tout…
La véritable histoire du chat botté est directement inspiré du conte de Charles Perrault, paru en 1697. Du geste à la parole Le doublage des personnages ne s'est pas fait uniquement derrière un micro. Les acteurs ont véritablement interprété leur rôle sur scène et la prise de son s'est faite au fur et à mesure. Yolande Moreau, qui interprète la Reine, confie: "J'étais très surprise car je n'avais jamais travaillé ainsi. C'était magique, parfois même déconcertant. Je pensais "faire une voix bêtement, derrière un micro" et je me suis retrouvée au milieu d'un véritable jeu théâtral (...) Cette façon d'aborder le doublage d'un dessin animé nous a permis de jouer davantage sur l'humain."
Avec les voix de : Jérôme Deschamps, Yolande Moreau, Louise Wallon, Arthur Deschamps, Jean-Claude Bolle-Redat, Armen Kelif
Sortie nationale : 1er avril
En savoir plus www.lechatbotte-lefilm.com www.unifrance.org/film/28678/la-veritable-histoire-du-chat-botte
| 1er avril | |  | |
Nulle part, terre promise,
d' Emmanuel Finkiel
Trois personnages sillonnent l'Europe d'aujourd'hui. Un jeune cadre. Une étudiante. Un kurde et son fils. Vers l'est ou vers l'ouest, en camion, en business class, en stop, en train, avec ou sans papier, à travers l'Europe contemporaine, chacun en quête de sa terre promise.
L'un des grands défis d'Emmanuel Finkiel sur ce film était de ne pas s'appuyer sur un scénario. Il précise sa démarche : "C'était intéressant : transférer le rôle décisif depuis l'écriture vers l'enregistrement, depuis le scénario vers le tournage. Inverser le processus, ne pas partir du scénario, mais de l'angle de l'objectif. L'enregistrement de la réalité comme point de départ de la fiction. On peut alors tenter de filmer les phénomènes d'un monde non-asservi à l'histoire, en tant que ce qu'il est. C'est le plan - son cadre et le temps qui passe dedans - qui en définitive devient le plus important. Ce n'est pas nouveau, c'est le principe des frères Lumière quand ils plaçaient leur caméra sur le quai du train arrivant en gare de La Ciotat. Sauf que là j'ai introduit des personnages de fiction dans la réalité que filmait la caméra. Un peu comme si les mêmes frères Lumière avaient injecté des acteurs sur le quai de la gare parmi les vraies gens. Ce fut une manière pour moi de me dédouaner de la ligne narrative, de l'unité d'action, de l'idée du bon raccord. Bref de tout ce qui finalement contribue à réduire le monde réel en une simple scène de théâtre."
Prix Jean-Vigo 2008 Nulle part, terre promise a remporté le en 2008 le très prestigieux prix Jean-Vigo, qui distingue chaque année un réalisateur français "pour son indépendance d'esprit et son originalité de style". La même année, le film a été présenté au Festival de Locarno.
Avec : Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki, Haci Aslan, Abdurrahim Apak, , Joann Grudzinska Sara Laszlo, Réka Szalkai, Emmanuel Salinger
Sortie nationale : 1er avril
En savoir plus www.unifrance.org/film/29715/nulle-part-terre-promise
| 31 mars | |  | |
Les Mains libres,
Paul Éluard et Man Ray
Ce recueil, initialement paru en 1937 et réédité aujourd’hui dans la collection « Poésie », est un modèle de complicité artistique, les deux auteurs engendrant une œuvre qui exige que les dessins de l'un et les poèmes de l'autre demeurent indissociables. Renversant l'ordre habituel des choses, Paul Éluard avait d'ailleurs tenu à préciser sur la page de titre du manuscrit de travail des Mains libres que c'était lui, le poète, qui avait « illustré » les dessins réalisés par Man Ray lors de voyages dans le Sud de la France et en Cornouailles les deux années précédentes. En fait d'illustrations, les textes entrent plutôt en résonance intuitive avec les propositions graphiques : on dirait face à face des traits et des mots qui, tous, ont finalement fonction d'embarcadères et prennent un malin plaisir à jouer de l'égarement ou à décupler les destinations imprévues.
Toutes les pages de ce livre témoignent d'une intuition active et partagée, toujours en mouvement, toujours éclairante. Deux artistes, avec leurs armes propres, y découvrent leur champ commun. Ils ont les mains libres, mais avec, en plus, le bonheur d'être ensemble.
Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », février 2009, 160 p., ill. n. & b., 8,60 €,
ISBN : 978-2-07-033795-8. Dessins de Man Ray illustrés par les poèmes de Paul Éluard
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| 30 mars | |  | |
Un dieu un animal,
Jérome Ferrari
« Tu es parti, le monde ne t’a pas étreint et, quand tu es rentré, il n’y avait plus de chez toi. » Sur le mode du « Tu », Jérôme Ferrari convoque le destin d’un homme encore jeune et pourtant détruit, qui a un jour pris la décision de quitter son village, « cimetière de morts-vivants » à ses yeux, pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert véritable, celui qu’ont investi tant d’armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre. Dans le désert existentiel qu’a de longue date été la vie de celui qui a choisi l’exil aux portes de Bagdad, dans la violence et le sanglant chaos de la guerre, n’a pourtant cessé de flotter la seule image rédemptrice du triste paysage où il a grandi, celle de la miraculeuse Magali Bielinski, son amour d’adolescence, perdue de vue depuis des années mais qu’il continue d’étreindre en esprit et pour l’éternité, sous les arches immuables de la fontaine du village, en un certain mois d’août. Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par les formes de la violence inouïe qui se déchaîne au sein du monde de l’entreprise, Un dieu un animal est un roman coup de poing aux accents mystiques où l’impossible avènement de l’amour entre deux êtres signe la bouleversante faillite de la souveraineté de l’individu dans l’exercice de sa liberté. Actes Sud, janvier 2009, 109 p., 12 €, ISBN : 978-2-7427-8108-9
En savoir plus www.actes-sud.fr
| 30 mars | |  | |
"I silenzi dell'esilio", Nadia Berkani.
Exposition du 4 Avril au 3 Mai 2009.
Inspirée par le film de Tarkovski « Nostalgia » (1983), Nadia Berkani poursuit en Toscane ses recherches sur l’exil. Un livre aux Editions Polistampa accompagne ce projet photographique avec des textes de Antonio Natali, Directeur du Musée des Offices de Florence et de Bernard Rémy, conseiller artistique à la Cinémathèque de la Danse, Paris. Exposition au Palazzo Piccollomini, à Pienza, Italie.
Du 4 Avril au 3 Mai 2009. Partenaires : Istituto Francese di Firenze , Fondazione Andrej Tarkovskij Firenze e Parigi, CULTURESFRANCE, Ville de Pienza, Musée Bargoin Clermont-Ferrand , Ecole d’Architecture Clermont-Ferrand, Drac Auvergne.
L’exposition est constituée de 9 tirages contrecollés sur aluminium. Contacts :
Nadia Berkani : nadiaberkani@hotmail.com Isabel Lou-Bonafonte : loubonafonte@hotmail.fr "La liberté mélancolique de Nadia Berkani"
Antonio Natali Directeur du Musée des Offices, Florence
Il y a dans les visions de Nadia Berkani une qualité qui, plus que d’autres, me fascine. Et je me rends compte que c’est la même – déclinée peut-être en des langages différents et toutefois parallèles – qui est sous-jacente à tout ce que je privilégie devant chaque forme d’expression poétique. C’est celle qui, par exemple, me fait aimer certains peintres florentins qui, tout engagés qu’ils soient dans une représentation naturaliste de la réalité, parviennent à en transfigurer les apparences comme s’il s’agissait d’épiphanies derrière des voiles de sens ou de mémoires. À propos de ces formulations qui leur sont personnelles, il m’est venu de parler d’un suspens de sentiments; ou de silences prolongés; ou de temps attentif. L’écoulement lent des heures; comme s’il était possible d’en percevoir le léger cheminement: froissement de souffles frais dans les feuilles. Et les décors qui s’éloignent sous des ciels profonds. Ce sont les mêmes aspects qui m’émeuvent dans les films de l’Europe de l’Est; les étendues désertes et rudes où Andrej Zvyagintsev place les acteurs taciturnes du Retour. Ou bien dans le cinéma d’Extrême-Orient: la tombée muette de temps interminables dans la Harpe de Birmanie de Kon Ichikawa. Ou encore dans le cinéma italien qui se reflète dans les mots murmurés et dans les brumes assourdies de l’Arbre aux sabots d’Ermanno Olmi, comme aussi dans le silence ardent de la place que Michelangelo Antonioni se crée quand se clôt Profession: Reporter. C’est une condition de l’âme en mesure d’unir dans un même sentir des hommes qui pourraient ne jamais se rencontrer, mais qui, quand même (grâce à elle) accèderont à une communion de sentiments puissante comme une chaîne. Et ce sont précisément ces sentiments que j’ai cueillis, limpides et clairs, devant les photos que Nadia Berkani m’a présentées en vue de cette exposition: quelques images (d’autres, plus tard, je serais allé m’en procurer pour une confirmation) avec des perspectives sur des terres vertes ou fleuries, âpres, avec des mottes en premier plan, aux tonalités nettes jusque vers l’horizon, tremblant, lui, de hauteurs douces, sous l’azur d’un air tantôt brouillé de vapeurs, tantôt troublé de nuées menaçantes. Et toujours: le personnage d’une femme, qui, toute seule – se détachant sur ces cieux – se déplace dans une danse qui n’appartient qu’à elle, à l’écart et réservée; et comme pour un réveil (l’éclore spontané d’une calla ou la métamorphose d’une phalène), se dresse, d’une pose recueillie et repliée, jusqu’à se lever, debout, prenant son essor dans une élévation à la sereine cadence en volute. Pour ensuite ôter sa robe: dernier vestige de la créature qu’elle était et qu’elle n’est plus, maintenant que sa nudité la rend, affranchie, à la nature; libre, d’une mélancolique liberté. Sur le lieu de sa nouvelle saison, la femme arrive enfin, après avoir traversé des champs de fleurs jaunes à perte de vue; mais son passage est tellement pudique, et léger, qu’à peine elle laisse une trace. Elle les traverse encore couverte d’une robe légère, enrichie de dessins volés aux habits d’un figurant issu de la foule d’une procession de mages d’un gothique tardif. Jamais elle ne nous offre son visage; celui-ci, au seul instant éphémère d’un sursaut du corps (tellement rapide et imperceptible que l’objectif en rend flous les contours et que les cheveux comme un nuage s’envolent) laisse deviner le profil pensif. Avec une illumination lyrique, ensuite, plus haut, se tend, à peine perceptible, au sommet d’un pré (à l’écart), une langue d’azur, où, doucement s’imprime le feuillage d’un pin solitaire. Et, d’un coup, brille la révélation d’un bonheur inattendu.
Télécharger la revue de presse Télécharger le dossier de presse Télécharger la fiche technique En savoir plus www.nadia-berkani.com
www.palazzopicollominipienza.it
| 30 mars | |  | |
Une parenthèse espagnole,
de Sylvie Gracia
Dans ses précédentes fictions, Sylvie Gracia a mis en scène des segments d’expérience vécue, avec les interrogations et obsessions qui s’y condensent au présent d’une situation de crise. Avec Une parenthèse espagnole, cette ambition prend encore de l’ampleur. Le narrateur est un homme approchant la cinquantaine, professeur de français à Paris, père de deux filles, se remettant à peine du divorce d’avec leur mère, tout en entamant une liaison avec une collègue de vingt ans sa cadette. Deux événements vont venir troubler puis traverser de part en part l’apparente banalité de cette existence, et ouvrir en son sein comme une double parenthèse.
L’étonnante plasticité de ce livre doit beaucoup aux glissements d’un pan à l’autre de la mémoire, rendus dans une chronologie complexe, jamais confuse. Se greffent sur ce canevas d’autres récits contemporains, échos qui donnent de la profondeur de champ au roman. Quant au portrait du narrateur, il apparaît d’autant plus dense qu’on le voit se modifier au gré d’une temporalité éclatée.
Sylvie Gracia a retranscrit cet imbroglio de réminiscences dans une immédiateté poignante, grâce à une langue limpide et écorchée. Au-delà des fêlures, des deuils et des défaites, c’est une lumière intense qui traverse Une parenthèse espagnole, qui découpe de fortes zones d’ombres et rend mémorable l’ambiguïté d’un destin aux prises avec sa propre normalité.
Verticales, janvier 2009, 220 p., 17,50 €, ISBN : 978-2-07-012355-1 www.editions-verticales.com
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| 27 mars | |  | |
La journée de la jupe, de Jean-Paul Lilienfeld
Un jour, un professeur de collège à bout prend ses élèves en otage...
L'action de La journée de la jupe se déroule essentiellement dans un établissement scolaire. Mais ce quasi-huis clos est riche en coups de théâtre... "Je voulais faire un spectacle", explique le réalisateur. "Un spectacle avec certes un propos mais avant tout un spectacle, qui permette non plus de constater de l'extérieur dans une noirceur sans issue, mais d'être happé par une histoire et de ressentir émotion ou colère. Il me fallait un dispositif... Je souhaite avec Journée de la jupe proposer un récit qui nous rappelle que, quels que soient les choix politiques ou religieux de chacun, il existe des valeurs de base indiscutables et intransgressibles. Ne rien simplifier et ne rien occulter. Croire que les femmes, doubles victimes de leur statut social et familial, peuvent favoriser l'émergence du changement."
Isabelle Adjani n'avait plus tourné pour le cinéma depuis Bon Voyage de Jean-Paul Rappeneau (2003) à l'exception d'un petit rôle dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Elle parle de ce qui l'a séduite dans cette histoire : "Au-delà du personnage de cette prof qui pète les plombs, j'ai surtout été frappée en effet par la justesse du constat social. Qu'est-ce que l'éducation aujourd'hui ? Comment en est-on arrivé à cette impasse ? C'est quand même une des dernières institutions d'intégration, comment se fait-il qu'elle soit dans cet état-là ? Comment se fait-il que le système soit en pareil disfonctionnement et qu'on soit dans un tel malentendu ? Qu'est-ce qu'on a fait à ces élèves ? Qu'est-ce qu'on a fait à ces professeurs ? Pourquoi et comment a-t-on abdiqué devant les exigences de l'enseignement ? J'ai vraiment apprécié que le film ne cherche pas à moraliser socialement, civiquement, qu'il ne cherche pas à donner des leçons, ni à apporter des solutions mais juste ? si on peut dire ! - à poser toutes les questions, à mettre les spectateurs en face d'une dure réalité..."
Avec : Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Jackie Berroyer, Khalid Berkouz, Yann Ebongé, Sonia Amori, Kévin Azaïs, Sarah Douali, Hassan Mezhoud, Mélèze Bouzid,
Sortie nationale : 25 mars 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/30201/la-journee-de-la-jupe
| 25 mars | |  | |
Les Mots migrateurs. Les tribulations du français en Europe,
de Marie Treps
Après Les Mots voyageurs (Seuil, 2 003), qui nous contait l’histoire des mots empruntés par le français aux langues étrangères, voici le récit alerte du devenir de certains mots français dans les langues européennes, de l’allemand au norvégien, du polonais au grec… Organisé par familles de langues, le livre mêle grande histoire et anecdotes, et illustre les fortunes variées et souvent étonnantes de nos mots et expressions. Comment s’est déroulée la « colonisation » des langues européennes par le français ? Qu’ont-elles retenu de notre langue ? Au détour des pages, on découvre aussi que certains mots changent de sens en passant les frontières, devenant dès lors pour nous de faux amis ou de vértiatbles objets de perplexité, à l’image de cette étonnante formule que nous prêtent les Anglais : « C’est magnifique, mais ce n’est pas la guerre… » Un livre à la fois instructif et ludique, un vrai récit d’aventure. Éd. du Seuil, février 2009, 384 p., 20 €, ISBN : 978-2-02-086258-5
| 24 mars | |  | |
CULTURES SUD N° 172 : « L’engagement au féminin »
Cette dernière livraison de Cultures Sud, sans velléité féministe aucune, est une célébration de toutes celles qui font de la liberté et des droits de la femme un combat quotidien. Création et engagement : deux univers intimement liés qui s’illustrent ici par de nombreux portraits de ces messagères de la paix, qu’il s’agisse de femmes politiques, de pionnières du courant féministe africain-américain ou de femmes exilées de leur pays d’origine pour avoir eu le courage de dénoncer les entraves aux libertés individuelles.
Ce sont aussi des femmes de plume dont l’écriture est souvent le reflet d’un itinéraire personnel et d’une autre perception du monde, un monde vu à partir des femmes. Par-delà la fiction, l’essai et le témoignage sont également le domaine de prédilection de ces femmes qui n’hésitent pas à se faire les porte-parole des victimes du génocide Rwandais, ou à dénoncer les vicissitudes de la mondialisation comme face cachée de l’impérialisme.
Dans une perspective à la fois historique et ancrée dans l’actualité, qu’elles soient présidentes d’associations de quartier, cantatrices, écrivaines, médecins, avocates ou chef d’État, le degré d’engagement des femmes présentées dans ce numéro – sans exhaustivité – est à la mesure de leur personnalité de femme potomitan, pour reprendre l’expression antillaise consacrée.
Cultures Sud n° 172, mars 2009, 192 p., ill. coul., 12,50 €, ISBN : 978-2-917195-06-2. Numéro coordonné par Tanella Boni et Odile Cazenave Diffusion en France : La Documentation française
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| 22 mars | |  | |
La Maison,
Paul Andreu
Après un récit poétique paru il y a trois ans, Paul Andreu, l’architecte de l’aéroport de Roissy et de l’opéra de Pékin, signe avec La Maison son premier roman. Il faudrait plutôt parler ici de récit autobiographique. C’est en architecte qu’il nous décrit la maison de son enfance – la seule qu’il aura à ce jour habitée. Au hasard des pièces, il nous raconte la vie d’une famille, la sienne, dans les années 1940 et 1950. Cette maison fut pour lui un lieu propice au rêve, à l’indépendance et à la solitude qu’il revendique ; elle est devenue avec le temps un lieu fantasmé. Dans sa famille que nous découvrons graduellement, la figure du grand-père se détache nettement ainsi que les liens particuliers qui l’attachent à son petit-fils.
Même si l’auteur dresse un réquisitoire contre la pauvreté des mots impuissants à rendre les sensations, le lecteur se pénètre progressivement de l’atmosphère de ces lieux grâce au style évocateur du narrateur. Paul Andreu nous livre son goût du secret dans une langue sobre ne dédaignant pas pour autant l’imparfait du subjonctif et maniant avec plaisir le vocabulaire technique. L’abondance de points d’interrogation traduit l’hésitation constante du narrateur sur la reconstitution de sa propre histoire. En fait le récit s’élève graduellement au-dessus d’une simple évocation autobiographique pour nous entraîner dans une réflexion sur la mémoire et son questionnement.
Dominique Fayolle
Stock, janvier 2009,117 p., 13 €, ISBN : 978-2-234-06193-4
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| 22 mars | |  | |
Un lac, de Philippe Gandrieux
Tout a lieu dans un pays dont on ne sait rien, un pays de neige et de forêts, au Nord. Une famille vit dans une maison isolée près d’un lac. Alexi, le frère, est un jeune homme au coeur pur, un bûcheron. Enclin à des crises d’épilepsie et de nature extatique, il ne fait qu’un avec la nature qui l’entoure. Alexi est très proche de sa jeune soeur, Hege. Leur mère aveugle, leur père et leur plus jeune frère, observent en silence cet amour incontrôlable. Un étranger arrive, un jeune homme à peine plus âgé qu’Alexi…
Philippe Grandrieux a mis un certain temps à trouver le lac du film. "Il devait avoir une certaine taille, être entouré de très hautes montagnes et de forêts denses et profondes, sans maison autour, commente le cinéaste. Ce lac, je l'ai cherché partout ! En Finlande, en Norvège, en Suède, en France... mais je ne le trouvais pas. Les paysages que je voyais pouvaient être magnifiques, mais ils ne correspondaient pas à la "vue" mentale que j'en avais. La difficulté était là, trouver dans la réalité, ce que j'avais imaginé." Finalement, c'est en Suisse que le réalisateur l'a découvert, "un lac absolument sublime, à une heure de Zurich". "Le lac est finalement peu présent à l'image, ajoute-t-il. C'est qu'il a été bien plus qu'un décor que l'on filme ostensiblement pour qu'il soit vu, il est resté ce lac rêvé, inscrit en moi, une présence aussi forte et décisive que celle des acteurs, une présence que je retrouvais chaque matin et qui a irrigué profondément tout le travail."
Avec : Dimitry Kubasov, Natalie Rehorova, Alexei Solonchev,
Sortie nationale : 18 mars 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29091/un-lac
| 21 mars | |  | |
2ème Prix du dessin contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain
2ème Prix du dessin contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain. Lancé pour la première fois au moment d'artparis 06, ce prix vise à souligner l'importance de cette discipline, à l'origine de toute création, en aidant un artiste à poursuivre son oeuvre.
Une commission - composée de Daniel et Florence Guerlain, tous deux collectionneurs, Emmanuelle Brugerolles, conservateur du cabinet de dessins de l'Ecole des Beaux-Arts, Gabrielle Salomon, collectionneur, Jonas Storsve, conservateur au cabinet d'art graphique du Musée national d'art moderne, Carel Van Tuyll, chef du département des arts graphiques du Musée du Louvre - sélectionnent les candidats : des artistes français ou étrangers, habitant ou non en France, mais entretenant avec notre pays un lien culturel privilégié et pour qui le dessin unique sur papier constitue une part significative de leur oeuvre.
Le lauréat du Prix de dessin Daniel & Florence Guerlain se voit attribuer une dotation de 15 000 €. Les deux autres artistes sélectionnés recevront une dotation de 2 500 € chacun.
La lauréate 2009 est Sandra Vásquez de La Horra, une artiste chilienne née en 1967, qui vit et travaille à Cologne en Allemagne. Elle est représentée par les galeries Kewenig à Cologne et Rupert Pfab à Düsseldorf. Les deux autres nominés: Frédérique Loutz, une artiste française née en 1974. Elle vit et travaille à Berlin et est représentée en France par la galerie Claudine Papillon. Jorge Queiroz est né à Lisbonne en 1966. Cet artiste d’origine portugaise vit et travaille à Berlin.
Légende photo © Sandra Vásquez de La Horra, Santissima, Courtesy Galerie Rupert Pfab
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| 21 mars | |  | |
L’Ami posthume. Gérard Philippe, 1922-1959,
Olivier Barrot
Journaliste et auteur, Olivier Barrot avait 11 ans quand mourut Gérard Philippe et il n’eut pas la chance de le voir sur une scène de théâtre incarnant le prince de Homburg. En revanche son père, Jean-Pierre Barrot, le connaissait (comme témoigne la photo en ouverture du livre) mais il n’évoqua jamais le comédien dans son hebdomadaire culturel du cinéma, "L’Écran français", et, taciturne n’en parlait pas en famille. Aussi Olivier Barrot, refusant de questionner les proches, de confronter des souvenirs, de compulser des archives, a-t il délibérément opéré une reconstruction du personnage dans son époque pour nous présenter "ce portrait d’admiration" et nous parle-t-il d’"appropriation amicale". Comment oser approcher Gérard Philippe, ce personnage auréolé de grâce et de jeunesse devenu mythique dès sa mort ? Après avoir exposé son "argument", l’auteur nous présente chronologiquement cette vie en trois temps : éveil, avènement et maturité pour nous présenter "l’ange" dans un récit de conteur d’emblée séduit qui veut nous faire partager son enthousiasme. Au-delà de la carrière de Gérard Philippe, Olivier Barrot évoque l’homme clairement engagé à gauche, l’antigaulliste, le réalisateur improbable, le défenseur des comédiens en tant que président du Nouveau Comité national des acteurs mais surtout il essaie d’analyser son "style".
Dominique Fayolle
Grasset, octobre 2008, 215 p., 17,90 €, ISBN : 978-2-246-74781-9
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| 20 mars | |  | |
En enfance,
Mathieu Lindon
Mathieu Lindon dévide sous nos yeux, sans émotion apparente, des séquences d’enfance énoncées à la troisième personne. Le choix du pronom « il » s’impose car le narrateur, adulte par définition et parlant depuis un monde totalement éloigné du continent de l’enfance ne peut donc aborder son sujet que de l’extérieur. Ce sont 110 fragments de 3 pages chacun qui défilent sous nos yeux dans une froide tentative de reconstruction périphérique. Ce livre n’est pas écrit sur le registre du souvenir ni de la mémoire : on pourrait dire de Mathieu Lindon qu’il tente de retomber en enfance (au sens propre et non formulaire), son enfance ? Le narrateur effectue une sorte de recensement de situations où il nous montre que l’enfant est par nature un explorateur de la réalité opaque et diffuse qui l’entoure et que, tel un « petit poucet » intemporel, il égrène sensations et sentiments, balisant son chemin dans le monde obscur des adultes.
Le dernier et 111e fragment ou éclat opère une rupture par rapports aux 110 précédents : le narrateur en conclusion, projette son sujet à l’age adulte pour une sublimation inattendue de l’enfance, en une narration, cette fois-ci, chargée d’émotion.
Dominique Fayolle
P.O.L, janvier 2009, 345 p., 20 €, ISBN : 978-2-84682-294-7
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| 20 mars | |  | |
L’Empreinte des choses cassées,
Claire Gallois
Le titre du livre de Claire Gallois place d’emblée ce roman, se présentant en forme de récit autobiographique, sous le signe de la désillusion et de l’amertume : Les Choses cassées. On peut mettre sous ce substantif tant les sentiments, que les sensations ou les événements. Rien ne resterait intact, nous laisse entendre ce texte aux couleurs de la mélancolie. Le récit à la première personne est celui d’une femme « en train de passer dans la classe des vétérans », reçue à l’Académie française – dont un tableau au vitriol nous est brossé au passage. Son discours s’organise au fil de ses pensées, à la fois chronologique et rétrospectif ; nous y découvrons peu à peu ce qu’a été sa vie. Au départ un fait, la mort brutale de sa sœur aînée, la marque pour toujours car pour elle dorénavant « rien plus jamais ne pourra être tenu pour sûr », mais lui apprend aussi paradoxalement à goûter les petits moments de bonheur. Même si elle souffre de la fuite du temps qui passe et de la perte irrémédiable de la jeunesse, de sa jeunesse, la narratrice, désabusée et désenchantée, mais avant tout lucide nous livre un leçon de vie.
Dominique Fayolle
Grasset, septembre 2008, 176 p., 12,90 €, ISBN : 978-2-246-74411-5
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| 20 mars | |  | |
Journal intime d’un marchand de canons,
Philippe Vasset
Ce livre est le premier volet d’une série à venir pour des faits avérés, des noms véridiques et des dates exactes ; seul le narrateur, s’exprimant à la première personne, est un personnage fictif. Il s’agit, pour l’auteur, de « décrire un pan de l’économie mondiale tenu secret » afin d’essayer de « décrypter un réel globalisé ». Classant ses archives personnelles, car il est sous le coup d’une inculpation judiciaire, le narrateur entreprend de nous raconter sa vie passée. Sorti frais émoulu de son école de commerce, il a décidé – car il est épris de romanesque – d’être marchand de canons pour transformer « le gentil VRP » qu’il était en « aventurier de haut vol » grâce à l’opportunité de conflits internationaux. Le ton est donné : humour corrosif pour des péripéties rocambolesque de romans d’espionnage à la James Bond. Tous les ingrédients nécessaires sont réunis (nombreux voyages, sexe, alcool, danger, ventes d’armes, rivalités politiques entre États…) pour relater des aventures trépidantes sur le canevas de réalités inquiétantes cachées au grand public. Humour et décalage sont au rendez-vous pour nous raconter une réalité crue tournant autour des « scandales d’armements » qui, d’après l’auteur, se déroulent toujours selon le même scénario.
Tout en s’amusant, Philippe Vasset propose au lecteur une charge sévère sur les rapports entre diplomatie et commerce international.
Dominique Fayolle
Fayard, janvier 2009, 182 p., 15,90 €, ISBN : 978-2-213-64283-3
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| 19 mars | |  | |
Les nommés 2010 pour le Prix Marcel Duchamp
Premier prix créé en 2000 en France à l’initiative de collectionneurs d’art contemporain, le Prix Marcel Duchamp est organisé par l’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français en partenariat avec le Musée national d’art moderne, Centre Pompidou. Il bénéficie du soutien de sociétés privées. Son ambition est de confirmer la notoriété d’un artiste résidant en France, représentatif de sa génération et travaillant dans le domaine des arts plastiques et visuels. Le lauréat du Prix Marcel Duchamp est de invité à créer une œuvre originale présentée pendant deux mois au Centre Pompidou. Un prix de 35 000 euros est attribué au lauréat. Fruit d’une initiative privée relayée par une institution publique, ce Prix permet de faire bénéficier une nouvelle génération d’artistes d’une structure qui favorise leur reconnaissance, donne une plus grande visibilité à leurs propositions artistiques, et les aide à acquérir une stature internationale. Ce sont les membres du comité de sélection de l’ADIAF, c’est à dire des amateurs d’art, et non des professionnels, qui établissent la liste des «nominés». Le jury international, quant à lui, réunit des experts reconnus dont les avis font autorité dans le monde de l’art contemporain: conservateurs, critiques, collectionneurs français et étrangers.
Il apporte au Prix Marcel Duchamp et à son lauréat une forte visibilité dans le monde de l’art contemporain.
Le jury vient de désigner les 4 nommés pour le prix 2010 Il s’agit de Saadane Afif (Lauréat du programme Culturefrance Hors les Murs en 2006 pour Glasgow, Grande Bretagne), Damien Deroubaix (Lauréat de l’atelier Newyorkais Culturefrance,en 2008 ), Nicolas Moulin, (Lauréat du programme Culturefrance Hors les Murs en 2005 pour Rejdavik, Islande) et Philippe Perrot.
Légende Photographie Damien Deroubaix, World Downfall 2007, Courtesy Galerie Fabienne Leclerc
En savoir plus http://www.adiaf.com/
| 19 mars | |  | |
La fille du RER, d'André Téchiné
Jeanne vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise. Les deux femmes s’entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi. Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l’espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein, un avocat de renom qu’elle a connu dans sa jeunesse. L’univers de Jeanne et celui de Bleistein sont à des années lumières de distance... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d’un mensonge inoui que Jeanne va échaffauder.
Une histoire d'amour fictive La véritable héroïne du fait-divers était très attachée à sa mère et son compagnon. Quand le réalisateur l'a interrogé sur les raisons de ses actes, elle a avoué souhaiter exister d'avantage à leurs yeux. André Téchiné a donc pris en compte cette relation triangulaire comme point de départ, mais tout le reste n'a été que pure invention de sa part. Il a fait le choix de suivre la relation entre Jeanne (Emilie Dequenne) et Franck (Nicolas Duvauchelle) pas à pas, de la rencontre jusqu'à la séparation, "c'était à la fois une expérience de cinéma et une expérience érotique de donner naissance à un couple" raconte André Téchiné.
Avec : Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Nicolas Duvauchelle, Michel Blanc, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz
Sortie nationale : 18 mars 2009
André Téchiné dans la catalogue de Culturesfrance : Les égarés, Loin, Ma saison préférée, Rendez-vous, (35 mm), Les témoins (35 mm et DVD) – diffusion non commerciale à l’étranger uniquement
En savoir plus www.lafilledurer-lefilm.com www.unifrance.org/film/29421/la-fille-du-rer
| 18 mars | |  | |
Vers la douceur,
François Bégaudeau
Après son roman Entre les murs paru en 2006 et son interprétation en 2008 du personnage du professeur dans le film éponyme qui obtint la Palme d’or à Cannes, François Bégaudeau nous offre un petit ouvrage jouant subtilement avec les références littéraires les plus classiques. À travers les errances et relations croisées d’un groupe de trentenaires autour de Jules, un journaliste sportif de 35 ans déplorant de ne pas mûrir, François Bégaudeau nous propose une sorte d’initiation sentimentalo sexuelle pour « récidivistes du non événement ». On peut y retrouver une carte du tendre désabusée, adaptée au monde d’aujourd’hui avec des « règles » à respecter, comme l’évoque l’intitulé d’un des chapitres.
Utilisant un langage parlé, des tics verbaux et une ponctuation réduite, le roman développe une écriture au style très contemporain, où des narrateurs multiples alternent avec le je/jeu du personnage principal. Pourtant, avec deux authentiques lettres de rupture, l’auteur se livre à un exercice de style classique qui, dans la tradition allant de Laclos à Sophie Calle, lui permet de développer une véritable analyse psychologique de ses personnages en contrepoint de l’ensemble du texte plus strictement narratif. La structure du récit évoque une construction cinématographique avec toutes sortes de plans alternés et parfois récurrents s’entrecroisant dans le temps et dans l’espace comme en écho aux hésitations des personnages.
De cet univers hésitant, agité et distraitement mélancolique surgira pourtant l’amour.
Dominique Fayolle
Verticales, mars 2009, 202 p., 16,90 €, ISBN : 978-2-07-012301-8.
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| 17 mars | |  | |
Le Devenir numérique de l’édition,
Bruno Patino
À l’époque, Bruno Patino, PDG de Télérama et du Monde interactif, avait été chargé par la ministre de la Culture d’un rapport sur le « livre numérique ». Le titre, Le Devenir numérique de l’édition, est la version imprimée de ce rapport remis en juin dernier et disponible également en version numérique. Ce rapport décrit différents scénario d’évolution possible, y compris l’hypothèse du basculement brutal de l’économie du livre vers la lecture numérique (sur des écrans d’ordinateur mais également sur des lecteurs dédiés, des téléphones mobiles, des consoles de jeu, etc.). Tout en laissant ouvertes certaines questions majeures au premier rang desquelles la définition juridique du « livre numérique », qui conditionne la défense des ayants droit, le rapport insiste essentiellement sur une double priorité. D’une part, la nécessité d’organiser rapidement une offre légale, attractive du livre numérique, en favorisant l’interopérabilité des contenus et des formats et la mise en place de plateformes interprofessionnelles. D’autre part, mettre en place des « mécanismes » permettant aux détenteurs de droits de jouer un rôle central dans la détermination des prix. En effet le rapport souligne que les acteurs actuels de l’économie du livre doivent s’unir pour éviter que de nouveaux acteurs industriels (notamment les fournisseurs d’accès à Internet et les groupes de télécommunication) ne s’approprient l’essentiel de la valeur ajoutée de la future économie numérique du livre.
Si ce rapport s’adresse principalement aux professionnels du secteur, il intéressera également tous les économistes et les chercheurs travaillant sur l’évolution des industries culturelles.
Dominique Fayolle
La Documentation française, septembre 2008, 92 p., 11 €, ISBN : 978-2-11-007349-5
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| 14 mars | |  | |
Esprit/collection intégrale 1932-2006
Le DVD reprenant l’intégralité non seulement des articles mais de l’ensemble des rubriques publiées dans la revue Esprit depuis la création en 1932 jusqu’à l’année 2006 constitue une contribution originale de cette revue d’idées au débat intellectuel du XXIe siècle. La formule du DVD permet une valorisation économique de ce patrimoine, tout en autorisant à ses lecteurs les facilités de la lecture numérique avec les modules classiques de feuilletage, de recherche de mots-clés ou d’indexation. La brochure de présentation rappelle à juste titre que, si Esprit a été créée par Emmanuel Mounier, les articles ne se sont pas limités à l’illustration de la pensée personnaliste ou plus tard aux orientations politiques ou philosophiques de ses comités de rédaction successifs. Au-delà de la contribution de cette revue après 1945 à la réconciliation franco-allemande et à une laïcité apaisée, de ses prises de position sur la guerre d’Algérie et sur le totalitarisme communiste, Esprit a exploré de nombreuses autres questions.
Le chercheur en sciences humaines, l’étudiant et également l’honnête homme trouveront dans cette somme de soixante-quinze années un réservoir particulièrement stimulant pour nourrir leur réflexion aujourd’hui.
Dominique Fayolle
Esprit, DVD-ROM version PC, mai 2008, 190 €
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| 11 mars | |  | |
Welcome,
de Philippe Lioret
Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d’aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.
L'origine du projet Depuis longtemps, Philippe Lioret avait l'idée de faire un film sur les personnes qui fuyant leurs pays d'origine pour rejoindre l'Angleterre se retrouvaient coincés à Calais. Après en avoir parlé à Emmanuel Courcol et Olivier Adam, ils ont commencé à chercher ensemble une histoire. Ils ont pris contact avec des associations et sont partis à Calais pour cotoyer la vie des bénévoles et des réfugiés.
La veille du tournage ! Lioret et Lindon à leur arrivé à Calais, se sont rendus au "quai de la soupe". Cet endroit porte bien son nom puisqu'il s'agit du lieu où une poignée de bénévoles fournisssent de la nourriture aux réfugiés. Sur place, le réalisateur et son acteur ont croisé des réfugiés très mal en point. A leur demande, ils les ont déposé dans une décharge, lieu de repli de cette communauté. Sans un mot ils sont retournés à l'hôtel, "cela se passait de commentaire" raconte Vincent Lindon. Le tournage de Welcome a commencé le lendemain.
Avec : Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana
Sortie nationale : 11 mars 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/28857/welcome
| 10 mars | |  | |
Les Contradictions de la globalisation éditoriale,
Gisèle Sapiro (dir.)
Cet ouvrage collectif est issu pour une large part d’un colloque réuni à Paris en 2006 sur les mêmes problématiques. Les contributions de la quinzaine de chercheurs abordent successivement, et dans une optique où l’approche sociologique de Pierre Bourdieu est dominante, trois thèmes. En premier lieu, la structuration du marché international de l’édition où, à côté de la constitution de grands groupes multinationaux aux produits standardisés, se maintiennent et même se développent des produits éditoriaux singuliers, qu’il s’agisse de productions universitaires à vocation mondiale ou d’ouvrages liés à l’identité d’un territoire. La deuxième série d’études aborde les stratégies des différents éditeurs dans ce contexte et fait apparaître fort logiquement le rôle d’éditeurs marginaux ou militants, dans les niches du livre politique ou des essais critiques (La Découverte, Éditions Des femmes). Enfin la dernière partie se consacre aux problématiques de la traduction en montrant une fois de plus, à l’aide d’études de cas, le caractère asymétrique des flux de traduction et le rôle ambigu de la traduction comme défense contre la menace de standardisation et de domination de l’anglais. Au total, cette première tentative de mesurer la globalisation éditoriale et ses limites, si elle ne traite pas des questions centrales de la distribution ni de l’effet du cadre variable des normes de la propriété intellectuelle, pose des jalons prometteurs pour une approche non seulement économique mais culturelle de la question. Dominique Fayolle
Nouveau monde éditions, janvier 2009,412 p., 49 €, ISBN : 978-2-84736-392-0
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| 9 mars | |  | |
Equatoria,
Patrick Deville
Dans une fresque immense et foisonnante, Patrick Deville, se faisant tour à tour historien et journaliste, nous raconte l’Afrique, du XIXe siècle jusqu’au début du troisième millénaire en de continuels allers et retours entre le présent et le passé, de sa découverte et sa colonisation jusqu’à sa situation politique actuelle. Mettant ses pas dans les traces de ses héros d’hier et rencontrant les acteurs contemporains, le narrateur, en aventurier moderne, arpente l’Afrique de toutes les manières possibles. Il interroge passionnément les premiers voyageurs de ce continent et nous les présente de façon croisée et récurrente. Sous le patronage littéraire d’un Jules Vernes visionnaire, le lecteur voit ainsi défiler Livingstone le précurseur, le couple antinomique que forment Brazza le romantique séduisant et Stanley le pragmatique viril, Schweitzer l’organiste « humanitaire » avant la lettre puis tant d’autres comme Conrad et Céline – beaucoup ayant en commun d’avoir changé leur nom. Si l’activité bouillonnante de Stanley « le briseur de roches » nous passionne, c’est Brazza ce « gentleman silencieux comme un duc » qui nous séduit ; son personnage, par le biais symbolique de sa dépouille mortelle, continue encore aujourd’hui de brouiller les pistes. L’auteur nous décrit minutieusement tant les acteurs politiques des guérillas et massacres actuels que les simples habitants de cette Afrique contemporaine avec « des détails » qui « suffisent à une lecture géopolitique du IIIe millénaire ». D’une plume rapide et efficace Patrick Deville nous dispense avec Equatoria un lyrisme discret dont la lucidité et l’ironie jamais grinçante interrogent ce continent en déroute.
Dominique Fayolle
Éd. du Seuil, janvier 2009, 332 p., 22 €, ISBN : 978-2-02-090680-7
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| 8 mars | |  | |
Un juif pour l’exemple,
Jacques Chessex
Né en 1934 à Payerne, Jacques Chessex avait 8 ans quand les faits relatés dans ce livre ont eu lieu. Il s’agit de l’assassinat d’un marchand juif en 1942 à Payerne « gros bourg vaudois travaillé de sombres influences », ville de charcutiers où le cochon couronne le bourg de son emblème. Cette petite ville en état de faillite survit mal à la crise des années 1930 avec un taux de chômage élevé qui attise les rancœurs contre les gros, les nantis. Un pasteur privé de paroisse, agent de l’Allemagne harangue le petit peuple fragilisé par la crise et le fanatise contre « la vermine juive ». Il trouvera son âme damnée en la personne d’un garagiste qui, avec sa petite bande de revanchards se chargera de désigner et d’éliminer le bouc émissaire : Arthur Bloch, un marchand de bétail. La mort gratuite du « juif pour l’exemple » et la sordide élimination de son corps « débité comme un cochon à l’abattoir de la ferme » font d’Arthur Bloch un martyr.
Marqué par des citations et références bibliques, ce récit nous plonge dans une interrogation métaphysique sur la nature du mal, la possibilité de la rédemption et l’existence de la résurrection.
Dominique Fayolle
Grasset, janvier 2009, 109 p., 11,90 €, ISBN : 978-2-246-74351-4
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| 6 mars | |  | |
Lune captive dans un œil mort,
Pascal Garnier
Martial et Odette se sont laissés convaincre par un agent immobilier spécialisé en résidences senior. Les voici dans le Sud de la France, loin de leur grise banlieue, en pionniers des Conviviales, sorte de camp de vacances perpétuel avec villas individuelles conçues à l’identique mais qui leur apporte le premier des conforts, « se sentir bien protégé et en sécurité permanente ». Une nouvelle vie commence. Les premiers voisins aménagent. Puis une femme seule qui n’est pas celle que l’on croit. L’animatrice du club-house, un peu hippie sur le retour, peut entrer en fonction. Mais assez vite, le huis clos devient un shaker explosif. Les défaillances du gardiennage s’ajoutent à l’ennui de l’isolement. À force d’être tenu à l’écart, le monde extérieur finit par terroriser les résidents. Chacun perd peu à peu son sang-froid. Surtout quand le gardien massacre un chat à coups de pelle ou quand le moindre orage paralyse le système de sécurité. Les troubles obsessionnels, les blessures secrètes s’affichent jusqu’à ce que la lune, une nuit plus terrible que les autres, se reflète dans l’œil droit du gardien, arraché par une balle perdue…
Adepte des textes courts, auteur de romans noirs et de littérature enfantine, Pascal Garnier est un écrivain prolifique et multicartes qui n'a pas d'égal pour mettre en scène des personnages insipides à l'existence terne. Mais le regard, lucide, n'est jamais blessant ni méprisant.
Chez Zulma, parmi les ouvrages les plus récents : La Théorie du Panda, 2008 ; Comment va la douleur?, 2006 (rééd. LGF, coll. « Le livre de poche », 2008).
Zulma, janvier 2009, 156 p., 16,50 €, ISBN : 978-2-84304-465-6
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| 4 mars | |  | |
Est-ce ainsi que les femmes meurent?,
Didier Decoin
« D’après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d’une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d’autres qui avaient pris le temps d’enfiler une robe de chambre. Aucun n’a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. » Didier Decoin s’est inspiré de ce fait divers, qui fit d’abord l’objet d’un entrefilet, avant de passer à la Une de tous les journaux, une fois la lâcheté des témoins devenue le vrai sujet d’enquête pour la presse. New York, une nuit de mars 1964 dans le Queens, une ville encore insalubre et dangereuse, un trottoir mal éclairé : le prétexte à un saisissant roman où sous un tapis de neige, nous découvrons les atrocités commises par un tueur en série. Se détachent en personnages de chair Kitty, la victime, le tueur Winston Moseley, monstre froid qui ne jouit pleinement que de victimes mortes, le narrateur Nathan Koschel, les habitants planqués derrière leurs fenêtres. Qui est le plus coupable ? Le criminel ? Ou l’indifférence des témoins qui entendent les appels au secours sans réagir ?
Didier Decoin est né en 1943. Journaliste, chroniqueur, scénariste et romancier, il est l’auteur d’une œuvre importante dont John l’Enfer (prix Goncourt 1977). Il est membre de l’Académie Goncourt depuis 1995.
Grasset, coll. « Ceci n’est pas un fait divers », février 2009, 226 p., 17,90 €, ISBN : 978-2-246-68221-9
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| 2 mars | |  | |
Les Éclaireurs,
Antoine Bello
On retrouve ici Sliv Dartunghover, héros et narrateur des Falsificateurs, brillant géographe islandais devenu l’un des meilleurs agents du CFR. Le Consortium de falsification du réel est un organisme planétaire qui crée de toutes pièces des événements historiques afin d’influer sur les opinions publiques, les dirigeants, et d’infléchir les situations géopolitiques. Mais Sliv, malgré ses succès, continue à s’interroger sur les objectifs véritables du Consortium. En 2001, il se voit confier une opération d’infiltration au sein de l’ONU au Timor en coopération avec Lena, à qui l’oppose une rivalité sans merci. À cette occasion, Sliv et Lena vont s’entendre pour coordonner leur action et assurer le succès de l’opération malgré leurs différents. Aussi brillant que Les Falsificateurs, original, documenté, servi par une écriture dynamique et pleine d’humour, ce thriller bien ficelé apporte un éclairage sur l’histoire contemporaine sur fond de guerre en Irak. Les Éclaireurs forme un diptyque avec Les Falsificateurs, mais peut tout autant se lire indépendamment.
Antoine Bello est né en 1970 à Boston. Il vit actuellement à New York. Il a publié, chez Gallimard, Les Falsificateurs (2007, rééed. coll. « Folio », 2008), Éloge de la pièce manquante (1998, rééd. coll. « Folio », 2008), Les Funambules, 1996.
Gallimard, coll. « Blanche », février 2009, 478 p., 21 €, ISBN : 978-2-07-012426-8
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| 25 février | |  | |
Elodie Lachaud : NY TAXIS O8, $ 4.10
Exposition photo et installations de l’artiste Elodie Lachaud qui présente pour la première fois sa nouvelle série sur les taxis New yorkais. « Je fixe le compteur. Je n'arrête pas de changer de place, la vitre trouble mon regard je prends une photo. New York flotte. Je vois le ciel par intervalle net flou. Je scrute la ville et ses agitations. Toujours pas d'issue de secours.»
Des taxis. Des photos. Et New York. Déambulation urbaine. Flashs. Instantanés. Instants sonores. Vidéos. Films. Multimédias. Elodie Lachaud est en mouvement. Permanent. Assise et mobile dans des taxis de New York. Exposition du 13 janvier au 1er Mars 2009 GALERIE W 44, rue Lepic 75018 Paris En savoir plus www.galeriew.com
| 24 février | |  | |
François Rousseau, L’atelier du peintre
Du 4 février – 5 avril 2009 À La Maison Européenne de la photographie
Photographe de mode et de publicité, François Rousseau s’est inspiré du roman de Patrick Grainville, L’Atelier du peintre, pour mener à bien ce projet photographique. Découvert à sa sortie en 1998, ce roman illustre parfaitement, à ses yeux, un mythe de Los Angeles qui va l’habiter, l’aimanter pendant des années. Se destinant d’abord à la peinture, François Rousseau est frappé par le rapport du peintre et de ses modèles qui, de tous les milieux, viennent poser dans l’atelier. Comme si les modèles attendaient du maître leur naissance même, leur vraie nomination. Aujourd’hui, vingt ans après, le photographe qu’il est devenu, lui aussi aux prises avec ses modèles, a renoué avec le roman des commencements. Il l’a incarné et en a réinventé visuellement les personnages, les épisodes-clés. Tout un théâtre où Los Angeles est mis en scène, dans la diversité de ses corps déchus et glorieux.
“L’Atelier du peintre de Patick Grainville raconte l’histoire passionnée et tragique d’un peintre européen, d’un Maître ayant quitté son pays pour s’installer et fonder un atelier de peinture à Venice Beach (Los Angeles). Cet atelier a ceci de particulier qu’il a pour étudiants d’anciens délinquants des quartiers défavorisés. Une communauté vit dans l’Atelier : les femmes sont avec les femmes, les hommes avec les hommes, l’hétérosexualité au centre est totalement fantasmée car elle n’est présente qu’au travers de la fameuse toile de Jan Van Eyke, Les époux Arnolfini, que le maître cherche à reproduire en faisant poser ses élèves mais sans succès... Je me suis emparé de ce récit et l’ai utilisé comme structure à mon projet : une série d’environ 100 photographies, des compositions, des mises en scène de nus. Le processus de narration appliqué à mes séries photographiques permet de collaborer avec mes modèles sur de longues périodes et en profondeur. J’ai appréhendé la composition de mes images comme un peintre, en prenant le temps nécessaire.” François Rousseau
Ce projet est accompagné d’un triptyque vidéo de Luc Maes intitulé L’Atelier photographique et d’une musique, Life Class, composée par Mikael Karlsson. Cette composition musicale pour orchestre de chambre, qui constitue une pièce majeure du projet, est diffusée tous les jours à 17 heures.
La Maison Européenne de la Photographie 82 rue François Miron 75 004 Paris - France
Parallèlement à l’exposition de la Maison Européenne de la Photographie, la galerie Pierre-Alain Challier présente la suite du projet, l’Atelier, du 3 février au 7 mars 2009.
François Rousseau à bénéficié d’une bourse de Culturesfrance, Villa Médicis hors les murs, en 2002 pour New York, qui a constitué la première mise en œuvre de ce projet.
Par ailleurs le photographe à réalisé une superbe série au Brésil, autour des « Béatitudes » constituée de grands formats sur papier très simples à accrocher, que le réseau peut facilement exposer.
En savoir plus http://www.francoisrousseau.com/
| 23 février | |  | |
BERNARD JOISTEN : Illimité
Dans ses mises en scène, installations et peintures, Bernard Joisten confronte le public à l’arbitraire de la vision : combinaisons de schémas fabriqués à partir de figures génériques (la voiture, le château), de trames (damier), ou de notions plus menaçantes (la faille, l’explosion). Pas d’explication, l’art figuratif étant tout aussi abstrait que l’abstraction même (abstraction figurative). L’esthétique en place est celle de la mécanique des lieux : lieu commun, lieu d’action, lieu de fiction, lieu métaphysique, lieu réel enfin où circule le public. En se servant de l’image 3D, Bernard Joisten remet à jour la fragmentation cubiste en tant que processus qui déploie un nombre illimité de points de vue. Dans la première salle du Frac Basse-Normandie, le regard est emporté dans un paysage simulé qui contamine l’espace, se fragmente sous plusieurs formes et matériaux : linoléum, impressions numériques, peinture. Dans la deuxième salle, ce n’est plus un accrochage mais un décrochage, qui transforme le poids de l’image. Les images sont ici encapsulées dans des sphères suspendues au plafond. En quittant les murs, les images se séparent de toute forme de « région ». Elles s’échappent, en quelque sorte, dans le monde. C’est une autre économie. La suspension est un schéma mobile où la matière ne se prend pas au sérieux et où le jugement reste, lui aussi, suspendu. Vers des images sceptiques ?
Illimité est le thème favori des opérateurs de téléphonie mobile. Ici, l’illimité est un lieu, un espace, la figure d’un domaine sans fin.
Bernard Joisten est né en 1962 à Gap. Il vit et travaille à Paris. Exposition du 6 février au 12 avril 2009 FRAC-BASSE NORMANDIE : 9 rue Vaubenard 1400 CAEN
En savoir plus http://www.frac-bn.org/
| 19 février | |  | |
GÉNÉROCITÉ, LA BIENNALE D'ARCHITECTURE DE VENISE À PARIS
Exposition, Paris (Cité de l'architecture & du patrimoine), jusqu'au 17 mai 2009
En réponse à « Out there », la thématique de la Biennale d’architecture de Venise 2008 visant à explorer « l’architecture au delà des bâtiments », le pavillon français, dont CULTURESFRANCE était l'opérateur, présentait « GénéroCité », soit l’alternative du « généreux versus le générique ». Autour du collectif invité French Touch, L'exposition offre un large panorama de la scène contemporaine avec 100 projets et réalisations présentés en trois temps : hier, aujourd’hui et demain. Que donner en plus ? C’est la question fondamentale. Qu’offrir en plus qui ne soit contenu dans le programme ? C’est l’enjeu. Prenant position contre la banalisation des villes, à l’heure de la globalisation, l’exposition – présentée à la Cité de l'Architecture & du Patrimoine dans une nouvelle scénographie – réaffirme le rôle social de l’architecte dans la définition des modes de vie et des pratiques urbaines.
Dans un contexte où l’architecture est sommée de répondre à l’urgence de recherches de performances énergétiques et où les contraintes budgétaires limitent de plus en plus le champ des possibles, l’exposition s’attache à démontrer, à travers la « GénéroCité » sous toutes ses formes ce que signifie donner plus : plus d’espace intérieur comme plus d’espace public. Au regard des réalisations contemporaines, l’idée de don ou de bonus prend tout son sens dans un panorama qui couvre aussi bien des logements expérimentaux conçus par Lacaton & Vassal à la Cité Manifeste de Mulhouse que la gare terminus de tramway de Nice construite récemment par Marc Barani (et pour laquelle il a reçu l’Équerre d’Argent 2008), en passant par le bâtiment des conducteurs de bus construit par Marrec & Combarel à Thiais… Exposition produite et réalisée par Culturesfrance, opérateur de la représentation française au sein de la Biennale di Venezia, et le ministère de la Culture et de la Communication - Direction de l’architecture et du patrimoine, pour le Pavillon français de la 11e Exposition internationale d’architecture- Biennale de Venise, et présentée à la Cité de l’architecture & du patrimoine du 11 février au 17 mai 2009.
Commissariat : Francis Rambert Architectes invités : collectif French Touch Scénographie : collectif French Touch Graphisme : Collectif French Touch + Franck Tallon Cité de l’architecture & du patrimoine palais de Chaillot - pavillon de tête - Galerie basse des expositions temporaires entrée par le 1 place du Trocadéro - 75116 Paris (Métro Trocadéro) Ouverture tous les jours de 11h à 19h - le jeudi jusqu’à 21h - fermeture le mardi Entrée payante
Un ouvrage de référence (co-édition Culturesfrance /Éditions Actar) accompagne l’exposition. Mettant en perspective la valeur GénéroCité sur 600 pages, il contient un entretien exclusif avec Jean Nouvel, Prix Pritzker 2008.
En savoir plus http://www.citechaillot.fr/exposition/galeries_d_expositions_temporaires.php?id=84
| 18 février | |  | |
Aataba
Le point de départ de la pièce Aataba (le seuil) est l’exploration de la vie nocture marocaine à travers l’émergence de nouveaux lieux destinés à la fête ou à la libération du corps et qui constituent un univers réel au Maroc mais encore peu révélé.
Pour « Aataba », Taoufiq Izeddiou, chorégraphe marocain initiateur du festival « On Marche », invite cinq danseuses : quatre marocaines et une française. « Ainsi leurs savoirs chorégraphiques ne seront pas sans confrontation, ni surprise. Les sous-sols de la vie sociale deviennent vite les sous-sols de l’âme, où se crée un lien social dérobé au regard ; lieu de la rencontre, de la solitude, où se montre un rapport au corps différent. En s'imprégnant de ces gestes, les cinq danseuses revisitent les états physiques qui s'inventent dans les sous-sols - non pas pour les reproduire mais pour continuer à chercher de nouvelles interprétations de la danse contemporaine au Maroc. Le corps des cinq interprètes devient un seuil, une porte ouverte sur le mélange des usages, des rites, des attitudes et des musiques.Une chanteuse orientale est à leurs côtés, ainsi qu’une bande son composée d’enregistrement de boîtes de nuit, de voix de chefs africains ou arabes, du son d’une corde amplifiée, avec sur scène des bendir, ces tambourins qui existent partout dans le monde. » - le 6 Décembre 2008 à Caen : au Centre chorégraphique national de Caen France, festival « danse d’ailleurs » - le 30 janvier à Marrakech ,dans le cadre du festival « On marche » - le 19 mars au Théâtre de Cahors - En tournée en Afrique de l’est en 2009 (calendrier en cours de réalisation)
contacts de la compagnie : aataba.anania@yahoo.fr crédit photographie: Wassim Soltani En savoir plus http://www.marrakechnews.net/AATABA,-choregraphie-de-Taoufiq-IZEDDIOU-Creation-2008_a1632.html
| 18 février | |  | |
Des vents contraires,
Olivier Adam
Depuis que sa femme a disparu sans plus jamais faire signe, Paul Anderen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Une année s’est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d’un retour aux sources et s’installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance. Mais qui est donc Paul Anderen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Olivier Adam, dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité.
Olivier Adam est l'auteur de nombreux livres dont Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, salué par la critique en 2005 et À l'abri de rien, prix France télévision 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma, dont Poids léger et Je vais bien, ne t'en fais pas. Des vents contraires est son sixième roman.
Olivier Adam, Des vents contraires, Éditions de l’Olivier, janvier 2009, 256 p., 20 €, ISBN: 978-2-87929-646-3
En savoir plus www.editionsdelolivier.fr
| 17 février | |  | |
35 rhums,
de Claire Denis
Lionel est conducteur de RER. Il élève seul sa fille, Joséphine, depuis qu’elle est toute petite. Aujourd’hui, c’est une jeune femme. Ils vivent côte à côte, un peu à la manière d’un couple, refusant les avances des uns et les soucis des autres. Pour Lionel, seule compte sa fille, et pour Joséphine, son père. Peu à peu, Lionel réalise que le temps a passé, même pour eux. L’heure de se quitter est peut-être venue...
Le projet 35 rhums trouve son origine dans l'histoire familiale de Claire Denis. "(...) c'est une histoire qu'on m'a racontée tout le temps dans mon enfance", raconte la réalisatrice. "L'histoire de mon grand-père qui était un homme veuf, qui a élevé seul ma mère, qui n'a pas eu d'autres enfants, qui ne s'est jamais remarié (…)". Claire Denis souligne que la SNCF a fourni une aide précieuse pour le tournage du film : "Pendant le tournage, je craignais de déranger, de faire intrusion, avec notre matériel. Le régisseur m'a dit, " mais non c'est avec eux qu'on va faire le film ". En fait, c'est exactement ce qui s'est passé. Ils ont pris en main l'affaire, donc ils nous disaient " la scène de nuit, on la fera là, à telle heure parce qu'on peut débrancher les caténaires plus facilement, la scène avec le cheval, on ira la faire là-bas ", vraiment ils étaient dans le film. Ils donnaient leur avis, du coup ça a mis à l'aise Alex Descas qui a réellement appris à conduire un RER. Et qui a perçu la solitude et l'intensité concentrées qui règnent dans la cabine."
Avec : Alex Descas, Mati Diop, Grégoire Colin, Ingrid Caven, Nicole Dogué, Adèle Ado
Sortie nationale : 18 février 2009
En savoir plus www.35rhums-lefilm.com www.unifrance.org/film/29449/35-rhums
| 17 février | |  | |
Z 32, de Avi Mograbi (documentaire)
Un ex-soldat israélien a participé à une mission de représailles dans laquelle deux policiers palestiniens ont été tués. Il cherche à obtenir le pardon pour ce qu'il a fait. Sa petite amie ne pense pas que ce soit si simple, elle soulève des questions qu’il n'est pas encore capable d'affronter. Le soldat témoigne volontairement devant la caméra tant que son identité n'est pas dévoilée. Le cinéaste, tout en cherchant la solution adéquate pour préserver l'identité du soldat, interroge sa propre conduite politique et artistique.
L'avis de Mograbi Si le film repose sur le témoignage d'un soldat israélien, le film se veut une réflexion plus vaste sur l'armée : "Toutes les armées du monde pratiquent ce type de lavage de cerveau: entraîner une personne à agir sur commande. La plupart du temps, les soldats ne discutent pas, ils ne réfléchissent pas. On appuie sur le bouton et ils passent à l'action. La plupart des gens de 18 ans sont peu contrôlables mais l'armée les rend contrôlables. C'est un processus universel et il ne concerne pas seulement les armées d'Etat, mais les groupes de libération et toutes les organisations armées (…)".
Mograbi, plein chant Avi Mograbi a l'habitude de s'impliquer personnellement à l'écran dans ses films. Mais ses interventions dans Z32 sont d'une nature très particulière, puisqu'il s'agit de séquences de chant, qui ponctuent le récit. C'est le registre "du choeur antique ou de la distanciation brechtienne", précise le cinéaste, qui ajoute : "Ce qu'expriment mes chansons est une sorte de désespoir, le désespoir qu'induit la réalité israélienne, la frustration, aussi, et l'impuissance de ne pas pouvoir changer cette réalité (…)".
Sortie nationale : 18 février 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29850/z32
| 16 février | |  | |
Exposition « 6 milliards d’autres » de Yann Arthus-Bertrand
Une exposition à la rencontre des peuples des 4 coins du monde, sur une idée de Yann Arthus-Bertrand qui propose un tour du monde en découvrant les témoignages humains bouleversants de la vie quotidienne qui nous plonge dans une réflexion sur la diversité humaine et culturelle. 6 jeunes reporters ont sillonné la planète pendant 4 ans à la rencontre de ces plus de 6 milliards d’habitants pour un résultat de 5000 interviews, répondant à 40 questions autour des principaux thèmes universels de la vie pour 500 photos, 5000 interviews filmées dans 45 langues et 75 pays. Des rires, des larmes, des émotions… Exposition du 10 janvier au 12 février 2009 Nef du Grand Palais Avenue Wiston-Churchill 75008 Paris
En savoir plus www.goodplanet.org www.6milliardsdautres.org
| 16 février | |  | |
« Le piéton de Paris »
Exposition destinée à une circulation internationale produite par Culturesfrance.
« Le piéton de Paris » est une exposition de vingt images en noir et blanc ou en couleur de 150 x 180 cm reproduites sur support dibond. L'exposition doit être destinée à être présentée en extérieur sur des grilles. Les images jouent avec les perspectives, entraînent le visiteur à pénétrer dans chacune des photographies présentées. Notre « Piéton de Paris » arpente la ville. Il croise de belles parisiennes, s’arrête ému devant des gamins. Le piéton de Paris aime aussi se détendre au côté des pêcheurs du pont Saint Michel ou d’un « gavroche » béret sur la tête.
Ce « Piéton de Paris », ce sont des artistes qui retracent une partie de l’histoire de la photographie française. Ils se nomment Eugène Atget, Louis Vert, Jacques Henri Lartigue, Robert Doisneau, les frères Séeberger ou Neurdein.
L’exposition se poursuit avec les photographes plasticiens contemporains que sont Bernard Plossu, Denis Darzacq, Valérie Jouve ou Frédéric Nauczyciel. Quant à Patrick Tosani, il réunit les images de « son » Paris intime en une mosaïque. Celle de notre « Piéton».
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
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| 12 février | |  | |
Ricky, de François Ozon
Quand Katie, une femme ordinaire, rencontre Paco, un homme ordinaire, quelque chose de magique et de miraculeux se produit : une histoire d’amour. De cette union naîtra un bébé extraordinaire : Ricky.
Une vie moins ordinaire... François Ozon parle de ce qui l'a séduit dans la nouvelle de Rose Tremain : "La nouvelle, très courte, m'évoquait l'univers de Rosetta des frères Dardenne : un milieu social de petits blancs, déshérités, habitant un mobile home au fin fond des États-Unis. Longtemps le contexte de la nouvelle a fait écran à mon désir de l'adapter, je ne voyais pas comment l'aborder, me l'approprier. Ce qui me plaisait c'était l'irruption d'un événement merveilleux, extraordinaire au sein d'un milieu très ancré dans une réalité pauvre, mais cet aspect fantastique me faisait peur et me semblait irréalisable. Jusqu'au jour où j'ai compris que ce qui me touchait n'était pas tant le côté fantastique mais la manière dont l'histoire parle de la famille, de la place qu'on y occupe, de comment l'arrivée d'un nouveau membre - que ce soit celle d'un nouveau conjoint ou d'un enfant - perturbe son équilibre."
Avec : Alexandra Lamy, Sergi Lopez
Festival international du film de Berlin - 2009 : Compétition
Sortie nationale : 11 février 2009
En savoir plus www.unifrance.org/film/29630/ricky www.rickylefilm.com
| 12 février | |  | |
Le Discours sur la tombe de l'idiot,
Julie Mazzieri
Scandalisés par l’idiot du village, le maire de Chester et son adjoint conspirent sa mort. Un matin de printemps, les deux hommes l’enlèvent et vont le jeter dans un puits. Or, au bout de trois jours, l’idiot se remet à crier du fond de sa fosse. Dès les premières pages, le lecteur connaît tous les éléments du crime qui vient troubler ce village sans histoires. L’intrigue policière ainsi jugulée, le roman repose principalement sur le génie de l’accusation et du leurre… Parmi les divers lièvres lancés afin de faire diversion se trouve le coupable idéal – Paul Barabé, un nouvel ouvrier venu se refaire à la campagne dont l’arrivée à la ferme des Fouquet coïncide avec la disparition de l’idiot et une autre sinistre découverte.
Si le roman possède une « essence policière » incontestable, il s’agit d’abord et avant tout d’un roman de la culpabilité. Tout en s’attachant au sort de Barabé, le récit présente l’histoire de Chester « saisie du dedans ». Ses tableaux consécutifs adoptent le mode vertigineux de la rumeur : leur cohérence surgit du désordre et de la fulgurance des images, leur logique interne place les villageois sous une lumière inquiétante. Comme si le narrateur lui-même ne pouvait se résoudre à faire du maire et de son adjoint les seuls coupables de leur crime.
Julie Mazzieri, Le Discours sur la tombe de l'idiot, José Corti, janvier 2009, 246 p., 17 €, ISBN : 978-2-7143-0987-7
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| 12 février | |  | |
Sophie Ristelhueber
Depuis plus de vingt ans, Sophie Ristelhueber poursuit une réflexion sur le territoire et son histoire, au travers d’une approche singulière des ruines et des traces laissées par l’homme dans des lieux dévastés par la guerre. Loin du reportage classique, elle s’attache à la mise à nu des faits et à l’empreinte de l’histoire, dans les corps et dans les paysages, en rendant visibles plaies et cicatrices, véritables mémoires des traumatismes. Dans cette première grande exposition de l’artiste en France, le Jeu de Paume présente, entre autres séries, "Beyrouth", "Vulaines", "Fait", "Eleven Blowups", ainsi que deux films inédits dont l'un spécialement conçu pour la circonstance. Du 20 janvier au 22 mars 2009 Jeu de Paume 1, place de la Concorde 75008 Paris Commissariat de l’artiste avec Marta Gili, directrice du Jeu de Paume. Un catalogue, Operations, coédité par Les presses du réel, le Centre national des arts plastiques (CNAP) et les éditions du Jeu de Paume, accompagne l'exposition. Renseignements : 01 47 03 12 50
Photographie: © Sophie Ristelhueber / ADAGP, Paris, 2009 En savoir plus http://www.jeudepaume.org
| 11 février | |  | |
"La Force de l’art 02",
Manifestation ouverte au public du 24 avril au 1er juin 2009.
Manifestation triennale, organisée à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, "La Force de l'art" a pour ambition d’offrir une scène à la création contemporaine en France et aux artistes qui l’animent, dans la diversité de leurs origines et de leurs choix esthétiques. Deuxième édition de cette manifestation, "La Force de l'art 02" sera présentée sous la nef du Grand Palais à Paris, du 24 avril au 1er juin 2009. Trois personnalités de renom sont chargées du commissariat de l'exposition: Jean-Louis Froment, Jean-Yves Jouannais et Didier Ottinger. Ils ont associé à leur projet l’architecte Philippe Rahm, choisi pour le rapport original et créatif qu’il entretient avec l’espace, et qui construira un lieu à la mesure de l’ambition du projet.
"La Force de l'art 02" est l'éclatement de l'art en quatre Espaces–Temps. Pluralité de lieux, de scènes et de parcours, offrant aux visiteurs des expériences artistiques originales, variées et intenses. Autant de manifestations et d'univers singuliers, qui se répondent et se croisent. Autant d’œuvres, choisies pour leur puissance expressive, qui témoignent chacune de l'itinéraire prospectif d'un artiste contemporain, de ses engagements et de ses choix esthétiques.
Sous la spectaculaire nef du Grand Palais, la "géologie blanche" crée le premier Espace-Temps qui accueille les œuvres des "Résidents". Univers de plaques tectoniques, coiffées de volumes jaillissant du sol, qui se déploient et se répartissent en fonction de l'expressivité singulière de chaque œuvre ou ensemble d’œuvres exposées. C'est un monde de matière, un espace ample et généreux, dont les mouvements et les figures sont façonnés comme un environnement architectural, à mi-chemin entre village et paysage. Cet univers de situations artistiques autonomes, closes et intimes, ou largement ouvertes sur l’extérieur, crée les conditions d’une relation dynamique entre les œuvres, le public et l’espace qui les accueille, transformant la visite en expérience poétique intense.
Autre temps, autres scènes: l'exposition se propagera également hors du Grand Palais, investissant de façon inédite d’autres lieux "mythiques" et symboliques de la capitale. Par une série d'interventions, parfois surprenantes, toujours inattendues, les "Visiteurs", des artistes français renommés, réinventeront le spectacle vivant de l'art.
Pendant toute la durée de l’exposition, les artistes "Invités" se relaieront sous la nef du Grand Palais, pour un festival continu d'événements et de performances : interventions musicales, spectacles vivants, prises de paroles, emprunts et croisements. À l’occasion d’une dizaine de soirées, construites sur le principe de la rencontre, de la différence et de l’interdisciplinarité, se tisseront échanges et dialogues pluriels entre artistes, occasions de métissages étranges, où chaque œuvre et chaque geste découvrent des visages inattendus.
Enfin, "La Force de l'art" existera sur l'ensemble de la scène nationale, grâce à l’intervention d'initiatives privées et publiques, incluant des Centres d'art, des FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain), des musées, des fondations, qui enrichiront cette deuxième triennale de leurs propositions.
À cette occasion, un catalogue de près de 140 pages, disponible dès l’ouverture de la manifestation, accompagnera le visiteur.
En savoir plus www.laforcedelart.fr
| 10 février | |  | |
"Déguste",
L’art de goûter autrement...
Concept destiné à une présentation internationale produite parCulturesfrance.
"Déguste", ce sont neuf performances dont la thématique est l’art culinaire. "Qu’elle soit représentée ou consommée, la nourriture est utilisée par des artistes aux parcours multiples, issus d’activités culinaire ou artisitque. […] Les œuvres et les recettes qu’ils créent exclusivement pour "Déguste" sont l’occasion de rencontres et de collaborations qui font naître les projets les plus farfelus pour nourrir les appétits des spectateurs dégustateurs les plus curieux", commente Laurence Dreyfus, commissaire de cette exposition. Parmi les différentes oeuvres, Nicolas Boulard nous propose Hypocras, un philtre d’amour réalisé d’après une recette du XVème siècle, La Cellule organise un Buffet Flottant : "Ce tableau vivant s’organise comme un happening au cours duquel le buffet, vestige moderne de la cueillette, s’évapore progressivement." Ces performances savoureuses et surprenantes font appel à tous les sens des visiteurs en combinant, par exemple, la musique ou encore la sculpture à la dégustation.
Contact : Culturesfrance Yamina NEDJADI T. +33 (0)1 53 69 83 54 yn@culturesfrance.com
En savoir plus http://www.dorothee-selz.com/ http://nicolasboulard.free.fr/ http://www.lacellule-becquemin-sagot.com/francais/biographie.html http://www.studio-orta.com/
| 9 février | |  | |
MIKEA (MADAGASCAR)
A l'heure où l'actualité politique place Madagascar au-devant de la scène médiatique, c'est de la scène artistique que nous vient la bonne nouvelle malgache ! Mikea, lauréat du Prix Découvertes RFI 2008, donnera le 10 février à Paris au New Morning son premier concert en France.
Mikea c'est le nom que Théo Rakotovao porte en hommage à son peuple (un petit groupe forestier du Sud-ouest de Madagascar, souvent ignoré de la majorité des malgaches et menacé par la déforestation).
Ambassadeur du beko, le style musical de sa région, resté rare sur la scène des musiques malgaches, Mikea, par sa signature vocale empreinte de nostalgie, raccorde la racine du beko à l'arbre universel du blues. À écouter le vibrant « Niny » ou sa superbe reprise de « Hey Joe » de Jimi Hendrix, qui devient «Hey Joey», comme s’il avait toujours été un mikea…
Après Paris, Mikea séjournera trois mois à Montréal dans le cadre d'une bourse Arschberg (Unesco). On le retrouvera ensuite en France, à l’affiche de deux festivals prestigieux : Jazz sous les Pommiers à Coutances le 16 mai et Musique Métisses à Angoulême le 31 mai.
En septembre 2009, Mikea fera sa première tournée africaine dans 14 pays d'Afrique de l'ouest et du centre.
Prochain album «Taholy » à paraître en mai 2009 sur le label Contre-Jour
Format tournée : 5 personnes dont 4 musiciens
Diffusion France : Crépuscule Productions - Laurent Boireau Tel : +33 (0)950 20 75 44 - GSM : +33 (0)6 03 79 39 48 www.crepusculeprod.fr - www.myspace.com/crepusculeprod contact@crepusculeprod.fr
Diffusion internationale : Contre-Jour - Genevieve Bruyndonckx Tel + 32 82 66 74 70 www.contrejour.com - genevieve@contrejour.com
En savoir plus www.myspace.com/bekonblues
| 6 février | |  | |
Sweet’Art ou l’art de la gourmandise
Exposition destinée à une circulation internationale.
Le parcours Saint Germain associé à Culturesfrance propose cette année en Europe, l’exposition Sweet’art. La patisserie et les sucreries sont à cette occasion des œuvres d’art |
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